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26.juin.201926.6.2019 // Les Crises

Un triomphe démocratique pour les séparatistes Catalans. Par Craig Murray

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Source : Consortium News, Craig Murray,

Craig Murray souligne l’importance de leur victoire aux élections législatives espagnoles, étant donné ce à quoi ils ont dû se mesurer.

L’élection générale espagnole a été marquée en Catalogne par une victoire éclatante des séparatistes catalans, leur meilleur résultat électoral, obtenu bien que leurs dirigeants se trouvent soit en exil soit prisonniers politiques et malgré une déferlante de propagande hostile de la part des médias grand public.

Quatre des élus sont en prison.

La réponse de l’État espagnol a été de déclarer inéligibles aux élections européennes les deux principaux candidats séparatistes – Clara Ponsati et Carles Puigdemont.

Au soir des élections, le graphique à la télévision montre la Catalogne en jaune. (Twitter)

La gauche républicaine catalane a remporté la majorité des votes, ce qui contredit la propagande fallacieuse, continuant de présenter l’indépendance catalane comme mouvement de droite. Plus de 60 pour cent des voix en Catalogne sont allées à des partis de gauche.

Il convient en outre de noter qu’il existe une corrélation très nette entre la situation géographique des 3,6 % de voix que les néo-fascistes de Vox ont obtenus en Catalogne et les garnisons espagnoles d’occupation dans le pays.

Vous aurez beaucoup de mal à découvrir les informations qui précèdent dans les médias grand public britanniques ; j’ai dû tous les obtenir de sources catalanes.

La carte des municipalités catalanes montre la victoire des partis indépendantistes, en jaune et en rose. (@IND_LOC Twitter)

Au cours des trois dernières années le Guardian a publié 55 articles sur Inès Arrimadas, leader de la branche catalane du parti de droite des Citoyens « espagnols », parmi lesquels au moins trois éditoriaux écrits par Inès Arrimadas elle-même. Le Guardian a cherché sans relâche à dépeindre l’opinion publique en Catalogne comme anti-indépendantiste, et Arrimadas comme sa véritable représentante.

Et pourtant, lors des élections législatives espagnoles, le parti d’Arrimadas n’a obtenu que 11,6 % des voix en Catalogne. Les partis nationalistes espagnols de droite, le fasciste Vox, le PP franquiste et le parti d’Arrimadas, Citoyens, pourtant soutenus par un service de sécurité étrangère, ont obtenu un pitoyable score de 20,1% à eux trois, marquant un impressionnant rejet du nationalisme espagnol par les catalans.

Citoyens [le parti d’Arrimadas NdT] a démarré dans une manœuvre d’astroturfing pour aider à contrer le populisme de gauche et anti-UE de Podemos [Astroturfing : technique de propagande utilisée à des fins politiques, qui a pour but de donner une fausse impression d’une opinion populaire sur Internet. Cette tentative de manipulation fait référence à la pelouse artificielle de marque AstroTurf utilisée dans les stades. Elle consiste à simuler un mouvement citoyen, venu de la base, NdT]. A cette fin, il a été financé et soutenu par le service fédéral de renseignement extérieur allemand, le BND. Il reste un outil privilégié des services de renseignement étrangers, en particulier du MI6 [service de renseignement britannique, NdT] qui voit bien sûr les passerelles entre le nationalisme catalan et le nationalisme écossais. D’où le lien particulièrement étroit entre Ciudadanos [Citoyens NdT] et le porte-parole du MI6 dans la presse écrite, le Guardian.

Marche de protestation à Barcelone en faveur de l’homme politique nationaliste Puigdemont, 15 avril 2018. (Òmnium Cultural, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons)

Il n’est pas possible d’établir une corrélation directe entre les résultats des partis et les résultats potentiels d’un référendum, car un certain nombre de partis, dont Podemos et les Verts, ont des positions ambivalentes sur l’indépendance, et un pourcentage des électeurs ont une opinion différente de celle du parti qu’ils soutiennent. Par exemple, un petit nombre, mais cependant non négligeable, de partisans du parti socialiste du Premier ministre Pedro Sanchez, soutiennent également l’indépendance catalane.

Étant donnée la violence brutale des forces paramilitaires franquistes face aux électeurs ordinaires lors du référendum en Catalogne, compte tenu de l’emprisonnement et de l’exil de ses dirigeants pacifiques, compte tenu du barrage extraordinaire de la propagande des médias grand public dictée par Madrid, la victoire nationaliste catalane aux élections générales est un magnifique triomphe sur le plan de l’esprit humain. Bien sûr, ce n’est pas ce que vous entendrez dans les médias grand public.

Craig Murray est auteur, radiodiffuseur et militant des droits humains. Il a été ambassadeur de Grande-Bretagne en Ouzbékistan d’août 2002 à octobre 2004 et recteur de l’Université de Dundee de 2007 à 2010. Cet article a d’abord été publié sur son site Web.

Source : Consortium News, Craig Murray, 01-05-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Kiwixar // 26.06.2019 à 09h05

Des “indépendantistes” pro-UE qui veulent échanger leur dépendance à Madrid avec une dépendance à Bruxelles ne sont pas des indépendantistes.

54 réactions et commentaires

  • antoniob // 26.06.2019 à 06h41

    Comme souvent cet article ignore la réalité démographique mêlée catalans/non-catalans.

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    • SanKuKai // 26.06.2019 à 07h14

      Je ne comprends pas votre remarque. Cet article nous donne des faits sur l’élection que nous n’avons pas autrement. Au vue du résultat voulez vous dire que des non-catalans résidents en Catalogne ont aussi voté pour les indépendantistes?

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      • antoniob // 26.06.2019 à 19h35

        > des non-catalans résidents en Catalogne ont aussi voté pour les indépendantistes?

        stricto sensu oui. C’est justement ce qu’est la nation ou peuple, dans ce cas catalan, comme un peu dans le cas soviétique, qui est difficile.
        A savoir que les villes industrielles et la ceinture de Barcelone sont peuplés à ~50% de non-catalans d’autres régions espagnoles lors des croissances des années 60 et 70, avec forte immigration intérieure. Or depuis le changement de régime et l’autonomie, les enfants et/ou petits-enfants de ces populations sont élevés dès la maternelle comme d’abord catalans, première langue dans le statut régional. Qu’est-ce qu’être catalan dans ce cas de figure? C’est analogue à la citoyenneté soviétique au-dessus des nationalités de l’Union. C’est un cas très différent des séparations et groupements plus nets Wallons/Flamands, et un peu similaire au cas de nombreux suisses romands/alémaniques ou romands/italiens ou alémaniques/italiens dans le cadre de la CH, mais en Suisse les régions ne réclament pas une indépendance.

        Sinon l’UE freinera toujours l’indépendantisme catalan, pour ne pas donner un argument aux Abkhazes, Ossètes et autres “Nouveaux-Russes” (Donbass)….

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      • Nonna // 01.07.2019 à 20h34

        cette votation on eliger le maire…pourtant on eliger des maires qui fon des années et ils son tres bons pour le village malgré qu’ils son d’un partit que non voulons pas, comme ça les europeenes on a votez plus de deux millions de persones a l’independentisme. mais ça on le comprend pas, et les partits on croyez qu’on a gagnez

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  • Fritz // 26.06.2019 à 06h54

    Et qu’en est-il d’Oriol Junqueras ? Est-ce qu’il restera en prison ?
    https://www.lindependant.fr/2019/06/23/oirol-junqueras-en-homme-libre-a-strasbourg-debut-juillet-une-hypothese-defendue-par-un-constitutionnaliste,8273358.php
    C’est vrai qu’il est moins « glamour » qu’Inès Arrimadas, et n’arrive pas à la cheville d’un Manuel Valls.

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    • Info // 26.06.2019 à 07h52

      Oriol Junqueras a organisé un coup d’état en utilisant les ressources publiques dont il disposait en tant qu’élu de la communauté

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  • Fritz // 26.06.2019 à 07h42

    Depuis le référendum du 1er octobre 2017, l’indépendantisme catalan divise les lecteurs des crises. Beaucoup n’y voient qu’un caprice de riche, qui entre dans le plan d’une « Europe des régions » visant à démanteler les nations historiques.

    Mais la Catalogne EST une nation historique, elle aussi. Le démantèlement européiste des nations s’appuie de préférence sur les gouvernements nationaux : voyez nos ministres, si fiers d’accoler le torchon européen au drapeau national. Et quoi qu’on pense du catalanisme, il exprime une volonté de retrouver une certaine souveraineté : les catalanistes sont aussi des souverainistes (« sobiranistes »).

    Les indépendantistes catalans n’ont reçu aucune aide de l’UE. Deux d’entre eux, élus au parlement européen quelques semaines après l’article de Craig Murray, se sont vus refuser leur accréditation : Carles Puigdemont et Toni Comin.

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    • Sandrine // 26.06.2019 à 08h16

      Le problème est que la population du territoire catalan est très divisée sur cette question . Comment parler de souverainisme dès lors que tous ne sont pas d’accord pour se séparer de l’Espagne?

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      • Fritz // 26.06.2019 à 17h59

        Au Québec aussi, tout le monde n’est pas d’accord pour se séparer du Canada, comme l’ont montré les résultats des référendums organisés en 1980 et 1995. Et pourtant, c’est là qu’on a parlé pour la première fois de « souverainistes », opposés aux « fédéralistes ».

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        • septique // 26.06.2019 à 21h24

          Il suffit de regarder le résultat des élections en 2018 au Québec ou les indépendantistes ont fait élire quoi 10 députés sur 125. Ca indique bien que l’option est dans le fossé.

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          • Fritz // 26.06.2019 à 21h29

            D’ailleurs celui qui avait crié « Vive le Québec libre » était un général gâteux, c’est bien connu, et probablement un agent de l’UE.

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          • ycrepequ // 27.06.2019 à 01h08

            En passant, les indépendantistes au Québec n’ont pas fait élire 10 députés mais 20. Deux partis indépendantistes sont représentés à l’Assemblée Nationale: le Parti Québécois et Québec solidaire.

            Quant au parti qui a été élu, il est fédéraliste de manière circonstancielle. Son chef ayant été un ministre indépendantiste pur et dur quand le Parti Québécois était au pouvoir.

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            • septique // 27.06.2019 à 05h26

              Quebec Solidaire est aussi indépendant que moi curé…10 députés su PQ et dans des régions éloignées seulement.

              Après l’élection le nouveau premier ministre, l’ex PQ a déclaré L’avenir du Québec c’est au Canada.

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            • ycrepeau // 27.06.2019 à 14h19

              Je crois que vous êtes aveuglé par vos propres convictions politiques. Parlant de curé, c’est vous qui dénoncez comme impie (pas la « vraie foi ») l’église Protestante l’autre côté de la rue.

              Si le Parti Québécois c’est comme l’ERC en Catalogne, Québec solidaire est comme la CUP. D’ailleurs un député de l’ERC a été invité au congrès du PQ et deux députées de la CUP sont venues au congrès de Qs (ce congrès même où la fusion entre Qs et Option Nationale a été approuvée).

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    • AtomeCrochu // 26.06.2019 à 09h09

      Merci Fritz pour votre point de vue, c’est très éclairant.

      Mais ce qui me titille, au delà de “caprice de riche”, étant une région beaucoup moins touchée par les ravages de la désindus que le reste de l’Espagne, c’est la notion de souveraineté soulevée par les indépendantistes.

      Un pays souverain c’est quoi ?
      – Une armée, des frontières et une monnaie ? Ils n’auraient rien des trois (tout le monde sait que même la gestion des frontières est désormais une prérogative communautaire)
      – L’organe incarné de la survie collective ? Auquel cas, ils auraient un DEVOIR de redistribution de richesse auprès des Espagnols n’ayant pas la chance de vivre dans un bassin d’emploi privilégié, ce qu’ils refusent

      Montpellier, la Savoie, la Bourgogne, la Bretagne furent aussi des “nations historiques”, puissantes qui plus est, mais ont permis de consolider l’état Français en s’y intégrant. Je ne vois aucun intérêt collectif à leur “libération”.

      Comme disait Michael Caine à propos du Brexit, c’est qu’il vaut mieux vaut être un pauvre maître qu’un riche servant https://www.youtube.com/watch?v=BgKPLUWATmc.

      Tout ce que je vois ici, c’est que les Catalans sont enthousiastes à l’idée de porter le café.

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    • Renard // 26.06.2019 à 09h35

      Indépendantistes vraiment ? A peine sortie de l’Espagne les dirigeants catalans iraient illico se soumettre à Bruxelles et/ou à Washington. Ces derniers veulent juste un changement de statut administratif au sein de l’empire pour capter de nouvelles rentes étatiques, pas l’indépendance.

      Pour l’instant le seul effet politique des indépendantistes et d’avoir affaiblit et divisé Podemos (qui s’est également tiré des balles dans le pied), et d’avoir détourné les espagnols (dont 30% des jeunes sont au chômage) de la question sociale.

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      • Sandrine // 26.06.2019 à 10h14

        La seule véritable indépendance, c’est celle vis à vis du capital.
        Les états européens sont les seuls derniers remparts potentiels contre la toute puissance du capital.
        Certes les administrations de ces états sont en grande partie sous la coupe des divers clans capitalistes, mais rien n’interdit aux partisans de la véritable indépendance du peuple d’en reprendre le contrôle.
        Et pas besoin pour ça de se constituer en tribu autonome. C’est une perte de temps et d’energie

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      • Marga // 26.06.2019 à 22h34

        Se soumettre a Bruxelle, comme l’Espagne? Quel horreur!

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    • exdar // 26.06.2019 à 16h56

      Historiquement la catalogne n’a jamais existé comme nation, elle appartenait a la couronne d’aragón, avant aux arabes en partie, les romains et les ibéres. Le nationalislme catalán date de 300ans au mieux, et serait plutôt apparut vers la fin du XIX en tant que force politique.

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    • septique // 26.06.2019 à 21h36

      Ce sont les campagnes qui votent pour les indépendantistes, les villes votent contre. On va rappeler que la constitution espagnole a été approuvée par plus de 85 % de la population en Catalogne. Dans cette commission chargée de la rédaction de cette constitution il y avait 2 catalans. Le constitution espagnole précise que L’Espagne est une et indivisible.

      Vous drapez commodément les indépendantistes dans une légitimité majoritaire qu’ils ne possèdent pas tout simplement.

      La seule région, en Europe, qui a une chance de devenir un pays c’est l’Ecosse qui fait partie de la Grande-Bretagne depuis l’Acte d’Union…et en plus les Ecossais veulent faire partie de l’UE et utiliser l’Euro…ca va mal…on peut compter sur Boris probable prochain occupant du fauteuil de premier ministre…pour les aider, il pourrait même provoquer la réunification de l’Irlande (qui veut AUSSI faire partie de l’UE).

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  • Patrick // 26.06.2019 à 08h06

    Et en plus, ils se sont débarrassés de Valls , des gens biens. ?

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    • Kasper // 26.06.2019 à 09h33

      Maintenant que Valls s’est déclaré l’ennemi des indépendantistes, vous pouvez être sur qu’ils vont voler de succès en succès 😀

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  • koui // 26.06.2019 à 08h16

    La démocratie, c’est le pouvoir du peuple. Si le peuple de Catalogne est majoritairement pour l’indépendance alors que sa volonté soit faite. Pareil pour tous les peuples en lutte pour leur liberté. Les détails peuvent être plus compliqués, mais aucun homme libre ne peut être contre le principe de l’autodétermination.

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    • Sandrine // 26.06.2019 à 08h18

      Contre le principe sans doute pas. C’est sa mise en œuvre qui pose problème

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    • Kiwixar // 26.06.2019 à 09h05

      Des “indépendantistes” pro-UE qui veulent échanger leur dépendance à Madrid avec une dépendance à Bruxelles ne sont pas des indépendantistes.

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      • Fritz // 26.06.2019 à 18h03

        Très bien, montrez-nous les déclarations d’allégeance à l’UE de ces pseudo-indépendantistes.
        Et aussi, les déclarations de soutien de l’UE aux catalanistes.
        Pour ma part, je trouve que l’UE craint comme la peste les poussées d’indépendantisme, on l’a bien vu lors du référendum écossais en septembre 2014.

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        • Renard // 27.06.2019 à 01h27

          L’Etat espagnol respecte et applique la politique de l’UE, l’UE respecte et appuie la politique de l’Etat espagnol, quoi de plus normal ?

          Mais si la Catalogne devient indépendante, les relations avec l’UE seraient bien vite rétabli entre les gouvernants : ils ont la même idéologie.

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      • Boubanka46 // 27.06.2019 à 06h25

        Aveuglement, préjugés et un brin de nationalisme vous fait appliquer une grille de lecture étroite a un événement qui vous dépasse. Vous restez dans votre zone de confort mentale en associant les indépendantistes catalans à ce contestable complot européen de destructions des états nations. Je vous encourage à sortir de votre zone de confort et de creuser le sujet. Vous verrez que l’indépendantisme catalan est bien antérieur à la création de de l’UE et même à celle des USA.

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        • Fritz // 27.06.2019 à 07h48

          Et antérieur à la découverte de la Nouvelle-Zélande par Abel Tasman (1642).

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    • Pinouille // 26.06.2019 à 14h36

      Le problème n’est pas le principe d’autodétermination.
      Le problème vient de la définition que chacun donne au mot “peuple”.
      Vous, tout comme une bonne partie des catalans,estimez que la Catalogne forme un peuple et qu’il a droit à l’autodétermination.
      D’autres (le reste de l’Espagne?) estiment qu’il n’existe qu’un peuple espagnol indivisible.
      Même si chacun a sa propre conception de ce qu’est un peuple, chacun se fixe un seuil (nombre d’êtres composant ce peuple) sous lequel ce terme ne veut plus rien dire. Sans ce seuil, on a vite fait de considérer que ma région/département/ville/quartier/famille/individu forme un peuple qui a droit à l’autodétermination et plus rien n’a de sens: il faudrait par exemple passer 3000 frontières pour faire Barcelone/Madrid ou Paris-Bordeaux ou …

      Je pense pour ma part que les catalans qui souhaitent leur autonomie se soucient bien plus de leur propre intérêt que de celui des autres espagnols. On ne peut pas les en blâmer, mais la réponse de l’état espagnol est aussi tout à fait compréhensible. L’unité d’un pays est un sujet sensible.

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      • Sandrine // 26.06.2019 à 21h17

        Vous avez raison de souligner que l’identité d’un peuple (tout comme celle d’un individu d’ailleurs) ne dépend pas uniquement de la volonté, en tout cas pas uniquement de la sienne.
        Ses membres peuvent vouloir former un peuple, le manifester à travers un « plébiscité de tous les jours » comme disait Renan (en organisant des référendum par exemple), justifier leur volonté de former un peuple en arguant d’une histoire, d’une culture ou d’une langue commune… Il n’en demeure pas moins qu’ils ne sont pas seuls au monde et qu’ils doivent composer avec la volonté et le regard de tous ceux qui les entourent et qui ont tout autant le droit de reconnaître ou non leur existence en tant que peuple digne d’auto-determination

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  • L’aieul // 26.06.2019 à 08h20

    Enfin, l’annexion du Roussillon est pour bientôt, dans ce nouvel état, pas du tout fasciste et ségrégationniste, catalan.
    Dehors les sales colonisateurs français!

    C’est ce qui va se passer, aucun dirigeant catalan ne s’en cache, faut voir la quantité de pognon que passe la generalitat dans un de nos départements.
    Mais bon comme c’est celui le plus loin de Paris tout le monde s’en fout.

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  • Patrique // 26.06.2019 à 08h29

    La quasi totalité des habitants de Catalogne espagnole n’est pas indépendantiste puisque les électeurs votent, soit pour des partis séparatistes, soit pour des partis loyalistes. Les indépendantistes sont groupusculaires et se retrouvent dans un petit parti d’extrême gauche.
    L’indépendantisme c’est être indépendant de toute structure supranationale et notamment de l’UE et de l’OTAN. Ce que ne veulent pas les Puigdemont et autres Ponsati qui sont favorables comme Valls et Vox à leur vassalisation.

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  • vert-de-taire // 26.06.2019 à 08h33

    Certes oui la “Catalogne” a ses séparatistes depuis longtemps, le mouvement a des racines profondes.

    Pour autant c’est un dysfonctionnement démocratique persistant qui pousse ce mouvement à durer.
    La légitimité de la démocratie locale n’est pas discutable c’est une base QUAND elle est démocratique.
    Symétriquement un Etat démocratique est légitime (qui respecte les minorités …) et là est le problème.

    Le pb n’est pas l’indépendance ou non mais la forme démocratique en place en Espagne, comment elle s”exerce, respects des principes et ses modalités.
    Dans le contexte de l’UE, les processus démocratiques sont non-libres et faussés.
    La concurrence, les marchés amènent à des comportements de prédation incompatibles avec une société humaine. L’économie échappe en trop grande partie aux populations pour déterminer des politiques démocratiques.
    Je ne crois ni en indépendance ni non-indépendance, le contexte politique est pourri par l’accumulation de fric comme seul moteur social.

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  • René Fabri // 26.06.2019 à 08h40

    “Citoyens” est plus connu sous le nom de Ciudadanos en castillan et en français, ou Ciutadans en catalan. En mai 2019, lors des élections municipales de Barcelone, Manuel Valls a pris la tête d’une liste soutenue par plusieurs partis, dont le principal est Ciutadans/Ciudadanos/Citoyens.

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    • Joan Jaume // 27.06.2019 à 18h13

      Ciudadanos surnommé souvent “Ciudadaños” est un parti qui pacte avec l’extrème droite, ce parti n’a pas une seule mairie des 948 municipalités de Catalogne. Et concernant Manuel Valls il n’est soutenu par aucun parti et à la mairie de Barcelone ils sont 2 (de sa sensibilité) sur 40. Ce n’est pas pour rien qu’il est surnommé ” El fracassat” !

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  • Kokoba // 26.06.2019 à 08h48

    Au bout du compte, je dois tristement avouer que je ne connais pas réellement les raisons qui poussent les Catalans à demander l’indépendance.

    Je connais certaines raisons avancées par les médias (une région riche qui refuse de payer pour les autres plus pauvres) mais je ne sais pas dans quelle mesure c’est vrai ou non.

    Je devine qu’il y a aussi le désir de pouvoir de certains élites Catalans mais çà ne peut pas tout expliquer.

    Je sais aussi que l’UE joue un role important : vu que les nations sont en train d’être détruites, autant avoir sa propre région indépendante.

    Mais je pense que çà ne suffit pas à expliquer.
    Pour que le peuple Catalan dise : “nous ne voulons plus appartenir à l’Espagne”, il faut quand même des raisons importantes.
    J’aimerai bien un article expliquant cela, un article qui décrit l’opinion de base du peuple Catalan et non pas l’opinion des élites.

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    • Fritz // 26.06.2019 à 13h30

      Selon Pierre Bonnassie, les pré-Catalans des Xe et XIe siècles (le nom « catalan » n’apparaît qu’au XIIe siècle) ne se considéraient pas comme espagnols. Dans leurs textes, le terme Hispania renvoyait à l’Espagne musulmane.

      Ce qui me frappe, c’est que le nom « espagnol » est lui-même d’origine catalane (espanyol) ou occitane (espanhol), et non pas castillane. Comme s’il exprimait un point de vue étranger (étranger à l’Espagne).

      Les liens théoriques de la Catalogne avec le royaume de France n’ont été rompus qu’au XIIIe siècle, et cela n’a pas empêché Louis XIII et Louis XIV de reconquérir le Roussillon.

      Quant à la Catalogne sud, elle a payé cher son attachement à la cause autrichienne durant la guerre de Succession d’Espagne (décret de Nueva Planta, pris par le premier Bourbon d’Espagne, qui supprime l’autonomie de la Catalogne). Le 11 septembre 1714 est une date sombre dans l’histoire catalane.

      Comme vous voyez, ce n’est pas seulement une histoire de riches qui refusent de payer pour les pauvres.

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    • Suzanne // 26.06.2019 à 13h44

      Ben, c’est très simple, il vous suffit de communiquer un brin avec des gens qui sont originaires et qui habitent un des coins de France réservés pour les touristes parisiens et européens. Considérés comme des sauvages et des citoyens de seconde zone, presque exclus de leur propre région pendant quatre mois de l’année, sauf comme serveurs et tenanciers de gîtes, ne pouvant pas acquérir une maison parce que les touristes ont fait monter les prix que c’est pas possible, méprisés jusqu’au trognon, leur culture et leurs usages piétinés, leur langue ridiculisée, leur accent n’en parlons même pas. Dans ce contexte, je suis toute prête à comprendre les Catalans, moi…

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  • Jacques // 26.06.2019 à 09h06

    “Quand une idée s’empare des masses, elle devient une véritable force matérielle” (Karl Marx ou Lénine, je ne sais plus.).
    Clairement, sous une forme ou sous une autre, l’indépendantisme catalan verra le jour car il n’est pas une vue de l’esprit.
    Il y a bien plus de proximité entre la langue catalane et la langue occitane qu’entre cette même langue catalane et la langue castillane (l’espagnol). Un Français a plus de facilité à lire le catalan que le castillan, surtout s’il est originaire d’Occitanie.

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    • Suzanne // 26.06.2019 à 13h39

      Je confirme. Parlant une langue d’oc, je comprends le catalan écrit, alors que je ne comprenais pas l’espagnol (mais j’ai fini par l’apprendre). Le catalan parlé c’est plus dur, bien sûr, car accent.

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  • Francois marquet // 26.06.2019 à 10h00

    Depuis le 13éme siècle la Catalogne a eu des constitutions successives
    Les auteurs du siècle d’Or Valencien (15eme) siècle ont fait rayonner la langue et la littérature catalane
    Le franquisme, jusqu’à 1975, qui avait opprimé la langue et l’autonomie catalane n’a fait que renforcer l’indépendantistme
    Emprisonner les leaders catalans comme aujourd’hui produira le même effet
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Catalogne
    Donc une région à forte identité, qui ne lâchera rien sur ses demandes d’autonomie
    Le parallèle avec l’écosse est pertinent

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  • XPT // 26.06.2019 à 10h02

    Il y a pas mal d’erreurs factuelles dans cet article. Problèmes de traduction, méconnaissance du clivage géographique sur la question de l’indépendance, présentation de Podemos comme un parti “anti-UE”…

    Les zones les plus indépendantistes se trouvent dans l’arrière-pays catalan, anciennement carlistes (partisans de la monarchie absolue). Cela n’est en rien de “gauche” et la corrélation “zones carlistes” – “indépendantisme” est bien plus forte que tout autre.

    A Barcelone, les partis indépendantistes ont reculé lors des élections européennes, passant de 42% à 38%.

    Ajoutons à cela le fond raciste des dirigeants indépendantistes.

    Tout cela peut fort bien être compris à partir de l’analyse que fait Emmanuel Todd des petits systèmes politiques issus de la famille souche traditionnelle ; sans besoin de s’égarer dans la propagande nationaliste que reprend l’auteur de l’article (facile à discerner par l’utilisation du concept de “franquisme”).

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  • Jm // 26.06.2019 à 10h44

    Il y a des points communs entre la Catalogne, le Pays basque français ou espagnol et la Corse dans leurs velléités d’indépendance.
    En premier lieu, le particularisme de leur langue, de leurs traditions vivaces qu’ils ont su conserver et raviver.
    Ce sont de belles régions touristiques très attractives, peut-être encore plus du fait de toutes ces spécificités.
    Ceci leur apporte évidemment une belle manne et aisance financière qui peut leur donner l’illusion que tout serait simple à mettre en application.

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  • Albert Charles // 26.06.2019 à 11h36

    Il ne faut pas appliquer à la Catalogne ce qu’on refuse d’appliquer à la France: la racialisation, ou l’ethnicisation, d’une nation. Les remarques de Sandrine sont justifiées: il faut se promener en Catalogne pour comprendre qu’on ne peut pas d’idéaliser LE peuple catalan et de faire comme si il était si simple à définir. Allez définir LE peuple français…! La référence aux élections est une bonne base, certes. Qu’on respecte les élections est un minimum, mais qu’on prenne conscience aussi des tensions internes qui animent cette nation: si les Indépendantistes croient qu’ils vont être plus protégés par l’UE que par l’Espagne (en rejetant l’Espagne), je pense qu’ils se trompent. S’ils croient qu’ils pourront négliger les aspirations de la quasi moitié de la population clairement hispanophile, ils iront droit vers l’échec et l’éclatement de la Catalogne. Ce ne sera pas, alors, la première fois que des idéologues agiront contre les causes qu’ils prétendent défendre….

      +8

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    • Fritz // 26.06.2019 à 13h51

      « Qu’on respecte le vote est un minimum » : ce principe n’a pas été respecté par le régime de Madrid depuis le référendum du 1er octobre 2017.

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      • Yannis // 26.06.2019 à 15h56

        Pas plus par l’UE en 2005. Le minimum d’éthique démocratique enterré en France en 2017.

        Madrid ( ou le régime néo-franquiste vous voulez dire ?), c’est le diable. Bruxelles (le régime suprafinancier) c’est le diable. Paris (le régime macroniste-totalitaire), c’est le diable…

        On peut continuer longtemps en jouant sur cet argument.

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  • jmk011 // 26.06.2019 à 12h38

    @fritz :
    la Catalogne est certes une nation avec sa langue, son histoire et sa culture.
    Mais alors la Bretagne, l’Alsace et la Corse sont aussi des nations (parmi d’autres), faut-il pour autant qu’elles se séparent de la République Française comme les Catalans souhaitent le faire vis à vis de l’Espagne ? Je ne le pense ni ne l’espère pas car on va alors vers une Europe des Régions, que nos chers europeistes appellent de leurs vœux et qui feraient des « régions » européennes de nouveaux satellites de l’UE, donc de l’OTAN américanisé. Et pourquoi pas à terme de nouveaux « États » des USA, comme semble le souhaiter notre cher président Jupiter ?

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    • tassin // 26.06.2019 à 15h28

      S’il y avait une volonté majorité en Bretagne, Alsace ou Corse il est bien évident qu’il faudrait l’accorder après un référendum. De toutes façons il y a 2 façons de gérer une telle situation : de manière pacifique (on laisse les peuples s’auto-organiser) ou de manière Macronienne (on réprime).
      En aucun cas la répression ne peut être justifiée.

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      • Sandrine // 26.06.2019 à 17h39

        “Si il y avait une majorité il faudrait l’accorder”
        Je ne suis pas sure que ça aille tant de soi que ça.
        Déjà il faudrait s’entendre sur ce que l’on considère comme majorité dans un cas comme ça : moitié des votants ? Moitié des inscrits ? Majorité simple ou des deux tiers?
        Mais au-delà de ces questions, Il faudrait s’interroger sur le principe du séparatisme pour causes ethnico-culturelles. Ce genre de découpage ethnique de grands états solides et constitués depuis longtemps a été encouragé par le président Wilson au lendemain de la première guerre mondiale sur les conseils avisés du neo-liberal W. Lippmann.
        Rien que ça devrait nous inciter à la prudence…

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        • Renard // 27.06.2019 à 02h28

          Bonjour, auriez vous une source sur les conseils de Lippmann a Wilson ? Cela m’intéresse beaucoup.

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          • Sandrine // 27.06.2019 à 08h33

            https://www.firstworldwar.com/bio/lippmann.htm

            Je pensais avoir lu ça aussi dans Wikipedia, mais apparemment ça n’apparait plus (j’ai lu en diagonale, peut-être que j’ai raté quelque chose), en tout cas pas sur les pages qui concernent Lippmann ni celle au sujet des 14 points

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  • Boubanka46 // 27.06.2019 à 06h56

    C’est l’expression d’un peuple qui estime avoir été injustement traité. L’Espagne a manqué de finesse dans la gestion de cette crise. Les emprisonnements sévères au nom de la constitution, ont provoqué lors de cette élection un élan de sympathie et de soutien à l’égard des indépendantistes.

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  • Sandrine // 27.06.2019 à 10h52

    Ok le message vient d’apparaître merci d’avance pour la suppression de ces deux derniers messages

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