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14.mai.202014.5.2020 // Les Crises

Coronavirus : les huit leçons de la crise – par Henri Sterdyniak

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Source : Blog Mediapart

La crise du coronavirus doit fournir à la société quelques idées fortes pour évoluer. Nous en proposons ici huit, en attente d’élaborations plus approfondies.

Notre planète terre risque de devenir inhabitable. Au réchauffement climatique à la perte de biodiversité, à l’épuisement des ressources naturelles, s’ajoute maintenant le risque sanitaire. Dans les décennies à venir, l’objectif essentiel ne doit plus être la croissance, mais la préservation de notre habitat.

Non plus de développer de nouveaux besoins plus ou moins artificiels, mais de satisfaire les besoins de base pour l’ensemble de la population, en limitant les dégâts écologiques et même en les réparant. Cela implique que l’humanité doit développer une stratégie globale, ce qui est quasiment impossible puisqu’il y a des différences de perceptions des problèmes et des divergences d’intérêt tant entre les pays qu’entre les classes sociales. Certains espèrent encore dans de futurs progrès techniques, c’est sous doute une piste utopique, mais il ne faut pas la fermer totalement.

Tant les pays émergents que les pauvres dans les pays riches ne renonceront pas à atteindre le niveau de vie des riches dans les pays riches de sorte que pour aller vers une société égalitaire, il ne faudra pas seulement augmenter le niveau de vie des pauvres mais aussi baisser celui des riches.

Il faut, d’une façon ou d’autre autre, modifier le comportement des pays les plus pollueurs, que ce soit les producteurs de pétrole (l’Arabie Saoudite), les pays qui défrichent leurs forêts (le Brésil, l’Indonésie), ceux qui utilisent encore la charbon (la Chine, la Pologne), ceux qui consomment trop (Les États-Unis et l’Europe). Il est difficile de voir aujourd’hui comment une alliance majoritaire pourrait se faire pour le tournant nécessaire, mais pénible.

La crise a montré les risques que faisait courir la mondialisation non contrôlée. Les chaines de production fragmentées entre plusieurs régions du monde sont particulièrement fragiles. Un pays peut être frappé par un choc survenant à l’autre bout du monde. Son appareil productif, fragmenté, n’a plus la capacité de réaction nécessaire. C’est particulièrement vrai pour les produits de base (alimentation, médicaments, matières premières…).

Cela justifie que soient mis des freins au libre-échange, que soit organisé un certain protectionnisme, une certaine relocalisation, même si cela peut se traduire à court terme par une certaine hausse des prix et une baisse du niveau de vie. L’agriculture est un secteur indispensable pour l’alimentation, mais aussi pour la biodiversité et la lutte contre les gaz à effet de serre. La France doit rémunérer ses paysans pour l’ensemble des tâches qu’ils assument ; elle doit leur garantir un revenu minimum.

Une fois de plus la crise a montré la nocivité de la finance. La chute de la Bourse, attendue après ses hausses excessives, accentue la dépression mondiale. Certaines entreprises risquent la faillite, car elles ont été endettées par leurs actionnaires pour se verser des dividendes ou se lancer dans des opérations hasardeuses de rachat de leurs concurrents. Les marchés financiers jouent à tester la solidité de l’Euro en spéculant contre l’Italie.

Devant respecter les normes de Bale III, ayant des objectifs de forte rentabilité, les banques réduisent leurs crédits au moment où les entreprises en ont le plus besoin. Elles ne sont guère allantes pour financer la transition écologique. Après la crise, il faudra remettre sur pied un grand secteur bancaire publique pour financer la relocalisation industrielle et la transition écologique ; le crédit aux opérations spéculatives comme aux entreprises polluantes et socialement inutiles devra être interdit.

Pour dégonfler la finance, le secteur bancaire publique devra offrir aux ménages des placements garantis, leur permettant de financer la transition écologique, les investissements publics, la politique industrielle. Les dettes publiques, dont le gonflement est nécessaire pendant la crise, devront être garanties inconditionnellement par la BCE ; leur dégonflement ne se fera pas par des politiques d’austérité, mais par la taxation des plus hauts revenus et patrimoines, des entreprises multinationales, par la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

La mise en place sur une vaste échelle de ce que l’on nomme de façon inappropriée « chômage partiel », mais qui est en fait du chômage temporaire brise le lien entre la production de chacun et son salaire. Le salaire est confirmé comme un droit du salarié ; la particularité de la période est que ce droit est assuré par l’État et non plus par l’entreprise. On ne peut s’empêcher de faire le lien avec le « salaire à vie » de Bernard Friot.

La transition sociale et écologique sera facilitée si, effectivement, chaque salarié est pris en charge par une entreprise qui assure son évolution de carrière, sa formation permanente et prend en charge sa reconversion nécessaire si son métier disparait. C’est le modèle des grandes entreprises publiques et celui des corps de l’État. C’est utile pour la société, puisque l’entreprise doit intérioriser les coûts de ses choix de gestion de ses salariés au lieu de les faire assumer par la société par des licenciements.

Certes, il ne faut pas le masquer, cela imposera des contraintes aux salariés : le choix de l’emploi ne peut être entièrement libre ; il faut des soignants, des ouvriers, des agriculteurs, des ingénieurs, pas forcément des publicitaires, des traders, des artistes. J’ajoute, artiste, de façon provocatrice pour rappeler que dans une société où le temps de travail marchand est réduit, chacun doit pouvoir être à mi-temps artiste, écrivain ou historien.

La crise a remis en question l’utilité sociale des emplois. Certains emplois, bien rémunérés, actuellement, n’ont aucune utilité sociale ; au contraire, ils peuvent être nuisibles, les traders, les publicitaires, les spécialistes du marketing, de la communication, les conseillers fiscaux, les financiers, la haute hiérarchie de l’administration de l’État et des grandes entreprises. D’autres, des emplois non qualifiés, mal rémunérés, sont indispensables : les soignantes des hôpitaux et des Ehpad, les enseignantes et enseignants des crèches et des écoles, les agriculteurs, les travailleurs des services publics, des éboueurs aux conducteurs de métro, les ouvriers en général. Il ne faudra pas l’oublier après la crise ; la hiérarchie des salaires et des statuts devra être revue ; les titulaires d’emplois peu utiles devront être reconvertis.

La situation des précaires s’est aggravée avec la crise sanitaire. La France a besoin d’une grande politique de résorption du précariat : les faux auto-entrepreneurs doivent bénéficier d’une couverture sociale complète ; les salariées à temps partiel subi doivent pouvoir accéder à un temps plein, à leur demande ; la sous-traitance doit être contrôlée et limitée. Le droit à l’emploi doit être garanti : les chômeurs de longue durée doivent se voir proposer une formation ou un emploi de dernier ressort dans une collectivités locales, une association, une entreprise d’insertion. Le revenu universel est une utopie, mais il faudra revaloriser le RSA, le rendre automatique, l’ajuster en temps réel à la situation des ménages, de façon à garantir à chaque famille un revenu minimum supérieur au seuil de pauvreté.

Durant la crise, l’État a joué un rôle central d’organisateur de la riposte sanitaire, mais aussi d’assureur pour les entreprises. Il a pris en charge leurs salariés, il a garanti leurs dettes, il va sans doute annuler une partie de leurs dettes sociales et fiscales. Peut-on imaginer que les actionnaires, après avoir été exemptés de subir les pertes, engrangent les bénéfices de la reprise ?

Les entreprises doivent prendre un tournant, à la fois la relocalisation de la production et l’adaptation aux contraintes écologiques. Dans certains secteurs, elles doivent viser à une diminution de leur production : il ne faut pas développer les vols aériens, les SUV, le bitcoin. L’objectif doit devenir de produire des biens durables, sobres, de longue durée de vie. Les campagnes du genre « Changer votre Iphone67 pour un IPhone 69 » doivent choquer et être interdites. Ce n’est guère compatible avec l’objectif traditionnel des grandes entreprises : créer de nouveaux besoins, se développer, créer de la valeur pour les actionnaires.

Les entreprises doivent aussi s’adapter à de nouvelles contraintes sanitaires. Comme l’a montré l’exemple des hôpitaux, un changement profond de fonctionnement est possible, il demande une mobilisation du personnel, qui suppose de repenser la finalité, l’organisation et la hiérarchie des entreprises. Ceci milite pour un nouveau type d’entreprise, avec une forte réduction du poids des actionnaires, un rôle de décision important pour les salariés et pour la société (par l’intermédiaire de l’État, certes, mais aussi de l’ensemble des parties prenantes, les collectivités locales, les clients, les mouvements citoyens).

En même temps, le poids plus important de l’État pose aussi la question de son fonctionnement, comme émanation du corps social. L’augmentation du poids de l’État est dangereuse s’il s’agit d’un État autoritaire, dirigé par l’oligarchie financière. La situation actuelle où le vainqueur d’une élection présidentielle, grâce au soutien massif des classes dirigeantes, de leurs media, de leurs intellectuels organiques, s’empare de la totalité des pouvoirs pour les mettre à leur service, nuit à la cohésion sociale. Les services publics, gérés comme des entreprises privés, contraints à des mesures d’économie, sans souci des usagers, perdent le sens de leur mission.

L’État doit devenir effectivement la propriété commune de chacun. C’est un slogan ; il n’est pas simple à mettre en œuvre ; les fonctionnaires ont leurs compétences et le service public ses exigences. Les parents d’élèves doivent être entendus, mais ce ne peut être eux qui fixent les programmes scolaires et les méthodes d’enseignement. Par ailleurs, il y a des intérêts divergents à concilier ; des choix politiques à faire, il est légitime que ces choix soient faits selon des règles républicaines, avec le respect des choix de la majorité comme le souci des minorités. Nous laissons donc ouverte la question : « comment démocratiser l’État ? ».

Source : Blog Mediapart

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Renard // 14.05.2020 à 07h45

Pour moi, la leçon de la crise est pour la première fois depuis longtemps une victoire des sédentaires contre les nomades, des stocks contre les flux.
Victoire simplement idéologique, les partisans du sans-frontièrisme universel et du laisser-faire-laisser-aller restant au pouvoir.
L’absence de masques autant que la difficulté à redémarrer l’économie vient de l’obsession du zéro stock, dominante depuis près d’un demi-siècle et qui gonfle artificiellement le bénéfice des entreprises et des Etats tout en les rendant plus fragiles et dépendants.
Il me semble que la première chose à faire pour que nous ayons une vague chance de rebâtir quelque chose de positif est de changer les indicateurs économiques et, en particulier, le PIB : un individu, une communauté, une entreprise et à fortiori un Etat ne sont pas riches en fonction de ce qu’ils dépensent mais en fonction de ce qu’ils possèdent.
Faute de cette nouvelle façon d’approcher l’économie (renforcement du bien commun et de la chose publique au propre comme au figuré), il nous faudra vivre dans l’attente impuissante d’une nouvelle crise contre laquelle nous serons à nouveau désarmés.

24 réactions et commentaires

  • François // 14.05.2020 à 07h26

    Comment allez vous l’appliquer ? Qui ? Quelles sont les de succès ? Les points bloquants ?

    Ce n’est pas du rêve ? Il n’y a pas un peu de manipulation derrière tout cela? On nous l’avait déjà promis en 81, et en 83 Virage a 180 degré car infaisable… Et aujourd’hui, nous sommes arrivés dans la situation actuelle….

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    • Rémi // 14.05.2020 à 14h25

      Merci,

      c’est exactement ce que je voulais dire. Ce genre d’article sur le monde parfait d’untel ou d’untel me déplait souverainnement car il pose la question de la prise de pouvoir.
      Il écrit: la hiérarchie des salaires et des statuts devra être revue qui va le faire? La hérarchie des salaires et des status n’est pas fonction de l’utilité sociale, mais du pouvoir social. autrement dit où vous êtes dans la meute.
      Si vous vous présentez pour faire cela aujourd’hui vous allez vous prendre une balle de LBD dans l’oeil.

        +2

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  • Renard // 14.05.2020 à 07h45

    Pour moi, la leçon de la crise est pour la première fois depuis longtemps une victoire des sédentaires contre les nomades, des stocks contre les flux.
    Victoire simplement idéologique, les partisans du sans-frontièrisme universel et du laisser-faire-laisser-aller restant au pouvoir.
    L’absence de masques autant que la difficulté à redémarrer l’économie vient de l’obsession du zéro stock, dominante depuis près d’un demi-siècle et qui gonfle artificiellement le bénéfice des entreprises et des Etats tout en les rendant plus fragiles et dépendants.
    Il me semble que la première chose à faire pour que nous ayons une vague chance de rebâtir quelque chose de positif est de changer les indicateurs économiques et, en particulier, le PIB : un individu, une communauté, une entreprise et à fortiori un Etat ne sont pas riches en fonction de ce qu’ils dépensent mais en fonction de ce qu’ils possèdent.
    Faute de cette nouvelle façon d’approcher l’économie (renforcement du bien commun et de la chose publique au propre comme au figuré), il nous faudra vivre dans l’attente impuissante d’une nouvelle crise contre laquelle nous serons à nouveau désarmés.

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    • M_a_n_u // 14.05.2020 à 08h40

      « un individu, une communauté, une entreprise et à fortiori un Etat ne sont pas riches en fonction de ce qu’ils dépensent mais en fonction de ce qu’ils possèdent »
      Pas d’accord !
      un individu, une communauté, une entreprise et à fortiori un Etat ne sont pas riches en fonction de ce qu’ils dépensent mais en fonction de ce qu’ils sont capables de produire.
      L’Unique richesse est celle produite par les travailleurs.

      Lisons Bernard FRIOT.

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      • Renard // 14.05.2020 à 08h56

        @ M_a_n_u
        Que la richesse soit issue du travail, nul n’en disconvient (depuis Hésiode, c’est chose actée).
        La question est de savoir où, in fine, elle se dirige, quand la manière de l’évaluer incite à la dissiper au plus vite.
        Je vous propose, pour étayer notre réflexion, cette phrase merveilleuse de Frédérick Lemaître (dialogues de Jacques Prévert) dans « Les enfants du paradis » :
        « Un homme comme moi ne gagne jamais rien, puisqu’il dépense toujours davantage. »

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        • Dionysos // 14.05.2020 à 11h57

          Pour le reste je vous rejoint sur la nécessité de diversifier les indicateurs économiques de références au delà du seul PIB afin de prendre en compte la complexité de nos sociétés et de la notion même de richesse qui ne se cantonne pas à l’économie.

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      • Dd5464 // 19.05.2020 à 09h02

        La richesse n’est ni la propriété ni la production, c’est la capacité au bonheur individuel tel que définit par chacun, en accord avec celui des autres. Le productivisme capitaliste ou « prolétarien » ne mène qu’à l’épuisement de la Terre et des hommes. Il est temps de détruire les instruments de mesure des errances du passé.

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  • Catalina // 14.05.2020 à 07h51

    Bonjour,
    Oui, à peu près tout ça est bien réel mais il ne parle pas de notre mode d’élection qui permet aux médias de mettre une chèvre tout en haut….
    Nous devons changer en vrai c’est à dire
    -Instaurer le mandat impératif et révocatoire
    -vérifier à la loupe les dépenses de ce régime et de tous ceux qui gravitent autour et faire un audit
    -instaurer une élection où il y a obligation d’avoir a minima un tiers pour être élu et un casier vierge
    -refuser à ceux qui ont bossé au privé de revenir au public
    -créer un organisme pour surveiller le gouvernement
    -obliger l’assemblée nationale à avoir un tiers d’ouvriers

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    • Allo // 17.05.2020 à 13h33

      « -créer un organisme pour surveiller le gouvernement »
      J’espère que vous vouliez dire : une assemblée extraordinaire d’anonymes tiré au sort afin de juger l’action du gouvernement. (Pour qu’enfin leur incompétence est des conséquences sur leurs vies et pas les nôtres).

      Où quel que chose de cet ordre. Les mots sont importants, surtout quand ils forment des idées.

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  • Catalina // 14.05.2020 à 07h51

    suite
    -réduire les dépenses de l’état, les Français ne créent pas de richesse pour des types qui en usent et abusent, puisqu’ils sont grassement payés, ils doivent payer leur billet d’avion de leur poche ainsi que leur nourriture, leurs vêtements, leur loyer comme tout un chacun! en France, ceux qui « gagnent » bien leur vie ne paient rien contrairement aux gueux qui eux paient tout ! Revoir les salaires du gouvernement, et enquêter sur le bien fondé de toutes ces sous-commissions qui sont en fait des emplois fictifs donné aux coquins-copains ou à ceux qui ont « rendu service »…
    -Réduire le train de vie des eurodéputés qui ne servent à rien et qui nous coûtent un bras
    -mettre en place le RIC
    -plus d’élection sur des candidats qui se présentent pour s’engraisser mais choix par le peuple de représentants choisis par le peuple parmi le peuple et non plus parmi une caste de vautours qui haissent la France et les Français, (vu la gestion de la crise, à peu près n’im^porte qui aurait fait mieux….)

      +11

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  • Fritz // 14.05.2020 à 08h00

    « Certains emplois, bien rémunérés actuellement, n’ont aucune utilité sociale ; au contraire, ils peuvent être nuisibles, les traders, les publicitaires, les spécialistes du marketing, de la communication, les conseillers fiscaux, les financiers, la haute hiérarchie de l’administration de l’État et des grandes entreprises. D’autres, des emplois non qualifiés, mal rémunérés, sont indispensables… » (Henri Sterdyniak)

    On retrouve une vérité formulée il y a bien longtemps par Proudhon. L’économie, ce n’est pas jouer au virtuose devant un écran, connecté avec les métropoles financières de la planète. L’économie, avant de commercer et de consommer, c’est produire : de quoi se nourrir, de quoi se vêtir, de quoi se loger. Sans agriculteurs, sans camionneurs, sans caissières, la France serait en proie aux horreurs de la famine.

    La division du travail à l’échelle du monde est une utopie dangereuse :  » Les chaines de production fragmentées entre plusieurs régions du monde sont particulièrement fragiles. […] C’est particulièrement vrai pour les produits de base (alimentation, médicaments, matières premières…) ». Rappelez-vous Serge Tchuruk qui déclarait, il y a vingt ans, que tout pouvait et devait être délocalisé, à part les marques qui devaient rester en France…

    Relocalisation, protectionnisme, justice sociale.

      +35

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  • sergeat // 14.05.2020 à 08h02

    Cette « haine »que vous voulez transcender espérons que la loi Aviva soit son catalyseur au lieu d’être son censeur.

      +2

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    • Rémi // 14.05.2020 à 14h27

      La loi Avia ne vise qu’à donner à l#oligarchie des moyens supplémentaires de sanctionner les opposants.
      Pardon, je viens de donner une fake news. La loi est pour lutter contre la Haine sur internet.
      D’ailleur j’oubliait que tous les journaux s’étaient excusé d’avoir trainé Chouard dans la boue, que Crhistophe Castanner avait démissionné pour sa fake news sur la pieté Salpétriére et que Yann moix était interdit d’antenne pour cause de positions antisémites dans son passé.
      Comment puis-je être aussi stupide.

        +6

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  • Candide // 14.05.2020 à 08h07

    Blaa- Bla -Bla…
    Yaka, yapuka, fonquon..
    Une litanie de paroles creuses pour faire pleurer dans les chaumières ; difficile à contrer point par point tellement on est dans des généralités vaseuses.
    Prenons un point précis : Le réchauffement climatique lié au rejet de CO2.
    L’auteur cite la Chine et la Pologne comme exemples à ne pas suivre.
    Si on regarde les rejets de CO2 en tonnes/an/habitant, on trouve: (source Wikipedia)
    Chine : 6,68
    Pologne : 7,96
    Pourquoi ne trouve t’on pas :
    Allemagne : 8,70
    USA : 14,61
    Corée du Sud : 11,66
    Canada : 14,99
    Taïwan : 11,38
    Australie : 15,63
    Russie : 10,64
    …. et France : 4,56 !!!
    Elle est où cette soit disant transition énergétique dont on nous rebat les oreilles!

      +22

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    • Chef Joseph // 14.05.2020 à 13h12

      Elle est en cours. Et forcée avec ça. Pic pétrolier « tous liquides » passé en novembre 2018. Au mieux, il y aura un (des) sursaut(s) de courte durée lié(s) à un prix du pétrole en forte hausse mais, c’est tout. La fête est finie et c’est pas avec des éolienne et des panneaux photovoltaïques qu’on va continuer à nous comporter comme si l’énergie ne faisait pas partie de l’équation.Les sacro-saints mécanismes de marché ne s’appliqueront pas plus cette fois qu’ils ne se sont appliqués un seul instant avec l’énergie. C’est cuit pour de bon.
      Beaucoup pensait avoir le temps de s’adapter, ce ne sera pas le cas. Les cornucopiens, ces grands enfants immatures et rêveurs en sont pour leurs frais. Ce qui ne changera rien à leur optimisme débile et totalement ignorant de la nature humaine et des réalités physiques. Elon Musk, Jeremy Rifkin et leurs potes ? Ah, ah, ah… même si c’est franchement dramatique.

        +9

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      • Candide // 14.05.2020 à 14h28

        Tout à fait d’accord avec vous.( Je vois que vous fréquentez aussi le site de J.M. Jancovici ).
        Mon point est que suis personnellement fatigué de toutes ces déclarations de la Gôche bobio qui se perdent dans des généralités vaseuses et qui n’ont rien de concret ET de chiffré à proposer. Cela fait 40 ans que cette petite comédie dure.

        C’est sous l’égide de Jacques Delors, ministre de l’Economie et des Finances de François Mitterrand, que la loi bancaire 84-46 du 24 janvier 1984 (dite de « modernisation » !) abrogea la loi du 2 décembre 1945 du CNR (équivalant du Glass-Steagall act de 1933 des Etats Unis). Même Tatcher et Reagan n’avaient pas encore osé le faire à l’époque (abolition en 1999 seulement pour les USA par « la gôôche (-Clinton-)
        A suivi ensuite la dérégulation des marchés financiers en 1984 par Pierre Bérégovoy, tout ça pour se terminer par la constitutionnalisation du traité d’économie de Hayek, gravé dans le marbre des traités européens (que Mélanchon appelle un bon compromis de Gauche !!).
        Pour ceux qui n’auraient pas compris ce qu’est cette Europe qui nous dirige, je suggère cette brève analyse factuelle:

        https://www.youtube.com/watch?v=i6Nb4yUm_vg

        Une autre vision de la transition écologique en cours aux USA (by Michael Moore)
        https://www.youtube.com/watch?v=Zk11vI-7czE

        Bon, je m’arrête là car je pourrais allonger ad nauseam la liste des méfaits de tous les gouvernements qui se succèdent depuis 40 ans.

          +5

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      • Bellot // 16.05.2020 à 14h32

        Des deux mains même. Vous avez entièrement raison. Je pense à cet excellent roman « les noctambules »… Peut être que sortir de ce rêve éveillé, cette illusion, n’est pas sans peur pour beaucoup, est ce que finalement Macron ne représente pas au fond ce déni de réalité ?

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    • Lao les loups // 17.05.2020 à 01h39

      Il faut effectivement éviter les  » généralités vaseuses », en commençant par ne pas mélanger les exemples cités par Henri Sterdyniak ! Quand il cite Pologne et Chine, c’est sur l’exemple précis du charbon : la France alors, beaucoup plus axée sur le nucléaire ( qui pose d’autres problèmes, aussi graves, mais qui ne sont pas ceux du charbon !), ne peut donc plus être comparée utilement .Je trouve très étonnant par ailleurs que vous recherchiez la « transition énergétique » sans remarquer que ceux qui la revendiquent le plus énergiquement ne sont pas en état de la faire vivre, puisqu’ils ne sont généralement pas au pouvoir ! Et c’est oublier que pas mal de pays ont engagé, plus que nous, cette transition énergétique, comme les pays nordiques notamment ! Ne pas oublier pour autant, malgré les insuffisances, que la France n’est pas le pire des pays développés en ce domaine. Pour terminer, rappelons pour exemple du réchauffement que les Alpes européennes comptent aujourd’hui encore, après en avoir perdu des milliers, 5000 glaciers et n’en compteront plus que 2500 en 2035. Le seul massif des Ecrins a perdu 75 % de ses glaciers en moins d’un demi-siècle, Sont-ce là des « paroles creuses  » et du « yaka, fokon » ?

        +0

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      • christian BERNARD // 21.05.2020 à 10h39

        des « paroles creuses », non ; mais du « yaka, fokon », oui ….

          +0

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  • yann // 14.05.2020 à 08h16

    Aucune faute de calcul, pas de chiffres douteux, pas de statistiques trafiquées…20 / 20

      +0

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  • trompettevoile // 14.05.2020 à 08h30

    Belles propositions qui nécessitent en premier de quitter l’euro et l’UE. Puis exiger (comment en dehors d’une pression énorme d’une partie non négligeable de la population?) une refonte de la constitution (voire une 6eme) dans laquelle le RIC sans condition est décrit dans les débuts de cette constitution. Il est évident que les politiques au sens large et leur souverains (banquiers et grands patrons) n’accepteront jamais de perdre la main-mise de leur classe sur les 99% de la population! Les chiens de garde étant le relai efficace de leur propagande. Donc…. sans actions fermes, pugnaces et physiques, ça risque de continuer en pire! Pour nous, comme aux échecs, il faut savoir perdre au début pour gagner par la suite!.

      +12

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  • Eric83 // 14.05.2020 à 09h53

    Ci-dessous, un lien vers une vidéo d’une compilation émouvante et rassurante; il n’y a pas que des moutons/mougeons aliénés par la propagande orchestrée par le « Pouvoir »..

    Ces témoignages permettent de prendre conscience que le « Pouvoir » aura réussi, contre son intention et à l’insu de son plein gré, à rassembler nombre de citoyens sur les valeurs humaines les plus essentielles et les plus fondamentales.

    JJ CREVECOEUR – Compilation 1, ce que nous ne voulons pas.
    https://www.youtube.com/watch?v=QdQ1qNK1n70

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  • Bientôt 78 ans // 14.05.2020 à 13h31

    Je crois que le « Pouvoir » n’a pas même commencé à mesurer l’ampleur atteinte par la crise (ce vaste ensemble de crises superposées et qui font système), suite à la débâcle COVID-19. De toutes les manières, on tente maintenant (tentera) de nous faire croire que TOUT AU FOND, « les choses » reviennent (reviendront) « à la normale »…

    C’est bien le signe par excellence que le « Pouvoir » n’a pas compris ce qui s’est passé et qui se poursuit… ou qu’il s’applique tout simplement, pour le moment, à faire savamment semblant de ne pas comprendre.

    Ce ne sont plus ces messieurs dames qui mènent le Grand Bal.

      +4

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  • Denis // 14.05.2020 à 16h07

    En ces temps incertains, l’école n’est qu’entrouverte.
    Huit leçons d’un coup, c’est beaucoup!

    On a déjà du mal avec les crises précédentes qui ne
    nous rien appris, alors, essayer de tirer la quintessence
    de la crise sanitaire actuelle, surtout de son traitement par
    les autorités incompétentes en la matière, en aucune matière
    d’ailleurs, me paraît pour le moins illusoire.

    Le pillage arrive à sa fin: moins de tout et presque plus de compétence
    pour la production alimentaire. En effet, l’agriculture d’aujourd’hui, sans pétrole,
    c’est production proche de zéro. C’est valable aussi pour toutes les productions
    industrielles d’ici et de là-bas, de l’autre côté de la planète.

    Si certains, riches en papier monnaie, croient pouvoir s’en sortir, ils se mettent
    le bras dans l’œil jusqu’au genou. On est tous sur le même esquif que l’humain a patiemment et sûrement rendu invivable pour notre espèce et la plupart des autres animaux.

    Il n’est pas question de faire autre chose que ce que l’on fait de mieux: détruire notre environnement avec plus ou moins d’intensité.

    Ne soyons pas trop pessimiste, cet été, le gouvernement, dans sa sagesse, va nous autoriser à aller en vacances au bord de la mer.

    Elle est pas belle, la vie! 🙂

      +2

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