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3.septembre.20203.9.2020 // Les Crises

Changement climatique : les propres recherches d’Exxon ont confirmé le rôle des combustibles dès 1977

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Source : Inside Climate News

Les propres recherches d’Exxon ont confirmé le rôle des combustibles fossiles dans le réchauffement climatique il y a plusieurs décennies. Les cadres dirigeants ont été avertis d’une possible catastrophe due à l’effet de serre, puis ont mené des efforts pour bloquer les solutions.

Richard Werthamer (à droite) et Edward Garvey (à gauche) d’Exxon sont à bord du pétrolier Esso Atlantic de la société et travaillent sur un projet visant à mesurer les niveaux de dioxyde de carbone dans l’océan et l’atmosphère. Le projet s’est déroulé de 1979 à 1982. (Crédit : Richard Werthamer)

Lors d’une réunion au siège d’Exxon Corporation, un scientifique de haut niveau de la société, James F. Black, s’est adressé à un public de puissants pétroliers. S’exprimant sans aucun texte tout en faisant défiler des diapositives détaillées, Black a délivré un message qui donne à réfléchir : le dioxyde de carbone provenant de l’utilisation mondiale des combustibles fossiles réchaufferait la planète et pourrait éventuellement mettre l’humanité en danger.

« En premier lieu, il y a un accord scientifique général sur le fait que la manière la plus probable dont l’humanité influence le climat mondial est le rejet de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles », a déclaré Black au comité de direction d’Exxon, selon une version écrite qu’il a enregistrée plus tard.

C’est en juillet 1977 que les dirigeants d’Exxon ont reçu cette évaluation brutale, bien avant que la plus grande partie du monde n’ait entendu parler de la crise climatique imminente.

Un an plus tard, Black, un expert technique de haut rang de la division Recherche et ingénierie d’Exxon, a présenté une version actualisée de son exposé à un public plus large. Il a averti les scientifiques et les dirigeants d’Exxon que des chercheurs indépendants avaient estimé qu’un doublement de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère augmenterait les températures moyennes mondiales de 2 à 3 degrés Celsius (4 à 5 degrés Fahrenheit), et jusqu’à 10 degrés Celsius (18 degrés Fahrenheit) aux pôles. Les pluies pourraient s’intensifier dans certaines régions, et d’autres endroits pourraient se transformer en désert.

« Certains pays en bénéficieraient, mais d’autres verraient leur production agricole réduite ou détruite », a déclaré Black dans le résumé écrit de son intervention de 1978.

Ses présentations ont reflété l’incertitude qui règne dans les cercles scientifiques quant aux détails du changement climatique, comme le rôle des océans dans l’absorption des émissions. Néanmoins, Black a estimé qu’une action rapide était nécessaire. « La pensée actuelle », écrit-il dans le résumé de 1978, « est que l’homme dispose d’une fenêtre temporelle de cinq à dix ans avant que la nécessité de prendre des décisions difficiles concernant les changements de stratégies énergétiques ne devienne critique ».

Exxon a réagi rapidement. En quelques mois, la société a lancé sa propre recherche exceptionnelle sur le dioxyde de carbone provenant des combustibles fossiles et son impact sur la terre. Le programme ambitieux d’Exxon comprenait à la fois un échantillonnage empirique du CO2 et une modélisation rigoureuse du climat. Il a permis de constituer un groupe d’experts qui allait passer plus de dix ans à approfondir la compréhension de la société sur un problème environnemental qui constituait une menace existentielle pour l’industrie pétrolière.

Puis, vers la fin des années 1980, Exxon a réduit ses recherches sur le dioxyde de carbone. Dans les décennies qui ont suivi, Exxon a plutôt travaillé sur le front du déni climatique. Elle a mis ses muscles au service des efforts visant à semer le doute sur la réalité du réchauffement climatique que ses propres scientifiques avaient autrefois confirmé. Elle a fait pression pour bloquer l’action fédérale et internationale visant à contrôler les émissions de gaz à effet de serre. Elle a contribué à ériger un vaste édifice de désinformation qui subsiste encore aujourd’hui.

Ce chapitre inédit de l’histoire d’Exxon, où l’une des plus grandes entreprises énergétiques mondiales s’est efforcée de comprendre les dégâts causés par les combustibles fossiles, est le fruit d’une enquête de huit mois menée par InsideClimate News. Les reporters d’ICN ont interviewé d’anciens employés d’Exxon, des scientifiques et des fonctionnaires fédéraux, et ont consulté des centaines de pages de documents internes d’Exxon, dont beaucoup ont été rédigés entre 1977 et 1986, à l’apogée du programme de recherche climatique novateur d’Exxon. ICN a passé au peigne fin des milliers de documents provenant d’archives, notamment celles de l’Université du Texas-Austin, du Massachusetts Institute of Technology et de l’American Association for the Advancement of Science.

Ces documents consignent les demandes de budget, les priorités de recherche et les débats sur les résultats, et révèlent la tendance des attitudes internes et des travaux d’Exxon sur le climat, ainsi que l’attention portée aux résultats.

Un projet particulièrement important a été lancé en août 1979, lorsque la société a équipé un superpétrolier d’instruments faits sur mesure. La mission du projet était d’échantillonner le dioxyde de carbone dans l’air et dans l’océan sur un parcours allant du golfe du Mexique au golfe Persique.

En 1980, Exxon a réuni une équipe de modélisateurs du climat qui ont étudié les questions fondamentales sur la sensibilité du climat à l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’air. En collaboration avec des scientifiques universitaires et le ministère américain de l’énergie, Exxon s’est efforcé d’être à la pointe de l’enquête sur ce que l’on appelait alors l’effet de serre.

La détermination précoce d’Exxon à comprendre l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone est née d’une culture d’entreprise prévoyante, ont déclaré d’anciens employés. Ils ont décrit une entreprise qui examinait en permanence les risques pesant sur ses résultats financiers, y compris les facteurs environnementaux. Dans les années 1970, Exxon a conçu sa division de recherche sur le modèle des Bell Labs, en la dotant de scientifiques et d’ingénieurs très compétents.

Dans des déclarations rédigées en réponse à des questions sur l’histoire de ses recherches, le porte-parole d’ExxonMobil, Richard D. Keil, a déclaré que « depuis que le changement climatique est devenu un sujet d’étude et d’analyse scientifique à la fin des années 1970, la société ExxonMobil s’est engagée dans une analyse scientifique fondée sur les analyses des faits de cette importante question ».

« À tout moment, les opinions et les conclusions de nos scientifiques et chercheurs sur ce sujet ont été solidement ancrées dans le consensus scientifique de l’époque et notre travail a été guidé par un principe fondamental qui consiste à suivre la voie de la science », a-t-il déclaré. « Le risque de changement climatique est réel et justifie une action ».

Au début de ses investigations sur le climat, il y a près de quatre décennies, de nombreux cadres, cadres intermédiaires et scientifiques d’Exxon se sont armés d’un sentiment d’urgence et d’une mission.

L’un des directeurs d’Exxon Research, Harold N. Weinberg, a partagé ses « pensées grandioses » sur le rôle potentiel d’Exxon dans la recherche sur le climat dans un mémorandum interne de l’entreprise de mars 1978 qui disait « C’est peut-être le genre d’opportunité que nous recherchons pour que les ressources d’Exxon en matière de technologie, de gestion et de leadership soient mises au service d’un projet visant à profiter à l’humanité ».

Ce sentiment a été repris par Henry Shaw, le scientifique qui dirigeait les efforts naissants de la société en matière de recherche sur le dioxyde de carbone.

« Exxon doit développer une équipe scientifique crédible qui puisse évaluer de manière critique les informations générées sur le sujet et être capable de transmettre les mauvaises nouvelles, si elles existent, à la société », écrivait Shaw à son patron Edward E. David, le président d’Exxon Research and Engineering en 1978. « Cette équipe doit être reconnue pour son excellence par la communauté scientifique, le gouvernement et, en interne, par la direction d’Exxon ».

Irréversible et catastrophique

Exxon a budgété plus d’un million de dollars sur trois ans pour le projet du pétrolier afin de mesurer la vitesse à laquelle les océans absorbent le CO2. Il s’agissait d’une petite fraction du budget annuel de 300 millions de dollars d’Exxon Research, mais la question à laquelle les scientifiques se sont attaqués était l’une des plus grandes incertitudes de la science climatique : à quelle vitesse les océans profonds pouvaient-ils absorber le CO2 atmosphérique ? Si Exxon pouvait déterminer la réponse, elle saurait combien de temps il lui restait avant que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère ne force à une transition vers l’abandon des combustibles fossiles.

Exxon a également engagé des scientifiques et des mathématiciens pour développer de meilleurs modèles climatiques et publier les résultats de ses recherches dans des revues à comité de lecture. En 1982, les propres scientifiques de la société, en collaboration avec des chercheurs extérieurs, ont créé des modèles climatiques rigoureux – des programmes informatiques qui simulent le fonctionnement du climat pour évaluer l’impact des émissions sur les températures mondiales. Ils ont ainsi confirmé un consensus scientifique naissant selon lequel le réchauffement pourrait être encore pire que ce dont Black avait averti cinq ans plus tôt.

Entre 1979 et 1982, les chercheurs d’Exxon ont prélevé des échantillons de dioxyde de carbone à bord du pétrolier Esso Atlantic de la compagnie (voir ici).

Les recherches d’Exxon ont jeté les bases d’un document d’information sur le dioxyde de carbone et le changement climatique préparé en 1982 par son bureau des affaires environnementales. Portant la mention « ne pas diffuser à l’extérieur », il contenait des informations qui « ont été largement diffusées auprès de la direction d’Exxon ». Dans ce document, la société reconnaissait, malgré les nombreuses inconnues qui subsistaient, que la lutte contre le réchauffement climatique « nécessiterait une réduction importante de la combustion des combustibles fossiles ».

A moins que cela ne se produise, « il y a des événements potentiellement catastrophiques qui doivent être pris en compte », a déclaré l’entreprise, citant des experts indépendants. « Une fois que les effets seront mesurables, ils pourraient ne pas être réversibles. »

La certitude de l’incertitude

Comme d’autres membres de la communauté scientifique, les chercheurs d’Exxon ont reconnu les incertitudes entourant de nombreux aspects de la science du climat, en particulier dans le domaine des modélisations climatologiques. Mais ils ont considéré ces incertitudes comme des questions qu’ils voulaient aborder, et non comme une excuse pour rejeter ce qui était de plus en plus compris.

« Les modélisations sont controversées », ont écrit Roger Cohen, responsable des sciences théoriques chez Exxon Corporate Research Laboratories, et son collègue, Richard Werthamer, conseiller technologique principal chez Exxon Corporation, dans un rapport de mai 1980 sur l’état d’avancement du programme de modélisation climatique d’Exxon. « Il y a donc des possibilités de recherche pour nous ».

Lorsque les chercheurs d’Exxon ont confirmé des informations que la société pourrait trouver inquiétantes, ils ne les ont pas dissimulées sous le tapis.

« Au cours des dernières années, un consensus scientifique clair s’est dégagé », a écrit Cohen en septembre 1982, en rendant compte de la propre analyse d’Exxon sur les modèles climatiques. C’était qu’un doublement de la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère produirait un réchauffement global moyen de 3 degrés Celsius, plus ou moins 1,5 degré C (soit 5 degrés Fahrenheit plus ou moins 1,7 degré F).

« La communauté scientifique s’accorde unanimement à dire qu’une augmentation de la température de cette ampleur entraînerait des changements importants dans le climat de la terre », a-t-il écrit, « y compris la répartition des précipitations et les modifications de la biosphère ».

Il a averti que la publication des conclusions de la société pourrait éveiller l’attention des médias en raison du « lien entre la principale activité d’Exxon et le rôle de la combustion de combustibles fossiles dans l’augmentation du CO2 atmosphérique. »

Néanmoins, il a recommandé qu’il soit publié.

Notre « responsabilité éthique est de permettre la publication de nos recherches dans la littérature scientifique », a écrit Cohen. « En effet, agir autrement serait une violation de la position publique et du credo éthique d’Exxon sur l’honnêteté et l’intégrité ».

Exxon a suivi son conseil. Entre 1983 et 1984, ses chercheurs ont publié leurs résultats dans au moins trois articles évalués par des pairs dans le Journal of the Atmospheric Sciences et une publication de l’American Geophysical Union.

David, le directeur d’Exxon Research, a déclaré lors d’une conférence sur le réchauffement climatique financée par Exxon en octobre 1982 que « peu de gens doutent que le monde soit entré dans une transition énergétique qui le fera passer de la dépendance aux combustibles fossiles à un mélange de ressources renouvelables qui ne posera pas de problèmes d’accumulation de CO2 ». La seule question, disait-il, était de savoir à quelle vitesse cela se produirait.

Mais le défi ne l’a pas découragé. « Je suis généralement optimiste quant aux chances de réussir la plus aventureuse de toutes les expériences humaines sur l’écosystème », a déclaré David.

Exxon se considérait comme unique parmi les entreprises pour ses recherches sur le dioxyde de carbone et le climat. Dans un rapport de janvier 1981, « Scoping Study on CO2 », la société se vantait qu’aucune autre société ne semblait mener des recherches internes similaires sur le dioxyde de carbone, et elle s’est rapidement fait une réputation de véritable expert auprès des observateurs extérieurs.

« Nous sommes très satisfaits des intentions d’Exxon en matière de recherche sur la question du CO2. Cela représente une action très responsable, qui, nous l’espérons, servira de modèle pour les contributions à la recherche du secteur des entreprises », a déclaré David Slade, directeur du programme de recherche sur le dioxyde de carbone du gouvernement fédéral au ministère de l’énergie, dans une lettre adressée à Shaw en mai 1979. « Il s’agit véritablement d’un service national et international ».

Les impératifs des milieux d’affaires

Au début des années 1980, les chercheurs d’Exxon répétaient souvent que la science impartiale lui donnerait une légitimité pour aider à façonner les lois liées au climat qui affecteraient sa rentabilité.

Néanmoins, les cadres de l’entreprise sont restés prudents quant à ce qu’ils ont dit aux actionnaires d’Exxon sur le réchauffement climatique et le rôle qu’a joué le pétrole pour le générer, comme le montre un examen des documents fédéraux. La société n’a pas précisé le problème du carbone dans les rapports annuels déposés auprès des autorités de régulation des marchés financiers au plus fort de ses recherches sur le CO2.

Elle n’a pas non plus mentionné dans ces documents que les inquiétudes concernant le CO2 commençaient à influencer les décisions commerciales auxquelles elle était confrontée.

Tout au long des années 1980, la société avait des inquiétudes quant au développement d’un énorme gisement de gaz au large des côtes indonésiennes, en raison de la grande quantité de CO2 que ce réservoir inhabituel allait libérer.

Exxon s’inquiétait également des rapports selon lesquels le pétrole synthétique fabriqué à partir de charbon, de sables bitumineux et de schistes bitumineux pourrait augmenter considérablement les émissions de CO2. La société comptait sur les combustibles synthétiques pour répondre à la demande croissante d’énergie dans le futur, dans un monde qu’elle croyait à court de pétrole conventionnel.

Au milieu des années 1980, après qu’une surabondance inattendue de pétrole eut provoqué l’effondrement des prix, Exxon a profondément réduit son personnel pour économiser de l’argent, dont beaucoup travaillaient sur le climat. Mais le problème du changement climatique demeurait, et il prenait de plus en plus d’importance dans le paysage politique.

« Le réchauffement climatique a commencé, déclare un expert au Sénat », titrait un article du New York Times de juin 1988 décrivant le témoignage au Congrès de James Hansen, un éminent spécialiste du climat de la NASA. Les déclarations de Hansen ont contraint le sénateur Tim Wirth (Démocrate – Colorado) à déclarer lors de l’audition que « le Congrès doit commencer à examiner comment nous allons ralentir ou arrêter cette tendance au réchauffement ».

Avec la sonnette d’alarme qui a retenti soudainement, Exxon a commencé à financer des efforts pour amplifier les doutes sur l’état de la science du climat.

Exxon a contribué à la création et à la direction de la Global Climate Coalition, une alliance de certaines des plus grandes entreprises mondiales qui cherchent à stopper les efforts des gouvernements pour réduire les émissions de combustibles fossiles. Exxon a utilisé l’American Petroleum Institute, des groupes de réflexion de droite, des contributions aux campagnes et son propre lobbying pour faire valoir que la science du climat était trop incertaine pour nécessiter des réductions des émissions de combustibles fossiles.

Alors que la communauté internationale s’apprêtait en 1997 à faire un premier pas vers la réduction des émissions avec le protocole de Kyoto, le PDG d’Exxon, Lee Raymond, a fait valoir qu’il fallait y mettre un terme.

« Convenons qu’il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas vraiment sur la façon dont le climat va changer au 21e siècle et au-delà », a déclaré M. Raymond dans son discours devant le Congrès mondial du pétrole à Pékin en octobre 1997.

« Nous devons mieux comprendre le problème et, heureusement, nous avons le temps », a-t-il déclaré. « Il est très peu probable que la température au milieu du siècle prochain soit affectée de manière significative, que les politiques soient adoptées maintenant ou dans 20 ans ».

Au fil des ans, plusieurs scientifiques d’Exxon qui avaient confirmé le diagnostic climatique lors de ses premières recherches, dont Cohen et David, ont pris le parti de Raymond, publiant des avis contraires au courant scientifique dominant.

En payer le prix

La volte-face d’Exxon sur le changement climatique a mérité le mépris de l’establishment scientifique qu’elle avait autrefois courtisé.

En 2006, la Royal Society, l’académie des sciences du Royaume-Uni, a envoyé une lettre sévère à Exxon l’accusant d’être « inexacte et trompeuse » sur la question de l’incertitude climatique. Bob Ward, le responsable de la communication politique de l’académie, a demandé à Exxon de cesser de donner de l’argent à des dizaines d’organisations qui, selon lui, faussaient activement les données scientifiques.

En 2008, sous la pression croissante d’actionnaires engagés, la société a annoncé qu’elle cesserait de soutenir certains groupes importants tels que ceux que M. Ward avait identifiés.

Pourtant, les millions de dollars qu’Exxon avait dépensés depuis les années 1990 pour les négationnistes du changement climatique avaient depuis longtemps dépassé ce qu’elle avait investi dans sa science climatique révolutionnaire à bord de l’Esso Atlantic.

« Ils ont dépensé tellement d’argent et ils étaient la seule entreprise qui faisait ce genre de recherches à ma connaissance », a déclaré Edward Garvey, qui était un chercheur proéminent sur le projet de pétrolier d’Exxon, dans une récente interview avec InsideClimate News et Frontline. « C’était l’occasion non seulement d’obtenir une place à la table, mais aussi de mener, à bien des égards, une partie de la discussion. Et le fait qu’ils aient choisi de ne pas le faire à l’avenir est un point regrettable ».

Michael Mann, directeur du Centre des sciences du système terrestre à l’Université d’État de Pennsylvanie, qui a été une cible fréquente des négationnistes du climat, a déclaré que l’inaction, tout comme les actions, ont des conséquences. Lorsqu’il a récemment parlé à InsideClimate News, il n’était pas au courant de ce chapitre de l’histoire d’Exxon.

« Tout ce qu’il aurait fallu, c’est qu’un éminent PDG de l’industrie des combustibles fossiles sache qu’il ne s’agissait pas seulement de profits pour les actionnaires et d’une question sur notre héritage », a-t-il déclaré. Mais maintenant, à cause du coût de l’inaction – ce que j’appelle la « sanction de la procrastination » – nous sommes confrontés à une bataille bien plus difficile ».

Cliquez ici pour la partie II, un compte-rendu des premières recherches d’Exxon sur le climat ; la partie III, un examen des efforts de modélisation climatique d’Exxon ; la partie IV, une plongée dans le projet de champ gazier Natuna d’Exxon ; la partie V, un regard sur la poussée d’Exxon vers les combustibles de synthèse ; la partie VI, un compte-rendu de l’accent mis par Exxon sur l’incertitude de la science du climat.

Source : Inside Climate News

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

SanKuKai // 03.09.2020 à 10h04

Dédouaner les compagnies pétrolières, le capitalisme, et les méchants profiteurs est tout aussi simpliste.
Nous, « citoyen lambda » n’avons aucun pouvoir. Le pouvoir eux, ils l’achète, nous empêchent d’y accéder (parfois brutalement) et font des choix politiques qui nous sont imposés.
Quand Général Motors fait remplacer les streetcars électriques pour les remplacer par des bus, c’est un choix politique qui a été imposé aux habitants de Los Angeles.
Quand Coca-cola ou les vendeurs d’eau minérale, qui connaissent les ravages de la pollution des bouteilles plastiques sur la nature font du lobbying intensif pour qu’on ne revienne pas á la bouteille en verre avec consigne (100% recyclable), c’est un choix politique.

Notre système politique tant glorifié par les médias (qu’ils ont aussi acheté) met automatiquement ces compagnies au pouvoir.
Or à partir du moment où ils ont le pouvoir ils ont la responsabilité qui va avec.

30 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 03.09.2020 à 07h27

    Bref, c’est comme pour le tabac. Les intérêts financiers d’une minorité passent avant les intérêts – notamment sanitaires – de la population dans son ensemble. Pas grave: ceux qui auront engrangé les bénéfices de leurs pollutions iront se réfugier sous d’autres cieux.

    Pour les autres, comment on dit déjà? Malheur aux vaincus?

      +10

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    • RGT // 03.09.2020 à 10h14

      Le comportement plus criminel n’est pas le comportement des lobbies dont le seul objectif est d’accumuler des profits.

      Le vrai scandale se situe au niveau des « élites » qui étaient parfaitement au courant et qui n’ont strictement rien fait pour faire cesser ces abus.

      Concernant le tabac, les dangers du tabac étaient parfaitement connus depuis le début du XX ème siècle et le seul gouvernement qui ait pris des mesures de protection était dirigé par Hitler…

      J’avoue qua ça fait très mal, mais c’est un fait établi : Le gouvernement nazi avait lancé des campagnes d’alertes sur les dangers du tabac et avait promulgué des lois interdisant le tabac dans certains endroit…

      C’est d’autant plus intrigant quand on sait que ce gouvernement avait promu l’utilisation de drogues très dangereuses afin de créer des « super soldats » qui crevaient rapidement de ces « produits miracles ».

      Il y a aussi l’amiante, et bien d’autres produits hautement toxiques encore utilisés sans avertissement aujourd’hui (le bitume des routes par exemple qui déclenche des cancers du poumon à retardement mais 20/30 ans après l’exposition)…
      À chaque fois, même une fois la nocivité avérée, rien n’est fait par les autorités tant que les industriels n’ont pas totalement épuisés leurs stocks et trouvé un substitut qui s’avère parfois largement plus nocif que le produit décrié.

      Et on repart pour un tour.

      Et bien sûr, tous ceux qui tentent d’alerter la population (lanceurs d’alertes) sont alors décrits comme des « complotistes », « mentalement dérangés » ou à la solde d’un gouvernement étranger peu recommandable.

        +6

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      • LibEgaFra // 04.09.2020 à 11h05

        Les lobbies et les élites marchent la main dans la main quand ce ne sont pas les mêmes.

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  • RB83 // 03.09.2020 à 07h47

    Il est de bon ton de vouer aux gémonies les compagnies pétrolières, le capitalisme, les méchants profiteurs et tout le reste. Pourquoi pas… ce ne sont pas des saints mais, tous autant que nous sommes, sommes entre parenthèses bien contents de profiter de leur perversité pour notre bien être.
    Par contre, le « les compagnies pétrolières savaient pour le CO2 et ils n’ont rien dit, voyez comme ils sont méchants » est assez simpliste même si ça peut faire plaisir de charger un peu plus la barque d’un responsable qu’on adore détester.
    L’influence du CO2 sur l’atmosphère et le climat est connue depuis plus de 100 ans. Le premier à avoir décrit l’effet de serre est le chimiste Arrhénius, auteur de la fameuse loi bien connue des étudiants scientifiques…
    On sait donc depuis très longtemps mais on ne veut pas voir… évidemment, il est toujours plus satisfaisant de se trouver des boucs émissaires surtout si ceux-ci ne sont déjà pas exemplaires…

      +9

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    • Morne Butor // 03.09.2020 à 08h19

      Etablir des faits, ce n’est pas chercher des boucs émissaires.
      Dans l’esprit du grand public, les plus grands coupables sont les politiques, car c’est leur rôle d’assurer la protection de la population en régulant les excès des uns et des autres, ce qu’ils n’ont pas fait.
      Mais nous sommes bien d’accord, nous sommes tous couverts de suie. Mais sur certains la couche est plus épaisse que d’autres.

        +9

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    • eugeniegrandet // 03.09.2020 à 08h28

      je suis d’accord avec vous, rb83.
      Pourquoi des compagnies dont la raison d’être est de fournir de l’énergie se serait-elle tirée une balle dans le pied en mettant la clef sous la porte (sachant qu’encore une fois Exxon devait représenter 5 ou 6% de la production mondiale en 77.)
      Les critiques d’aujourd’hui des compagnies pétrolières ne proposaient rien hier alors qu’Arrhenius l’avait annoncé au monde (pas plus aujourd’hui).
      Ont-ils abandonné leur(s) voiture(s), l’électricité (dont une partie vient des hydrocarbures), le chauffage au gaz ou au fuel de leur domicile, leurs voyages en avion?
      Qu’ils relisent La Fontaine dans la Besace.

        +4

      Alerter
    • SanKuKai // 03.09.2020 à 10h04

      Dédouaner les compagnies pétrolières, le capitalisme, et les méchants profiteurs est tout aussi simpliste.
      Nous, « citoyen lambda » n’avons aucun pouvoir. Le pouvoir eux, ils l’achète, nous empêchent d’y accéder (parfois brutalement) et font des choix politiques qui nous sont imposés.
      Quand Général Motors fait remplacer les streetcars électriques pour les remplacer par des bus, c’est un choix politique qui a été imposé aux habitants de Los Angeles.
      Quand Coca-cola ou les vendeurs d’eau minérale, qui connaissent les ravages de la pollution des bouteilles plastiques sur la nature font du lobbying intensif pour qu’on ne revienne pas á la bouteille en verre avec consigne (100% recyclable), c’est un choix politique.

      Notre système politique tant glorifié par les médias (qu’ils ont aussi acheté) met automatiquement ces compagnies au pouvoir.
      Or à partir du moment où ils ont le pouvoir ils ont la responsabilité qui va avec.

        +24

      Alerter
      • eugeniegrandet // 04.09.2020 à 07h31

        @sankukai : personne ne disculpe les compagnies pétrolières.

        De mon côté, je rappelle que contrairement à ce que vous pensez, nous avons aussi chacun du pouvoir. De consommer des produits pétroliers ou pas.
        Ex:
        nous n’avons pas de voiture et utilisons la marche et les transports en commun (moins ces temps ci).

        je sais que le sucre est néfaste pour la santé alors il n’y a jamais eu de coca ou autres boissons sucrées à la maison. Si tout le monde agissait de façon responsable, les fabricants changeraient leurs produits.

        sur le lobbying en faveur des bouteilles en plastiques, chacun est dans son rôle. C‘est aux politiques de décider de l’interdire ou pas. Vous prêtez trop de pouvoirs aux entreprises (je me demande si vous ne connaissez pas ce monde là).

          +1

        Alerter
    • Verpin // 04.09.2020 à 07h40

      Ce n’est pas aussi simple. Arrhénius a fait un calcul qui a été critiqué ensuite par les chercheurs et jusqu’aux années 50, la communauté scientifique été sceptique vis à vis de l’effet des émissions de gaz à effet de serre. C’est avec une meilleure compréhension que le consensus s’est formé

        +0

      Alerter
  • Amike // 03.09.2020 à 09h12

    « les propres recherches d’Exxon ont confirmé le rôle des combustibles dès 1977 »

    Conclusions spéculatives.
    Donc, une étude interne a mis fin aux perspectives catastrophiques de l’époque qui voulait que les glaciers envahissent les zones de prospections d’Exxon (cf un film dont la voix était le fameux « Spock »). Ou est le problème ? Un seul ingénieur après avoir fait qq compilations aurait su mieux que la Nasa ? Comme les Incas du film 2012 ?

    Je rappelle qu’un circuit juridique (NY) a voulu attaquer une sté pétrolière sur ces affirmations, et la seule base juridique qu’elle a pu avancer c’est qu’à l’époque « on aurait menti aux actionnaires » dans les années 70, sur le rendement des actions dans les années … 2030 et au-delà !
    En attendant, je me souviens que les hivers des années 70 étaient bien froids et le combustible bien utile, comme il est utile dans les états qui ont conservé des industries.

      +6

    Alerter
    • Verpin // 04.09.2020 à 08h06

      Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

        +0

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  • Le Belge // 03.09.2020 à 09h13

    Le passage d’une économie dépendante de manière presque intégrale aux énergies fossiles (en tous les cas aux matières permettant l’obtention de cette énergie) à une économie où l’énergie ne sera liée ni au pétrole, ni au gaz, ni au charbon ne se fera pas sans remettre en question l’organisation actuelle de la société dans son ensemble. Un exemple : pourquoi, lorsqu’on travaille à Y, aller habiter à X qui est situé à 50 kilomètres de là ? Vous me répondrez qu’à Y le prix des logements est inabordable pour les classes populaires (arrêtons de parler d’une classe moyenne qui n’a jamais existé) alors qu’à X c’est le cas. Je vous donne raison, mais alors, c’est la cupidité des propriétaires-vendeurs de Y qu’il convient de brider. D’autre part, il y a une autre énergie dont cet article ne parle pas, c’est l’électricité qui, de nos jours, est produite majoritairement par des centrales à gaz et à charbon (le nucléaire ne concerne qu’un nombre restreint de pays). Pour faire une radio des poumons de quelqu’un atteint du Covid-19, faire fonctionner ce site, faire en sorte que les feux de circulation fonctionnent, etcaetera, il faut de l’électricité ! De nos jours, l’éolien, le solaire et l’hydro-électrique ne sont que des intermittents du monde de l’énergie (pourquoi sommes-nous passé du 100 % renouvelable que nos ancêtres médiévaux connaissaient au charbon, d’abord, puis au pétrole et au gaz, ensuite ?). Décarboner l’énergie sera d’une complexité ardue.

    Et puis, concernant les compagnies pétrolières, vu leur profit d’avant 1977, vous auriez fait quoi à leur place ?

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    • Morne Butor // 03.09.2020 à 10h08

      « Et puis, concernant les compagnies pétrolières, vu leur profit d’avant 1977, vous auriez fait quoi à leur place ? »
      Tout autre chose, donc les actionnaires ne m’auraient jamais choisi pour diriger de telles entreprises. D’où la nécessité d’une force supérieure, généralement l’état, qui devrait être en mesure de tempérer les excès des uns et des autres. Mais on constate une faillite complète du modèle actuel. Il faut en changer et mettre quelques freins au libéralisme actuel. Comment, vu qu’aujourd’hui les grand groupes ont toutes facilités pour trainer les états en justice ? je ne sais pas.

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      • EugénieGrandet // 03.09.2020 à 13h20

        « Tout autre chose » dites vous. Et puis c’est tout? C’est un peu court, jeune homme.

        Mais on sait ce que fait l’Etat quand il dirige l’économie.

        En Russie cela a donné Rosneft et Gazprom. 2 des plus gros producteurs mondiaux pétrole et gaz.

        Et puis quelle énergie apportez vous aux citoyens du monde en 1977?

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        • Morne Butor // 03.09.2020 à 14h58

          Je n’ai jamais dit que les états devaient diriger l’économie, mais qu’ils doivent la contrôler ! Ce n’est pas le cas actuellement.
          Et eussé-je eu l’opportunité de tenir les rênes de Exxon en 1977, mais mon extrême jeunesse l’aurait interdit, j’aurais poussé le sujet de la pollution du CO2 en place publique et forcé le public et les états à se préoccuper de ce sujet, tout en cherchant des alternatives et en investissant dans des solutions semblant avoir moins d’effets néfastes. J’aurai vite été barré sur l’énormité des investissements dans la recherche sans aucune promesse de rentabilité, donc on m’aurait forcé à rendre les clefs. Cela aurait été mon baroud d’honneur.
          (On a e droit de rêver…)

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          • eugeniegrandet // 04.09.2020 à 07h43

            je comprends ce que vous dites mais je me demande aussi si vous ne réécrivez pas votre propre histoire.

            Personnellement je me demande toujours si, face au retrait de la mer en Thaïlande en 2004, j’aurais correctement interprété ce signal qu’il se préparait une catastrophe.
            Bien que la tectonique des plaques ne me soit pas étrangère, j’ai toujours un doute. Alors je pourrais écrire que bien sûr je serais partie dans les collines. ça me tranquillise mais est-ce vrai?

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  • Hippocampe // 03.09.2020 à 10h15

    Tout ça ne dit pas le vrai lobbying des compagnies pétrolières, qui toutes d’ailleurs, américaines comme européennes, font du renouvelable à qui mieux mieux:
    https://www.npr.org/2019/09/30/763844598/how-big-oil-of-the-past-helped-launch-the-solar-industry-of-today?t=1599120075767
    Pourquoi? Parce que la vertu leur est soudain venue en se rasant le matin? Que nenni! Le propre de ces grosses compagnies (finances, profits, volumes) c’est la constance, la cohérence et l’inertie philosophique. Les renouvelables ont en commun avec les énergies carbonées d’avoir une empreinte sur les ressources naturelles maximale. Investir dans des prospections, des mines, des infrastructures prégnantes, que ce soit pour le pétrole ou l’éolien, c’est tout un. Avec les subventions des états en plus…Lobbying pour passer à la voiture électrique (décroissance significative du rendement énergétique global) etc.
    Enfin, pour ce qui est de l’effet de serre, le consensus scientifique c’est bien, la preuve par 9 expérimentale c’est mieux

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  • EugenieGrandet // 03.09.2020 à 13h37

    @Hippocampe.
    Subventions des états pour la prospection pétrolière ou minière ?
    Où avez vous vu cela? Quels pays? Rendre son pays attractif, tous les pays le font. Mais subventionner la prospection, jamais vu.

    Quand à penser que les entreprises, quelles qu’elles soient, ne vont pas chercher à maximiser leurs bénéfices nets pour pouvoir rembourser leurs banques, rémunérer les actionnaires et se constituer des réserves, c’est vivre en dehors du monde.
    Je ne dis pas que c’est mal ou bien mais je dis que c’est pour l’instant le principe même du capitalisme financier.

    Vous espérez peut-etre un capitalisme social (qui œuvre pour le bien de l’humanité), alors cela reste à inventer, selon moi (il existe des prémices d’entreprenariat social mais ce n’en est qu’à ses débuts)

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    • Hippocampe // 03.09.2020 à 15h26

      Désolé, vous avez lu trop vite…ou j’ai écrit trop vite. Je dis que les compagnies pétrolières font du renouvelables comme elles font du pétrole: extraction, transport, transformation. Les naïfs qui croient que l’éolien c’est que du vent reverront leur copie. Quant aux subventions elles ne sont pas pour la prospection ou l’exploitation minière, non, elles sont tout simplement pour la mise sur le marché de KWh inutiles ou nuisibles. Les braves gens ignorent toujours qu’on leur ponctionne, sur leurs factures EdF des milliards d’€ tous les ans (9 actuellement, bientôt 12), pour subventionner l’installation de panneaux solaires et d’éoliennes, Engie vous dit merci. Et par dessus le marché RTE est contraint d’acheter ces fichus kWh et EdF de vendre les siens à bas prix à ces interrupteurs volontaires d’électricité fiable.
      Pendant ce temps-là les mêmes braves gens protestent en gilets jaunes pour 2 petits milliards de taxe pétrole qu’on leur a pris avec trop de visibilité! Relisez vos factures et protestez pour 12 plutôt que pour 2!

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    • sylla // 03.09.2020 à 15h41

      Je suis nul en économie : subventionner l’usage ou la production ce n’est pas subventionner l’exploration?

      Add : ah, oui, les investissements dans l’exploration chutent depuis perpét’, encore plus après 2008, mais je ne trouve rien qui indique d’où vient l’argent investit (QE, subs, ou (dernières?) forces financières du secteur).

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      • eugeniegrandet // 03.09.2020 à 17h49

        @sylla:
        le principe financier de l’exploration des compagnies pétrolières, c’est que de l’autofinancement (pas de prêts bancaires.)
        Toutes les compagnies cotées en bourse paient leur exploration. [Pour les compagnies nationales, soit peut-être les 2/3 de la production mondiale, c’est peut-être autre chose tant leur comptabilité est, disons, souvent acrobatique (sauf celles des pays ocde).]

        Et ces dépenses ne sont considérées comptablement comme des investissements que s’il y a découverte de pétrole ou gaz, sinon les coûts d’exploration correspondants passent en charge l’année de leur dépense (zéro amortissement).

        Enfin, je ne connais pas de cas de subvention dans l’industrie pétrolière dans la partie amont (exploration et production de pétrole et de gaz.)
        j’en connais dans l‘aval (raffinage, distribution d’essence et de diesel et autres produits petroliere) quand les prix à la pompe sont très très bas par rapport au cour réel (ex: le venezuela où le prix du litre d’essence est extrêmement bas pour ne pas entraîner de mouvements sociaux mais il y a plein d’autres pays, au Moyen Orient par exemple.)

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        • sylla // 03.09.2020 à 18h13

          Je ne comprends pas le distinguo si c’est la même caisse, qu’ils apparaissent dans la case charge ou la case investissement ne change qqchose que pour les comptables (ou les impôts peut être) il me semble. Et une partie des dépenses en aval, sont les profits (et donc les investissements, sauf dette) en amonts, non?

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          • eugeniegrandet // 05.09.2020 à 16h23

            ma réponse était liée à votre question sur l origine des fonds qui financent l exploration: « les investissements dans l’exploration chutent depuis perpét’, encore plus après 2008, mais je ne trouve rien qui indique d’où vient l’argent investit (QE, subs, ou (dernières?) forces financières du secteur). »
            Donc je répète: autofinancement

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  • sylla // 03.09.2020 à 15h34

    Bonne idée que de rappeler que même ceux dont c’est l’intérêt financier fondamental sont, derrière le rideau, d’accord sur CO2 et réchauffement climatique!

    P.S. : j’ai cherché sur le site des articles sur le lien PIB/énergie (et in fine PIB/CO2), genre de truc qui expliquerait l’inertie globale, mais je n’ai rien trouvé. Tu as fait qqchose là dessus Olivier, ou tu pourrais le faire?

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    • eugeniegrandet // 03.09.2020 à 17h53

      @sylla.
      voir le site de JM Jancovici (jancovici.com) et toutes ses présentations.
      Il y a aussi plusieurs interventions en streaming (france culture, thinkerview, etc…)

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  • cedivan // 03.09.2020 à 16h07

    Nous sommes tous, à des degrés divers, responsables. Qui aujourd’hui, honnêtement, accepterait de voir ses déplacements en avion voire en voiture soumis à un rationnement ou à un quota ? Qui accepterait de n’avoir accès à internet que quelques heures par jour ? Qui serait d’accord pour renoncer à tous ce qui est en plastique (au sens large) ?…. Certes, ceux qui savaient n’ont rien dit ou pas tout dit. Mais ceux qui s’en servaient ne voulaient pas savoir non plus

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  • eugeniegrandet // 03.09.2020 à 17h55

    @cedivan.
    oui, c’est bien cela.
    Je crois que c’est la même chose aujourd’hui avec, par exemple, les métaux rares, les terres rares, etc…
    On sait confusément que leur surexploitation est néfaste mais renonçons-nous pour autant à tous les « avantages » procurés (ou leurs mirages)?

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  • Amon // 03.09.2020 à 17h56

    La tragédie des biens communs … nouvel épisode !!

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  • Rond // 04.09.2020 à 15h19

    Merci pour tous ces commentaires qui mettent en lumière la complexité de la chose, la cupidité à l’œuvre, l’impuissance, inavouée ou complice, des « puissants », l’ignorance entretenue des peuples, l’ignorance confortable des peuples, et enfin la crise de schizophrénie d’aujourd’hui.
    Bon, maintenant on fait quoi ? Olivier, après ces premiers pas vers un état des lieux, auriez-vous un article sous le coude qui jetterait quelques bases et des pistes pour les relier ? Je me réjouis déjà pour les commentaires et leur pertinence. Quant au consensus, il faudra encore un peu de temps. L’avons-nous ? Là également, le consensus est à trouver.
    Tenez bon !

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    • Subotai // 05.09.2020 à 19h53

      «  »Bon, maintenant on fait quoi ? » »
      *****
      Bonne question!
      A laquelle je réponds: Rien*. 🙂
      J’explique. 🙂
      L’important est qu’un maximum de gens soit aussi convaincu que vous, de la chose.
      Quand ( et ça commence à se faire) un pourcentage suffisant de personnes concernées sera atteint, les actions se mettront en place d’elles même.
      Si, si, croyez pas.
      Pourquoi?
      Parce que quand vous savez quelque chose, vous ne pouvez plus l’ignorer – quoi que vous fassiez – ainsi toutes vos actions tiennent compte de ce « savoir » et de fait contribuent à sa « gestion ».
      C’est comme ça que ça marche… 🙂

      * wu wei

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