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16.juin.201916.6.2019 // Les Crises

Un reporter qui n’est pas payé par Niel ou Drahi n’est pas un journaliste. Par JM. Bourget

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Je profite de cet excellent billet de Jacques-Marie Bourget pour exprimer mon plein soutien à Taha Bouhafs. OB

Le vaillant confrère qui a piqué Benalla en train de tabasser des citoyens a été mis en garde à vue. Plutôt de le qualifier de journaliste, la presse qui dit la vérité a préférer parler de lui, Taha Bouhafs, en le désigant comme “militant”. Comme Péri, Manouchian, Brossolette.

Mes derniers amis, avec lesquels je viens de me réunir dans une cabine de karaoké, le savent, je ne suis pas du genre à critiquer la police. Quand ils coupent des mains, éborgnent des regards, provoquent la mort d’une vieille dame à Marseille je trouve ça vraiment juste et bien. D’ailleurs la vieille dame on ne va pas la compter puisqu’elle est algérienne. L’action policière est conforme à la comptine des Droits de l’homme, telle que récitée par Castaner : nous sommes une grande démocratie où la répression ne saurait être injuste. Les borgnes et les sans main, qui ont remplacé les « sans dents », doivent s’affirmer heureux. Le coup de matraque, le pétard du flash-ball sont comme le goupillon qui bénit le pécheur, ou le coup de règle de l’instit vintage. Va en paix mon fils.

Mais ce qui m’a choqué, et là je vais être franc avec les amis de la police, c’est l’arrestation et la garde à vue d’un journaliste. Donc d’un confrère. Comme c’est une espèce en voie d’extinction, j’aime les hommes de presse, tout autant que le regretté volatile, le dodo. Mon premier mouvement a été de sauter sur une trottinette d’Hidalgo, qui n’est pas lente, pour foncer vers le commissariat d’Alfortville où le reporter était détenu par d’exquis policiers. Mon second mouvement fut de lire à la volée, sur téléphone, ce que disait la presse des malheurs du confrère : « Le journaliste militant Taha Bouhafs poursuivi pour « outrage », son téléphone mis sous scellé », lis-je dans « Le Monde » qui dit toujours vrai, même à 8h54 quand le croissant vient de quitter la lune pour rejoindre la sous-tasse du café. A l’OBS, autre succursale de Niel, on affiche la même chose : « Le journaliste et militant Taha Bouhafs… ». Je m’en vais alors voir au vrai chic « Parisien », chez Arnaud qui, lui, n’est que le beau-père de Niel, mais c’est rebelote : « Le journaliste et militant Taha Bouhafs… ».

Je délaisse la trottinette pour la réflexion : si d’aussi merveilleux confrères qualifient ce journaliste de militant c’est pour nous dire, entre les dents, qu’il n’est pas journaliste, ou pas vraiment. Donc pas nécessaire de rouler jusqu’à Maison Alfort, ville que mes chats détestent car pleine de vétérinaires. Je n’ai donc pas milité en faveur du militant. C’est vrai, un vrai journaliste ne milite pas, prenez Bernard Guetta, mon modèle à imiter, l’avez-vous jamais lu ou entendu militer ? Avez-vous, déjà, entendu un mot doux sur Macron sorti de la bouche de Delahousse ? Non puisque « Le Monde » les présente comme « journalistes », sans le mot semi-remorque, « militant ». Faut croire « Le Monde ». Tant qu’un mensonge n’est pas accrédité par ce journal, ce n’est pas une vérité.

Et puis aussi, quel drôle de nom pour un reporter, « Taha Bouhafs ». Les journalistes, les vrais, se nomment Christophe Barbier, Eric Brunet, Ruth Elkrief, André Bercoff, Roseline Bachelot, François Lenglet, Léa Salamé, Nicolas Demorand. Comme les appareils dans les gares, qui vous dépannent en boissons, eux sont des distributeurs de certitudes. Ils ne militent pas, ils nous déforment. Personnellement si un milliardaire camé me demandait de le conseiller sur la rédaction de son journal, je lui dirais d’entrée « Surtout pas de Taha, pas de Bouhafs ». Ça c’est un nom de menteur. La preuve : il a vu et filmé, le premier, Alexandre Benalla entrain de tabasser des citoyens lors des manifs du 1 mai 2018. Mesurez l’imposteur.

Mon très bon fond m’a toujours poussé à défendre les journalistes. C’est peut être ça qui les a fait disparaitre… Ainsi j’ai déjà été piégé dans un scénario à la Taha Bouhafs. C’est quand un matin d’il y a peu, Internet un jour Internet toujours, je me jette sur les nouvelles. Pour entendre des mots horribles, « Gaza : un journaliste tué, deux blessés »…Apeuré je demeure, en me disant : « pourvu, surtout, qu’ils n’aient pas tué Christophe Barbier ». Hagard, je poursuis mon écoute : « Le journaliste mort et les deux confrères blessés sont des palestiniens de Gaza… ». Et là c’est la colère : comment peut-on ainsi jouer avec nos nerfs. Avec la réserve de notre si précieuse émotion… Tout est dans la précision de fin de phrase : « Palestiniens ». On nous laisse d’abord nous faire un sang d’encre, et craindre le pire. Par exemple, qu’outre Barbier on nous ait aussi fauché Pascal Praud et pourquoi pas F.O.G. Et voilà que la queue de phrase vient me rassurer « Trois journalistes palestiniens » : aucun vrai journaliste parmi les victimes.

On nous avait déjà fait le coup en 2006 quand, dans leur juste combat pour leur sécurité, les militaires israéliens avaient tué un confrère libanais présenté, lui aussi comme « journaliste ». Heureusement, nos médias de vérité étaient vigilants pour nous préciser que ce reporter travaillait pour un journal « proche du Hezbollah », ce qui relâchait la soupape. Ce n’était donc pas un reporter qui était mort mais « un proche du Hezbollah ». Comme Léa Salamé est proche de « Place Publique ».

Simple exercice, sorte de jeu, de saut dans le temps pour ceux qui aiment les séries filmées au gazogène. Imaginez que nous soyons lecteurs des journaux imprimés sous Vichy, avec pétillante à volonté, le 15 décembre 1941 nous aurions appris avec flegme l’exécution du « journaliste militant » (communiste) Gabriel Péri, puis le 21 février 1944 l’assassinat au Mont Valérien de Missak Manouchian, « journaliste militant » et enfin, pour en rester à ces reporters- militants qui inquiètent tant « Le Monde », le 22 mars 1944 apprendre impassibles la mort après torture du « journaliste militant » Pierre Brossolette. Trois journalistes relevant d’un passage au Décodex.

Jacques-Marie Bourget, 15/06/2019

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Nous vous recommandons de lire en complément l’interview de Taha Bouhafs sur le site de Reporterre

J’ai aussi constaté la différence de traitement entre les journaux. L’Humanité a fait un papier et a titré «un journaliste victime de violences policières». Le Monde, lui, a simplement repris une dépêche de l’AFP avec pour titre «Taha Bouhafs, le journaliste militant convoqué pour outrage et rébellion».

Êtes-vous journaliste militant?

Je suis journaliste, pas journaliste militant. Je peux être militant dans ma vie de tous les jours, ailleurs que dans mon boulot, mais quand je suis journaliste, je suis journaliste.

Je sais ce que cache l’utilisation du mot «militant» dans ce contexte. Ça veut dire que je suis journaliste, mais pas trop quand même… D’ailleurs, je ne vois pas en quoi je serais plus militant qu’un journaliste du Point ou de BFM TV, ou que Christophe Barbier!

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

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Fritz // 16.06.2019 à 08h17

Cela me rappelle les seize journalistes et techniciens de la RTS tués par les bombes de l’OTAN dans leur immeuble de Belgrade, le 23 avril 1999. Les télévisions françaises ne montrèrent aucune solidarité, elles justifièrent même le bombardement de leurs confrères : « la télévision serbe est une cible légitime » (France 3), « un objectif stratégique […] un formidable outil de propagande » (Claire Chazal, sur TF 1) . Le journaliste d’en face n’est pas un confrère, mais un propagandiste, il faut donc le réduire au silence. L’organisation « Reporters sans frontières » a refusé d’inscrire dans son bilan annuel les journalistes serbes tués ce jour-là.

Quatre ans plus tard, de nombreux médias eurent du mal à qualifier Tarek Ayyoub de « journaliste » : c’était pourtant sa profession. Il fut tué par les bombes américaines à Bagdad, le 8 avril 2003. Mais sérieusement, peut-on être journaliste ET palestinien ?

43 réactions et commentaires

  • Fabrice // 16.06.2019 à 07h42

    Le journaliste est devenu synonyme d’editorialiste faisant parti d’une caste, qui à la visibilité, la notoriété les autres sont des ouvriers de presse qui apportent la matière aux orfèvres qui le taillent selon les intérêts de leurs influences et de leur média .

    De quel droit laisserait on des indépendants s’ériger en voix alternative qui sort de la case auxquels il appartiennent et dans laquelle on les enferme. Ils n’ont évidemment pas le recul intellectuel de certains aplatis, on le voit bien sérieusement que les nouvelles sont des choses bien trop sérieuses pour être laissé entre les mains de reporters surtout indépendants, ce gouvernement et son ecosphère n’a que trop à perdre de laisser faire une presse indépendante.

    Le pouvoir (politique et économique) tient parce qu’il contrôle le récit de sa réalité, autrement nous aurions le choix et Tina pourrait aller se faire voir, le problème c’est que les choix alternatifs existent et que pour les dissimuler il faut se faire de plus en plus autoritaire et révéler par trop d’incompétence son vrai visage.

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  • Fritz // 16.06.2019 à 08h17

    Cela me rappelle les seize journalistes et techniciens de la RTS tués par les bombes de l’OTAN dans leur immeuble de Belgrade, le 23 avril 1999. Les télévisions françaises ne montrèrent aucune solidarité, elles justifièrent même le bombardement de leurs confrères : « la télévision serbe est une cible légitime » (France 3), « un objectif stratégique […] un formidable outil de propagande » (Claire Chazal, sur TF 1) . Le journaliste d’en face n’est pas un confrère, mais un propagandiste, il faut donc le réduire au silence. L’organisation « Reporters sans frontières » a refusé d’inscrire dans son bilan annuel les journalistes serbes tués ce jour-là.

    Quatre ans plus tard, de nombreux médias eurent du mal à qualifier Tarek Ayyoub de « journaliste » : c’était pourtant sa profession. Il fut tué par les bombes américaines à Bagdad, le 8 avril 2003. Mais sérieusement, peut-on être journaliste ET palestinien ?

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    • JM Bourget // 16.06.2019 à 09h06

      Je me désole de ne pas avoir assez poussé la réflexion.Exact que RSF qui vient de recevoir un Prix distribué par Israël a le le criminel Kissinger comme parrain. J étais à Belgrade lors des bombardements et l attaque contre la tv serbe est une barbarie. De même les attaques contre Al Jazira à Kaboul..

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      • Fritz // 16.06.2019 à 11h16

        De rien. Vous qui avez été sur le terrain, et payé de votre personne, vous pourrez parfaire la comparaison.

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      • Themisto // 16.06.2019 à 11h43

        Ne vous désolez pas, votre reflexion est plus que suffisante. Simplement, les exemples sont innombrables.

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    • septique // 16.06.2019 à 22h44

      Mais sérieusement, peut-on être journaliste ET palestinien ?

      C’est une question qui intéresse encore quelqu’un pas seulement journaliste ET palestinien mais palestinien simplement..?…Que font donc tous ces pays musulmans pour la GRANDE CAUSE palestinienne ? Des déclarations, quelques chiches subsides..

      Mon cher Fritz votre compassion pour tous ceux qui ne sont pas français fait chaud au coeur mais plus prêt de vous je suis sûr qu’il y a des femmes monoparentales dans la dèche, des sans-logis qui vivotent dans la rue, etc, c’est vrai c’est moins captivant que les journalistes palestiniens ou les journalistes serbes en 1999 et l’aide ne nécessite pas d’écrire sur Internet…

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      • Serge WASTERLAIN // 17.06.2019 à 00h44

        Et en quoi les pays musulmans seraient-ils plus responsables que les autres de ‘’la GRANDE CAUSE palestinienne’’ et accessoirement du sort réservé aux journalistes palestiniens par l’État Juif Israël ? Et pourquoi la compassion de notre cher Fritz ‘’pour tous ceux qui ne sont pas français fait chaud au cœur’’ et ne lui permettrait pas d’avoir la même compassion pour ‘’des femmes monoparentales dans la dèche, des sans-logis qui vivotent dans la rue, etc’’ Qu’en savez-vous ? Et d’ailleurs, que viennent faire ces déshérités vivant en France dans la cause palestinienne et les journalistes qui la couvre ?

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  • Themisto // 16.06.2019 à 08h51

    Tous les journalistes sont “militants”.
    Il y en a qui militent pour une cause morale qui leur est chère et il y en a qui militent pour s’achéter un beau 4 pièces dans le 18éme. Et il y a qui croient qui peuvent faire les deux à la fois, mais -à défaut de se trouver une cause morale- se bornent à s’acheter une Porshe.

    Soutien à à Taha Bouhafs.

    Cela me rapelle un poème du Léo Ferré:

    «Moi, je suis un bâtard
    Nous sommes tous des bâtards
    Ce qui nous sépare, aujourd’hui, c’est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil
    Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé
    Soyez tranquilles, vous ne risquez rien ! Il n’y a plus rien
    Et ce rien, on vous le laisse !
    Foutez-vous-en jusque-là, si vous pouvez
    Nous, on peut pas»

      +17

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  • Fritz // 16.06.2019 à 09h12

    Le journaliste Bernard Guetta n’a jamais milité pour l’Union européenne, c’est bien connu.

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    • Papagateau // 16.06.2019 à 10h31

      Ni caché quelque chose pour les intérêts de son “actionnaire industriel” du moment.

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  • D’Aubrac // 16.06.2019 à 09h57

    ”Faut croire « Le Monde ».
    Tant qu’un mensonge n’est pas accrédité par ce journal, ce n’est pas une vérité.”

    Vérité cuisante.

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  • Lysbeth Levy // 16.06.2019 à 10h00

    Ah la presse, quelle malheur..Pour rappel chaque année sort une étude ou un sondage sort, pour au final, déplorer que celle ci “va mal” et que les citoyens l’a délaisse en ne croyant plus a ces “journalistes” militants” de la cause des milliardaires eux :
    https://www.franceculture.fr/medias/gilets-jaunes-cest-effrayant-mais-certains-ne-croient-plus-les-medias-meme-de-service-public ! En plus c’est de leur faute si “ils n’y croient plus” ??
    Maintenant “ils” veulent qu’on les croit sur parole !

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  • bm607 // 16.06.2019 à 10h46

    Il y a quand même une certaine justice immanente en ce sens que tous ces désinformateurs affublés du pseudonyme de “journalistes” voient leur cote de confiance plonger à vitesse grand V :
    https://www.nouvelobs.com/teleobs/20190613.OBS14336/la-confiance-dans-les-medias-se-degrade-dans-le-monde-et-chute-en-france.html#Echobox=1560424280
    “La confiance dans les médias se dégrade dans le monde. Et chute en France

    Ce rapport, baptisé Digital News Report, s’appuie notamment sur une étude d’ampleur menée par YouGov entre fin janvier et début février auprès de 75 000 personnes dans 38 pays.

    En moyenne dans ces pays, 42 % des personnes interrogées font confiance aux médias en général (une baisse de 2 points de pourcentage sur un an) et moins d’une sur deux (49 %) fait confiance aux médias qu’elles utilisent.

    En France, la confiance a nettement reculé (-11 points en un an, à 24 %), alors que les médias ont été particulièrement critiqués pour leur couverture du mouvement des « gilets jaunes », souligne le rapport.”

    -11 % en un an, pas mal ! Et 24% au final, joli aussi ; ce qui est en passant à peu près le score de la liste larem aux dernières élections, on peut supposer que ces électeurs doivent constituer une bonne partie du groupe des croyants (en la presse) car ils ont en commun l’absence de cerveau.

    Un fait “amusant” à noter au passage :
    “Le rapport note en outre que le niveau de confiance augmente avec le niveau d’éducation.”
    L’éducation remplit donc bien son rôle, celui de fabriquer de parfaits moutons bien endoctrinés et bien fiers de leur alignement, inaptes à penser par eux-même, suivant docilement le troupeau de peur de remettre en cause la valeur de leurs diplômes et donc leur valeur personnelle “officielle”.

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    • Recits d’Yves // 18.06.2019 à 09h40

      Si ce sont des moutons, c’est parce qu’ils choisissent, pour des raisons diverses, d’être du côté des pouvoirs.
      Il y a ceux qui sont parfaitement convaincus et qui adhérent à toute les logiques libérales, néo, ultra ou sans préfixe.
      Pour cela, le chemin est vers le haut.

      Et pour ceux qui en doutent, il y a la peur de tout perdre.
      La crainte de la disgrâce sociale, de la rupture familiale pour aboutir à la déchéance tout court suffit à leur rappeler que ce qui a été donné au cadre, même si c’est peu finalement, peut lui être repris très rapidement.
      Ceux là resteront sur le chemin un peu chaotique quand même.
      Et puis il y a ceux qui sont à bout et qui choisissent de sortir de leur tragédie personnelle. Ils vont au bout de leur vie; leur propre mort leur parait comme la seule voie possible pour sortir de cette souffrance.

      L’empathie et la compassion sont des valeurs qui nous différentient des libéraux avec ou sans préfixe.

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  • Abelard // 16.06.2019 à 11h39

    Petite erreur à la fin de ce beau texte.
    Les journaliste militants ne sauraient avoir été assassinés, mais neutralisés…

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  • Bernard // 16.06.2019 à 12h31

    Il semblerait que la dénomination vienne à l’origine de l’AFP, donc en gros de l’Etat lui-même.

    Les journaux n’ont fait que copier coller, comme très souvent. Par alignement ? Par fainéantise ? Une grosse dose de chacun des deux je pense.

    Je suis personnellement beaucoup plus choqué par le fait que l’AFP, censée être dans un traitement brut et non commenté de l’info, se permette de tels jugements de valeur, que par le fait qu’un journal “indépendant” le fasse.

    Les journaux ont cette tradition en France d’émettre des opinions (et je pense qu’ils brassaient bien plus d’idées il y a 150 ans qu’aujourd’hui). Qu’ils le fassent n’est pas choquant en soi. Ce qui est problématique aujourd’hui, c’est qu’ils vont tous dans la même direction. Quand j’étais au collège, on m’a appris que c’était ça (le discours unique) la dictature…

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  • Chris // 16.06.2019 à 12h37

    A propos de journalisme et fake news :
    https://www.zerohedge.com/news/2019-06-14/fake-news-does-more-real-journalism-real-journalism
    “Le journaliste moyen auquel nous parlons a 27 ans et sa seule expérience en matière de reportage consiste à tourner autour de campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien.
    -Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale pour les communications stratégiques auprès d’Obama
    Le «vrai journalisme» est la propagande de Washington DC.

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  • Kiwixar // 16.06.2019 à 13h09

    “Mais ce qui m’a choqué, et là je vais être franc avec les amis de la police, c’est l’arrestation et la garde à vue d’un journaliste”

    Sans vouloir faire ma mijaurée (ou alors je suis c…), le début de cet article me met mal à l’aise. A priori, le début (ok d’éborgner et mutiler, voire tuer une dame vu qu’elle est Algérienne) est manifestement très ironique. Mais, ne connaissant pas l’auteur, je n’en suis pas sûr. On est dans un pays où de nombreuses personnes se sont réjouies des mutilations (“ils l’ont bien cherché”).

    Puis, changement, “choqué par l’arrestation d’un journaliste”. Ironie? Pas ironie? Les journalistes réagissent généralement avec beaucoup d’émotion et de hargne quand c’est un des leurs. L’Arabie peut décapiter et crucifier des quidams, c’est ok apparemment, ce sont “nos salauds”. Mais tuer un journaliste (Kashoggi), houlà, crime très très grave. Plus qu’un crime, une faute.

    En lisant ce texte, je ne sais pas trop ce qui est ironique ou pas. Arrêter un journaliste? Et le reste : tuer et éborgner? Tuer une dame c’est ok si elle est Algérienne?

    Dans ces temps troubles de démocrature virant au vichyssisme, où les comiques parlent sérieusement, le ton des propos (ironie? satire?) devraient être plus explicites. Le lecteur n’est pas censé connaître à l’avance la pensée réelle de l’auteur ni son pedigree. (Note : idem pour les commentaires ici, l’ironie va de soi pour le commentateur, pas pour le lecteur)

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    • Fritz // 16.06.2019 à 13h23

      Si on connaît l’auteur : Jacques-Marie Bourget, grièvement blessé par une balle de « Tsahal », on ne peut avoir aucun doute sur le sens de son ironie.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-Marie_Bourget

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      • HerrHesser // 16.06.2019 à 15h08

        Et totalement abandonné par l’Etat français lorsqu’il fut fauché par ce énième crime de guerre.

        Etre (réellement) journaliste nuit gravement à la santé.

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    • R.C. // 16.06.2019 à 22h55

      Même sans connaître l’auteur, l’ironie est l’évidence de ce texte.
      Pas étonnant que la communication soit au point mort en France…

        +2

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      • Kiwixar // 16.06.2019 à 23h52

        Dans une société apaisée, “ok de tuer et éborgner” est manifestement ironique. Mais la France n’est plus une société apaisée.

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  • Serge F. // 16.06.2019 à 14h47

    Hervé Kempf avait lui aussi été qualifié de journaliste militant de la part de Laurent Joffrin en 2016 :

    https://reporterre.net/L-etrange-facon-de-lire-du-previsible-Laurent-Joffrin

    Manifestement, vous devenez militant lorsque vous passez de l’autre côté de la barrière. Ainsi, a-t-on une seule fois entendu dire, de la part de nos médias grand public, que Laurent Joffrin ou Bruno Roger-Petit sont des militants ?

    France 3 Alpes nous éclaire sur le sujet :

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/militant-journaliste-qui-est-iserois-taha-bouhafs-accuse-outrage-apres-manifestation-1684738.html

    Taha Bouhafs est qualifié de militant avant d’être qualifié de journaliste. Selon nos éclaireurs, il est journaliste avec option militantisme. Il faut savoir que l’option la plus choisie est conformisme, voire servilisme pour nos brillants et courageux médiacrates vedettes.

    Etre qualifié de journaliste militant devrait être considéré comme une qualité et non comme un défaut :

    https://www.survivalinternational.fr/actu/10021

    Tous les journalistes devraient, au minimum, être des militants de la liberté de la presse et de l’intérêt public :

    https://www.bbc.co.uk/academy/fr/articles/art20140402102205197

      +11

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  • Ovuef2r // 16.06.2019 à 16h07

    Et pendant ce temps là, les russes, perfides…
    A l’occasion de la finale de Rugby hier, RT met une vidéo du président sifflé par le public du stade.
    France Info, moins téméraire, a diffusé un reportage de la retransmission du match à Toulouse où les toulousains manifestaient leur joie.

      +10

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  • Panouille // 16.06.2019 à 17h01

    Comme le rappelle l’intéressé lui-même, les journaux cités reprennent tous la même expression : “journaliste militant” parce qu’ils s’abreuvent à la même source, l’AFP. Niel n’a donc pas grand chose à voir là-dedans, c’est le système d’information de la presse française qui est en cause, et ça ne date pas d’hier…

      +2

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    • tchoo // 16.06.2019 à 21h12

      C’est ça ils n’ont même plus besoin d’intervenir, le système fonctionne tout seul

        +5

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  • Veloute // 16.06.2019 à 23h19

    J”ai arrêté de lire au 4ème paragraphe.

    L’argument du délit de sale gueule ou de patronyme, c’est facile et cela dessert le propos – qui, jusque-là était sans faille – s’éloigne de la thématique de la presse-aux-ordres, qui me paraît plus pertinent.

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    • JM Bourget // 17.06.2019 à 08h40

      Cher lecteur,
      Il est évident, et toutes les observations de terrain et les statistiques le démontrent, qu ‘ entre un Paul Dupond et un Mohamed Boudiaf, les policiers interpellent en priorité Paul Dupont. C est incontestable. D ailleurs on se demande pourquoi le Défenseur des Droits a émis une mise en garde contre les “contrôles au facies”. Ce Toubon est fou.

        +16

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      • Yanka // 19.06.2019 à 00h24

        La moitié (à la louche) des flics sont d’origine nord-africaine et par ailleurs jamais très pressés de s’en prendre aux fauteurs de troubles des banlieues, tandis qu’ils n’y vont pas de main morte contre les GJ. La dame de Marseille a été tuée accidentellement, et elle aurait tout aussi bien pu être moldave ou suisse. Mais à Marseille, le Moldave et le Suisse ne pullulent point. Vous laissez entendre que son origine algérienne est liée à l’accident ou que sa mort malheureuse serait pour certains (flics nazis votant RN, on suppose) moins grave du fait de son algérianité. Par ailleurs, malgré votre passé et des griefs que vous êtes en droit d’éprouver à l’encontre d’Israël, en quoi est-il pertinent d’évoquer ce pays et son armée pour l’arrestation en France d’un journaliste français pour une affaire franco-français, flico-flicaine ? Bref, à vous lire, on comprend que vous défendez un journaliste surtout parce qu’il est de gauche et purement de gauche, et on devine, à tort peut-être, que vous seriez moins mordant pour défendre un journaliste de l’autre bord. C’est un soupçon un tout petit peu gênant.

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  • Serge WASTERLAIN // 17.06.2019 à 01h02

    Je vous renvoie à une de vos interventions que je reproduis ici sans en avoir changé une virgule : ‘’ …Notons que le commentaire choisi, un processus habituel ici, ironise en disant – les autres l’ont fait avant eux – ce discours justifie à l’avance toutes les exactions. A quoi pourrait donc servir le progrès humains si l’on peut trouver dans l’histoire un précédent ?…’’
    Ce que vous reprochez aux autres ne vous serait-il donc pas reprochable ?
    Quant à RSF, il a perdu toute crédibilité et a dévoilé son vrai visage en refusant en 2000 de comptabiliser ces victimes dans son fameux rapport annuel pour 1999 !

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  • Alain // 17.06.2019 à 07h31

    Tous les journalistes d’opinion ne sont-ils pas par nature militants? N’est-ce pas un sujet de fierté et non d’opprobre? Dans le passé on mettait en avant le rôle de la presse d’opinion dans l’exercice de la démocratie, aujourd’hui ce qualificatif n’existe même plus, tout devrait être neutre et aseptisé sous peine de mise au pilori par le Decodex et ses clones!

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  • Kafka // 17.06.2019 à 09h35

    Vous parlez des journalistes militants (et proches des réseaux de Staline) par contre vous oubliez l’odieux assassinat du journaliste et ministre de l’information (Philippe Henriot!) après les appels aux meurtres émis par activiste radiophonique basé à l’étranger à Londres, dont le régime bombardait massivement les civils allemands, français, (crimes répertoriés par un autre journaliste, le dr Goebbels(un vrai et diplômé en plus, puisqu’il a un doctorat (comme les 3/4 des participants à la conférence de Wansee d’ailleurs)
    )) Pierre Dac (nom d’emprunt).

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  • charles // 17.06.2019 à 09h38

    voir aussi son interview sur le sujet https://www.youtube.com/watch?v=a0wXg59uOQc

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  • Renard // 17.06.2019 à 14h29

    Désolé de casser l’image de votre nouveau martyr à la mode mais on parle de quelqu’un qui a fabriqué une fake-news sur des policiers qui auraient tué une personne lors d’une intervention à la fac de Tolbiac (totalement faux), et quelqu’un dont la tendance à la victimisation est avérée (voir la vidéo devant la fac de Tolbiac bloqué par les CRS où notre Albert Londres moderne apparaît fort bien ridicule). Ne soyez donc pas surpris lorsqu’on apprendra qu’il a menti sur les trois quarts de son témoignage.

    S’associer à ce genre de personnage est le meilleur moyen de se suicider pour un média alternatif et pour la gauche radicale. Il est vrai que cette dernière a des tendances suicidaires qui mériterait un internement.

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    • Jean-Paul B. // 17.06.2019 à 15h12

      Elle est bien longue alors la compagnie des fabricants de “fake news”:
      -Castaner et TOUS les “journalistes” MSN à propos de L’ATTAQUE de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière,
      – TOUS les “journalistes” MSN à propos des armes de destruction massive de Saddam Hussein,
      – TOUS ces excellents “journalistes” qui doutaient de la culpabilité de Cahuzac et préféraient attaquer Médiapart (coucou J-M Apathique!) plutôt que de mener l’enquête eux-mêmes (c’est vrai qu’il aurait fallu qu’ils lèvent leur c. du fauteuil moelleux d’où ils nous “informent”!),
      – Etc.,
      La liste est longue des “journalistes” “biens sous tous les rapports” qui nous enfument quotidiennement (c’est leur job bien payé!),le problème c’est les blaireaux qui,quand ils les découvrent, ne sont pas plus choqués que ça et préfèrent jeter des pierres à un “sans grade” sans lequel au passage, Benalla serait resté un inconnu pour le grand public et Macron passerait toujours pour une oeuvre d’art.

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      • Renard // 17.06.2019 à 15h48

        Parce que critiquer Taha Bouhafs c’est soutenir la propagande libérale ? Vous êtes à coté de la plaque amigo, c’est difficile de faire plus radical que moi.

        Concernant l’affaire Benalla, Taha Bouhafs a juste pris une vidéo avec son portable puis c’est une journaliste du Monde qui a identifié le garde du corps du président. Bref il a juste été au bon endroit au bon moment, ça vaut un prix Albert Londres ?

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        • JM Bourget // 17.06.2019 à 16h48

          Pas une journaliste du Monde…une âme bien intentionnée qui a signale cette vidéo à la dame du Monde. Ça mérite le Pulitzer ?

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  • eskape // 17.06.2019 à 14h59

    comme on sait ‘A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire’. Alors, si les journalistes ont commencé à être différenciés en ‘vrais’, ‘militants’, etc… on doit y être enfin parvenus, à cette époque de superchérie universelle… Auquel cas, il vaut mieux ne pas laisser son nom dans l’histoire comme (juste simple) journaliste.

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  • blueman // 18.06.2019 à 12h38

    JOURNALISME ET MILITANTISME 1/2…

    N’oublions pas non plus l’affaire du journaliste de FRANCE2 Charles Enderlin à propos de Mohamed Al Durrah. Des années de procédures pour inocenter le journaliste qui fut accusé de… militantisme pro-palestinien.

    N’oublions pas que cette affaire Al Durrah avait aussi coûté sa placardisation au sous-préfet Bruno Guigue, pour militantisme dans les colonnes de OUMMA, où pourtant il rédigeait des billets depuis 2 ans.

    N’oublions pas le sort réservé à Bertrand Coq et Grégoire Deniau (le fils du diplomate), tous 2 je crois prix Albert Londres, virés par Alain Pouzhillac de Radio France pour avoir osé organiser la venue du Président de l’Association ReOpen911 à la table de Sylvain Attal, lors d’un sujet consacré à l’anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Cette affaire, fin 2007, est intervenue au moment de la reprise en main de l’audiovisuel extérieur par le couple Ockrent-Kouchner, au pire moment des tensions entre USA et Iran (septembre 2007 Kouchner sur RTL : “Le pire, Monsieur, c’est la guerre!”)… pas de militantisme sur RFI…

    N’oublions pas Richard Labévière, chassé de RFI l’année suivante pour avoir organisé une interview de Bachar El Assad avant sa venue sur les champs aux côtés de Sarkozy, le 14 juillet 2008.(à la même époque, RSF hurlait partout qu’il fallait libérer Moussa KAKA, journaliste de RFI prisonnier des autorités guinéennes… mais PAS UN MOT sur Labévière. Il faudrait écrire sur RSF, cette officine du journalisme “made in OTAN”).

    Décidément non, en OTANIE, le militantisme n’est pas bien vu. “Selon que vous soyez…” etc…

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  • blueman // 18.06.2019 à 12h39

    JOURNALISME ET MILITANTISME 2/2

    N’oublions pas Guy Mettan, acharné défenseur de la liberté d’expression à Genève où il est président du club de la presse helvétique, qui a été largement chahuté en novembre 2017 je crois, et a failli devoir quitter son poste pour avoir simplement osé organiser une conférence en présence de la militante Vanessa Beeley qui oeuvre à rétablir un peu de vérité sur la guerre menée du côté des forces loyalistes en Syrie, et jugée persona non grata par l’OTAN. Richard Labévière était lui aussi présent.

    N’oublions pas non plus ce journaliste d’AUTO-HEBDO dont le nom m’échappe, Alain Thomas je crois, viré de son journal en 2007 aussi (funestes années sarkozystes) pour avoir dévoilé des photos de la nouvelle Mégane avant le feu vert du constructeur. Le Journal lui, n’a pas été inquiété…

    Décidément non, en OTANIE, le militantisme n’est pas bien vu. “Selon que vous soyez…” etc…

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  • Bounef // 18.06.2019 à 16h49

    Sans oublier, bien sûr, le journaliste Julian Assange qu’on voudrait bien envoyer 125 ans au ballon pour lui faire passer l’envie de militer.
    Soutien à lui.

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  • Blabla // 20.06.2019 à 12h33

    Nous ne sommes pas loin des méthodes du III° Reich (je ne dis pas ça pour le point Godwin) : les opposants et autres ennemis de la race n’étaient jamais désignés par leur métier mais par une périphrase, souvent entourée de guillemets : ainsi, un dentiste devenait un “arracheur de dents”, un médecin un “soigneurs de malades” et un journaliste un “rédacteur d’articles”, voire un “remplisseur de pages”

    Évidemment, on y ajoutait avec insistance leur tare : “un arracheur de dents juif” ou un “remplisseur de pages rouge”…

    L’Histoire ne se répète pas, mais ses motifs oui.

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