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17.juin.201917.6.2019 // Les Crises

Mini-Bots en Italie : le Trésor Public peut se transformer en Banque centrale

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Source : monnaieprix.hypotheses.org, 06-06-2019

Le débat continue à faire rage en Italie à propos des mini-Bots suite au vote récent du Parlement encourageant à leur mise en place. Ainsi, les institutions européennes elles-mêmes semblent durcir le ton conjointement. Après les menaces de la commission européenne visant à sanctionner l’Italie pour déficit excessif mercredi, c’est au tour de Mario Draghi lui-même, le Président italien de la Banque centrale Européenne, de se prononcer au sujet des mini-Bots aujourd’hui. Cela nous montre bien, si besoin en était, que cette affaire est le sujet le plus brûlant qui soit pour les institutions européennes, et ceci depuis le début de la mise en place de ce gouvernement, à l’issue d’une crise inouïe concernant la nomination d’un ministre des Finances qui ne soit pas trop hostile à l’euro. Mario Drahgi déclare donc aujourd’hui, concernant les mini-Bots : « Les mini-Bots sont soit de la monnaie, et dans ce cas ils sont illégaux, soit ils sont une dette, et dans ce cas le stock de dette augmente. Je ne pense pas qu’il y a de troisième possibilité. »[1] Ce à quoi le président de la commission des finances de l’Assemblée, l’économiste Claudio Borghi Aquilini, a répondu sur twitter : « … Bien-sûr qu’ils sont de la dette. Mais ils ne sont pas de la NOUVELLE dette parce qu’ils dérivent des engagements existants de l’Etat envers les fournisseurs et les citoyens. » [2]De son côté le Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, le juriste Luciano Barra Carraccio, a déclaré : « Evidemment qu’ils ne sont pas de la monnaie, mais des moyens de paiement à l’acceptation volontaire, dont la valeur est un droit d’option sur le crédit d’impôt opposable sine die. »[3] On voit là toute l’efficacité du dispositif gouvernemental et parlementaire mis en place l’an dernier. L’élite au pouvoir actuellement en Italie est une élite bien préparée et déterminée à affronter les abus des institutions européennes avec les meilleurs outils intellectuels, ce qui contraste fortement avec l’improvisation permanente que fût l’expérience grecque en 2015.

Il faut analyser de près ces déclarations pour bien les comprendre et en tirer toutes les conséquences, car ce qui semble se préparer, si le gouvernement assume solidement sa position, ce n’est rien moins que la mise en place d’une nouvelle monnaie circulant à partir du Trésor Public italien, en lieu et place de la Banque centrale européenne. Comme on l’a vu hier, cela est tout à fait possible si le Trésor émet au passif de sa comptabilité des mini-bots en lieu et place de sa dette publique. A son actif, il récolte ensuite les impôts en minibots, ce qui lui permet de supprimer la part de sa dette que ses créanciers acceptent de transformer en minibots, autrement dit de déduire de leurs impôts. Si la BCE refuse de prendre en charge ces écritures dans sa comptabilité, puisque le Trésor public italien possède un compte à la Banque centrale européenne, rien n’empêche le Trésor de l’appliquer dans la sienne, créant alors une rupture de fait avec la BCE. A partir de ce moment-là, le Trésor public est maître du jeu s’il arrive à faire circuler ses mini bots comme une monnaie, en l’émettant à l’occasion de ses dépenses et en la détruisant en prélevant des impôts. Ce système permettra de faire circuler une grande quantité de monnaie, mais avec des problèmes très importants dus au fait que cette monnaie ne viendra plus du crédit aux particuliers et aux entreprises. D’une part le besoin de crédit courant ne sera plus satisfait, d’autre part le secteur public deviendra prépondérant, ce qui posera de graves problèmes à l’économie italienne assez rapidement.

Mais il faut insister sur le fait que ce danger peut être évité si le gouvernement prend les mesures nécessaires. Pour cela, si le Trésor Public rompt avec la BCE, il est vital qu’il se transforme en une grande banque nationale pour accorder des crédits aux italiens. Cela n’a rien d’utopique ou d’impossible, si l’on considère que, comme en France, le Trésor Public est une institution tentaculaire, pour laquelle travaillent un très grand nombre d’agents publics partout sur le territoire italien. En Italie, ces agences territoriales, réparties partout sur le territoire sont regroupées dans le département des Finances du Ministère de l’Economie et des Finances et se nomment des Agences des impôts (Agenzia delle Entrate)[4]. Pour faire fonctionner efficacement le mini-bot, il est nécessaire de donner à ces agences le pouvoir d’accorder des crédits en mini-bots aux particuliers et aux entreprises, quitte à allouer des moyens supplémentaires pour créer des services spécifiquement dédiés à cette tâche. Cela permettrait de répartir sur le territoire l’ensemble de la demande de crédit courante qui est à la base, quotidiennement, de la création monétaire dans les banques. De plus, cela permettrait de rassurer l’ensemble des acteurs en s’adressant dans chaque endroit du territoire à l’Etat pour obtenir sa nouvelle monnaie (bien qu’elle n’aura peut-être toujours pas ce statut à ce moment-là).

Ainsi pourra être assurée rapidement et efficacement cette tâche essentielle et vitale pour la nation d’assurer le maintien de l’offre de crédit pour créer de la monnaie. L’expérience historique nous montre d’ailleurs que dans ce type de crise monétaire, l’institution prépondérante à laquelle les agents font confiance est toujours l’Etat, aussi le département des Finances, via ses nombreuses agences d’impôts, devra-t-il assurer cette mission. Au niveau central, le gouvernement devra certainement veiller autant que possible à séparer au sein de cette administration l’activité classique de prélèvement des impôts et de gestion des comptes des administrations, de l’activité nouvelle de gestion des crédits aux particuliers. D’autre part pour cette activité, il faudra fixer aux agences un objectif d’équilibre économique, voire de recherche de profit, afin qu’elles soient attentives à ne pas accorder des crédits de façon excessive. Certes, cet objectif de profit devra être modéré, surtout au début de la mise en place de ce système. Les agences se refinanceront ensuite en mini-bots au sein du Trésor Public central, et de la même manière, celui-ci devrait assurer une séparation entre ses activités bancaires et de gestion des fonds publics et des impôts.

Progressivement, une fois la crise passée et le mini-bot affermi dans son existence, il sera toujours possible de le reconnaître officiellement comme une monnaie, et de séparer progressivement les services bancaires du Trésor public, afin de reconstituer une banque centrale et des banques commerciales. Il serait d’ailleurs souhaitable, à ce moment-là, de conserver certaines de ces banques commerciales dans le secteur public, afin de les transformer en banques d’investissement à la disposition d’un Etat stratège, qui pourrait les utiliser pour corriger les dérives modernes du capitalisme, relancer l’investissement ou assurer la répartition des fruits de la croissance, mais ces questions viendront plus tard.

En tout cas, on voit que le point clé, pour réussir à faire fonctionner efficacement le mini-bot, sera l’action du Trésor Public italien, et sa capacité à répondre au besoin de crédit courant partout en Italie, afin de faire réussir l’adoption de sa nouvelle monnaie. Seule cette institution peut réaliser rapidement et efficacement cette action essentielle, parce qu’elle est dotée des moyens techniques, et humains pour la réaliser et qu’elle représente aux yeux du citoyen la matérialisation de l’Etat pour les questions financières.

[1] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/la-bce-tacle-les-visees-de-rome-pour-eponger-de-la-dette-draghi-20190606

[2] https://twitter.com/borghi_claudio/status/1136621486872178688

[3] https://twitter.com/LucianoBarraCar/status/1136624361224454144

[4] https://it.wikipedia.org/wiki/Agenzia_delle_entrate

Source : monnaieprix.hypotheses.org, 06-06-2019

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RGT // 17.06.2019 à 08h17

C’était ce qui se passait en France depuis les années 60…

La “Loi de 73 sur la Banque de France” a été publiée alors que l’état n’avait plus du tout besoin de cette (vénérable) institution depuis bien longtemps, ayant remplacé les “emprunts à taux 0” de la BDF par des prêts concédés par le Tésor Public.

Tésor Public qui permettait à tout français d’ouvrir un compte bancaire dans toutes les trésoreries.

Ce statut permettait au Trésor Public de financer les collectivités locales et les services publics à taux nuls (compte-tenu de l’inflation bien sûr) et a été très utile pour la collectivité pendant les “30 glorieuses”.

Ce qui faisait une concurrence jugée “déloyale” par nos chers €urocrates qui ont interdit cette “pratique scandaleuse” qui venait plomber les profits des banques privées.

“Le Trésor public cessera ses activités concurrentielles de tenue de comptes bancaires et de placements de produits financiers au 31 décembre 2001, dans le but de recentrer ses activités d’épargne sur les secteurs d’intérêt général…”

Les profits des banques privées sont donc considérées depuis le 1er janvier 2002 comme étant “d’intérêt général”…

Je tiens à vous rappeler que les collectivités locales n’ont jamais été en sur-endettement AVANT cette date et que le Trésor Public n’a JAMAIS utilisé des montages de prêts à taux “brumeux” qui se sont traduits par des intérêts qui pulvérisaient les plafonds des taux d’usure.

Allez-y chers italiens, et montrez-nous que nous nous sommes faits plumer comme de vulgaires mougeons par “nos” institutions tant imprégnées du souci du “bien commun”.

36 réactions et commentaires

  • MS // 17.06.2019 à 07h11

    Meme si la disparition de l’euro peut sembler souhaitable car une monnaie unique a du mal à s’adapter à l’économie des différents pays d’Europe, le remède peut être pire que le mal :
    L’utilisation des mini-bots n’empechera pas l’Italie d’augmenter sa dette, bien au contraire. Or par le passé l’Italie n’a pas montré beaucoup de rigueur dans l’émission de ses lires, avec des taux d’inflation qui pouvaient atteindre 25 % par an dans les années 70 et des retraités réduits à la misère.

    Même si l’inflation est moins corrélée à l’émission monétaire que par le passé, si l’usage des mini-bots se généralise, l’accroissement de leur nombre risque d’amener une perte de perte de leur crédibilité et deux monnaies coïncideront : un euro qui ne se dévaluera pas trop et des mini-Bots dont la valeur risque de décroître très vite au. fur et à mesure de leur émission, et évidemment la population preferera la première monnaie.

    Pour éviter cela le pays pourrait bien être tenté d’imposer les mini-bots comme monnaie unique et de retomber dans un cycle d’inflation similaire à celui d’il y a cinquante ans le tout dans une économie beaucoup plus ouverte et donc ingouvernable.

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    • calal // 17.06.2019 à 08h55

      il y a des gagnants dans des situations d’inflation (creation des dettes) et des perdants.
      Il y a des gagnants dans des situations de deflation (remboursement des dettes) et des perdants.

      Et l’experience de ces situations est importante pour gerer correctement son patrimoine.C’est une connaissance qui peut se transmettre dans les familles si l’information et l’experience acquise est transmise…curieusement,ce savoir n’est pas transmis par l’Ed Nat…et parfois,dans certains pays,la generation precedente choisit de sacrifier la generation suivante donc elle ne transmet pas les “bonnes” informations…
      Ainsi les allemands qui se sont transmis le traumatisme de l’hyperinflation de l’epoque de weimar,savent qu’il faut avoir du liquide,de l’or et du plomb a la maison…un peu mais il en faut…c’est une assurance anti-banques et anti-dictature…

        +3

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      • Grim // 17.06.2019 à 14h59

        J’ai envie de dire que c’est le problème des italiens, ils leur reviendra de désigner des représentants sérieux capables d’éviter des dérapages inflationnistes et ne se reposant pas uniquement sur la dévaluation.

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    • Bili // 17.06.2019 à 17h17

      Désolé mais vous êtes à côté de la plaque , la question économique de la chose n est qu un paravent. C est une question d ordre politique au sens noble du termes et de souveraineté et d’ indépendance d une nation , battre monnaie à toujours été dans les prérogatives d une nation et non d une institution supranationale…

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    • Recits d’Yves // 20.06.2019 à 00h01

      Personnellement, je ne pense pas que les italiens aillent au bout de leur projet et cela pour plusieurs raisons.
      1/ Les mini-bots doivent rester une menace permanente pour la BCE. Or, les mini-bots sont un fusil à un coup.
      2/ Les mini-bots sont plus intéressants comme potentialité que comme réalité.
      3/ En pratique cette solution sera longue à mettre en place et l’Italie n’a pas de marge de manoeuvre
      4/ La BCE et l’UE seront prêt à négocier avec les Italiens bilatéralement qu’à la seule condition que l’Italie de fasse pas d’émule

      Au final, l’italie devrait, selon moi, plutôt laisser planer le doute sur l’usage du mini-bots plutôt que de passer à l’action.
      Cela pourrait néanmoins passer par une période mini-bot légers destinés à vraiment sonner l’alarme chez nos “amis” de l’UE et de la BCE.

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  • douarn // 17.06.2019 à 07h28

    Bonjour
    Pardon si mes propos ne tombent pas juste mais je trouve que cette initiative italienne ressemble fortement à la mise en place de la “monaie parallèle” suisse en période de crise post 1929 : le wir.
    https://www.wir.ch/fr/

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    • jc // 17.06.2019 à 14h56

      J’abonde dans le sens de douarn.

      François Roddier, physicien de formation, suggère, par analogie thermodynamique, d’avoir deux monnaies circulant en parallèle, une monnaie d’usage, interne, froide (qui serait ici la lire), et une monnaie que Roddier qualifie de production, externe, chaude, qui serait ici bien entendu l’euro. Je ne vois que des avantages à étendre ce mécanisme de double monnaie vers le haut (l’Europe jouant face aux autres grands blocs du monde le rôle que l’Italie joue face à l’Europe) et vers le bas (les régions).

      Cf. le blog de Roddier pour plus de détails. On pourra commencer par la fin du billet 120. Il y a aussi le billet 76. Roddier mentionne la Suisse et le wir dans l’un de ses billets sur le sujet mais je ne sais plus lequel (et il y en a beaucoup).

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      • Dominique Gagnot // 17.06.2019 à 17h36

        C’est ce qui existait avant l’Euro, le dollar faisant office de monnaie chaude.
        Les états américains n’ont d’ailleurs jamais eu de monnaie froide, pour mieux être sous la tutelle de la FED…

        Chapeau les italiens. Si Mélenchon avait été élu en 2017, on aurait sans doute fait la même chose. Hélas, les francsmougeons ont gagné. (Profond soupir…)

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        • Dominique Gagnot // 17.06.2019 à 18h09

          Page 102 de ce livre http://bit.ly/capitalisme , se trouve le schéma d’un système économique “idéal” , (selon moi)

          A noter que les impôts sont ici appelés “Rente”, car ils proviennent de la seule vente de droits d’usage de biens communs à des personnes (morales ou physiques) privées.
          Car seul L’État serait pleinement propriétaire des biens communs, à commencer par le sol… Spéculation de fait impossible.
          Bien que libérale, l’économie serait cadrée par la collectivité.

          (Avant de concerner le monde entier, il peut s’établir à échelle nationale.)

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          • jc // 18.06.2019 à 23h29

            @ D. Gagnot

            Dans mon idée ça ne peut marcher “idéalement” que si le couple monnaie chaude/monnaie froide se reproduit à tous les niveaux: Monde-Dollar(?)/Europe-Euro, Europe-Euro/France-Franc, France-Franc/Bretagne-Bret, … , Canton X-x/Commune Y-y (x désignant la monnaie du canton X et y la monnaie de la commune Y). Donc chaque monnaie est à la fois chaude et froide sauf les monnaies communales -qui sont uniques (pas de monnaie chaude en -petite-commune) et froides, communes communistes- (pour moi une monnaie unique froide caractérise un régime purement communiste et une monnaie unique chaude un régime purement capitaliste).

            Le capitalisme et le communisme sont donc en conflit permanent sauf dans les communes. Il y en a pour tous les goûts: on peut vivre en régime capitaliste de 20 à 60 ans et commencer et finir sa vie en régime communiste dans sa petite commune, on peut aussi vivre en régime capitaliste la semaine (en travaillant à la capitale -régionale, nationale, mondiale, etc.) et en régime communiste le WE (en rentrant se reposer dans sa petite commune).

            Mais je n’ai pas encore ruminé votre page 102.

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            • Dominique Gagnot // 20.06.2019 à 15h02

              @ jc

              Logiquement vous avez raison, mais pratiquement c’est nier ce qu’est une nation : un territoire unifié, qu’il serait malsain de subdiviser.
              Sauf à ce que la nation n’en soit pas une dans les faits, ce qui est le cas lorsqu’un libéralisme effréné vient en saper l’unité, voire la détruire… Mais ce n’est pas une fatalité.

              On peut imaginer un capitalisme encadré par une administration destinée à gérer intelligemment les ressources communes, et planifier… C’est d’ailleurs illustré page 102. 😉

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    • Clauzip12 // 22.06.2019 à 16h27

      Dans ce debat ou je suis incompetent pour donner un avis je percois neanmoins les tenants de l’ordre actuel,le rappel de ce qu’est la monaie tant qu’expression de la souverainete d’un pays,enfin les interets et risques potentiels de la demarche.
      Mais le libra de face book ne va t il rejouer en brouillant toutes les cartes.
      Les USA y sont ils totalement etrangers?l

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  • Kiwixar // 17.06.2019 à 07h57

    Une banque centrale “indépendante”… de qui? Des citoyens contribuables ou du cartel de banques centrales privées orchestré à Bâle (BRI)? L’émission de dette/monnaie par le Trésor (dépendante de l’Etat, donc des citoyens/contribuables, indépendante des cartels de banques privées) ou par le cartel de banques centrales, qui facturent ensuite des intérêts quand ils prêtent aux Trésors des Etats, intérêts qui sont payés par les Etats en essorant les contribuables jusqu’à la moëlle?

    Et la fixation des taux directeurs d’une banque centrale, permettant de punir un gouvernement qui ne file pas droit en rendant les emprunts plus chers, donc ralentissant l’économie. Entre des mains privées “indépendantes”.

    Un gouvernement élu par des citoyens, contre des financiocrates non-élus (banques centrales), et des eurocrates non-élus. Remettre en cause ce système criminel (“faux-monnayage” selon Maurice Allais) est un casus belli d’une ampleur absolument inédite dans l’histoire. L’intégralité de la caste criminelle bancaire mondiale va tenter de faire échouer cette initiative, et de se faire la peau du gouvernement italien. Nous vivons des temps intéressants. Forza Italia (allez l’Italie)!

      +47

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  • Toff de Aix // 17.06.2019 à 08h09

    À part ça, l’Europe et l’euro se portent bien…

    Le gouvernement de GB se bat toujours pour savoir s’il faut respecter la volonté du peuple et sortir de ce guêpier, et pendant ce temps l’Italie tente sa monnaie parralele (en gros tente de sortir par la bande, sans sortir vraiment de l’UE..)

    Vu les nombreux exemples de “recadrages démocratiques” effectués ici où là (Grèce, catalogne, etc.) nous savons pertinemment ce qui va se passer… Ou pas !

    Car de son côté poutine vient d’annoncer que le monde unipolaire dirigé par les seuls usa était fini, et vient d’appeler tous les pays qui le souhaitent à rejoindre le sien pour faire pièce à l’économie US (et par ricochet à ses alliés européens)
    https://www.google.com/amp/s/amp.agoravox.fr/actualites/international/article/poutine-annonce-la-doctrine-de-la-215817

    De plus en plus d’acteurs internationaux sentent le vent tourner, et prennent des mesures en conséquence…l’UE des banques et de la finance est déjà moribonde, mais elle ne le sait pas encore, manifestement elle s’accroche avec l’énergie du désespoir à ce qu’elle perçoit comme une ultime chance de survie.

    Et pendant ce temps, alors qu’un paquet de gouvernements prend des mesures, parce qu’il pressent ce qui va se passer, en France notre ravi de la crèche continue d’annoner son admiration quasi fanatique pour une monnaie unique qui détruit nos industries, la société, les services publics, l’emploi etc.

    Quand tout ça va se péter la figure (je dirais d’ici quelques mois, pas plus), qui se retrouvera en caleçon face au tsunami ? Gageons que les français, rendus misérables par ce tas d’imbéciles, sauront chercher (et trouver) les responsables de ce carnage..

      +35

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    • chokk // 17.06.2019 à 11h29

      Le “recadrage démocratique” sera sans doute moins évident que pendant la crise de l’€uro (qui dure…). La GB et l’Italie sont 2 poids lourds de l’UE. La GB a la capacité à s’appuyer sur son commerce hors UE et l’Italie est très impactée par son commerce avec la Russie, deux bonnes raisons de regarder ailleurs. D’autant que l’Allemagne est plus faible en ce moment, même si je la vois bien récupérer la tête de la BCE .
      Une époque très intéressante, même si je crains les réactions excessives de l’UE qui pourraient nous rappeler “les heures les plus sombres de notre Histoire”, comme aiment dire les éditorialistes :p

        +5

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  • RGT // 17.06.2019 à 08h17

    C’était ce qui se passait en France depuis les années 60…

    La “Loi de 73 sur la Banque de France” a été publiée alors que l’état n’avait plus du tout besoin de cette (vénérable) institution depuis bien longtemps, ayant remplacé les “emprunts à taux 0” de la BDF par des prêts concédés par le Tésor Public.

    Tésor Public qui permettait à tout français d’ouvrir un compte bancaire dans toutes les trésoreries.

    Ce statut permettait au Trésor Public de financer les collectivités locales et les services publics à taux nuls (compte-tenu de l’inflation bien sûr) et a été très utile pour la collectivité pendant les “30 glorieuses”.

    Ce qui faisait une concurrence jugée “déloyale” par nos chers €urocrates qui ont interdit cette “pratique scandaleuse” qui venait plomber les profits des banques privées.

    “Le Trésor public cessera ses activités concurrentielles de tenue de comptes bancaires et de placements de produits financiers au 31 décembre 2001, dans le but de recentrer ses activités d’épargne sur les secteurs d’intérêt général…”

    Les profits des banques privées sont donc considérées depuis le 1er janvier 2002 comme étant “d’intérêt général”…

    Je tiens à vous rappeler que les collectivités locales n’ont jamais été en sur-endettement AVANT cette date et que le Trésor Public n’a JAMAIS utilisé des montages de prêts à taux “brumeux” qui se sont traduits par des intérêts qui pulvérisaient les plafonds des taux d’usure.

    Allez-y chers italiens, et montrez-nous que nous nous sommes faits plumer comme de vulgaires mougeons par “nos” institutions tant imprégnées du souci du “bien commun”.

      +55

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    • Daniel // 17.06.2019 à 10h03

      tout à fait d’accord avec votre vision.
      il y a dans le lien ci dessous des vidéos pédagogiques sur la création monétaire et son application durant les 30 Glorieuses : passionnant.
      #4 Création monétaire : La bataille historique du peuple français – ACTE 3
      https://www.youtube.com/watch?v=xTVZy-z-Ej0&list=PLSE15CpyCqqoYCywI2U1XPtGZfRm9p69P&index=11&t=0s

      et toute la série est ici :
      https://www.youtube.com/playlist?list=PLSE15CpyCqqoYCywI2U1XPtGZfRm9p69P

        +8

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    • Michel Le Rouméliote // 17.06.2019 à 10h05

      C’est vrai ! Mon grand-père maternel avait son compte au Trésor Public…

        +3

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      • Kiwixar // 17.06.2019 à 12h28

        Chaque Français devrait avoir, dès 18 ans, son compte bancaire obligatoire au Trésor Public, sur lequel tout salaire, retraite ou aide sociale serait versé obligatoirement. Avec carte de débit (et non de crédit) sans aucun frais pour les commerces ni pour l’utilisateur.

        Ca éviterait :
        – les commissions des commerçants versées aux acteurs de carte de crédit étrangers
        – les frais bancaires français absolument scandaleux (par rapport à la Nouvelle-Zélande)
        – les délais de transferts bancaires français absolument scandaleux (par rapport à la Nouvelle-Zélande où c’est généralement en 1h ou deux)(et j’ai même eu un transfert en AUD entre la Chine et la NZ – donc via l’Australie – qui s’est fait en 12h chrono).

          +13

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        • jmk011 // 17.06.2019 à 13h21

          Je suis un ancien du Trésor Public et donc j’ai eu un compte en banque dans cette vénérable institution, jusqu’à la disparition de ces comptes dans les années 90 suite à décision du gouvernement bien dirigée par les instances européennes.
          Je rappelle que, jusqu’à la loi dite Pompidou- Giscard de 1973 (confirmée par Maastricht en 1992), l’Etat n’avait aucune obligation d’emprunter sur les marchés financiers, le compte du Trésor à la Banque de France bénéficiant d’un crédit à taux proche de zéro. La dette publique de l’Etat était à l’epoque insignifiante. Mais avec Pompidou (ancien comme Macron de la banque Rotschild) les intérêts financiers de la France ont été sacrifiés au profit de ceux de la finance internationale.

            +28

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    • Zevengeur // 18.06.2019 à 20h39

      J’avais potassé la question des 30 glorieuses et de la loi de 1973, cette dernière ne changeait pas grand chose mais :
      1) La situation était plus complexe que cette simple loi
      2) le diable se nichait dans les détails

      Voir ci-dessous l’histoire du “circuit du Trésor” remplacé par le “circuit de la dette” :
      https://zevengeur.wordpress.com/2019/03/15/le-circuit-du-tresor-detruit-par-loligarchie-au-profit-du-circuit-de-la-dette-retour-sur-la-loi-de-1973/

        +2

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  • calal // 17.06.2019 à 08h27

    Pour faire fonctionner efficacement le mini-bot, il est nécessaire de donner à ces agences le pouvoir d’accorder des crédits en mini-bots aux particuliers et aux entreprises, quitte à allouer des moyens supplémentaires pour créer des services spécifiquement dédiés à cette tâche. Cela permettrait de répartir sur le territoire l’ensemble de la demande de crédit courante qui est à la base, quotidiennement, de la création monétaire dans les banques. De plus, cela permettrait de rassurer l’ensemble des acteurs en s’adressant dans chaque endroit du territoire à l’Etat pour obtenir sa nouvelle monnaie (bien qu’elle n’aura peut-être toujours pas ce statut à ce moment-là).

    On peut mettre parallele a ce probleme le fait qu’en france,l’etat,preside par un ex-banquier, ferme des centres des impots un peu partout: un coup d’avance pour eviter que ces centres ne deviennent des banques nationales dans le futur en cas de victoire de souverainistes? A noter que le rn est tres proche des italiens de salvini,suffisament proche pour observer et reprendre leurs arguments et techniques de lutte contre la bce et bruxelles en cas de prise de pouvoir.

    Apres,entre le risque d’abus de pouvoir de l’etat et le risque d’abus de pouvoir des banques privees,mon coeur balance…au moins,on a l’espoir d’influer un peu sur l’etat a travers du vote (election de trump envers et contre tout)…

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    • Toto // 17.06.2019 à 11h54

      Quid des banques italiennes actuelles ? genre Monte Paschi … une banque qui déjà pète la forme

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  • calal // 17.06.2019 à 08h38

    pendant ce temps la,en allemagne (vous savez ce pays super bien gere,super intelligent ,notre modele a tous):

    https://www.zerohedge.com/news/2019-06-16/deutsche-bank-launch-eu50-billion-bad-bank-housing-billions-toxic-derivatives

    grosso merdo ca dit qu’avec rien qu’une tranche de 40 milliards d’euros de “mauvais contrats”,la db perd 500 millions chaque annee,500 millions qu’elle doit trouver quelque part…
    Et que cette banque a encore quelque chose comme 43 000 milliards d’euros de contrats qu’elle a signe,dont il est difficile de dire s’ils sont “gagnants” ou “perdants”…
    et qu’ils cherchent donc des pigeons qui veulent bien payer pour eponger toutes ces conneries…a priori ce sera des allemands,et ces allemands vont essayer d’eparpiller la m… sur toute l’europe…when Shit Hit The Fan…

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    • Chris // 17.06.2019 à 10h01

      Une faillite annoncée de la DB (type Lehman Brother), laquelle s’ajouteront les 920 milliards de Target2 !
      https://www.businessbourse.com/2019/06/13/charles-sannat-monnaie-parallele-italienne-lallemagne-avoue-les-risques-de-defaut-sur-leuro/
      “Dans le système TARGET, les crédits à l’égard de l’Allemagne ont atteint 920 milliards d’euros, soit 27% du PIB allemand. Les achats d’obligations par la BCE dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif ont exacerbé les déséquilibres, devenant de fait un canal déguisé de fuite des capitaux en provenance d’Italie.

      https://www.telegraph.co.uk/business/2019/06/04/german-bundesbank-comes-clean-euro-default-risks-italys-parallel/
      “La Bundesbank allemande a prévenu qu’elle risquerait de subir de lourdes pertes si un grand pays quittait l’euro et de rembourser ses dettes au système de la Banque centrale européenne.

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    • charles // 17.06.2019 à 10h10

      ils vont bien trouer un moyen pour le faire payer par les français…

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      • calal // 17.06.2019 à 13h02

        si il y a un trou dans les comptes de la bce,les pays membres doivent remettre la main au pot pour la recapitaliser suivant des pourcentages decides par avance: l’etat francais devra,comme par le passe,mettre quelques milliards sur la table.

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    • Kiwixar // 17.06.2019 à 11h28

      Attention à Nord Stream 2. Les US veulent faire plier l’Allemagne sur ce sujet, et ils utilisent l’arme financière assez régulièrement. La Deutsche Bank semble une cible assez évidente, il suffit de tirer le tapis de sous ses pieds.

      En même temps, l’Iran a indiqué que si ils ne peuvent pas vendre leur pétrole, personne ne pourra acheter du pétrole passant par le détroit d’Ormuz. Il doit y avoir quelques trilliards de produits dérivés financiers qui vont exploser si le prix du pétrole monte soudainement.

      Et l’Italie lance des mini-bots. Les risques actuels sont partout, systémiques. Gardez des provisions chez vous, le futur proche risque d’être agité…

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  • charles // 17.06.2019 à 10h09

    on peut s’en servir sur internet de cette monnaie ? Y’a des avantages autres que de faire la **** à la commission ? Je veux bien en acheter.

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  • Renaud // 17.06.2019 à 10h57

    Ce qui est encourageant dans l’attitude italienne, c’est justement la lucidité vis à vis de la finance. D’autre part, sauf erreur, la dette italienne est détenue en grande majorité par des italiens eux-mêmes, ce qui aide à déblayer le terrain pour retrouver la souveraineté dont la première prérogative est la maitrise de la monnaie.
    .

      +7

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  • jeanaugustin // 17.06.2019 à 11h04

    En France, paradoxalement, la solution n’est pas nouvelle : il suffirait de rétablir et développer la fonction de gestion bancaire du Trésor qui existait dans le passé et dont il restait encore un maigre résidu, jusqu’à ce qu’il ait été aboli au 31 décembre 2001, par un décret ministériel signé par Laurent FABIUS.
    Pourquoi s’étonner et juger incongrue une proposition qui apparaîtra peut-être insolite et utopique, voire même scabreuse, puisqu’elle consiste, en définitive, à redonner à l’Etat le moyen de se procurer des ressources par la gestion des flux, c’est-à-dire par la perception et la distribution des impôts en gestion interne. La mise en place logistique du prélèvement de l’IR à la source en est de fait le support logistique si le notre gouvernement a la volonté de restituer sa fonction bancaire au Trésor Public .

      +7

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  • Renard // 17.06.2019 à 13h30

    La droite radicale va faire en Italie ce que la gauche aurait du faire si elle n’avait pas été infecté par le cancer du boboïsme..

    Du coup c’est toujours le Capital qui va gouverner, sous une nouvelle formule. Vous tuez un tyran mais l’esclavage reste..

      +2

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    • Kiwixar // 17.06.2019 à 14h48

      Comme dit Charles Gave “En France, la gauche a trahi le peuple et la droite a trahi la Nation”. En Italie, c’est une coalition gauche-droite (M5S + Ligue du Nord) qui essaie de sauver ET le peuple italien ET la Nation italienne (je leur souhaite). Ou la Ligue va essayer de diriger seule, et sauver la Nation d’abord.

      Tout ce qui n’est pas tr*hison au profit des globalistes financiers est estampillé “populiste” ou “radical”. Les estampillateurs travaillent pour ces globalistes financiers.

        +11

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  • Grim // 17.06.2019 à 15h11

    Bref, les italiens sont peut-être en train de construire un système monétaire et bancaire qui serait parallèle au système actuel, surveillez bien ce qui pourrait se passer cet été, on pourrait avoir des surprises (une déclaration du Gouvernement italien un 15 août par exemple).

    Chose amusante, le système de création et de destruction monétaire par les impôts géré par le trésor public fait un peu penser au système du “100% monnaie”.

      +4

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  • Louis St.O // 19.06.2019 à 17h30

    1)
    Comment faire?
    Créer, nationaliser ou socialiser une seule Banque Privée en Banque Publique de Dépôt ou les salaires de tous les fonctionnaires et assimilés, les retraités, les employés des collectivités locales et autres associations recevant des aides.
    Mais aussi les aides sociales, toutes les aides sociales tel que RSA, chômage ou allocation. Enfin toutes les entreprises qui traitent avec l’État ou les collectivités locales seront payées sur un compte de la Banque Publique. Sans exception.
    Cette Banque serait en tous points équivalente à une banque privé, CàD avec carnets de chèques et cartes bancaires, acceptant les découvert ou les prêts de leurs clients
    Elle pourrait, comme les banques privées, faire payer le coût de tenue de compte, ainsi que les frais de découvert qu’une Banque privée fait payé à son client après 15 j de découvert (mais beaucoup moins cher).

    Tous les clients ou entreprises de cette Banque public pourraient, si ils le désirent transférer une partie des sommes de leurs comptes sur un compte d’une banque privée moyennant des frais de transfert. À la seule condition de garder sur ce compte une somme minime définit. Naturellement il faudra changer la loi en responsabilisant les banques privées, elles ne seraient plus garanties par l’État et peuvent faire faillite et les clients peuvent perdre leur argent ou bien responsabiliser les actionnaire de ces banques en faisant en sorte qu’ils remboursent les clients de leurs propres patrimoines. (à suivre …)

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  • Louis St.O // 19.06.2019 à 17h30

    suite -2)
    Les clients peuvent avoir un ou plusieurs compte ainsi que des comptes épargne ou livret de Dev durable avec possibilité de transfert de compte à compte à l’intérieur de la Banque publique naturellement gratuit.
    Tous ces frais de tenue de compte, de découvert ou de transfert peuvent être calculé à la baisse.
    Si on calcul les sommes alors disponibles qui peuvent servir à être utilisé pour des crédits à la BNF, je pense que l’on a plus besoin de faire des prêts extérieurs. Et la BCE ne peut plus nous refuser un prêt (Si l’on reste dans l’UE !!!)

      +0

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