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27.juin.201927.6.2019 // Les Crises

Après « l’Europe sociale », « l’Europe démocratique »… (ou l’art de regarder ailleurs), par Frédéric Lordon

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Source : Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon, 17-05-2019

Pieter Brueghel l’Ancien. — « La Parabole des aveugles », 1568.
Musée Capodimonte de Naples.

Quand un problème est trop embarrassant, il y a toujours la possibilité de regarder ailleurs. Avec une parfaite constance dans l’évitement, un sens du slogan qui fait penser à une publicité de la SNCF des années 80 Changer l’Europe, c’est possible ! »), et une conception de la politique essentiellement empruntée au mouvement scout (« À condition toutefois que l’on s’y mette tous »), le groupe des intellectuels organiques du hamono-glucksmannisme (1) remet le couvert avec ses sautillements d’« Europe démocratique », équivalent fonctionnel de l’ancienne promesse d’« Europe sociale », mais suffisamment ripolinée pour envisager de perdre deux ou trois décennies de plus.

L’honnêteté commande toutefois de souligner le progrès : l’« Europe sociale » façon Guigou-Aubry-Moscovici était à peine mieux que de l’hélium soufflé dans un ballon — en réalité personne n’y a jamais cru et, n’y croyant jamais, personne donc ne feignait même le moindre mouvement : écrire un truc ou deux, au moins faire semblant… mais rien. Ici au contraire, on y croit à fond — c’est presque pire. En tout cas on écrit, on n’arrête pas même. Nous avions déjà eu droit au Pour un traité de démocratisation de l’Europe en 2017, puis au Manifeste pour la démocratisation de l’Europe en 2018, c’est bien la moindre des choses qu’on nous informe que C’est possible ! en 2019.

L’art de regarder ailleurs

Du reste on ne fait pas qu’écrire : on lance des appels à signer (« Plus de 100 000 signataires » s’enthousiasme la jaquette), on fait des sites — en « .eu », ça va sans dire —, et puis des interviews. Dans Libération naturellement (2). Car, en matière d’européisme à gauche, il faut partager avec ses interlocuteurs la même passion de la tache aveugle, le même désir de l’évitement. Auxquels il est plus loisible de s’adonner maintenant que la Grèce cesse de nous tympaniser et que le « consensus » s’entend à considérer que la crise de l’euro « est derrière nous ».

Car le martyre de la Grèce, c’est bien ça qui empêchait de regarder ailleurs. Comme une mouche à merde au milieu d’une tasse de lait : il y avait l’euro.

Car le martyre de la Grèce, c’est bien ça qui empêchait de regarder ailleurs. Comme une mouche à merde au milieu d’une tasse de lait : il y avait l’euro. Et tout ce qui s’ensuit par automatique des traités interposée. Ça ne devrait normalement pas être trop demander que de se souvenir de ce qui s’est passé il y a si peu d’années (et qui en réalité se passe encore). Il faut croire que si. Le chaos grec supprimé du champ de vision médiatique, on peut retourner aux plaisirs de l’inanité sans suite, et parler de démocratiser l’Europe sans jamais jeter un œil à ce par quoi l’Europe est radicalement anti-démocratique : les traités de l’euro. Par une légère erreur de perspective, ou de calcul, les démocratiseurs pensent qu’on démocratisera l’Europe en ajoutant (des couches supplémentaires à base de fiscalité, de redistribution, et de parlementarisme européens) alors qu’il faudrait commencer par enlever— toutes les dispositions présentes de la monnaie unique… Quelle sorte d’effets autres qu’ornementaux (et mensongers) pourrait donc atteindre une entreprise prétendant démocratiser sans même faire semblant de s’attaquer au noyau dur antidémocratique de la construction ?

Normalement on devrait assez savoir qu’inscrire dans des traités, c’est-à-dire dans des textes soustraits à toute redélibération ordinaire dans quelque assemblée souveraine, des dispositions aussi lourdes de conséquences pour les populations que le niveau des déficits, celui des dettes, le régime de la circulation des capitaux (parfaite liberté) ou les orientations de la politique monétaire (confinée dans une banque centrale séparée) est une anomalie qui voue au ridicule, en fait à l’infamie, toute prétention « démocratique ». Et, par conséquent, également tout projet « démocratique » qui ne commencerait pas — pour en refaire toute l’organisation.

C’est évidemment tout un rapport à la politique, pour ne pas dire à l’existence, qu’engagent les manœuvres de la cécité volontaire, l’obstination à regarder ses pieds, l’acharnement à faire comme si — comme si l’Europe pouvait être rendue démocratique par l’ajout indéfini de dérivatifs, dont tous ne sont pas inintéressants d’ailleurs, mais dont aucun ne veut affronter l’anomalie princeps.

The beast — redux, ou la crise financière qui (re)vient

Malheureusement, il se pourrait que les conditions qui permettent de détourner le regard soient très bientôt détruites à nouveau. C’est que ces conditions sont tout entières liées à l’effacement graduel de la crise financière de 2008 et de ses effets dans la macroéconomie. Or, les crises financières, ça revient ! Pour le coup tout le monde est à peu près d’accord à ce sujet : la prochaine nous pend au nez comme un sifflet de deux ronds. Comme toujours avec les crises de marchés financiers dérégulés on ne sait jamais ni quand ni où (dans quel compartiment de marché) elle explosera, mais elle explosera. Et fort. Mais alors, très fort.

C’est que les masses de liquidités en circulation sont devenues proprement phénoménales — notamment du fait de l’ouverture des vannes des banques centrales… pour passer la serpillière de la crise précédente. Également du fait que le secteur financier hors toute régulation (shadow banking) n’a pas cessé de proliférer. Enfin parce que le mouvement de consolidation bancaire post-2008, faisant reprendre les banques chancelantes par celles qui l’étaient un peu moins, a conduit par-là à la constitution de mastodontes encore plus too big to fail que les précédents.

Pour le coup tout le monde est à peu près d’accord à ce sujet : la prochaine crise financière nous pend au nez comme un sifflet de deux ronds.

Tous les ressorts de la prise d’otage structurelle des pouvoirs publics par la finance sont donc réarmés : le moindre resserrement de politique monétaire est menacé d’un effondrement des marchés obligataires, si bien que les banques centrales s’en abstiennent avec terreur, n’ayant d’autre choix que de continuer à déverser de la liquidité… c’est-à-dire à préparer le désastre à venir ; quant aux faillites bancaires, elles sont plus que jamais de l’ordre du cataclysme. En mars 2007, le chroniqueur « finance » de The Economist, commençant à sentir les odeurs de roussi, avait titré l’un de ses papiers « The Beast ». Nous y voilà de nouveau, avec pour certitude supplémentaire que cette fois la Bête sera plus méchante encore.

Pendant ce temps, l’Europe se raconte des histoires en couleurs à base d’« Union bancaire », son « bouclier contre les crises » mais en carton, et qui ajoute le défaut des moyens à celui de la conception. Qu’à ce dernier égard, l’Europe ne fasse jamais que partager les contresens de tout l’univers de la « régulation financière » n’offre pas un motif suffisant de se réjouir. Il est bien vrai en effet que tous ont retenu pour ligne de régulation prudentielle du secteur bancaire les principes des premiers accords de Bâle (1996…) dont la réussite en longue période est éclatante, expérience d’où n’auront été tirés que des raffinements techniques secondaires et quelques durcissements quantitatifs qui le sont tout autant.

Surveiller les ratios de solvabilité des banques, c’est-à-dire, pour faire simple, leur capacité à absorber les pertes corrélatives d’une dévalorisation soudaine de leur actif à la suite d’un krach, est par excellence l’erreur conceptuelle qui ne protège de rien. En réalité la « pensée prudentielle », cultivant elle aussi ses taches aveugles, tient absolument à ce que toute la réflexion reste concentrée sur la gestion des suites de la crise, et ne va jamais à imaginer ce qui permettrait d’éviter en première instance que les crises ne se produisent — on comprend très bien pourquoi d’ailleurs : cet objectif-là conduirait en fait à de telles restrictions des mouvements de la finance (3) que celle-ci les rejette d’emblée comme négation de son être même (ce qui du reste n’est pas faux : le seul moyen d’éviter les crises de la finance déréglementée… c’est de revenir sur la finance déréglementée).

L’Union bancaire en slip

En tout cas, il est tout à fait certain que la surveillance des ratios de solvabilité ne nous protège de rien, car les crises financières-bancaires sont avant tout des crises aiguës de liquidité. Dès lors que, pour une raison ou une autre, une banque devient suspecte, ses créanciers refusent de maintenir la continuité de ses crédits (ou bien à des taux prohibitifs qui ne font que détériorer davantage sa situation), et plus personne ne veut se porter contrepartie dans le jeu des transactions de marché (qui accepterait de se porter vendeur en face d’un acheteur dont on soupçonne qu’il pourrait bien faire faillite… et ne pas payer ?). Sitôt qu’elle passe un certain point critique, la dégradation cumulative de la situation de la banque, incapable de renouveler ses financements dans le moment même où ses besoins explosent (par exemple du fait du relèvement des appels de marge, ou de la dégradation de sa notation), est fulgurante. D’étincelants ratios de solvabilité (comme l’étaient ceux de Lehman Brothers) ne peuvent rien contre cet enchaînement fatal qui la mène au défaut de paiement.

Le seul moyen d’éviter les crises de la finance déréglementée… c’est de revenir sur la finance déréglementée

Comme on le sait maintenant, c’est là que commencent les problèmes pour tout le monde. Le risque systémique désigne cette situation où la densité d’interconnexion des liens financiers (de créditeurs, de contreparties, de garanties) des banques va propager les défauts de paiement de proche en proche comme un incendie dans une pinède. En 24 heures, la faillite de Lehman menaçait de mettre knock-down AIG, le premier assureur mondial — et après lui, tout y passait.

Qu’à cela ne tienne. Si par malheur les banques, toutes parfaitement solvables (nous garantissent les stress-tests…), allaient contre toute attente au tapis, le nouveau « Fonds de résolution » européen s’offrirait à les rattraper — nous racontent les hérauts de l’Union bancaire. Mais c’est un conte pour enfant. Si vraiment il y a matérialisation d’un risque systémique — et il y aura nécessairement si (quand) la bonne grosse crise éclate(ra) —, c’est-à-dire si c’est l’intégralité du système bancaire européen qui part à dame, le « Fonds » saute comme un bouchon de champagne. Les documents européens ronronnent de plaisir d’annoncer son niveau cible de ressources : 55 milliards d’euros (pas encore collectés…). Aveu terrible autant qu’involontaire d’une incompréhension profonde des crises de la finance contemporaine : quelques dizaines de milliards d’euro, c’est une enveloppe qui correspond à des faillites bancaires implicitement supposées modestes et bien circonscrites. Quand le risque systémique est un événement de globalisation-flash des accidents locaux. Ce sont alors des milliers de milliards d’euros d’actifs bancaires qui se trouveront impliqués, et des centaines de milliards de recapitalisation en jeu — les joyeux pompiers du Fonds de résolution monteront donc au feu avec des seaux à la main.

C’est cette situation que « The Beast — elle revient et elle n’est pas contente » nous promet à nouveau. Devant quoi l’Union bancaire, dont Moscovici puis Macron à l’époque s’étaient gargarisés, nous laisse comme en slip face à un tsunami. À l’évidence, les amis de la future « Europe démocratique » considèrent qu’un slip, non, mais un short, lui, ferait l’affaire. S’ils considèrent quelque chose. En réalité, ils préfèrent ne rien considérer du tout, et ne surtout pas se poser la question. Moment surréaliste de l’interview de Piketty dans Libération qui lui demande de revenir sur la crise de 2008. Réponse : « On risque de revivre 2008, mais en pire ». Très juste, et donc ? Et donc rien, parlons d’autre chose, tiens d’un impôt européen démocratique sur les sociétés par exemple. Mais quel est le rapport ? Le rapport, c’est qu’on est content qu’il n’y ait pas de rapport. Parce qui si on commence à mettre quelques idées l’une derrière l’autre à partir de cette hypothèse, c’est tout le cauchemar des années 2010 qui revient aussitôt : crise financière / effondrement bancaire / contraction du crédit / récession monumentale / évaporation des recettes fiscales / creusement immédiat des déficits / explosion de la dette. Et toutes les alarmes de la zone euro qui commencent à striduler car, à ce moment-là, les règles foldingues des traités renforcés (two-pack, TSCG) s’activent toutes seules, et automatisent le pire : austérités sanglantes, hystérisation allemande qui se voit aussitôt « payer pour les autres », boulons serrés jusqu’à ce que Grèce s’ensuive, etc. À ce moment-là, il est à craindre qu’il (re)devienne difficile de parler d’Europe démocratique.

La solution des fourches

La chose tout à fait étonnante chez nos européistes du bonheur réside donc dans l’aperception (semble-t-il) de la quasi-certitude d’une crise financière à venir, dans l’anticipation raisonnée de son ampleur (« 2008 en pire » nous dit Piketty), mais aussitôt suivies d’un mouvement de tête : « Oh là-bas, le bel oiseau à collerette ! ». Résumons-nous : la répétition aggravée de la séquence 2009-2015 est un événement des plus probables ; il est également celui qui active le plus violemment le pire de l’Europe non-démocratique : le fonctionnement aveugle de règles parfaitement ineptes, expérimentées comme telles, inamovibles (sauf quand il s’agit de sauver les banques…) (4), consciencieusement placées hors de toute rediscussion possible, mais consenties (et sanctuarisées) pour complaire aux phobies monétaires allemandes, en tout cas dont on ne pourrait se passer sans devoir se passer de l’Allemagne avec elles ; bref c’est l’événement du désastre… et on n’en dira pas un mot. On ira « démocratiser » ailleurs, un peu partout, sauf là où se tient le noyau dur de l’aberration antidémocratique.

On peut bien si l’on veut jouer à cocher toutes les cases des bons signifiants, faire tinter toutes les clochettes du lectorat de Libération — la formation, les universités, la transition écologique, la taxation des émissions carbone, etc. —, et promettre tous les ornements démocratiques de la terre. Mais il faudra pouvoir se regarder en face, soi et ses impasses, ses impensés, et ses promesses en toc, lorsque le tsunami de mouscaille reviendra, et la dictature de la monnaie unique avec — comme dirait Georges Perec : moment tomatotopique (5) en perspective pour les démocratiseurs à la mie de pain.

Mais qui vivra verra, n’est-ce pas, et comme on n’en est pas là, nos joyeux auteurs de Manifestes peuvent continuer de se la raconter en technicolor : changer l’Europe, c’est possible ! Ils ne seraient que drôles si, après déjà trois décennies d’« Europe sociale », ils ne venaient ensabler la gauche pour un tour de manège supplémentaire cette fois d’« Europe démocratique ». Si seulement nous pouvions nous fier au « tarif Varoufakis » : lancé en 2015, son DiEM 25 ne se propose que de nous faire perdre dix ans (6)… Mais on sent bien que, par tacite reconduction, tout ça a des allures de couillonnade à durée indéterminée.

À moins qu’entre temps, justement, le tsunami… Même Jean-Claude Trichet, qui avait à peu près le sens politique d’une bordure de trottoir, s’inquiétait en 2011 que s’il fallait sauver les banques à nouveau, les gens cette fois prendraient les fourches. L’étonnant étant qu’ils ne les aient pas prises à l’époque déjà. Au point où en sont venues les choses depuis, et « gilets jaunes » aidant, il y a en effet de bonnes chances qu’au deuxième épisode elles sortent des râteliers. Pour le coup ce serait bien là le moyen, peut-être le seul, de donner réalité à l’idée : changer l’Europe, c’est possible !

Nicolas Blogdenico, 38 ans de promesses d’Europe sociale en bref, 23 octobre 2017.

Frédéric Lordon

Source : Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon, 17-05-2019

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Commentaire recommandé

Kokoba // 27.06.2019 à 08h45

C’est assez amusant.
Aujourd’hui, tout le monde (y compris les défenseurs de la doxa) sait que le système financier est totalement tordu et disfonctionnel et que l’on va vers une crise majeure.

Non seulement on le sait mais on le dit.
Même dans les médias défenseurs du système.
Rien n’est caché.

Et pourtant, il ne se passe et il ne se passera rien.
On a l’impression d’être dans une tragédie Grecque.
Tout le monde voit le désastre arriver mais rien ne pourra l’en empecher.
La guerre de Troie aura bien lieu.

43 réactions et commentaires

  • RGT // 27.06.2019 à 08h34

    La sortie et/ou la destruction de l’UE ne résoudra AUCUN problème…

    L a cause de tous les problèmes que vivent l’ensemble des populations €uropéennes est simplement le contrôle de TOUS les états “démocratiques” par une ploutocratie qui ne voit dans les populations qu’une source de revenus corvéable à merci pour se garantir un train de vie confortable.

    Si déjà un mandat IMPÉRATIF pouvait être permis par les “constitutions” un grand pas pourrait être franchi.
    Et je ne parle pas des “hauts fonctionnaires” indéboulonnables.

    Je ne comprends toujours pas POURQUOI les électeurs se rendent aux urnes pour aller apporter leur soutien à des types qui, une fois en “état de grâce”, n’ont absolument aucune obligation de respecter leurs engagements pré-électoraux.

    De plus, pourquoi se gêneraient-ils ? Les lois qu’ils ont votées les protègent à vie contre toute poursuite de la part des mougeons floués.

    Elle n’est pas belle la vie ?

    Les consignes dictatoriales de l’UE ne sont qu’un cache-misère bien pratique derrière lequel se planquer quand la population commence à se réveiller.
    Mais en fait, ces consignes leur sont très favorables car elles vont exactement dans la direction qu’ils souhaitent emprunter sans pour autant l’avouer.

    Et, cerise sur le gâteau, seuls les partis dont les dirigeants sont favorables à cette escroquerie peuvent espérer atteindre des scores leur permettant au pire de se faire rembourser leurs campagnes électorales afin de continuer à rester en selle dans la “grande bataille idéologique” entre les “progressistes”, les “modernistes” et les “conservateurs”.

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    • Serge F. // 27.06.2019 à 09h16

      Il me semble qu’Emmanuel Macron a respecté jusqu’à maintenant la plupart de ses engagements (sauf, bien sûr, ceux en faveur du bas peuple, mais ils étaient très peu nombreux). Les macronistes peuvent être fiers de lui.

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      • traroth // 27.06.2019 à 16h06

        Mais quels engagements ? Macron a soigneusement évité d’entrer dans les détails d’un programme.

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        • Véronique // 27.06.2019 à 17h56

          je trouve au contraire que son programme était assez précis. Il me semble par exemple qu’il a parlé de retraite par points.
          C’est vrai que c’est souvent du langage pour initiés.
          Il faut être un peu au courant de ce qui se passe au niveau de l’UE pour comprendre.
          Mais rien dans son programme n’est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Tout était déjà programmé.

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          • Serge F. // 28.06.2019 à 09h04

            La retraite par points, la modification du code du travail par ordonnances avec son inversion de la hiérarchie des normes, la suppression de l’ISF, la suppression de la taxe d’habitation, la hausse de la CSG pour les retraités, l’assurance-chômage universelle (en partie pour le moment), la réduction des cotisations (avec les conséquences qui vont avec), la moralisation de la vie politique (en novlangue), la réforme de l’école, Parcours sup, la loi asile et immigration (avec son augmentation de la durée de rétention, même pour les enfants), la réduction du nombre de fonctionnaires (politique d’austérité), la théorie des premiers de cordée, la gestion de la France façon startup etc. Tout cela avait été annoncé et fait ou bientôt fait.

            https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2018/05/07/un-an-apres-son-election-emmanuel-macron-tient-il-ses-promesses-de-campagne_5295281_4355770.html

            N’oubliez pas qu’il n’y avait pas d’alternative (TINA). Et si vous vous sentez lésé, n’oubliez pas que “vous êtes la nation française”.

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            • jeanpaulmichel // 28.06.2019 à 10h24

              Et n’oubliez pas qu’il n’est ni de droite ni de gauche …
              L’art d’avancer masqué.

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            • Véronique // 28.06.2019 à 14h51

              Merci pour la liste.
              Oui c’est bien ce qui me semblait.
              Et c’était dans la continuité de la politique suivie par les gouvernements précédents, réformes structurelles (on sait ce que ça veut dire), et politique croissante de sécurité (cf les lois sur la sécurité qui ont précédé Macron).

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    • K // 27.06.2019 à 09h29

      Je ne partage pas votre analyse.
      Tous les états démocratiques ne sont pas dirigés par une ploutocratie. Il y a de nombreuses exceptions: Suisse, Islande, Nouvelle-Zélande…
      Si la sortie de l’UE n’est pas une condition suffisante au redressement de la France, c’est en revanche une condition nécessaire et préalable.
      Idéalement, la sortie de l’UE (et de l’euro) doit être combinée à l’instauration de la démocratie directe. Mais ne soyont pas trop gourmand, l’urgence n’est pas à mettre en oeuvre des solutions idéales mais à éviter la destruction de la France.
      Je ne vois pas trop bien l’intérêt du mandat impératif; ce système cumule les inconvénients du régime représentatif et de la démocratie directe sans bénéficier des avantages ni de l’un ni de l’autre.

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      • James Whitney // 27.06.2019 à 14h29

        Ma sœur habite en Nouvelle-Zélande depuis plus de 50 ans. Elle me dit que le pays est dirigé par les financiers depuis belle lurette (nombreux exemples). Je pense qu’en Suisse on ne peut rien faire en face de l’opposition des banquiers. Je connais l’Islande un peu : en règle générale il y a peu de pauvres, mais là aussi la vigilance s’impose en raison de certains scandales comme la crise en 2008.

        Partout c’est la guerre des ressources menée par les dirigeants financiers. Une vraie guerre, opération militaires, sanctions, cyberattaques, informations mensongères, etc. Même l’économiste Joseph Stiglitz, pas du tout un homme de gauche, a écrit récemment que le monde de finance nous mène vers la catastrophe.

        Personnellement je pense qu’il reste reste un espoir. Malgré la brutalité du gouvernement soutenue par la presse de plusieurs milliardaires, il existe des signes positives, par exemple les actions militantes des gilets jaunes et le programme de LFI.

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        • K // 27.06.2019 à 19h14

          Non, la Suisse n’est pas gerée par les banques. Si tel était le cas, la Suisse n’aurait jamais renoncé au secret bancaire.
          Si la Constitution permet le référendum d’initiative citoyenne sans trop d’obstacles, alors le pays est démocratique.
          Même si vous n’aimez pas le modèle de société de la Suisse, le pays est malgré tout démocratique. C’est simplement que la majorité du peuple Suisse ne partage pas vos idées.

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    • traroth // 27.06.2019 à 16h05

      La solution, c’est le RIC. Personnellement, je ne suis pas pour des mandats impératifs. Si l’élu explique pourquoi finalement, il décide de ne pas mettre en oeuvre un point de son programme, ou plus tard, ou de manière différente de ce qui est prévu, ça peut être parfaitement acceptable (ce n’est pas ce que font les politiques. Généralement, ils vont faire comme si ce point de leur programme n’avait jamais existé, ou au contraire prétendre contre toute évidence que la réforme a été faite, comme Hollande avec la séparation des banques d’investissement et des banques de détail). Mais c’est aux citoyens de décider. Avec le RIC, si les citoyens estiment que les explications sont insuffisantes, ils peuvent passer outre et faire eux-même la loi malgré tout. Ou même, s’ils trouvent que l’élu dépasse les bornes, le destituer. Bref, ce sont les citoyens qui ont le dernier mot, et c’est qui compte. C’est ça, la démocratie.

        +8

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      • Véronique // 27.06.2019 à 17h58

        Il ne peut pas y avoir de RIC tant que nous sommes membre de l’UE.
        Nos dirigeants auraient beaucoup trop peur d’un RIC sur le frexit.

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        • Serge F. // 28.06.2019 à 09h26

          Il ne peut pas y avoir de RIC tant que les médias français ne seront pas libres (c’est un problème que les Suisses ont).

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          • Véronique // 28.06.2019 à 15h00

            Mais les medias ne seront pas libres tant que nous serons dans l’UE.
            En Suisse il y a déjà beaucoup plus de référendums qu’en France. Alors c’est possible que les médias n’y soient pas libres, mais c’est sans doute plus libre qu’en France.

              +3

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      • RGT // 27.06.2019 à 19h30

        “Si l’élu explique pourquoi finalement, il décide de ne pas mettre en oeuvre un point de son programme…”

        Il “explique” en enfumant la population sans aucune possibilité de contester ni de le forcer à mettre en œuvre son programme à tout prix… C’est ce que nous vivons depuis la “révolution française”…

        Ensuite ça donne avec un peu de patience de leur part :

        – Au mieux une “dictature molle” dans laquelle les politicards professionnels font ce qu’ils veulent, avec la certitude de revenir aux affaires une fois leur “disgrâce” oubliée car les “pourris d’en face” auront été encore pire qu’eux (à chaque tour d’alternance on se prend une couche supplémentaire),

        – Au pire une “dictature décomplexée” façon Nabot-Léon ou Pet-Tain…

        Vu la tournure que prend la répression TRÈS violente à l’encontre de ceux qui osent ne pas être d’accord avec nos “divins” dirigeants, je ne vous fais pas un dessin sur les intentions de la ploutocratie. Et cette “réforme” ne viendra de la fille du borgne mais “d’humanistes démocrates pétris de la grandeur de l’État”.

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        • Véronique // 28.06.2019 à 15h06

          Très franchement, j’aimerais mieux, pour le coup, que Macron n’applique pas son programme.
          On n’a pas de mandat impératif, interdit par la constitution, mais avec nos dirigeants actuels, on l’a bel et bien.
          Et d’ailleurs, nos représentants Lrem ne se privent pas de rappeler qu’ils font ce pour quoi ils ont été élu. Ils mettent fin ainsi à la critique consistant à reprocher aux dirigeants de ne pas respecter leurs promesses. Dommage que bien des électeurs confondent leurs propres désirs et les promesses de ceux qu’ils élisent.

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    • Yannis // 27.06.2019 à 16h50

      Il ne faut pas prendre l’exemple de la France comme modèle absolu. Nous avons effectivement un personnel politique (et désormais diplomatique) , des grands décisionnaires au niveau économico-financier assez lamentables, sans vergogne car protégés par une Justice tout à fait partiale pour les puissants. La France est le pays le plus corrompu d’Europe, et aussi celui qui ne respecte plus, par sa brutalité policière, les traités internationaux et même de l’UE. C’est aussi un pays qui a une presse vassalisée à l’extrême, au point de se voir dépassée en déontonlogie par celle de la Jamaique ou du Ghana, dans les classement sur la liberté de la presse par RSF (pas toujours une ref, certes).

      Ce n’est pas en déconsidérant tout le reste de la planète, les autres pays et autres sociétés humaines que vous arriverez à faire remonter, dans l’estime des citoyens français comme dans celle de nos voisins, la confiance dans notre pays à l’histoire si particulière, ni son “capital sympathie”, ni sa joie de vivre, la qualité de vie tant vantée de notre si beau pays – bientôt de vieux songes, un Belle époque à évoquer entre le matraquage de deux annonces du gouvernement, deux sales nouvelles intimidantes ? Heureusement sa culture magnifique, construite par des personnalités remarquables et partagées par tant de nos concitoyens, par des étrangers aussi, permet encore de se regarder dans la glace et d’espérer un renouveau, des lendemains qui chantent.

      Pour l’instant, c’est toujours la chute, oui.

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      • septique // 27.06.2019 à 18h52

        La France est le pays le plus corrompu d’Europe…

        Vous sortez ceci d’ou ? Transparency index…2018

        Les pays les plus corrompus en Europe..

        Hongrie, Grèce, Bulgarie, Italie, Malte, Pologne, Slovakia, Espagne

        La France a une note de 72 sur 100, la Suède 85 sur 100 (les pays nordiques sont en tête)..l’Italie…52 sur 100

        https://www.transparency.org/cpi2018

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        • Yannis // 27.06.2019 à 19h45

          Alors rectifions, la France, un des Etats les plus malades d’Europe. Cependant la corruption dans les classes très aisées et richissimes est au maximum, mais on parle d’entresoi pour faire plus propre. Par exemple Sarko n’a jamais pu être condamné suite aux enveloppes des Bettencourt, circulez on n’a rien vu…

          On peut toujours se rassurer comme on peut, je crois que certains n’ont pas encore pris la mesure de délitement, le niveau de crise structurel de notre pays. Un choc de type financier risque bien de jetter une lumière encore plus cruelle sur le peu de solidarités humaines qui y restent encore effectives.

          Quand il s’agit de parler d’argent et d’agir dans le désintérêt, assez facile de reconnaître ceux et celles qui sont réellement de gauche, ou qui ont encore quelques valeurs humanistes et ne se sont pas totalement convertis en calculette.

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          • vert-de-taire // 29.06.2019 à 15h53

            LE chaos de la grande crise.
            Ma plus grande préoccupation car les milices et bandes armées ne seront pas gérables.
            On basculera vraiment dans l’horreur type Syrie Soudan (Massacres impunis à jamais) etc ..
            a voir les comportements présents de quelques-uns, il est certain que cela suffira à pourrir immédiatement la vie de tous.
            C’est pourquoi, quoique il advienne, il faut s’y préparer :
            faire du local, au sens créer des liens organisationnels, comme durant la dernière guerre : apprendre à se débrouiller dans un monde hostile pour assurer le minimum vital.
            Ça commence par savoir se reconnaître, se retrouver et partager des données vitales et échanger des besoins vitaux.

            Dans La grande crise le risque immédiat sera de ne plus disposer d’énergie infinie donc ne plus avoir de quoi manger/boire en qqs jours. Sans parler des soins …
            Rappel : en Allemagne le gouvernement a déjà prévenu : préparez vous à être autonome un certain temps (10 jours min je crois) … On y envisage VRAIMENT la grosse cata (sans préjuger de la cause).
            En ville ce sera atroce de par la densité des besoins versus des moyens réduits.

            Ce tableau, certes catastrophique, est à la fois très probable et bien-sûr très faux.
            Pour autant la fragilité avérée de notre civilisation devrait être prise en considération le plus tôt possible par tous et chacun. Et jamais aucun gouvernement n’osera nous y préparer, c’est le risque autoréalisateur, le désordre public assuré (fortement puni).

            c’était mon couplet cata. Du claviardage .. pour le moment.

              +4

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    • Véronique // 27.06.2019 à 17h52

      Mais c’est justement parce que cette ploutocratie cherche à exploiter la population (les populations) le plus facilement possible, c’est-à-dire en supprimant la démocratie, et en rendant très difficile le contrôle par la population, que cette ploutocratie a créé l’UE.
      De ce fait, l’UE est son outil (légal) pour imposer sa volonté aux peuples, sans que ceux-ci ne puissent réagir.

      Donc c’est bien l’UE qui pose un problème. Supprimons l’outil, et la ploutocratie se retrouve devant le peuple, en face-à-face, dans une plus grande proximité, sans aucune institution pour se cacher.

      Vous le dites vous-même d’ailleurs. Bien sûr que les partis dirigeants sont favorables à cette escroquerie. Supprimer l’escroquerie c’est supprimer l’UE.
      C’est parce que de nombreux électeurs croient que l’UE n’est pas la cause des problèmes qu’ils vivent, que ces électeurs, soit s’abstiennent, soit votent en faisant comme si l’UE n’existait pas (et donc en croyant mordicus que voter Macron, ou PS ou RN ou écolo ça change quelque chose – en fait tous les partis qui ne se prononcent pas clairement pour le frexit).

      Quand une loi est mauvaise, on demande son abrogation, pas seulement le changement de dirigeants.

        +19

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    • Blabla // 03.07.2019 à 14h29

      La sortie seule ne résoudra rien, mais sans sortie, rien ne pourra être résolu, car l’UE est la caricature du néolibéralisme financier : on peut empêcher les gens de rouler, de cultiver, de vivre, de parler, mais pas les banques de jouer avec leur argent!

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  • Kokoba // 27.06.2019 à 08h45

    C’est assez amusant.
    Aujourd’hui, tout le monde (y compris les défenseurs de la doxa) sait que le système financier est totalement tordu et disfonctionnel et que l’on va vers une crise majeure.

    Non seulement on le sait mais on le dit.
    Même dans les médias défenseurs du système.
    Rien n’est caché.

    Et pourtant, il ne se passe et il ne se passera rien.
    On a l’impression d’être dans une tragédie Grecque.
    Tout le monde voit le désastre arriver mais rien ne pourra l’en empecher.
    La guerre de Troie aura bien lieu.

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    • gotoul // 27.06.2019 à 09h01

      Tout le temps qu’on gagne, on joue. Autrement dit : on ne change pas les règles quand on n’arrête pas de gagner. “On” étant l’oligarchie bien sûr.

        +12

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    • Serge F. // 27.06.2019 à 09h20

      Ce n’est pas la guerre de Troie qui aura lieu, mais la fin du monde ou, au mieux, la fin d’un monde. Je ne parlerais même pas d’apocalypse car, comme vous le dites, le voile est déjà levé.

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    • Tonton Poupou. // 27.06.2019 à 11h02

      Justement c’est bien ça la “tragédie” : c’est que dés le départ tout le monde sait que ça finira mal obligatoirement. C’est un peu comme dirait “Les inconnus” à Manu qui leur demande pourquoi il doit descendre ? : “c’est ton destin” ……. C’est écrit. C’est ce qui fait la différence entre le drame et la tragédie. Dans un drame il se pourrait que ça finisse bien ………. mais absolument pas dans une tragédie.

        +9

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    • lois-economiques // 27.06.2019 à 12h17

      La raison est simple, toutes mesures pour atténuer la crise à venir, la précipitera.
      Il n’y a donc aucune solution.
      Ce qu’avait parfaitement compris Ludwig Von Mises puisqu’il a écrit :
      « Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom provoqué par une expansion du crédit. L’alternative est de savoir si la crise doit arriver plus tôt, par l’abandon volontaire d’une expansion supplémentaire du crédit, ou plus tardivement, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire affecté ».
      « Human Action », Ludwig Von Mises, 1949 (chapitre XX, section 8).
      Autrement dit, plus la crise financière tarde à venir, plus elle sera importante et difficile à gérer.

        +9

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      • vert-de-taire // 29.06.2019 à 17h26

        PAS d’accord, enfin, pas tout à fait d’accord.

        Rien n’empêcherait un dirigeant responsable (comme vous le voyez je sors du cadre actuel) de proposer pendant qu’il en est encore temps, une alternative qui serait évaluée moins pénible que la grande crise (la Katastrophe).

        Il est imaginable de penser maintenant QUELS seraient les rapports sociaux nécessaires, utiles pour atténuer une grande crise. Donc le pourquoi et le comment.
        Mais cela pourrait la provoquer,
        Mais cela désignerait un coupable apparent, puisque vu comme déclencheur volontaire d’un moment difficile.
        Toute personne aux affaires, donc ambitieuse, opportuniste ne peut agir ainsi en contradiction.
        L’individualisme forcené nous empêche d’envisager une prise de risque collective, raisonnée, planifiée : POUAH le gros mot ..
        La planification c’est le Venezuela ou Cuba comme dit Macron (dans un autre contexte).
        Donc tel le Titanic, nous coulons, nous nous voyons couler
        CAR LES RICHES SERONT SAUVÉS.
        Ils le croient, cela suffit à expliquer cette immobilité criminelle.
        Autre question ?

          +1

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    • Louis Robert // 27.06.2019 à 17h07

      J’aime bien, Kokoba, votre référence si révélatrice à la tragédie grecque.

      Or ici il ne s’agit aucunement d’une tragédie mais bien d’un drame aux dimensions mondiales… mieux, planétaires. Ce drame de l’anthropocène est le fait de l’être humain qui s’aveugle lui-même, par son refus de croire ce qu’il sait et même prévoit.

      Le Pouvoir seul s’acharne à convaincre la populace que ce sont les dieux qui sont à la manœuvre, donc responsables des ultimes conséquences de ce que sont nos conduites insensées. C’est ainsi que l’engeance au pouvoir se déresponsabilise, au pire réclame l’immunité, accusant les dieux de tous nos maux. « Acts of God », comme ils disent. Tragédie! C’est bien commode, on l’admettra. Il ne leur reste plus à la fin qu’à prendre tout le crédit (et tous les privilèges qui s’y rattachent…) de ce que la masse du peuple a elle-même accompli d’humainement valable, remarquable, voire génial… Autocréation des “self-made men”!!!

      Ainsi s’accomplit cette double trahison de ladite élite.

        +3

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  • zozefine // 27.06.2019 à 09h13

    je cite “Le chaos grec supprimé du champ de vision médiatique, on peut retourner aux plaisirs de l’inanité sans suite, et parler de démocratiser l’Europe sans jamais jeter un œil à ce par quoi l’Europe est radicalement anti-démocratique : les traités de l’euro” : la crise-système supprimée par un de ces tours de passe-passe qui tiennent autant du déni que de l’aveuglement. s’en tenir à des indicateurs économiques qui ont autant de pertinence et d’acuité que le doigt mouillé, sans jamais se préoccuper de la réalité réelle des vrais gens en grèce, c’est se foutre du monde. qui ne demande pas mieux. quant aux grecs, le 7 juillet ils diront ciao à cette monstrueuse farce syriza-tsipras-varoufakis-“gauche radicale”, 4 ans après le referendum OXI-non (5/07) et la signature NAI-oui du IIIème mémorandum (15/07), et laisseront le champ libre aux diverses droites néo-libérales qui achèveront le boulot (qu’elles avaient si bien commencé) de colonisation par la dette (rappel : entre autres détails du sociocide, l’état grec n’a plus aucun droit de regard sur “son” domaine public avant 2114).
    juncker : pas de choix démocratiques contre les traités européens : comment ça se fait qu’une telle déclaration de guerre à la démocratie n’ait pas suscité plus de scandale ?

      +20

    Alerter
    • Florent // 27.06.2019 à 13h20

      Je réagis à la dernière remarque: pas de scandale, tout simplement car l’oligarchie, qui détient les principaux moyens de communication donc, décide (d’une façon ou d’une autre) ce qui doit faire scandale, et ce qui ne doit pas faire scandale.

      Exemples hebdomadaires (que l’on soit d’accord ou pas sur le fond n’est pas le sujet 1er):

      Un jeune a disparu depuis près d’une semaine après une charge de policiers sur les quais de Loire vers 4h du matin pendant la fête de la musique (14 personnes à l’eau). La police a fait usage de gaz et de grenades sur un quai dangereux et sans protection => PAS SCANDALE

      3 femmes en burkini dans une piscine municipale => SCANDALE

        +21

      Alerter
  • mikatypa // 27.06.2019 à 09h13

    Le mouvement des gilets jaunes n’est pas conscient collectivement de la catastrophe financière à venir. Mais il a une conscience aigue de la responsabilité de ceux qui décident , avec arrogance et mépris, de faire payer la populace en lieu et place des vrais responsables : les maitres financiers du monde …ils n’ont pas sorti les fourches, mais le RIC..et quelques guillotines !

      +19

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  • nulnestpropheteensonpays // 27.06.2019 à 09h32

    il n’y a aucun risque que le peuple sorte les fourches a ce moment là , il ne fait pas le lien entre son argent et les milliards donnés aux banques en 2008 .Il a juste compris dix ans après qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas …Et encore, ils ont quand meme voté pour un banquier …

      +26

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  • la vieille gauloise // 27.06.2019 à 12h26

    Quelque chose de géant risque de nous bousculer avec l’ Italie !
    Nos chers voisins transalpins se préparent une monnaie parallèle
    ( avec les mini bots qui au départ ne sont que des bons mais en bon papier monnaie qui ressemblent furieusement à la Lire ) si
    Salvini et consorts réussissent leur coup ( ça serait probable selon
    les économistes independants) alors ça sera un séisme pour toute l’ Europe !

      +8

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  • jeanpaulmichel // 27.06.2019 à 12h31

    En 1995 le peuple était uni, les valises étaient prêtes.
    https://www.les-crises.fr/monique-pincon-charlot-casse-sociale-le-debut-par-thinkerview/
    En 2020-2030 le sera t’il encore ?
    En tous cas, toutes les manipulations seront faites pour disqualifier les futures révoltes et faire perdurer le système.
    La violence des forces de l’ordre sera mise à contribution.
    Heureusement que nous ne sommes pas aux USA avec des armes en circulation par millions car ce ne sont pas les fourches qu’il faudrait craindre.

      +5

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    • vert-de-taire // 29.06.2019 à 17h36

      “Heureusement que nous ne sommes pas aux USA avec des armes en circulation par millions car ce ne sont pas les fourches qu’il faudrait craindre.”

      HUM HUM,
      Il y a des millions de fusils de chasse ..
      et pas mal de munitions, à faire ou à acheter…

      Le pire est toujours possible et la police ma bonne dame …
      Et puis vous sauriez résister (seul ou à plusieurs) à une bande de fous furieux qui cassent tout et tuent au besoin ?
      Il n’y a pas si longtemps des milices …

        +1

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  • Casimir Ioulianov // 27.06.2019 à 13h48

    Niveau monétaire , on est pas prêt de voir la fin du tunnel. Entre les banques centrales qui ont les couilles sur le billot et des entreprises qui commencent à se demander si le précédent des crypto ne leur permettra pas d’ester eux même du liquide , ça ne peut plus QUE partir en couille.
    Tout ça parce qu’on a fait passer les intermédiaires de valeur avant tout … y compris ce qu’ils sont censé valoriser.

      +1

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  • Jean Aymard // 27.06.2019 à 14h20

    Je me suis fait la même réflexion dernièrement à propos du chômage. Jusqu’à il y a peu de temps, c’était le thème principal de toute campagne électorale. Je me suis rendu compte qu’il a disparu du champ lexical des campagnes depuis au moins 2017. Comme si les politiques avaient accepté que les 10 millions de chômeurs étaient une fatalité avec laquelle on devrait apprendre à vivre.

      +13

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  • serge // 27.06.2019 à 17h08

    Tous ces thèmes, europe sociale, démocratique, etc… comme les conneries de transition écologique, ne sont que des paravents du même niveau que les mafieux les assènent à leurs contributeurs forcés. Tu paies pour une protection dont tu n’as pas besoin tant que je ne t’ai pas mis dans la situation d’en avoir besoin.
    Jusqu’à maintenant cela pouvait tenir tant que l’économie et ses dérivés sonnants et trébuchants irriguaient un peu le tissu social. Le problème est que maintenant, à force de virtualisation de tout, qui remplace fois 1 puis fois 2 puis fois 3 l’économie réelle, le sonnant et trébuchant devient rare voire inexistant. Et malgré toutes les tentatives de repousser encore un peu l’échéance, le mur est là. End of game. Guerre internationale pour nettoyer le passif, guerre civile pour nettoyer le peuple, guerre alimentaire pour nettoyer le QI des survivants.

      +11

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  • Véro // 28.06.2019 à 07h00

    On ne peut pas vraiment mesurer le niveau de corruption.On regarde les faits avérés, les condamnations par les tribunaux surtout.
    Mais beaucoup de faits peuvent rester dans l’ombre.
    Donc les notes sont très relatives.

      +3

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    • vert-de-taire // 29.06.2019 à 18h00

      Alors pas d’accord.

      Lisez les livres de témoignage.
      Exemple au hasard : Patrick Rougelet, R.G. la machine à scandales (Albin Michel 1997).
      Cet ex-RG raconte comment les RG (renseignements généraux) ont fabriqué l’opinion, manipulé la presse pour protéger le pouvoir en place.
      Les RG ont disparu mais c’est un décors, ça existe toujours.

      Exemple les fichiers.
      C’était des fiches pas des disques durs.
      Il raconte qu’il y avait deux fichiers, l’un pour la CNIL, le spectacle, bien propre irréprochable et l’autre pour le boulot, avec tous les ragots comme la gestapo (ce n’est pas moi qui le dit).
      Aujourd’hui, ce genre de substitution est encore plus facile à réaliser.

      Les RG faisaient la pluie et le beau temps. Et les rares tentatives pour moraliser, reprendre en main (Joxe) ont à peine été mises en pratique. Ce pouvoir n’est pas démocratique => corruption (vu les restes de la constitution et des lois.).
      Le système judiciaire n’a pas prise car ILS sont leurs outils d’investigation.
      Les faits ce sont EUX (avec les médias maintenant devenus souvent complices) qui les font.

      Avec tout le respect que je dois à l’écrasante majorité de ces fonctionnaires, ils doivent obéir et se taire..
      Ils font et défont et étouffent les scandales.

        +1

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  • Czerny // 28.06.2019 à 08h51

    Quelle est la différence entre un banquier et un oiseau ? L’oiseau ne vole pas tout le temps . Suite a cette mémorable contribution, je retourne me coucher .

      +9

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  • Araok // 29.06.2019 à 10h29

    En fait, et c’est effectivement étrange, tout se passe comme si les autorités politiques et financières avaient intégré dans leurs raisonnements que la capital de la dette ne serait jamais remboursé et que seule la valeur (quasi nulle) des taux d’intérêt importait. Donc pas de problème. Je serais intéressé par la courbe des taux d’assurance des emprunts…

      +1

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