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30.septembre.202030.9.2020 // Les Crises

Conflit Azerbaïdjan-Arménie : Pourquoi la guerre ? Quelles implications ?

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Source : The Guardian – 28/09/2020
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Les tensions sur la région du Haut-Karabakh ont provoqué l’éclatement d’un des « conflits gelés » de l’Europe.

Que se passe-t-il ?

Tôt dimanche 27 septembre, l’Arménie a annoncé qu’elle déclarait la loi martiale et la mobilisation générale en réaction à l’offensive militaire de son voisin, l’Azerbaïdjan, dans une région contestée appelée Nagorno-Karabakh. L’Azerbaïdjan a déclaré qu’il n’avait fait que répondre aux bombardements arméniens.

Le Haut-Karabakh est reconnu internationalement comme le territoire de l’Azerbaïdjan mais a une population majoritairement arménienne qui résiste à la domination azerbaïdjanaise depuis plus d’un siècle. En 1991, la région a déclaré son indépendance et depuis lors, elle s’est gouvernée elle-même – avec le soutien de l’Arménie – en tant que République non reconnue de l’Artsakh.

Malgré des avancées vers la paix au cours des deux dernières années, l’un des « conflits gelés » de l’Europe a de nouveau éclaté. Depuis dimanche, les forces du Haut-Karabakh ainsi que l’armée arménienne combattent les troupes, les blindés et les avions azerbaïdjanais. On dénombre plusieurs dizaines de morts, y compris des civils, et plusieurs centaines de blessées.


[source]

Quel est le contexte ?

Le Haut-Karabakh, une région montagneuse et enclavée à l’intérieur des frontières de l’Azerbaïdjan, était déjà une source de conflit avant la création de l’Union soviétique. Les tensions ont été supprimées lorsque l’Arménie et l’Azerbaïdjan étaient tous deux des États de l’URSS, mais elles sont réapparues à la fin de la guerre froide après l’effondrement du bloc soviétique.

En 1994, une guerre entre les forces arméniennes et azerbaïdjanaises s’est terminée par un cessez-le-feu, l’Arménie contrôlant entièrement le Haut-Karabakh et d’autres enclaves plus petites du territoire azerbaïdjanais.

Pour Laurence Broers, directeur du programme Caucase au sein de Conciliation Resources, « La frontière entre les deux pays est considérée comme l’une des plus militarisées au monde » .

« Nous sommes confrontés à une véritable guerre de tranchées en Europe, et ce plus de 100 ans après la Première Guerre mondiale« , a-t-il déclaré. « Dans certaines régions, les lignes sont si proches qu’elles peuvent s’entendre et éventuellement se parler« .

L’Azerbaïdjan est à majorité musulmane et l’Arménie à majorité chrétienne. Si certains éléments des deux camps cherchent à présenter le conflit en termes religieux, la plupart des analystes affirment que cet angle est exagéré (l’Azerbaïdjan, par exemple, maintient des liens de défense solides avec Israël).

Pourquoi un nouveau conflit maintenant ?

En 2018, une révolution arménienne a inauguré une nouvelle génération de dirigeants et a fait naître l’espoir que le conflit du Haut-Karabagh puisse se résoudre. Ces aspirations ont depuis lors diminué, le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, ayant adopté une ligne ferme sur cette question, semblable à celle de son prédécesseur.

Avec la pandémie de Covid-19 qui a fait des ravages sur le prix du pétrole et du gaz azerbaïdjanais, il se peut que ses dirigeants aient décidé que le moment d’agir était venu, a déclaré M. Broers. « Une opération militaire pourrait être perçue comme un moyen de rallier la population autour du drapeau, de faire quelques gains territoriaux et de réintégrer le processus de paix en position de force« , a déclaré M. Broers.

L’Azerbaïdjan affirme qu’il répond à l’agression arménienne dans des zones qui sont légalement son territoire et qui ont été occupées par des troupes ennemies et des séparatistes depuis des décennies.

Pourquoi ce conflit est-il important ?

Outre la question humanitaire, avec des civils tués des deux côtés, le conflit suscite l’inquiétude de la communauté internationale pour plusieurs raisons. La principale est que les puissances régionales, dont la Russie, la Turquie et l’Iran, sont investies dans le Caucase du Sud à des degrés divers. Si on laisse les combats s’envenimer, « vous pourriez avoir un processus de somnambulisme, comme ce fut le cas lors de la première guerre mondiale, et vous retrouver dans un conflit régional plus vaste« , a déclaré M. Broers.

La Turquie a déjà déclaré son soutien indéfectible à l’Azerbaïdjan, tandis que la Russie est traditionnellement plus proche de l’Arménie, bien que ses liens avec les élites azerbaïdjanaises se soient renforcés.

Les deux pays se bousculent pour obtenir de l’influence dans différents théâtres du monde, notamment en Syrie et en Libye. L’Arménie a affirmé que la Turquie envoyait des combattants syriens dans la région pour combattre aux côtés de l’Azerbaïdjan, bien qu’il n’y ait pas encore de preuves solides à ce sujet et que l’Azerbaïdjan qualifie cela de « non-sens total ».

Le grand Caucase du Sud est une artère cruciale pour le gaz et le pétrole de l’Azerbaïdjan vers la Turquie, puis vers l’Europe et d’autres marchés mondiaux. L’Azerbaïdjan fournit environ 5 % de la demande européenne de gaz et de pétrole (ce qui contribue à réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis de la Russie), et les combats de 2016 se sont rapprochés de plusieurs de ces pipelines.

Source : The Guardian – 28/09/2020
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Commentaire recommandé

Darras // 30.09.2020 à 08h15

Lecture un peu superficielle du problème.
Dans l’absolu, ce conflit peut amener à une confrontation directe entre l’OTAN dont la Turquie est membre et la Russie liée par l’OTSC à l’Arménie.
Si les Turcs attaquent le Territoire arménien, c’est parti.
Or les Turcs n’auraient pas bougé sans l’accord de tonton Sam.
Maintenant, outre les motivations exprimées par l’article, il y a manifestement application des conseils de la Rand Corp. pour mettre en difficulté la Russie. La Russie maintient des liens avec les deux parties mais l’Arménie joue l’OTAN et ‘lUE depuis 2018. Un soutien ferme de la Russie à l’Armenie fachera les Azeris pour de bon. Un soutien mou permettrait aux Arméniens de dénoncer l’OTSC et de basculer définitivement du coté Ouest
Étonnant que ce conflit eclate juste après l’échec Biélorusse.
Le CS a tapé du point sur la table pour stopper les combats.
A suivre

34 réactions et commentaires

  • Darras // 30.09.2020 à 08h15

    Lecture un peu superficielle du problème.
    Dans l’absolu, ce conflit peut amener à une confrontation directe entre l’OTAN dont la Turquie est membre et la Russie liée par l’OTSC à l’Arménie.
    Si les Turcs attaquent le Territoire arménien, c’est parti.
    Or les Turcs n’auraient pas bougé sans l’accord de tonton Sam.
    Maintenant, outre les motivations exprimées par l’article, il y a manifestement application des conseils de la Rand Corp. pour mettre en difficulté la Russie. La Russie maintient des liens avec les deux parties mais l’Arménie joue l’OTAN et ‘lUE depuis 2018. Un soutien ferme de la Russie à l’Armenie fachera les Azeris pour de bon. Un soutien mou permettrait aux Arméniens de dénoncer l’OTSC et de basculer définitivement du coté Ouest
    Étonnant que ce conflit eclate juste après l’échec Biélorusse.
    Le CS a tapé du point sur la table pour stopper les combats.
    A suivre

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    • anatole27 // 30.09.2020 à 10h01

      « Or les Turcs n’auraient pas bougé sans l’accord de tonton Sam »

      Donc c’est tonton Sam qui aurait donné l’autorisation aux Turcs d’acheter des S400 ?

      Est ce que c’est l’OTAN qui pousse les Turcs , ou est ce que c’est la Turquie qui entraîne l’OTAN
      dans ses rêves d’empire, c’est une vraie question .

        +17

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      • Darras // 30.09.2020 à 10h06

        Ni l’un ni l’autre. Erdogan a ses raisons. Je ne dis pas que Sam pousse au crime, je dis qu’il n’a pas dû être hostile au projet.
        Quant aux S400 , en Turquie, les experts US auront tout loisir de les disséquer. En Syrie, vous pouvez voir que la Turquie ne bouge pas une oreille sans l’accord de Sam.
        Et dans le cas des problèmes Libyen et Chypriote, les USA n’ont pas dit un seul mot.

          +5

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        • fox23 // 30.09.2020 à 17h35

          Vous ne le dites pas, moi je le dis, le vilain nez étasunien est derrière ce nouveau mauvais coup à la paix en Europe et pour punir à nouveau la Russie tant de l’échec en Biélorussie que de leur non alignement global sur les thèses de l’empire.
          Ils savent jouer sur tous les tableaux et pousser en avant leurs pions pour paraître innocents – l’OTAN, qui est le patron ? – des turpitudes qui vont leur rapporter… si tout se passe aussi mal que prévu à Washington.
          Les S 400 ? Outre qu’ils ne pouvaient décemment pas intervenir aussi visiblement dans les affaires intérieurs d’un membre de l’OTAN (faisant partie de la ceinture de feu autour de la Russie),Anatole a tort, ils furent punis par la non participation à la fabrication du plus beau raté de l’aéronautique militaire, le F 35 et les Étasuniens torpillent doucement la monnaie turque.
          Souvenons-nous pour finir de la tentative de coup d’Etat d’il y a quelques années.

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        • moshedayan // 30.09.2020 à 19h01

          Oui vous avez raison tout cela est très compliqué… L’Arménie s’appuie sur la sympathie historique de la Russie mais a joué complètement -ce président Arménien la carte de l’OTAN et de l’UE et de « Soros » comme disent des médias russes en sous-titre. C’est clair certains Russes appellent à la plus grande prudence et dénoncent en fait le piège arménien: ils exigent de l’Arménie d’être clair – que ces Arméniens cessent d’accueillir une Ambassade américaine qui s’est transformée en Tour-Bunker de renseignements et d’actions subversives dans le Caucase. Et même si l’Arménie cesse ce jeu « multi-vecteur » (d’hypocrites au fond pensent-ils) ces Russes ne les soutiendront pas dans leurs prétentions « excessives » sur l’Azerbaïdjan – l’Azerbaïdjan est plus important pour la Russie parce qu’il y a la Caspienne ! Qui a commencé ? En tous cas, l’Arménie est en mauvaise posture et si c’est elle la responsable… des Russes pensent déjà – elle l’a bien cherché…juste que la Turquie n’a rien à faire c’est la ligne rouge pour la Russie… ça s’agite au Sud mais la Biélorussie n’est pas encore sortie des « agitations »… Donc , oui l’Occident pousse dos au mur la Russie… les Russes qui ont entre 40 et 80 ans ont peur, …le sentiment d’une guerre hybride de 3e Guerre mondiale est présent…L’Occident joue un jeu très dangereux, selon eux, attention s’il se sent trop fort….Attention à l’engrenage…l’Ours peut sortir s’il voit sa survie…

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      • Amora // 30.09.2020 à 10h13

        anatole27, rappelez-nous, dans les années 1970 et 1980, les « Loups gris » étaient en étroite relation avec la CIA et les réseaux clandestins anticommunistes « Stay Behind » mis en place par l’OTAN, il semble que ce soit toujours le cas et de nos jours les « Loups gris » sont souvent proches de l’AKP et des islamistes. 😉

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    • Blabla // 30.09.2020 à 10h27

      Ajoutons au problème la réaction des autres conflits gelés et minorités ethniques (Ossétie du Sud/Géorgie, Abkhazie/Géorgie également, Transnistrie/Moldavie, Kurdes en Turquie, Irak, Syrie et Iran) qui pourraient bien réagir épidermiquement dans cette affaire : il n’en faudrait pas beaucoup pour pousser la Géorgie à s’en mêler.

      De plus, les religions s’en mêlent également : si les Azéris sont musulmans, ce sont essentiellement des chiites (donc, plus proches de l’Iran, qui compte d’ailleurs des Azéris sur son sol), tandis que les anciens résistants modérés et démocrates refoulés d’Irak, puis de Syrie, essentiellement sunnites (et pour certains russes, donc absolument indésirables plus au Nord), seraient envoyés sur le théâtre d’opérations par leur dernier protecteur turc, mais n’y pourront faire que chair à canon.

      Derrière tout cela, évidemment, comme toujours les intérêts économiques et géostratégiques : transport du pétrole azéri vers la turquie, gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum (BTE) et derrière le projet Nabucco (depuis la Hongrie jusqu’à l’Iran), OTAN (la Géorgie est candidate) face à la Russie, etc…

        +9

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    • azuki // 30.09.2020 à 11h13

      «Les chroniques du grand jeu», qui est pour moi une référence de confiance dans ce domaine, dit que ce conflit emmerde autant l’Otan que les Russes.

      La situation est très délicate et ennuyeuse pour tout le monde, sauf pour Erdogan qui a une fâcheuse tendance a jouer a des jeux très dangereux.

      http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/09/c-est-reparti-dans-le-caucase.html

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      • Alfred // 30.09.2020 à 15h48

        Erdogan (dont la monnaie se dévalue davantage à chaque aventure militaire) a quand même réussi à s’ingérer militairement
        – en Syrie
        – en Irak
        – En Somalie
        – En Lybie
        – En Grèce
        – En Azerbaidjan.
        Dans plusieurs de ces pays des soldats turcs sont morts pour un succès quasi nul et dans plusieurs de ces pays il a utilisé des mercenaires islamistes:jihadistes qu’il a financés et armés (pour quel bénéfice pour les turcs?).
        Il n’y a décidément qu’avec le racket migratoire des européens qu’Erdogan fait rentrer de l’argent. C’est à se demander quand les turcs en auront marre de Leopoldo Galtieri d’opérette. C’est à se demander aussi dans quelle mesure les Russes ne regrettent pas de lui avoir sauvé la mise lors du coup d’état Americano-Gulleniste.

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  • LibEgaFra // 30.09.2020 à 09h09

    Il ne fait aucun doute que:
    – c’est l’Azerbaïdjan qui est passé à l’offensive;
    – la Turquie a une politique impérialiste;
    – c’est la Russie qui est visée à travers l’Arménie;
    – une menace de guerre est favorable aux dirigeants en place, surtout ceux qui sont va-t-en guerre (Trump, Macron).
    – certain génocide donne plus de droits qu’un autre et l’hypocrisie n’a jamais été aussi flagrante;
    – l’Arménie a fait un très mauvais choix: l’appartenance à l’ue ne protège pas de l’impérialisme turc (Chypre).

      +8

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    • Alfred // 30.09.2020 à 15h48

      Trump va t en guerre? Quand on n’ a pas la télé on a plutôt l’impression de l’inverse…

        +10

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      • LibEgaFra // 01.10.2020 à 07h01

        Cher Alfred,

        « Quand on n’ a pas la télé on a plutôt l’impression de l’inverse… »

        Votre phrase suppose donc que j’ai la télé. Je ne m’attendais pas à un tel sophisme de votre part.

        Manifestement il vous manque quelques informations très récentes comme son discours à l’ONU, le déploiement de nouveaux bâtiments militaires dans le golfe arabo-persique et en Méditerranée orientale, et la continuelle présence yankee en Syrie avec le pillage du pétrole syrien.

        Auriez-vous déjà oublié l’assassinat de Soleimani et le projet d’assassinat du président syrien?

        Misère!

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    • macron menteur // 01.10.2020 à 09h42

      « une menace de guerre est favorable aux dirigeants en place, surtout ceux qui sont va-t-en guerre (Trump, Macron). »
      STOP! Trump est le seul POTUS depuis longtemps a n’avoir pas initié de conflit, jusqu’à maintenant…Maintenant les élections approchent…Et le lobbies de l’armement relèvent la tête, tous emplies d’espoir de voir le Démocrate gateux se faire élire.

        +2

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      • LibEgaFra // 01.10.2020 à 13h47

        « STOP! Trump est le seul POTUS depuis longtemps a n’avoir pas initié de conflit, jusqu’à maintenant… »

        C’est faux. Il faudrait arrêter de colporter cette fable. La dénonciation du traité avec l’Iran est un acte de guerre de même que les sanctions unilatérales contre l’Iran. De même l L’attaque contre la Syrie sous un faux prétexte alors même qu’Obama y avait renoncé. Egalement le pillage du pétrole syrien sur ordre de Trump. Et il y a également le Venezuela.

        Si vous croyez encore que c’est le président qui décide de la politique extérieure des USA, je vous plains. Le dernier président qui a voulu la paix a été assassiné. Expliquez-moi donc pourquoi Trump s’est entouré de faucons néo-cons?

        Et je constate que vous prenez la défense d’un dirigeant qui a ordonné l’assassinat de Soleimani. Dans n’importe quel Etat de droit il passerait en jugement. Comparez donc avec l’affaire Navalny où aucune preuve n’existe.

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      • LibEgaFra // 01.10.2020 à 13h57

        « tous emplies d’espoir de voir le Démocrate gateux se faire élire. »

        Pas besoin d’espérer, son élection est acquise. C’est bien la raison des gesticulation de Trump.

        Avez-vous lu le discours de Trump devant les Nations Unies? Sinon, vous devriez.

        Je préfère encore un « gâteux » à un … (je m’autocensure, mais vous aurez compris).

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  • Tartine // 30.09.2020 à 09h18

    Absolument. Synchronisme aussi avec l’affaire Navalny (au fait, il va beaucoup mieux!) et surtout la mise en service prévue de Nord Stream II …

      +6

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  • zaur // 30.09.2020 à 09h28

    Avec tout mon respect et ma considération.. je pense que c’est pas The Gardien qu’il faut traduire..
    Il faut trouver quelque chose de plus mesurer et plus informative.
    Exemple: sur un site ukrainien, l’article est écrit en russe.

    https://strana.ua/news/291959-nahornyj-karabakh-istorija-konflikta-iz-za-cheho-azerbajdzhan-i-armenija-nachali-vojnu.html

      +3

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  • zaur // 30.09.2020 à 09h51

    Et quelques détails pour garder à l’esprit, quand on parle de ce conflit..
    l’Azerbaïdjan a perdu la guerre de 92-94.
    Et avec ça, il a perdu 20 % de son territoire (7 % c’est le Haut-Karabakh + 13 % les terres Azéri à l’ouest).
    Les habitants ont été chassés de ces terres. Un vrai nettoyage ethnique, mais on ne parle jamais de cela.
    Il y a toujours cette idée en Occident qu’on peut fermer les yeux et laisser faire un peuple qui a souffert précédemment dans l’histoire.. et on ne critique pas trop ces actions barbares.
    Cela vous parle cette idée ?
    l’Azerbaïdjan a attendu très longtemps.. 26 ans!
    Les autres pays était satisfait de ce statu quo, personne n’a réellement essayer de le résoudre.
    Quand on lit la presse russe à 70-80% pourcents elle est pro-arménienne. La presse occidentale c’est encore pire! On voit que Erdogan dans ce conflit.

      +6

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    • Quintus // 30.09.2020 à 17h28

      Pas 20%. 13% du territoire azerbaïdjanais est occupé par l’armée arménienne, et environ la moitié de cette zone occupée est effectivement l’Artsakh principalement peuplée d’Arméniens. Le reste était peuplé de musulmans kurdes et azéris qui ont effectivement été poussés à l’exode, et a été occupé dans le simple but d’assurer une bonne connexité territoriale entre l’Artsakh et l’Arménie propre.

      D’ailleurs les attaques azerbaïdjanaises se concentrent sur la vallée de l’Araxe, où passe la meilleure route d’accès à l’Artsakh depuis l’Arménie, ils savent très bien que les montagnes peuplées d’Arméniens sont inexpugnables en l’état, mais effectivement si la vallée de l’Araxe repasse sous contrôle azerbaïdjanais le seul lien terrestre entre l’Arménie et l’Artsakh sera peu praticable en hiver (col à 1800 m d’altitude) et les Arméniens d’Artsakh pourraient se retrouver isolés…

        +4

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      • moshedayan // 01.10.2020 à 17h48

        Vous avez raison, mais parler de continuité territoriale , me laisse songeur dans ce système de vallées, de cols… Bref; … quand l’un dit la presse russe est pro-arménienne… Là c’est faux, justement Les Russes se méfient de l’actuel président arménien et se sentent piégés. Ils ne veulent ni de la Turquie ni des Etats-Unis encore moins l’UE (avec leurs « ingérences » en Biélorussie -le monde russe…) voilà leurs difficultés. Eux, je parle des simples Russes ont toujours pensé (moqueur, souriant et méfiant) : croire à un Caucasien à sa parole ??? vous voulez rire … J’ai entendu une babouchka sur le sens des affaires dans le Caucase – « il vendrait sa mère ! » mi-sérieuse mi… Bref…. eux ils veulent se débarasser de cette histoire dans une autre époque – ils forceraient Azeris et Arméniens à échanger des territoires à savoir Nakhitchevan contre Nagorny-Karabakh qu’on n’en parle plus ! Quant aux choix actuel je vous livre ce fait : le président Arménien actuel parle russe médiocrement , le président azeri Aliev parle très bien et il est diplômé du MGIMO (…Institut des Relations internationales de Moscou – antichambre des diplomates soviétiques et russes)… cette info ne vaut pas forcément grand chose mais on ne sait jamais…

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  • christian gedeon // 30.09.2020 à 11h48

    Vladimir Poutine est devant un choix cornélien. La chèvre ou le chou? Ses atermoiements ont porté Pachinian au pouvoir. Qui joue à fond du sentiment d’étranglement de l’Armenie prise entre azéris revanchards et turcs…turcs. Je ne dis pas que « les autres » n’en profitent pas. Je dis qu’il a contribué à créer les conditions pour qu’ils en profitent. Rare erreur de sa part. Et surprenante.

      +5

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  • Casimir Ioulianov // 30.09.2020 à 12h46

    Ne pas oublier la frontière Sud , quoi de mieux qu’une guerre pour bloquer les échanges avec l’Iran ?
    C’est aussi un bon moyen de pas payer à ne rien foutre les supplétifs utilisée précédemment en Syrie.
    Enfin ça permet de montrer patte blanche à ses « amis » de l’OTAN qui sont pas bien emballé par la politique Turc actuelle en Méditerranée.
    Bref, une opex rondement menée … mais qui ne trompe pas grand monde quand à ses finalités.

      +3

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  • RGT // 30.09.2020 à 19h52

    Encore un beau bordel, et encore les civils qui crèvent pour satisfaire le « bon plaisir » des monarques z’élus.

    Et tout le monde s’en fout car ce ne sont que des « moins que rien qui ne comptent pas ».

    Dans ce conflit, ce sont les dirigeants qui ont tout à gagner car comme tout le monde le sait depuis que les humains ont commis la stupidité de se regrouper derrière « les meilleurs » et de leur vouer une allégeance sans limites, rien de mieux qu’une « bonne guerre » pour souder la populace derrière ses « dirigeants charismatiques ».

    Que les dirigeants soient azéris, arméniens ou turcs, si ce conflit devient réel ce sont bien les populations qui en paieront le prix (les turcs son habitués, c’est une « tradition locale » dans ce pays).

    Je me demande réellement à quoi sert ce que De Gaulle appelait « le machin »…

    En dehors de constituer une bonne planque bien payée à pantoufler sans rien foutre, l’ONU n’a vraiment AUCUNE utilité.
    Si elle se contentait de remplir sa mission, elle attraperait les deux dirigeants et leur collerait une bonne fessée déculottée.

    Oh pardon, la fessée est désormais interdite pour punir, elle est désormais classée comme « pratique sexuelle entre adultes consentants ».
    Si les dirigeants sont un peu pervers il pourraient agresser leurs voisins dans le seul but de satisfaire leurs fantasmes les plus fous.

    Dans ce conflit les seuls qui soient ennuyés, en dehors des civils qui sont aux premières loges, sont les russes et les iraniens (dont personne ne parle) qui souhaitent juste que leurs voisins soient en paix pour ne pas avoir d’embrouilles et que ce conflit ne déborde chez eux

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    • Grd-mère Michelle // 01.10.2020 à 12h27

      A savoir: un consortium américain(lequel?) a acquis des concessions de gaz au Kazakstan(quand?)
      En 2008, en été, un accord a été conclu avec la Roumanie pour amener ce gaz en Europe à l’aide d’un gazoduc qui traverserait la mer Caspienne, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la mer Noire, et déboucherait sur la côte roumaine(probablement dans le delta du Danube, pourtant « sanctuaire » naturel, classé, de l’humanité…)
      Informations fournies par la radio et la TV publiques roumaines, à l’occasion de la signature d’un contrat entre l’ex-président Basescu (très réjoui-images filmées) et des responsables de ce consortium (beaucoup plus sérieux et comme embarrassés) afin d’entamer les travaux nécessaires sur le sol roumain, et suivies attentivement par moi-même(qui m’y trouvais et comprends bien la langue roumaine).
      À l’époque, déjà interpellée par les « révolutions oranges » de Géorgie et d’Ukraine, je n’ai pas manqué de faire un rapprochement entre cet événement (largement passé inaperçu) et l’annonce de ce futur approvisionnement de l’UE (et de L’Ukraine proche?) en gaz.
      De sorte que je n’ai pas été étonnée, plus tard, de la volonté russe de garder leurs prérogatives militaires en Crimée.

        +1

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      • moshedayan // 01.10.2020 à 18h23

        Vous avez peut-être raison , sauf pour la Crimée. Si la Crimée était passée dans l’OTAN -officieusement puisque maintenant l’OTAN mène des manoeuvres conjointes avec les Ukrainiens « convertis ». Cela signifiait – toute la frontière sud de la Russie jusqu’au Caucase Nord menaçée sur des milliers de kilomètres avec rupture totale de la sécurité des couvertures radars et même jusqu’à Voronezh vers le Nord !!!, c’était un accès plus difficile à la Mer noire – blocage de la Mer d’Azov et menace sur la base russe de Novorossisk, menace tout aussi directe sur la base de Mozdok en Ossétie du Nord (d’où partaient les bombardiers vers la Syrie) et pire menace complète sur le « grenier à blé » du Kuban… Des connaissances à Krasnodar m’ont été clair – la Crimée dans l’OTAN – c’était la 3e Guerre mondiale « on n’avait pas le choix ! »… Même si on déteste la Russie – un fait est là ! l’OTAN n’a pas cessé de rapprocher son potentiel d’agression des frontières russes. Ce fait est indéniable et c’est le plus dangereux au monde…!!! Vos médias le cachent systématiquement mais c’est un fait… si les choses dégénèrent, moi je n’aurai aucune surprise.

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    • Grd-mère Michelle // 01.10.2020 à 12h33

      Suite:
      Il me semble que, à l’heure actuelle et depuis quelques décennies, la possession et la distribution(la vente) des ressources énergétiques sont le principal enjeu des affrontements (par petits pays interposés) entre « Grandes Puissances », et la condition sine qua non de leur domination.

      Merci d’avoir publié la carte de la région: la géographie (si négligée dans l’enseignement de base) est un élément indispensable à la compréhension des enjeux politiques.

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  • Fernet Branca // 30.09.2020 à 21h44

    Quand je lis « communauté internationale » je comprends les USA, l’OTAN. Il faudrait lire l’article du Guardian pour voir l »expression utilisée.

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  • Arthur Lepic // 01.10.2020 à 18h37

    L’Arménie est très faible militairement et économiquement

    Elle jouissait d’une relative protection de la Russie, mais a fait des avances à l’OTAN.

    L’Azerbaïdjan, quant à lui, a du pétrole et du gaz en grandes quantités. En outre son vieux différend gazier avec l’Iran semble maintenant résolu.

    Le BTC (pétrole) et le TAP (gaz) ont déjà contourné l’Arménie depuis Bakou pour approvisionner le marché européen.

    Donc en gros je pense que l’offensive azérie tente de profiter d’un moment d’extrême faiblesse et isolement de l’Arménie, avec le soutien d’Ankara qui avance ses pions.

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  • Jaicruvoir // 02.10.2020 à 06h58

    « Les tensions sur la région du Haut-Karabakh ont provoqué l’éclatement d’un des « conflits gelés » de l’Europe. »
    Ce n’est pas europe c’est le caucase
    Le HK touche l’Iiran
    L’EU est un machin polymorphe

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  • serge // 02.10.2020 à 15h45

    C’est un plan pourri des US qui essaie de planter l’axe commercial stratégique Russie-Azerbaïdjan-Iran dont l’Iran a besoin pour tenter de contourner les sanctions extrêmes américaines tout en maintenant des liens politique avec l’Arménie. Cela permet aussi à Erdogan d’utiliser ses proxies syriens qui pour l’instant n’ont pas grand-chose à faire sur Idlib et en Libye vu que c’est légèrement gelé. Et puis, il faut bien consommer les obus et missiles entassés, des fois que la DLU soit proche…

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