Source : La Croix, Gérard Chaland, 16-12-2015

Pour Gérard Chaliand, expert en stratégie (1), notre idéal démocratique doit désormais s’appuyer sur une fermeté politique et un arsenal juridique adapté à cette nouvelle forme de conflit.

Né en Belgique, Gérard Chaliand est un spécialiste écouté des relations internationales, de la stratégie, des conflits armés et des guerres irrégulières

La Croix : Comment analysez-vous les attentats de vendredi soir à Paris ?

Gérard Chaliand : Les attaques contre Paris étaient prévisibles depuis longtemps. Déjà, du temps d’Al-Qaïda, la France était située en tête de la liste des pays que promettaient de frapper les djihadistes. Nos engagements militaires ont exacerbé cet objectif déclaré. Je note surtout la minutie de la préparation et son indiscutable impact.

Mais, au-delà du caractère tragique de ces événements, les autorités françaises ne peuvent plus s’en tenir à des propos fermes. Elles doivent passer à des décisions fermes. Déclamer que « nous sommes en guerre » (alors qu’il s’agit d’un conflit), soit. Mais où sont les mesures de guerre ? Je ne les vois nulle part.

Nous avons projeté nos forces militaires à l’extérieur, dans une demi-douzaine de théâtres d’opération. Sur le territoire français, le plan Vigipirate n’a d’efficacité que symbolique et nous n’avons rien fait sur le plan législatif. Il est grand temps de passer aux choses sérieuses.

Il faut arrêter de suspecter des suspects, ne plus attendre qu’ils nuisent pour découvrir, trop tard, qu’ils représentaient une menace sérieuse. Il faut que cesse cette propagande ouverte, ou semi-ouverte, ou à caractère plus ou moins clandestin, menée par des réseaux d’imams, recevant de l’argent de l’étranger dont nous connaissons souvent les filières.

Faire cesser les agissements de ces prêcheurs qui sèment la haine et dont nous récoltons les fruits. Nous devons adapter aux circonstances notre idéal démocratique qui ne convient plus tout à fait aux conditions d’aujourd’hui.

Quelle distinction faites-vous entre guerre et conflit ?G. C. : La guerre se mène sur un front, avec un ennemi déclaré, visible, localisable. Une situation de conflit, c’est se retrouver avec un adversaire furtif, non aisément localisable. Comme sur le territoire français, par exemple. Ici, nous sommes en guerre de quoi ? Avec qui ? C’est une affaire d’abord de police, de conflits sociaux et idéologiques, avec un adversaire clandestin.

On ne fait pas la guerre avec un clandestin, on le traque. Ce n’est donc pas une guerre, au sens classique du terme. On peut se déclarer « en guerre »mais on fait quoi ? Ce qui compte, ce sont les actes, la fermeté de la réponse de l’État, pas les déclarations spectaculaires ou les mouvements de menton. Il faut modifier l’arsenal juridique et agir avec efficacité.

Que vous inspire le mode opératoire utilisé par les trois commandos dans les rues de Paris ?

G. C. : Rien de neuf. S’attaquer aveuglément et résolument à des civils, cette méthode a déjà été utilisée à Madrid en 2004 (192 morts, 1 800 blessés). Elle a eu pour résultat le retrait des troupes espagnoles d’Afghanistan. C’est une opération d’ordre psychologique. Le terrorisme vise les esprits et les volontés.

Le modus operandi est classique : des exécutants, prêts à s’immoler, frappent le plus possible dans un grand nombre de lieux pour devenir l’événement majeur qui va tétaniser un pays, l’apeurer. Nous n’avions rien connu de similaire en France.

Daech cherche à creuser le fossé entre la population d’origine musulmane et le reste du pays, à rendre inconciliable cet « eux et nous ». Face à ce piège, on ne va pas s’en sortir avec des mots.

Stratégiquement, quelle est la puissance réelle de l’arme terroriste ?

G. C. : Elle est extrêmement limitée. Raymond Aron avait donné cette définition : « Doit être considéré comme terroriste, toute action dont l’effet psychologique est très largement supérieur à ses effets physiques ».

Mieux vaut tuer une personne et être vue de mille qu’en tuer mille et n’être vu que d’une seule. L’effet psychologique des attaques de vendredi soir est très réussi. Daech pratique un terrorisme de déstabilisation.

Nous avons longtemps vécu en sachant qu’une partie de cette jeunesse tourne autour du trafic de la drogue. Notre excellent client, l’Arabie saoudite, finance ceux qui cherchent à nous détruire et nous le savons. Les contradictions montent et nous pètent à la figure. Nous commençons à payer la note d’avoir voulu la paix sociale à tout prix, sans être très regardant sur la réalité.

Pourquoi sommes-nous si mal préparés à cette éventualité ?

G. C. : Parce que nous sortons d’un demi-siècle de paix, de prospérité relative et de protection et que nous vivons dans une société du spectacle. La responsabilité des médias de l’audimat est considérable. Ils font joujou avec l’effroi, sans aucune conscience. Ils montrent tout, répètent sans arrêt les mêmes images effroyables à une population qui a peur de son ombre.

Daech est expert en manipulation médiatique. Ce sont des enfants de Hollywood qui nous servent des films d’horreur. Ils ont la tête embrumée et nous véhiculons leur message à gogo. Nous rendons service à notre adversaire. C’est totalement irresponsable. La télévision française n’arrête pas de faire de la publicité aux exactions de Daech, de relayer la théâtralisation de l’horreur, de la repasser en boucle. Mais cette fois, c’est ici et maintenant. Pour de vrai.

Frapper des civils est-il la marque des formes de guerre modernes ?

G. C. : Depuis la IIe Guerre mondiale et les bombardements sur Dresde, Coventry, Hiroshima, Nagasaki, on tue beaucoup plus de civils que de militaires. Dans les guerres modernes, on cherche surtout à faire craquer l’opinion pour faire plier le politique. Le centre de gravité des guerres contemporaines se situe dans l’opinion publique.

Nous n’encaissons plus les pertes. C’est une vraie mutation dans les sensibilités. Elle tient à notre démographie modeste qui se rétrécit, à nos sociétés vieillissantes, devenues peureuses. Nous vivions dans un milieu bien protégé, préoccupé de loisirs, sous le parapluie américain, débarrassé de la menace soviétique. Nous nous sommes bercés de beaucoup d’illusions sur un monde de paix, de compréhension, avec pour seul critère les droits de l’homme, d’ailleurs à géographie variable. Or, l’Histoire nous apprend que nous serons toujours dans un univers conflictuel.

► Gérard Chaliand, théoricien et observateur des guerres irrégulières

Né en Belgique, Gérard Chaliand est un spécialiste écouté des relations internationales, de la stratégie, des conflits armés et des guerres irrégulières. Il a beaucoup fréquenté, comme observateur engagé, les guérillas de la vague de décolonisation sur tous les continents et théorisé les formes évolutives du terrorisme, de l’Antiquité à nos jours.

Auteur de nombreux Atlas stratégiques, ainsi que d’une œuvre littéraire, il a enseigné à l’École supérieure de guerre, dirigé le Centre européen d’étude des conflits, conseillé le Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères. Sans cesser d’aller sur différents théâtres d’opération, il est régulièrement invité dans des nombreuses universités étrangères.

Recueilli par JEAN-CLAUDE RASPIENGEAS

(11) Auteur de Histoire du terrorisme de l’Antiquité à Daech (Bayard, 2015).

Source : La Croix, Gérard Chaland, 16-12-2015

========================================================================

Gérard Chaliand : «Il n’y a rien à négocier avec les islamistes»

Source : Libération, Gérard Chaland, 22-11-2015

Faut-il bombarder Daech avec le risque de nouveaux attentats ? Pour le spécialiste du terrorisme, il est grand temps de se défendre et de ne pas culpabiliser.

Depuis le Kurdistan irakien, Gérard Chaliand, spécialiste des questions stratégiques et du terrorisme a répondu à nos questions. Professeur invité à Harvard, il a aussi coordonné Histoire du terrorisme, de l’Antiquité à Daech paru en septembre chez Fayard.

Beyrouth, l’avion russe, Paris : l’EI est-il en train de faire du terrorisme une sorte de politique étrangère ?

Le lien entre l’avion russe et les attentats de Paris est évident. L’EI n’est pas qu’un mouvement terroriste, c’est une organisation qui pratique plusieurs sortes d’actions : le terrorisme, l’action psychologique avec une horreur théâtralisée, mais aussi la guérilla, quand c’est utile, ou une guerre coercitive. Pour définir Daech, il faut parler de guerre révolutionnaire. A la différence de la guérilla, la guerre révolutionnaire vise à s’emparer du pouvoir. Ainsi, Daech veut exercer un contrôle administratif sur une population : battre monnaie, s’occuper de la voirie, de la santé, de la distribution d’électricité.

N’est-ce pas plutôt une guerre contre-révolutionnaire ?

Disons plutôt des réactionnaires avec une idéologie rétrograde mais mobilisatrice. Le déclin, d’une part du marxisme-léninisme, d’autre part du nationalisme, fait pour certains de l’islamisme une option. Dans certaines banlieues européennes, des jeunes marginalisés, mal dans leur peau, n’ont plus que cette offre. La région qui m’inquiète particulièrement est l’Afrique. Face à la conjonction entre croissance démographique et crise économique, l’islamisme jihadiste risque de faire figure de solution pour certains jeunes.

Sommes-nous face à du nihilisme ?

Je trouve que ce terme est un peu pratique pour se débarrasser de questions qui nous dérangent. Ceux qui rejoignent les rangs de Daech croient à quelque chose. Ils sont dans la réaction, certes, mais ils ne sont pas nihilistes. Certes, il n’y a rien de constructif et tangible, ils ne parlent ni de travail ni de développement économique. Ils se considèrent un peu comme des seigneurs.

Quelle est la particularité du terrorisme islamiste ?

Dans l’écrasante majorité des cas, que ce soit dans les guérillas ou dans les actes terroristes, l’autre souhaite négocier quelque chose et une négociation a lieu. Avec les islamistes, il n’y a rien à négocier. S’ils poursuivent un but, c’est l’écrasement de l’autre. Utopiquement, il cherche une victoire complète, inatteignable.

Comment contrecarrer cette volonté hégémonique ?

On ne va pas en finir facilement. Il faut déjà contenir militairement Daech, puis se doter d’un arsenal juridique permettant de ne pas laisser travailler à l’intérieur ceux qui cherchent à nous nuire. Il est grand temps de se défendre et de ne pas se culpabiliser. Par ailleurs, le terrorisme est essentiellement psychologique, cela se passe dans les esprits et dans les volontés, donc il ne faut pas rendre service à l’adversaire. Montrer d’atroces images en boucle, c’est faire la publicité de l’adversaire, et cela nous déstabilise encore davantage. Quand on est vraiment en guerre, ce qui n’est pas le cas, contrairement à ce qu’on déclare, il y a quelque chose qui s’appelle «la censure de guerre». Bien sûr, il faut informer, mais arrêtons de vendre de l’angoisse en continu.

Les bombardements à Raqqa sont-ils suffisants contre Daech ? Ne faut-il pas combattre au sol ?

Les bombardements sur Raqqa, épicentre proclamé de la présence de l’Etat islamique en Syrie, sont une excellente initiative. Je regrette simplement qu’on ne l’ait pas fait plus tôt. C’est une réplique d’autant plus utile qu’on se souvient que leur victoire dans la ville kurde de Mossoul, en juin 2014, avait créé un appel d’air pour des milliers d’apprentis jihadistes.

Ce serait idéal de combattre l’EI au sol, mais les conditions ne le permettent pas. Seuls les Américains pourraient le faire de façon efficace. Après leurs échecs en Irak, en Libye et en Afghanistan, ce mode d’action n’est plus au programme. Il est désormais impossible de mobiliser l’opinion publique sur ce type d’intervention qui coûte très cher en vies humaines et en moyens. De plus, Barack Obama est à un an de la fin de son mandat. Il n’y a que l’intervention russe qui pousse un peu les Américains sur le terrain.

Pourquoi ne peut-on pas agir indépendamment des Américains ? D’autres alliances sont-elles possibles ?

Les Français sont déjà présents sur de nombreux terrains : Mali, Niger, Centrafrique ou Irak pour la formation. Le budget militaire ne cesse de baisser depuis 1982, et nous ne disposons que de 15 000 hommes opérationnels alors que les zones d’intervention sont très étirées.

Les Britanniques, très performants il y a une dizaine d’années, se sont épuisés à soutenir les Américains, tant en Afghanistan qu’en Irak. Leurs forces militaires sont aujourd’hui très affaiblies.

Il y a, certes, un rapprochement avec les Russes. Mais ils n’iront pas au sol, ils vont continuer à bombarder à distance.

Finalement, seuls les Kurdes combattent Daech au sol…

OB : Euh, il y a un peu l’armée syrienne aussi…. !!!

En effet, c’est grâce à eux que la ville de Kobané n’est pas tombée. Ils sont aidés par les Etats-Unis et paradoxalement aussi par la Russie. Les Kurdes de Syrie sont remarquablement organisés, et ont remporté une importante victoire naguère, à Tall Abyad, position stratégique qui affaiblit l’Etat islamique. Ils sont aussi actifs à Hassaké et participeront, selon toute vraisemblance, à l’assaut sur Raqqa avec des brigades arabes. Il s’agit de la force militaire majeure dont les pays anti-islamistes disposent comme allié. Par ailleurs, les Kurdes d’Irak, les peshmergas, ont très activement participé au refoulement de Daech de la région du Sinjar. L’EI est aujourd’hui militairement en recul. Quand aux Russes, ils frappent les autres mouvements ismamistes également (Jabhat al-Nosra, lié à Al-Qaeda et Ahrar al-Sham encore plus extrême). Bien sûr, l’aire où les Kurdes peuvent intervenir est limitée par le fait que les populations sont arabes. C’est parmi ces derniers qu’on peut éventuellement trouver des adversaires au Daech.

Que pensez-vous de la stratégie turque, qui semble pour le moins ambiguë ?

Erdogan est un islamiste militant qui a cessé d’être «modéré» depuis longtemps. Pour remporter les dernières élections, il a joué avec succès sur l’ultranationalisme, voire le chauvinisme d’une importante partie de l’électorat turc et a ciblé le PKK ainsi que les Kurdes modérés (du HDP de Demirtas). Lors du siège de Kobané, il a fait ce qu’il a pu pour avantager Daech, et lorsque ce mouvement a menacé le Kurdistan d’Irak, il n’a pas levé le petit doigt. Ce sont les Américains qui sont intervenus pour stopper, avec leurs bombardements, l’avancée de Daech. Pour l’Union européenne, la Turquie est un allié plus qu’ambigu. Membre de l’Otan, elle a longtemps interdit aux Américains de se servir de la base située sur son territoire et n’y a consenti que très récemment afin de se démarquer de Daech. Elle appartient à une alliance objective avec les Saoudiens, les Qataris et les émanations d’Al-Qaeda, les Frères musulmans, pour la défense d’un islam sunnite radical. Et tous sont des alliés ambigus qui financent ceux qui nous frappent aujourd’hui.

Catherine Calvet , Anastasia Vécrin

Source : Libération, Gérard Chaland, 22-11-2015

==================================================================

Terrorisme en France. Une simple affaire d’incompétence. Cinq questions à Xavier Raufer

Source : Conflits, Xavier Raufer, 18-11-2015

Depuis janvier 2015, des islamo-terroristes ont tué 19 fois en France* – bilan inouï depuis la guerre d’Algérie. Désemparé, le gouvernement accumule les mesures d’affichage en omettant l’essentiel : virer le patron du renseignement intérieur (DGSI) et son état-major, dont la durable incapacité a aggravé le présent désastre. Il suffirait ensuite de remettre l’appareil antiterroriste au combat, partant des orientations suivantes, résumées en cinq questions, parue dans le n°7 de Conflits (octobre-décembre 2015), actuellement en kiosque. *Note : ces cinq questions posées à Xavier Raufer ont été publiées dans le numéro 7 de Conflits, paru en octobre, raison pour laquelle ne sont pas mentionnés les événements du 13 novembre dernier.

Xavier Raufer

Conflits : « L’État islamique » est-il un « groupe terroriste »

Xavier Raufer : « L’État islamique » (EI) n’est pas un « groupe terroriste » comme le serinent divers médias, mais une troupe mercenaire sunnite, au service des pétromonarchies du Golfe. Preuve : en 2015, l’EI possède plus de tanks que l’armée française et six mille autres véhicules blindés. Une armée possédant plus de blindés que la cinquième puissance mondiale, aux ordres d’ex-généraux de Saddam Hussein, est-elle un « groupe terroriste » ? Non.

Conflits : Dans le reste de l’Europe, que reste-t-il du terrorisme ?

Xavier Raufer : Peu de chose. En 2014 (selon Europol), hors de la Corse et de l’Ulster, il y a eu 10 attentats ou tentatives dans l’Union européenne (comportant 500 millions d’habitants). 24 pays sur 27 de l’UE sont hors terrorisme depuis cinq ans. Fin 2014, l’UE compte 0,03 attentats pour 100 000 habitants, un nombre infime.

Conflits : Djihadis rentrant en Europe : quel danger réel ?

Xavier Raufer : Les djihadis rentrant de Syrie ou d’Irak rêvent-ils tous de frapper les « infidèles » ? Non. Selon des sources de terrain, nombre de ces revenants sont terrifiés des scènes d’une « bestialité préhistorique » qu’ils ont vues : décapitations en masse, femmes enceintes éventrées, etc. Partis pour le djihad, d’autres échouent en pleine guerre de gangs – or tuer des musulmans, c’est risquer l’enfer. Arrêtés dans le Midi, trois djihadis ont ainsi déclaré préférer la prison en France à retourner un seul jour en Syrie…

Conflits : Quel est alors le vrai danger ?

Xavier Raufer : Le vrai danger émane des « recalés » du djihad, instables, voire simplets, comme Merah ou Nemmouche, renvoyés en Europe pour y frapper, car inutiles sur le terrain. Ou assez rusés pour rester en France et tromper la surveillance. Tous les islamistes ci-après nommés entrent dans cette catégorie.

Conflits : La DGSI : quel bilan ?

Xavier Raufer : Maigre. Contre le terrorisme, la DGSI a raté l’affaire de Tarnac, puis Merah. Ensuite : le « Bilal » de Joué-lès-Tours, les frères Kouachi, deux Coulibaly successifs, Sid Ahmed Ghlam en avril et Yassin Salhi récemment. Que le gouvernement exige désormais du renseignement intérieur qu’il cherche les vrais terroristes là où ils sont vraiment – non selon des schémas dépassés – telle est la seule voie pour sortir du présent chaos.

Photo : Siège de la DGSI à Levallois-Perret. Crédit : NemesisIII via Wikimedia (cc)

Source : Conflits, Xavier Raufer, 18-11-2015
===========================================

Les 35 plus grandes puissances militaires :

On note donc que la France possède royalement 423 chars (sic.), et la Syrie 4 950, l’Irak plusieurs centaines. Il est donc plausible que l’État Islamique ait récupéré plus de 400 chars des stocks de ces deux pays…

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

22 réponses à Gérard Chaliand : « Daech est expert en manipulation médiatique »

Commentaires recommandés

Laurent Le 22 décembre 2015 à 03h25

Ils ont dû compter la Grèce avec l’Allemagne… Par anticipation 😉

  1. caliban Le 22 décembre 2015 à 02h48
    Afficher/Masquer

    Je ne vois pas les Grecs dans ce classement. Il me semblait qu’il s’agissait d’une de toutes premières armées dans l’UE ? En plus ils ont récemment renforcé leur arsenal – tant ils ont d’argent à dépenser – en achetant des sous-marins allemands…


    • Laurent Le 22 décembre 2015 à 03h25
      Afficher/Masquer

      Ils ont dû compter la Grèce avec l’Allemagne… Par anticipation 😉


  2. Charles Le 22 décembre 2015 à 04h29
    Afficher/Masquer

    Rappelons aussi que les médias dans le camp Etats-Unis et vassaux de l’empire sont en majorité manipulés. Ici une magnifique démonstration:
    Un journaliste au service de la CIA craque et passe aux aveux
    http://wp.me/p5oNrG-hLJ


  3. Patrick Luder Le 22 décembre 2015 à 05h18
    Afficher/Masquer

    Tiens, je me demande quels seraient les préoccupations citoyennes s’il n’y avait pas de médias …

    Par ailleurs, très jolis budgets militaires … et vive la monnaie virtuelle !
    Euh, c’est combien déjà, le coût de l’éradication de la faim dans le monde ?


    • Eric83 Le 22 décembre 2015 à 13h35
      Afficher/Masquer

      Vous pointez là une contradiction majeure entre les propagandes occidentales sur la démocratie, la république, les valeurs, les droits de l’homme – à géographie variable – et les budgets consacrés à la destruction de l’humanité.

      A la louche, le budget cumulé – dans le tableau – des dépenses ANNUELLES d’armement dépasse les 1 500 milliards de dollars.

      Je crois que pour éradiquer la faim dans le monde, une centaine de milliards de dollars par an serait suffisant.

      Une centaine de milliards de dollars par an, c’est aussi ce que n’arrivaient pas à trouver les négociateurs de la COP21 pour aider au financement du développement des ENR dans les pays dits “émergents”.

      Il est vrai que l’enjeu – à côté de la production et de la vente d’armes très lucratives – est totalement sans importance puisqu’il s’agit simplement de tenter de limiter la hausse de la température terrestre pour la sauvegarde de l’Humanité.

      Les ressources financières sont disponibles – surtout lorsqu’il s’agit de la monnaie de singe/dollar –
      c’est l’allocation qui n’irrigue pas au bon endroit…pour les peuples.


  4. Bruno Le 22 décembre 2015 à 07h18
    Afficher/Masquer

    Il reste des médias capable d’informer. Seymour Hersh vient de publier une bombe dans la LRB (http://www.lrb.co.uk/v38/n01/seymour-m-hersh/military-to-military). Un très long article décrivant la révolte de certains généraux américains face à la fable des rebelles modérés et du double jeu des turcs. Ils auraient donné indirectement des renseignements à l’armée syrienne et seraient en faveur d’une collaboration accrue avec la Russie. Mais Obama continue à répandre ses fables. https://beerblogsite.wordpress.com/2015/12/22/seymour-hersh-le-dessous-des-cartes-en-syrie/


    • Alfred Le 22 décembre 2015 à 08h32
      Afficher/Masquer

      Tout a fait. Ce qui fait le plus mal dans cet article c’est que les généraux “révoltés” us sont passés par les israéliens, les russes et … Les allemands du BND ( qui en ayant quitté Damas y faisaient des aller retours). PAS par la dgse! Les allemands avaient peur d’un attentat chez eux et ôt fait ce qu’il fallait. C’est nous qui avons eu les morts.
      Nos responsables ont du sang français sur les mains. (Et notre pays n’existe plus même pour les américains qui pourraient nous aider).


  5. Thomas13 Le 22 décembre 2015 à 07h42
    Afficher/Masquer

    Chaland défendait, pour le compte des américains apparemment, l’invasion US de l’Irak. Il passait sur tous les plateaux télé en disant “ça peut marcher …”.

    Peut-être voulait-il enseigner aux US ? Que sais-je ?

    Quoiqu’il en soit, sa position reste le reflet de la position US aujourd’hui.

    Ca sent le traître. Dommage.


    • Gonetoufar Le 22 décembre 2015 à 19h10
      Afficher/Masquer

      Ce n’est pas l’impression qu’en donne cette interview ( sur l’Irak ) , sortie aujourd’hui dans ” Ballast ” ” En 2003, les Américains ont commis l’erreur de déclarer la guerre à l’Irak : une erreur absurde, qu’ils continuent de payer, une erreur idéologique des néo-conservateurs qui pensaient qu’ils allaient remodeler à leur guise le Moyen-Orient. Ils se sont trompés.”

      http://www.revue-ballast.fr/gerard-chaliand/


  6. jacquocrqant Le 22 décembre 2015 à 09h34
    Afficher/Masquer

    “La télévision française n’arrête pas de faire de la publicité aux exactions de Daech, de relayer la théâtralisation de l’horreur, de la repasser en boucle.”
    Ce n’est pas que pour l’audimat c’est aussi pour des raisons de politique intérieure afin de susciter l’adhésion des Français aux guerres que nous menons en Syrie et ailleurs.


  7. Alfred Le 22 décembre 2015 à 11h15
    Afficher/Masquer

    Pour rire un peu voyez ce joli titre d’un de nos médias de référence en Newspeak dans le texte:
    “L’introuvable alternative à la stratégie d’Obama contre l’EI”
    On nous dit donc que seul Obama (et donc les occidentaux avec) a une stratégie face à l’état islamique. En appliquant la blague soviétique sur la technique de lecture de la Pravda (renversement sémentique) on a bien ce qui se rapproche de la “vérité de situation”: Obama (et les occidentaux) est bien le seul à ne pas avoir de stratégie “face” à l’EI. Les turcs en ont une (avec). Les russes et les iraniens aussi (contre).
    Il manque son Gorafi à l’Immonde (et alors on ne distinguerait plus l’original de la parodie).


  8. Le Rouméliote Le 22 décembre 2015 à 15h53
    Afficher/Masquer

    Chaliand un expert ? Ça se saurait ! Ses bouquins se résument à de la compilation et ses analyses à du journalisme !


  9. Ovuef2R Le 22 décembre 2015 à 17h06
    Afficher/Masquer

    L’avantage de la peur, pour les diffuseurs de publicité, est qu’elle ouvre les circuits de la mémoire.
    Un exemple ?
    Beaucoup se souviennent précisément de ce qu’ils faisaient le 11 septembre 2001 quand ont eu lieu les attentats de New York. Un autre exemple, pour ceux qui l’ont vécu : l’accident de voiture qui laisse pour le restant de la vie le souvenir de l’environnement de ce moment là..
    Faire peur permet de mieux faire pénétrer le message publicitaire qui va suivre. C’est de la chimie du cerveau. A la base ça permet à n’importe quel animal de mémoriser les situations de danger et de se préparer à fuir (ou à combattre, mais plutôt à fuir).


  10. JCH Le 22 décembre 2015 à 18h50
    Afficher/Masquer

    Je ne savais pas que la Belgique avait l’arme nucléaire (dernière ligne du tableau de la fin).
    Et la colonne “manpower” semble couvrir une classe d’âge plutôt que les effectifs réels.


  11. Homère d'Allore Le 22 décembre 2015 à 18h53
    Afficher/Masquer

    Il n’empêche.

    Ce que dit Chaliand est vrai. Le Califat sait parfaitement communiquer.

    http://www.memri.fr/2015/12/21/le-7e-numero-du-magazine-de-lei-en-francais-dar-al-islam-celebre-les-attentats-de-paris-appelle-a-tuer-les-enseignants-francais/

    Et, j’ai peur que certains commentateurs du blog, mus par de bonnes raisons (que je partage, genre la lutte contre l’Empire) ou aveuglés par la propagande iranienne qui présente le Califat comme une marionnette des Etats Unis, en oublient le principal.

    Quelque fut l’origine de cette organisation, elle a désormais SA PROPRE LOGIQUE.

    Et celle-ci ne nous promet pas un avenir pacifique.

    http://www.memri.fr/2015/12/17/un-groupe-francophone-pro-ei-diffuse-des-affiches-incitant-a-commettre-des-attentats-en-france/


  12. Nora Le 22 décembre 2015 à 20h11
    Afficher/Masquer

    Il y a des musulmans qui posent problème et il y a une grande majorité de musulmans qui heureusement ont un comportement tout à fait honorable et respectable.

    En France, le nombre de personnes d’origine, de culture ou de religion musulmane est approximativement de 5 millions (estimation de François Burgat).

    Attention à ne pas calfeutrer la fenêtre, le courant d’air est peut être une bouffée d’oxygène !


  13. Subotai Le 22 décembre 2015 à 21h09
    Afficher/Masquer

    J’adore cette propension “occidentale”(?) de ne jamais prendre en compte ce que disent d’eux même leurs adversaires.
    Quand un type en face dit : voici ce qui je suis, voici ce que je veux, voici ce que je vais faire, l’attitude de l’Occident n’est pas de prendre en compte ce qui vient d’être dit, mais de disséquer, d’analyser et de débattre/gloser sur l’identité réelle, la volonté et les capacités du type en question. Pendant ce temps, le type en face met en place tout ce qui lui est nécessaire pour atteindre son objectif et l’atteint.
    Quand la rébellion islamique s’organise et s’intitule Califat/Etat islamique, on utilise toute sorte de circonvolution pour ne pas le désigner par son nom (ce qu’il est) et prendre en compte son but, le résultat est visible…
    On a ce qu’on mérite!

    Dites merci aux Russes, mais faites gaffe, ils se sont impliqués parce que les Saoud ont fait l’erreur impliquer des russes musulmans dans leur manœuvres de survie.*
    Les russes resteront impliqués tant qu’ils n’auront pas réduit la menace islamique sur leur sol. Dès qu’ils atteindront leur objectif, ils nous larguerons aussitôt. Si nous voulons avoir une chance de survie, il faut immédiatement changer de politique(s) – Dans les deux sens du terme.

    *Bien comprendre que ce que les luttes que nous voyons et auxquelles nous participons sont des luttes à mort pour la survie. Chacun ayant sa propre notion de la survie.


    • Alfred Le 22 décembre 2015 à 21h46
      Afficher/Masquer

      C’est une déformation “professionnelle” que voulez vous: les autres non plus ne sont pas obligés de nous croire sur parole (nous sommes des democraties, nous defendons les droits de l’homme et nous allons mener des interventions purement defensives dans le but de sauver des inocents) et peuvent analyser etc…
      Pour les russes c’est probable que vous ayez raison et qu’ils nous laissent tomber une fois leur objectif atteint. Après tout nous ne sommes pas leurs alliés… Par contre si nous devenions leurs alliés (et une pierre russe dans le jardin de l’oncle Sam) il est probable qu’ils nous chériraient et nous supporteraient mencore mieux qu’ils n’ont défendu assad (nous sommes beaucoup plus utiles géographiquement (localisation et dom tom), politiquement (un ancien pays de l’OTAN et un des 5 membres permanents.. Il faut arrêter de s’autoflageller et voir en quoi nous sommes “utiles” aux uns et aux autres… Et voir qui nous est utile et qui nous est nuisible…
      Mais bon.


  14. Nora Le 22 décembre 2015 à 21h58
    Afficher/Masquer

    @Subotai

    Mon intention est simplement de rappeler qu’une grande majorité de musulmans (vos collègues, vos voisins, vos commerçants…) n est pas ce qui passe en boucle à la télévision . Cela me semble important dans un pays où les marchands de canon (= les medias) veulent imposer la peur et la terreur, car c’est bien l’objectif du Daech.

    Mon commentaire n’a pas d’autres prétentions que celle-ci.

    Cordialement,


  15. David D Le 23 décembre 2015 à 09h31
    Afficher/Masquer

    Certes, un attentat terroriste vise à avoir un impact sur ceux qui n’ont pas été directement touchés par les explosions et tirs, mais j’ai du mal à croire qu’il n’y ait pas un objectif pour tuer un max de personnes. Les personnes tuées, jeunes qui plus est, ne feront pas d’enfants. En plus, vu qu’il y a des kamikazes, normalement le but ce serait de tuer un max. Ici, à côté du stade, on peut penser que c’est la nervosité des kamikazes qui a fait que l’attentat fut de moyenne intensité, car pour moi ce fut un attentat de moyenne intensité.


  16. Fred Le 23 décembre 2015 à 11h04
    Afficher/Masquer

    Etes vous sûr que nous disposons réellement de 28 802 096 militaires, comme indiqué sur le tableau? Sur une population de 65 000 000, cela me semble beaucoup surtout après les réductions massives de ces dernières années.


  17. Choix politiques & économiques | Pearltrees Le 26 décembre 2015 à 13h37
    Afficher/Masquer

    […] une supercherie” L'Amérique soutient l'emploi, l'Europe préfère ses débiteurs. §. Related:  Tafta : Traité transaltlantique   –  Monsanto et OGM de merde […]


Charte de modérations des commentaires