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2.juin.20202.6.2020 // Les Crises

Open Skies : Trump compte faire sortir les États-Unis d’un troisième traité de contrôle des armements

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Source : The Guardian
Traduit par l’équipe Les-Crises

Le traité Open Skies (OST) permet à la Russie et aux pays occidentaux d’effectuer des vols d’observation.

Les États-Unis ont déclaré leur intention de quitter le traité « Ciel ouvert » (Open Skies Treaty), qui vise à réduire le risque de guerre en permettant à la Russie et aux pays occidentaux d’effectuer des vols d’observation au-dessus de leurs territoires respectifs.

Washington a informé les 33 autres parties au traité de son intention de publier une notification formelle pour un retrait d’ici six mois, accusant la Russie de violations.

« Je pense que nous avons de très bonnes relations avec la Russie, mais la Russie ne respecte pas le traité, et donc tant qu’elle ne respectera pas le traité, nous nous retirerons« , a déclaré Donald Trump aux journalistes. Il a ajouté : « Il y a de très bonnes chances que nous concluions un nouvel accord ou que nous fassions quelque chose pour remettre cet accord sur pied« .

Dans une déclaration écrite, le secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré que les États-Unis pourraient reconsidérer leur retrait pendant la période de préavis de six mois « si la Russie se remettait à respecter pleinement le traité« . Moscou nie être en violation de l’accord.

En commençant la période de préavis de six mois maintenant, l’administration garantit que – même si Donald Trump perd les élections en novembre – les États-Unis auront quitté le traité avant qu’une administration Biden n’entre en fonction.

« Le calendrier de la décision de l’administration Trump est clairement lié au calendrier politique« , a déclaré Bob Menendez, le démocrate le plus important de la commission des relations étrangères du Sénat. « En précipitant ce retrait abrupt, il est clair que l’administration Trump tente de contraindre une future administration à prendre ses distances vis-à-vis de ce traité de longue date et pourtant précieux pour notre nation« .

Les alliés européens de l’Amérique sont désireux de maintenir le traité en vigueur. Ils ont bénéficié des plus de 1 500 survols effectués dans le cadre de l’OST, ce qui leur a permis d’observer les mouvements militaires russes, et d’y voir un élément restant de la cohésion et de la transparence internationales.

L’OST est le troisième accord de contrôle des armements que Trump a quitté. Il a retiré les États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran en 2018, et du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire en 2019. On craint pour l’avenir du dernier traité limitant les armes nucléaires stratégiques américaines et russes, le New Start, qui doit expirer en février prochain, et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, que les États-Unis ont signé (en observant un moratoire volontaire sur les essais nucléaires) mais pas ratifié.

On ne sait pas très bien comment la Russie réagira au retrait des États-Unis. Ils pourront désormais survoler les bases américaines en Europe, mais les États-Unis ne seront plus autorisés à survoler la Russie.

En vertu de la loi sur les dépenses de défense pour 2020, l’administration est censée expliquer au Congrès comment le fait de quitter l’OST pourrait servir les intérêts des États-Unis, et donner l’assurance que Washington a consulté ses partenaires, 120 jours avant de signifier une notification officielle de retrait.

« Le démantèlement de l’accord et l’effondrement du leadership américain se poursuivent« , a déclaré Kingston Reif, directeur de la politique de désarmement et de réduction des menaces à l’Association pour le contrôle des armements.

« Le traité est bénéfique pour la sécurité des États-Unis et de l’Europe. Nos alliés l’apprécient et ne veulent pas que nous le quittions. Il a été un outil important pour répondre à l’agression de la Russie contre l’Ukraine. C’est un coup de propagande pour Moscou« .

Les États-Unis se sont plaints des restrictions que Moscou a imposées sur les survols qui ont violé l’accord. La Russie a limité le temps de vol des vols d’observation au-dessus de l’enclave russe de Kaliningrad et a mis en place un couloir d’exclusion le long de la frontière des régions de Géorgie, d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie occupées par la Russie.

« Il faut comprendre que les Russes ont triché« , a déclaré sur Twitter Tim Morrison, qui a été brièvement le principal responsable du contrôle des armements à la Maison Blanche Trump. « Ils utilisaient le traité à mauvais escient contre les États-Unis – les hauts responsables militaires et civils avaient nous avaient alertés là-dessus. Sortir de ce traité privera Poutine d’un outil de collecte – ce n’est pas une victoire pour lui« .

Le ministère russe des affaires étrangères a rejeté les allégations d’infractions comme étant « sans fondement » et a déclaré que Moscou avait un « plan de rechange » en cas de retrait américain, mais n’a pas fourni de détails.

Aucune des autres parties n’a estimé que les infractions russes étaient suffisantes pour mettre le traité en péril.

Les partenaires américains ont été informés de la décision par des appels du conseiller à la sécurité nationale, Robert O’Brien, du secrétaire à la défense, Mark Esper, et du sous-secrétaire à la politique du Pentagone, James Anderson.

« C’est de la folie« , a réagi Michael Hayden, un ancien directeur de la CIA.

Dans une déclaration commune au début de ce mois, un groupe de 16 commandants militaires et ministres de la défense à la retraite a déclaré « Tout au long de son application, le traité a accru la transparence et la prévisibilité militaires, a contribué à instaurer la confiance et a renforcé la compréhension mutuelle« .

Le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, a appelé les États-Unis à « reconsidérer » le traité.

« Je regrette profondément cette annonce« , a déclaré M. Maas, ajoutant que « nous allons travailler avec nos partenaires pour inciter les États-Unis à revoir leur décision« .

Il a également déclaré que l’Allemagne – avec la France, la Pologne et la Grande-Bretagne – avait expliqué à plusieurs reprises à Washington que les difficultés du côté russe ces dernières années « ne justifiaient pas » le retrait.

Source : The Guardian
Traduit par l’équipe Les-Crises

Commentaire recommandé

hyac // 02.06.2020 à 08h14

C’est de plus en plus le Docteur Fol Amour…et avec la crise financière majeure qui se prépare la tentation d’utiliser leur énorme armée pour masquer le désastre sera une option sérieuse pour les dirigeants mégalos des USA…

19 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 02.06.2020 à 07h58

    C’est comme avec l’Iran, les USA se retirent de l’accord, mais la partie adverse est tenue de continuer à le respecter. Dire que Trump avait été élu pour éviter une guerre… On voit que les USA se préparent plus que jamais à entrer en guerre contre le reste du monde comme ils sont entrés en guerre contre les Amérindiens pour les génocider et finalement parquer les survivants dans des camps de concentration.

    Le messianisme chrétien est une sacrée saloperie.

      +26

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    • syko // 02.06.2020 à 12h58

      Pourquoi écrire « On voit que les USA se préparent plus que jamais à entrer en guerre contre le reste du monde »
      Les USA sont déjà en guerre contre le reste du Monde depuis au moins Reagan.
      La différence c’est que Trump dit ouvertement ce que l’Etat profond US pense: ce qui est bon pour Wall Street est bon pour les USA et donc pour le reste du Monde.
      Les USA pensent que l’Europe est sa vassale et le reste du monde son esclave. Ce qui est nouveau c’est qu’ils nous le disent en face.

        +24

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  • Fritz // 02.06.2020 à 08h09

    Les médias français s’acharnent contre Trump, mais dès lors qu’il prend des mesures pour faciliter la guerre nucléaire contre la Russie, la Chine ou l’Iran, c’est le silence radio. Un silence complice. Normal : en 2016, ces médias votaient pour une candidate américaine prête à « oblitérer l’Iran », selon ses propres termes. Et ils présentent sa défaite inattendue comme le résultat d’une conspiration russe. Pas mal pour des médias qui traquent le prétendu « conspirationnisme »…

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    • LibEgaFra // 02.06.2020 à 08h15

      En utilisant des munitions à uranium en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Donbass et au Yémen, la guerre nucléaire par les USA a déjà commencé.

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      • jp // 03.06.2020 à 11h09

        Les munitions en uranium appauvri n’ont rien de nucléaire. Par contre leur toxicité n’est pas négligeable.
        Tabarly avait lesté un de ses bateaux de course avec de l’uranium appauvri, sa densité étant supérieur au Plomb.

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    • Diogène // 02.06.2020 à 16h13

      Je ne comprends rien à votre propos.
      Personne ne sait où vous vous cous situez sur le sujet de l’article.
      D’ailleurs, je n’ai pas vu où Trump « prend des mesures pour faciliter la guerre nucléaire contre la Russie, la Chine ou l’Iran ». Ces « mesures », on ne voit pas de quoi il s’agit.
      Vous faites partie des gens qui croient encore à ce que Trump peut raconter. Attendez vous à être de plus en plus dans la minorité.
      Si vous croyez que Trump a dans l’idée de déclarer la guerre nucléaire à un seul des pays que vous citez, c’est que non seulement vous ne comprenez rien au cirque politique, mais vous ne comprenez pas davantage la nature même de la démocratie américaine. Le président américain ne décide pas tout seul dans son coin de déclarer la guerre nucléaire. Et cela n’arrivera jamais, sauf si une attaque était perpétrée contre les états unis, ce qui donne une idée assez précise sur la probabilité que cela survienne.

        +2

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      • Fabrice // 03.06.2020 à 07h59

        Une information parmi d’autres qui prouvent que la politique de facilitation d’usage des armes nuclaires semble bien confirme cette assertion sur Trump Diogène :

        http://icanfrance.org/changements-alarmants-de-strategie-nucleaire-americaine/

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      • tepavac // 03.06.2020 à 09h51

        Nous aimerions bien vous croire Diogène, mais il semble que la partie Russe ne partage pas votre opinion de bon sens, je le précise. V. Poutine à signé le 2 mai 2020, la nouvelle approche en matière de sécurité nationale. Dorénavant, l’utilisation de l’arme nucléaire ne sera plus au seules réactions à une attaque réelle contre le pays, mais aussi à toutes menaces potentielles aux abords des frontières de la CEI par des installations qui métraient en danger les infrastructures de défense du pays…

        En d’autres termes, réponse du berger à la bergère, toutes installations dans les pays limitrophes de la CEI, Pologne, Roumanie, Bulgarie, pays Baltes etc, qui seraient une menace pour la sécurité de la Russie et de ses alliés, pourraient être légalement anéanti par des frappes préventives.
        Il semble que c’est en réponse à cela;

        https://translate.googleusercontent.com/translate_c?depth=1&pto=aue&rurl=translate.google.com&sl=auto&sp=nmt4&tl=fr&u=https://southfront.org/as-nato-plots-black-sea-dominance-ukraine-joins-the-fray/&usg=ALkJrhguPnzGjLlFNjsnoqIqIm0CXGebNg

        Selon l’adage,qui ne dit mot consent, l’Europe devrait dire à son félin de ne pas planter ses griffes trop près de l’espace vitale de l’ours qui est visé, et qui cache cet autre félin, celui de Sibérie…

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  • hyac // 02.06.2020 à 08h14

    C’est de plus en plus le Docteur Fol Amour…et avec la crise financière majeure qui se prépare la tentation d’utiliser leur énorme armée pour masquer le désastre sera une option sérieuse pour les dirigeants mégalos des USA…

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  • yack2 // 02.06.2020 à 08h46

    Ne serait-il pas temps de sortir de l’OTAN et d’isoler cette bande de dingues?…..Chaque jour un petit cran de plus vers le désastre absolu, chaque jour un petit pas de plus vers un nouveau nazisme….Oui, oui, nazisme, des milices armées qui se promènent un peu partout, une police en roue libre, une justice honteuse, toutes les institutions régulatrices(Ong, sciences, etc etc) gangrénées, une élites unies idéologiquement pour le pire…Une idéologie mortifère….Pas convaincu? remplacer islamo-gauchiste par judéo-bolchévisme…L’histoire ne se répète pas?????

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    • Dominique65 // 02.06.2020 à 10h05

      « Ne serait-il pas temps de sortir de l’OTAN »
      C’est un peu ce que réclame le Cercle de Réflexion Interarmées, think tank composé de hauts gradés de l’armée. Cet appel n’a été relayé dans la presse française que par capital (et RT France).
      https://www.capital.fr/economie-politique/du-danger-pour-leurope-de-la-strategie-nucleaire-des-etats-unis-et-de-lotan-1371357

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      • jp // 03.06.2020 à 11h20

        On était sorti de l’OTAN avec De Gaulle et rentré avec Sarkosy. A noter que sortis de l’OTAN nous dépendions toujours du NORAD si nous voulions être alertés de l’approche des assaillants, et qu’il a fallu faire profil bas pour obtenir la livraison des indispensables KC135 ravitailleurs pour nos bombardiers nucléaires Mirage IV.
        C’était surtout une sortie politique mais qui avait le gros avantage de garder notre indépendance de décision.
        Lors de l’affaire des missiles de Cuba, De Gaulle avait assuré Kennedy du soutien de la France.
        Si Khroutchev n’avait pas cédé, tout en obtenant le retrait des fusées OTAN basées en Turquie, on aurait donc aussi été atomisés. Dans ce cas la neutralité prudente aurait eu du bon.

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    • Cornelius // 02.06.2020 à 11h18

      Oui, en effet, et tant qu’à faire, soyons cohérents jusqu’au bout :
      – Sortie de l’OTAN
      – Sortie de l’UE
      – Sortie de l’euro

        +17

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  • RGT // 02.06.2020 à 22h02

    Cet accord de survol permettait seulement à ceux qui n’ont pas de satellites de pouvoir inspecter les territoires de « l’ennemi ».
    Dans le cas des USA, de la Russie, de la Chine ou de la France ce n’est pas très gênant car ils ont des satellites très performants qui permettent de savoir exactement ce qui se passe chez leurs voisins.

    Cette décision de retrait unilatéral US est selon moi un moyen efficace utilisé par les USA pour contraindre leurs « alliés » à venir mendier des infos.

    Et à mon avis, le coût de ces informations risque d’être exorbitant.

    Si les polonais et les baltes comprenaient qu’ils ne sont que des pantins entre les mains de leur « protecteurs » (nom aussi donné aux proxénètes) église catholique puis « libéraux » ils se précipiteraient vers les russes pour négocier une sortie honorable de la haine accumulée depuis des siècles à l’encontre de leurs voisins.

    N’oublions pas que ce ne sont pas les russes qui ont commencé… Ce sont les allemands (chevaliers teutoniques au XIII ème siècle) puis les polonais, les lituaniens (XIV ème siècle +++), les suédois (XVIII ème siècle) qui sont allés les « taquiner » et qui se sont pris branlée sur branlée.

    Les humains sont franchement cons : S’ils commençaient déjà par laisser leurs voisins tranquilles vivre comme ils le souhaitent tout irait pour le mieux…
    Mais ça ne convient pas aux « élites » qui ont toujours besoin d’étendre leur pouvoir et d’asservir leurs voisins pour satisfaire leur soif infinie de puissance.

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    • tepavac // 03.06.2020 à 10h47

      Certes c’est assez clair, mais encore faut-il faire apparaitre cette information non dénuée de sens à votre dernier propos;
      « Mais ça ne convient pas aux « élites » qui ont toujours besoin d’étendre leur pouvoir et d’asservir leurs voisins pour satisfaire leur soif infinie de puissance. »
      PIB mondiale 85.000 milliards
      Dette des pays de l’Otan ~ 60.000 milliards
      Lorsque 30 pays cumulent à eux seuls 75% du PIB mondiale, pas sûr d’un avenir sans conflit. La Chine, la Russie et l’Inde, rien que pour parler d’eux commencent sérieusement à mettre en doute la validité de toutes ces créances et de leur paiement à terme.

        +3

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      • jp // 03.06.2020 à 11h29

        A l’inverse des rançons imposées de force et payables à court terme, les dettes d’état n’ont jamais été remboursées et mettent l’emprunteur en état d’infériorité ou de soumission sauf à avoir la Force pour se faire craindre.

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        • Tepavac // 03.06.2020 à 18h40

          Precisement, vous mettez le doigt sur la raison principale de la creation des Brics…

            +0

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  • lon // 03.06.2020 à 09h39

    Trump ou la fuite en avant .
    Pour résorber le chômage et aplanir les conflits sociaux , on va embaucher à tour de bras dans l’industrie de la  » défense »
    C’est bizarre ça me rappelle quelqu’un ….

      +2

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