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9.juin.20209.6.2020 // Les Crises

Quelles Relations Internationales après la pandémie de Coronavirus ?

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Source : Foreign Policy
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Tout comme la chute du mur de Berlin ou l’effondrement de Lehman Brothers, la pandémie de coronavirus est un événement bouleversant dont nous ne pouvons que commencer à imaginer les conséquences à long terme.

Cela est certain : Tout comme cette maladie a brisé des vies, perturbé les marchés et mis en évidence la compétence (ou l’absence de compétence) des gouvernements, elle entraînera des changements permanents du pouvoir politique et économique d’une manière qui ne sera apparente que plus tard.

Pour nous aider à comprendre les changements géopolitiques qui se produisent sous nos yeux au cours de cette crise, Foreign Policy a interrogé plusieurs grands penseurs du monde entier sur leurs prévisions quant à l’avenir de l’ordre mondial.


Un monde moins ouvert, moins prospère et moins libre

par Stephen M. Walt, professeur de relations internationales à l’université de Harvard.

La pandémie va renforcer l’État et le nationalisme. Les gouvernements de tous types adopteront des mesures d’urgence pour gérer la crise, et beaucoup hésiteront à renoncer à ces nouveaux pouvoirs une fois la crise terminée.

Le Covid-19 accélérera également le transfert de pouvoir et d’influence de l’Ouest vers l’Est. La Corée du Sud et Singapour ont le mieux réagi, et la Chine a bien réagi après ses premières erreurs. En comparaison, la réaction en Europe et en Amérique a été lente et désordonnée, ce qui a encore terni l’aura de l’image occidentale.

Ce qui ne changera pas, c’est la nature fondamentalement conflictuelle de la politique mondiale. Les fléaux précédents, notamment l’épidémie de grippe de 1918-1919, n’ont pas mis fin à la rivalité entre les grandes puissances ni ouvert une nouvelle ère de coopération mondiale. Le Covid-19 ne le fera pas non plus. Nous assisterons à un nouveau recul de l’hypermondialisation, alors que les citoyens se tourneront vers les gouvernements nationaux pour les protéger et que les États et les entreprises chercheront à réduire les vulnérabilités futures.

En bref, Le Covid-19 créera un monde moins ouvert, moins prospère et moins libre. Il n’était pas nécessaire qu’il en soit ainsi, mais la combinaison d’un virus mortel, d’une planification inadéquate et d’une direction incompétente a placé l’humanité sur une voie nouvelle et inquiétante.


La fin de la mondialisation telle que nous la connaissons

par Robin Niblett, directeur et chef de la direction de la Chatham House.

La pandémie de coronavirus pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase de la mondialisation économique. La puissance économique et militaire croissante de la Chine avait déjà provoqué une détermination bipartisane aux États-Unis pour découpler la Chine de la haute technologie et de la propriété intellectuelle d’origine américaine et essayer de forcer les alliés à suivre le mouvement.

La pression publique et politique croissante pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone avait déjà remis en question la dépendance de nombreuses entreprises à l’égard des chaînes d’approvisionnement à longue distance. Aujourd’hui, le Covid-19 force les gouvernements, les entreprises et les sociétés à renforcer leur capacité à faire face à de longues périodes d’auto-isolement économique.

Dans ce contexte, il semble très peu probable que le monde revienne à l’idée d’une mondialisation mutuellement bénéfique qui a défini le début du 21e siècle. Et sans l’incitation à protéger les gains partagés de l’intégration économique mondiale, l’architecture de la gouvernance économique mondiale établie au 20e siècle s’atrophiera rapidement. Il faudra alors une énorme autodiscipline aux dirigeants politiques pour soutenir la coopération internationale et ne pas se replier sur une concurrence géopolitique ouverte.

Prouver à leurs citoyens qu’ils peuvent gérer la crise du Covid-19 permettra aux dirigeants d’acquérir un certain capital politique. Mais ceux qui échoueront auront du mal à résister à la tentation de blâmer les autres pour leur échec.


Une mondialisation plus centrée sur la Chine

par Kishore Mahbubani, éminent chercheur de l’Institut de recherche asiatique de l’Université nationale de Singapour, auteur de Has China Won ? The Chinese Challenge to American Primacy.

La pandémie de Covid-19 ne modifiera pas fondamentalement les orientations de l’économie mondiale. Elle ne fera qu’accélérer un changement qui avait déjà commencé : l’abandon d’une mondialisation centrée sur les États-Unis au profit d’une mondialisation plus centrée sur la Chine.

Pourquoi cette tendance va-t-elle se poursuivre ? La population américaine a perdu confiance dans la mondialisation et le commerce international. Les accords de libre-échange sont toxiques, avec ou sans le président américain Donald Trump. En revanche, la Chine n’a pas perdu confiance.

Pourquoi n’a-t-elle pas perdu confiance ? Il y a des raisons historiques plus profondes. Les dirigeants chinois savent que le siècle d’humiliation de la Chine, de 1842 à 1949, est le résultat de sa propre complaisance et d’un effort futile de ses dirigeants pour la couper du monde. En revanche, les dernières décennies de reprise économique ont été le résultat d’un engagement mondial. Le peuple chinois a également connu une explosion de confiance culturelle. Ils croient qu’ils peuvent être compétitifs partout.

Par conséquent, comme je le documente dans mon nouveau livre, Has China Won ? les États-Unis ont deux choix. Si leur objectif premier est de maintenir leur primauté mondiale, ils devront s’engager dans un concours géopolitique à somme nulle, politiquement et économiquement, avec la Chine.

Cependant, si l’objectif des États-Unis est d’améliorer le bien-être du peuple américain – dont la condition sociale s’est détériorée – ils doivent coopérer avec la Chine. Les conseils les plus avisés suggéreraient la coopération comme meilleur choix. Cependant, étant donné l’environnement politique toxique des États-Unis envers la Chine, il se peut que les conseils les plus sages ne l’emportent pas.


Les démocraties sortiront de leur coquille

de G. John Ikenberry, professeur de politique et d’affaires internationales à l’université de Princeton, auteur d’After Victory et de Liberal Leviathan.

À court terme, la crise va alimenter les différents camps du débat sur la grande stratégie occidentale. Les nationalistes et les antimondialistes, les faucons chinois et même les internationalistes libéraux verront tous de nouvelles preuves de l’urgence de leurs points de vue. Compte tenu des dégâts économiques et de l’effondrement social qui se produisent, il est difficile de voir autre chose qu’un renforcement du mouvement vers le nationalisme, la rivalité entre grandes puissances, le découplage stratégique, etc.

Mais tout comme dans les années 30 et 40, il pourrait aussi y avoir un contre-courant à évolution plus lente, une sorte d’internationalisme entêté similaire à celui que Franklin D. Roosevelt et quelques autres hommes d’État ont commencé à articuler avant et pendant la guerre. L’effondrement de l’économie mondiale dans les années 1930 a montré à quel point les sociétés modernes étaient connectées et vulnérables à ce que FDR appelait la contagion.

Les États-Unis étaient moins menacés par d’autres grandes puissances que par les forces profondes – et le caractère du Dr Jekyll et de M. Hyde – de la modernité. Ce que FDR et d’autres internationalistes ont évoqué, c’est un ordre d’après-guerre qui permettrait de reconstruire un système ouvert avec de nouvelles formes de protection et des capacités à gérer l’interdépendance. Les États-Unis ne pouvaient pas simplement se cacher à l’intérieur de leurs frontières, mais pour fonctionner dans un ordre ouvert d’après-guerre, il fallait construire une infrastructure mondiale de coopération multilatérale.

Les États-Unis et d’autres démocraties occidentales pourraient donc traverser cette même séquence de réactions animées par un sentiment de vulnérabilité en cascade ; la réponse pourrait être plus nationaliste au début, mais à plus long terme, les démocraties sortiront de leur coquille pour trouver un nouveau type d’internationalisme pragmatique et protecteur.


Moins de profits, mais plus de stabilité

par Shannon K. O’Neil, senior fellow pour les études sur l’Amérique latine au Council on Foreign Relations et auteur de Two Nations Indivisible : Mexico, the United States, and the Road Ahead.

Le Covid-19 sape les principes fondamentaux de la production mondiale. Les entreprises vont maintenant repenser et réduire les chaînes d’approvisionnement multiétapes et multi-pays qui dominent la production aujourd’hui.

Les chaînes d’approvisionnement mondiales étaient déjà sous le feu des critiques, tant sur le plan économique, en raison de la hausse des coûts de la main-d’œuvre en Chine, de la guerre commerciale du président américain Donald Trump et des progrès de la robotique, de l’automatisation et de l’impression 3D, que sur le plan politique, en raison des pertes d’emplois réelles et perçues, en particulier dans les économies matures.

Le Covid-19 a maintenant brisé nombre de ces liens : les fermetures d’usines dans les régions touchées ont laissé d’autres fabricants, ainsi que des hôpitaux, des pharmacies, des supermarchés et des magasins de détail, sans stocks ni produits.

De l’autre côté de la pandémie, de plus en plus d’entreprises exigeront d’en savoir plus sur la provenance de leurs approvisionnements et échangeront l’efficacité contre la redondance. Les gouvernements interviendront également, obligeant les industries qu’ils considèrent comme stratégiques à se doter de plans de secours et de réserves au niveau national. La rentabilité diminuera, mais la stabilité de l’approvisionnement devrait s’améliorer.


L’histoire du COVID-19 sera écrite par les vainqueurs

par John Allen, président de la Brookings Institution, général quatre étoiles du corps des Marines américain à la retraite et ancien commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN et des forces américaines en Afghanistan.

Comme elle l’a toujours été, l’histoire de la crise Covid-19 sera écrite par les « vainqueurs » . Chaque nation, et de plus en plus chaque individu, fait l’expérience de la pression sociétale de cette maladie de manière nouvelle et puissante. Inévitablement, les nations qui persévéreront – tant en raison de leurs systèmes politiques et économiques uniques que du point de vue de la santé publique – revendiqueront le succès face à celles qui connaîtront une issue différente et plus dévastatrice.

Pour certains, cela apparaîtra comme un grand triomphe définitif pour la démocratie, le multilatéralisme et les soins de santé universels. Pour d’autres, il mettra en évidence les « avantages » évidents d’un régime autoritaire et décisif.

Quoi qu’il en soit, cette crise remaniera la structure du pouvoir international d’une manière que nous ne pouvons que commencer à imaginer. Le Covid-19 continuera à déprimer l’activité économique et à accroître les tensions entre les pays.

À long terme, la pandémie réduira probablement de manière significative la capacité de production de l’économie mondiale, surtout si les entreprises ferment et que les individus se détachent de la population active. Ce risque de dislocation est particulièrement important pour les pays en développement et les autres pays qui comptent une grande proportion de travailleurs économiquement vulnérables. Le système international sera, à son tour, soumis à de fortes pressions, ce qui entraînera une instabilité et des conflits généralisés à l’intérieur des pays et entre eux.


Une nouvelle étape dramatique dans le capitalisme mondial

par Laurie Garrett, ancienne chargée de recherche pour la santé mondiale au Council on Foreign Relations et rédactrice scientifique lauréate du prix Pulitzer.

Le choc fondamental pour le système financier et économique mondial est la reconnaissance du fait que les chaînes d’approvisionnement et les réseaux de distribution mondiaux sont profondément vulnérables aux perturbations. La pandémie de coronavirus aura donc non seulement des effets économiques durables, mais elle entraînera aussi un changement plus fondamental.

La mondialisation a permis aux entreprises d’externaliser la fabrication dans le monde entier et de livrer leurs produits sur les marchés en flux tendu, en contournant les coûts d’entreposage. Les stocks qui restaient sur les étagères pendant plus de quelques jours étaient considérés comme des défaillances du marché. L’approvisionnement devait être assuré et expédié à un niveau mondial soigneusement orchestré. Le Covid-19 a prouvé que les agents pathogènes peuvent non seulement infecter les personnes mais aussi empoisonner l’ensemble du système de flux tendus.

Compte tenu de l’ampleur des pertes subies par les marchés financiers depuis février, les entreprises sortiront probablement de cette pandémie avec une certaine timidité quant au modèle du juste-à-temps et à la dispersion de la production au niveau mondial. Il pourrait en résulter une nouvelle étape spectaculaire dans le capitalisme mondial, dans laquelle les chaînes d’approvisionnement seraient rapprochées de la maison et remplies de licenciements afin de se protéger contre les perturbations futures. Cela pourrait réduire les bénéfices à court terme des entreprises mais rendre l’ensemble du système plus résistant.


Plus d’États faillis

par Richard N. Haass, président du Council on Foreign Relations et auteur de The World : A Brief Introduction.

Je pense que la crise du coronavirus conduira, au moins pendant quelques années, la plupart des gouvernements à se replier sur eux-mêmes, en se concentrant sur ce qui se passe à l’intérieur de leurs frontières plutôt que sur ce qui se passe à l’extérieur. Je prévois une évolution plus marquée vers l’autosuffisance sélective (et, par conséquent, vers le découplage) compte tenu de la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement ; une opposition encore plus forte à l’immigration à grande échelle ; et une volonté ou un engagement moindre de s’attaquer aux problèmes régionaux ou mondiaux (y compris le changement climatique) compte tenu de la nécessité perçue de consacrer des ressources à la reconstruction du pays et de faire face aux conséquences économiques de la crise.

Je m’attends à ce que de nombreux pays aient du mal à se remettre de la crise, la faiblesse des États et les États faillis devenant une caractéristique encore plus répandue dans le monde. La crise va probablement contribuer à la détérioration continue des relations sino-américaines et à l’affaiblissement de l’intégration européenne. Sur le plan positif, nous devrions assister à un léger renforcement de la gouvernance mondiale de la santé publique. Mais globalement, une crise ancrée dans la mondialisation affaiblira plutôt qu’elle n’augmentera la volonté et la capacité du monde à y faire face.


Dans chaque pays, nous voyons la puissance de l’esprit humain

par Nicholas Burns, professeur à la Kennedy School of Government de Harvard et ancien sous-secrétaire aux affaires politiques au Département d’État américain.

La pandémie de Covid-19 est la plus grande crise mondiale de ce siècle. Sa profondeur et son ampleur sont énormes. La crise de santé publique menace chacune des 7,8 milliards de personnes sur Terre. La crise financière et économique pourrait dépasser dans son impact la Grande Récession de 2008-2009. Chaque crise, à elle seule, pourrait provoquer un choc sismique qui modifierait en permanence le système international et l’équilibre des pouvoirs tel que nous le connaissons.

Jusqu’à présent, la collaboration internationale a été terriblement insuffisante. Si les États-Unis et la Chine ne peuvent pas mettre de côté leur guerre des mots pour savoir lequel d’entre eux est responsable de la crise, la crédibilité des deux pays pourrait être considérablement diminuée. Si l’Union européenne ne peut pas fournir une aide plus ciblée à ses 500 millions de citoyens, les gouvernements nationaux pourraient reprendre plus de pouvoir à Bruxelles à l’avenir. Aux États-Unis, ce qui est le plus en jeu, c’est la capacité du gouvernement fédéral à prendre des mesures efficaces pour endiguer la crise.

Dans chaque pays, cependant, il existe de nombreux exemples du pouvoir de l’esprit humain – médecins, infirmières, dirigeants politiques et citoyens ordinaires faisant preuve de résilience, d’efficacité et de leadership. Cela donne l’espoir que les hommes et les femmes du monde entier peuvent l’emporter face à ce défi extraordinaire.

Source : Foreign Policy
Traduit par l’équipe Les-Crises

Commentaire recommandé

hc // 09.06.2020 à 08h29

La raison voudrait un recentrage sur l’humain et les communs, une relocalisation des moyens de production pour préserver son autonomie en cas de crises. Mais nous sommes dans une époque politique Post-raisonnable. Et la France est à l’avant garde du Post-raisonnable avec Macron.

Après la crises de 2008 on devait remettre des règles dans le système bancaire. Que s’est-il passé ? Nada.
La gestion des crises montre comment les prochaines vont nous frapper. Surveillance, restriction de la liberté d’expression, « partenariats » public-privé, corruption plus grande encore par une plus grande dependance (notamment par l’endettement). Après l’ouverture économique des frontières l’ouverture politique aux pouvoirs de l’argent.
La Médiocratie mène droit au fascisme 2.0
Les États ont failli par défaut de démocratie alors en toute logique post-raisonnable supprimons le peu de décision qui nous reste. En ne gardant de démocratie que le mot.

18 réactions et commentaires

  • pseudo // 09.06.2020 à 07h32

    > La pandémie de Covid-19 est la plus grande crise mondiale de ce siècle.

    Il est fort lui, on vient tout juste d’y rentrer il annonce déjà que rien de plus grave ne peut se produire. Contrairement à ce qu’il dit, selon moi, il a une grande confiance dans l’avenir. Et au regard de mes propres prédictions, c’est radieux!

    Pour le reste ça ressemble quand même à de l’auto prophétie. Parce que les conseillers pensent cela, alors ils implémentent des stratégies pour y répondre, qui à leur tour génère le problème. c’est bête quand même.

    Sinon c’est ennuyeux de se dire que « la crème de la crème » (faut faire avec le standard le plus communément accepté…) ne penses pas mieux. Il n’y a pas beaucoup d’explications des articulations des mécanismes dénoncés ici. Juste des affirmations. Bon bah moi j’affirme que demain il fera beau, so what ? so rien, ça ne vaut pas plus que votre croyance en mes paroles, ou dans la prévision météo. Quand aux fameux coup d’arrêt à la mondialisation, j’attends fermement dans mes deux bottes de voir cela, je n’y crois pas un dixième de seconde.

    Bref de tout cela il me semble surtout qu’on va assister au parachèvement de plusieurs décennies d’effort chinois pour se faire une place dans la cour des grands (cons) de ce monde. Le reste ne changera pas. et à bien y penser, ce parachèvement n’est pas même nouveau.

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  • hc // 09.06.2020 à 08h29

    La raison voudrait un recentrage sur l’humain et les communs, une relocalisation des moyens de production pour préserver son autonomie en cas de crises. Mais nous sommes dans une époque politique Post-raisonnable. Et la France est à l’avant garde du Post-raisonnable avec Macron.

    Après la crises de 2008 on devait remettre des règles dans le système bancaire. Que s’est-il passé ? Nada.
    La gestion des crises montre comment les prochaines vont nous frapper. Surveillance, restriction de la liberté d’expression, « partenariats » public-privé, corruption plus grande encore par une plus grande dependance (notamment par l’endettement). Après l’ouverture économique des frontières l’ouverture politique aux pouvoirs de l’argent.
    La Médiocratie mène droit au fascisme 2.0
    Les États ont failli par défaut de démocratie alors en toute logique post-raisonnable supprimons le peu de décision qui nous reste. En ne gardant de démocratie que le mot.

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    • Incognitototo // 09.06.2020 à 17h07

      Une toute petite erreur de chronologie : il y a d’abord eu une abdication face aux pouvoirs de l’argent après l’imposition du diktat US de ne plus honorer les accords de Bretton Woods (1971), puis seulement après une ouverture économique des frontières pour alimenter le nouveau système qui confiait « aux marchés » la détermination des valeurs d’échange monétaire.
      C’est important pour comprendre, comment on s’est fait piéger, uniquement pour alimenter la planche à billets US, dans la situation de guerre froide de l’époque où les décisions politiques étaient prises avec des missiles sur la tempe. Nous n’avons jamais remis en cause ce système depuis et d’ailleurs ceux qui ont tenté de le faire ont été isolés, marginalisés, quand ce n’est pas tué ou renversé par les USA.
      Ça ne donne pas beaucoup d’espoir sur les chances de pouvoir changer de système, mais c’est une réalité dont il faut tenir compte pour ne pas se tromper d’objectif.

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  • Berrio // 09.06.2020 à 08h49

    Les élites d’avant réfléchissent à tout changer pour que rien ne bouge

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  • Anfer // 09.06.2020 à 10h20

    Je conteste le « moins ouvert » = « moins prospère », on est encore dans les mythes du « doux commerce », des « avantages comparatifs », et autres fariboles libérales.

    On pourrait rappeler à l’infini que l’après seconde guerre mondiale, fut protectionniste et que malgré cela (plutôt grâce à cela), nous avons connu une forte croissance économique avec une réduction des inégalités considérables.

    Mais soyez rassurés, comme après 2008, rien ne changera sauf dans les discours des communiquants pendant quelques temps.

      +8

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  • Daniel // 09.06.2020 à 11h20

    il y a besoin d’un nouveau « Bretton Woods » comme semble le suggérer G. John Ikenberry.
    C’est exactement ce qui a été présenté dans cette visio-conférence internationale (fin Avril 2020) dont le thème était : L’URGENCE DE REMPLACER LA GÉOPOLITIQUE PAR UN NOUVEAU PARADIGME DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES
    https://www.institutschiller.org/-L-existence-de-l-humanite-depend-de-la-creation-d-un-nouveau-paradigme-.html
    Dans les 3 premiers orateurs, il y des représentants Russe et Chinois qui montrent l’impératif d’avoir une coopération internationale pour refonder le système financier international.
    Personnellement, j’ai été bluffé par l’idée qu’aujourd’hui, il ne manque plus que les Etats-Unis pour que cela devienne réalité !

      +4

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    • Anfer // 09.06.2020 à 11h54

      Le problème, c’est que ni la Chine, ni la Russie ne proposent d’autres visions de l’économie.

      On est toujours dans le libéralisme triomphant, sourd et aveugle.

      Les dirigeants chinois veulent le libre échange, car ils reposent encore massivement sur leurs exportations.

      Les dirigeants russes sont libéraux, l’orthodoxie budgétaire domine toujours, et il faut exporter des hydrocarbures pour boucler le budget.

      Comment voulez vous que quoi que ce soit change ?

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      • Daniel // 09.06.2020 à 13h53

        Ce n’est pas tout à fait la même chose et je dirais même bien au contraire.
        Les Nouvelles Routes de la Soie on été développée suite au krach de 2008 où l’épargne Chinoise (en bond du trésor US) à failli disparaître. Depuis ce moment, en Chine, la finalité de la « monnaie » est d’avoir une contrepartie physique plutôt que d’être du vent comme c’est le cas pour les produits dérivés financiers et autres joujous spéculatifs de chez nous.
        Le modèle chinois est ainsi basé sur un dirigisme Étatique et une planification sur le long terme où la création monétaire va en priorité à l’économie physique avec des objectifs sociaux et / ou environnementaux.
        L’exemple ultra connu le plus flagrant est l’élimination de l’extrême pauvreté pour 800 Millions de personnes sur plusieurs dizaines d’année (quand la pauvreté dans le monde baissait, c’était majoritairement la contribution de la Chine).
        Les Nouvelles Routes de la Soie font parti du projet de « Communauté de Destin partagé par l’Humanité » : dans ce cadre des institutions financières ont été créées ou sont en cours de création pour garantir que tous les fonds ce ces institutions aillent à des projets de développements physiques (infrastructures et manufactures principalement) des pays participants. L’exemple le plus connu est l’Ethiopie.
        C’est comme s’il y avait maintenant un embryon de système financier anti spéculatif (l’antithèse du notre) : quand le notre s’écroulera, celui là pourrait prendre sa place

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        • Anfer // 09.06.2020 à 15h05

          Je ne suis pas persuadé que les chinois ont une vision économique très différents, on est toujours sur une obsession des exportations, viser les marchés extérieurs pour éviter la saturation.

          Si les chinois décidaient de développer en priorité leur économie interne en augmentant massivement leurs salaires avec du protectionnisme, la, on aurait une locomotive qui tracterait vers un autre système économique.

          Pour le moment, c’est une vision mercantiliste qui domine.
          Le seul atout, ce sont les investissements massifs dans les infrastructures, indispensables pour des voies terrestres.

            +2

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          • marc // 09.06.2020 à 16h15

            Augmenter les salaires en Chine ne servirait a rien, il ont déjà le plus haut taux d’épargne de l’OCDE a 38,1 % d’épargne.
            Les Chinois ne pensent qu’immobilier, le mois dernier, les statistiques sont sortis: 96% des chinois urbain sont propriétaire de leur appartement, 58,4% des familles possèdent un appartement, 31% possèdent 2 appartements, 10,5% possèdent plus de 3 appartements.

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            • Anfer // 10.06.2020 à 08h17

              Monter les plus bas salaires du reste de la Chine, développement de l’arrière pays, déjà le travail d’une génération.

              Avoir un système plus logique, on exporte ses excédents, pas viser l’exportation avant de satisfaire les besoins internes de l’ensemble de la population.

                +1

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        • VladPourLesIntimes // 09.06.2020 à 15h15

          Les nouvelles routes de la soie ont été mise en place pour :

          1-permettre à la Chine de continuer ses exportation de biens et importation de matière première en cas déni d’accès aux mers du globe. En gros c’est la puissance continentale chinoise contre la puissance maritime US.
          2-trouver des marchés pour ses excédent de production et du travail pour ses chômeurs vu que la majorité des travailleurs sont chinois (comme le plan Marshall c’est toujours au bénéficiaire de l’instigateur). (on voit d’ailleurs (au Sri-Lanka et au Kazakhstan) que les locaux ne sont pas très enthousiaste. Les leaders de ces pays ont utilisé l’argent publique pour donner du travail au chinois, il n’y a pas que l’infrastructure qui compte lors des grands projet d’état mais donner du travail au citoyen et améliorer leurs compétences.
          3-développer son soft power par la création d’un réseau, et surtout les pays ne pouvant payer rubis sur ongle la création de dette. Des méthodes similaires ont été appliqué lors de la colonisation européenne en Afrique, et les pays ont fini sous protectorat ou autre…..

          La Chine est un empire mondiale au même titre que les US, la chine a un passé colonialiste en Corée et au Vietnam, la Chine est en conflit avec pratiquement tout ses voisins, la chine est en PPA le premier budget militaire au monde.(ndr environ 200 milliards us )

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          • EugenieGrandet // 10.06.2020 à 09h18

            1) les routes de la soie sont doubles; dès la première évocation par le Chine en 2013, il y a le collier de perles maritime ET la voie terrestre route.rail (qui contourne la Russie, c’est dire la confiance dans son voisin.)
            2) oui il s’agit d’ouvrir le maximum de voies d’exportation; la Chine mise sur la croissance mondiale et la croissance intérieure pour continuer de rejoindre la tête du peloton.
            3) cela fait longtemps que la Chine développe son soft power, voir en Afrique comment les infrastructures sont construites avec des financements chinois depuis 20 ans au moins.

            La Chine ne fait que retrouver, petit à petit, sa place dans le monde quand son PIB était au niverau des pays européens au 19ième siècle.

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  • 5cent // 10.06.2020 à 07h51

    La délocalisation de la production en asie a permis de mettre fin à l’inflation des biens de consommation, la création monétaire occidentale s’est condensée sur le prix des actifs accélérant le processus de concentration des richesses en occident.
    Une démondialisation entraînera une diminution de la productivité (moins d’économie d’échelle) et une augmentation des prix.
    Cette inflation des biens de consommation créera soit de la pauvreté massive avec des régimes autoritaires violents soit des mouvements sociaux pour l’adaptation des salaires (créant encore plus d’inflation).
    Avec une inflation importante les taux zero ne seront pas tenables et les gouvernements fortement endettés devront soit pressuriser encore plus leur citoyens en suprimant les services publiques et augmentant les impôt soit faire défault.
    L’establishment va probablement tenter de minimiser le retour de la production a quelques biens symboliques (masques, medicaments de base) pour éviter une explosion du système.

      +2

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    • Anfer // 10.06.2020 à 20h21

      L’inflation va tuer la dette publique, ceux qui la redoute sont les GROS épargnants (Les riches).

      La concentration de la production a réduit la demande, causant une surproduction chronique, l’endettement pour l’absorber à atteint ses limites comme en 1929.

      Il faut augmenter les revenus réels, c’est à dire les salaires.

      Mais pour ça il faut:
      – Fin du libre échange
      – Protectionnisme
      – Surtout, fin de la libre circulation des capitaux
      – Inverser la tendance en diminuant les impots indirects ou proportionnels et en augmentant très fortement ceux qui sont progressifs.

      En gros on prend les recommandations des « économistes » libéraux, et on fait exactement le contraire.

        +0

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  • EugenieGrandet // 10.06.2020 à 09h27

    Je sais bien que le titre concerne le monde d’après le Covid mais quand même, dans pas longtemps, le dérèglement climatique va coller une belle claque (et plus on attend, plus elle sera forte) à tout le monde, et ce sera d’une autre ampleur que le Covid.

    L’auteur estime au détour d’une phrase, que la lutte contre le changement climatique va être reléguée au second plan. A court terme, hélas probablement oui, mais à moyen terme, on verra encore mieux le mur dans lequel nous allons tous nous planter.
    Et c’est ça qui va bouleverser la géopolitique de la planète.

    Autrement dit, le monde va se préoccuper de faire quelques retouches en oubliant ou en ne voulant pas voir le tsunami qui se pointe devant nous.

      +2

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