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15.mai.202015.5.2020 // Les Crises

« En sortir » – mais de quoi et par où ? – par Frédéric Lordon

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Source : Monde Diplo

Comme tout ce qu’il y a à dire sur la situation économique présente, et ses éventuelles issues, tiendrait difficilement en un seul texte, l’idée d’une sorte de (mini) série a semblé une possibilité, depuis la formulation de quelques hypothèses simples jusqu’à l’esquisse de voies de sortie, en passant par des essais de clarification du « problème » comme il se pose (ou comme on pourrait le poser).

Sauf les demeurés, tout le monde comprend maintenant qu’on ne se tirera pas véritablement de la situation présente par des rustines de politique monétaire ou de report de taxes. L’origine de ce virus, son lien de plus en plus clair avec l’écocide capitaliste, l’espèce de némésis virale déchaînée qui nous attend si nous continuons dans le mépris de toute chose qui n’est pas l’argent, suggèrent de poser enfin quelques questions sérieuses sur la manière, non dont nous produisons à domicile des respirateurs, mais dont nous vivons. Demander, par exemple, s’il n’est pas temps de « sortir de l’économie », ou de choisir entre « l’économie ou la vie », c’est poser à nouveau des questions sérieuses. Sérieuses mais peu claires.

Quelle économie ?

Qu’est-ce que c’est l’« économie » dont il faudrait sortir ? Si l’on définit très généralement l’« économie » par l’ensemble des données sous lesquelles s’organise la reproduction matérielle collective, évidemment ces énoncés n’ont aucun sens. « Pour vivre, il faut avant tout boire, manger, se loger, s’habiller et quelques autres choses encore », écrivent Marx et Engels dans L’idéologie allemande. Au sens le plus général du terme, « l’économie » désigne la réponse collective qu’une formation sociale apporte à ce « il faut », jusqu’à la fourniture de ces « quelques autres choses encore ». Dans une lettre à Kugelmann, Marx enfonce le clou : « N’importe quel enfant sait que toute nation crèverait qui cesserait le travail, je ne veux pas dire pour un an, mais ne fût-ce que quelques semaines » (1). « Sortir de l’économie », ça ne peut donc pas être s’affranchir de ça.

Le texte « L’économie ou la vie » semble, lui, viser autre chose : l’« économie » comme formation culturelle de longue période, une séquence anthropologique historique, fabricatrice d’un certain type d’homme, essentiellement replié sur la poursuite apeurée de ses intérêts de conservation. Et l’ethos qui vient avec : en toutes choses, calculer égoïstement. Pères fondateurs : Hobbes, Smith.

Cependant Giorgio Agamben, qui n’est probablement pas en désaccord avec cette définition de l’économie, ouvre un de ses textes récents par une citation frappante : « La peste marqua, pour le début de la ville, le début de la corruption. Personne n’était plus disposé à persévérer dans la voie de ce qu’il jugeait auparavant être le bien, parce qu’il croyait qu’il pouvait peut-être mourir avant de l’atteindre ». Raisonnement digne d’un économiste possédé par la théorie du choix rationnel. On croirait lire du Gary Becker, le fou Nobel qui a décidé que la théorie économique du comportement rationnel pouvait s’appliquer à tous les segments de la vie : divorcer ou rester marié ? passer à l’acte criminel ou se retenir ? arrêter de fumer ou continuer ? se garer sur une place interdite ou chercher encore ? — rester vertueux ou passer corrompu ? Autant de cas particuliers de l’universelle condition humaine — envisagée depuis le cabanon — qui n’est qu’arbitrage rationnel entre solutions alternatives. La vie : une succession de choix, c’est-à-dire un calcul permanent des bénéfices et des coûts, et la recherche en tout de l’optimisation.

Pourtant ça n’est pas Becker qui écrit ainsi les détours du choix rationnel entre maintien de la vertu et déboutonnage de la corruption en horizon fini sous contrainte de mortalité épidémique. C’est Thucydide. Si l’« économie », entendue comme le règne du type humain calculateur rationnel, est déjà repérable dans la pensée de Thucydide, serait-ce qu’elle est davantage qu’une formation culturelle de longue période : une formation culturelle de très très longue période ? Évidemment, c’est là un propos parfaitement outrancier : la Grèce de Thucydide ne nous montre que des traces de cette « économie », et non son règne à proprement parler. Elle n’a pas colonisé la totalité de la vie, ni empoisonné tous les rapports sociaux. Cependant, elle est pour ainsi dire « déjà là » — comme une disposition. La question est alors la suivante : fait-on une perspective politique raisonnable pour notre époque avec l’idée de fermer complètement une « parenthèse » qui s’est ouverte il y a si longtemps ? Question subsidiaire : quelqu’un possède-t-il l’ingénierie politique des transformations anthropologiques ? Par quels moyens purge-t-on les individus de leurs adhérences d’égoïsme calculateur — qu’on puisse faire mieux, c’est tout à fait certain (ça n’est, même, pas difficile), mais le peut-on tout à fait ?

Pourtant, « L’économie ou la vie » est une formule qui touche particulièrement juste dans la période actuelle. C’est même trop peu dire encore : elle en livre une vérité essentielle, révélée au moment où les masques tombent. Car les cinglés sont sortis du bois pour de bon. Le Boucher : « Le risque existe que la France devienne le pays dont l’économie reste la plus longtemps arrêtée du monde. Il existe à cause de la préférence française pour le non-travail ». Quatremer : « C’est dingue quand on y songe : plonger le monde dans la plus grande récession depuis la seconde guerre mondiale pour une pandémie qui a tué pour l’instant moins de 100 000 personnes (sans parler de leur âge avancé) ». Le même : « Quand je vois cette trouille de la mort, je me dis qu’il n’y aurait guère de volontaires pour débarquer en Normandie en 44 » (qui pourrait douter en effet que GI Joe Quatremer se serait porté en tête de péniche ?) Nous sommes tous américains. D’ailleurs le gouverneur en second du Texas, trumpiste halluciné, est bien d’accord avec le journaliste de Libération : il faut « prendre le risque de retourner au travail » car « il y a des choses plus importantes que la vie ». L’os à découvert.

Les très grandes crises ont au moins un avantage : elles donnent à voir les fonds de marmite. Un « manager » (sur RMC) : « 50 000 morts en France, c’est pas énorme. Et quand on sait que c’est des gens âgés… 8 000 morts dans les Ehpad, c’est des gens qui allaient mourir de toute façon ». C’est très exactement ce que pensent Quatremer-Le Boucher-Pénicaud-Borne, et sans doute une immense partie de la « classe nuisible » qui constitue le socle de la macronie — et n’a jamais si bien mérité son nom : un point de PIB vaut bien quelques milliers de vies humaines (des autres).

Ici on pense nécessairement à des précédents historiques, à ces régimes pour lesquels la vie humaine comptait si peu. Dans la version néolibérale, cependant, on n’a pas la grossièreté de détruire directement, on se contente de rendre expendable : les humains comme des consommables. Voilà la belle tête de l’humanisme libéral. On pensait que le libéralisme, ses déclarations de droits fondamentaux, étaient l’honneur des « démocraties » dressées contre les totalitarismes qui bafouent « l’homme » et tiennent la vie pour rien. Tout ça pour se finir comme à « Des chiffres et des lettres » : « — Pas mieux ».

L’économie comme tyrannie de la valeur

Pour le coup, il y a bien un règne dont tous ces cinglés ne sont que les fonctionnaires symboliques et les ventriloques inconscients : le règne de l’économie précisément. Mais alors définissable comment ? Comme la tyrannie de la valeur d’échange autonomisée et fétichisée. C’est dire si Marx n’est pas près de sortir de notre horizon intellectuel. L’économie, au sens contemporain du terme, c’est la production de valeurs d’usage monstrueusement colonisée par la valeur d’échange devenue folle, à savoir : la production finalement indifférente à ce qu’elle produit, gouvernée exclusivement par la perspective de la mise sur le marché en vue de la conversion monétaire et de l’accumulation indéfinie. Le capital financier porte à son dernier degré de pureté la logique de la valeur d’échange — et ça n’est pas un hasard que le néolibéralisme l’ait placé en position de dominer la totalité de la vie économique. L’indifférence aux contenus substantiels y est poussée à l’extrême : peu importe d’investir dans les yaourts, les armes, ou le PQ, l’essentiel est le retour.

À l’image du capital financier, la valeur d’échange ignore la qualité. Elle exprime tout entière sa logique dans la quantité — d’argent. De là qu’elle se présente comme primat du nombre, qu’elle soumette toute la société à l’empire du nombre — et fasse le parc à thème des économistes, puis celui des managers Excel. Vivre d’une vie qui n’est pas seulement biologique étant par excellence une affaire de qualité, il est normal qu’elle soit traitée comme une donnée dénuée de toute pertinence par la logique de la quantité. Elle peut alors entrer dans un traitement nombré — un calcul — dont les autres termes se compteront eux en points de PIB, ou en pourcentage de dette. Pour tant de points, tant de malades, donc tant de morts, on a des abaques, ça s’étudie. En plus de sa proximité avec le lieutenant-governor trumpiste du Texas, l’humanisme européen de Quatremer voit-il sa communion de pensée avec le général Nivelle : pour prendre la cote machin, 10 000 morts, pour conquérir le bois truc 150 mètres plus loin, 5 000 morts, ce sera une belle journée.

S’il faut sortir de quelque chose, en effet c’est de ça. Non pas donc en accomplissant — et par quels moyens ? — une soudaine révolution anthropologique : mettre la transformation sociale sous le prérequis de l’avènement de « l’homme admirable » ne nous emmènera pas très loin. Pas davantage en pensant pouvoir sauter magiquement par-dessus les nécessités de la reproduction matérielle collective, soit la définition la plus élémentaire de ce qu’il y a à entendre par « économie ». Mais, précisément, en les (re)prenant à bras-le-corps pour que l’économie au sens de la nécessité générale ne tombe pas entièrement sous l’emprise de l’économie au sens particulier de la valeur d’échange : pour que la reproduction matérielle collective s’organise sous d’autres rapports sociaux que ceux de la valeur capitaliste.

Communalisme et division du travail

Mais alors lesquels ? La question de leur nature n’est pas dissociable de celle de leur périmètre — c’est-à-dire de la question des échelles. Or l’idée de « sortir de l’économie » est souvent associée à des schémas de réorganisation sur des bases « communalistes », locales et autonomes : pour faire simple, ZAD et potagers. On comprend que ces propositions gagnent un pouvoir d’attraction considérable dans la perspective bien fondée, à terme, de dislocations terminales. Du reste, elles n’ont aucun besoin de cet horizon d’effondrement pour se justifier : la restauration des autonomies locales est en soi hautement désirable. On pourrait même en dire qu’elles ont pour valeur éminente d’être comme la fabrique anthropologique du « monde d’après » : des lieux de pratique collective où les individus ont quelque chance de défaire les plis que le capitalisme a mis en eux, et de s’en faire de nouveaux.

Et cependant il faut ajouter qu’elles n’en sont pas moins tout à fait insuffisantes. On ne refait pas une « économie » — puisqu’il ne s’agit pas d’en sortir mais de la refaire — par une juxtaposition de communes. Le mouvement communaliste échouera s’il ne pense pas la division du travail (2). Il est vrai que la division du travail pose un problème particulier, et particulièrement épineux, à toutes les perspectives qu’on pourra dire « localistes » : car elle est un fait fondamentalement macrosocial. Or, on ne recompose pas le macrosocial, spécialement celui de la division du travail, par une simple addition-juxtaposition de formations locales « autonomes ».

Il suffit de s’aventurer à reconstituer le processus de production même du bien en apparence le plus modeste, un stylo ou un tournevis, à le décomposer par la pensée en ses constituants et ses opérations élémentaires, puis de voir ce que chacun de ces composants et chacune de ces opérations, ou de leurs moyens, supposent à leur tour de composants et d’opérations, et de moyens, qui eux-mêmes à leur tour, etc., pour voir surgir l’entièreté de la division du travail qui s’y trouve repliée. Par exemple : un stylo. La plume du stylo, son façonnage, le métal de la plume, qui déjà appelle toute l’industrie extractive puis la sidérurgie, le façonnage appelant lui les machines-outils, mais que ne faut-il pas de moyens pour produire ces moyens eux-mêmes, et n’oublions pas l’encre et les plastiques, la chimie qui les permet, l’énergie indispensable à tous ces processus, etc.

Voilà ce que c’est que la division du travail : le macrosocial d’un mode de production entier présent dans chacun de ses produits. Aucune communauté restreinte, si autonome se veuille-t-elle, ne peut internaliser cette entièreté, même quand elle pousse très loin l’effort de réduire le nombre des biens avec lesquels elle entend vivre : ça n’est à la portée que de l’ensemble social de grande échelle — ou alors, si la communauté veut demeurer de petite taille, elle aura à se brancher, par quelque forme d’échange, sur d’autres ensembles… eux, de grande taille : autant de moins pour l’« autonomie ».

Sauf à tomber dans les antinomies les plus figées, on n’en conclut pas que les autonomies locales ne sont pas nécessaires — elles le sont — : juste qu’elles ne sont pas suffisantes. Par conséquent, s’il est question d’« économie » (celle dont on ne sort pas), qu’il y a quelque chose à penser politiquement pour les grandes échelles — les échelles de la division du travail.

Penser politiquement la division du travail, c’est la penser à la fois sous le rapport de ses fins et sous celui de ses formes. Les fins : produire en vue de quelle place de la production dans la vie collective, déterminée par quel type d’exigence ? Les formes : produire dans quelles sortes d’agencement collectif, sous quels types de rapports sociaux ?

Les fins d’abord, car c’est l’état du désir d’objets qui détermine l’extension et la profondeur de la division du travail. Le capitalisme tient que cet état du désir est illimité. Il en déduit que la division du travail, qui doit sans cesse faire apparaître de nouvelles choses, est vouée à s’étendre et à s’approfondir indéfiniment — et du même indéfini que celui de la valeur d’échange. Sortir de cette économie, l’économie capitaliste de la valeur d’échange, nous voyons maintenant de plus en plus clairement que ça n’est pas seulement une nécessité politique « en général », mais une nécessité vitale collective. Il s’ensuit que nous aurons à redéfinir. Mais alors jusqu’où ?

Les expériences communalistes ont répondu à la question dans la pratique — et ceux qui s’y sont livrés y ont engagé leur personne. À la question : « jusqu’où ? », la réponse a été : « loin, très loin ». Si ces expériences avaient dû couper pour de bon toute dépendance résiduelle à la division du travail extérieure — capitaliste —, la réponse aurait eu à être : « beaucoup plus loin encore » (en fait on ne saurait même plus dire jusqu’où). C’est une première difficulté.

La seconde tient au fait que, sous ce rapport, ces expériences, si admirables soient-elles, ne peuvent faire paradigme : elles ne sont pas généralisables. L’hypothèse que le gros de la population pourrait consentir à des niveaux de renoncement matériel pareils est intenable. Que le développement de la formation sociale post-capitaliste voie la floraison de zones communalistes ou d’ilots d’autonomie (aux finalités les plus variées, depuis les jardins collectifs jusqu’aux garages ou aux dispensaires autogérés) est une chose ; que la formation sociale se réduise à leur multiplication-juxtaposition en est une autre. Il y aura quelque chose en plus. Quelque chose appelé par les nécessités de la division macrosociale du travail.

Que la division du travail capitaliste ait atteint des niveaux de démence et qu’il faudra en revenir, c’est certain. Qu’on pourrait, en cette matière, rembobiner complètement, c’est déraisonnable. Or il faut avoir conscience de ce qu’appellent des choses devenues pour nous aussi élémentaires, et impossibles à abandonner, que l’eau courante, froide et chaude, l’énergie, le tout-à-l’égout, le chauffage urbain, mais aussi les moyens de télécommunications, quelques-uns de transport également peut-être, pas mal d’autres choses en fait, et se refaire à leur propos le raisonnement du stylo, de la plume et de l’encre.

Alors on voit réapparaître la division du travail comme fait macrosocial. C’est-à-dire comme nécessité et comme problème. Pas seulement, donc, le problème d’en déterminer politiquement l’extension et la profondeur : celui, également, d’en organiser les rapports à l’échelle correspondante — celle de la formation sociale entière. Non plus les rapports capitalistes — ceux du salariat et de l’orientation du processus général par la seule valeur (d’échange). D’autres rapports.

Alors lesquels ?

À suivre

Source : Monde Diplo

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Commentaire recommandé

Dominique Gagnot // 15.05.2020 à 07h44

« Le capitalisme dans son principe n’est pas nécessairement une arnaque, mais notre Système capitaliste en est une magistrale : la recherche systémique de profits conduit à organiser le pillage des ressources terrestres et humaines. »….

« Une réelle démocratie supposerait que les ressources premières et le contrôle de la monnaie reviennent à la collectivité. Les puissants perdraient ainsi leur domination et nous serions enfin libres de gérer ces ressources non plus pour maximiser leur profitabilité, mais pour restaurer la planète et sauver ses habitants dans un système qui, par ailleurs, pourrait être libéral. »

Comprendre la tragédie capitaliste, Imaginer le système d’Après! PDF à partager : http://bit.ly/tragédiecapitaliste

59 réactions et commentaires

  • Dominique Gagnot // 15.05.2020 à 07h44

    « Le capitalisme dans son principe n’est pas nécessairement une arnaque, mais notre Système capitaliste en est une magistrale : la recherche systémique de profits conduit à organiser le pillage des ressources terrestres et humaines. »….

    « Une réelle démocratie supposerait que les ressources premières et le contrôle de la monnaie reviennent à la collectivité. Les puissants perdraient ainsi leur domination et nous serions enfin libres de gérer ces ressources non plus pour maximiser leur profitabilité, mais pour restaurer la planète et sauver ses habitants dans un système qui, par ailleurs, pourrait être libéral. »

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    • jok // 15.05.2020 à 09h40

      Ce que vous dites, en ce qui me concerne c’est prêcher pour un convaincu. La seul chose qui me taraude c’est comment reprendre le pouvoir et s’assurer par la suite de ne pas en être dépossédé à nouveaux ?

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      • Dominique Gagnot // 15.05.2020 à 12h20

        On ne peut qu’espérer que « des choses » s’organisent dans la discrétion afin de…
        Notons que les catégories sociales élevées sont à leur tour touchées, et s’éveillent.
        Il parait que ça gronde dans certains ministères, tel l’éducation. Des divisions apparaissent à la LREM. On peut penser que les états unis connaissent aussi des grondements souterrains, et ailleurs…

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      • azerty76 // 15.05.2020 à 21h00

        Pour moi c’est simple IL FAUT QUE LES COOPERATIVES aient DE GROS AVANTAGES FISCAUX et des financement publiques. Un coopérative ne se bat pas pour des capitalistes mais ces coopérateurs DONC plus/moins de delocalisations. Plus il y aura de coopératives plus les emplois seront perenne en France.
        Il faut une TVA variable, plus le produit est polluant plus il est taxé. avec nos moyens de communications modernes on est capable de faire ça. Une grosse bagnole de 420 ch impliquera une TVA de 45%. Efficace est simple. Plus de taxes à la c.. de malus etc. Une TVA variable permet aussi d’orienter la production et la consommation.

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        • Dominique Gagnot // 15.05.2020 à 23h55

          azerty76,

          Si nous avons le pouvoir de faire ce que vous proposez, alors on peut faire beaucoup mieux.
          Voyez la 2èm partie du livre… (Il faut réorienter l’économie sur la reconstruction de la biosphère saccagée par des siècles de capitalisme débridés)

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        • gracques // 16.05.2020 à 09h22

          Ce que vous proposez est une solution capitaliste, même si vous ne vous en rendez pas compte , vous retreignez l’offre par le prix’mais pas les inégalités ou’les dominations , la logique de la course au bien matériel quelqu’il soit reste entière . Les 420 ch seront simplement remplacés par 240 ….. une petite pénurie pour les plus fortunes et quoi pour les smicards ? Le vélo obligatoire pour aller au boulot dans une mégapole?
          Ce que dit très justement jancovici c’est qu il faut passer à ce stade à la réglementation , c’est à dire l’interdiction de VH de plus de X ch pour permettre un déplacement soutenable pour tous.
          Et LORDON pose’bien le problème de la production et de la motivation à produire ….la coopérative , oui peut être …. un peu …. mais le crédit agricole est issu du monde coopératif…… le .onde paysan est plein d’exemple de structures ‘ccoperatives’ hautement capitaliste (dans l’idéologie, pas dans le besoin de capital)

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          • azerty76 // 16.05.2020 à 12h05

            Je ne suis pas d’accords l’offre existera mais le gros pollueur payera plus que l’employé avec sa twingo. Je ne suis pas un vert bobo et je ne veux pas imposer les vélo au prolétaires. C’est pragmatique et c’est un commencement pas de belles paroles creuses qui pédalent dans le brouillard. De plus je ne parle pas simplement des voitures mais aussi de tous les produits. Un TVA variable orientera la production par exemple vers des produits locaux.

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        • Philippe, le Belge // 21.05.2020 à 20h22

          Et tout ça avec la bénédiction de la classe capitaliste qui n’a rien à dire sur la gestion du monde et restera les bras croisés!
          On peut venir avec toutes les meilleures idées du monde mais si on ne pose pas, en premier lieu, la question de l’établissement de la « dictature du prolétariat » afin de contrer le pouvoir de nuisance du capital, on prêche dans le vent! Et pour commencer à pouvoir l’envisager, il faut d’abord éviter de croire des phrases du style « Le capitalisme dans son principe n’est pas nécessairement une arnaque »! Sinon, autant se mettre la tête dans le sable.

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    • F. Loyer // 15.05.2020 à 17h40

       » Une réelle démocratie supposerait que les ressources premières et le contrôle de la monnaie reviennent à la collectivité.  »

      Je ne peux être que d’accord. Le problème est que dans un pays qui dispose de ressources premières, les politiques, représentant de la collectivité auront une pression pour utiliser ces ressources pour financer soit des dépenses diverses mais importantes en quantité et utilité (défenses, solidarité, éducation, santé…) soit le remboursement de la dette (ou au moins une limitation du déficit). Cette pression a des formes variée (votes, mouvement des gilets jaunes déclenché entre autres par l’augmentation de la taxe carbone…)

      Il y a ressources et ressources. Dans les pays pétrolifères, je ne suis pas sûr que la population soit prête à renoncer à leur rente (oui, un renoncement à ces ressources, cela fait du pouvoir d’achat en moins).

      Le problème est aussi que nous n’avons non pas au niveau mondial une démocratie, mais des démocraties. Chaque pays a peu d’intérêt à faire sa part pour sauver sa planète, vu qu’elle n’a pas l’assurance que cela servirait à grand chose (il faudrait que les autres pays en fasse autant. C’est le problème de l’équilibre de Nash). (Et je ne parle pas du climato-septiscisme).

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      • Dominique Gagnot // 15.05.2020 à 18h56

        » Une réelle démocratie supposerait que les ressources premières et le contrôle de la monnaie reviennent à la collectivité. »

        Cela est aussi vrai à échelle des nations libérées du joug des possédants et banquiers, avec leurs seules ressources mises en commun au fur et à mesure. Les premiers pays à prendre cette voie entraîneront les autres…
        Bien sur il y aura des oppositions…

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        • jc // 17.05.2020 à 10h19

          @ DG
          « Les premiers pays à prendre cette voie entraîneront les autres… »

          Ou bien ces pays seront gros -la Chine par exemple- et s’empresseront, je le crains, de prendre la place des USA en imposant leurs critères d’une façon que je n’imagine pas nécessairement démocratique.

          Alors comment faire démocratiquement? Je ne vois guère que la solution de mettre en application le principe que vous avez indiqué plus haut (« On ne peut qu’espérer que « des choses » s’organisent dans la discrétion ») en progressant du local vers le global, en commençant -chez nous- par ce que je propose d’appeler symboliquement des villages Astérix constitués d’une centaine de personnes, toutes générations confondues. Autant de villages Astérix, autant de groupuscules réfléchissant:
          – à l’échange interne -l’économie- entre les familles constituant le village et externe avec les villages voisins;
          – aux règles organisant la vie du village -la constitution pour le village-.

          La faillite complète des crétins diplômés -comme les appelle Emmanuel Todd- qui nous gouvernent top-down, faillite aux conséquences catastrophiques qui apparaît au grand jour avec l’épisode Covid-19 -pas seulement en France-, imposera -impose déjà- de se réunir par petits groupes ne serait-ce que pour assurer l’essentiel que rappelle Lordon (respirer, boire, manger, avoir un toit, etc.).

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        • jc // 17.05.2020 à 10h21

          (Suite et fin)

          Constitution (et économie) pour le village, puis pour la commune, le canton, le département, la région, la France, l’Europe, le monde. Comment peut-on imaginer un instant qu’on puisse pondre pour la France une constitution et une économie qui tiennent la route (jusqu’ici ce sont, à mon très humble avis, de véritables torchons) si on est incapable d’en pondre pour son propre village? Plus il y aura de groupuscules ayant réfléchi à la chose, moins il y aura de gens d’ « en bas » disposés à plébisciter « béatement » une constitution pour la France préimposée d’ « en haut », plus la constitution française sera réellement démocratique.

          Pour moi (chacun voit midi à sa porte…):
          – l’intelligence globale est réservée aux dieux;
          – vive l’intelligence locale;
          – vox populi, vox dei.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_%C3%A9volutif_r/K

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        • jc // 17.05.2020 à 11h04

          Une citation, pour la route.

          Machiavel: « « Ce n’est pas sans raison qu’on dit que la voix du peuple est la voix de Dieu. On voit l’opinion publique pronostiquer les événements d’une manière si merveilleuse, qu’on dirait que le peuple est doué de la faculté occulte de prévoir et les biens et les maux. »

          Le brexit…

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  • Wakizashi // 15.05.2020 à 07h56

    Etant donné la connerie humaine, ou la folie ordinaire, si l’être humain se dotait d’institutions idéales cela suffirait-il ? Ou cela virerait-il fatalement au désastre, du fait que la connerie humaine risque de dévoyer n’importe quel système ?

    D’ailleurs, en amont de cette question, la mise en place d’institution idéales (ou au moins les plus idéales possibles) ne présuppose-t-elle pas une sagesse collective plus élevée ? Mais cette sagesse ne nécessite-t-elle pas d’abord que les gens aient à boire et à manger, qu’ils ne soient plus en mode survie, bref que le monde qui les entoure soit déjà un monde meilleur ?

    De l’œuf ou de la poule ?…

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    • Casimir Ioulianov // 15.05.2020 à 14h11

      Un espèce de Salaire universel pourrait fournir des pistes intéressantes et les moyens d’un début de changement de paradigme.
      L’expérience serait à tenter dans des pays où il y a un faible taux d’employabilité, voir s’il est possible de créer des structures locales autogérées permettant moins d’interdépendances et moins de dépendances aux capitaux. Après tout est une question d’échelle , si on trouve des formes compatibles avec des productions hyper-complexe où la résolutions de problèmes de grandes échelle et que l’adaptation est fonctionnelle , pourquoi pas ?

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      • fanfan // 15.05.2020 à 14h41

        Voir plutôt le salaire à vie de Bernard Friot.
        – Faire la différence entre « revenu » (qui signifie que nous sommes des êtres de besoin et de partir du principe qu’il n’y a pas assez de travail pour tout le monde) et « salaire » (qui signifie qu’on nous donne de l’argent en fonction d’un travail, tout homme est alors reconnu comme un contributeur au bien commun et à la production de valeur économique). Friot préfère parler de « salaire ».
        – Il enlève « universel » (à tout le monde, enfant, bébé, vieux, adultes) pour le remplacer par « à la qualification » (personnes qualifiées et donc à partir de le majorité politique et jusqu’à notre mort).
        – Les fonctionnaires reçoivent un salaire à la qualification, le grade le reconnaît capable d’une contribution à la production de valeur économique.
        Etc. Dignité à l’existence de tout un chacun et refus catégorique de la préemption capitaliste dans les institutions du salaire et de la santé…
        https://www.saintetiennedurouvray.fr/actualite/bernard-friot-le-salaire-a-vie-consiste-a-partir-dun-deja-la-communiste/
        Thinkerview : https://www.youtube.com/watch?v=zrS-OkFTLkc
        https://www.bastamag.net/reforme-retraite-systeme-a-point-salaire-a-vie-cheminot-SNCF-EDF-haine-de-classe
        Investig’action : https://www.investigaction.net/fr/salaire-a-vie-revenu-universel-eviter-le-piege/
        Conférence gesticulée : https://www.youtube.com/watch?v=nqsaGymmzHg
        https://www.reseau-salariat.info/

          +2

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        • birin // 15.05.2020 à 17h31

          J’avoue mon ignorance, car je ne connaissait pas cette distinction « positive », ou « au mérite », défendue par ce salaire à vie.
          En me basant donc seulement sur les explications que tu nous donnes, je choisis, absolument, le revenu universel.
          La différenciation que tu exposes me fait même penser à la citation de Gandhi sur les besoins et l’avidité de l’Homme.

          Le salaire, au grade ou mérite, récompenserait donc les méritants, mais sur quels critères, et surtout dans quel but ?
          Mon père était, à mes yeux, très méritant, mais il était « sans grade ».
          Il a vécu pour que je puisse, moi, acquérir des compétences très prisées de notre société actuelle, qui me considère « gradé ».
          A mes yeux je suis moins méritant que mon père.
          Le mérite n’a pas de valeur absolue, et sa définition est déjà un moyen de domination.

          Par opposition, le besoin (vital s’entend) humain peut être raisonnablement défini, et semblable pour tous (même si un bébé mange moins qu’une femme enceinte et qu’un africain se chauffe moins qu’un islandais).

          C’est la couverture inconditionnelle des besoins vitaux de tous qui rend les autres activités humaines optionnelles, questionnables, régulables, … mais aussi réfléchies, artistiques, …
          Dans ce cas, seules les activités non vitales seraient assujetties aux choix sociaux à la mode, et chacun pourrait choisir de ne pas s’y plier puisque sa survie n’en dépendrait pas.

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      • Wakizashi // 15.05.2020 à 18h59

        Le salaire à vie est une idée enthousiasmante. Mais de même que quand j’écoute Etienne Chouard au sujet de la démocratie, quand j’écoute Bernard Friot je me demande quelle est la probabilité de la mise en place concrète d’un truc pareil. C’est le sens de mon questionnement plus haut : je ne suis pas sûr du tout que la mise en place d’une organisation de la société la plus juste possible soit crédible en l’état actuel de la conscience collective humaine.

        Dans ce désir de vivre dans un monde meilleur, on remet toujours en cause l’organisation de la cité, les règles régissant la société, mais rarement l’être humain qui en est à l’origine. Pourtant c’est bien l’humain qui les a créées ces règles, elles ne sont pas exogènes.

        Einstein disait qu’on ne peut pas résoudre un problème avec le système de pensée qui a créé le problème. Je crois fondamentalement que l’être humain peut évoluer, et que c’est ça qui est déterminant. Et à contrario, je crois que ceux qui en appellent à un autre type d’organisation de la société pour qu’enfin l’humanité soit plus heureuse se plantent complètement, parce qu’ils inversent la cause et la conséquence.

        N’importe qui connaissant un peu les diverses sagesses qui existent de par le monde, ou qui ont pratiqué la méditation, savent que l’on n’attend pas du monde qu’il nous rende heureux. Le potentiel de transformation se trouve en nous, et d’après moi seule une humanité transformée pourra engendrer un monde transformé.

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        • lon // 15.05.2020 à 20h53

          Rendre l’humanité heureuse serait plutôt à éviter, par contre établir des conditions de survie matérielle adéquates et laisser l’avenir ouvert plutôt que de foncer dans des murs serait déjà pas mal .

          Sinon comme vous dites on peut attendre la prochaine étape de l’évolution spirituelle humaine , quelque chose comme La Planète des Singes ?

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          • Wakizashi // 16.05.2020 à 08h03

            « Rendre l’humanité heureuse serait plutôt à éviter »

            La recherche du bien-être (consciemment ou pas), c’est peut-être la chose la plus universellement partagée. Chaque geste que l’on fait, on le fait dans la croyance plus ou moins inconsciente, à tort ou à raison, qu’il va nous apporter du bien-être.

            Un bébé le sait très bien : s’il se sent bien il sourit, il s’éclate ; s’il se sent mal il pleure ou il fait la gueule. C’est une des sensations les plus primordiales chez tout être vivant. Et c’est bien ce que l’on cherche en dénonçant les injustices et en en appelant à un monde meilleur.

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            • jc // 16.05.2020 à 09h06

              Je suis convaincu, depuis assez longtemps maintenant, que c’est l’affectivité qui mène le monde, et que la rationalité -entendre déontologie dans l’usage de l’imaginaire- doit intégrer ce fait, c’est-à-dire doit redevenir beaucoup plus naturelle, beaucoup plus intuitive, beaucoup plus « vitaliste ». La société actuelle, avec l’IA et consort (les délires transhumanistes…), prend le chemin opposé, celui de l’artificialité « mécaniste ».

              Avant de s’autoproclamer supérieur, l’être humain est d’abord un animal. Pour moi la crise du Covid19 est l’occasion d’une prise de conscience: réconcilier le « mécaniste » et le « vitaliste » -la physique moderne et la phusis antique- est la tâche pressante qui nous attend.

              La crise du Covid19 doit, selon moi, être perçue comme une semonce. À mes yeux le clash est inévitable, et je suis convaincu que plus « on » attend plus il sera catastrophique.

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            • Wakizashi // 17.05.2020 à 08h30

              Oui, la raison seule, abandonnée à elle-même, est désincarnée et finalement déconnante. Et de toute façon il y a toute une dimension du réel qui échappe et qui échappera à jamais à la raison : Kant l’avait déjà souligné en son temps, Gödel en a remis une couche, et les apôtres de la science qui affirment que seule la raison est capable d’accéder à des connaissances font acte de foi… Savoureux paradoxe pour le scientisme que d’être entièrement fondé sur une croyance.

              D’ailleurs la raison ne mène pas à des connaissances mais à des savoirs. Le savoir est une représentation mentale ; la connaissance renvoie à l’expérience vécue.

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        • birin // 15.05.2020 à 23h31

          @Wakizashi,
          j’ai vu récemment une émission sur le peuple Masaï, racontée par un massaï.
          Je ne sais pas quel est le niveau de véracité de l’histoire, mais elle semblait réaliste et m’a bien plu.

          Elle expliquait que, cultuellement, les Massaï sont ennemis des lions puisqu’ils sont éleveurs.
          Leu dieu leur ayant assigné la mission de protéger les troupeaux, ils chassent les lions pour protéger leurs troupeaux, venger la mort d’une vache, ou démontrer leur virilité.

          La nouvelle génération a compris que les lions font partie de l’écosystème, qu’ils chassent les grand herbivores qui martèlent alors dans leur fuite la terre desséchée de leurs sabots, brisent sa croûte et permettent l’infiltration de l’eau.

          Ils ont décidé, contre l’avis des vieux sages, mais avec la bénédiction d’un vieux sage moins conservateur, qu’ils sont désormais protecteurs du troupeau de l’ensemble des animaux de la savane !

          Ils ont aussi décidé de ne plus chasser les lions, et d’organiser des jeux olympiques Massaï pour éprouver leur virilité (parce que, quand même, il faut bien draguer les meufs !).

          Si effectivement des changements profonds viennent, ou sont déjà là, il nous faudra alors y parer avec les humanités qui sont déjà là, avec nous, et non fonder l’espoir que de futurs humains, éventuellement plus sages, trouveraient les moyens de réparer ce qui ne sera peut-être même pas réparable (espèces, climat, …)
          Les humains qui seront plus sages, ou pas, c’est nous.
          C’est ce que je pense, c’est à nous de changer.
          Si les Massaï le peuvent …

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          • Dominique Gagnot // 16.05.2020 à 00h09

            Changer les humains est une question de méthode :

            Nous sommes faits pour être manipulés par les plus malins. (Historiquement par la religion et les possédants).

            Raconter une belle histoire réussira toujours, alors que la raison jamais.
            Seulement il faut des sages éclairés (non conservateurs), et qui sachent inventer de belles histoires, aux manettes.

            (la faisabilité reste à vérifier…)

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            • Wakizashi // 16.05.2020 à 07h59

              « Changer les humains est une question de méthode »

              De mon point de vue c’est surtout une question de prise de conscience, et ça, c’est spontané ou ça n’est pas. Des sages éclairés oui, enfin tout dépend de ce qu’on met derrière cette expression, mais il me semble qu’il y en a déjà et qu’il y en a toujours eu. Lao Tseu, Héraclite, Ibn Arabi, Krishnamurti, Eckhart Tolle, etc. etc. Sauf qu’ils ne passent pas au 20h.

              Quand je parle d’un changement chez l’être humain, je ne parle pas d’un nouveau système de pensée ou de nouvelles croyances. Ca ne se passe pas au niveau rationnel, mais au niveau de la prise de conscience encore une fois ; c’est quelque chose de l’ordre de la réalisation. Ensuite en découle de nouvelles convictions, pensées et façons d’agir, mais c’est une conséquence, pas l’outil permettant le changement.

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          • Wakizashi // 16.05.2020 à 07h49

            @ birin

            Oui, les humains qui seront plus sages (ou pas), c’est nous, donc c’est à nous de changer. Mais en fait, de mon point de vue c’est déjà ce qui est en train de se passer ; en tout cas il y a des milliers de signaux qui le laissent penser. Quand je vois par exemple l’émergence des « cultural créatives », qui est un sociotype nouveau dont la croissance est fulgurante à l’échelle sociologique, je me dis que l’être humain est véritablement en train d’évoluer, comme les Massaï le montrent. Et comme beaucoup d’exemples le montrent à vrai dire.

            Evidemment il y a aussi une tendance négative aussi visible qu’un furoncle sur la fesse de miss univers, mais le meilleur côtoie le pire, même s’il ne fait pas de bruit.

            Personnellement, je crois à la notion de conscience collective (qui n’est rien d’autre que la résultante des consciences individuelles), et qu’à l’instar de toute forme de vie celle-ci évolue, en passant progressivement de la petite enfance à l’âge adulte. Il n’y a aucune raison de considérer l’humanité comme un truc statique incapable de changer.

            L’humanité a tendance à se croire évoluée, mais une société qui laisse de côté un nombre significatif de ses membres ne l’est à l’évidence pas. D’après moi elle serait plutôt vers l’âge de l’adolescence, un âge où l’on commence à comprendre pas mal de choses mais où l’on fait aussi beaucoup de conneries. Bonne nouvelle, après l’adolescence vient l’âge adulte…

              +2

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            • jc // 16.05.2020 à 09h50

              C’est également mon point de vue: les abeilles et les fourmis, par exemple, ont -à mes yeux de béotien éthologue- atteint un niveau d’organisation sociale adulte, alors que l’organisation sociale des humains patauge actuellement dans les tâtonnements de l’adolescence.

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  • jules Vallés // 15.05.2020 à 08h10

    « Sauf les demeurés, tout le monde comprend maintenant qu’on ne se tirera pas véritablement de la situation présente par des rustines »
    Bon, les demeurés, sont aux manettes, mais ceux qui n’y sont pas, sont-ils « potentiellement » des humains meilleurs, dans le sens du bien commun ?
    (humanité+ nature…)
    La division du travail, est une nécessité COLLECTIVE,qui, dans le système capitaliste, est implicitement basée sur une MORALE égoïste ( Pères fondateurs : Hobbes, Smith), donc une discrimination arbitraire de la valeur (humaine) individuelle
    C’est oublier que la valeur collective est la résultante de TOUTES ses composantes individuelles, autrement dit, si j’enlève quelques pierres à la base du mur…bin, le toit va finir par se casser la gueule ! Une société complexe à besoin de tout le monde, et à charge de satisfaire les besoins essentiels naturels…
    Le problème n’est pas dans l’économie, mais dans la MORALE qui sous-tend son organisation

      +12

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    • Dominique Gagnot // 15.05.2020 à 20h48

      La morale individuelle n’est pas indispensable, si l’intérêt individuel coïncide avec l’intérêt général.
      Et c’est possible! Il suffit que le profit financier ne récompense que les entreprises qui répondent aux besoins sociaux, écologiques et humain. En fait ça dépend de comment est injectée la monnaie par ceux qui la contrôlent…
      Voir la 2èm partie du livre cité dans le 1er post : http://bit.ly/tragédiecapitaliste

        +2

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  • Emmanuel // 15.05.2020 à 08h11

    « L’origine de ce virus, son lien de plus en plus clair avec l’écocide capitaliste »
    J’ai arrêté la ! Si il y a bien une chose dont ce moque complètement un virus c’est le mode de fonctionnement économique de nos sociétés.
    Certes le nombres de victimes est ce qu’il est car le vieillissement de la population poussé par une sur- médicalisation que Big pharma nous vend comme un progrès, 63 ans l’âge moyen de la vie sans traitement permanent…. A méditer
    D’où la surmortalité dans nos gérontocratie occidentale

      +9

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    • Tatave // 15.05.2020 à 12h48

       » J’ai arrêté la !  »
      Si vous ne lisez que ce qui conforte votre opinion, c’est plus confortable.
      Et si les virus se moquent de l’économie, il profitent bien de la destruction de l’écosystème.

      Par exemple les chauves-souris, par la disparition de leur habitat, s’agglutinent dans des concentrations qui augmentent la virulence des virus, comme dans l’élevage intensif. Et leur transmission à l’homme est facilitée par sa proximité de leur habitat. C’est une évidence que rappelle F. Lordon.

      Je ne vois pas en quoi la gérontocratie (le pouvoir des vieux) augmenterait la mortalité.
      Vous dites que la surmortalité ne serait due qu’à une seule cause, l’âge du capitaine, vous faites l’impasse sur le surpoids, les maladies cardio-vasculaires, l’alimentation médiocre et la sédentarité dans les sociétés occidentales.

      Quant à affirmer que sans traitement permanent l’espérance de vie moyenne serait de 63 ans, si vous aviez des sources je suis preneur.

        +13

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      • Emmanuel // 15.05.2020 à 15h15

        j’ai arrêté la car « L’origine de ce virus, son lien de plus en plus clair avec l’écocide capitaliste »
        n’est qu’un désir de l’auteur rien de factuel donc pourquoi continuer a lire si le postulat de base est fantasmé par monsieur Lordon .
        je ne nie pas la destruction de l’habitat des chauves-souris mais aujourd’hui dans l’état actuel des connaissances rien ne prouve la transmission d’un quelconque virus de la chauve-souris à l’homme.
        Relisez moi, en aucun cas je ne dis que c’est la gèrontocratie qui augmente la mortalité .
        je souligne que sous couvert d’espérance de vie plus longue nous maintenons les personnes âgées dans une santé toute relative à grand renfort de traitement qui nous sont chèrement vendue par l’industrie pharmaceutique
        Pour parler du COVID19 90% des décès concernent des personnes de plus de 65 ans dont 66% avec des comorbidités . Comme le dit OB « les faits sont têtus »
        J’avais lu un article dans un magazine des professionnels de santé qui développait « l’espérance de vie en bonne santé »
        toutefois voici un lien avec les chiffres
        https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/refreshTableAction.do?tab=table&plugin=1&pcode=tps00150&language=fr

          +4

        Alerter
  • Denis Monod-Broca // 15.05.2020 à 08h30

    « Les fins d’abord, car c’est l’état du désir d’objets qui détermine l’extension et la profondeur de la division du travail »
    Le désir, nos désirs, tout est là. Et il s’agit, à chaque fois, d’un choix (ou d’un joug) personnel.
    Comment la politique influerait-elle nos désirs sans tomber dans l’idéologie et la coercition ?
    Affaire de croyance, de croyance personnelle…

      +0

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    • Didier // 15.05.2020 à 19h13

      Ben… peut-être de manière assez simple, dans un premier temps : en rendant illégale la manipulation consciente, voulue, organisée, de ces désirs. En d’autres termes: en interdisant toute forme de publicité, qui pour le coup, est bien une idéologie et une coercition.
      Les trucs vraiment utiles, tout au long de l’histoire de l’humanité (et ils ne sont pas si nombreux que ça) n’ont jamais eu besoin de publicité pour se répandre et être adoptés.

        +3

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    • Nicole de Nicomaque // 16.05.2020 à 02h59

      @ Denis-Monod-Broca

      « Comment la politique influerait-elle nos désirs sans tomber dans l’idéologie et la coercition ?  »

      La « Réclame » puis la « Publicité  » puis la « Communication » ont déjà répondu à votre question.

      Nulle croyance personnelle ici mais bien de « l’idéologie » et de la « coercition ». Elon Musk et ses épigones veulent d’ailleurs vous « réparer le cerveau » car quelque chose en vous n’est pas encore tout à fait « disponible ». Il va falloir sans doute que l’on vous opère pour vous mettre quelques « implants » afin de connecter votre cerveau directement à un ordinateur car votre cerveau est encore humain, trop humain et il va falloir changer tout ça.

      Elon Musk :  » Si tout se passe comme prévu, les patients opérés pourraient saisir du texte, déplacer un curseur de souris… et plus tard (peut-être) télécharger une nouvelle langue dans leur cerveau !  »

      Travailler 24h/24 !

        +3

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    • Narm // 16.05.2020 à 08h48

      https://youtu.be/XPJ8QWB28sw

      Encore un jour se lève sur la planète France
      ……….
      faire semblant d’exister

      devenir fou

        +1

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  • yann // 15.05.2020 à 08h30

    Excellent, l’exercice du stylo. Maintenant plus dur.
    Un smartphone, un data center et une centrale nucléaire.
    Allez hop, au travail.

      +9

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  • jc // 15.05.2020 à 13h21

    Lordon: « Le mouvement communaliste échouera s’il ne pense pas la division du travail (…) car elle est un fait fondamentalement macrosocial. »

    La division du travail est pratiquée depuis la nuit des temps par les sociétés humaines, qu’elles soient micro ou macro, ainsi que par certaines sociétés animales (fourmis, abeilles, etc.). Il me semble que le problème qui nous concerne actuellement n’est pas tant un problème de division du travail qu’un problème de délocalisation…

      +3

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    • RD // 17.05.2020 à 01h56

      Vous confondez division des activités et division du travail, cela n’a rien à voir.

        +0

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  • lon // 15.05.2020 à 14h28

    Lordon pose les mêmes questions qui agitent la gauche non communiste depuis au moins 50 ans , mais la dépendance finale à la superstructure appelée état est incontournable.

    C’est pour cette raison qu’ayant démarré dans la vie comme jeune social-démocrate bon teint écolo-friendly aux aspirations autogestionnaires j’en suis arrivé à 60 ans à souhaiter un régime fort ( 2 mots choisis à dessein ) capable d’appliquer une planification économique quasi–stalinienne et d’anticiper un minimum sur l’évolution des choses et d’y répondre de manière adéquate . Que ce soit par un parti communiste ou la reine d’Angleterre importe peu .

    C’est quoi un système économique quasiment mis à l’arrêt par une épidémie de 2 mois , avec pour seule réponse une montagne de dettes ? C’est de la foutaise totale .

      +12

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    • birin // 15.05.2020 à 18h42

      « Que ce soit par un parti communiste ou la reine d’Angleterre importe peu ».
      Ben non justement, puisque la reine ne veut pas que ce soit le parti qui organise le remplissage de ses poches par le peuple, et que le parti ne veut pas que ce soit la reine qui saigne la pays pour remplir son trésor.
      Quant au peuple ?
      Il n’a qu’a bouffer de la brioche et se tricoter des masques.

      Un régime fort ?
      On en a un en ce moment, en France, tu ne l’as pas remarqué ?
      Et il fait ce que fait un régime fort, il s’occupe de ses affaires, au dépense des nôtres.

      Pour résumer mon avis sur tes 2 mots : le régime c’est pas nous, et sa force est donc notre malheur.

        +4

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      • lon // 15.05.2020 à 20h38

        En résumé, faut changer de régime pour notre bonheur…c’est tout de même plus clair que de savoir si la division du travail relève du macro social ou si la somme des sagesses individuelles changera le collectif

          +2

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        • Nicole de Nicomaque // 16.05.2020 à 03h12

          @ Ion.

          Absurde votre proposition. Car vos « fortiches assassins », là, que vous vous fantasmez à bon compte, que feraient-ils à votre avis ? Vous êtes bien naïf de croire qu’ils œuvreraient pour « l’écologie » ou le « bien du peuple », etc,etc,etc… vous aussi, vous n’apprenez rien de l’Histoire ? N’avez-vous pas compris que les « forts » sont déjà au pouvoir et qu’ils règnent internationalement sur la Terre pour leur seul profit mettant la planète et les populations en coupe réglée ?

            +4

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  • fanfan // 15.05.2020 à 15h18

    Dagmar Belakowitsch: « Regierung soll endlich die Wahrheit zu Corona sagen!“
    Discours du Dr Dagmar Belakowitsch (médecin et députée autrichienne).
    (Traduction yandex) C’est plus que minable ce que le gouvernement noir et vert a fait ces dernières semaines. La peur et la panique en cours ont vraiment effrayé beaucoup de gens, mais tous les scénarios d’horreur annoncés par le chancelier Kurz et CO.ne se sont pas Produits. Ce qui s’est passé, « grâce » aux mesures du gouvernement, c’est un chômage record et une peur existentielle massive chez des dizaines de milliers d’autrichiens. Le gouvernement doit cesser de jouer avec les peurs des gens ! La vérité est raisonnable pour la population.
    https://www.youtube.com/watch?v=-bPU4NAzJMk

      +1

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  • Candide // 15.05.2020 à 15h41

    Lordon ou l’art de bordéliser les problèmes et de les rendre insolubles.
    Faute de courage, j’ai renoncé à chercher à déchiffrer ce discours qui part dans tous les sens (tiens, on n’a pas eu droit à Spinoza aujourd’hui ?!)

    En résumé voici le problème posé tel que je cru l’entrevoir:

    1) « pour que l’économie au sens de la nécessité générale  »
    2) « ne tombe pas entièrement sous l’emprise de l’économie au sens particulier de la valeur d’échange  »
    ==>) « Il faut que la reproduction matérielle collective s’organise sous d’autres rapports sociaux que ceux de la valeur capitaliste. »

    Voici l’auditoire auquel Lordon s’adresse pour résoudre le problème:

    « Au mouvement communaliste ,associée à des schémas de réorganisation sur des bases « communalistes », locales et autonomes : pour faire simple, ZAD et potagers, qui échouera s’il ne pense pas la division du travail  »

    Et après, on fait quoi?

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    • Nicole de Nicomaque // 16.05.2020 à 03h29

      @ Candide

      Vous plaisantez ! Cet article est particulièrement bien construit. Je dirais même tiré au cordeau et tout enchainement en entrainant un autre, la dynamique interne est aisée et l’approfondissement, général. Je vous enjoins à le relire. Après on fait quoi ? On réfléchi. Seul ou accompagné selon les circonstances, on dialectise et on attend – comme dit l’auteur en question qui s’est se faire attendre – « la suite »…

      A vrai dire, ici, c’est la réponse du berger à la bergère. Fredéric Lordon répond par voie de presse à Bruno Latour et à son excellent ouvrage maintenant célèbre : « Où atterrir ? » (La Découverte) – Monsieur Latour étant en ce moment intellectuellement aux grandes manœuvres, entrainant dans son sillage – sans qu’il le veuille directement – toute sorte de « tribunes », « vidéos » ou « appels » médiatisées venu du gratin culturel, médiatique et écologico-compatible, nous avons là le début d’une réponse en la personne de M.Lordon qui ne s’en laisse pas conter aussi facilement…

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    • RD // 17.05.2020 à 01h58

      Lordon est vraiment perdu : l’économie est par essence la domination de la valeur d’échange. Il ne ne peut en être autrement.

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      • Nicole de Nicomaque // 18.05.2020 à 02h22

        @ RD

        Alors dans ce cas là, finissons-en avec l’économie et passons à l’écologie, cette « science des relations des organismes avec le monde environnant, c’est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d’existence » ; l’environnement étant « à la fois le produit et la condition de cette activité, et donc de la survie de l’espèce ».

        Approfondir.

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  • Vincent P. // 15.05.2020 à 17h43

    Vaste sujet.
    Je n’arrive plus à choisir entre les deux moitiés du verre. Je crois qu’il est plutôt vide.
    Ou bien serai-ce moi ?
    Merci à M. Lordon de tenter, toujours, de nous montrer si bellement la possibilité d’une autre moitié. Je pense cependant qu’il n’y a guère plus que dans l’Absolu qu’il demeure possible de faire un peu le plein d’optimisme. Et encore.
    Dans ma commune -très à l’Ouest- de 450 hab., les opinions sont globalement bien clivées, Macron fait de bons scores, les vieux sont sereins, on ne s’interroge pas sur un avenir qui serait différent, et on a hâte de retrouver les matchs de foot…
    Bénis soient les simples d’esprit.

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  • Ando // 15.05.2020 à 22h24

    Il y a l’existence et les conditions d’existence. L’ être d’un côté, les facteurs matériels de la survie et du développement de l’autre. L’ on part de l’hypothèse qu’il faut un minimum de sécurité matérielle pour développer ses potentialités à jouir d’être et l’on crée une priorité d’ordre qui subordonne l’autorisation que l’on se donne d’aimer vivre à l’accomplissement d’un certain niveau de sécurité matérielle. L’avidité nait ainsi de cette crainte de ne jamais pouvoir vivre selon son intuition profond tant que l’on n’a pas accumulé une certaine quantité de biens. Certes pas du tout marxistes, les bouddhistes disent que sentiment de vivre sa vie et plénitude ont peu à voir avec ses conditions d’existence. Ne jamais être consolé de la perte de ses illusions n’a jamais empêche d’être heureux.

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  • Kasper // 16.05.2020 à 00h59

    « Quand je vois cette trouille de la mort, je me dis qu’il n’y aurait guère de volontaires pour débarquer en Normandie en 44 »

    Et sans doute aussi moins de volontaires pour envahir la Pologne, les Ardennes et patauger dans la boue jusqu’à Stalingrad… Dans tous les camps, c’est justement d’ignorer la valeur de la vie qui fait les volontaires pour le casse pipe.

    L’amour de la vie comporte évidemment le désir de retarder la mort. Et c’est l’amour de la vie que débinent Quatremer et ses semblables, ces tristes sires…

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  • Freddi // 16.05.2020 à 09h43

    D’accord avec Lordon sur le constat.
    Mais la solution ne viendra malheureusement pas de la bonne volonté des humains mais de la finitude des ressources (pétrole, gaz, métaux) qui irrigue notre économie prédatrice et malsaine.
    C’est lorsque cette finitude prendra son essor que nos sociétés sauront faire le choix entre l’indispensable à la vie et le superficiel qui encourage notre hubris.
    Et c’est à ce moment là que la division utile du travail se mettra en place.
    Le faire avant, c’est croire qu’un junkie possède la force mentale et morale pour ce désintoxiquer.
    J’espère me tromper.

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    • RD // 17.05.2020 à 01h59

      Vous vous trompez sûrement puisque la fameuse borne externe du capitalisme est présente désormais partout : c’est donc la borne interne qui importe.

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  • Yanka // 17.05.2020 à 08h37

    Les problèmes structurels ne sont jamais réglés, et encore partiellement, que par l’effondrement. Ce n’est pas le blabla de quelques économistes frottés de marxisme halluciné qui tirera l’homme de ce mauvais pas, mais une catastrophe majeure ou une accumulation de catastrophes. Je n’exprime pas là un désir. La corruption et la dinguerie sont partout, et on voudrait que la corruption et la dinguerie nous sortent de là par la vertu de soudaines réflexions et de bon sens ?! Qui croit aux miracles ?

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  • Yanka // 17.05.2020 à 08h45

    Je déteste Quatremer (que j’appelle autrement, puisque j’augmente traditionnellement son nom de deux lettres infamantes), mais son propos est défendable. Il me semble vouloir dire que par la faute d’une petite bête (le coronavirus) dont nous avons une peur exagérée, nous préparons l’avènement d’une grosse : à savoir une succession de crises de toutes sortes (économique, monétaire, sociale, anthropologique) dont nous ne nous remettrons pas vraiment ni tôt. Bref, il trouve fou que pour soigner un panaris il ait fallu couper le bras ou la jambe.

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  • Nicole de Nicomaque // 18.05.2020 à 02h09

    La pandémie n’est pas terminée. Dans le monde, 4,6 millions de cas Covid-19 sont provisoirement rapportés et 313 900 personnes en sont mortes dont 28 108 en France. Sans compter celles et ceux qui en ont réchappé mais qui garderont des cicatrices douloureuses pendant longtemps. A croire que vous ne lisez pas le blog de M.Berruyer et les analyses hebdomadaires revues et corrigées qui nous informent sur la connaissance toujours en cours sur ce virus inconnu qui attaque certaines personnes si douloureusement qu’il faille leur amputer un membre, deux, voire les quatre. Pardon mais j’avais personnellement une autre vision du « Panaris », même si j’ai bien compris votre métaphore qui minore d’autant plus à bon compte les faits qu’on ne les a pas vécu.

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  • Jérôme // 20.05.2020 à 14h03

    Bon, une suite est annoncée à cet article qui se limite à constater des impasses et à poser des questions. Donc on va patienter, en espérant que la suite sera un peu plus clairement structurée et conclusive.

    Parce qu’à ce stade, c’est plutôt de la pensée complexe macronienne, certes sur une autre ligne idéologique, qu’inspiré par les préceptes de Boileau.

    Quelques pistes intéressantes tout de même de la part de l’auteur.

    Notamment à propos de la domination excessive et dommageable de la valeur d’échange, sur laquelle André Orléan avait écrit un excellent ouvrage : serait en effet sain que, dans l’idéal, la valeur utilité reprenne du poil de la bête.

    Une lucidité aussi : la recherche de la maximisation d’un intérêt matériel est certes encouragée par le capitalisme mais elle ne lui est pas consubstantielle. C’est un fait anthropologique et c’est bien ce sur quoi butent tous les projets alternatifs utopistes depuis toujours.

    Des faiblesses soulignées par d’autres.

    Il n’y a pas plus de lien entre le virus Covid-19 et le capitalisme qu’il n’y en avait entre la grande peste noire de 1348 et le système de valeurs du monde médiéval. Les êtres humains échangent plus ou moins et ces échanges suffisent à propager des virus.

    Le virus a frappé plus probablement à cause de la survivance de coutumes ancestrales que du turbocapitalisme. Et c’est le principe d’hyper-précaution qui a motivé le confinement généralisé, pas le néolibéralisme des élites technocratiques.

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