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5.août.20195.8.2019 // Les Crises

Grèce : L’introuvable « retour à la normalité » sur fond de faillite historique de ses gauches !… Par Yorgos Mitralias

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Source : Le Grand Soir, Yorgos Mitralias, 21-07-2019

Presque unanimement, tant les médias grecs et internationaux que les leaders des principaux partis grecs ont commenté les résultats des élections du 7 juillet en célébrant “le retour à la normalité” du pays dont la crise a défrayé la chronique européenne pendant la dernière décennie.

Retour donc à la normalité car l’addition des scores de Nouvelle Démocratie (39.9%) et de Syriza (31,4%) donne un écrasant 71,3% en faveur du bipartisme qui semble revenir en force après un intermède chaotique qui a vu des masses de citoyens abandonner les partis de leur vieux bipartisme traditionnel et se déplacer pratiquement d’une extrémité à l’autre du paysage politique en des temps record ! Et aussi, quelle meilleure preuve de la réalité de ce retour à la normalité que l’absence des députés de la très néonazie Aube Dorée des bancs du nouveau Parlement hellénique, ce qui annoncerait (?) la fin de ce pur produit d’une période agitée, mais désormais révolue…

Alors, “retour à la normalité” ? Oui, sûrement, mais seulement en apparence. Et tout d’abord, parce que la crise historique (économique, mais aussi sociale et politique) qui a fait naître une Grèce qui ressemblait à l’Allemagne de Weimar comme deux gouttes d’eau, est toujours ici, indifférente aux exorcismes et autres vœux pieux que lui adressent quotidiennement ceux exactement des Grecs et des étrangers qui l’ont provoquée et nourrie. Car, par exemple et surtout, la dette publique grecque, que tous ont appelé -et avec raison- “mère de tous les maux”, n’a pas disparu et continue à étrangler, à gangrener et à faire chanter le pays tant que ceux qui le dirigent (de droite ou de gauche) ne font rien de concret pour affronter le problème à sa racine et refusent obstinément d’auditer cette dette afin d’annuler sa plus grande partie manifestement illégitime.

Mais, pourrait-on rétorquer, la plupart des conséquences politiques de cette crise historique semblent avoir disparues ou tout au moins, rendues inoffensives, Aube Dorée en tête. Oui, effectivement la menace de l’Aube Dorée semble s’éloigner pour de bon et son concurrent direct dans le milieu ultra-raciste et néo-fasciste qui est la Solution Grecque (déjà en crise) parait bien trop minable et clownesque pour qu’on la prenne au sérieux. Cependant, bien naïf celui qui tirerait de tout ça la conclusion que l’extrême droite grecque a disparu comme par un coup de baguette. En réalité, elle est toujours ici, bien présente et dangereuse, mais peut-être moins visible que par le passé récent car cachée à l’intérieur du parti de la Nouvelle Démocratie dont elle constitue une aile très importante.

En effet, cet aile extrémiste de droite à l’intérieur de ND ne se limite pas à des personnalités comme Adonis Georgiadis ou Makis Voridis, déjà ministres importants du nouveau gouvernement Mitsotakis, dont le passé fasciste violent et raciste dur les rendrait imprésentables même chez Salvini, Le Pen ou Orban. Malheureusement, elle est bien plus large englobant des milliers de cadres et de militants de ce parti, qui ont eu déjà l’occasion de manifester des positions et des attitudes qui feraient d’eux de bons membres même d’Aube Dorée ! La question (cruciale) qui se pose est donc si, quand et comment cette « sensibilité » extrémiste de droite pourra et voudra se manifester ouvertement pour peser de façon autonome sur la vie politique du pays. Un début de réponse nous est donné par le précédent du Parti Populaire espagnol, lequel a « hébergé » depuis la fin du franquisme la majeure partie de l’extrême droite espagnole. Tant que régnait la « normalité » dans la vie politique de l’État espagnol, cet « hébergement » pouvait continuer presque sans problème. Mais, tout changea quand le PP vieillissant se montra incapable d’affronter des crises importantes comme p.ex. celle provoquée par la lutte du peuple catalan pour son indépendance : La « sensibilité » néo-franquiste et ultra-droitière qui jusqu’à alors se tenait plus ou moins tranquille à l’intérieur du PP, s’autonomisa faisant le bonheur d’un petit parti comme Vox, qui en un temps record voyait ses résultats électoraux passer de 0,4 % ou 0,5 % à plus de 10 % !

Alors, est-ce possible un Vox à la grecque ? Étant donné la profondeur de la crise historique qui persiste, le peu d’enthousiasme populaire que provoque le nouveau gouvernement de droite, les problèmes pratiquement insolubles (problèmes dits « nationaux » des rapports avec les pays voisins, la question des migrants, etc.) qu’il affronte et qui mettront sûrement à dure épreuve l’unité -déjà fragile- du parti, l’existence d’un fort courant extrémiste de droite à l’intérieur de ND représente une véritable bombe à retardement. Et cela d’autant plus que le contexte européen et mondial marqué par la montée en flèche d’une extrême droite agressive, favorise l’autonomisation de ce genre de courants et leur constitution en partis à la droite de la droite traditionnelle. Donc, un Vox à la grecque est non seulement possible mais aussi probable…

Évidemment, beaucoup dépendra du principal parti d’opposition, mais Syriza (Coalition de la Gauche Radicale) qui n’a plus rien de radical, se prépare, selon les premières déclarations post-électorales de son président Alexis Tsipras, à se réorganiser de fond en comble pour répondre à deux exigences de sa direction : d’abord, combler l’écart abyssal qui sépare le nombre de ses électeurs, qui sont des millions, du nombre de ses membres, qui ne dépassent pas les quelques milliers. Et ensuite, graver dans le marbre son virage déjà effectué et annoncé vers la social-démocratie.(1)

On n’a aucun doute que M. Tsipras entreprendra très bientôt la transformation de Syriza, ou plutôt la fondation d’un nouveau parti, mais la tâche est de taille, son succès prendra du temps et n’est pas garanti d’avance. En attendant, Syriza restera donc un parti électoral, sans base organisée et dépourvu des moyens matériels pour contrôler les masses des Grecs qui ne croient plus à rien et à personne, et qui pourraient transformer à tout moment leur résignation (fruit des défaites historiques successives de ces 8-9 derniers ans) en colère violente qui explose de façon chaotique ! Ceci ne veut pas dire que Syriza n’est pas aujourd’hui en bien meilleure posture qu’il y a un, deux ou trois ans, après avoir accompli un vrai exploit électoral, améliorant en quelques semaines son score des élections européennes de 8 points (!) et obtenant seulement 3 % moins que son résultat triomphal de 2015.

Alors, suffira cet exploit électoral pour que Syriza nouvelle mouture assume avec succès sa part de responsabilités dans ce bipartisme retrouvé, qui garantit le tant désiré « retour a la normalité », que M. Tsipras lui-même s’est empressé de célébrer le lendemain du jour des élections ? La réponse ne peut être que négative dès qu’on tient compte du fait que l’exploit électoral de Syriza cache mal ses énormes faiblesses : l’incroyable bric-à-brac politique de son groupe parlementaire où coexistent eurocommunistes, socialistes, sociaux-démocrates, conservateurs, libéraux et même nationalistes chauvins et racistes d’extrême droite, le manque cruel des cadres expérimentés, ainsi que l’inexistence des liens affectifs et organisationnels de la grande majorité de ses électeurs avec le parti et son programme. Et surtout, il cache mal le fait que ce succès est dû en très grande partie à l’absence d’une alternative politique tant soit peu crédible et préparée à sa gauche…

En effet, on peut désormais légitimement considérer que les élections du 7 juillet ont scellé la faillite définitive des formations créées il y a quatre ans, pour se démarquer du virage à droite de Tsipras et offrir une alternative de gauche à Syriza. Leurs résultats électoraux -en chute libre- sont plus qu’éloquents : 0,28 % pour l’Unité Populaire (UP) des ministres du premier gouvernement de Syriza (Lafazanis, Stratoulis et Issihos), 1,4 % pour le parti de l’ancienne présidente du Parlement grec Zoé Konstantopoulou. Et aussi, seulement 0,41 % pour la Coalition de la gauche anticapitaliste « Antarsya », qui elle existe depuis 2009 et n’a jamais nourrit la moindre sympathie pour Syriza. A l’exception (partielle) de Antarsya, toutes les autres formations ont vraisemblablement payée cher le fait qu’elles n’ont pas résisté aux tentations chauvines et même xénophobes et racistes qui balayaient le pays. Alors, tandis que Mme Zoé Konstantopoulou prétendait se mettre à la tête de ceux qui promettaient l’échafaud « aux traîtres qui vendent notre Macédoine au bâtards de Skopje, notre Thrace et la mer Égée aux Turcs et -même- l’Épire du Nord aux Albanais » et allait jusqu’au bout de sa « logique » refusant désormais de se situer à gauche (son mot d’ordre est « ni à droite, ni à gauche, en avant »), UP -comme d’ailleurs le PC grec- cherchait le salut dans l’alliance privilégiée « de notre nation avec la Russie » de Poutine. Ce qui l’amenait à descendre dans la rue pour soutenir… Assad ou à qualifier la catastrophe climatique de « plus grande escroquerie de l’impérialisme » ! Et tout ça pendant que le mouvement anarchiste, particulièrement fort en Grèce surtout parmi la jeunesse, passait son temps en vase clos, inventant des insurrections populaires qui existaient seulement dans son imagination…(2)

Le bilan de la gauche grecque, toutes sensibilités et courants confondus, au lendemain des élections du 7 juillet et surtout, 10 ans après l’éclatement d’une crise qui a vu le peuple grec se révolter en masse et abandonner ses partis traditionnels avant d’installer au pouvoir « le premier gouvernement de gauche de l’histoire du pays », peut se résumer en deux mots : QUEL GÂCHIS !

Quel gâchis tout d’abord de cette expérience mondialement unique de l’alliance durable d’une douzaine d’organisations d’extrême gauche avec un petit parti eurocommuniste pour fonder ensemble Syriza. Et quel gâchis de ce « premier gouvernement de gauche » dont la direction a trahi non seulement le résultat du référendum du 5 juillet 2015, transformant le non puissant du peuple grec aux memoranda des créanciers à un oui combien servile, mais aussi et surtout la confiance des millions de gens en Europe et de par le monde qui avaient investi leurs espoirs d’un monde meilleur et plus humain, sans austérité, racistes et fascistes, aux Grecs de Syriza. Bien qu’on ait déjà vu se répéter mille fois depuis un siècle -en Grèce et partout ailleurs- la tragédie de ces directions de gauche qui s’empressent de courber l’échine et de se rendre à l’adversaire de classe, on ne peut pas maintenant s’empêcher de se sentir profondément indignés, blessés mais aussi révoltés devant l’ampleur du désastre…

Yorgos MITRALIAS

Notes

1. Voir aussi l’article que nous avons écrit à chaud, seulement quelques heures apr7 le volte face de Tsipras, le 13 juillet 2015 : http://www.cadtm.org/Journees-funestes-du-4-aout-1914

2. KINAL, le parti construit avec ce qui restait de PASOK, a fait le score honorable de 8,1 %, mais le succès de Syriza le condamne à un rôle subalterne de comparse, ce qui provoque déjà des remous en son sein et la défection de certains de ses dirigeants.

Quant au MeRA25 de M. Varoufakis, il a célébré à juste titre son entrée au Parlement, mais il faudra beaucoup plus que le triomphalisme , le flou programmatique et l’inconsistance de son leader pour jouer le rôle d’arbitre qu’il ambitionne.

Source : Le Grand Soir, Yorgos Mitralias, 21-07-2019


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Commentaire recommandé

Serge WASTERLAIN // 05.08.2019 à 06h48

Le résultat des dernières élections grecques consacre surtout la mort de la gauche révolutionnaire grecque et avec elle l’enterrement européen de l’immense espoir de la possibilité de s’opposer aux politiques antisociales imposées par l’union Européenne qu’avait fait naître les élections législative de janvier 2015. Cet échec a ouvert la voie à l’accélération des régressions sociales partout en Europe et plus particulièrement en France avec l’odieuse loi travail d’El Khomri, Ministre du gouvernement Manuel Valls sous la présidence François Hollande et dont les basses œuvres sont actuellement poursuivies et accélérées par Macron et son premier ministre Édouard Philippe qui n’hésitent pas à recourir à la violence pour les imposer. On remarquera qu’ils sont tous socialistes ou anciens socialistes… …et on s’étonne après ça de la montée de l’extrême droite, épouvantail bien utile au maintien au pouvoir d’une caste oligarchique qui méprise les gueux et les sans dents que nous sommes !

23 réactions et commentaires

  • Serge WASTERLAIN // 05.08.2019 à 06h48

    Le résultat des dernières élections grecques consacre surtout la mort de la gauche révolutionnaire grecque et avec elle l’enterrement européen de l’immense espoir de la possibilité de s’opposer aux politiques antisociales imposées par l’union Européenne qu’avait fait naître les élections législative de janvier 2015. Cet échec a ouvert la voie à l’accélération des régressions sociales partout en Europe et plus particulièrement en France avec l’odieuse loi travail d’El Khomri, Ministre du gouvernement Manuel Valls sous la présidence François Hollande et dont les basses œuvres sont actuellement poursuivies et accélérées par Macron et son premier ministre Édouard Philippe qui n’hésitent pas à recourir à la violence pour les imposer. On remarquera qu’ils sont tous socialistes ou anciens socialistes… …et on s’étonne après ça de la montée de l’extrême droite, épouvantail bien utile au maintien au pouvoir d’une caste oligarchique qui méprise les gueux et les sans dents que nous sommes !

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    • Citoyen du monde // 05.08.2019 à 19h27

      Ou avez vus vu qu’une gauce revolutionaire n’existe pas. Et du KKE qu’en faites vous
      Le troisieme parti en Athique. Le 4 eme parti en Grece. Ne prenez pas vos voeux pour la realite.

        +3

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      • Serge WASTERLAIN // 05.08.2019 à 23h07

        “Consacre l’impuissance, l’échec, la défaite, etc… de la gauche révolutionnaire…” si vous préférez.
        Quant à mes vœux en la matière, il sont aux antipodes de mon constat !

          +5

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  • Ballot // 05.08.2019 à 07h05

    Ce système électoral de la représentation tel qu’il est… le cocufiage en belles lettres d’or que ce soit en Grèce ou ici.
    Quand aurons-nous les tripes de reprendre notre destin en main?

      +15

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  • Duracuir // 05.08.2019 à 07h07

    La Grèce est à genoux, occupée, ruinée, martyrisée, enchaînée et c’est quoi le grand danger pour l’avenir selon l’auteur ????
    Je vous l’donne Émile : la grande vilaine extréme droite…..
    Même éradiquée aux élections elle le terrifie encore. Ho pépère, te pose pas la question de la mort de la gauche. Hallucinant.

      +27

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    • step // 05.08.2019 à 09h21

      Il en parle, toute la seconde moitié. Les fixations idéologiques ne doivent pas empêcher de lire un texte jusqu’au bout.

        +9

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  • Toutatis // 05.08.2019 à 07h23

    Ce qui est drôle c’est que Panagiotis Grigoriou et son blog greekcrisis.fr, qui étaient très présents dans les sites “alternatifs” il y a quelques années, a pratiquement disparu…
    Ne restent que les commentateurs grecs encore politiquement corrects.

      +13

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  • john // 05.08.2019 à 07h41

    La Grèce doit faire des excédents primaires 3,5% du PIB jusqu’en 2022 et ensuite de 2,2% en moyenne à partir de 2023 jusqu’en 2060. La marge de manœuvre d’un gouvernement dans ce contexte est inexistante. Dans ce cadre le retour à la normale va attendre 41 ans.
    Quelle a été l’exposition médiatique des partis aux élections, ont-ils eux aussi “l’équité” du temps de parole? Le principe du commerce équitable est de donner plus aux petits producteurs, et dans le champ médiatique, l’équité correspond à donner plus de temps aux gros partis.

    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/08/24/31002-20180824ARTFIG00263-pourquoi-le-cauchemar-grec-est-loin-d-etre-termine.php

      +10

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  • Catalina // 05.08.2019 à 08h16

    La Grèce c’est l’avenir de la France, détruire les vestiges historiques pour “bâtir” des temples consuméristes, détruire la trace de l’histoire pour la remplacer par des temples des produits manufacturés, détruire le commum pour le privatiser. Les requins en bavaient, ils sont heureux, ils auront tout à moindre prix si ce n’est le prix de la vie des hommes dont il n’ont que faire, si l’homme n’est pas une source de profits mirifiques, qu’il disparaisse !!!

      +24

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  • Π // 05.08.2019 à 08h22

    Panagiotis Grigoriou méritant mieux que les sites “alternatifs”, on peut penser que ces combattants de claviers timorés ont eu la trouille “pour de vrai”.

    La “gauche ponctuelle”, “Πληθυντική Αριστερά”, souvent utilisé en Grèce par les commentateurs pour mettre dans le même lot Tony Clair, Lionel Jospin, Alexis Tsipras…

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  • Fritz // 05.08.2019 à 08h26

    Difficile de rédiger un article plus conformiste, et j’écris ce mot en entier pour rester poli.
    La méchante Unité Populaire (LE) qui salue la Russie « de Poutine » et « défile pour Assad »….
    Le PC (KKE) qui est sur la même ligne… et tous deux sont contre l’euro et l’OTAN…
    L’extrrêmme drroite qui n’est plus là, mais attention, elle est toujours là, comme en Espagne…

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    • step // 05.08.2019 à 09h30

      Oui et non, je ne sais pas si le commentateur regrette le positionnement ou l’action. Je m’explique : Promouvoir une alliance avec la russie, ou critiquer l’action de l’OTAN en syrie, n’est actuellement pas vendable électoralement:
      1) Ca n’interesse pas les grecs qui ont le nez dans ce qui reste de leur porte monnaie
      2) c’est la certitude d’avoir la bien pensance au fesses, qui grâce à ces élements, pourra bloquer toute autre sujet de discussion.
      C’est mal articulé, que le rapport avec la russie, l’ue et l’otan soient des conséquences des actions pour redonner un cadre démocratique réel à la population, et les gens accepteront. En faire un préalable, et les gens protesteront, car cela fait 30 ans qu’ils sont conditionnés pour cela.
      Je ne sais pas ce que critique l’auteur. La forme ou le fond ?

        +2

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  • Kokoba // 05.08.2019 à 09h00

    Bin oui.
    Les milliardaires Européens n’ont jamais été aussi riches.

    Mais être riche n’est pas suffisant.
    Encore faut-il que les autres soient pauvres.

    Sinon, quel interet ?

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  • Yab Léo // 05.08.2019 à 09h18

    Salut.

    La Grece est la bande annonce du film réaliste que nous vivrons en différé ici…

    http://blogyy.net/2019/07/31/grece-la-chasse-aux-anarchistes-est-ouverte/?fbclid=IwAR37de6B1NdAuBx21dN3Ll0gbNTuGsFdRNsBznkMZeeVQv8IGDdWYI8G3Hs

    Comme d’hab, la chasse a certains agités sera l’excuse pour museler tout le reste… Militants écologistes, syndicalistes, chômeurs…

    Et pendant ce temps la, Benalla monte une entreprise de protection privé, comprenez armée privée et fait du lobbying a Bruxelles.

    C’est pas beau la civilisation?

      +13

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  • Michel Le Rouméliote // 05.08.2019 à 11h04

    Pour écouter Panagiotis Grigoriou (en février 2019) et entendre ce qu’est réellement devenue la Grèce, c’est ici : https://www.youtube.com/watch?v=Lxa1CIoIRMo&feature=youtu.be
    L’auteur oublie que près d’un Grec sur deux n’est pas allé voter. Les Grecs sont dans une stratégie de débrouille individuelle et n’ont plus confiance dans aucun parti, même d’extrême-droite. Le pays a été détruit par l’union européenne, l’euro et l’OTAN au profit des oligarques européens et de leurs compradores grecs soutenus par la frange de ceux qui bénéficient de rentes de situation (flics, militaires, politiciens, propriétaires qui peuvent louer en RBnB, entrepreneurs divers, notamment dans le tourisme et le pétrole,etc.).
    La seule issue, c’est le grexit, mais ça, c’est interdit ! La Grèce est à l’avant-garde de tous les pays de l’union européenne, y compris la France qui n’a encore rien vu !

      +25

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  • SanKuKai // 05.08.2019 à 12h00

    Ce qui m’étonne le plus c’est que la dette grecque en valeur (330 mds d’euros) est un montant assez ridicule.
    Pour comparaison la BCE a injecté 4000 mds d’euro depuis 2011 pour faire repartir l’inflation.
    Goldman Sachs aurait assisté la grèce á falsifier ses comptes pour entrer dans l’UE, or l’UE ne leur a même pas adressé une réprimande (et une amende façon BNP, on y pense même pas).
    Toute cette souffrance, tous ces morts, pour pas grand chose c’est juste sidérant.
    Les prédateurs font leur travail mais pour les avoir laissé faire, Syriza a aujourd’hui les mains rouges de sang.

      +29

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  • Louis Robert // 05.08.2019 à 13h45

    Le peuple grec gît prostré sous le joug, forcé d’assister au pillage et à l’anéantissement de la Grèce. Il sert ainsi d’exemple à tout peuple tenté de s’opposer à cette nouvelle normalité que se prétend être le désordre impérial mondialisé.

    Voyez! L’effondrement en cours, systémique et global, c’est aussi cette proclamation indécente du « retour au normal » dans l’Empire. Les apparences sauvées, « tout est sous contrôle », dans cet impitoyable miroir.

      +11

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  • Frédéric // 05.08.2019 à 18h46

    Effectivement, l’auteur fait un article assez convenu sur l’extrême droite et il est politiquement correct au sujet des horribles dictateurs. Ses larmes sur la Gauche me semblent aussi assez convenues et les lamentations sans solution sont inutiles.

    La remarque du Rouméliote sur l’abstention est très juste, surtout dans un pays où le vote est théoriquement obligatoire, et d’aileurs on peut faire un parallèle avec le vote en France pour FI, qui a perdu le plus par l’abstention.

    Je pense que ceux qui ont voté Nouvelle Démocratie (la droite) aux dernières élections en Grèce sont d’abord ceux qui ont voté “oui” au référendum de 2015. Après tout ils représentaient quand même plus de 36% des exprimés. Ceux-là, prêts à vendre leur pays, comme les Macronistes, ne se referont pas facilement. La différence représente donc peut-être ceux qui pensaient que Tsipras jouerait un coup tordu à la troïka, l’ont attendu et ne l’ont pas vu venir.

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  • traroth // 06.08.2019 à 17h52

    Le vote Syriza a été le signe de la volonté de révolte des Grecs. Cette volonté est toujours là. Les choses resteront pas là. D’autant que la crise n’a pas disparu non plus, contrairement à ce que racontent nos médias de cour ici.

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