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24.septembre.202024.9.2020 // Les Crises

Climat : Juillet 2020 a été le mois le plus chaud jamais relevé

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Source : Global Climat, Johan Lorck

Cette page présente un bilan des archives du mois de juillet issues de six organismes mesurant la température de surface ou de la basse troposphère au niveau global : NASA GISTEMP, NOAA MLOST, NCEP-NCAR, ERA5, RSS, UAH. Ces archives utilisent normalement des périodes de référence et des méthodes distinctes. Les séries sont ici rapportées à la même période 1981-2010 et équitablement représentées selon leur source de récolte des données (thermomètres, réanalyses, satellites).

Ce bilan ne prend pas en compte d’autres archives de surface comme Hadcrut4, Berkeley Earth et JMA. D’une part parce que JMA et Hardcrut4 ne sont pas globales (ces séries couvrent environ 85% de la planète car elles omettent les régions polaires). La NASA et la NOAA couvrent respectivement 99% et 93% de la planète grâce à une méthode d’interpolation, un outil statistique permettant de calculer des données manquantes grâce aux stations les plus proches. D’autre part, Hadcrut4 et Berkeley Earth ne publient pas avec la même promptitude que les agences recensées sur cette page.

Les bilans de la NASA, NOAA, NCEP-NCAR, ERA5, UAH et RSS sont désormais tous disponibles. On peut voir ci-dessous les anomalies relevées par RSS à partir de données satellitaires. Le mois de juillet 2020 a été le plus chaud de l’histoire des mesures de RSS.

Carte d’anomalies pour le mois de juillet 2020. Source : RSS.

Les bilans des six archives sont assez contrastés pour le mois de juillet, NCEP-NCAR plaçant seulement le mois à la 7e place, tandis que RSS annonce un record de chaleur. La NASA, la NOAA et UAH placent juillet 2020 en deuxième position. On notera une fois de plus la grande proximité entre la NASA et ERA5.

A noter que l’anomalie pour la NASA s’élève à +0,89°C au-dessus de sa période de référence classique (1951-1980), ce qui correspond à +0,49°C au-dessus de 1981-2010 et +1,12°C au-dessus de 1880-1920.

Anomalies de température mondiale en juillet 2020 par rapport à 1981-2010. Source des données : NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH.

  • Les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer.
  • Les réanalyses atmosphériques NCEP-NCAR et ERA5 utilisent une gamme d’observations plus large, notamment des données de stations météo et satellitaires combinées à un modèle de prévision météorologique, pour produire une analyse de la température globale complète. ERA5 représente la plus avancée des dernières générations de réanalyses.
  • Les données satellites RSS TLT et UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences.

Pour juillet 2020, l’anomalie moyenne calculée avec les données NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH, s’élève à +0,481°C au-dessus de la période 1981-2010. Il s’agit ainsi du 3e mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne de ces six séries. Juillet 2020 est devancé par 2016 et 2019. Le graphique ci-dessous représente le Top 10 de la moyenne NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH :

Température mondiale calculée à partir des données NASA, NOAA, NCEP-NCAR, ERA5, RSS et UAH, relativement à la période 1981-2010.

Le graphique ci-dessous compare la moyenne NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH sur la période janvier-juillet 2020 aux températures annuelles (janvier-décembre) du reste de l’archive. La moyenne janvier-juillet 2020 se positionne pour le moment à la deuxième place, quasiment à égalité avec 2016.

La perspective d’un développement éventuel de La Niña fin 2020 pourrait conduire les températures sous le niveau de fin 2019 mais peut-être au-dessus de fin 2016, selon James Hansen, l’ancien directeur de NASA GISS.

Top 10 des températures globales annuelles tirées de la moyenne des archives NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH (janvier-juilllet pour 2020 ; janvier-décembre pour les autres années).

Dans le détail, on peut voir ci-dessous la moyenne janvier-juillet des différentes archives. La plupart des séries (NASA, NOAA, ERA5, RSS) placent janvier-juillet 2020 au-dessus de l’année 2016 (janvier-décembre). NCEP-NCAR tire la moyenne vers le bas, avec +0,49°C en 2020 par rapport à +0,67°C en 2016.

Température globale sur la période janvier-juillet 2020 des séries NASA-NOAA-NCEP-ERA5-RSS-UAH.

Source : Global Climat, Johan Lorck, 14-08-2020

Bilan de température globale pour août 2020

Source : Global Climat, Johan Lorck, 05-09-2020

Cette page présente un bilan des archives du mois d’août issues de six organismes mesurant la température de surface ou de la basse troposphère au niveau global : NASA GISTEMP, NOAA MLOST, NCEP-NCAR, ERA5, RSS, UAH. Ces archives utilisent normalement des périodes de référence et des méthodes distinctes. Les séries sont ici rapportées à la même période 1981-2010 et équitablement représentées selon leur source de récolte des données (thermomètres, réanalyses, satellites).

Les bilans de NCEP-NCAR, UAH, RSS et ERA5 pour le mois d’août ont été publiés. NASA et NOAA viendront dans quelques jours. Comme en juillet, RSS annonce un nouveau record de chaleur. UAH a enregistré son 3e mois d’août le plus chaud, ERA5 la 4e plus grosse anomalie des annales. NCEP-NCAR place seulement le mois d’août à la 11e place.

Anomalies de température mondiale en août 2020 par rapport à 1981-2010. Source des données : NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH.

  • Les données de la NASA et de la NOAA sont recueillies par un réseau mondial de stations météorologiques, de navires et de bouées. Ce réseau mesure la température de l’air au-dessus des terres et la température de surface de la mer.
  • Les réanalyses atmosphériques NCEP-NCAR et ERA5 utilisent une gamme d’observations plus large, notamment des données de stations météo et satellitaires combinées à un modèle de prévision météorologique, pour produire une analyse de la température globale complète. ERA5 représente la plus avancée des dernières générations de réanalyses.
  • Les données satellites RSS TLT et UAH TLT ne mesurent pas directement la température à la surface du sol, mais interprètent la température de la basse troposphère (les 5 premiers kilomètres). Des sondeurs récupèrent les profils de température verticaux de l’atmosphère en mesurant l’émission thermique de molécules d’oxygène à différentes fréquences.

Pour août 2020, l’anomalie moyenne calculée avec les données NCEP-ERA5-RSS-UAH, s’élève à +0,455°C au-dessus de la période 1981-2010. Il s’agit ainsi du 4e mois d’août le plus chaud depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne de ces trois séries. Le graphique ci-dessous représente le Top 10 de la moyenne NCEP-ERA5-RSS-UAH :

Température mondiale calculée à partir des données NCEP-NCAR, ERA5, RSS et UAH, relativement à la période 1981-2010.

Source : Global Climat, Johan Lorck, 05-09-2020

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Commentaire recommandé

LibEgaFra // 24.09.2020 à 08h03

 » Juillet 2020 a été le mois le plus chaud jamais relevé »

et

 » Il s’agit ainsi du 3e mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne de ces six séries. Juillet 2020 est devancé par 2016 et 2019″

Quelqu’un peut m’expliquer?

24 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 24.09.2020 à 08h03

     » Juillet 2020 a été le mois le plus chaud jamais relevé »

    et

     » Il s’agit ainsi du 3e mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés, si l’on fait la moyenne de ces six séries. Juillet 2020 est devancé par 2016 et 2019″

    Quelqu’un peut m’expliquer?

      +14

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    • gdz // 24.09.2020 à 13h00

      Il faut lire l’article et non pas se contenter du titre (titre qui aurait pu être mieux choisi je vous l’accorde…)
      « Le mois de juillet 2020 a été le plus chaud de l’histoire des mesures de RSS. »
      Avec la moyenne de plusieurs sources on est effectivement au 3e mois de juilllet le plus chaud.

      J’avoue que le titre est discutable…

      Bon après, 1er, 2ième ou 3ième je pense que cela a peu d’importance. La tendance est là, et elle n’est pas rassurante!

        +6

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      • RGT // 24.09.2020 à 15h55

        « Bon après, 1er, 2ième ou 3ième je pense que cela a peu d’importance »…

        Certes, mais ces différences seront un véritable boulevard dans lequel vont s’engouffrer tous les « climato-sceptiques » pour nier une fois de plus le réchauffement climatique en allant clamer sur les toits (et dans les « médias informés » de masse) que les « experts » ne sont même pas d’accord sur les mesures.

        Une personne « normale » en comparant ces mesures constatera que les températures explosent les plafonds de la décence et ira ensuite regarder l’évolution des courbes pour en retirer une tendance générale qui est totalement irréfutable.

        Un « climato-sceptique » (à mon avis le [s] de sceptique est de trop) bondira sur l’aubaine et se gardera bien sûr de mentionner l’évolution générale de la courbe en ne regardant pas la lune mais le doigt.

        Pour l’instant, l’urgence ultime est de tout faire pour supprimer en urgence la PIRE source d’énergie utilisée sur cette planète qui chaque année cause des dizaines (centaines?) de milliers de morts : Le charbon et bien sûr les centrales associées.

        Malheureusement, n’en déplaise à tous les écolos-bobos les « énergies renouvelables » seront largement insuffisantes pour compenser ce déficit.

        La seule alternative est « caca » mais comme nous sommes déjà dedans jusqu’aux narines (et ça pue) cette solution est bien la seule qui permette de maintenir la boulimie énergétique de notre vie actuelle.

        Avant les combustibles fossiles : 500 millions d’humains ET une espérance de vie à la naissance ~30 ans, dans des conditions qui seraient inacceptables aujourd’hui, ne l’oublions pas.

        Qu’en est-il aujourd’hui ?

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        • LibEgaFra // 24.09.2020 à 19h10

           » (à mon avis le [s] de sceptique est de trop)  »

          Vous voulez dire: (à mon avis le [c] de sceptique est de trop), je suppose?

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          • RGT // 25.09.2020 à 10h55

            Vous avez tout à fait raison, une fôte de frappe ou d’inattention peut avoir de grosses conséquences et je vous remercie d’avoir signalé cette erreur.

            Je porte une grande attention à l’orthographe dans les commentaires pour éviter toute source d’incompréhension de la part des lecteurs.
            Par respect pour tous ceux qui auraient l’imprudence de lire mes commentaires bien souvent « décalés ».

            Dans ce cas, je n’ai pas vu cette erreur pourtant triviale et je vous remercie de l’avoir signalée.

            Cordialement,

              +0

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        • Dypso // 25.09.2020 à 08h31

          J’approuve totalement votre propos, mais nous ne perdrons pas tout le progrès par décroissance, bien des avancées resterons utilisable, nous ne seront pas renvoyé a l’ère pré industrielle, mais, post industrielle ^^

          Je chipote oui je sais.

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      • LibEgaFra // 24.09.2020 à 19h03

        « Il faut lire l’article et non pas se contenter du titre »

        Sophisme. Vous décidez à ma place que je n’ai pas lu l’article.

        Privilégier une série de mesures sur les autres pour complaire à une position prédéfinie n’est pas scientifique.

        Pourquoi voulez-vous que la tendance change? Le taux de CO2 continue d’augmenter, donc les températures aussi. Rien de nouveau.

        La prochaine fois, je mettrai un avertissement: attention, question rhétorique!

          +2

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  • Manu // 24.09.2020 à 09h40

    Est-il possible d’avoir la liste des stations météo françaises participantes à la constitution de ces données ?
    Et par comparaison celles d’Argentine et de la République démocratique du Congo ?

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  • naïf // 24.09.2020 à 10h27

    Au fait, qu’en est-il de l’impact de la 5G sur les mesures satellitaires?

      +0

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    • Fabrice // 24.09.2020 à 13h35

      Vu que la 5G n’équipe encore que la Chine réellement et le reste ne sont que des tests ne vous focalisez pas trop tôt sur ce genre d’élucubration, plus tard quand elle sera installée ce sera le niveau de consommation d’électricité qu’il sera intéressant d’étudier.

      La 5G pose de vrais problème (inégalité d’équipement des territoires, surconsommation d’électricité, dépendance à un pays pour la technologie, sous investissement dans la fibre pour remplacer la vieillissante technologie du cuivre, réelle utilité, problème des libertés par une surveillance pemanente quel que soit le motif, recueil de données dans la plus grande opacité, sécurisation des réseaux facilement hackable …) mais ajouter tout et n’importe quoi ne sert qu’à donner des arguments à ceux qui traitent les opposants « d’hamish » c’est contre productif et ne repose sur rien, il faut rester factuel et sur des arguments prouvés par de vraies études.

        +4

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  • macosx // 25.09.2020 à 10h35

    Selon les mandarins qui savent tout mieux que tout le monde, l’homme a même réchauffé la lune de 2°C depuis 1969 ………… https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/26951/reader/reader.html#!preferred/1/package/26951/pub/39070/page/4

    Arrêtez un peu les conneries .

      +0

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    • VVR // 25.09.2020 à 13h38

      Si vous lisez bien l’article, ce n’est pas la lune qui se réchauffe a cause de l’homme, mais les mesures, plus exactement la température locale a la surface autour des sondes, qui sont perturbée du fait du passage astronautes.

      La poussière noire qu’ils ont porté a la surface capte plus d’énergie, augmentant légèrement le point d’équilibre local, augmentation d’autant plus importante que l’absence d’atmosphère (ou de liquide) qui va très efficacement limiter la diffusion de cet excès de chaleur au reste de la lune.

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      • Dominique65 // 25.09.2020 à 18h19

        Absolument. Les astronomes ayant marché et roulé au même endroit que là où ils ont déposé les instruments, il y a eu une augmentation de la température très, très locale. macosx (qui devrait appliquer ses conseils) n’a pas compris l’humour du titre.

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    • Patrick // 27.09.2020 à 11h48

      ça me fait penser à une Ségolènitude !
      quand on avait posé une sonde sur une comète , elle avait expliqué que c’était parce que la comète n’avait pas été soumise au « réchauffement climatique  » !! 🙂

        +0

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  • Dominique65 // 25.09.2020 à 18h31

    Ce type de rapport va malheureusement devenir un grand marronnier.
    Car entre les mois les plus chauds jamais enregistrés,
    les trimestres les plus chauds jamais enregistrés,
    les semestres les plus chauds jamais enregistrés,
    Les années les plus chaudes jamais enregistrées,
    il va y en avoir !
    Ce ne sera plus nécessaire lorsque le grand effondrement va tellement tout bouleverser qu’ils n’auront plus aucun intérêt si quelqu’un a encore les moyens de les rédiger.
    A moins qu’ils aient un effet déclencheur avant qu’il ne soit trop tard. Mais je ne le pense pas car d’une part il est déjà trop tard, et cet effet aurait déjà dû se produire à grande échelle.

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  • Patrick // 27.09.2020 à 11h42

    Pas d’affolement avec ce phénomène météo , le froid arrive et un nouveau record de froid vient d’être enregistré au Groenland ( dans les -69 °C , ça pince !! )

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    • VVR // 27.09.2020 à 14h17

      Rien a voir, le nouveau record de l’hémisphère nord (celui de 1983 pour le monde tient toujours) n’est qu »un seul relevé par une station automatique a 3000 mètres d’altitude au sommet du glacier.

      La on parle de relevés satellites, terrestre et marin, des milliers de mesures, sur tout le globe. Et qui mesures que le top 10 des années les plus chaude est presque intégralement occupé par les 11 dernières années. La seule exception est 1998.

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