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27.mai.202027.5.2020 // Les Crises

« Ne sous-estimez pas l’industrie manufacturière chinoise » – Entretien avec le Général Qiao Liang

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Source : Conflits

Qiao Liang est un général de l’armée de l’air à la retraite. Il est professeur à l’Université et il a publié de nombreux ouvrages de stratégie, dont un a été traduit en français : La guerre hors limite. Il est directeur du Conseil pour les Recherches sur la Sécurité Nationale et membre de l’Association des Écrivains Chinois.

Il s’exprime ici à titre privé et sa parole n’engage pas le gouvernement chinois. Toutefois, ce qu’il dit est dans la ligne de ce que pensent les plus hautes autorités chinoises.

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Le Général Qiao Liang est interviewé par les reporters Wei Dongsheng et Zhuang Lei dans le numéro de mai 2020 du magazine Bauhinia (Zijing), revue chinoise publiée à Hong Kong.

Journaliste : Récemment, l’armée américaine a également mobilisé la base militaire de Cheyenne Mountain, a fait appel à des millions de forces de réserve et a mis en garde les citoyens et les soldats américains à l’étranger. Ces circonstances indiquent-elles que la « guerre mondiale est sur le point d’éclater », ce que certains médias estiment non sans fondement ?

Qiao Liang : Mon opinion est exactement l’inverse sur cette question. Les États-Unis sont actuellement dans un moment d’épidémie. Une guerre extérieure ne peut pas résoudre le problème de l’épidémie ni détourner l’attention de la crise intérieure. Qui plus est, les États-Unis mobilisent actuellement les quatre principaux secteurs économiques, plus de 150 bases sont infectées, et quatre porte-avions et un sous-marin nucléaire se trouvent à quai.

Les États-Unis ont une avance incontestable en matière de haute technologie. Il n’est donc pas exclu qu’ils puissent encore mener une guerre de haute technologie face à l’épidémie. Mais la haute technologie dépend de l’industrie manufacturière. En d’autres termes, la bataille finale reste la fabrication.

Les Américains n’ont pas la capacité de produire de respirateurs dont ils possèdent les brevets. Sur 1 400 pièces du ventilateur, plus de 1 100 doivent être produites en Chine, y compris l’assemblage final. C’est le problème des États-Unis aujourd’hui. Ils disposent d’une technologie de pointe, mais n’ont pas de méthodes et de capacité de production, ils doivent donc s’appuyer sur la production chinoise.

Il en va de même pour la guerre. Aujourd’hui, la guerre est toujours une industrie manufacturière. Certains disent que la guerre aujourd’hui est une confrontation de réseaux, la puce est reine. Oui, les puces jouent un rôle irremplaçable dans les guerres modernes de haute technologie. Mais la puce elle-même ne peut pas combattre, la puce doit être installée sur diverses armes et équipements, et toutes sortes d’armes et d’équipements doivent d’abord être produits par une industrie manufacturière forte.

Depuis un demi-siècle, après que le dollar se soit séparé de l’or, les États-Unis ont progressivement utilisé le dollar pour profiter du monde. De fait, ils ont abandonné leur industrie manufacturière bas de gamme et se sont progressivement transformés en un pays d’industries fantômes. Mais en cas d’épidémie ou de guerre, un pays sans industrie manufacturière peut-il être considéré comme un pays puissant ?

Pour parer à cela, la réponse de la Chine est de continuer à maintenir, développer et améliorer son industrie manufacturière, non seulement pour améliorer, mais aussi pour maintenir la fabrication traditionnelle. Lorsque les États-Unis ont besoin d’un grand nombre de masques comme aujourd’hui, le pays tout entier ne dispose même pas d’une chaîne de production complète. Dans de telles circonstances, ils ne peuvent pas réagir à l’épidémie aussi rapidement et avec autant de force que la Chine. Par conséquent, ne sous-estimez pas l’industrie manufacturière bas de gamme, et ne considérez pas l’industrie manufacturière haut de gamme comme le seul objectif du développement manufacturier de la Chine.

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Journaliste : Certains médias ont rapporté que M. Kudlow, président de la Conférence économique nationale de la Maison-Blanche, a appelé au retrait de toutes les entreprises américaines en Chine, et a déclaré que le gouvernement américain rembourserait à 100 % les frais de retour de Chine. Cela signifie-t-il que les États-Unis se préparent à se « découpler » de la Chine et à accélérer progressivement le rythme ?

Qiao Liang : À mon avis, il n’est pas si facile pour les pays développés de se « découpler » de la Chine et de reprendre la fabrication locale. Le dilemme est que si vous voulez reprendre la fabrication, vous devez être mentalement préparé, ou partager les mêmes difficultés et douleurs avec la Chine, et recevoir un salaire égal pour un travail égal, afin que les produits et la main-d’œuvre soient au même prix que la Chine (sinon les produits ne seront pas plus compétitifs que la fabrication chinoise). Cela équivaut à renoncer à l’hégémonie de la monnaie et au pouvoir de fixer les prix des produits.

L’argument selon lequel le Vietnam, les Philippines, le Bangladesh, l’Inde et d’autres pays sont susceptibles de devenir des substituts à la main-d’œuvre bon marché en Chine ne consiste en fait qu’à compter la population, mais réfléchissez au fait de savoir lequel des pays susmentionnés compte plus de travailleurs formés que la Chine ? Combien de ressources humaines de milieu et de haut de gamme ont été produites en Chine au cours des 30 dernières années ? Qui a formé plus de 100 millions d’étudiants de premier cycle et de niveau universitaire ?

En fait, après la crise financière internationale de 2008, les États-Unis ont déjà pris conscience des conséquences de l’effondrement de l’industrie. L’épidémie actuelle n’a pas plus mis en lumière l’absence douloureuse d’industries manufacturières qui manquent plus cruellement aux moyens de subsistance des gens, mais dans quelle mesure est-il facile de reprendre la fabrication ? Où sont les entrepreneurs, les ingénieurs et les travailleurs qualifiés ? Le coût de la main-d’œuvre aux États-Unis est 7 fois plus élevé qu’en Chine. Comment les bénéfices des entreprises peuvent-ils être créés ?

Si vous relancez l’industrie manufacturière, vous n’avez pas besoin d’acheter les produits des autres. De cette façon, il y aura moins de dollars qui circuleront vers les autres pays, et lorsque d’autres pays commerceront entre eux, ils devront trouver d’autres devises. Y aura-t-il encore une hégémonie du dollar ?

Plus important encore, le rétablissement de l’industrie manufacturière portera gravement atteinte aux intérêts des groupes de capitaux financiers américains. Les précédents présidents américains depuis 50 ans maintenaient tous l’hégémonie du dollar, et Trump veut maintenant relancer l’industrie manufacturière. Avec un tel coup d’éclat subversif aux États-Unis, il y a une plus grande possibilité que la finance et l’économie virtuelle n’en reviennent pas. En conséquence, l’empire est en danger.

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Journaliste : Certains médias pensent que l’épidémie actuelle aux États-Unis est qu’il faut saisir cette opportunité pour résoudre la question de Taïwan. Qu’en pensez-vous ?

Qiao Liang : Bien que les États-Unis soient en situation d’épidémie et de difficultés économiques, ils disposent encore d’une puissance militaire pour s’ingérer directement ou indirectement dans la question du détroit de Taïwan. Une intervention chinoise donnerait aux États-Unis une bonne excuse pour bloquer et sanctionner la Chine et la couper du monde occidental, tout en donnant l’occasion aux Américains de mettre leurs propres difficultés de côté et de nous affaiblir parce que les États-Unis et la Chine sont bien conscients que la Chine est toujours fortement dépendante des ressources et des marchés étrangers.

Nous ne pouvons agir qu’au bon moment. Nous ne pouvons pas laisser notre génération commettre le péché d’interrompre le processus de renaissance de la nation chinoise.

Nous devons aussi nous demander si la question de « l’indépendance de Taïwan » ne risque pas de nous entraîner trop loin si nous envisageons la guerre pour résoudre cette question. Face au soutien des États-Unis et des pays occidentaux, pouvons-nous seulement faire quelque chose ? Nous pouvons penser à des moyens d’agir dans l’immense zone grise entre la guerre et la paix, et nous pouvons même envisager des moyens plus particuliers, comme lancer des opérations militaires qui ne déclencheront pas de guerre, mais qui peuvent consister en un usage modéré de la force modérée pour dissuader « l’indépendance de Taïwan ».

A mon avis, le gouvernement américain, le Congrès et les décideurs politiques sont actuellement en difficulté aux États-Unis, que ce soit face aux problèmes de l’épidémie ou à ceux du manque de fabrication. Donc les États-Unis ne peuvent pas laisser la Chine « en paix », ils veulent rallier ses opposants, créer des sujets de préoccupation, occasionner des dépenses d’énergie, l’amener à se disperser et utiliser cette méthode pour se donner des occasions de respirer et de gagner du temps. Telle est la principale intention des États-Unis en continuant à ajouter du chaos pour la Chine.

Les Américains encouragent l’indépendance de Taïwan, mais y a-t-il vraiment un risque de guerre quand que le Congrès américain proclame « nous ne laisserons jamais notre jeunesse saigner pour la question de Taïwan » ? Sans compter que même si les Américains laissent leur jeunesse saigner pour la question de Taïwan, cela ne suffira peut-être pas à contrer la détermination et la capacité de la Chine à réunifier Taïwan.

La Chine doit d’abord faire preuve de détermination stratégique pour résoudre la question de Taïwan, et ensuite de patience stratégique. Nous devons développer et maintenir notre force stratégique pour résoudre la question de Taïwan par la force à tout moment.

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Épidémie et nouvel ordre du monde

Journaliste : Tout le monde parle de l’impact de l’épidémie sur le monde, en évoquant des événements aussi importants que la Première et la Deuxième Guerre mondiale et la désintégration de l’Union soviétique. Comment l’épidémie va-t-elle changer le schéma mondial ?

Qiao Liang : Ce n’est pas la première fois que l’homme est confronté à une épidémie, et toutes les épidémies n’apportent pas un changement aussi important. Pour tout changement, la cause externe est le facteur déclenchant, et la cause interne est le facteur décisif. Cette épidémie n’est que la dernière goutte d’eau qui viendra écraser ce cycle de mondialisation et la force motrice de la mondialisation.

Pourquoi l’épidémie qui se produit aujourd’hui embarrasse autant l’ensemble du monde occidental ? L’essentiel n’est pas de savoir à quel point l’épidémie est terrible, mais de réaliser que les États-Unis et l’Occident ont tous deux connu leur heure de gloire, et qu’ils sont confrontés aujourd’hui à cette épidémie alors qu’ils déclinent.

Au cours du dernier demi-siècle, les États-Unis ont ouvert la voie, puis l’Europe et les pays occidentaux ont suivi, ils se sont engagés dans une voie économique virtuelle et ont progressivement abandonné l’économie réelle. C’est en fait la même raison pour laquelle la Rome antique s’est progressivement effondrée au cours de la période ultérieure en raison de son arrogance et de son extravagance, qui a finalement conduit à l’effondrement de l’empire.

Dans le passé, les Américains corrigeaient les erreurs et ne se plaignaient jamais des autres. Maintenant que les Américains ne peuvent plus corriger leurs propres erreurs, ils commencent à faire porter la responsabilité sur les autres. La raison fondamentale en est que quiconque n’a pas la capacité de corriger ses erreurs aime automatiquement renvoyer la balle. Tout comme la guerre ne peut pas être utilisée pour vaincre l’épidémie, il est également impossible de renvoyer la balle pour corriger ses propres erreurs.

Je pense que l’Occident passera au moins une douzaine de mois à deux ans après l’épidémie pour réparer sa propre économie et réparer son propre traumatisme. Dans ce processus, les soi-disant responsabilités et revendications envers la Chine sont toutes fantaisistes, et finiront par disparaître face à une situation post-épidémique plus grave. La Chine devrait avoir suffisamment confiance en elle pour savoir que tant qu’elle pourra rester suffisamment forte et maintenir avec ténacité ses capacités de production, personne ne pourra lui porter atteinte.

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Commentaire recommandé

LibEgaFra // 27.05.2020 à 08h33

La principale qualité des Chinois, la patience. L’un des principaux défauts des Yankees, l’impatience.

Les Chinois ont de ce fait une stratégie à long terme, alors que les Yankees piaffent d’impatience devant leur première place perdue, économiquement face à la Chine, militairement face à la Russie.

Grâce à la dissuasion, tout conflit nucléaire devient impossible sous peine de destruction mutuelle. Restent les guerres économiques, de propagande (merci Hollywood!) et surtout biologiques. Or ce n’est pas le premier de la classe qui a besoin de recourir aux coups tordus…

51 réactions et commentaires

  • François // 27.05.2020 à 07h43

    La chine est la première puissance industrielle du monde, ils ont les meilleurs entreprises qui y sont représentés (us, japonaise, allemande), de nombreux ingénieurs et de qualité, présent dans tous les domaines, ont une stratégie industrielle long-terme, etc…

    Qui peut sous-estimé leur industrie ?

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    • Santerre // 27.05.2020 à 12h39

      Personne, il ne s’agit pas de sous estimer LEUR industrie mais L’industrie en général.
      Les USA sont devenus 1ere puissance industrielle mondiale vers 1890, 1ere puissance économique vers 1910 et 1ere tout court en 1945.
      Y seraient ils arrivé en renonçant à leur industrie vers 1910?
      Quiao dit que pour financiariser leur économie et offrir de gigantesques dividendes aux actionnaires, les occidentaux ont sacrifié leur industrie (sauf l’Allemagne…).
      En fait, comme disait Lénine, les Chinois nous ont vendu la corde avec laquelle ils vont nous prendre.

        +9

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    • Santerre // 27.05.2020 à 13h29

      Il n’y a jamais eu de Su-35 dans l’armée ukrainienne. Évitez de raconter n’importe quoi svp.
      Quant à l’industrie aéronautique et automobile, ils progressent.
      Sinon, ils envoient des satellites, des robots sur la lune, ils ont un des deux plus puissants ordinateurs du monde, et sont numéro un dans la plupart des branches industrielles.
      Vous parlez d’indemnisation chômage, ce qui n’a rien à voir avec l’industriel. Mais à ce propos, je vous revommande de voir le merveilleux système social US qui, selon l’OCDE, le FMI et la Banque Mondiale est encore plus inégalitaire que le Chinois. Les Chinois n’ont JAMAIS été si prospéres et « heureux » de leur histoire
      En ce qui concerne le vol de brevet, je vous recommandé de lire E. Snowden et vous verrez que la Chine est loin du compte par rapport aux five eyes.
      Quant au vieillissement, il est exactement le même qu’au Japon, à Taïwan et tous les pays développés qui ne « profitent » pas, comme nous, de l’apport massif de la fertilité de millions d’immigrés. Sinon, même avec une réduction de 30%de leur population ils restent 1 milliard quand même, et sans problème de cohésion culturelle ethnique et religieuse. 1 milliard, c’est beaucoup quand même. Et imaginez qu’ils se mettent à encourager la natalité …. 🙂
      Vous avez d’autres arguments ?

        +3

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    • LBSSO // 27.05.2020 à 13h37

      ⁹L’arroseur arrosé.
      Dans cet article, je ne pense pas qu’ il s’agisse d’une mise en garde contre une sous-estimation des performances de l’industrie chinoise.Ce général souligne qu’outre les qualités de ce secteur ,il ne faut pas sous-évaluer son importance stratégique .Point fort.Elle nous place en situation de dépendance.Point faible.
      Les chinois avaient un premier levier de pression qui était leur marché intérieur. En échange de son accès, ils ont négocié des transferts de technologie et des délocalisations sur leur territoire. A présent, ils en ont un autre : notre dépendance, pis notre perte de savoir-faire.
      L’article aurait pu s’ intituler : « maintenant, on vous tient par les c…… ».
      Nul doute que nombre de sources d’approvisionnement doivent être géographiquement diversifiées . Le seront-elles en France ?

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    • Rémi // 27.05.2020 à 18h00

      La chine à ses problèmes, Nous avons les nôtres.
      Ayant un passeport francais je m’interesse uniquement á ce que dit cette article sur notre capacité á régler nos problèmes.
      Je sais c’est étroit de ma part.
      Mais les chinois font de même.
      Et au final comme disait Sun Tzu: Le vainqueur est celui qui fait le moins d’erreurs.

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  • Gabriel51 // 27.05.2020 à 08h20

    …ce que penseNT les autorités chinoises.

    Il faut vraiment lire « La guerre hors limites ». L’idée centrale est que la guerre du XXIème siècle est constituée d’ « opérations de guerre non militaires » : financières, monétaires, industrielles, culturelles, informationnelles, technologiques…

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    • Anfer // 27.05.2020 à 10h05

      Ça n’a rien de nouveau pour les chinois, déjà dans les ouvrages anciens sur la guerre, celle ci est vu comme un objectif politique dont l’affrontement armé n’est que l’une des composante.

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  • LibEgaFra // 27.05.2020 à 08h33

    La principale qualité des Chinois, la patience. L’un des principaux défauts des Yankees, l’impatience.

    Les Chinois ont de ce fait une stratégie à long terme, alors que les Yankees piaffent d’impatience devant leur première place perdue, économiquement face à la Chine, militairement face à la Russie.

    Grâce à la dissuasion, tout conflit nucléaire devient impossible sous peine de destruction mutuelle. Restent les guerres économiques, de propagande (merci Hollywood!) et surtout biologiques. Or ce n’est pas le premier de la classe qui a besoin de recourir aux coups tordus…

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    • Santerre // 27.05.2020 à 10h41

      Les USA ont un état profond, une aristocratie et des doctrines et donc eux aussi des vues à long terme, tré long terme, ne vous y trompez pas.
      Aujourd’hui, on voit une sorte de guerre civile dans l’état profond US entre les globalo-impériaux et les nationalistes jacksoniens. Chaque camp est convaincu de défendre la meilleure option de l’avenir de « l’exeptionnalisme » US. Ça finira par se régler. Mais pour barrer la voie à toute puissance pouvant restreindre les visées stratégies US, ne vous inquiétez pas, il y a consensus. Heureusement, sous estimer l’adversaire est une faute que ne commettent ni Chinois ni Russes ni Iraniens, contrairement à nos adeptes de Grand Soir et de renversement de table qui aiment se payer de mots.

        +10

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    • BOURDEAUX // 27.05.2020 à 13h41

      première place militaire perdue face à la Russie ? Etes-vous sérieux ?

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      • Patrick // 28.05.2020 à 12h32

        Difficile de répondre à ce genre de question.
        Les budgets US sont énormes mais pas forcément efficaces , ils ont servis à développer des trucs qui ne fonctionnent pas et qui ne fonctionneront certainement jamais ( F35 , nouveau porte-avion .. ) , ils servent à entretenir des centaines de bases autour du monde mais ces bases sont-elles vraiment opérationnelles.
        Tout ce que l’on arrive à comprendre c’est que les USA n’attaqueront pas car eux-mêmes ne savent plus si ils sont les premiers ou complètement à la traine. Ils semblerait quand même que les militaires eux-mêmes ne sont pas du tout confiant dans leurs chances de succès ( voire qu’ils sont pratiquement certains de prendre une raclée )

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  • Daniel // 27.05.2020 à 08h36

    D’ne manière un peu plus « théorique », le Dr Xu Jiang, chercheur émérite et directeur du Conseil académique à l’Institut des études internationales de Chine, Pékin avait parlé en Juin 2018 (déjà !) des 3 défis de la Chine : « gérer correctement les trois pièges » :
    « Piège de Thucydide » : le 2ième dépasse le 1er et le 1er n’est pas d’accord
    au « Piège de Kindleberger » : le 2ième dépasse le 1er, et ne prend pas ses responsabilités
    piège de la guerre froide : pas de relation entre les 2 premiers
    aujourd’hui, c’est le piège des néo conservateurs USA qui nous montre que nous sommes en plein dans le Piège de Thucydide.
    Il y a une possibilité de s’en sortir, c’est de construire comme le dit Xi Jingping, « une communauté de destin partagé pour l’humanité » qui permet de résoudre ces 3 pièges.
    C’est dans des moments de crise comme cela qu’il faut choisir entre la paix ou la guerre.

      +8

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    • Daniel // 27.05.2020 à 12h58

      je me rends compte que j’ai oublié le lien sur cette présentation ici :
      https://www.institutschiller.org/Le-futur-des-nations-europeennes-un-grand-dessein-economique-et-culturel-avec.html

      qui se termine par cette phrase
      « Les attitudes négatives des pays occidentaux en général et des États-Unis en particulier suggèrent que les tendances pessimistes sont en hausse dans les relations entre la Chine et les grandes puissances occidentales. Cette situation n’est bien sûr pas bonne pour promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité dans le monde. Par conséquent, les parties concernées devraient unir leurs efforts pour empêcher que ces tendances ne se développent davantage, même si ce n’est pas facile..
      Pour la Chine, cette attitude est pour le moins décevante et inattendue. L’écart entre ses attentes et la réponse occidentale suggère que quelque chose doit avoir mal tourné dans les perceptions mutuelles entre elle et l’Occident. Cela ne veut pas dire que ces tendances négatives soient inévitables. Mais pour éviter que la situation ne se détériore davantage, des efforts devraient être faits pour renforcer la compréhension mutuelle et minimiser les perceptions erronées des deux côtés. »

        +2

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      • Santerre // 27.05.2020 à 13h43

        Comparez ce que gagne chaque pays occidental avec les USa et comparez avec ce que chacun d’eux gagne Avec la Chine et vous allez vite comprendre pourquoi on s’écrase tous devant les ukases US, leurs délirantes exigences d’extraterritorialité de leur droit, et leurs filles exigences stratégiques .
        Et c’est pas fini.

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  • piedecou // 27.05.2020 à 09h25

    On aimerait avoir des analyses de cette qualité venant de nos zélites. Les chinois ont un avantage sur nous ils n’ont ni l’ENA ni sciences po ! Nous n’avons pas fini de dégringoler.

      +16

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    • L’usurpation juste // 27.05.2020 à 11h27

      Ils ont le Parti et c’est bien pareil…ou mieux comme on voudra !

        +4

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    • step // 27.05.2020 à 12h11

      On peut les avoir, mais bizarrement des analyses occidentales sensées je les ai souvent de la part de retraités, qui étrangement ont mené leur carrière active en contradiction avec leurs conclusions… Alors que là, à priori, le retraité ne fait qu’explicité la stratégie actuelle du pays.
      Faut il que le cloaque intellectuel dominant soit à ce point étanche chez nous, ou nos dirigeants lâches pour qu’ils se sentent obligés d’agir en contradiction avec leurs convictions afin d’obtenir une « réussite professionnelle ».

      En tout cas quand « l’adversaire » sait où, depuis quand et comment vous saignez, il est souvent plus à même que vous de déterminer quand vous vous coucherez sur le flanc. Fin de règne occidental… Ceci dit quand on voit la gestion de la question « taiwan », on ne peut qu’être circonspect sur la possibilité de l’ère qui vient d’être meilleure que celle qui s’en va.

        +5

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  • jean-pierre.georges-pichot // 27.05.2020 à 09h47

    ‘À mon avis, il n’est pas si facile pour les pays développés de se « découpler » de la Chine et de reprendre la fabrication locale. Le dilemme est que si vous voulez reprendre la fabrication, vous devez être mentalement préparé, ou partager les mêmes difficultés et douleurs avec la Chine, et recevoir un salaire égal pour un travail égal, afin que les produits et la main-d’œuvre soient au même prix que la Chine (sinon les produits ne seront pas plus compétitifs que la fabrication chinoise). Cela équivaut à renoncer à l’hégémonie de la monnaie et au pouvoir de fixer les prix des produits.’ Le Chinois a du bon sens, et il a sans doute raison de dire que son pays nous tient par les cojones, mais il divague sur le point de la ‘compétitivité’ qui n’a plus de pertinence dans un contexte protectionniste. Ne pas oublier que dans leur histoire les Etats-Unis sont plus souvent protectionnistes que l’inverse. Retranchés dans leur ile, et lançant des entreprises de pillage extérieur. Des Anglais. Des Vikings.

      +3

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    • BOURDEAUX // 27.05.2020 à 15h55

      Sans doute l’auteur pense-t-il ici à la compétitivité à l’intérieur des frontières : autrement dit, nous ne serions pas mentalement prêts à accepter de payer 10 € à un ouvrier français du textile là où nous n’en concédons que 4 pour un chinois. Ce en quoi il n’a pas forcément raison, car jusqu’ici, combien la collectivité dépense-t-elle pour cet ouvrier au chômage, y compris tous les coûts cachés de la marginalisation des individus désespérés ? Après tout, la société française ne consacre peut-être pas loin de ces 6€ d’écart à éviter de le laisser crever de faim ? Au-delà de cette considération comptable, il y a d’ailleurs aussi un facteur relevant de l’agrément sociétal : nous préférons tous avoir pour voisin un type qui bosse et est plus ou moins bien dans sa peau, plutôt qu’un alcoolique à la dérive qui cogne sur ses enfants…

        +4

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      • Jean-pierre.georges-pichot // 27.05.2020 à 16h39

        Bien sûr; C’est ce que je voulais dire. Les Etats-Unis sont capables de diverses configurations par rapport à l’extérieur, et le décrivent explicitement comme cela dans certains écrits géostratégiques. Tout comme l’Angleterre, dont ils héritent leur vision stratégique, les Américains sont des insulaires capables de lever le pont-levis et de conduire des raids. Ils savent que la situation mondiale est asymétrique et que leur position a des éléments de force incomparables. Devant la Chine, empire continental, ils sont sans complexes, car ils ont eu l’Europe et acculé la Russie par les mêmes moyens qui leur serviront encore. Ils sont loin d’être finis. Les Chinois savent qu’ils ne peuvent pas aller trop loin, car les EU peuvent vitrifier la Chine en une après-midi. D’ailleurs les Chinois le savent et c’est pour cela qu’ils n’osent pas débarquer à Taiwan. Evidemment que la question de ‘compétitivité’ n’a aucune validité stratégique. Les Etats-Unis peuvent vivre en autarcie et traiter leurs ouvriers comme des esclaves, car ils ont une culture de l’extrême inégalité et de la répression de masse. D’ailleurs, un rapatriement des industries délocalisées réduirait les inégalités. La Chine est complètement substituable, au prix il est vrai, d’un sacré choc social. Pour nous, c’est une autre affaire.

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      • marc // 28.05.2020 à 04h43

        Vous avez raison, demonstration :
        Quand vous habitez Hong Kong (j’y suis arrivé en 1995), vous pouvez trouver à acheter des ordinateurs portable soit « Made in China », soit « Made in Japan »
        Vous avez ceux produit pour le mass market (en Chine) ou tout est réduit au minimum et ceux de meilleurs finitions, nettement plus robuste, produit au Japon.
        La différence de prix est de 20% a 30% suivant les options, des fois des trucs tout bête, ma femme a acheté un made in china, le cable electrique fait juste 1 metre, le mien made in Japan fait 1,80 m, quand on va dans un restaurant ou autre, ma femme est oblige d’ammener une rallonge electrique, car c’est toujours trop cours de la prise a la table.

        Le SMIC au Japon est sensiblement le même que chez nous, et ils arrivent à produire des produits électroniques, électroménager en faisant travailler leur population. Si vous additionner les aides qu’a un chômeur, il y a très peu de différence avec quelqu’un qui travail.

        https://i.postimg.cc/dtmrx0Dq/IMG-20190515-154147.jpg

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  • Santerre // 27.05.2020 à 10h28

    Tout à fait passionnant. Merci les Crises pour cet article. Instructif au plus haut niveau. Par contre, ce qui prête à sourire c’est que notre général, tout à son esprit d’efficience n’attribue qu’au seul manque de capacité la tendance à rejeter ses propres nullités sur la faute des autres. Il oublie la simple paresse, la facilité, la bêtise la lâcheté et l’orgueil, toutes les faiblesses possibles. Ainsi, cette capacité nouvelle et incroyable des occidentaux à accuser les autres à tout va n’est pas tant un indicateur de baisse d’efficacité dans le traitement des problemes qu’ils rencontrent que la preuve pure et simple d’un affaiblissement (avilissement ?) général, structurel et profond de notre civilisation americano-europeenne.

      +5

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    • Dominique65 // 27.05.2020 à 12h24

      « un affaiblissement (avilissement ?) général, structurel et profond de notre civilisation »
      Tu ne saisis pas la relation de cause à effet ? C’est ce qui conduit précisément à « l’incapacité de corriger ses erreurs » dont parle Quia Liang.

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      • Santerre // 27.05.2020 à 12h31

        C’est très exactement ce que je dis. Je ne comprends pas l’objet de votre post.

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        • Dominique65 // 29.05.2020 à 12h13

          « C’est très exactement ce que je dis »
          Ce n’est pas ce que je lis. Mais ce n’est pas une affaire puisqu’on est en fin de compte d’accord.

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    • Santerre // 27.05.2020 à 13h45

      C’est justement ça qui est intéressant. Faut éviter d’être primaire. Les œillères, c’est jamais bon. Mais si on se les met sous même….

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    • lon // 29.05.2020 à 21h57

      ….la preuve pure et simple d’un affaiblissement (avilissement ?) général, structurel et profond de notre civilisation americano-europeenne….

      On pourrait appeler ça les effets de la corruption .

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  • Séraphim // 27.05.2020 à 11h13

    Heureux de voir (enfin) cet article dont on a parlé dans les commentaires depuis 3 semaines! Soulignant combien il était plus signifiant pour l’avenir proche que tel ou tel traitement pour une épidémie finissante;
    Ce qui se dégage de plus fort dans l’analyse de Qiao, c’est ce qu’il souligne de la « volonté » de construire une souveraineté. Chose que nous pouvons faire aussi bien. Les Chinois ont mis des années de (relatifs) sacrifices pour acquérir les chaines de production et d’approvisionnement. Ce qui veut dire que les sociétés en charge de ce développement étaient toutes d’état, certes, avec vision à long terme, certes, c’est à dire avec des investissements et des prêts à faible rendement. Un 2%/an était considéré comme correct. Mais aussi pendant 20 ans les dirigeants, les cadres, ne se sont pas augmentés en proportion de la croissance, ni même parfois de l’inflation.
    Notre production est partie en Chine parceque nous l’avons voulu. Elle ne partira pas en Indonésie ou au Vietnam parceque les Chinois ne le veulent pas et ne le voudront pas. L’argument du gain sur le coût du travail ne fonctionnera pas. Les Japonais ont refusé d’acheter du riz d’Asie du Sud 8 fois moins cher que le leur, pour préserver leurs paysans et surtout leur environnement (villages, rizières). Les ‘localisations’ chinoises en Afrique visent tout autre chose que le principe de délocalisation.
    C’est marrant comment, ayant abandonné le Christianisme, nous avons renoué avec une dualité corps esprit, souhaitant nous débarrasser de tout le « cambouis ». Cela n’arrivera pas en Chine

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    • Dominique65 // 27.05.2020 à 12h16

      « Les Japonais ont refusé d’acheter du riz d’Asie du Sud 8 fois moins cher que le leur, pour préserver leurs paysans »
      On peut tout de suite oublier ce genre de « protectionnisme » chez nous. les règles de l’UE l’interdisent : ça fausse la concurrence.

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      • Philippe T. // 27.05.2020 à 14h13

        Bonjour,
        Le Japon est autosuffisant en ce qui concerne le riz, grâce à sa politique de subventions généreuses aux producteurs.
        Toutefois le Japon signataire des accords commerciaux « Uruguay Round » est tenu d’importer un quota de riz chaque année. Ce riz n’est pas mis sur le marché sinon pour être transformé, la majeure partie est stockée pour être réexportée ensuite au titre d’aide alimentaire.
        Mais cette politique protectionniste va se terminer, car le Japon a signé l’Accord de Partenariat TransPacifique de 2016. En plus le gouvernement souhaite faire des économies en diminuant les subventions aux riziculteurs.

        https://www.tokyoreview.net/2017/07/where-did-japans-imported-rice-go/

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  • mikatypa // 27.05.2020 à 11h18

    La politique américaine est une politique de puissance : imposer par la force sa domination et obtenir ainsi la soumission de ses adversaires. Ça a si bien fonctionné en 40 avec les deux puissances mondiales, l’Allemagne et le Japon ! Et plus récemment avec la Russie, pourtant puissance militaire. La Chine, combien de divisions ? La relance de la course aux armements est spectaculaire. Abolition des traités de limitations des armements nucléaires, nouvelles armes hypersoniques, etc etc. En même temps, un embargo technologique sur certains produits comme la 5G permettrai de freiner la progression technologique de la Chine.
    Tout ceci fait craindre une solution apocalyptique au déclin US… une bonne guerre pour repartir du bon pied en somme.

      +1

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  • raoul // 27.05.2020 à 11h26

    Beaucoup de choses sont résumé dans le deuxième paragraphe en réponse à la première question :
    « Les États-Unis ont une avance incontestable en matière de haute technologie. Il n’est donc pas exclu qu’ils puissent encore mener une guerre de haute technologie face à l’épidémie. Mais la haute technologie dépend de l’industrie manufacturière. En d’autres termes, la bataille finale reste la fabrication. »
    Pour la France, il y a longtemps que nos élites ont abandonné l’industrie manufacturière, et, se sont focalisés sur la haute technologie. Mais depuis quelques temps, la haute technologie est en disparition dans notre pays (Alstom, Latécoère, etc..). Nous devenons un pays ‘colonisés’. Nos dirigeants se comportent comme ceux des pays africains des années post coloniales, et, laissent notre pays au dépeçage avec une préférence américaine.
    Nous avons de très belles formations d’ingénieurs, de chercheurs.. A croire que les plus mauvais ont intégré la Politique voire le pseudo-journalisme !!
    Ce pays doit se réveiller !

      +11

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  • Foussignargue // 27.05.2020 à 11h59

    Excellent article. Merci !
    Un bémol : je continue à être surpris (et exaspéré) par le lien systématique avec Amazon, dès qu’il s’agit d’un livre. C’est tout de même paradoxal de voir Les Crises, site de qualité plutôt souverainiste, me semble-t-il (c’est en tous cas pour ça que je le fréquente depuis des années, y-compris en tant que modérateur bénévole), promouvoir une multinationale américaine qui échappe totalement à l’impôt pour ses ventes en France. Amazon est fiscalement logée dans un paradis fiscal, le GD de Luxembourg. Elle y paie 0,3 % d’impôt. A titre de comparaison, la librairie que j’ai fondée voici pile trente ans (26 mai 1990) paie, elle, 30 % sur ses bénéfices. Et encourage l’esprit critique, ce que A. ne fait pas.
    Pourquoi promouvoir cette multinationale, au lieu de donner comme lien, par exemple, le site de l’éditeur français ?
    https://www.payot-rivages.fr/rivages/livre/la-guerre-hors-limites-9782743611491

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  • calahan // 27.05.2020 à 12h50

    « Au cours du dernier demi-siècle, les États-Unis ont ouvert la voie, puis l’Europe et les pays occidentaux ont suivi, ils se sont engagés dans une voie économique virtuelle et ont progressivement abandonné l’économie réelle. C’est en fait la même raison pour laquelle la Rome antique s’est progressivement effondrée au cours de la période ultérieure en raison de son arrogance et de son extravagance, qui a finalement conduit à l’effondrement de l’empire. »

    Je n’en pense pas moins.

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  • Candide // 27.05.2020 à 16h09

    Il me semble que pour comprendre les politiques chinoises actuelles il est utile de se remémorer comment nous (les occidentaux + leurs affidés), avons apporté la civilisation des droits de l’homme aux Chinois de puis le milieu du 19 éme sciècle.
    Soit, en résumant: Source= Le Monde Chinois, J. Gernet (Collège de France) chez Armand Collin .

    1840 : Occupation des îles Zhoushan et attaque de Ningbo Par les Anglais.
    1841 : Attaques anglaises sur Canton, Xiamen, Ningbo et Shangaï.
    1842 : Annexion de Hong-Kong et attaque de Shangai et Nankin par les Anglais.
    1844 : Concession anglaise à Xiamen.
    1845: Concession anglaise à Shangaï.
    1849 : Concession française à Shangaï.
    1850 : Annexion de l’embouchure de l’Amour par les Russes.
    1854 : Annexion de la rive Nord de l’Amour par les Russes.
    1856 : Bombardement de Canton par les anglais.
    1857 : Bombardement de Canton par les français et les anglais.
    1858 : Occupation de Canton par les mêmes. Occupation du sud de l’Amour par les Russes.
    1859 : Nouvelle attaque des forts du Haihe (GB + F)
    1860 : Attaque des forts de Haihe. Occupation de Pékin et incendie du palais d’été par les Francais et les Anglais. (Lire Victor Hugo….) .Annexion de Kowloon par les anglais. Concession de Tianjin (GB).
    1861 : Concessions anglaises de Hankou et Canton. Concession françaises de Canton et Tanjin.

      +9

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    • Candide // 27.05.2020 à 16h10

      Suite…
      1862 : Concession anglaises Jiujiang.
      1863 : Concession internationale de Shangaï.
      1868 : Bombardement du port de Haiping (Taẅan) par les anglais.
      1871 : Occupation du territoire de l’Ili par les Russes.
      1874 : Attaque japonaise sur Taïwan et annexion des îles Ryukyu par le Japon.
      1881 : Annexion définitive des territoires de l’Ili par les Russes.
      1884 : L’amiral Courbet bombarde Fouzhou, coule la flotte chinoise de Maxei et bloque le commerce du riz entre Shangaï et la Chine du nord pour affamer Pékin.
      1885 : Les français occupent les îles Penghu et une partie de Taïwan.
      1887 : Annexion de maccao par les Portugais.
      1895 : Annexion de Taẅan et des îles Penghu par les japonais. Concessions allemandes de Hankou et Tiangin.
      1896 : Concessions Russes et Françaises de Hankou.
      1897 : Annexion par l’Allemagne des régions de Quingdao et de Jiaozhou. Concessions japonaises de Suzhou et Hangzhou.
      1898 : Annexion de la région de Weihai par les anglais, de celle de Dhalian et de Lushun (Port Arthur) par les Russes. Concession japonaises de l’Hubei et du Fujian.
      1899 : Les Français annexent la région de Zhanjiang. Concession japonaise de Xiamen.

        +9

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      • birin // 27.05.2020 à 19h03

        Ce n’est pas vraiment pas gentil de déterrer toute cette paperasse aussi poussiéreuse qu’incommodante.

        C’est vrai quoi, puisqu’on te dit que la Chine n’est qu’un pays de faussaires qui nous volent nos brevets pour nous fourguer leur camelote.

        J’ai lu ou entendu quelque part que, avant toutes ces visites de courtoisie, la Chine représentait à elle seule 30% de la production mondiale (ou du commerce, je ne sais plus).
        Tu sais nous dire si cette info est réaliste ?

          +1

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        • Candide // 27.05.2020 à 20h10

          Oui, tout à fait.
          Mais il n’y a pas de mystère profond la dessus, à mon sens. Ces chiffres datent de la fin du 18 ème siècle, avant le début de la révolution industrielle en Angleterre. Le travail humain était la principale source d’énergie, et donc la production était en gros proportionnelle à la population (dans des pays de niveau d’organisation comparables).
          Avec l’arrivée de la machine à vapeur qui multipliait les capacités de production de l’Europe occidentale, la Chine s’est rapidement trouvée dépassée, et l’ Europe en a profité pour la coloniser et la détruire (comme beaucoup d’autres pays par la même occasion).
          Je pense que la politique d’industrialisation et de développement technologique actuelle de la Chine doit beaucoup à cette blessure historique d’un pays qui fut un grand pôle de civilisation mondiale.

            +3

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          • birin // 27.05.2020 à 23h02

            Merci pour l’info Candide,
            je voulais souligner par là la simple réalité que, à 30% du total, la Chine était un géant économique, avant de se faire dépecer et piller.
            Aujourd’hui elle est redevenue un géant qui sait très bien ce qu’elle doit éviter de vivre à nouveau.

            Mais cela éclaire surtout les fantasmes sur les pays « du tiers monde », « en voie de développement », à qui « nous apportons la civilisation ».

            Il faut garder à l’esprit que la majorité d’entre nous ignorons l’histoire de la majorité de pays, parfois même de pays proches, et souvent même l’histoire récente.
            Beaucoup préfèrent oublier jusqu’à notre propre histoire, dans ce genre d’affaires.
            J’ai souvent constaté que personne ne se souvient que en 2011 la France était en guerre en Libye.
            Alors, ce que l’on a fait en Chine au IXX siècle, penses-tu.

              +5

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  • Candide // 27.05.2020 à 16h11

    Suite …
    1900 : Pillage de Pékin et du palais impérial par l’ensemble des troupes coloniales. Expéditions punitives (i-e massacres) du général von Waldersee dans la Chine du Nord.
    1901 : Concessions japonaises dans le Sichuan.
    1902 : Concessions Belges, Italiennes et Autrichiennes de Tianjin.
    1911 : La Mongolie extérieure passe sous contrôle Russe.
    1914 : Le Tibet central et occidental passe sous contrôle Britannique. Les Japonais s’installent au Shandong. (anciennement occupé par les Allemands).
    1931 : Le Japon envahit la Mandchourie.
    1933 : Les Japonais pénètrent en Mongolie du sud-est et au Hebei.
    1937 : Bombardements de Shanghaï et Nankin par les Japonais : Début de la deuxième guerre mondiale.

    … tous des ingrats , ces métèques…

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    • Séraphim // 28.05.2020 à 04h05

      Commencer l’histoire des relations entre l’Ouest et la Chine en 1840, vous avouerez que c’est assez tendancieux et que cela conduit au résultat que l’on attendait…
      Que n’avez-vous mentionné l’histoire antérieure, extraordinaire. Visitez l’observatoire de Pékin et découvrez l’alliance authentique entre les jésuites et les astronomes chinois. L’apport considérable de la mesure du calendrier et de l’observation des étoiles. Revisitez Versailles et de nombreux autres châteaux français avec leur « cabinet chinois ». L’histoire des échanges croisés en technologie et en médecine, l’implantation entre autres bien avant le P4 de Wuhan des hôpitaux français en Chine (à Shanghai mais pas seulement).
      Si l’incendie du Palais d’été vous râcle, relisez Pierre Loti qui arrive après coup, ses voyages dans les villages, la façon dont les français sont accueillis, à rebours des Allemands et des Anglais. Si vous voulez des héros, y’a le choix: de Prosper Gicquel en 1860 qui va aider le gouvernement chinois à moderniser ses troupes contre les révoltés Taiping (qui avaient fait 20 millions de morts quand même) et créer avec Zuo Zongtang l’arsenal de Fuzhou et construire des navires modernes -à son enterrement à Paris en 1886 l’ambassade de Chine sera présente au grand complet-; aux ingénieurs des chemins de fer qui vont créer toutes les grandes lignes de Chine; à Jacquinot de Besange qui sauvera à Shanghai 300 000 Chinois des griffes japonaises, là encore ce sont les Chinois qui vont payer la plaque de bronze mise sur sa maison natale à Saintes. Etc. En grand nombre!

        +3

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  • clauzip12 // 27.05.2020 à 23h35

    Le départ de notre industrie pour la Chine et ses environs est la conséquence de l’actionnariat.
    Ce système de propriété organise la concurrence sur le seul résultat financier.
    En la matière la Chine et autres font nettement mieux en raison des salaires bien moins importants.
    L’actionnariat exclu toute incidence nationale,je veux dire l’intérêt national.C’est un système ou les actionnaires ne voient que d’un œil en ignorant toute autre conséquence dont celle de l’intérêt général du pays auquel elles sont censées faire société.
    La désindustrialisation est la conséquences normale du système dans lequel nous avons plongé depuis 30 ans.
    L’inversion renvoie,non pas à une volonté nationale mais au changement de système prôné ,pour ce qui nous concerne,par l’UE.
    Si cette option devait être lancée,les salaires seraient réduits au de la de l’imaginable avec des conséquences sociales terribles.
    Les gros actionnaires ne seront pas contre, mème si ,indubitablement la consommation s’effondrerait gravement réduisant leurs profits(tout est relatif).
    Je pense que ,tout comptes faits ils maintiendront la situation actuelle pour l’essentiel!

      +3

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  • marc // 28.05.2020 à 05h45

    Ce monsieur dit beaucoup de choses vrai (je suis en Chine et HK depuis 1995 et est fait de l’import-export.), mais il oublie les défauts qu’on les Chinois.
    C’est vrai qu’il vaut mieux avoir une usine qui fabrique des seaux en plastique a 1 euro, que des youtubeurs qui essayent de gagner 1 milliardieme de centime pour un like.

    Si j’ai arrêté de faire de l’import-export en 2007-2008 avec la Chine, c’est que c’est extrêmement usant. Un simple coup d’œil sur le site de la Communauté européenne en cherchant toutes les semaines le rapport « Rapport RAPEX » vous démontrera le pourquoi :

    https://ec.europa.eu/consumers/consumers_safety/safety_products/rapex/alerts/?event=main.listNotifications&year=2019&lng=fr

    Autant dire que certains de ces produits sont stoppes en Europe, mais déferle sur les autres continents qui sont regardant sur les normes.

    Quand vous êtes a Canton, province très réputée pour les contrefaçons, il vous suffit d’acheter un petit guide de 72 pages, ou tous les marches grossistes, semi-grossiste de la région sont répertoriés, dans 100 % des adresses vous allez trouver des contrefaçons de gros. Le plus facile a trouver, c’est ou se trouve l’équivalent de la préfecture, ou les étrangers peuvent renouveler leur Visa, il suffit de traverser la rue pour être au marche des chaussures, 5000 magasins et grossistes, juste 50 mètres a faire pour trouver les 1ere contrefaçons,a la vue des policiers de la préfecture qui est en face.

    Une simple volonté des occidentaux a contrôler plus sévèrement les produits chinois, et la Chine déraille,

      +1

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    • Séraphim // 28.05.2020 à 11h20

      Le ‘fake’ n’est qu’une étape de plus dans la recherche de pouvoir d’achat. Après les crédits à la consommation, les délocalisations, et bien le fake arrive en bout de chaine. Il n’est pas un avatar ou une tromperie, mais répond à l’essence même du projet. Les usines d’où sortent les fakes sont les usines des marques!
      Par ailleurs le ‘droit d’auteur’ pour un T shirt avec une impression, un sac avec des lettres entrelacées, c’est en soi un abus considérable du droit au monopole. Quand une invention est réellement une invention elle n’a que peu à craindre.
      Enfin la qualité chinoise n’est plus du tout celle des années 90, ou même jusqu’à 2010.

        +1

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  • xavier37 // 28.05.2020 à 08h30

    Si je résume.
    Je te tiens, tu me tiens par la barbichette….

    Les dirigeants occidentaux ont besoin des industries chinoises pour faire croire à leurs peuples qu’ils sont riches et peuvent gaspiller à volonté.(Walmart. »Save money. Live better »…)

    Les chinois ont besoins des marchés occidentaux et autres pour assurer leur croissance économique et faire croire à leur population un avenir radieux.

    Relocalisation, oui, c’est indispensable. Mais, il faut aussi des produits durables et réparables idéalement si on se place dans une perspective durable.
    Fini de teeshirt à 2€ et la basquette à 20€ pour une saison. Une révolution pour les consommateurs amateurs de French-days, promo permanentes, soldes…

      +1

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