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9.juin.20209.6.2020 // Les Crises

États-Unis : Des journalistes exigent l’arrêt des attaques policières contre la Presse

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Source : Consortium News
Traduit par l’équipe Les-Crises

Andrea Germanos explique pourquoi 18 organisations – dont le National Press Club, Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes et PEN America – tirent la sonnette d’alarme.

Des groupes de journalistes de premier plan ont demandé aux forces de police américaines de cesser de cibler les membres des médias qui couvrent les manifestations nationales catalysées par l’assassinat de George Floyd par la police, en écrivant : « Lorsque vous faites taire la presse avec des balles en caoutchouc, vous faites taire la voix du public ».

Cette demande est formulée dans une lettre ouverte signée par 18 organisations, dont le National Press Club (NPC), Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et PEN America.

Leur lettre précise : « Il y a quelques années, à Ferguson, dans le Missouri, la police a tenté certaines de ces tactiques et elles ont échoué. Les tribunaux se sont prononcés contre les gouvernements qui ont arrêté illégalement des journalistes et ont ensuite essayé de les bannir de leur État. Cela a été dévastateur pour la réputation du Missouri ».

« Cela va se reproduire », prédisent les journalistes, en montrant du doigt les forces de l’ordre de « Minneapolis, Philadelphie, Las Vegas, Denver, Fargo, Pittsburgh, Dallas, Atlanta, Seattle, Washington, D.C. et d’autres villes ».

« Ne tirez pas sur eux. Ne les arrêtez pas. Le monde nous regarde. Laissez la presse raconter l’histoire », déclare la lettre.

Cette lettre ouverte est arrivée alors que le CPJ a déclaré, lundi soir, qu’au moins 125 incidents impliquant des violations de la liberté de la presse s’étaient produits les 29, 30, 31 mai et 1er juin, dans le contexte du soulèvement social actuel.

« Nous sommes horrifiés par le recours continu à des actions sévères et parfois violentes de la police contre les journalistes qui font leur travail. Ce sont des violations directes de la liberté de la presse, une valeur constitutionnelle fondamentale des États-Unis », a déclaré le directeur de programme du CPJ, Carlos Martinez de la Serna.

« Nous demandons aux responsables locaux et étatiques d’exempter explicitement les médias de la réglementation sur le couvre-feu afin que les journalistes puissent rendre compte librement », a-t-il ajouté.

Le CPJ a attiré l’attention sur une nouvelle base de données de l’U.S. Press Freedom Tracker, un projet de la Freedom of the Press Foundation et du CPJ. Le registre contient un compte rendu des incidents survenus au cours des manifestations de George Floyd, y compris les arrestations, les agressions – y compris si l’incident a été commis par la police et si une arme telle que des gaz lacrymogènes ou des balles en caoutchouc a été utilisée – et les dommages causés à l’équipement.

Laura Hazard Owen a écrit au NiemanLab qu' »il devient clair que les attaques de la police contre les journalistes sont en train de devenir un modèle généralisé, et non des incidents ponctuels« .

Un certain nombre de reportages et de vidéos diffusés sur les médias sociaux ces derniers jours témoignent de cette tendance :

« J’ai fait des recherches sur d’innombrables protestations pour mon premier livre. J’ai écrit sur beaucoup d’entre elles depuis. Je pense qu’on peut dire sans risque de se tromper que nous n’avions jamais vu auparavant le ciblage généralisé et délibéré de journalistes par la police que nous avons pu observer ces derniers jours.Quelque chose a changé », a tweeté lundi le journaliste Radley Balko.

Une autre organisation, Free Press, a amplifié cette semaine la demande de sécurité de la presse et a déclaré que la nécessité pour les journalistes d’être dans la rue aux côtés des manifestants pour amplifier leurs points de vue était plus cruciale que jamais.

« Cela mérite d’être répété », a déclaré la responsable de l’organisation Free Press News Voices, Alicia Bell. « Le premier amendement empêche les forces de l’ordre de faire taire les voix des manifestants et de réprimer les journalistes qui cherchent à partager leurs préoccupations avec le monde ».

« Les journalistes doivent tourner leurs caméras et leurs microphones vers les organisateurs locaux qui se sont engagés depuis longtemps dans la lutte pour la dignité des Noirs aux côtés de ceux qui descendent maintenant dans la rue avec des griefs légitimes contre un système qui dévalorise la vie de notre peuple », a-t-elle poursuivi.

« Ce moment souligne l’importance d’établir des relations profondes entre les salles de presse et les communautés », a déclaré Mme Bell. « Les salles de presse doivent remplacer les patrouilles de police par des séances d’écoute de la communauté et d’autres tactiques intentionnelles de transfert de pouvoir ».

Source : Consortium News
Traduit par l’équipe Les-Crises

Commentaire recommandé

Fabrice // 09.06.2020 à 07h29

On l’a vu en France avec les gilets jaunes il y a les « bon » éditorialistes et journalistes qui relaient et amplifient les exactions des manifestations contraire aux intérêts des 10% et les mauvais journalistes qui ont la mauvaise idée de relayer les faits les plus exacts possibles, alors rien de nouveau sauf que là on rajoute une couche de flou.

24 réactions et commentaires

  • Brosse a Dante // 09.06.2020 à 07h19

    Presse -> Démocrate -> Election présidentielle-> Manipulation d’un fait divers
    Avec relais en France (voir le traitement Clinton-Trump).
    C’est aussi simple que cela.

      +11

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  • Fabrice // 09.06.2020 à 07h29

    On l’a vu en France avec les gilets jaunes il y a les « bon » éditorialistes et journalistes qui relaient et amplifient les exactions des manifestations contraire aux intérêts des 10% et les mauvais journalistes qui ont la mauvaise idée de relayer les faits les plus exacts possibles, alors rien de nouveau sauf que là on rajoute une couche de flou.

      +25

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    • Fritz // 09.06.2020 à 08h17

      En effet, c’est bien flou : Mme Bell propose « des séances d’écoute de la communauté » …
      Une telle proposition avait-elle été formulée pour la « communauté » des Gilets jaunes ?

        +4

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      • Catalina // 09.06.2020 à 09h40

        ben vu qu’ils ont jetés les cahiers de doléance à la poubelle, c’est encore de la manipulation, ce régime ne sait rien fait d’autre apparemment.

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      • Papagateau // 09.06.2020 à 16h51

        Le RIC ?
        Le respect du résultat du référendum d’initiative gouvernemental de 2005 (55% de non ont été considéré comme un oui)?
        Le SMIC, le chômage, le gazage politique ?

        Maintenant qu’on vous a bien écouté démocratiquement retournez chez vous. Et sans tenter de manipuler les médias, ça serait fasciste, voire passible de prison, ou d’un œil crevé.

          +3

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        • Mercivil // 10.06.2020 à 08h51

          Le RIC, comme celui d’ADP ? Nous sommes combien a être aller a la mairie signer en raison d’un site pourri ? Pas beaucoup. J’ai plus l’impression que la majorité veut plus de consommation, pas changer le système.

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          • Catalina // 10.06.2020 à 10h38

            peut-être aussi que les gens se souviennent comment narkosy s’est assis sur le « non »de 2005 et refusent dette nouvelle mascarade, le référendum d’initiative parlementaire, comment on les vois absents, endormis, sur leur téléphone, votant toujours contre l’intérêt de la populace qui les nourrit.
            Ils sont vraiment repoussants. ces petits ducs, marquis……Mignons

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          • LowCost // 11.06.2020 à 12h40

            Non justement, pas comme celui d’ADP. Dans ce cas il s’agit du RIP: Référendum d’initiative partagé. Partagé avec qui ? Avec les parlementaires, qui ont le dernier mot quand au référendum final. Avec un seuil de pétitionnaires impossible à atteindre qui plus est (4.7 millions)

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  • Jérôme // 09.06.2020 à 08h28

    J’apprend que la ‘police’ américaine utilise les mêmes méthodes que la ‘police’ française..
    Donc, après que l’armée américaine ait bénéficié de l’expérience de l’armée française en Algérie, pour torturer, il y a un transfert de compétence avec la police aussi, finalement. La France, pays des Lumières, reste un phare dans le monde.

      +19

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  • Jérôme // 09.06.2020 à 08h38

    Je remarque ici ou là, que des politiciens et des trolls professionnels (l’équipe de trolls lrem formée lors de la période électorale en 2017), parlent de ‘faits divers’ pour évoquer un meurtre commis par un policier. Or, nous savons que les faits divers font diversion, donc la police tuerait impunément pour faire diversion sur un sujet ‘plus grave’? Lequel?
    Sinon a-t-on le droit de dire qu’en France, il n’y a pas de décompte officiel des meurtres commis par la police? C’est comme le racisme envers les pauvres, ça n’existe pas…en France.

      +6

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    • Fritz // 09.06.2020 à 08h43

      Vous avez le droit de le dire. Ajoutons que pas un seul flic n’est allé en prison, ne serait-ce qu’un jour, depuis des décennies. Pas même les assassins de Malik Oussekine : les flics Schmitt et Garcia.

      L’une des raisons de cette impunité policière tient aux pressions des syndicats de police. Je propose donc d’interdire aux policiers de se syndiquer, comme aux gendarmes et autres militaires.

      Les syndicats ont été créés pour défendre la classe ouvrière, pas ceux qui lui tirent dessus.

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      • Anfer // 09.06.2020 à 09h42

        Il faudrait plutôt un organisme indépendant qui remplace l’IGPN.

        Et notamment pour que la hiérarchie qui donne les ordres soit inquiété elle aussi, au lieu de l’impunité dont elle bénéficie.

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        • ellilou // 09.06.2020 à 16h23

          David Dufresne citait (dans une émission pitoyable à laquelle sa participation donnait un peu d’honneur journalistique…) l’exemple de certains pays européens où l’équivalent de l’IGPN était non pas sous la tutelle du ministère de l’intérieur mais sous celle du ministère de la justice. Remarquez qu’en macronie, castaner ou belloubet…c’est kif kif bourricot, si j’ose dire 🙁

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      • JT // 09.06.2020 à 17h39

        @Fritz

        Interdire aux policiers de se syndiquer ? Même si certains syndicats sont puissants, c’est tout de même ahurissant comme déclaration… totalement liberticide. Vous avez le droit d’exprimer cette opinion, bien entendu, mais vous rendez-vous compte de ce que vous dites ?

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        • Fritz // 09.06.2020 à 18h34

          Oui, et je persiste et signe. Les forces de répression, syndiquées ? Pour réclamer toujours plus d’impunité ? Toujours plus de flash-balls ? Quant à la majorité des policiers qui font correctement leur métier, ils doivent être protégés par leur hiérarchie, pas par des syndicats.

          J’en profite pour demander le rétablissement du commentaire de @ramanujan, qui renvoyait à un cas rarissime de policiers mis en prison (pour arrestation illégale d’un migrant). Il nuance mon affirmation sans l’infirmer : pas un jour de prison pour les flics qui ont tué Malik Oussekine (1986), Abelhakim Ajimi (2008), Zineb Redouane (2018), Philippe Ferrières (2019), Cédric Chouviat (2020), etc.

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  • François // 09.06.2020 à 10h36

    Les transferts de connaissances de l’ingénierie sociale se passent essentiellement par les universitaires, les entreprises de conseils, les échanges entre les services d’état.

      +3

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