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19.août.202019.8.2020 // Les Crises

L’Arctique connait un événement de « réchauffement climatique rapide »

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Source : Global Climat, Johan Lorck

La dernière période glaciaire a été interrompue par une vingtaine d’épisodes de réchauffement rapide dans le grand nord. En quelques décennies, la température au Groenland a augmenté de 10 à 15 degrés avant de redescendre lentement. Une nouvelle étude montre que le réchauffement actuel de l’Arctique peut être considéré comme un changement climatique soudain. Au cours des quarante dernières années, les températures ont augmenté de quatre degrés et plus dans de vastes zones, notamment la mer de Barents et Svalbard.

L’Arctique se réchauffe deux fois vite plus que la moyenne mondiale, certaines régions enregistrant des taux encore plus élevés. L’étendue de la glace de mer est également en nette diminution depuis le début des mesures.

Des chercheurs ont voulu évaluer la vitesse des changements récents observés dans l’Arctique par rapport au données paléoclimatiques. D’après les auteurs de l’étude publiée dans la revue Nature Climate Change, ce réchauffement récent de l’Arctique peut être qualifié de « réchauffement climatique brutal ». Cette notion, plus connue dans son expression anglo-saxonne – abrupt climate change – caractérise un changement plus rapide que le rythme du forçage externe.

Attention, on parle ici des réchauffements abrupts survenus dans une région bien précise, le Groenland. Car au niveau global, le réchauffement climatique d’aujourd’hui se produit à un rythme beaucoup plus rapide que pendant les épisodes chauds qui ont ponctué les périodes glaciaires au cours du dernier million d’années. On estime que la transition de la dernière période glaciaire à la période interglaciaire actuelle s’est étendue sur 5 000 ans. Les humains pourraient être témoins de la même ampleur de réchauffement climatique en l’espace d’environ 110 ans. Si notre monde se réchauffe de 4°C entre 1990 à 2100, comme le prévoient certains modèles climatiques, alors ce taux de réchauffement sera environ 45 fois plus rapide que le réchauffement de la Terre au sortir de la dernière période glaciaire.

Les auteurs de la nouvelle étude se sont penchés sur des épisodes de réchauffement abrupts circonscrits à une région particulière. On trouve les signes les plus forts de ces événements dans les carottes de glace du Groenland. Ces épisodes passés ne doivent pas conduire à relativiser le réchauffement actuel, il s’agirait d’une mauvaise interprétation. D’abord, comme dit précédemment, le rythme du réchauffement actuel au niveau global est beaucoup plus rapide que lors de la sortie des glaciations.

Ensuite, la nouvelle étude montre que le réchauffement observé – plus d’un degré par décennie – peut même être comparé aux événements régionaux de réchauffement extrême pendant la période glaciaire. Le réchauffement le plus prononcé est observé sur le secteur eurasien de l’océan Arctique et les zones terrestres adjacentes, avec les taux de changement les plus élevés dans la mer de Barents et au-dessus du Svalbard.

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Myrkur34 // 19.08.2020 à 08h24

Pour l’anecdote, certains groenlandais sont contents de ce réchauffement dans leur pays. D’une part ils vivent de plus en plus à l’occidentale (les chiens de traîneaux , c’est pour le tourisme et la fonte en accélérée ne permet plus de vivre à « l’ancienne »), cela dégage des terres pour le jardinage et les fruits et légumes, ainsi que pour les ressources minières qui deviennent accessibles et ainsi devenir totalement indépendant du Danemark. Des petits arbres ou arbustes commencent à pouvoir se développer dans le sud.

Bien sûr, ce pays va être le nouvel eldorado pour faire de l’argent facilement et rapidement pour une minorité ou certaines multinationales . Souvenez vous de Trump demandant aux danois si les USA pouvait leur acheter le Groenland…..

On pourrait aussi parler du Svalbard qui est devenu une endroit à la mode pour le tourisme des classes aisées.
Donc le mouvement est enclenché et cette partie du monde fait partie des dernières nouvelles frontières avec l’Amazonie qui vont être « infrastructurisées » pour l’exploitation et la mise aux normes de la civilisation humaine.
Et dans 30, 50 ans ?, ce sera au tour de l’Antarctique qui sera devenu « viable » sur ses pourtours ou ses îles adjacentes. Les Kerguelen, les Malouines, les nouvelles Bretagne ou Guernesey du futur ??

12 réactions et commentaires

  • Myrkur34 // 19.08.2020 à 08h24

    Pour l’anecdote, certains groenlandais sont contents de ce réchauffement dans leur pays. D’une part ils vivent de plus en plus à l’occidentale (les chiens de traîneaux , c’est pour le tourisme et la fonte en accélérée ne permet plus de vivre à « l’ancienne »), cela dégage des terres pour le jardinage et les fruits et légumes, ainsi que pour les ressources minières qui deviennent accessibles et ainsi devenir totalement indépendant du Danemark. Des petits arbres ou arbustes commencent à pouvoir se développer dans le sud.

    Bien sûr, ce pays va être le nouvel eldorado pour faire de l’argent facilement et rapidement pour une minorité ou certaines multinationales . Souvenez vous de Trump demandant aux danois si les USA pouvait leur acheter le Groenland…..

    On pourrait aussi parler du Svalbard qui est devenu une endroit à la mode pour le tourisme des classes aisées.
    Donc le mouvement est enclenché et cette partie du monde fait partie des dernières nouvelles frontières avec l’Amazonie qui vont être « infrastructurisées » pour l’exploitation et la mise aux normes de la civilisation humaine.
    Et dans 30, 50 ans ?, ce sera au tour de l’Antarctique qui sera devenu « viable » sur ses pourtours ou ses îles adjacentes. Les Kerguelen, les Malouines, les nouvelles Bretagne ou Guernesey du futur ??

      +11

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    • j // 19.08.2020 à 09h01

      Il y a fort à parier que les perspectives du Groënland, de la Sibérie, du Canada, de l’Antarctique… doivent certainement agiter beaucoup de neurones, autochtones ou non. Pour quels résultats, cela reste à voir.
      Enfin si ça pouvait nous débarasser du cancer féodal qu’est l’Arabie Saoudite, peut-être qu’à quelque chose malheur serait bon.

        +7

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      • guzy // 19.08.2020 à 10h39

        Le problème c’est que lorsque le « cancer féodal saoudien » entrera en phase terminale, ça sera la Syrie x2, car c’est un pays peuplé (34 M d’habitants) et pas préparé à la fin de son mode de vie artificiel. Et nous serons en première ligne.

          +0

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      • christian gedeon // 19.08.2020 à 15h40

        Vous savez que les saoudiens sont des êtres humains comme vous et moi?

          +2

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        • Mamadou // 19.08.2020 à 18h55

          Peut-être des êtres humains comme vous, mais est-ce bien suffisant pour les tolérer ?

            +1

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    • Philippe T. // 19.08.2020 à 11h53

      Bonjour,
      Je ne voudrais pas gâcher votre enthousiasme, mais selon d’autres études, au rythme actuel de la fonte des glaces le Groënland ne serait libre de glaces que dans 7.000 ans.

        +10

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  • LibEgaFra // 19.08.2020 à 10h51

    Pas grave, au cours du Crétacé la surface des terres émergées a été pour un temps de 18% (contre 28% actuellement). Il y avait des forêts jusqu’aux pôles. Sic transit.

    Il semblerait que la Terre n’ait jamais été aussi chaude qu’à la fin du Paléocène. Il y a de la marge.

      +6

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    • Patrick // 20.08.2020 à 21h49

      Et c’était une période grouillante de vie.
      Aucun danger à l’horizon pour la planète

        +1

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  • christian gedeon // 19.08.2020 à 15h35

    Groenland. Terre verte. Et donc retour à la normale. Non?

      +4

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  • RGT // 19.08.2020 à 21h13

    S’il n’y avait que l’aridité des terres émergées, les événements climatiques extrêmes, la montée des eaux qui recouvrira toutes les zones côtières ce serait un « véritable bonheur ».

    Le réchauffement climatique pourrait avoir des conséquences sanitaires monstrueuses selon certains scientifiques qui sont actuellement effarés.

    Vous avez apprécié le Covid-V2 ?

    Vous serez donc heureux de connaître son successeur issu des forêts vierges en train de crever (changement climatique +++ activités humaines).

    Mais le pire ne viendra pas de ces pathogènes actuels mais plutôt de tous ceux qui peuvent « dormir » dans le permafrost pendant des milliers, voire des millions d’années et qui trouveront les humains partis coloniser ces nouvelles terres « croustillants à souhait »…

    Grippe espagnole, peste, virus et bactéries actuellement inconnus contre lesquels nous n’avons aucun moyen de défense naturel ni technologique…

    À mon avis, nous allons quitter l’anthropocène pour rentrer dans le confinocène…

    Et comme l’augmentation des températures et la diminution des ressources énergétiques se combineront pour vous « taquiner » vous crèverez de chaud enfermés dans vos apparts sans clim’ ou infectés en sortant.

    Il faudrait que TOUS les humains décident de concert de respecter une vie énergétique frugale.
    Ne rêvons pas, il y aura toujours des idiots pour prendre leur bagnole afin de perdre deux heures dans les embouteillages pour amener leurs gosses à l’école située à 500m de chez eux.

    Avoir une empreinte énergétique minimale, oui, mais sans illusion quand on voit ce que font nos cons-génères.

      +3

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  • mikatypa // 20.08.2020 à 09h38

    Pendant 400 ans, le Groenland abritait une population viking héritière d’Erik le Rouge banni d’Islande car trop bagarreur. Ils vivaient à la mode viking, avec des vaches, de la culture, des églises. Ils ont même été jusqu’au Canada à la recherche de métaux… mais le refroidissement leur a été fatal, en empêchant la navigation avec l’Islande et en invalidant leur mode de vie.
    Du mieux certainement pour les populations du Groenland pour quelques centaines d’années !

      +0

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