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29.juillet.202029.7.2020 // Les Crises

États-Unis : la Police, les Prisons et le Pentagone

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Source : Consortium News, William D. Hartung
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

A l’ère de la Covid 19, du changement climatique et d’une attention accrue sur le racisme structurel qui perdure, une nouvelle approche de la « sécurité » est désespérément nécessaire, écrit William D. Hartung.

Des manifestants en soutien à George Floyd devant la Maison Blanche, 30 Mai 2020 (Rosa Pineda, CC BY-SA 4.0, Wikipedia Commons)

Voyez cela comme un système guerrier que nous subissons chez nous depuis des années. Le meurtre de George Floyd a enfin mis en lumière le besoin de dissoudre les départements de police locaux et de trouver des alternatives pour assurer réellement sûreté et sécurité. Le même genre de lumière devra bientôt éclairer la machine militaire américaine et les dégats incroyablement bien financés qu’elle commet depuis bientôt 19 ans partout, depuis le grand Moyen Orient jusqu’à l’Afrique.

Les priorités distordues dans les financements ne sont pas les seules forces motrices dans le phénomène des violences policières contres les communautés de couleur, mais rediriger les ressources de la police vers d’autres secteurs comme l’emploi, l’éducation, le logement et la justice pourraient représenter une grande partie de la solution. Et tout effort pour encourager les dépenses pour des programmes sociaux devraient inclure des coupes massives dans le budget dispendieux du Pentagone. En résumé, il est temps de définancer nos guerres, que ce soit sur notre territoire ou à l’étranger.

Les coûts élevés de la police et des prisons

Dans la plupart des États et des localités, les dépenses pour la police et les prisons dépassent ce que le révérend Martin Luther King, Jr. a un jour décrit comme des « programmes d’amélioration sociale ». Les chiffres sont stupéfiants. Dans certaines juridictions, la police à elle seule peut représenter jusqu’à 40 % des budgets locaux, ce qui laisse peu de place à d’autres priorités. À New York, par exemple, le financement des opérations et des indemnisations du service de police coûte plus de 10 milliards de dollars par an, soit plus que ce que le gouvernement fédéral dépense pour les Centers for Disease Control and Prevention (Centres de médecine préventive). À l’échelle nationale, plus de 100 milliards de dollars sont consacrés chaque année au maintien de l’ordre.

Ajoutez à cela un autre chiffre : ce qu’il en coûte de maintenr en détention environ 2 millions (oui 2 000 000 !) d’Américains dans des prisons et des centres de détention – environ 120 milliards de dollars par an. Comme pour la police, en d’autres termes, l’incarcération est une activité économique considérable dans ce pays en 2020. Après tout, la population carcérale a augmenté de près de 700 % depuis 1972, en grande partie à cause de la « guerre contre la drogue », une soi-disant guerre qui a ciblé de manière disproportionnée les gens de couleur.

Conditions de vie de la prison d’État de Californie, 19 juillet 2006. (Département californien des services correctionnels, Wikimedia Commons)

Un éléphant dans la pièce : Les dépenses du Pentagone

Outre la police et les prisons, l’autre grande source de dépenses militaires américaines est, bien sûr, le Pentagone. Ce département, ainsi que les activités connexes comme le financement des armes nucléaires au sein du ministère de l’énergie, engloutit désormais au moins 750 milliards de dollars par an. C’est plus que les budgets militaires des dix pays suivants de la liste réunis.

Tout comme les prisons et la police consomment une proportion étonnante des budgets des États et des collectivités locales, le Pentagone représente plus de la moitié du budget discrétionnaire du gouvernement fédéral, qui comprend la plupart des fonctions gouvernementales autres que la sécurité sociale, l’assurance maladie et l’aide médicale. Comme Ashik Siddique du Projet des priorités nationales l’a fait remarquer, la dernière proposition budgétaire de l’administration Trump, de manière particulièrement frappante, « privilégie la force brute et la militarisation plutôt que les solutions diplomatiques et humanitaires aux crises sociétales urgentes ». « Presque tous les départements non militarisés financés par le budget discrétionnaire », ajoute-t-il, « sont sur la sellette, y compris tous ceux qui se concentrent sur la réduction de la pauvreté et la satisfaction des besoins humains comme l’éducation, le logement, le travail, la santé, l’énergie et les transports ».

Des camions Taco forment la manifestation du Mur des Tacos devant le Trump International Hotel de Las Vegas avant le dernier débat présidentiel américain de 2016, le 19 octobre 2016. (Jessie Oni, Voice of America, Wikimedia Commons)

Les dépenses consacrées à la militarisation de la frontière entre les États-Unis et le Mexique et à l’expulsion des immigrants par des organismes comme l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et le Customs and Border Protection s’élèvent à 24 milliards de dollars supplémentaires par an. Ce chiffre ne tient même pas compte de l’explosion des budgets d’autres services de sécurité nationale américains comme le ministère de la sécurité intérieure (92 milliards de dollars) et l’administration des vétérans (243 milliards de dollar – coût des guerres passées). En mai 2019, Mandy Smithberger du Project on Government Oversight et moi-même avions déjà estimé que le budget total de la sécurité nationale, Pentagone compris, était d’environ 1,25 trillion de dollars par an et cette estimation, bien sûr, n’incluait pas plus la police que le système carcéral !

Une autre façon d’aborder le problème est de se concentrer sur la part du budget fédéral qui va au Pentagone et à d’autres activités militarisées, notamment les prisons fédérales, l’application des lois sur l’immigration et les prestations aux anciens combattants. Une analyse du Projet des priorités nationales de l’Institut d’études politiques (Institute for Policy Studies) estime ce chiffre à 887 milliards de dollars, soit plus de 64 % du budget discrétionnaire fédéral, qui comprend la santé publique, l’éducation, la protection de l’environnement, la formation professionnelle, le développement énergétique, le logement, les transports, la recherche scientifique, etc.

Faire le lien : Le programme 1033

Black Lives Matter manifeste à Ferguson, Missouri, le 17 août 2014. (Loavesofbread, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

Depuis que des images de la police déployant des véhicules blindés contre des manifestants pacifiques à Ferguson, Missouri, ont été diffusées sur les ondes nationales en 2014, le programme du Pentagone pour fournir du matériel militaire « excédentaire » aux services de police locaux a fait l’objet d’un reportage. Il a également attiré l’attention particulière du Congrès et du pouvoir exécutif.

Depuis 1997, le programme 1033 du Pentagone, comme on l’appelle, a permis d’acheminer plus de 7,4 milliards de dollars de matériel excédentaire, notamment des véhicules blindés résistants aux mines du type utilisé sur les champs de bataille en Irak et en Afghanistan, ainsi que des fusils, des munitions, des lance-grenades et des dispositifs de vision nocturne vers 8 000 organismes différents entrant dans le champs d’application de la loi. Comme l’a souligné Brian Barrett à Wired, « les forces de l’ordre locales réagissant à des manifestations, même non violentes, ont souvent ressemblé davantage aux forces armées américaines ». Le politologue Ryan Welch a co-écrit en 2017, une étude indiquant, à propos des services de police équipés de cette manière, « que les officiers ayant du matériel et des mentalités militaires auront recours à la violence plus souvent et plus rapidement ».

Un policier anti-émeute asperge de gaz poivré des manifestants assis lors des manifestations contre l’OMC à Seattle en 1999. (Steve Kaiser, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons)

Dans ces circonstances et compte tenu des gens qui fournissent le matériel, il n’est pas surprenant d’apprendre que le programme 1033 souffre également d’un manque d’encadrement eet d’une surveillance laxiste. En 2017, le Government Accountability Office (GAO) a créé une fausse agence d’application de la loi et a pu acquérir pour 1,2 million de dollars d’équipement grâce au programme, notamment des lunettes de vision nocturne et des fusils M-16A2 modifiés. La demande a été approuvée dans la semaine qui a suivi la demande du GAO.

L’administration Obama a finalement mis en œuvre certaines réformes dans le sillage de Ferguson, interdisant entre autres le transfert de véhicules à chenilles, de lance-grenades et d’avions armés, tout en exigeant des services de police qu’ils fournissent des justifications plus détaillées décrivant leurs besoins en équipements spécifiques. Mais ces modestes efforts – et ils se sont avérés modestes – ont été rapidement rejetés lorsque Donald Trump a pris ses fonctions. Et les changements apportés à l’administration Trump ont rapidement eu un effet perceptible. En 2019, le programme 1033 a connu l’une des plus grandes années de son histoire, avec environ 15 750 articles militaires transférés aux forces de l’ordre, un chiffre qui n’a été dépassé qu’en 2012, pendant les années Obama, lorsque 17 000 de ces articles ont été distribués.

Les stagiaires des services secrets dans un exercice de mandat de perquisition lors d’une intrusion armée dans un domicile. (Services secrets américains, Wikimedia Commons)

Comme nous l’avons indiqué, il a été démontré que la simple possession de matériel militaire alimente la « culture guerrière » de plus en plus affirmée qui caractérise désormais tant de services de police, comme en témoigne le recours au SWAT, équipes spéciales armes et tactiques dotées d’armes militaires pour les activités de routine de lutte contre la drogue. Mais il ne s’agit pas seulement d’équipes SWAT. L’armement et les articles connexes fournis dans le cadre du programme 1033 sont largement utilisés par les forces de police ordinaires. NBC News, par exemple, a rapporté que des véhicules blindés ont été utilisés au moins 29 fois en réponse aux manifestations « Black Lives Matter » organisées depuis le meurtre de George Floyd, y compris dans les grandes zones urbaines comme Philadelphie et Cincinnati. NBC a également déterminé que plus de 1 100 véhicules blindés résistants aux mines et protégés contre les embuscades ont été attribués aux forces de l’ordre locales dans le cadre du programme MRAP, allant à des communautés de toutes tailles, y compris Sanford, Maine, 20 000 habitants, et Moundsville, Virginie occidentale, 8 400 habitants.

Un rapport de l’Union américaine des libertés civiles (ACLU) a également rendu compte de l’utilisation d’équipements fournis par le Pentagone dans des intrusiosn domiciliaires sans coup férir, notamment en se rendant chez les gens dans des véhicules blindés de ce type pour lancer les raids. L’ACLU a conclu que « la militarisation de la police américaine est évidente dans la formation que les policiers reçoivent, et qui les encourage à adopter une mentalité de « guerrier » et à penser aux personnes qu’ils sont censés servir comme à des ennemis, ainsi que dans l’équipement qu’ils utilisent, comme les béliers, les grenades aveuglantes et les APC [véhicules blindés de transport de troupes] ».

Qui en profite ?

Le président Donald Trump s’adresse aux membres du Conseil national de sécurité lors d’une réunion au Pentagone, le 20 juillet 2017. (DoD, Amber I. Smith)

Les entreprises du complexe militaro-industriel gagnent des milliards de dollars en vendant des armes, en construisant et en exploitant des prisons et des centres de détention, en étantlesfournisseurs pour la police, tout en s’attaquant théoriquement à des problèmes aux racines sociales et économiques profondes. En règle générale, ces problèmes ne font qu’empirer et s’enraciner davantage au fil du temps. Prenons, par exemple, les géants de l’armement comme Lockheed Martin, Boeing et Raytheon qui tirent un profit énorme de la vente de systèmes d’armes à l’Arabie Saoudite, des armes qui, à leur tour, ont été utilisées pour tuer des dizaines de milliers de civils au Yémen, détruire les infrastructures civiles dans ce pays et bloquer la fourniture d’une aide humanitaire dont le besoin se fait désespérément sentir. Le résultat : plus de 100 000 morts dans ce pays et des millions d’autres au bord de la famine et de la maladie, dont la Covid-19.

Ces grandes entreprises d’armement ont également été en première ligne lorsqu’il s’est agi de tirer profit des interminables guerres américaines de l’après-11 septembre. Le projet sur les coûts de la guerre de l’université Brown estime que les États-Unis ont dépensé plus de 6 400 milliards de dollars pour certains de ces conflits à l’étranger depuis 2001. Des centaines de milliards de ces dollars se sont retrouvés dans les poches des entrepreneurs de la défense, alors que les problèmes aux États-Unis, restés beaucoup moins bien financés, n’ont fait qu’empirer.

Des marines américains de la base commune d’Andrews, dans le Maryland, le 14 septembre 2012, transportent les cercueils de quatre membres du personnel diplomatique américain tués lors d’une attaque contre le consulat américain à Benghazi, en Libye. (Maison Blanche, Pete Souza)

Par ailleurs, le budget ordinaire du Pentagone, combiné aux dépenses directes pour les guerres, parvient également à fournir d’énormes avantages à ces fabricants d’armes. Près de la moitié du budget de 750 milliards de dollars du ministère leur est consacrée. Selon le dernier rapport du Federal Procurement Data System sur les principaux bénéficiaires des contrats gouvernementaux, les cinq plus grands fabricants d’armes américains à eux seuls – Lockheed Martin, Boeing, Raytheon, Northrop Grumman et General Dynamics – se sont partagés plus de 100 milliards de dollars via leurs contrats avec le Pentagone en 2019. Dans le même temps, ces cinq mêmes entreprises versent à leurs PDG un total d’environ 100 millions de dollars par an, et des centaines de millions de plus vont à d’autres cadres supérieurs et membres des conseils d’administration.

Entre-temps, au cours des années Trump, la militarisation de la frontière a offert une chance commerciale particulièrement lucrative, General Atomics, par exemple, fournissant toujours plus de drones de surveillance et General Dynamics un système de surveillance par capteurs à distance toujours plus complexe et plus coûteux. Il y a également des millions à gagner en gérant des prisons privatisées et des centres de détention pour immigrants, remplissant les coffres d’entreprises comme CoreCivic et le groupe GEO, qui ont réalisé des bénéfices records ces dernières années tout en tirant environ la moitié de leurs revenus de ces deux sources.

Enfin, il y a le marché pour encore plus d’équipements de police. Les forces locales bénéficient de subventions du ministère de la sécurité intérieure pour acheter une large gamme d’articles qui complètent le programme 1033 du Pentagone.

Le vrai résultat final

Ecole du Yémen bombardée en avril 2019. (Flickr)

On a beaucoup écrit sur les échecs des guerres américaines de l’après-11 septembre, qui ont coûté des milliards de dollars au trésor public abondé par les contribuables, pris des centaines de milliers de vies (américaines et autres) et infligé des blessures physiques et psychologiques à des centaines de milliers d’autres. Elles ont également soutenu des régimes dictatoriaux et corrompus qui ont en fait facilité la formation et la propagation de groupes terroristes comme Al-Qaïda et l’Etat islamique. Il faut voir cela comme l’effet boomerang ultime, dans lequel la violence engendre plus de violence, tout en permettant aux organisations terroristes étrangères de prospérer. Comme le journaliste Nick Turse l’a fait remarquer à propos de la militarisation de la politique américaine en Afrique, l’augmentation des opérations militaires américaines sur ce continent s’est déroulée de manière assez frappante, dans une courbe parallèle à celle de la prolifération de nouveaux groupes terroristes. Les opérations antiterroristes américaines sur ce continent ont été inefficaces. Et fort probablement, elles ont simplement contribué à engendrer un nouvel accroissement des activités terroristes dans la région.

Tout cela a été, en retour, un désastre permanent pour les programmes nationaux sous-financés qui aideraient en fait les Américains ordinaires plutôt que de gaspiller l’argent de leurs impôts pour ce qui passe pour, mais n’est évidemment pas, de la « défense nationale ». À l’ère de la Covid-19, du changement climatique et de l’attention accrue portée au racisme structurel de longue date et à la violence anti-noir, une nouvelle approche de la « sécurité » est désespérément nécessaire, une approche qui privilégie non pas encore plus de bombes, d’armes à feu, de forces de police militarisées et de porte-avions, mais la santé publique, la protection de l’environnement et des programmes indispensables pour des emplois et une éducation de qualité pour les communautés défavorisées.

Sur le plan intérieur, en particulier dans les communautés de couleur, la police est plus souvent considérée comme une force d’occupation que comme une source de protection (et depuis le lancement du programme 1033, c’est de plus en plus à cela qu’elle ressemble). Cela a conduit à des appels pour dé-financer la police et chercher d’autres moyens pour assurer la sécurité publique, notamment, et c’est le minimum, en n’envoyant pas la police pour gérer des délits liés à la drogue, des disputes domestiques et des problèmes causés par des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Des organisations telles que Reclaim the Block, basée à Minneapolis, ont avancé des propositions pour une réponse de crise par des institutions autres que la police et pour des programmes communautaires de résolution des conflits et de promotion de la justice réparatrice.

Changer les priorités

Le 8 juin 2020, une zone sans police a été créée dans le quartier de Capitol Hill à Seattle. (Alex Glidewell, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

De fortes réductions des dépenses concernant la police, les prisons et le Pentagone pourraient libérer des centaines de milliards de dollars pour des programmes qui pourraient commencer à combler le manque de dépenses en investissements publics dans les communautés de couleur et ailleurs.

Des organisations comme le Movement for Black Lives et la Poor People’s Campaign exigent déjà ce genre de changements. Dans son budget moral, une proposition globale visant à réorienter les ressources de l’Amérique vers la lutte contre la pauvreté en les supprimant pour la guerre, le racisme et la destruction écologique, la Poor People’s Campaign demande une réduction annuelle de 350 milliards de dollars des dépenses du Pentagone, soit près de la moitié des niveaux actuels. De même, la plate-forme du Movement for Black Lives a suggéré une réduction de 50 % des dépenses du Pentagone. Et un nouveau mouvement de jeunes antimilitaristes, Dissenters, a appelé à diminuer le financement des forces armées ainsi que de la police

En fin de compte, la sécurité de tous les Américains ne dépendra pas seulement d’un redéploiement des financements ou d’une réduction de l’armement de la police. Après tout, George Floyd et Eric Garner – deux seulement de la longue liste des Noirs américains morts aux mains de la police – ont été tués non pas avec des armes de haute technologie, mais avec un genou à la gorge et une prise d’étranglement fatale. Le transfert de fonds de la police vers les services sociaux, le démantèlement des forces de police telles qu’elles existent aujourd’hui et la création de nouvelles institutions pour protéger les communautés devraient être une partie essentielle de toute solution au lendemain de la présidence de Donald Trump. De même, des investissements dans la diplomatie, l’assistance économique et les échanges culturels seraient nécessaires afin de contribuer à freiner la machine de guerre américaine qui, bien sûr, a été entretenue d’une manière sans précédent au cours de ce siècle, au détriment de totu le reste, depuis les soins de santé jusqu’à l’éducation en passant par les infrastructures. En ce qui concerne la police et le Pentagone, plus vite le changement interviendra, mieux ce sera pour nous tous. Il est grand temps de dé-financer les guerres américaines, tant à l’étranger qu’à l’intérieur du pays.

William D. Hartung, un habitué du TomDispatch, est le directeur du Arms and Security Project au Center for International Policy et l’auteur de « Prophets of War : Lockheed Martin and the Making of the Military-Industrial Complex ».

Source : Consortium News, William D. Hartung
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

FredT. // 29.07.2020 à 11h14

Les USA se dirigent tout droit vers la guerre civile . les partis professionnels de la politique , de droite comme de gauche, sont entrain d’importer ça chez nous .

18 réactions et commentaires

  • Kallas // 29.07.2020 à 10h14

    Article intéressant, beaucoup de licornes et de paillettes mais sur le fond il a raison. Se dégage tous de même une innocence naïve sur les mouvements sociaux et a qui donner l’argent de l armée. Mais c est tjs un début.

      +3

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  • Alfred // 29.07.2020 à 11h07

    « Le meurtre de George Floyd a enfin mis en lumière le besoin de dissoudre les départements de police locaux et de trouver des alternatives pour assurer réellement sûreté et sécurité.  »
    Il faut vraiment avoir le goût de l’autre, voire le goût de l’autoflagellation et du temps à perdre pour lire plus loin.
    Dissoudre les départements de police au lieu de les réformer? Parc contre on ne dissous pas l’union européenne, elle on la réforme?
    Rien que ça ça devrait vous alarmer sur les crises mais non. Mais que faites vous? Que voulez vous?

      +13

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    • LibEgaFra // 29.07.2020 à 12h21

      Quel est le rapport entre la police us et l’ue?

      Hormis le fait que ni l’une ni l’autre ne sont réformables.

        +5

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  • FredT. // 29.07.2020 à 11h14

    Les USA se dirigent tout droit vers la guerre civile . les partis professionnels de la politique , de droite comme de gauche, sont entrain d’importer ça chez nous .

      +17

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    • Patrick // 31.07.2020 à 07h44

      oui, nos partis ( surtout à gauche) ont beaucoup misé sur le clientélisme électoral. Ils ont espéré capter les voix d’une partie des électeurs en jouant sur la communautarisation.
      Et tout ça est en train de leur exploser à la figure, mais ce sont les citoyens qui en paient vraiment les conséquences.

        +5

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  • Richy // 29.07.2020 à 12h36

    Nous aussi Nous nous dirigeons vers une guerre civile de basse intensité
    Les États-Unis n’ont pas de problème de dollars, il leur suffit d’en créer et les pays alliés , de grès ou de force , Payeront addition, pétrodollars entre autres.
    Quant à la population violente qu’il faut enfermer, nous nous dirigeons vers La même situation
    Regardons en face la situation » Traoré «  Qui ne sont aucunement les personnes représentante des gens de couleur mais plus simplement des provocateurs professionnels La question étant payé par qui et pourquoi ?

      +12

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    • michlou // 30.07.2020 à 04h56

      Qui sont les personnes représentante des gens de couleurs svp?

      et pour les blancs ?

        +4

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  • Savonarole // 29.07.2020 à 13h35

    Je suis pas sur qu’un conflit sur bases raciales soit possibles en France , sur base religieuse il y a eut des essais mais la France a une certaine expérience de la religion et des conflits qu’elle engendre. Paradoxalement , la laïcité « à la française » est tellement unique qu’elle a tendance à tuer dans l’œuf le séparatisme et toute influence extérieure apparaît rapidement pour ce qu’elle est et en perd beaucoup de sa force de frappe.
    La France a beaucoup plus de chances d’exploser sur des questions sociale que sur tout le reste. Ceux qui ne l’ont pas compris gâchent leur argent.

      +11

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    • Garibaldi2 // 31.07.2020 à 11h53

      Le fait qu’il y ait un fort risque d’explosion sociale, ne signifie pas que la France risque d’exploser pour des raisons sociales. En 1968 la France a été paralysée par une grève générale de plus de 7 millions de travailleurs, avec des manifestations massives et des événements violents au Quartier Latin, et le pays n’a pas explosé. Contrairement à ce que voudrait nous faire croire certains, je suis persuadé que les Français, de toutes origines, sont très attachés à leur pays. Tout ce qu’ils demandent c’est de la justice.

        +2

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  • Patrick // 30.07.2020 à 14h17

    Il a été démontré par l’expérience que la police américaine n’est pas nécessaire.
    L’expérience CHAZ à Seattle s’est passée sans police, elle a été remplacée par des gangs qui ont tué au moins autant de noirs.
    Et l’expérience est tentée actuellement dans d’autres villes US.

      +3

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  • Alain // 01.08.2020 à 02h57

    Pas vu beaucoup de manifestations anti-guerre après celle du Vietnam, donc aucune raison que le peuple américain soit immunisé contre la violence que leurs gouvernements successifs déchaînent sur le monde

      +1

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  • Jean // 01.08.2020 à 09h05

    « Regardez la façon dont nous rendons compte des violences policières. Beaucoup de médias relativisent le sujet en assénant qu’il y a autant de fusillades pour les blancs que pour les noirs, et d’une certaine manière, ils agissent comme si cela prouvait qu’il n’y a pas de problème. Cela ne prend en compte que les fusillades qui sont enregistrées. Quand un policier vous pousse contre le mur et vous donne un coup de poing derrière la tête, cela n’est pas enregistré, et je vous garantis que cela arrive bien plus souvent aux pauvres, aux noirs, pas seulement aux États-Unis mais partout dans le monde. Nous devons regarder cette réalité en face et la reconnaître. »

    Source : https://lvsl.fr/entretien-avec-arthur-rizer-cest-dans-la-mentalite-des-policiers-americains-que-se-trouve-le-veritable-danger/

      +2

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  • Jean // 01.08.2020 à 09h15

    « La police est censée protéger les gens, indépendamment de ce qu’ils ont pu faire, même quand il peut s’agir d’un crime ou d’une infraction grave. En revanche, quand j’étais soldat en Irak, mon travail consistait à tuer certaines personnes. C’est le rôle du soldat. Cela peut choquer, mais c’est comme ça depuis que les civilisations ont organisé les armées. En brouillant les frontières entre la police et l’armée, vous causez vraiment d’énormes problèmes dans un pays. Si vous formez un policier comme un soldat, que vous l’équipez comme un soldat, et que vous lui dites ensuite que sa mission est essentiellement militaire, pourquoi être surpris qu’il agisse comme un soldat ? »

    Source : https://lvsl.fr/entretien-avec-arthur-rizer-cest-dans-la-mentalite-des-policiers-americains-que-se-trouve-le-veritable-danger/

      +3

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  • Jean // 01.08.2020 à 20h21

    « L’indignation suscitée par l’incident de mardi a été intensifiée par sa ressemblance avec les arrestations par enlèvement effectuées ces dernières semaines par la police paramilitaire fédérale à Portland en Oregon. Dans cette ville, une section tactique des agents des Douanes et protection des frontières (CBP), connue sous le nom de BORTAC, a été déployée par le président Trump pour réprimer les manifestations près du palais de justice fédéral. C’est le BORTAC qui a saisi les manifestants, les a jetés dans des fourgons banalisés et les a emmenés dans des lieux secrets où ils sont soumis à des interrogatoires pendant des heures. L’élément de terreur et d’intimidation se trouve renforcé par le fait que les victimes ne savent pas qui les a embarqués ni où elles se trouvent détenues. »

    Source : https://www.wsws.org/fr/articles/2020/07/31/nypd-j31.html

      +2

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    • Jean // 01.08.2020 à 20h33

      « Les manifestations en cours à Portland et dans d’autres villes restent majoritairement pacifiques. Ce fut le déploiement, malgré l’opposition des responsables de l’État et des villes, d’une unité tactique spéciale de la police fédérale anti-immigration, du CBP, appelée BORTAC, qui a conduit à une recrudescence du vandalisme dont une bonne partie est, sans aucun doute, le fait de provocateurs de la police. La BORTAC a été déployée dans les zones de guerre américaines du Moyen-Orient et d’Asie centrale et est connue pour sa mentalité fasciste et la brutalité de ses agents. »

      Source : https://www.wsws.org/fr/articles/2020/07/30/euce-j30.html

        +1

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