Les Crises Les Crises
14.octobre.202014.10.2020 // Les Crises

Confirmation du déséquilibre énergétique de la Terre – par Johan Lorck

Merci 171
Je commente
J'envoie

Source : Global Climat, Johan Lorck

Une évaluation complète du déséquilibre énergétique de la Terre a été publiée par le Système mondial d’observation du climat (GCOS). Dans la revue Earth System Science Data, un groupe de plus de 30 chercheurs d’institutions scientifiques du monde entier a suivi et quantifié le stockage de chaleur global de 1960 à 2018 pour répondre à une question fondamentale : où va la chaleur ?

Pour caractériser le réchauffement climatique, deux paramètres sont particulièrement suivis : l’évolution de la concentration de CO2 et la température à la surface de la Terre. Le déséquilibre énergétique de la Terre (DET ou Earth Energy Imbalance en anglais), reçoit moins d’attention mais c’est probablement la meilleure approche pour comprendre l’état climatique de la Terre. Le DET est la différence entre la quantité d’énergie solaire absorbée par la Terre et la quantité d’énergie que la planète rayonne vers l’espace sous forme de chaleur.

L’absorption de chaleur par l’océan agit comme un tampon, ralentissant le rythme du réchauffement de surface. Ainsi, la capacité de l’océan à stocker et à redistribuer verticalement de grandes quantités de chaleur sur une dizaine d’années signifie que les tendances de température de surface sont un indicateur peu fiable du réchauffement climatique à ces échelles de temps. Le DET traduit en revanche l’excès de chaleur qui s’accumule dans tout le système terrestre : c’est le véritable moteur du réchauffement climatique.

L’inventaire thermique le plus précis et le plus avancé à ce jour a été publié en septembre par le Système mondial d’observation du climat (GCOS), un programme scientifique dédié à l’observation du climat soutenu par l’Organisation météorologique mondiale et les Nations-Unies. Cette mise à jour est le fruit d’une collaboration entre des chercheurs du monde entier, sous la direction d’une éminente spécialiste du bilan énergétique de la Terre, Karina von Schuckmann. Parmi ses 37 co-auteurs, on trouve le fameux James Hansen, ancien directeur du NASA Goddard Institute for Space Studies, et le jeune Lijing Cheng, qui s’est distingué récemment par ses études sur le contenu en chaleur de l’océan. Les scientifiques ont passé en revue un grand nombre de données pour dresser l’inventaire qui se veut le plus exhaustif possible.

Toute l’énergie entrant ou quittant le système climatique terrestre le fait sous forme de rayonnement au sommet de l’atmosphère (top of atmosphere ou TOA en anglais). La différence entre le rayonnement solaire entrant et le rayonnement sortant, détermine le flux radiatif. Les changements de ce bilan de rayonnement global déterminent l’évolution temporelle du climat de la Terre : si le déséquilibre est positif (c’est à dire moins d’énergie sortante qu’entrante), l’énergie sous forme de chaleur s’accumule sur Terre, ce qui entraîne un réchauffement climatique. Si le DET est négatif, c’est un refroidissement qui se produit.

La nouvelle étude montre que le déséquilibre énergétique de la Terre continue de croître sans relâche et a doublé au cours de la dernière décennie (2010-2018) par rapport à la valeur moyenne de 1971-2018. Le DET est estimé à 0,87 W / m2 sur la période 2010-2018 contre 0,41 W / m2 sur la période 1971-2018.

Le flux net au sommet de l’atmosphère dérivé de la télédétection par satellite donne des résultats similaires au bilan du GCOS pour la période 2005-2018. ll faut cependant préciser qu’il est ancré par une estimation du contenu en chaleur de l’océan (et donc pas complètement indépendant pour le DET total).

Il faut noter cependant, comme l’indiquait Kevin Trenberth dans une étude de 2014, que le déséquilibre énergétique global n’est pas constant dans le temps. Ceci en raison de la complexité des différents forçages climatiques et également en raison de la variabilité naturelle. Par exemple, les fluctuations ENSO provoquent des changements dans le stockage de chaleur dans l’océan et il y a un mini réchauffement climatique à la fin des événements El Niño, car la chaleur sort de l’océan et est finalement rayonnée vers l’espace

Où va prioritairement ce déséquilibre énergétique ? En accord avec les précédentes études sur le sujet, l’océan, avec sa masse et sa capacité thermique élevée, domine très largement l’inventaire, devant les sols, la cryosphère et l’atmosphère. C’est la raison pour laquelle le déséquilbre énergétique peut être le mieux estimé à partir des changements du contenu thermique des océans, complété par des mesures de rayonnement depuis l’espace.

Inventaire de la chaleur de la Terre (accumulation d’énergie) en ZJ (1 ZJ = 1021 J) pour les composantes du système climatique terrestre de 1960 à 20. Le flux net à TOA du programme NASA CERES est affiché en rouge. Source : Karina von Schuckmann et al.

La plus grande part de la chaleur excessive (89% sur 1970-2018 ; 90% sur 2010-2018) est absorbée par la mer, ce qui peut être estimé par l’évaluation du contenu thermique des océans mesuré de plus en plus précisément grâce aux flotteurs Argo qui couvrent désormais l’ensemble des mers du globe. Sur la période 1971-2018, 52% du gain de chaleur est allée dans les 700 m supérieurs, 28% dans les couches intermédiaires et 9% dans la couche océanique profonde (en dessous de 2000 m de profondeur).

Concernant le reste de la répartition, 1% seulement de la chaleur en excès sur la période 1971-2018 réside dans l’atmosphère, un chiffre qui grimpe à 2% sur 2010-2018. Enfin, 6% du gain de chaleur va dans le réchauffement des sols et 4% fait fondre la glace.

Bien que le réchauffement des sols représente une faible proportion de chaleur par rapport à l’océan, plusieurs processus pourraient jouer un rôle crucial dans l’évolution future du climat. Entre autres, la stabilité et l’étendue des zones continentales occupées par les sols de pergélisol. Les modifications des conditions thermiques à ces endroits ont le potentiel de libérer du CO2 et du CH4 stockés à long terme.

Pour la composante appelée « fonte des glaces », il faut entendre l’absorption d’énergie impliquée dans la fonte de la glace de mer, des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, des glaciers autres que ceux des inlandsis et la neige.

Présentation schématique de l’inventaire de la chaleur pour le déséquilibre énergétique au sommet de l’atmosphère. Source : Karina von Schuckmann et al.

Tant que la Terre continuera d’absorber plus d’énergie solaire que la planète ne rayonne d’énergie vers l’espace, la température mondiale augmentera. D’après l’étude, la concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait être réduite du niveau actuel de plus de 410 ppm à 350 ppm pour ramener la Terre vers l’équilibre énergétique. Ce qui nous ramènerait au niveau de concentration de la fin des années 1980. Une réduction de la concentration de CO2 de 57 ppm est en effet requise pour augmenter la radiation vers l’espace de 0,87 W / m2, ce qui permettrait de retrouver un équilibre énergétique. Ce nouvel équilibre laisserait la température autour de son niveau actuel de +1,2°C au-dessus du niveau préindustriel environ.

Il faut bien comprendre que le DET actuel est la partie du forçage qui ne s’est pas encore manifestée. La planète s’est déjà réchauffée en réponse au déséquilibre énergétique. Mais le déséquilibre reste positif et même s’accroit, ce qui signifie qu’il y a un potentiel de réchauffement supplémentaire. Le réchauffement se poursuivra même si les gaz à effet de serre sont stabilisées au niveau actuel. Le déséquilibre énergétique définit donc un réchauffement climatique supplémentaire qui se produira sans changement supplémentaire du forçage.

Compte-tenu de l’importance du déséquilibre énergétique dans l’évaluation de l’état climatique de la Terre, les chercheurs impliqués dans l’étude appellent à poursuivre les efforts pour traquer le plus précisément possible l’énergie.

Source : Global Climat, Johan Lorck, 24-09-2020

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Eboetie2099 // 14.10.2020 à 08h43

Une source très instructive et de qualité au sujet du climat et de la gestion des sources et de l’utilisation d’énergies : La chaîne Youtubes de Jean-Marc Jancovici : Dans le menu Playlist des vidéos, il y a notamment une série de 8 cours donnés à l’Ecole des Mines en 2019. Pas loin de 20 heures à visionner donc pas évident, quoi qu’équivalent à 1 ou 2 saisons de nos séries favorites, mais à la clé une vision parfaitement éclairée et de source fiable sur les énergies et le climat, notre avenir dans le déclin déjà amorcé de l’accès aux énergies fossiles, les effets du Co2, le nucléaire, et plein de liens faits avec la politique, l’économie, l’anthropologie.

50 réactions et commentaires

  • TZYACK // 14.10.2020 à 07h42

    Normalement, le surplus d’énergie calorifique stockée par les océans devrait se dissiper automatiquement sous forme d’énergie cinétique de l’évaporation, des vents, des vagues, des tempêtes et des cyclones.
    Comme ces phénomènes naturels participent insuffisamment au rééquilibrage des températures, ils deviennent malheureusement de plus en plus fréquents et puissants.

    • Quintus // 14.10.2020 à 08h07

      Le second principe de la thermodynamique dit le contraire : c’est l’énergie cinétique qui se dissipe in fine en chaleur. En revanche des océans plus chauds évaporent plus d’eau dans l’atmosphère. Et plus de vapeur d’eau implique plus de chaleur latente de condensation, amplificateur de la convection atmosphérique et principale source d’énergie des cyclones tropicaux et subtropicaux.

      • Hippocampe // 15.10.2020 à 20h33

        Ce n’est pas la « chaleur latente de condensation » (kézako?) qui « donne » de l’énergie aux cyclones mais la différence de température…Donc si tout se réchauffe, air et océan, la différence reste constante. D’ailleurs le 5ème rapport du Giec dit expressément qu’il ne faut pas attendre d’augmentation des phénomènes extrêmes, mais même plutôt une diminution, n’en déplaise aux journalistes opportunistes. Météo France confirme pour la France l’absence non seulement totale actuelle d’une augmentation des tempêtes ou de leur force sur l’hexagone mais aussi l’absence de leur augmentation dans toutes leurs projections « jusqu’à 2050 ou même 2100 » meteofrance.com/changement-climatique/observer/tempetes-et-changement-climatique

        • Houyo // 16.10.2020 à 12h28

          « D’ailleurs le 5ème rapport du Giec dit expressément qu’il ne faut pas attendre d’augmentation des phénomènes extrêmes, mais même plutôt une diminution »
          Non, le rapport dit exactement l’inverse :
          « Extreme weather events: Climate-change-related risks from extreme events, such as heat waves, extreme precipitation, and coastalflooding, are already moderate (high confidence) and high with 1°C additional warming (medium confidence). Risks associated with sometypes of extreme events (e.g., extreme heat) increase further at higher temperatures (high confidence). »
          Si vous voulez les détails, c’est le chapitre 19.6.3.3 : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/WGIIAR5-Chap19_FINAL.pdf

          « Donc si tout se réchauffe, air et océan, la différence reste constante. »
          De deux choses l’une, soit vous n’avez pas lu l’article ci-dessus ; soit vous ne l’avez pas compris. L’information centrale étant justement que les océans absorbent beaucoup plus d’énergie que les autres milieux, donc la différence ne reste pas constante mais au contraire s’accroit.

          • pongl // 16.10.2020 à 13h06

            @Hippocampe : je pense que beaucoup de gens seraient très curieux que vous fournissiez des sources précises de ces surprenantes affirmations.

            @Houyo
            Merci pour la rectification. On peut ajouter que l’effet de serre a justement pour conséquence de capturer l’essentiel de la chaleur près du sol et refroidit ainsi (au moins relativement, en absolu je ne sais plus) mes couche hautes de l’atmosphère. Ce faisant, il augmente précisément le gradient de température et donc exacerbe les condition cyclonique. Soit l’exact contraire de ce raconte notre Hippocampe.
            Et là, comme toujours on hésite avec le climato-scepticisme. Mauvaise foi ? Désinformation ? Incapacité à comprendre ? Je n’en sais rien mais le résultat est le même. Et c’est dramatique.

            • Houyo // 16.10.2020 à 18h00

              « On peut ajouter que l’effet de serre a justement pour conséquence de capturer l’essentiel de la chaleur près du sol et refroidit ainsi (au moins relativement, en absolu je ne sais plus) mes couche hautes de l’atmosphère. »
              Je vais essayer d’expliquer ce qu’est l’effet de serre (en science on parle de forçage radiatif), ça vous permettra peut-être de clarifier votre pensée.
              Tout corps émet de l’énergie sous forme de rayonnement électromagnétique, c’est à dire de la lumière, visible ou non. La longueur d’onde de ce rayonnement dépend de la température à la surface du corps émetteur (voir rayonnement des corps noirs).
              La surface du soleil est à 6000°C., ce qui fait que l’essentiel de l’énergie reçue par rayonnement solaire à la surface de la terre est dans le domaine du visible : on appelle ça couramment la lumière blanche. Une partie de l’énergie absorbée par les sols et les océans terrestres est réémis vers l’espace sous forme de rayonnement mais avec une longueur d’onde différente (dans les infrarouges) puisque ces corps sont à des températures bien plus basses.

                +0

              Alerter
            • Houyo // 16.10.2020 à 18h01

              Avant d’atteindre le vide spatial, cette énergie doit traverser l’atmosphère. Mais certains composants de l’atmosphère, les gaz à effet de serre, sont transparents à la lumière blanche mais opaques aux infrarouges et une partie de l’énergie rayonnée vers l’espace reste donc sur Terre. Plus vous augmentez la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, moins il y a d’énergie dissipée dans l’espace et plus elle est piégée sur Terre.
              On observe le même phénomène dans une serre. Le rayonnement solaire traverse les vitrages mais les infrarouges réémis sont bloqués et la température augmente.

              Par ailleurs, la chaleur se stocke très bien dans la masse (voir capacité thermique). Les sols et les océans étant bien plus denses que l’atmosphère, la plus grande partie de l’énergie se retrouve à la surface terrestre.

              Pardon pour la longueur de l’explication. J’espère que ça vous aura aidé.

                +0

              Alerter
  • calal // 14.10.2020 à 08h06

    « plusieurs processus pourraient jouer un rôle crucial dans l’évolution future du climat. Entre autres, la stabilité et l’étendue des zones continentales occupées par les sols de pergélisol »

    /sarc on
    Oui,on va exproprier la russie de la siberie pour la confier a une gestion par l’onu.On ne peut pas confier un « commun » du monde a un tyran comme poutine.
    /sarc off

    • moshedayan // 14.10.2020 à 12h22

      Le projet de « dépeçage » de la Russie était déjà dans les schémas de la pensée occidentale à l’époque de la Guerre civile 1918-1921, avec les interventions… il suffirait de revoir certaines archives occidentales pour avoir une chronologie exacte de ce « projet »… Pour le reste, les Russes conscients -ceux qui ne veulent faire aucun compromis sur leur souveraineté » savent ou pensent pertinemment que le seul objectif de l’Occident est l’accès aux ressources de cet espace « russe », qu’il veut démanteler, coloniser. D’où le fort débat actuel sur la 5e colonne – les collabos à la Yeltsine en ce moment…Mes amis russes pensent que l’Occident est bien sur le déclin et son agressivité est grandissante proportionnellement à l’échec qu’il ressent ou ressentira à mettre la main sur les ressources à l’Est. L’Occident attend la fin de Poutine, veut l’accélérer par tous les moyens -c’est ce que le ministre allemand des Affaires étrangères a suggéré récemment en invitant les Russes à « suivre les valeurs occidentales »… le réchauffement climatique n’en sera qu’un prétexte -pour la guerre ou le dépeçage de la Russie…

  • candide // 14.10.2020 à 08h23

    Petite remarque, mais capitale pour la bonne compréhension des phénomènes en jeu.
    Il est écrit: « Le DET est la différence entre la quantité d’énergie solaire absorbée par la Terre et la quantité d’énergie que la planète rayonne vers l’espace sous forme de chaleur. »
    Ce qui est rayonné dans l’espace, ce n’est pas de la chaleur, mais des ondes électromagnétiques ; la chaleur c’est de l’agitation moléculaire et ça ne peut pas ce propager dans le vide!
    Si on ne sépare pas clairement ces deux notions (chaleur et rayonnement), on ne pas comprendre correctement les mécanismes du réchauffement climatique!

    • Crapaud Rouge // 14.10.2020 à 10h09

      Difficile d’y voir clair dans votre commentaire. Au départ, la chaleur existe effectivement sous forme d’agitation moléculaire, mais celle-ci, se dissipant dans l’espace sous forme de rayonnement infrarouge, il est courant de considérer ce rayonnement infrarouge comme étant aussi une forme de chaleur.

      • Patapon // 14.10.2020 à 10h53

        Pourtant, difficile d’être plus clair. La chaleur est bien une énergie mécanique qui ne se propage pas dans le vide, contrairement au rayonnement. Ce dernier étant sensible à la nature réflexive ou absorbante des couches qu’il traverse, c’est au contraire déterminant pour de l’effet de serre.

        • Crapaud Rouge // 14.10.2020 à 14h13

          « La chaleur est bien une énergie mécanique » : c’est vous qui imposez à « la chaleur » de n’exister que sous forme d’énergie mécanique. Mais le rayonnement infrarouge à la particularité de pouvoir augmenter l’agitation moléculaire, cela intervient du reste dans l’effet de serre. C’est pourquoi il est d’usage d’en parler comme une forme de la chaleur. Mais bon, comme souvent, les gens ne font pas la différence entre ce que l’usage permet et ce que « la science » exige.

          • sylla // 14.10.2020 à 15h15

            Déjà isoler les formes d’énergie à l’ère de la relativité…L’agitation c’est de l’énergie thermique (et c’est de la pression pour un gaz), et le rayonnement, c’est de l’énergie thermique.
            On parle de chaleur en cas de transfert d’énergie thermique, ce que les auteurs font.

            • Crapaud Rouge // 14.10.2020 à 16h02

              Merci sylla ! Finalement, je suis allé voir sur Wikipédia et j’y ai trouvé la définition exacte de ce que les scientifiques appellent « la chaleur », (un transfert thermique comme vous le dites), et cela valide mes propos. https://fr.wikipedia.org/wiki/Transfert_thermique

                +3

              Alerter
            • candide // 14.10.2020 à 18h47

              Quelques petites remarques de Jancovici sur ce problème à propos des âneries débitées à nos chères têtes blonde par ceux qui sont censés les éduquer…

              https://jancovici.com/recension-de-lectures/constestataires/geographie-seconde-societes-et-developpement-durable-nathan/

              Reprenons: la chaleur c’est de l’énergie transférée au moyen d’une différence de température. L’énergie est transférée du chaud vers le froid par l’intermédiaire de la chaleur, ce qui implique un mouvement aléatoire de particules . La chaleur c’est l’agent du transfert et non pas l’entité transférée! Une autre forme de transfert d’énergie s’appelle le travail (si le mouvement est ordonné).
              Les photons émis par la terre du fait de sa température ne partent pas dans l’espace parce qu’ils sont « attirés » par une température plus basse,
              mais parce que le passage d’un électron d’un niveau d’énergie donné à un niveau plus bas se traduit par l’émission d’un photon d’ énergie e=h*nu (h=constante de planck, nu = fréquence). Une très bonne référence sur ce sujet est le livre de P.W.atkins: Elements of physical Chemistry (Oxford University Press)

                +3

              Alerter
            • sylla // 14.10.2020 à 20h12

              @candide « ce n’est pas sous forme de chaleur que le soleil nous envoie son énergie (la chaleur ne peut pas traverser le vide qui nous sépare du soleil), mais sous forme de rayonnement ; la chaleur est produite par le sol qui absorbe l’énergie du soleil »

              Oui, le soleil émet de l’énergie thermique sous forme de rayonnement et qd ce rayonnement est absorbé par un corps, il y a un transfert thermique qu’on appelle chaleur.

              « Reprenons: la chaleur c’est de l’énergie transférée » Non, c’est le transfert lui même, l’énergie transférée c’est l’énergie thermique « au moyen d’une différence de température. » à cause plutôt qu’au moyen. « L’énergie est transférée du chaud vers le froid par l’intermédiaire de la chaleur » ce n’est pas un intermédiaire, cf avant « ce qui implique un mouvement aléatoire de particules . » k (ou un rayonnement). « Les photons émis par la terre du fait de sa température ne partent pas dans l’espace parce qu’ils sont « attirés » par une température plus basse » exact, mais qui a dit ça?

                +1

              Alerter
            • sylla // 14.10.2020 à 20h22

              @candide « la quantité d’énergie que la planète rayonne vers l’espace sous forme de chaleur » c’est ce passage là de l’article qui vous chagrine? Je traduis tjrs par « énergie » partout, ça simplifie la vie. Mais c’est vrai que c’est impropre (« émet sous forme de rayonnement » serait mieux). Pour autant, c’est vraiment un bout de phrase et c’est de la vulgarisation. En plus le reste de l’article fait bien le distinguo.

                +1

              Alerter
            • candide // 15.10.2020 à 07h22

              @Sylla

              « Oui, le soleil émet de l’énergie thermique sous forme de rayonnement et qd ce rayonnement est absorbé par un corps, il y a un transfert thermique qu’on appelle chaleur. »
              Avec des concepts élastiques on aboutit à des résultats incohérents.
              La notion « d’énergie thermique » remonte à Joule et à perduré chez les scientifiques jusqu’à la fin du 19èmme siècle. Depuis, la physique s’est construite sur des lois de symétrie qui impliquent des lois de conservation. Une de ces loi est la loi de conservation de l’énergie. typiquement, lorsque l’on résout un problème dans le domaine de la physique « classique » (i-e mécanique quantique et vitesses et masse non relativistes exclues), on explicite les lois de conservation de la masse, de l’impulsion et de l’énergie. Nulle part il n’existe de loi de conservation de la chaleur! Les seules formes d’énergie existantes sont l’énergie cinétique et l’énergie potentielle, que cette énergie soit de nature gravitationnelle, électromagnétique, ou d’interaction forte.

                +0

              Alerter
            • sylla // 15.10.2020 à 15h39

              @candide
              commentaire n°2 : « Reprenons: la chaleur c’est de l’énergie »
              commentaire n°3 :  » Une de ces loi est la loi de conservation de l’énergie. »
              puis « Nulle part il n’existe de loi de conservation de la chaleur! » (n.b. : comme dans mon commentaire n°2 sur « Les photons émis…ne partent pas…parce qu’ils sont « attirés » par une température « , qui a dit ça?)

              Je suis perplexe du coup.

              « Les seules formes d’énergie existantes sont l’énergie cinétique et l’énergie potentielle »
              Avec tout ce que vous avez exclu il ne reste plus grand chose d’autre

                +0

              Alerter
          • candide // 15.10.2020 à 07h23

            @Sylla (suite)

            « Oui, le soleil émet de l’énergie thermique sous forme de rayonnement et qd ce rayonnement est absorbé par un corps, il y a un transfert thermique qu’on appelle chaleur. »
            Non, si les photons transmis par le soleil sont captés par un végétal, leur énergie est stockée sous forme chimique dans la plante; s’ils sont captés par un panneau solaire, leur énergie cinétique est transféré à un électron qui se met en mouvement et participe à la création d’un courant électrique dont l’énergie peut s’écrire sous la forme W=U*I, qui peut elle même être convertie en énergie électromagnétique dans une batterie… etc

            • sylla // 15.10.2020 à 14h10

              Et qd il titille une rétine il entraîne des commentaires. Vos exemples n’absorbent pas 100% du rayonnement, le sujet de l’article c’est le réchauffement climatique, pas la photosynthèse.

                +1

              Alerter
    • Pseudo // 14.10.2020 à 14h47

      Bonjour

      Rappel de thermodynamique :
      La quantification de l’agitation moléculaire, c’est la température. (et effectivement, parler de température dans l’espace n’a pas de sens car il n’y a pas (ou très peu) de molécules à agiter.
      La chaleur, c’est un flux d’energie, qui se propage de 3 façons : rayonnement ( dans un fluide ou dans le vide), convection (dans un fluide), conduction (dans un solide)
      Donc le rayonnement vers l’espace, c’est bien de la chaleur.

      • Hippocampe // 15.10.2020 à 20h48

        Non, l’atmosphère « fuit » vers l’espace. Ces fuites expliquent la différence entre Mars, Vénus ou la Terre, du point de vue de leur atmosphère et…de leur climat. La terre « perd » 50g Hélium/seconde et 3Kg d’Hydrogène/seconde… Des modifications thermiques de l’atmosphère, dont le réchauffement, peuvent accroitre la fuite des molécules, si l’énergie cinétique des molécules agitées devient supérieure à la gravité.

    • Houyo // 16.10.2020 à 12h57

      « la chaleur c’est de l’agitation moléculaire »
      Candide, vous confondez chaleur et température, c’est compréhensible car dans le langage courant ces deux termes sont très proches, mais pas en science.
      La température c’est une mesure de l’agitation moléculaire comme vous dites.
      La chaleur c’est une forme d’énergie. C’est même une forme d’énergie très particulière (voir entropie). Il y a trois modes de propagation de la chaleur : la conduction entre deux solides ou au sein d’un solide ; la convection entre un solide et un fluide ou entre deux fluides ; et enfin le rayonnement d’ondes électromagnétiques c’est à dire de la lumière, visible ou non (la longueur d’onde dépend de la température de l’émetteur, voir rayonnement des corps noirs). Le rayonnement est le seul mode de propagation de la chaleur possible dans le vide.

  • Eboetie2099 // 14.10.2020 à 08h43

    Une source très instructive et de qualité au sujet du climat et de la gestion des sources et de l’utilisation d’énergies : La chaîne Youtubes de Jean-Marc Jancovici : Dans le menu Playlist des vidéos, il y a notamment une série de 8 cours donnés à l’Ecole des Mines en 2019. Pas loin de 20 heures à visionner donc pas évident, quoi qu’équivalent à 1 ou 2 saisons de nos séries favorites, mais à la clé une vision parfaitement éclairée et de source fiable sur les énergies et le climat, notre avenir dans le déclin déjà amorcé de l’accès aux énergies fossiles, les effets du Co2, le nucléaire, et plein de liens faits avec la politique, l’économie, l’anthropologie.

    • Houyo // 16.10.2020 à 13h30

      M. Jancovici est un excellent vulgarisateur et ses présentations sont très utiles à la compréhensions de concepts essentiels en énergétique. Néanmoins, ce n’est qu’un énergéticien parmi tant d’autres et certaines de ses opinions sont (très très) loin de faire l’unanimité, entre autres au sujet du nucléaire civil.
      Comme pour tout, il est bon de diversifier ses sources d’informations. Je vous invite par exemple à lire ce rapport (en anglais) dont la dernière version vient de paraitre et qui décrit très factuellement l’état actuel du secteur nucléaire dans le monde et ce qu’il devrait être dans les années à venir. Ca devrait vous donner un autre éclairage sur cette technologie et ce qu’il faut en attendre face aux défis du XXIème siècle.
      https://www.worldnuclearreport.org/-World-Nuclear-Industry-Status-Report-2020-.html

  • Manu // 14.10.2020 à 09h25

    Parler de déséquilibre n’a pas de sens : soit l’énergie reçue est réémise en partie , soit stockée sous forme de chaleur, ce qui induit un réchauffement.
    « Il faut bien comprendre que le DET actuel est la partie du forçage qui ne s’est pas encore manifestée. »
    C’est en complet désaccord avec la conservation de l’énergie : aucun phénomène physique n’attend pour se « manifester ».
    Comment expliquer alors la hausse des température qui plafonne précisément depuis que le DET grimpe (depuis 2000) ?

    • Crapaud Rouge // 14.10.2020 à 10h18

      @Manu : « aucun phénomène physique n’attend pour se « manifester » » : vous êtes sûr ? La dérive des continents, on la constate à vue d’oeil ? La prolifération d’un virus dans un organisme, ça ce voit dans la seconde qui suit l’infection ? Les micro-particules de plastique au fond des océans, elles « se manifestent » spontanément ?

      « en complet désaccord avec la conservation de l’énergie » : vous croyez donc que les explications de ces scientifiques violent le principe de conservation de l’énergie ? Heu… On peut vous demander une démonstration en bonne et due forme, SVP, puisque vous avez l’air d’avoir mieux compris que les auteurs ?

    • LibEgaFra // 14.10.2020 à 12h34

      « Comment expliquer alors la hausse des température qui plafonne précisément depuis que le DET grimpe (depuis 2000) ? »

      C’est ce que claironnent constamment les climato-négationnistes, à savoir que le réchauffement « fait une pause » depuis 2000. Hors les années les plus chaudes jamais mesurées l’ont été après 2010.

      Non seulement les océans se réchauffent, mais ils absorbent aussi une partie importante du gaz carbonique émis par les activités humaines.

  • Vain(s) espoir(s) // 14.10.2020 à 09h56

    « Le DET est estimé à 0,87 W / m2 sur la période 2010-2018 contre 0,41 W / m2 sur la période 1971-2018. » À moins que je ne soit un crétin fini que je sache « 2010-2018 » et « 1971-2018 » font 8 années pour la première période mentionnée ET 47 années pour la seconde. CELA NE FAUSSE-T-IL PAS QUELQUE-PEU LES CALCULS !?! Ou alors chose monstrueuse NOUS avons réussis à faire en huit ans ce NOUS n’avions fait en quarante-sept années

    • El hierro // 14.10.2020 à 10h13

      Les valeurs en w/m2 sont des valeurs instantanées. Ex rouler à 30 km/h pendant 2 minutes, puis à 100 km/h pendant 1h produit un trajet quantifiable

      • rivalta // 14.10.2020 à 14h36

        Cependant l’article est surprenant
        Si on regarde les ordres de grandeur :
        0.87 W/m² de DET c’est colossal ( c’est une bougie chauffe plat allumée dans un salon en continu et cela sut toute la surface de la terre)
        si à 0.41 tout est stable, pas de rechauffement plus rapide
        à 0.87 on obtient un flux de 230 TW !!!!! ou si tout passe dans les océans +1°C/an !!! ( puissance elec en France 0.13 TW)
        4 x 6300 km rayon terre ^2 x 3.14 x 1000² (km²->m²) x (0.87-0.41)
        vol ocean 1.3 10^9 km3

        L’article est incohérent, un tel rechauffement ne pourrait etre discuté on le sentirait pour de vrai quand on va à la plage !

        • Crapaud Rouge // 14.10.2020 à 16h36

          Ben oui c’est colossal ! En légende à la 1ère figure on voit que la Terre a accumulé, de 1960 à 2020, 400 ZJ (zettajoules), soit 400*10^^21 joules. Sachant qu’il y a environ 2 milliards de secondes dans cet intervalle de 60 ans, cela fait une puissance moyenne et continue d’environ 400*10^^21 / 2*10^^9 = 200*10^^12 W = 200 TW. C’est du même ordre de grandeur que vos 230 TW. Mais qu’est-ce qui vous fait dire ensuite qu’un « tel rechauffement ne pourrait etre discuté on le sentirait pour de vrai quand on va à la plage ! » ??? En fait, ces TW sont répartis dans tout le VOLUME de l’atmosphère, des océans et des sols, car ils représentent le bilan global des échanges d’énergie.

          • rivalta // 14.10.2020 à 16h56

            ces TW sont à repartir soit :
            dans l’atmosphère très peu (masse totale ridicule vs océans)
            les océans c’est 70 % de la surface terrestre sur 2.5 km de profondeur moyenne (avec en plus une capacité à emmagasiner de la chaleur très supérieure pour l’eau vs terre)

            si on fait un ratio de correctio,n on arrive à un rechauffement global terre + océan qui passe de 1.2 ° C à 1°C /an

            Ce réchauffement est en plus du cycle « normal » de la terre (avant le dérèglement climatique pour faire simple)

            Sauf que 1 °C/an sur 10 ou 20 ans ca fait 20°C, Hors personne ne les voit l’océan et le reste ne bougent offciellement de qq dixièmes sur la prériode de 20 ans

            Il n’ y a pas dans le texte d’explication de phénomènes qui absorberaint cette énergie (on parle de 2 000 fois la puissance électrique de la France, bref pas de bruit de fond, ca devrait ce voir)

            Il y a donc bien une incohérence dans ce papier

        • sylla // 14.10.2020 à 19h31

          @rivalta comment tu obtiens 1°C? 230TW/1.3×10^9km3=177kw par km3

          • rivalta // 15.10.2020 à 07h43

            il faut diviser 230 TW / 1.4 Gkm3 d’ocean * 3600 s* 24h *365 j => 1 an/ 4160 chaleur pour augmrenter l’eau de 1°

            • sylla // 16.10.2020 à 11h19

              Ah, je suis c… oui, ça parait bcp. mais je suis nul en climat.
              J’ai retrouvé des valeurs similaires (i.e. 200zj) sur d’autres articles. Le refroidissement par évaporation devrait dissiper une partie (20-25%?) par ex
              Et l’article se finit par « le DET actuel est la partie du forçage qui ne s’est pas encore manifestée »

                +0

              Alerter
    • Crapaud Rouge // 14.10.2020 à 10h27

      @Vain(s) espoir(s) : quels calculs seraient-ils faussés ? On comprend que ces valeurs pour le DET, calculées sur deux périodes différentes, sont des moyennes, puisqu’il est dit par ailleurs que le DET varie dans le temps. Partant de là, ces valeurs moyennes s’utilisent comme n’importe quelles autres moyennes statistiques, c’est le B A BA. Ce qui peut être faussé, ce sont les interprétations que l’on en tire ultérieurement, les calculs, eux, restent des calculs.

    • sylla // 14.10.2020 à 18h27

      @Vain(s) espoir(s)
      Je ne suis pas sûr de comprendre votre interrogation. Dans les commentaires de l’article l’auteur met un graphique ( https://global-climat.com/2020/09/24/confirmation-du-desequilibre-energetique-de-la-terre/ ) avec ces chiffres : 1971-2018 : 0,47/1993-2018 :0,69/2010-2018 : 0,87 (c’est une moyenne extrapolée à partir d’une quinzaine d’études).

      Schématiquement et juste pour éclairer l’écart 0.41-0.87, on pourrait le représenter par une période de 25 ans (1970-1995) suivi de deux doublements sur 12.5 ans consécutifs (1995-2007 puis 2007-2020).
      Concrétement une mesure de 1 sur 1970-1995, ça devient 2 sur 1995-2007 (le 1 déjà là + une émission d’un autre 1) et 4 sur 2007-2020 (les 2 déjà là + émission de 1 en moitié moins de temps que la période précédente (qui avait émis 1, donc +2 pour la dernière période). La moyenne sur 1970-2020 c’est 2, la moitié de la dernière période.

      Le DET a l’air un peu approximatif, mais il montre assez bien une tendance à l’accélération (pour le co2 c’est « normal » puisqu’il s’accumule. les autres GES à par l’eau, je ne sais pas).

      • Vain(s) espoir(s) // 14.10.2020 à 18h32

        Merci pour ces précisions.

        J’avoue n’avoir pas prêté attention au graphique.

  • RGT // 14.10.2020 à 10h00

    La Terre a connu plusieurs épisodes de chaleur intense et de glaciation dans le passé lointain qui avaient pour origine des causes tout à fait naturelles, en particulier les variations de l’activité solaire et de l’orbite terrestre au gré des mouvements des autres planètes, particulièrement des géantes gazeuses.
    Ces variations sont tout à fait décrits, du moins pour les faibles variations du passé pré-industriel, par les cycles de Milanković (Milankovitch en français).

    Par contre, la Terre n’a jamais connu dans le passé un changement de température aussi rapide et brutal (je pèse mes mots) que depuis que les humains ont décidé, sans réfléchir aux conséquences globales sur le système local (Terre + atmosphère), d’utiliser de l’énergie qui avait été « planquée » dans le sol au gré des événements géologiques.
    Ce stockage a permis de diminuer la température de surface de toute la planète et a permis à toutes les espèces actuelles de s’adapter à ces nouvelles conditions au fil des millions et des milliards d’années.

    Certes, l’énergie « pas chère et abondante » a permis aux humains de développer leur technologie afin de démultiplier leur force de manière exponentielle.

    Mais tout à un prix, et si l’on ne paye pas le prix réel au moment de la « transaction » il faudra le payer tôt ou tard et c’est bel et bien ce que l’humanité (et les autres espèces qui n’y sont pour rien, mais on s’en fout) vit actuellement.

    N’oublions JAMAIS que tout apport d’énergie dans un système fermé, quelle que soit sa nature, augmente l’entropie de ce système et se traduit en premier lieu par l’augmentation de sa température.
    Les énergies fossiles avaient été « sorties » des énergies disponibles et se retrouvent libérées d’un seul coup, ce qui a des effets catastrophiques sur l’ensemble du système.

    Il faut être un énarque ou un financier pour ne pas comprendre ce simple fait.
    Par contre les mêmes « intellectuels » font preuve d’une « créativité » sans limites pour sauter sur l’aubaine afin de taxer l’ensemble de la population afin de « financer » des « énergies alternatives » qui seront phagocytées par leurs « amis » pour que le cirque continue.

    La SEULE solution efficace consisterait à ne plus ajouter d’entropie anthropique artificielle ET de réparer les dégâts en « re-stockant » toute celle qui a été balancée inconsidérément pendant les deux derniers siècles.
    Mais comme cette opération de « nettoyage » (aspirer les gaz à effet de serre et autres polluants pour les réinjecter sous forme stable dans le sous-sol profond) nécessitera une quantité d’énergie largement supérieure à celle qui a été gaspillée sans vergogne il ne faut surtout pas s’attendre à des miracles.

    Et même si certains pays mettent en place des mesures draconiennes de limitation d’émissions de polluants, leurs voisins ne le feront pas et profiteront de l’aubaine pour acquérir des avantages monumentaux.

    Splendide piège de Thucydide qui se transforme immédiatement en Mikado : Le premier qui fait un geste perd tout et ceux qui n’ont rien fait pour changer la donne raflent la mise, quittes à précipiter la chute finale.

    Et tant qu’il n’y aura pas de sanctions réelles contre les plus « excités » rien ne changera et les humains continueront à foncer dans le mur en chantant.

    • Quintus // 14.10.2020 à 10h28

      Ne plus ajouter d’entropie anthropique artificielle ? Autrement dit arrêter toute utilisation d’énergie fossile ?
      Si en définitive la crise actuelle est bel et bien une crise de l’entropie, il faut se méfier de quelle entropie on parle. Le second principe de la thermodynamique dit que l’entropie de l’univers ne peut qu’augmenter. Sur Terre l’entropie créée par le vivant (dissipation de l’énergie solaire) et l’activité interne de la Terre est évacuée par le rayonnement thermique à 255 K dans l’espace. Ce rayonnement thermique compense presque exactement le rayonnement (lui aussi thermique) reçu à chaque instant par la Terre du Soleil.

      L’entropie terrestre est créée par une multitude de processus dissipatifs, vivants ou non, qui peuvent eux-mêmes être décomposés (ex. être vivant pluricellulaire composé de cellules elles-mêmes composées de chloroplastes ou de mitochondries) ou réunis en des processus étendus sur plusieurs êtres vivants (ex. fourmilière, troupeau de gnous, tribu d’êtres humains). Ces multiples processus échangent de l’entropie avec leur environnement, les structures vivantes ayant la particularité de contrôler leur entropie interne du moment que leur environnement leur permet de trouver de quoi assurer ce contrôle, à peine de mort (retour à l’équilibre thermodynamique).

      Le principe d’entropie maximal dit que les processus les plus efficaces à dissiper de l’énergie (et à créer de l’entropie) tendent à supplanter les processus moins dissipatifs (mais souvent plus adaptables). Et en définitive le problème de l’entropie résulte du fait qu’on ne contrôle pas l’entropie que nos propres processus humains (mèmes) ajoute dans l’environnement. À méditer par les défenseurs de l’environnement, des peuples autochtones, des métiers anciens…

    • LibEgaFra // 14.10.2020 à 12h47

      « Par contre, la Terre n’a jamais connu dans le passé un changement de température aussi rapide et brutal  »

      Rien ne permet d’être aussi affirmatif. La Terre a connu des épisodes autrement catastrophiques. Et quand on a reconstitué des variations du taux de gaz carbonique (fin du Paléocène par exemple) il est difficile voire impossible de mesurer la vitesse du changement si loin dans le temps.

      La biodiversité aujourd’hui est surtout menacée par la destruction et le morcellage des écosystèmes du fait des activités humaines empêchant les migrations, plutôt que par le réchauffement.

      • Patapon // 15.10.2020 à 14h40

        On prend de la hauteur, on fait de grands discours sur la rigueur scientifique et la thermodynamique, sur les échelles géologiques. Nous sommes nés dans un monde, nous mourrons dans un autre. Nous avons aimé la nature, tout en la torturant. Nous avons donné du sens à ce monde. Il était si généreux, comparativement à celui qui va naître. Consolez-vous, faites votre deuil, battez-vous, endormez-vous, chacun sa préférence. Que va-t’on faire de cette mort ?

  • El hierro // 14.10.2020 à 10h19

    Ce bilan énergétique ne prend pas en compte les éventuelles réactions chimiques endothermiques favorisées par le rechauffement, comme le stockage de carbone dans les roches Dans 2000 000 ans ça ira mieux…

  • Myrkur34 // 14.10.2020 à 11h58

    En fait, tous les articles d’aujourd’hui confirment en pire sur les alertes scientifiques d’il y a 20 ou 30 ans. Bon après ceux qui contestent une partie du raisonnement à la marge pour discréditer le tout, j’espère au moins que vous ne faîtes pas cela gratuitement….

    En 300 ans nous allons connaître l’amplitude d’un changement de climat (bien chaotique) qui a besoin au bas mot de 10000 ans dans les versions documentées par toutes les carottes de glace prélevées en Antarctique ou dans certains glaciers.
    Ah oui, j’oubliais, ces scientifiques bossent pour le privé donc ils obéissent à leurs chefs ou si ils bossent dans le public, ben euh…ils obéissent aussi à leurs chefs. Et vogue le navire…..

  • Roger // 14.10.2020 à 12h22

    Heureusement pour sauver la planète, nous allons tous acheter des voitures électriques et isoler nos logements ! ! ! ! Et avec les économies de carburant et de chauffage nous pourrons partir en vacances à l’autre bout du monde, aux sports d’hiver ou acheter la dernière innovation à la mode (trottinette électrique, i phone etc…..).

    https://www.monde-diplomatique.fr/2010/07/GOSSART/19374

    https://medium.com/@jmj.fanpage/jai-fait-une-v%C3%A9rification-des-donn%C3%A9es-sur-le-mod%C3%A8le-world3-qui-pr%C3%A9voit-l-effondrement-global-46b95591059e

    • LibEgaFra // 14.10.2020 à 12h51

      « et isoler nos logements »

      Bientôt nous n’aurons plus besoin d’isoler nos logements. Ou alors contre la chaleur…

  • serge // 14.10.2020 à 16h05

    Bon, on attend de voir la fonte du pergélisol des espaces arctiques/antarctiques/montagneux et de la vaporisation des hydrates de méthane des océans. Et là il faudra plutôt un masque à cartouche EN 148-1 plutôt que FFP1 ou 2. En fait, nos gouvernants nous entrainent à un futur haut en couleurs, celles de Pluton, Alléluia…

  • Afficher tous les commentaires

Ecrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Charte de modérations des commentaires

Et recevez nos publications