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Comment la modernisation de l’arsenal nucléaire américain sape la stabilité stratégique

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Source : Bulletin of the Atomic Scientists, Hans M. Kristensen, Matthew McKinzie & Theodore A. Postol

Importante archive de mars 2017 pour débuter notre série « Nucléaire / Armements stratégiques ». Pour ceux qui ont manqué le dernier papier d’Eric Juillot sur le sujet, c’est ici.

Le programme de modernisation des forces nucléaires américaines a été présenté au public comme une mesure visant à garantir la fiabilité et la sûreté des ogives de l’arsenal nucléaire américain, plutôt qu’à renforcer leurs capacités militaires. En réalité, cependant, ce programme a mis en œuvre de nouvelles technologies révolutionnaires qui accroîtront considérablement la précision de l’arsenal de missiles balistiques américains.

Cette capacité nouvelle est sidérante, car elle multiplie par trois environ le pouvoir de destruction global des systèmes de missiles balistiques américains existants. On se retrouve ainsi dans une situation identique point pour point à celle à laquelle on s’attendrait si un état possesseur d’armes nucléaires manœuvrait pour se doter des moyens de mener et de gagner une guerre nucléaire en désarmant ses ennemis et en frappant le premier par surprise.

Grâce à l’amélioration de la puissance de destruction des missiles balistiques des sous-marins américains lanceurs d’engins, ceux-ci patrouillent désormais avec plus du triple du nombre d’ogives nécessaires pour détruire la totalité de l’arsenal de missiles russes stationnés à terre dans des silos. Les missiles américains qui équipent les sous-marins peuvent contenir plusieurs ogives chacun, de sorte que des centaines d’ogives supplémentaires, actuellement entreposées en réserve, pourraient être rajoutées, augmentant d’autant la force de frappe.

La hausse révolutionnaire de la capacité meurtrière des forces nucléaires américaines embarquées sur ses sous-marins provient d’un dispositif dit super-fuze [super-détonateur, NdT] qui, depuis 2009, est intégré à l’ogive W76-1/Mk4A de la Marine dans le cadre d’un programme de prolongation de sa durée de vie de dix ans. Nous estimons que toutes les ogives déployées à bord des sous-marins américains lanceurs d’engins (SNLE) américains sont désormais dotés de cette technologie de mise à feu. Les innovations du super-fuze ayant l’air mineures pour les non-initiés, les décideurs politiques en dehors du gouvernement américain (et probablement aussi au sein du gouvernement) n’ont pas du tout saisi leur impact révolutionnaire sur les capacités militaires ni leurs implications essentielles pour la sécurité dans le monde.

Avant l’invention de ce nouveau mécanisme de mise à feu, il se pouvait que même les ogives de missiles balistiques les plus précises explosent trop loin de cibles fortifiées anti-atomiques pour réussir à les détruire. Mais le nouveau super-fuze est conçu pour détruire les cibles fixes en explosant au-dessus et à proximité de la cible avec une efficacité bien supérieure. Les ogives qui, autrement, passeraient au-dessus de la cible et atterriraient trop loin, vont dorénavant, en raison du nouveau système de mise à feu, exploser au-dessus de cette cible.

FIGURE 1. Le déploiement du nouveau système d’armement, de mise à feu et de tir MC4700 sur le W76-1/Mk4A augmente considérablement le nombre d’ogives embarquées sur les SNLE et capables de détruire des cibles protégées dans des bunkers anti-atomiques.

Ce système de détonateur augmente fortement la probabilité qu’une ogive explose suffisamment près de la cible pour la détruire, même si la précision du système missile-ogive ne s’est pas améliorée.

En conséquence, la flotte sous-marine américaine est aujourd’hui beaucoup plus opérationnelle qu’auparavant contre les cibles les plus résistantes, telles que les silos à missiles russes ICBM. Il y a dix ans, seulement 20% environ des ogives placées sur des sous-marins américains avaient la capacité de détruire de telles cibles, aujourd’hui, c’est 100%. (Voir la figure 1)

Cette augmentation considérable de la capacité de ciblage nucléaire des États-Unis, qui a été en grande partie dissimulée au grand public, a de graves répercussions sur la stabilité stratégique et la perception de la stratégie et des intentions nucléaires des États-Unis.

Les stratèges russes verront sans doute les améliorations apportées au dispositif de mise à feu comme un renforcement de la capacité de frappe nucléaire d’attaque des États-Unis, renforcement qui appellerait de la part de la Russie à des contre-mesures et à la hausse supplémentaire d’un cran du niveau d’alerte déjà dangereusement élevé des forces nucléaires russes. Des postures nucléaires tendues, fondées sur le scénario du pire, font déjà planer le risque d’une riposte nucléaire en cas de fausse alerte d’attaque. La nouvelle capacité destructive créée par les super-détonateurs fait grimper la tension et le risque que les forces nucléaires américaines ou russes soient utilisées en réaction à une alerte précoce d’attaque quand bien même celle-ci serait une fausse alerte.

Cette augmentation de la force de frappe des sous-marins américains sera sans doute perçue comme d’autant plus menaçante que la Russie ne dispose pas de système satellitaire infrarouge d’alerte précoce, et se fie principalement à des radars terrestres pour détecter une éventuelle offensive de missiles américains. Comme ces radars ont une portée limitée à l’horizon, la Russie dispose d’à peine la moitié du temps d’alerte dont disposent les États-Unis (maximum 15 minutes contre 30, respectivement).

L’incapacité de la Russie à surveiller les tirs de missiles depuis l’espace, à l’échelle planétaire, signifie que les autorités militaires et politiques russes n’auraient qu’une connaissance très partielle de la situation pour les aider à évaluer si une alerte radar précoce d’attaque surprise est bien fondée, ou bien si elle découle d’un problème d’ordre technique.

La combinaison de ce manque de vue d’ensemble de la situation du côté russe, des délais d’alerte dangereusement courts, du seuil de déclenchement bas des alertes et de la capacité de frappe croissante des États-Unis a profondément déstabilisé la situation nucléaire stratégique qui est désormais très périlleuse.

Dans le contexte alarmant de la détérioration des relations politiques entre la Russie et l’Occident et des menaces et contre-menaces qui deviennent aujourd’hui la norme pour les deux parties dans cette impasse en constante évolution, il est fort possible que le risque d’un accident qui déclencherait une guerre nucléaire soit aussi élevé que pendant les pires crises qui ont marqué la guerre froide.

Comment ce dispositif de détonateur de précision fonctionne-il ? L’augmentation significative de l’efficacité de l’ogive W76-1/Mk4A pour détruire les cibles les plus protégées, dont les silos à missiles russes, découle d’une simple réalité physique : les explosions qui peuvent détruire une telle cible sont celles qui se produisent au-dessus du sol à proximité immédiate de la cible. Cette zone au-dessus de la cible est appelée « volume létal » ; la déflagration d’une ogive de puissance suffisante dans ce volume entraîne la destruction de l’objectif.

La possibilité de renforcer considérablement la puissance destructive de l’ogive W76 en l’équipant de nouveaux détonateurs a été étudiée en 1994 par les ministères de la Défense et de l’Énergie dans le cadre d’une autre étude sur des ogives alternatives. L’étude a calculé le nombre d’ogives qui seraient nécessaires pour que le W76 puisse attaquer une base cible russe, si le Traité START II était appliqué. A l’époque, les ogives W76/Mk4 étaient dotées d’un système de déclenchement à altitude fixe (donc le dispositif de détonateur ne pouvait pas optimiser le point d’explosion si sa trajectoire était trop courte ou trop longue). Avec ces dispositifs explosant à altitude fixe, les missiles nucléaires lancés par des sous-marins étaient principalement destinés à frapper des cibles moins protégées, comme les bases militaires.

Mais l’étude a montré qu’une base de Mk4A améliorée par le super-fuze gagnerait en efficacité contre des cibles plus protégées, par rapport aux ogives avec les détonateurs antérieurs. L’étude a posé l’hypothèse qu’il serait possible de détruire la base russe cible avec moins d’ogives nucléaires Mk4 dotées chacune d’une puissance de destruction supérieure qu’avec des attaques multiples avec des ogives moins destructrices. En d’autres termes, une fusée améliorée permettrait aux États-Unis de réduire le nombre d’ogives à bord de leurs sous-marins lanceurs d’engins en accroissant l’efficacité du ciblage par la flotte.

La figure 2 illustre la façon dont se distribuent des missiles nucléaires américains lancés depuis un sous-marin américain lanceur d’engins et équipés de détonateurs à altitude fixe. Le volume en forme de dôme présenté en gris montre le volume « létal » à l’intérieur duquel une explosion nucléaire de 100 kilotonnes produit au moins 10 000 PSI [700 atmosphères ; à titre de comparaison c’était de l’ordre de 5 atmosphères à la verticale pour la bombe d’Hiroshima, NdT] de pression de souffle au sol. En d’autres termes, si une cible au sol ne peut pas résister à une onde de choc dépassant 700 atmosphères, elle sera détruite si une arme nucléaire de 100 kt explose à l’intérieur de ce volume.

FIGURE 2. Des missiles munis de détonateurs à altitude fixe peuvent manquer le « volume létal » (délimité par le ligne grise) par un tir trop court ou trop long, ce qui limite leur capacité à détruire des cibles très résistantes.

Pour illustrer la relation physique entre le volume létal et une cible terrestre spécifique, ici un silo russe SS-18 ICBM, la figure 2 a été dessinée à l’échelle. La dispersion des trajectoires d’ogives correspondant à un missile d’une précision de 100 mètres – comme celle des missiles balistiques Trident II lancés depuis des moyens à la mer – est aussi représentée à l’échelle.

On caractérise généralement les incertitudes de visée par une grandeur appelée « incertitude circulaire probable », ou ICP, qui est définie comme le rayon d’un cercle autour de la cible à l’intérieur duquel la moitié des ogives visant cette cible sont susceptibles de tomber. Dans le cas d’une ogive balistique Trident II à 100 kt W76-1, la distance létale au sol et l’ICP sont à peu près égales. Par conséquent, on peut s’attendre à ce qu’environ la moitié des ogives équipées de l’ancien système de détonation à altitude fixe atteignent le sol suffisamment près pour exploser à l’intérieur de la zone létale.

Le nouveau super-fuze pour les W76-1/Mk4A peut ajuster l’altitude de déclenchement de façon à lui permettre d’exploser au-dessus de la cible à l’intérieur du volume létal. La figure 3 montre comment ce nouveau détonateur augmente la probabilité de détruire la cible, même sans amélioration de la précision de la trajectoire.

Le super-fuze est conçu pour déterminer son altitude bien avant d’approcher la cible et avant même d’entrer dans l’atmosphère. Cette mesure est généralement effectuée à une altitude de 60 à 80 kilomètres, où les effets des frottements sont très faibles. À ce stade, la trajectoire prévue est connue avec une très grande précision avant que l’ogive ne commence à ralentir considérablement à cause des frottements dans l’atmosphère. Si l’altitude de l’ogive mesurée par le super-fuze à ce moment-là est exactement égale à celle escomptée pour la trajectoire prévue, l’ogive est parfaitement en ligne avec sa cible. Mais si l’altitude est plus élevée que prévu, l’ogive passera probablement au-dessus du point visé. De même, si l’altitude est inférieure à celle prévue, l’ogive atteindra probablement le sol en un point situé en avant de celui qui était visé.

Des essais ont permis de cartographier statistiquement la répartition probable des points d’impact des ogives à mesure qu’elles se rapprochent de la cible. Dans le cas du Trident II, la dispersion des trajectoires autour de la trajectoire prévue est si faible que la meilleure façon d’augmenter les chances que l’explosion ait lieu à l’intérieur du volume létal est de viser à dessein un point légèrement au-delà de l’emplacement de la cible. (Notez que la trajectoire prévue à la Figure 3 passe légèrement au-dessus de la cible à détruire).

En visant non pas la cible à détruire, mais un point situé à une distance d’une fois l’ICP au-delà, des ogives qui seraient autrement sur des trajectoires soit trop courtes, soit trop longues avec la fusée Mk4 classique vont pouvoir exploser, à différentes altitudes déterminées par le super-fuze, à l’intérieur du volume létal, au-dessus de l’objet. Ce déplacement du point de visée entraînera un pourcentage très élevé d’ogives qui survoleront la cible pour exploser à l’intérieur du volume létal. Le résultat final est qu’avec le nouveau détonateur Mk4A, le pourcentage des ogives lancées qui explosent à l’intérieur du volume létal est nettement augmenté, d’où un accroissement considérable de la probabilité que l’objectif soit détruit.

FIGURE 3 : L’ellipse inclinée dans le coin supérieur gauche de la figure 3 représente la répartition spatiale des ogives entrantes au moment où le « super-fuze » mesure son altitude. Dans ce cas particulier, l’orientation de l’ellipsoïde indique que les écarts susceptibles de faire rater la cible sont dues à un ensemble de légers écarts de vitesse et de direction des ogives lorsqu’elles sont larguées par l’étage supérieur du missile avant d’entrer dans l’atmosphère. Un concepteur de missile balistique sait interpréter l’orientation et les dimensions de cette ellipse, de sorte que la mesure de l’altitude peut fournir des informations qui permettent d’estimer la distance au volume létal au-dessus de la cible.

En résumé, le détonateur à compensation d’altitude super-fuze accroît significativement la probabilité de destruction des cibles de la nouvelle ogive W76-1/Mk4A par rapport à une ogive classique du même type. La figure 4 montre la probabilité que les ogives explosent assez près pour détruire la cible au sol, tant pour la fusée classique que pour le super-fuze.

FIGURE 4. La probabilité de détruire une cible russe anti-atomique avec l’ogive W76-1/Mk4A « super-fuze » sur un missile balistique américain lancé depuis un sous-marin est d’environ 86%, ce qui est beaucoup plus élevé qu’avec les détonateurs antérieurs.

Comme le montre la figure 4, la probabilité de destruction à l’aide d’une ogive lancée par un sous-marin avec le nouveau super-fuze (W76-1/Mk4A) est d’environ 86%. Cette probabilité est très voisine de ce que l’on pourrait obtenir en tirant trois ogives avec des fusées classiques pour attaquer la même cible. En d’autres termes, dans le cas de l’ogive Trident II de 100 kt, le super-fuze triple le potentiel de destruction de la charge nucléaire qu’il commande.

De nombreuses cibles russes ne sont pas protégées contre un souffle d’explosion de 10 000 PSI. La figure 5 montre les mêmes courbes de probabilité de destruction dans le cas d’une cible qui ne résisterait qu’à un souffle de 2 000 PSI, ce qui est en fait le cas de presque toutes les cibles fortifiées anti-atomiques – missiles et leurs postes de commandement, structures les plus résistantes des bases aériennes stratégiques, bases sous-marines, postes de commandement blindés des bases mobiles, etc… Dans ce cas, le super-fuze atteint une probabilité de destruction d’environ 99%, soit une quasi-certitude. Ce cas équivaut également à une probabilité de destruction associée à l’utilisation de trois ogives avec une probabilité de tuer une même cible de 83%.

FIGURE 5 : La probabilité qu’un missile balistique lancé par un sous-marin détruise toutes les cibles, à l’exception des cibles les plus fortifiées, approche de 100%.

Les probabilités de destructions indiquées en figures 4 et 5 ont des conséquences majeures en terme de sécurité.

L’armée américaine estime que les silos à missiles russes SS-18 et TOPOL sont renforcés pour résister à une pression de 10 000 PSI. Étant donné qu’avec le nouveau super-fuze, la probabilité de détruire ces silos est proche de 90%, toutes les charges des ogives W76-1/Mk4A Trident II de 100 kt sont désormais « utilisables » contre les silos russes les plus résistants. Cela signifie que la quasi-totalité des armes nucléaires de grande puissance (telles que les W88/Mk5) qui étaient auparavant dévolues à ces cibles russes les plus résistantes peuvent désormais être redéployées pour des missions plus difficiles, comme les offensives contre des centres de commandement souterrains profondément enfouis. En effet, l’augmentation significative de la puissance de frappe de l’ogive W76 permet aux États-Unis d’utiliser leur arsenal sous-marin de manière plus décisive dans un plus large éventail de missions qu’avant l’introduction de ce détonateur.

Voilà l’histoire du programme super-fuze américain. Le super-fuze est officiellement connu sous le nom de système d’armement, de détonateur et de mise à feu (AF&F). Il se compose d’une amorce, d’un sous-système d’armement (qui comprend le radar), d’un sous-système de mise à feu, et d’une batterie thermique qui alimente le système. L’AF&F est situé dans la tête du cône au-dessus de la charge explosive nucléaire elle-même. L’AF&F développé pour le nouveau W76-1/Mk4A est connu sous le nom de MC4700 et fait partie du programme de prolongation de la durée de vie du W76, la tête militaire la plus répandue dans l’arsenal étasunien – jusqu’à la période 2040-2050.

Le nouveau super-fuze utilise une technologie initialement déployée sur l’ogive de forte puissance W88/Mk5 Trident II. Au début des années 1980, le Programme Systèmes stratégiques de la Navy a passé un contrat avec la compagnie Lockheed Missile and Space Corporation pour la mise au point d’un nouveau détonateur comprenant « un détonateur capable d’ajuster la trajectoire en mesurant la trajectoire au moyen d’un radar […] permettant de corriger les erreurs de trajectoire et d’améliorer considérablement la capacité de détruire une cible. C’était une utilisation précoce et sophistiquée de l’intelligence artificielle dans une arme. »

C’est donc le détonateur qui, grâce au radar, peut ajuster la trajectoire – combiné à l’amélioration de la précision du missile Trident II qui a conféré aux SNLE la possibilité de menacer les cibles les plus résistantes.

Les tentatives d’intégration des fonctionnalités du détonateur W88/Mk5 dans le W76/Mk4 faisaient partie du Programme de Protection des Têtes Nucléaires du ministère de l’Énergie au milieu des années 1990, dont le but était de transférer « la fonctionnalité du détonateur Mk5 (dont l’ajustement par radar de la trajectoire) comme alternative au remplacement du Mk4 AF&F, qui était beaucoup moins puissant » selon le Plan de gestion et de gérance des stock de 1996, partiellement déclassifié depuis (c’est nous qui soulignons).

Outre la volonté inhérente d’améliorer les capacités militaires chaque fois que c’est possible, l’augmentation de la capacité de destruction des cibles du W76 des SNLE était motivée par le fait que le « tueur de cibles difficiles » de la Force aérienne, le missile balistique intercontinental MX Peacekeeper, devait être retiré en vertu du traité START II. La Marine ne disposait que de 400 ogives tueuses de cibles difficiles W88, et il a donc été décidé de doter le W76 de cette capacité.

Dans un article paru en avril 1997, le directeur du programme des systèmes stratégiques, le Contre-amiral George P. Nanos, expliquait publiquement qu’« en changeant simplement le détonateur du corps de rentrée Mk4, on obtient une amélioration significative. Le Mk4, avec un détonateur modifié et la précision du Trident II, peut répondre aux exigences originales du D5 [missile embarqué sur sous-marin] en matière de cibles difficiles ».

Plus tard la même année, le plan d’intendance et de gestion des stocks du ministère de l’Énergie décrivait officiellement l’objectif du programme de modernisation des fusées de « permettre au W76 de tirer profit de la plus grande précision du missile [D5] ».

FIGURE 6 : Le premier des nouveaux super-fuze AF&F MC4700 pour le W76-1 a été achevé à l’usine de Kansas City en 2007. La livraison de la tête militaire W76-1/Mk4A à la Marine a commencé en 2009.

En 1998, l’effort de modernisation des détonateurs est devenu un projet officiel, avec cinq essais en vol de missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS) prévus pour 2001-2008. La production à grande échelle du W76-1/Mk4A équipé de super-fuze a débuté en septembre 2008, la première tête militaire ayant été livrée à la Marine en février 2009. Fin 2016, environ 1 200 W76-1/Mk4A sur les 1 600 prévus avaient été produits, dont environ 506 sont actuellement déployés à bord de sous-marins balistiques.

Les implications. La nouvelle capacité à détruire l’arsenal nucléaire russe abrité dans des silos à l’aide d’ogives W76-1/Mk4A de 100 kt, les plus nombreuses du stock américain, accroît considérablement la puissance de feu des forces nucléaires américaines. Étant donné qu’une partie seulement de la force W76 serait nécessaire pour éliminer les silos à missiles balistiques intercontinentaux de la Russie, les États-Unis se retrouveront avec un nombre considérables d’ogives de forte puissance disponibles pour être redéployées vers d’autres missions.

Environ 890 ogives sont déployées à bord de sous-marins balistiques américains (506 W76-1/Mk4A et 384 W88/Mk5). En supposant que les 506 W76-1 déployés et équipés du super-fuze soient utilisés contre eux, la quasi-totalité des 136 silos russes pourraient être éliminés en les attaquant chacun avec deux ogives W76-1, soit 272 têtes au total. Cela ne représente que 54 % des ogives W76-1 déployées, ce en qui laisserait encore environ 234 de disponibles pour attaquer d’autres installations.

En outre, il y a en stock des centaines d’ogives supplémentaires pour éventuellement augmenter le nombre d’ogives par missile si l’ordre en est donné. Les missiles Trident II qui sont déployés aujourd’hui portent en moyenne quatre à cinq ogives W76-1 chacun, or chacun a la capacité d’en porter huit. Les États-Unis pourraient décider soudainement d’embarquer sur leurs missiles Trident II déployés une charge maximale d’ogives W76. Et ce missile a été testé avec jusqu’à 12 ogives.

La quasi-totalité des 384 ogives W88 « lourdes » équipant le missile Trident II, d’une puissance de 455 kt, seraient également utilisables contre des cibles profondément enfouies. Environ 400 ogives Minuteman III, d’environ 300 kt, pourraient également être utilisées contre des cibles russes renforcées. Au total, l’ensemble de l’arsenal russe dans ses silos pourrait être détruit par les États-Unis avec seulement 21% de leurs ogives sur missiles balistiques.

Même après l’attaque des silos de la Russie, la puissance de feu nucléaire américaine restante serait stupéfiante et certainement préoccupante pour la Russie ou tout autre pays inquiet de voir les USA frapper les premiers.

En raison des nouvelles capacités de destruction des missiles balistiques américains lancés par sous-marin, les États-Unis seraient en mesure de reporter une énorme part de leur arsenal nucléaire sur des cibles non protégées, dont la destruction serait cruciale pour qu’une première frappe soit « réussie ». Il resterait en particulier à détruire des lanceurs de missiles balistiques mobiles qui auraient quitté leurs bases pour se dissimuler dans les vastes forêts russes en prévision de l’attaque.

Les garnisons et leurs équipements logistiques seraient probablement détruites rapidement, et certains des lanceurs routiers mobiles dispersés seraient également rapidement détruits avant d’être en poste. Pour détruire ou localiser les lanceurs restants, les tacticiens des États-Unis disposeraient des forces nucléaires nécessaires pour entreprendre une véritable politique de la terre brûlée : Avec leurs 125 ogives Minuteman III, les États-Unis pourraient mettre le feu à quelque 20 000 km2 de forêt où des lanceurs mobiles pourraient être déployés, l’équivalent d’une zone circulaire d’un diamètre de 160 km.

Une telle attaque viserait potentiellement à détruire tous les lanceurs routiers, soit au cours de leur dispersion, soit une fois postés à proximité des routes d’accès aux zones boisées.

Bon nombre des quelque 300 ogives W76 encore déployées pourraient être utilisées pour attaquer tous les postes de commandement associés aux ICBM russes. Un très petit nombre des principaux postes de commandement de la Russie sont profondément enfouis afin de les protéger d’une destruction directe par une attaque nucléaire. L’armée américaine réserverait probablement les ogives les plus puissantes à ces cibles. La figure 7 ci-dessous montre un exemple d’une structure de la taille de l’édifice du Capitole américain dont les pièces et les tunnels peuvent atteindre une profondeur de 800 pieds ou plus. Les abris qui ont des salles et des tunnels à des profondeurs encore plus grandes pourraient être scellés en utilisant plusieurs ogives nucléaires pour créer des cratères à chaque endroit où une entrée ou une sortie aurait pu être construite.

FIGURE 7.

Du point de vue d’un planificateur russe conservateur, la situation, en ce qui concerne le potentiel de représailles des sous-marins russes de missiles balistiques, est problématique. Bien que la Russie dispose actuellement de 11 sous-marins balistiques, deux ou trois de ces sous-marins porteurs de missiles sont en cours de révision et ne transportent pas d’ogives nucléaires. Si toute la force des sous-marins opérationnels disponibles qui ne sont pas en révision pouvait être déployée en mer, la Russie pourrait livrer environ 592 des 768 têtes nucléaires théoriquement déployées dans sa force sous-marine. À un moment imprévu dans l’avenir, la Russie pourrait être en mesure de déployer 600 à 700 ogives sous-marines en mer, mais un nombre réaliste, compte tenu de la disponibilité limitée d’équipages et d’équipements, pourrait être de 400 à 500 ogives seulement.

D’ici 2030-2040, les États-Unis pourraient facilement avoir construit suffisamment de navires Aegis pour transporter 500 à 700 des nouveaux intercepteurs SM-3 Block IIA. Ces nouveaux intercepteurs ont une vitesse critique 50 % plus élevée que les anciens intercepteurs SM-3 Block IA, ce qui donne au Block IIA une plus grande portée d’engagement et permet théoriquement d’assurer la défense antimissile du continent américain via des navires Aegis stationnés sur les côtes Atlantique et Pacifique du pays.

Dans la pratique, la capacité d’interception du SM-3 Block IIA est négligeable. Les capteurs de radio-ralliement infrarouge de ces intercepteurs et les radars d’alerte avancée des États-Unis qui indiquent aux intercepteurs leurs cibles n’ont aucune capacité pratique de distinguer les têtes nucléaires, les étages supérieurs des fusées et les leurres. Mais l’apparence créée par la vaste expansion de ce programme de défense antimissile peut contribuer et contribuera à faire croire aux Russes que les États-Unis cherchent à dominer le nucléaire.

Les Russes ont récemment réagi à ce programme en exposant publiquement et en mettant en œuvre un nouveau dispositif de lancement d’armes nucléaires en mer pour se protéger contre les défenses antimissile américaines.

En particulier, la Russie teste actuellement un véhicule sous-marin sans pilote (UUV [Unmanned underwater vehicles, NdT]) de 40 tonnes à propulsion nucléaire, qui pourrait livrer, de manière robotisée, sur des milliers de kilomètres, une tête nucléaire de 100 mégatonnes contre les villes côtières et les ports des États-Unis. Les détails techniques de ce curieux système ont été publiés par Poutine lui-même en septembre 2015, apparemment intentionnellement, et les essais ont commencé en décembre 2016. De telles actions de la part du gouvernement russe indiquent clairement une grave préoccupation quant au caractère imprévisible des programmes de défense antimissile américains en cours.

En plus d’améliorer la capacité de destruction des cibles difficiles de l’ogive W76, l’armée américaine semble également s’efforcer d’accroître la capacité de ciblage des ogives de la force terrestre Minuteman III ICBM. Le Minuteman III est beaucoup moins précis que le Trident II, avec un ICP d’environ 160 mètres, comparé à l’ICP d’environ 100 mètres que le Trident II atteint maintenant. Ces différences signifient que la probabilité de tuer pourrait être de deux à deux fois et demie plus élevée pour une même arme portée par un Trident II avec un ICP de 100 mètres contre un Minuteman III avec un ICP de 160 mètres. Sans une mise à niveau majeure de l’orientation, on ne peut s’attendre à ce que le Minuteman III approche la capacité de combat nucléaire du Trident II.

L’armée de l’air travaille à la mise à niveau de l’AF&F utilisé sur le véhicule de rentrée Mk21 contenant l’ogive W87. L’ogive W87/Mk21 arme environ la moitié de la force ICBM, l’autre moitié transportant le W78/Mk12A.

Notre analyse montre qu’en équipant les ogives Minuteman III de super-fuze, le Minuteman III disposera essentiellement de la même capacité de destruction de cibles difficiles que le MX avec son système de guidage AIRS (Advanced Inertial Reference Sphere) [Sphère de référence inertielle avancée, NdT] de pointe; le MX a été retiré en 2005. La première unité de production de fusées Mk21 est prévue pour le début des années 2020 et la production devrait se poursuivre jusqu’en 2029. L’armée de l’air prévoit d’utiliser le W87/Mk21 sur un nouvel ICBM dont le déploiement est prévu en 2030.

Lacunes dans le système d’alerte précoce de la Russie. En janvier 1995, une fusée solitaire a été lancée à partir d’une île isolée au large de la côte nord-ouest de la Norvège. Même si la fusée se dirigeait vers le pôle Nord, et non vers la Russie, nous savons maintenant qu’en s’élevant au-dessus de l’horizon de la Terre courbe, elle a été suivie par le radar russe d’alerte rapide de la péninsule de Kola à Olenegorsk. Parce qu’elle se trouvait sur une trajectoire quasi verticale, les algorithmes de poursuite automatisés utilisés par le radar ont interprété les caractéristiques de la trajectoire comme correspondant à un missile balistique lancé par un sous-marin Trident en mission pour faire exploser une arme nucléaire devant le champ de vision du radar, rendant le radar incapable de détecter des ogives nucléaires provenant de plus grande portée.

Le fait que le système russe d’alerte rapide ait réagi à ce lancement inoffensif indique sans ambiguïté que le système d’alerte russe comporte au moins certaines mesures pour alerter les forces russes d’événements qui pourraient indiquer le déroulement d’une attaque nucléaire préventive américaine.

Si les États-Unis lançaient une telle attaque contre la Russie, celle-ci saurait certainement que les ogives nucléaires les plus dangereuses et les plus rapides proviendraient des missiles balistiques américains lancés par des sous-marins en station dans l’Atlantique Nord. Compte tenu de la létalité extrêmement élevée de la quasi-totalité des ogives américaines basées sur des sous-marins, une attaque américaine bien coordonnée n’aurait pas besoin d’employer des ICBM Minuteman basés à terre si son objectif initial était simplement de détruire les ICBM russes basés en silo avant de pouvoir les lancer.

Une telle « attaque de guerre » commencerait probablement par la détonation d’une ogive nucléaire devant des radars clés d’alerte rapide. Une explosion d’une ogive Trident II de 455 kilotonnes à une altitude de 1 300 à 1 400 kilomètres créerait une zone de « black-out » radar qui empêcherait tous les radars russes regardant vers les États-Unis et vers le nord de l’Atlantique Nord d’observer les missiles balistiques américains s’élevant au-dessus de l’horizon-radar.

Les tirs de missiles américains à partir de l’Atlantique Nord ne seraient coordonnés pour s’élever au-dessus de l’horizon-radar qu’après que les radars russes aient été aveuglés. Même si les radars n’étaient pas rendus inefficaces, les Russes pourraient raisonnablement s’attendre à ne pas avoir plus de sept à dix minutes d’alerte avant la destruction de Moscou. (Voir le tableau indiquant les délais de prise de décision ci-dessous.)

La fausse alerte de 1995 ne se serait pas produite si la Russie avait disposé d’un système mondial d’alerte rapide par satellite fiable et opérationnel. Les analystes russes auraient pu observer qu’il n’y avait pas eu de tirs de missiles balistiques américains depuis l’Atlantique Nord. La disponibilité d’un tel système aurait fait en sorte que l’alerte initiale aurait été déclenchée en quelques minutes ou même plus rapidement.

Des analyses détaillées, initialement stimulées par un questionnement sur les raisons pour lesquelles l’alerte a duré si longtemps, ont montré qu’un système russe spécialisé d’alerte rapide basé dans l’espace, appelé Prognoz, était alors en cours de développement. L’analyse de la constellation de satellites Prognoz et des technologies de capteurs infrarouges russes disponibles a montré que, même si le système satellitaire avait fonctionné, il n’aurait pas été en mesure de surveiller l’Atlantique Nord.

Aujourd’hui, la Russie a cessé de lancer des satellites dans cette constellation et a plutôt concentré d’énormes ressources exclusivement sur la construction d’un réseau très robuste et redondant de radars au sol. Il est maintenant très clair que l’extrême désengagement de la Russie à l’égard des systèmes d’alerte rapide par satellite et l’importance extrême qu’elle accorde à la mise en place de nombreux systèmes d’alerte radar au sol technologiquement variés est due à l’absence de technologies critiques nécessaires à la mise en œuvre d’un système spatial d’alerte contre les missiles balistiques.

Face à la menace existentielle d’une attaque à court terme par missiles balistiques nucléaires précis et puissants lancés par mer et n’étant pas en mesure de détecter rapidement leur lancement au moyen de systèmes d’alerte rapide basés dans l’espace, les dirigeants russes semblent n’avoir d’autre choix que de pré-déléguer l’autorité de lancement nucléaire aux niveaux inférieurs du commandement. Il existe de nombreuses possibilités de pré-délégation, mais aucune d’entre elles n’est à l’abri de dangers susceptibles d’accroître les risques d’accidents capables d’entraîner le lancement par erreur des forces nucléaires russes. Le fait d’imposer cette situation au gouvernement russe risque de porter atteinte aux intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux en matière de sécurité.

Nos conclusions. Sous le couvert d’un programme de prolongation de la durée de vie d’une ogive, l’armée américaine s’est engagée discrètement dans une vaste expansion de la puissance de destruction de l’ogive la plus nombreuse de l’arsenal nucléaire américain : la W76, déployée sur les sous-marins balistiques de la marine. Cette amélioration de la puissance de destruction signifie que toutes les ogives américaines basées en mer ont désormais la capacité de détruire des cibles difficiles telles que les silos de missiles russes, une capacité auparavant réservée aux ogives les plus puissantes de l’arsenal américain.

Cete mise à niveau des capacités s’est faite à l’insu de la plupart des responsables gouvernementaux, qui se sont préoccupés de réduire le nombre d’ogives nucléaires. Il en résulte un arsenal nucléaire qui est en train d’être transformé en une force ayant les caractéristiques non équivoques d’être optimisée pour des attaques surprises contre la Russie et pour conduire et gagner des guerres nucléaires.

Alors que la létalité et la puissance de feu de la force américaine a considérablement augmenté, le nombre d’armes des forces américaines et russes a diminué, ce qui a entraîné une augmentation spectaculaire de la vulnérabilité des forces nucléaires russes à une première frappe américaine. Nous estimons que les résultats de la réduction des armements avec l’augmentation de la capacité nucléaire américaine signifient que l’armée américaine peut maintenant détruire tous les silos ICBM de la Russie en utilisant seulement environ 20 % des ogives déployées sur les missiles balistiques terrestres et maritimes des États-Unis.

A terme, les mises à niveau avec le super-fuze permettront à toutes les ogives SLBM et ICBM de l’arsenal américain d’effectuer des missions de destruction de cibles difficiles qui devaient initialement être exclusivement réservées aux ogives ICBM MX Peacekeeper.

La mise à niveau du W76 reflète un changement d’orientation sur 25 ans de la capacité de destruction des cibles difficiles des États-Unis, qui est passée des missiles balistiques terrestres aux missiles balistiques marins. De plus, en déplaçant la capacité des sous-marins qui peuvent se déplacer vers des positions de lancement de missiles beaucoup plus proches de leurs cibles que les missiles terrestres, l’armée américaine est parvenue à une capacité beaucoup plus grande de mener une première frappe surprise contre les silos ICBM russes.

La décision prise par l’administration Obama en 2009 de déployer le système européen de défense antimissile Aegis, basé à bord d’un navire, a créé un programme dans le cadre duquel les États-Unis pourraient éventuellement disposer de 500 à 700 intercepteurs antimissile qui pourraient en théorie être utilisés pour défendre le continent américain des navires au large des côtes du pays. En dépit de ses graves limites, ce système de défense croissant pourrait apparaître à la fois à la Russie et à la Chine comme une tentative des États-Unis pour réduire les conséquences d’une riposte russe ou chinoise en représaille à une première frappe américaine contre eux.

Nous ne pouvons pas anticiper une situation dans laquelle un président américain compétent et bien informé ordonnerait une première frappe surprise contre la Russie ou la Chine. Mais notre conclusion rend d’autant plus bizarre l’augmentation des capacités offensives et défensives basées en mer que nous avons décrite comme étant une stratégie pour réduire les risques de guerre nucléaire avec la Russie ou la Chine.

Le fait que les silos russes soient plus vulnérables aux ogives W76-1/Mk4A ne sera pas une révélation bouleversante pour les responsables militaires russes; ils devraient s’attendre à ce que les silos soient de toute façon détruits par les ICBM terrestres américains. Mais la capacité croissante des missiles nucléaires navals américains déployés en mer pourrait soulever de sérieuses questions dans l’esprit des planificateurs militaires et des dirigeants politiques russes quant aux intentions des États-Unis, surtout dans le contexte de la croissance des capacités américaines de défense cybernétique, conventionnelle avancée et antimissile, ce qui renforcerait presque certainement la méfiance et encouragerait des hypothèses de planification plus pessimistes à Moscou.

Nous terminons cet article par des citations de Vladimir Poutine, s’adressant de façon impromptue à un groupe de journalistes lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin 2016. Ses remarques non réitérées sont des prédicteurs clairs et sincères de la façon dont il évaluera les implications du super-fuze :

Peu importe ce que nous avons dit à nos partenaires américains [pour ralentir la production d’armes], ils ont refusé de coopérer avec nous, ils ont rejeté nos offres et continuent de faire leurs propres affaires.

… Ils ont rejeté tout ce qu’on pouvait leur offrir

… la menace iranienne n’existe pas, et pourtant les missiles de défense continuent d’être déployés …

Ça veut dire qu’on avait raison quand on disait qu’ils nous mentaient.

Leurs arguments n’étaient pas sincères, en ce qui concerne la « menace nucléaire iranienne ».

Vos peuples [les populations de l’alliance occidentale]… ne se rendent pas compte du danger imminent – c’est ce qui m’inquiète.

Un système de défense antimissile est un élément de l’ensemble du dispositif qui constitue un potentiel militaire offensif.

Ça fait partie d’un ensemble qui englobe les lanceurs de missiles offensifs.

L’un des dispositif bloque, l’autre lance des armes de haute précision, le troisième bloque une frappe nucléaire potentielle, et le quatrième envoie sa propre arme nucléaire en réponse.

Tout ça, c’est conçu pour faire partie d’un même système.

Je ne sais comment tout ça va se terminer.

Ce que je sais c’est qu’il va falloir nous défendre.

Source : Bulletin of the Atomic Scientists

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

jean-pierre.georges-pichot // 08.06.2020 à 08h01

Comment se fait-il que la ‘grande’ presse ne se fasse absolument pas l’écho d’éléments d’information aussi essentiels ? Heureusement que ‘Les Crises’ existe, mais est-ce que cela va suffire ?

43 réactions et commentaires

  • Fabrice // 08.06.2020 à 07h46

    Le gros problème c’est que même si par miracle pour les américains, ils aneantissaient toutes les armes russes le résultat des dégâts causés seraient par rebond aussi destructeur pour eux.

    L’intérêt des armes nucléaires c’est la dissuasion, comme le katana japonais cette arme est considéré comme morte dès qu’elle est degainee, se bercer d’illusions comme le font les américains est purement suicidaire car ils sont sur la même planète que les russes. Tirer ses missiles sur la Russie seraient se tirer une balle dans le pied et espérer que la gangrène nucléaire qui en découle s’arrête toute seule.

      +9

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    • Cyd // 08.06.2020 à 11h10

      Oui mais il faut tenir compte de la mentalité américaine, qui bien visible dans ses films, et qui a été expérimenté au VietNam ou encore Waco contre la secte de Davidiens.

      Mentalité qui pousse à mitrailler à tout va, y compris quand ca sert rien

      Pour un américain, il pense avoir gagner la guerre, quand il a lancé plus de bombe que son adversaire, même s’il l’a lancé au milieu de la jungle

      Malheureusement ce ne sont pas les bombes atomiques qui ont fait fléchir le Japon, ce ne sont pas les bombardements massifs qui ont fait fléchir le VietNam

        +7

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      • Cyd // 08.06.2020 à 13h01

        Ici, on s’interroge également sur la fascination pour la violence des US

        https://lavoiedelepee.blogspot.com/2020/06/overkill.html

        « Cette obsession du transfert du risque a été exacerbée durant la guerre du Vietnam, où un officier américain déclarait avoir dû détruire la ville de Ben Tre pour la sauver, mais elle constitue un problème permanent de l’engagement des forces américaines surtout dans des contextes compliqués.

        (…)

        « On peut s’interroger sur ce problème récurrent, aux racines profondément culturelles depuis l’idée que la guerre consiste à donner un grand pouvoir aux militaires afin d’écraser un ennemi malfaisant (« nous ne résolvons pas les problèmes, nous les écrasons » dixit un général américain en Bosnie) jusqu’à la glorification du citoyen libre et armé et même libre car armé.

        Le paradoxe est qu’assez régulièrement la recrue américaine est jugée naturellement peu agressive, comme après les observations très contestées de l’historien SLA Marshall en Normandie en 1944 ou même au début des années 2000 lorsqu’on a mis en place, non pas un code d’honneur mais un « credo » du soldat de l’US Army. Dans son article 11, il n’est pas question, cas unique dans ce type de document, de « vaincre » mais de « détruire » les ennemis des États-Unis. »

          +3

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      • antoniob // 10.06.2020 à 04h43

        dans les films soviétiques puis russes, les méchant nazis sont sur place en URSS, les combats et violence sont défensives, sur son propre sol. Dans les films américains c’est toujours ailleurs, pas de défense du sol national

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    • Dominique65 // 08.06.2020 à 11h50

      « L’intérêt des armes nucléaires c’est la dissuasion »
      C’est du passé depuis que les États-Unis misent sur des armes nucléaires dites de faible puissance et tactiques (et non pus stratégiques)

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  • jean-pierre.georges-pichot // 08.06.2020 à 08h01

    Comment se fait-il que la ‘grande’ presse ne se fasse absolument pas l’écho d’éléments d’information aussi essentiels ? Heureusement que ‘Les Crises’ existe, mais est-ce que cela va suffire ?

      +8

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    • Mr expat // 08.06.2020 à 09h14

      Simple, un sujet qui n’existe pas ne peut pas créer de scandale.

      Même avec toute la capacité de propagande de nos médias pour expliquer que c’est la faute aux méchants Russes, sur un sujet aussi grave commencer à en parler c’est ouvrir la boîte de pandore. Pour les américains comme pour les gouvernement vassaux il n’y a que des coups à prendre dans cette affaire.

        +9

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      • Rémi // 08.06.2020 à 13h06

        Bonjour,

        je serais assez sceptique sur l’article.

        Je ne doute pas que les américains ne fassent le necessaire pour se garantir une première frappe.
        Malheureusement c’est le jeu.
        Les américains améliorent la précisions de leurs missiles, coulent plus de béton dans leurs silos, et multiplient les missiles près á lancer.
        Les russes font pareils.
        il n’y a là rien de nouveau. les contre mesures sont connues:
        -Missiles près a lancer aussi rapidement que possible (Ex minuteman, vous n’êtes pas détruit si déjà en vol)
        -renforcer les silos.
        -Multiplier les missiles sur lanceurs mobiles atir rapide. (Les missiles non déployés sont de la gestion quotidienne, la force de frappe est constituée par les missiles déployé)
        Cela fait cinquante ans que la menace nucléaire fonctionne comme cela et cela va continuer.

        En fait les américains renforcent surtout leurs capacité nucléaires car il peuvent le faire, mais même comme cela une guerre nucléaire leur couterais des millions de morts. Sans parler de la destruction de leurs infrastructures par les IEM.
        En fait les nouvelles vulnérabilités, sont grâce á l’idiotie du système américain coté US:
        Perte de crédibilité des prote avions et des croiseurs AEGIS face aux missiles hypersonniques.
        vulnérabilité de l’infrastructure élécrtrique et éléctronique civile liée au manque d’investissements.
        Je doute qu’ils aient vraiment envie de jouer á la premiére frappe. Ils gagneraientt peut-être, mais ils reviendrrait au moyen age.

          +1

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        • Catalina // 08.06.2020 à 16h10

          5 février 2020
          «Le Minuteman III vieillit et les programmes de modernisation comme celui-ci sont essentiels pour s’assurer que notre pays dispose d’une dissuasion nucléaire fiable», a noté le colonel Omar Colbert, chef des essais, cité dans le communiqué.

          Le Minuteman III est le seul missile sol-air de l’arsenal nucléaire des États-Unis depuis 2005. Il est installé dans des silos de lancement répartis sur trois bases militaires américaines, dans le Wyoming, le Dakota du Nord et au Montana.  »
          https://www.journaldemontreal.com/2020/02/05/le-pentagone-a-teste-avec-succes-un-missile-intercontinental
          Voudriez-vous vérifier vos affirmations fausses et tonitruantes ? merci. ;o)

            +4

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        • JCH // 08.06.2020 à 22h03

          Vous écrivez « Cela fait très longtemps que les USA n’ont plus de missiles en silo pour commencer. »
          C’est faux, c’est pour ça que vous vous faites épingler par Catalina.
          https://www.af.mil/About-Us/Fact-Sheets/Display/Article/104466/lgm-30g-minuteman-iii/
          L’US Air Force annonce 400 missiles en service actif déployés au Wyoming, Montana et Dakota du Nord. Le fait que des survivalistes aient pu acheter de vieux silos mis hors-service ne veut pas dire qu’il n’y en ait plus en service
          Pour ce qui est de ne plus investir un kopek, le remplaçant du Minuteman III est sur les planches à dessin: https://www.af.mil/News/Article-Display/Article/1906890/air-force-releases-request-for-proposals-for-new-icbm-system/
          Vous noterez que je prends mes infos directement auprès de l’USAF, ils devraient être au courant…

            +4

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          • Rémi // 09.06.2020 à 12h30

            Merci JCH et Catalina,
            ce genre de personne casse le rythme du blog avec des informations fausses.
            @ramanjuan.
            Les armes supersonnique fragilisent la sécurité des porte-avions aprés ceux ci restent un outil de prestige et je ne suis pas sur que la Chine les construisent pour améliorer ses performances militaires, mais plus pour:
            -gain de prestige.
            -gain technologique, maitriser les technologies des portes avions doit avoir des retombées certaines dans d’autres domaines. (A vérifier)
            Ensuite elle est loin d’investir dans ses PA la même chose que ce que les USA investissent dans les leurs. PA plus petits 70 000 tonnes sans nucléaire contre 100 000T+ nucléraire pour les PA us.
            La posture militaire de la Chine ne repose pas sur ses PA alors que celle des USA repose lourdement sur la capacité de projection des PA.
            Enfin dernier point les armes hypersonniques sont russes, Les américains n’en ont pas pour l’heure.

              +1

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  • Linder // 08.06.2020 à 08h38

    Pendant la guerre de Corée, la question, pour les américains, d’utiliser l’arme nucléaire a été posée et tranchée. Je ne crois pas que ce que les lecteurs de ce blogue savent et comprennent soit ignoré des responsables américains.
    L’arme nucléaire repose sur la menace. Si ceux d’en face pensent que les américains risquent de l’utiliser, alors l’objectif est atteint. La France a renoncée à ses armes nucléaires tactiques, pour des raisons expliquées de façon cohérente et j’approuve une telle décision. Les américains disent qu’ils se réservent le droit d’utiliser de telles armes (en plus d’armes stratégiques naturellement) cela ne veut pas dire qu’ils pensent réellement le faire. Cela veut dire qu’ils veulent qu’on croit qu’ils peuvent le faire. Renforcer leur arsenal contribue à faire croire qu’ils peuvent l’utiliser.
    D’autre part, renforcer cet arsenal, c’est de la dépense publique mais des bénéfices privés. Dois-je développer plus ce point ?
    Enfin, la Russie, qui n’a pas les mêmes capacités industrielles et financières que les Etats-Unis s’est écroulée dans les années 80, entre autres nombreuses raisons, parce que son effort militaire était trop important. Reproduire ce mécanisme est sans doute dans la tête de plus d’un responsable américain.

      +4

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    • antoniob // 08.06.2020 à 09h06

      Concernant la dissolution soviétique l’explication par la course aux armemwnta eat un cliché faux. Il s’agissait simplement de la générescence interne de l’idéologie soviétique. La Corée du Nord et Cuba ne se sont pas effondrés malgré des aléas économiques pires.

        +5

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      • Linder // 08.06.2020 à 10h51

        Je ne dis pas que c’est le seul point d’explication, mais quand plus de 20 % d’un PIB est consacré à son armement, il peut s’épuiser. S’il y a des dynamique positives qui compensent, cela peut durer mais si les facteurs négatifs s’accumulent (la dégénérescence idéologique est un facteur lourd mais ne saurait tout expliquer non plus) alors le système s’effondre.

          +2

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    • Anfer // 08.06.2020 à 11h31

      Le cas durant la guerre de Corée est particulier, il se passe un événement technique important durant cette guerre qui change beaucoup de chose.

      À ce moment, le vecteur de l’arme nucléaire est uniquement l’avion. Et le vecteur stratégique est le bombardier géant Convair B-36, un avion à hélice dont la conception remonte à la seconde guerre mondiale.
      Or, vous n’êtes pas sans savoir que l’une des grandes innovations technologiques issue de la seconde guerre mondiale, c’est le turboreacteur.

      Et justement, durant la guerre de Corée, se passe un événement important, l’arrivée du Mig-15 à réaction côté nord coréen.
      Celui ci est supérieur à tout les appareils américains, sauf le f-86.

      Les bombardiers B-29 qui pilonner la Corée du Nord sont très vulnérables, et nécessitent une escorte, les vols de jours sont même suspendus suite à des pertes trop élevés.

      Le B-36 n’a pas des paramètres de vol très différents du B-29, et le Mig-15 est un avion très répandue dans les forces du bloc de l’est, au contraire du F-86 qui est en quantité limité.

      Donc ça signifie en creux, que la capacité de frappe nucléaire stratégique des États-Unis est inopérante, vu que le Mig-15 pourrait abattre sans difficultés le B-36, qui ne pourrait pas bénéficier d’une escorte de chasseurs à réaction moderne, vu leur faible autonomie.

      Ce constat va pousser au développement du bombardier B-52 pour remplacer le B-36.

      Voilà pourquoi le gouvernement américain ne peut pas utiliser l’effet de dissuasion de l’arme nucléaire à ce moment.

        +4

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      • jean-pierre.georges-pichot // 08.06.2020 à 18h05

        J’ai scrupule à m’immiscer dans un débat aussi pointu dans un domaine qui m’est inconnu, mais n’y-a-t-il pas lieu d’intégrer le fait que les Etats-Unis bénéficient d’une position géographique asymétrique, puisqu’ils ont des bases tout autour de l’ex-URSS alors qu’ils ont réussi à lui interdire de prendre des positions comparables dans leurs parages ? Situation figée depuis la crise des missiles de Cuba, résolue par le chantage à la guerre, car de ce point de vue, la franchise règne : les Etats-Unis, contrairement à l’URSS, n’ont jamais prétendu repousser l’idée d’une initiative nucléaire.

          +1

        Alerter
        • Anfer // 08.06.2020 à 19h14

          Bien sur, mais ce désavantage géographique des soviétiques va les pousser à développer des ICBM avec beaucoup plus de moyens que les États-Unis.

          L’avantage des débuts du programme spatial soviétique vient directement de ces choix militaires.

            +1

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    • Rémi // 09.06.2020 à 12h41

      Bonjour,

      pourriez vous vérifier vos affirmations?
      le M51, missiles des sous marin francais est un missile Stratégique:
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Missile_M51
      Les armes nucléraire tactique sont des armes de champs de bataille La France a toujours assigné á son arme nucléaire le role d’infliger á l’assaillants des pertes civiles et d’infrastructure si massives qu’il ne serait pas rentable d’attaquer la France.
      C’est le second post ou vous lancez des affirmation non réelles, s’il vous plait renseignez vous sinon vous semez la confusion dans l’esprit des gens.
      Merci

        +1

      Alerter
  • yann // 08.06.2020 à 08h42

    C’est presque dommage pour les ingénieurs concernés d’avoir à leur expliquer constamment que leur chef d’oeuvre n’est pas fait pour être utilisé.
    Par compassion on pourrait peut-être en faire pèter une ou deux.

      +5

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    • Araok // 08.06.2020 à 10h13

      Vous avez la compassion bruyante.
      J’étoffe, j’étoffe…

        +1

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  • hyac // 08.06.2020 à 11h06

    C’est simplement terrifiant, il n’y a pas à discourir, nous sommes à la discrétion d’un petit groupe de fous. Les fous ne sont pas, en grande majorité, irresponsables de leurs actes, ils agissent par égocentrisme ,c’est le cas de presque tous les meurtres de foule par temps de paix. J’ai froid dans le dos.

      +3

    Alerter
  • Denis // 08.06.2020 à 11h39

    Les suprémacistes ça ose tout!

    On est les plus forts et les Russes c’est des méchants pas fut-fut.

    Ce scénario est complètement débile: pas de réaction du supposé ennemi,
    pas de retombées radioactives emportée par le vent ( à moins d’une intervention
    des autorités françaises qui savent stopper les radioéléments )
    pas de nuit nucléaire.

    Texte qui s’adresse à ceux qui ne regardent que les chaînes d’informations,
    très mal nommées, plutôt chaînes de propagande néo fascistes.

    Faut bien amuser le peuple éduqué au western et autre imbécilités.

      +2

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  • Catherine // 08.06.2020 à 11h53

    Cet apocalypse suspendu au dessus de nos têtes, c’est insupportable, c’est fou, c’est démentiel.

    Et pas un dirigeant pour dire « arrêtons, ça n’a aucun sens, laissons parler notre humanité, mettons notre argent et notre intelligence dans des causes plus intelligentes, au service de la planète et de ses occupants ».

    Je sui sûre que si un ou des dirigeants tenaient sincèrement ce discours, les foules le soutiendraient.

      +2

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    • lateo // 08.06.2020 à 22h34

      Tout le monde soutiendrait.
      À commencer par le pays voisin le plus fort.
      Qui ramènerait bien vite ses armes chez nous, pour nous protéger.
      Et en profiterait pour réformer deux ou trois trucs inutiles, pour notre bien.

      Si je suis bien entendu totalement en résonance avec vous sur la démence de la situation, je reste également persuadé que la doctrine « si vis pacem, para bellum » a encore de beaux siècles devant elle.

        +0

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      • Rémi // 09.06.2020 à 12h46

        Bonjour,

        je comprend l’inquiétude, maintenant l’arme nucléaire joue un rôle en rendant la guerrre de conquéte non rentable.
        Si pour conquérir 60 millions de francais vous vous faites tuer 80millions de vos propres civil, et bien le jeu n’en vaux pas la chandelle.
        Les guerres de conquétes ont fait des millions de morts en Europe, elles ont disparue à la fin du XXième siécle en Europe pour cause de nuc. En contrepartie nous avons l’angoisse nucléaire.
        Mais aussi la taille et le coûts des armée européenne a beaucoup diminuée.
        Je ne sais pas ce qui est le mieux.

          +0

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  • Dominique65 // 08.06.2020 à 11h59

    « les États-Unis se retrouveront avec un nombre considérables d’ogives de forte puissance disponibles pour être redéployées vers d’autres missions. »
    Lorsque vous lisez le mot mission dans ce texte, « comprenez massacre à grande « échelle ». Et vous voyez davantage le génocide se préparer.

    « Du point de vue d’un planificateur russe conservateur, la situation, en ce qui concerne le potentiel de représailles des sous-marins russes de missiles balistiques, est problématique »
    « Du point de vue d’un planificateur russe progressiste, ça ne l’est plus ? »

    « Les détails techniques de ce curieux système ont été publiés par Poutine lui-même en septembre 2015, apparemment intentionnellement »
    Apparemment, mais en fait, ça lui a échappé 😉

    Merci pour cet article édifiant (même si mon esprit critique lui délivre quelques flèches). Ce qui est extraordinaire, c’est que pour nos politiques, et plus encore nos journalistes, c’est la Russie qui fait peur.

      +2

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    • Rémi // 08.06.2020 à 13h17

      Don’t worry.
      L’arsennal nucléaire américain passe de 10 fois la capacité de destrcution á vingt fois.
      Les russes prendront des mesures et on reviendra à un raisonnable 15 fois. Sinon il y aura une traité de déarmement triomphe de la pays pour rammenner le nombre d’ogives á un petit douzes fois la capacité necessaire.
      Rien de neuf sous le soleil

        +1

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  • Olivier77 // 08.06.2020 à 12h50

    Si la tech est aussi au point que le F35, le Kremlin peut dormir sur ses deux oreilles.
    Deuxième point, on peut penser qu’en cas d’attaque nucléaire des silos russes, ceux ci seront vides ayant déchargé leurs têtes vers le sol américain. Fin du jeu.

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    • Bahut02 // 10.06.2020 à 20h24

      L’article répond à votre second point. Le passage sur le système d’alerte précoce russe.

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  • Anfer // 08.06.2020 à 13h17

    Les États-Unis ont été le seul pays dans l’histoire à bénéficier du monopole nucléaire, de 1945 à 1949, durant cette période, la bombe atomique est encore une arme tactique, la puissance relativement modeste des bombes A de l’époque et la distance considérable à parcourir pour frapper une cible stratégique en URSS, rend le concept d’anéantissement qu’on verra plus tard, anachronique.

    Bombarder l’URSS n’est pas bombarder l’Allemagne ou le Japon, le territoire est gigantesque, les objectifs connus sont des villes, le reste est secret et les cartes les plus récentes datent de l’invasion allemande, au delà de ce que les allemands ont cartographiés, les cartes datent de 1917.

    Une frappe nucléaire necessite un avion spécialement conçu pour cet usage, le poids très concentré d’une bombe atomique déséquilibre l’avion, les B-29 qui ont atomisés le Japon sont des modèles modifiés, dont l’armement défensif à été enlevé, l’équipage réduit pour alléger l’appareil au maximum. Et chargé de la bombe, la vitesse, l’altitude et l’autonomie sont réduites.
    Espérer dans ces conditions frapper une cible comme Moscou avec un avion sans défense ni escorte, alors que la défense anti aérienne de Moscou est probablement la plus puissante du monde à l’époque, c’est être un peu présomptueux.

    C’est l’arrivée des missiles, tirés du sol, de sous marin, ou d’avion, combinés avec les bombes H, et les progrès de la miniaturisation qui vont aboutir à l’idée d’une destruction totale.

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    • Anfer // 08.06.2020 à 13h49

      Ce que je décris, c’est la situation de 1945 au année 60.

      Pour montrer que le non emploi de l’arme nucléaire n’est pas seulement due à la peur d’une riposte, mais pars que la composante stratégique n’est réellement devenue significative qu’à partir des années 60, la crise de Cuba étant la démonstration qu’il n’y a plus d’echelon tactique en réalité, et qu’on passe au stratégique immédiatement.

      Mais la bombe dans les années 40 et 50 est encore vu comme une arme tactique.

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  • Philippe T. // 08.06.2020 à 13h24

    Bonjour,
    L’article date de 2017. Pourquoi exhumer cet article dont les informations sont vraisemblablement obsolètes en 2020?

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  • Narm // 08.06.2020 à 14h07

    Philippe, pour débuter une série , replacer le contexte

    eh oui, c’est beau d’annoncer mettre des milliards dans le nucléaire pour liquéfier l’ennemie et la planète
    Ne pas oublier que les autres ont d’autres armes de brouillages électronique et de drones sous marins.

    on peut avoir tous les muscles qu’on veut, il suffit d’un coup dans les … pour mettre l’adversaire à terre

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    • Philippe T. // 08.06.2020 à 18h21

      OK contextualisons:
      en 1985 USA + URSS = 65.000 têtes nucléaires (avantage URSS)
      1987 Traité FNI signé par Reagan et Gorbatchev
      en 2019 USA + Russie = moins de 10.000 têtes nucléaires et quasi égalité.
      2019 les USA se retirent du FNI, la Russie se retire aussi le lendemain de l’annonce US.

      Conclusion: cet article avait un intérêt en 2017, dans la période de reprise des discussions sur la prolongation ou non du FNI. Aujourd’hui il n’a plus aucun intérêt, sinon pour les historiens.

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  • Catalina // 08.06.2020 à 16h21

    au bout d’un moment vous savez, peu importe l’épaisseur du talon pour écraser une fourmi, ce que je veux dire c’est que leurs capacités nucléaires sont suffisantes pour détruire la planète alors qu’ils en aient deux fois plus ne change strictement rien hormis faire croire à leurs « muscles ».
    Pauvres caids,

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    • Catalina // 08.06.2020 à 20h41

      cependant, dans les dernières simulations, les USA s’avouent …perdants contre les deux autres grandes puissances, la Chine et la Russie et ce malgré leur servile OTAN, facile à trouver sur le net

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      • Rémi // 09.06.2020 à 12h50

        Chère Catalina,

        Je vous inviterais à la prudence en ce qui concerne les simulation du pentagone.
        1/je ne sais pas si le Pentagone est encore capable de faire une simulation. C#est devennue une officine politique.
        2/ Le pentagone adore tirer la sonnette d’alarme pour obtenir des crédits supplémentaire. Lorsque Kennedy a été élu, on parlais de missile Gap au détriment des états-unis. Kennedy arrive, lance un programme pour résorber le GAP et s’appercoi qu’en fait les analyses étaient truquées et que le gap était en faveur des états-unis.
        Cela a légérement pesé dans sa confiance envers le Pentagone et la CIA et explique certains point de son comportement durant la crise de CUBA.
        Donc méfiance , Méfiance tout ce qui sort du pentagone doit être lu avec beaucoup de niveaux d’analyse

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  • JEAN PHILIPPE REUTER // 08.06.2020 à 18h58

    A priori l auteur de l article ainsi que les commentateurs n ont pas vu la conférence du physicien j pierre petit.(thinkerview).les russes auraient 10 ans d avance sur les usa grace a une découverte sur les vitesses supersonniques.a regarder pour se faire une idée.

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    • Anfer // 08.06.2020 à 19h17

      Je préfère rester prudent quant aux déclarations de Mr Petit.

      La Russie actuelle n’a absolument pas les moyens colossaux de l’URSS.

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  • max // 09.06.2020 à 06h58

    Actuellement, c’est quelque chose de tout petit un virus (le covid 19) qui fait trembler pratiquement tous les pays et en particulier certains qui se pensaient au sommet de la pyramide.
    Un virus qui frappe indistinctement et qui touche les humains de la même manière, comme ça pas de jaloux et avec la résurgence potentielle de Ebola https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-peste-sida-sont-transmis-par-les-animaux-a-cause-des-hommes_3930639.html
    Il y a suffisamment de quoi détruire nos civilisations et même l’espèce humaine sans avoir besoin des armes nucléaires.
    Je ne me pose même pas la question de savoir quel pays va gagner car on sera tous perdant.

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  • Ernesto // 10.06.2020 à 00h12

    [modéré} l’hyperpuissance US, pour toute cette orgie démesurée de moyens de destruction massive que les américains accumulent pour prouver à la planète entière qu’ils sont toujours les maîtres incontestables du monde, capables d’anéantir qui ils veulent, quand ils veulent, où qu’ils veulent. A eux seuls ils consacrent à leur budget de la défense plus que celui de tous les autres pays réunis ! Cette politique gonfle les profits faramineux du complexe militaro-industriel dans le même temps où plusieurs millions de citoyens sont incapables d’accéder aux soins de base faute de couverture maladie universelle. Mais elle crée aussi une formidable menace pour l’avenir de notre terre déjà terriblement fragilisée (pandémie, réchauffement climatique) dans l’hypothèse ou le feu nucléaire serait déclenché. A fortiori avec à la tête du pays un président aussi imprévisible, brutal et cynique que Trump.

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  • Ernesto // 10.06.2020 à 00h52

    Il est vrai que contrairement aux ex soviétiques les américains n’ont pas connu dans leur courte histoire une authentique guerre de destruction massive sur leur propre sol. Les guerres et les désastres qui les accompagnent ils les ont toujours menées sur des théâtres extérieurs. Le peuple soviétique si. 27 millions de morts fut le prix payé pour éradiquer la barbarie nazie. Pas une famille qui n’ait perdu un (ou plusieurs) de ses membres dans la bataille titanesque pour défendre la mère patrie. Impossible d’effacer des mémoires un tel traumatisme, un argument de poids pour mesurer l’importance de la paix pour construire un avenir digne de ce nom. Voilà pourquoi une telle expérience est riche d’enseignements et peut expliquer les différences d’approche des deux pays en matière de défense, de politique étrangère et de gouvernance des affaires du monde. Le « méchant Poutine » n’est sûrement pas un saint mais il suffit d’écouter ses discours et ceux de Lavrov et de les comparer avec ceux de leurs homologues Etatsuniens pour constater de quel côté penche la balance du réalisme, de la mesure, de la responsabilité, d’une diplomatie non agressive recherchant le compromis, non la force brutale pour imposer sa loi ;
    L’Amérique est impérialiste, pas la Russie. Il est hors de question pour moi d’imputer les mêmes responsabilités aux deux grandes puissances.

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  • serge // 10.06.2020 à 17h42

    Les US sont les seuls à avoir annoncé qu’ile envisageaient d’utiliser l’arme nucléaire en première frappe. Donc c’est logique qu’ils miniaturisent le plus possible afin de vendre l’idée du « jouet » de première ligne, un peu comme les militaires qui assistaient avec des lunettes de soleil aux explosions dans le désert, pas peur… Après, que reprocher à la Corée du Nord, à l’Iran voire à de plus copieux potentiels adversaires de se préparer au pire avec de tels individus?

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