Comme quoi, il fut aussi écouter radio Vatican 🙂
Source : Radio Vatican, 15-12-2016
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Vincent Gelot, chargé de projet à l’Œuvre d’Orient pour le Liban et la Syrie. Il est actuellement à Alep-ouest. Pour écouter son témoignage c’est ici
Transcription :
Vincent GELOT – La situation a pas mal évolué en quelques heures. Ces derniers jours, les bombardements continuaient, jusqu’à ce matin très tôt. À présent, les bombardements se sont tus depuis quelques heures : on en entend de temps en temps mais c’est très épisodique. Aujourd’hui, on n’entendait pas grand-chose donc a priori les gens sont en train de partir de ce qu’on appelait Alep Est. Ils sont en train d’être évacués. Les cessez-le-feu qui étaient annoncés volaient en éclats : les combats s’arrêtaient puis reprenaient.
Manuella AFFEJEE – Vous vous trouvez à Alep Ouest, quelle est la situation ?
VG – La vie a repris à Alep Ouest, les gens sortent, les enfants vont à l’école : la vie continuait déjà pendant la guerre. Mais là, en quelques heures, la vie a repris vraiment de plus belle : les gens sortent, prennent la voiture… Et surtout, les routes se sont ouvertes : tous les barrages qui existaient il y a 48 heures se sont levés, donc aujourd’hui, on avait accès à toute la partie qui était occupée par les rebelles. On peut aller jusqu’à l’aéroport par exemple ; on peut aller dans certains quartiers qui étaient fermés jusqu’ici. C’était assez impressionnant de suivre les gens qui n’avaient pas revu leur maison depuis cinq ans, par exemple. Tous les déplacés de cette zone-là qui avaient quitté la partie Est de la ville pour aller vers l’Ouest, qui revenaient voir l’état de leur maison… maison détruite ou pillée.
MA – On est confronté à deux types de réactions, même dans la rhétorique, dans les mots utilisés : certains parlent de « chute d’Alep », de « mort d’Alep », d’autres parlent de « libération » justement. Comment les événements sont-ils vécus par les habitants que vous côtoyez ?
VGLes gens sont soulagés. Cela fait quatre ans que c’est la guerre, qu’il y a des obus qui tombent des deux côtés. Aujourd’hui, ils peuvent sortir dans la rue sans craindre de recevoir un obus ou un morceau de métal d’une bombe éclatée. Je crois que c’est cela, la première chose. Ensuite, que l’on parle de libération ou que l’on dise que Alep est tombée, les gens ne prennent pas position : ils voulaient juste la paix, c’est tout ce qu’ils demandent. Les gens vivaient dans la terreur. Je suis admiratif de ces Alépins qui ont vécu au quotidien avec la peur de recevoir une bombe et dans des conditions extrêmement difficiles, avec le manque d’électricité, d’eau et aujourd’hui de chauffage pendant l’hiver.
MA – Comment les Alépins envisagent-ils l’avenir à présent ?
VG – J’ai l’impression qu’ici les gens ont vécu dans une logique de survie, donc pendant plusieurs mois, plusieurs années, c’était difficile de se projeter dans l’avenir. On dit que ça s’arrête mais on n’en est pas sûrs, les gens ne savent pas ce qui va arriver ensuite : peut-être que dans quelques heures les bombardements peuvent reprendre. C’est sûr qu’il y a un travail énorme de nettoyage et de reconstruction – reconstruction de la ville et des personnes. Et aussi de réconciliation. C’est un peuple qui a été brisé, les gens sont fatigués.
On dit que c’est la fin des combats mais ce matin, j’étais dans la partie – disons, libérée – de la ville, Alep Est : on voyait l’armée syrienne, l’armée du régime, et puis il y avait aussi des milices iraniennes, des milices du Hezbollah, il y avait le YPG (les Kurdes) qui prenaient position dans la ville. J’avais l’impression qu’on assistait déjà à une partition de Alep. Cela ne signifie pas forcément de belles heures à venir.
MA – Donc la prise de Alep ne signe absolument pas la fin de la guerre, on l’a pas bien compris. Vous êtes logé, si je ne m’abuse, chez les jésuites. C’est bien cela ?
VG – Tout à fait.
MA – J’imagine que vous côtoyez les chrétiens qui sont restés à Alep. Beaucoup sont partis mais il y en a qui sont restés. Quel est l’état d’esprit à l’approche de Noël ?
VG – Noël se prépare un petit peu, on voit des sapins qui poussent un peu partout, des guirlandes… Les gens préparent quand même Noël. Et les gens fêtaient Noël même pendant les années précédentes. Ils sont pris dans leur quotidien : le gasoil, faire chauffer la maison, manger tous les jours.
J’ai posé à quelques Alépins la question de ce que Noël signifiait pour eux : certains me parlaient de résurrection, dans tous les sens du terme. J’étais avec l’évêque maronite, Monseigneur Tobji : l’unique église d’Alep, la cathédrale, a été complètement démolie, le toit est ouvert mais ils vont installer une crèche et célébrer Noël dans les ruines de la cathédrale.
Il y a des symboles forts qui vont se mettre en place pour Noël pour Alep.
Source : Radio Vatican, 15-12-2016

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44 réponses à Interview de Vincent Gelot, chargé de projet à l’Oeuvre d’Orient pour le Liban et la Syrie

Commentaires recommandés

Catalina Le 03 janvier 2017 à 05h48

Béotien,
Décidément, vous ne marchez pas, vous courez !
Il n’y a pas d’état policier en Russie mais en France, on dirait bien que oui, d’autre part, l’état policier par excellence sont les usa où les policiers sont équipés comme si ils avaient devant eux des ennemis mortels et pas des compatriotes.

  1. Pastèque Le 03 janvier 2017 à 01h50
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    une image d’Alep libérée que les medias occidentaux n’ont pas montré à leurs con-citoyens!
    https://pbs.twimg.com/media/C0SikYFWQAACVp3.jpg

    remarquez les drapeaux de 3 leaders qui oeuvrent pour la paix en Syrie. Vladimirovitch, peace maker 🙂
    3 leaders objectivés terroristes ou dictateurs dans nos pays

    pour rappel, croque-mort a défendu en octobre 2016 une motion au conseil de sécurité de l’onu afin d’obtenir un cessez-le-feu en Syrie et particulièrement à Alep(est!), donc in fine la France a eu l’intention de défendre al-qaeda en Syrie, contre l’Armée arabe syrienne..

    ce qui n’implique pas qu’il est préférable de vivre sous la domination de l’État policier russe que de l’État policier français..


  2. etienne Le 03 janvier 2017 à 01h52
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    C’est limite HS, mais Joffrin vient de nous offrir un bel exercice d’idéologie dans son dernier billet:

    http://www.liberation.fr/planete/2017/01/02/la-victoire-des-democratures_1538699

    La thèse est connue: assimiler le modèle occidentalo-américain de “démocratie” (économie de marché + pluralisme politique) au concept de “démocratie” tout court.

    Tous les pays qui ne se rangent pas sous cette catégorie sont qualifiés de “démocratures”, à commencer par la Russie de Poutine et la Turquie d’Erdogan, tous deux alliées au “dictateur” Assad (dont il ne s’agit pas de nier ici le caractère éminemment brutal).

    Par déduction, Joffrin en conclut que la “démocratie” est en recul dans le monde, alors qu’il ne s’agit évidemment que du modèle sus-mentionné.


    • etienne Le 03 janvier 2017 à 01h53
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      Ce concept mou de “démocrature” est étrangement peu documenté par Joffrin, et aurait pour modèle la Russie: “le prototype le plus achevé, mélange de société pluraliste et de tyrannie médiatique, policière et ploutocratique, avec un Etat fort dopé au nationalisme.”

      A part la composante “Etat fort” et le “nationalisme”, qui semblent manifestement les marques indélébiles de la “démocrature” et peuvent être en effet absents des “démocraties” selon Joffrin, deux problèmes de définition se posent:

      -d’une part on voit mal comment une “société pluraliste” peut être taxée de près ou de loin de “dictature”, même demi- ou crypto-, à moins d’en avoir une définition pour le moins extensive.

      -d’autre part en acceptant une telle définition “extensive”, on ne voit pas bien comment cette description ne s’appliquerait pas pleinement aux “démocraties” occidentales, qui ont tout l’air elles aussi de “démocratures”…(“mélange de société pluraliste et de tyrannie médiatique, policière et ploutocratique”).


      • lvzor Le 03 janvier 2017 à 09h38
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        Les “young leaders” n’appellent “démocraties” que les pays gouvernés par des gens qui pensent comme eux, même s’ils représentent moins de 10% des citoyens.


    • tepavac Le 03 janvier 2017 à 08h40
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      Il a bien du toupet ce Joffrin, de parler “du respect de la démocratie” pour imposer sa vision du monde;

      En France, 2010, plusieurs mois de manifestations sociale d’ampleurs inégalées, grèves à répétitions contre le projet de loi sur les retraites. Résultat, nada et un Sarko rigolard.
      2005, référendum sur Mastritch, résultat, Lisbonne.

      Grece, Espagne ….

      Syrie, manifestations, contre manifestation monstres et élection Présidentielle, encore une fois Joffrin choisi les minorités contre la majorité et participe activement à l’idée de fournir des armes aux mécontents d’un pays qui n’est pas le sien…..

      Il ajoute avec sérieux que c’est la démocratie qui a vaincu le nazisme.
      Oui bien sur c’est les bulletins de vote organisé par le III reich qui ont permit la victoire contre la guerre mondiale. Résultat,
      L’emblème de l’Otan est le même que celui présenté par Halstein à Hitler en 41…

      Que dire de toutes ces logorrhées, sinon que les nazis l’a rêvé et Joffrin et ses copains l’ont réalisé….


      • Jean-Paul B. Le 03 janvier 2017 à 14h59
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        Les joffrins ça ose tout c’est à ça qu’on les reconnait!
        Pcc. Michel Audiard


    • Raoul Le 03 janvier 2017 à 11h55
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      Il a raison Joffrin : quelle injustice ! Des « démocratures » arrivent à mettre en œuvre un cessez-le-feu en Syrie, et nos merveilleuses « démocraties », si soucieuses de paix, ont été mises à l’écart. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de notre côté d’apporter la paix, par exemple en Afghanistan, en Irak ou en Libye, tous pays qui ont bénéficié directement de nos délicates attentions.

      Il est certain qu’avec un pareil CV, nous étions pourtant les mieux placés pour organiser un cessez-le-feu. Le pyromane qui se veut pompier, en quelque sorte.

      Sérieusement, Joffrin croit-il une minute à ce qu’il écrit ?


    • LS Le 03 janvier 2017 à 14h34
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      @etienne, bien résumé.
      Je proposerais néanmoins la typologie suivante pour “démocratie” :
      (économie de marché dirigée + intermédiation technocratique dirigiste) dans nos systèmes politiques (impériaux? aristocratiques? collusifs? autres?),
      (économie de marché dirigée + intermédiation politique dirigiste pluraliste) dans une république,
      (économie de marché non dirigée + état de droit technocratique) dans le libéralisme,
      (économie collectiviste + intermédiation technocratique dirigiste) dans les systèmes communistes, avant l’avènement de “l’homme nouveau”,
      (économie de marché ou collectiviste + pas d’intermédiation) dans une démocratie (sans ” “).

      Les niveaux de dirigismes et d’intermédiations pouvant être variés.
      Tous ces régimes se réclament “démocratique”. A ce niveau, ce n’est plus de la polysémie, c’est du gloubiboulga.


    • Soizic Le 03 janvier 2017 à 15h17
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      Etienne
      Où allez-vous donc pêcher que Erdogan est l’allié de El Assad?
      Si vous vous informiez, vous sauriez que c’est tout l’inverse et qu’il n’a jamais caché vouloir démettre le président de la Syrie. Pour ce faire il n’a jamais non plus lésiné sur son aide aux “rebelles”, et même à Daech. C’est archi-connu.


      • etienne Le 03 janvier 2017 à 17h52
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        La priorité d’Erdogan est d’empêcher avant tout la création d’un grand Kurdistan autonome.
        Il est resté longtemps effectivement l’allié objectif et passif de la rébellion, y compris Daesh, en laissant passer armes et toutes sortes de trafics, pensant défendre à la fois un Islam sunnite, contrer l’Iran et profiter du chaos pour en tirer ses billes (l’argent du pétrole), et régler la question kurde en interne par la répression.
        Contribuer à une situation de tension en Syrie voisine en mettant de l’huile sur le feu permettait aussi de justifier une dérive autocratique de répression de toute forme d’opposition interne: mais ce petit jeu a aussi ses limites.

        Son accord avec la Russie montre qu’il a pris conscience que la déstabilisation de la Syrie était finalement dangereuse pour la Turquie elle-même, profitant à la fois aux rebelles kurdes et à l’EIIL qui s’est mise aussi à multiplier les attentats sur le territoire turc (50 attaques et plus de 400 morts depuis juin 2015).
        C’est excessif de dire que Erdogan est devenu l'”allié” d’Assad, mais il n’empêche qu’on assiste bel et bien à un revirement à 180° de la politique d’Erdogan, pour des raisons de realpolitik: on n’a absolument pas entendu Ankara protester lorsque Alep a été reprise par Assad et la Russie, et la coopération avec les russes est devenue subitement très étroite.


    • Alfred Le 03 janvier 2017 à 22h23
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      Sincèrement je ne comprends même pas que quiconque puisse perdre son temps à lire ce type, encore moins à le commenter. Il y a rien à attendre ni rien à apprendre de ce type et de bien d’autres. Je peux d’ores et déjà écrire ce qu’il dira dans tous les cas de figure pour tout le temps qu’il lui reste à vivre.
      Il suffit de se placer du côté du manche.


    • NICOLE DE NICOMAQUE Le 04 janvier 2017 à 00h59
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      Ce qui est bizarre, c’est que M.Joffrin après avoir regretté toutes sortes de choses dans son article sur le site de Libération, ne fait aucune analyse des raisons de l’émergence de ces “régimes forts ” ou dits ” nationalistes ” sans qu’il n’y mette dedans, dans ce sac, les gouvernements Bush Père & fils, par une étrangeté dont il a le secret. N’est-il pourtant pas journaliste ? N’est-ce pas à lui de faire des hypothèses de travail et d’explications plausibles en recoupant les faits et en les vérifiant ? N’est-ce pas à lui de tenter de trouver pourquoi il y a militarisation des Etats via les Etats d’Urgence, comme ici , en France ou pourquoi la police est habillée en Robocops futuristes aux USA en prenant les trois quarts de sa population pour un ennemi potentiel ? Une population vue comme un ” ennemi intérieur ” et qui n’aurait pas le droit de vivre là où elle est née..


      • NICOLE DE NICOMAQUE Le 04 janvier 2017 à 01h00
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        Pourquoi la militarisation des gouvernements en 2017 plutôt que la coopération pacifique ? M.Joffrin ne répond pas. Il voit le mal partout mais n’observe pas la poutre qu’il a dans son œil, un pieu qui doit pourtant le faire gravement souffrir. La fin de son article est édifiant car toute sa liste de regrets impuissants, libres et faussés, n’est là que pour en arriver à une seule conclusion. Celle à propos des dits “démocrates” au sein du peuple français qu’il appelle, lui, monsieur Joffrin à se ressaisir : ” Il est temps qu’ils soutiennent la réforme de l’Europe au lieu de discréditer l’Union “.Nous ne saurons jamais rien de ce qu’il entend, lui, Monsieur Joffrin de la dite ” Réforme de l’Europe ” –


        • NICOLE DE NICOMAQUE Le 04 janvier 2017 à 01h01
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          Aucune information ne nous sera donnée dans le corps de l’article. Et rien non plus n’aura été dit sur le soutien actif, militaire et financier, du gouvernement français – que ce soit sous monsieur Nicolas Sarkozy ou monsieur François Hollande – vis à vis des différentes rébellions jihadistes les plus meurtrières, que ce soit en Libye ou en Syrie. Le changement d’alliance militaire plutôt soudain du gouvernement français après l’arrivée sur le théâtre d’opération de l’armée Russe, n’a pas l’air non plus d’interroger monsieur Joffrin qui aime rien moins tant que de se raconter un conte de Noël à dormir debout. C’est ce conte là que de plus en plus de Français rejettent car ils savent qu’il est en bonne partie, faux. Ce qui les agace au plus haut point, c’est qu’on leur raconte la même histoire romancée hors de la réalité crue, une histoire artificielle et trouée par le mensonge.


          • NICOLE DE NICOMAQUE Le 04 janvier 2017 à 01h01
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            Que n’ont pas fait le gouvernement actuel et les médias officiels pour nous marier idéologiquement avec les clones de Daesh en Syrie ! Nous avons dit Non, Non, Non et non pas Niet! Niet! Niet ! – Sommes-nous pour autant, sous le prétexte d’avoir refusé l’intoxication générale, une ” cinquième colonne ” comme semble l’affirmer M.Joffrin dans son article ? Il l’écrit, il en a le droit. Est-ce pour autant exact ?


    • Olivier P. Le 04 janvier 2017 à 09h38
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      Malgré tout ,Joffrin est prêt à suivre Macron qui annonce que la démocratie est un concept dépassé.
      Tout est bon pour ne pas renoncer au vieux slogan de libé, après le virage de 83, ” vive la crise ”
      La doctrine de la globalisation libérale ne doit pas être remise en cause, à tout prix !


  3. BEOTIEN Le 03 janvier 2017 à 03h34
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    “ce qui n’implique pas qu’il est préférable de vivre sous la domination de l’État policier russe que de l’État policier français..”

    Implique d’autant moins que… y a quand même une différence entre être journaliste licencié et… tué !


  4. Catalina Le 03 janvier 2017 à 05h48
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    Béotien,
    Décidément, vous ne marchez pas, vous courez !
    Il n’y a pas d’état policier en Russie mais en France, on dirait bien que oui, d’autre part, l’état policier par excellence sont les usa où les policiers sont équipés comme si ils avaient devant eux des ennemis mortels et pas des compatriotes.


    • Jack Le 03 janvier 2017 à 13h03
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      Les amis français de Poutine me font penser à ces thuriféraires du libéralisme US qui n’en finissaient plus de nous vendre ce merveilleux modèle… tout en restant le cul bien à l’abri en France.
      Il y a “état policier” et “état policier”. Des journalistes qui font encore leur travail comme Denis Robert ou Patrice Arfi n’auraient pas pu travailler en Russie comme en France. Ici, on leur a “juste” pourri la vie de bien des façons. En Russie, ils ne seraient pas allés au bout de leurs enquêtes…


      • Asian Le 03 janvier 2017 à 13h19
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        Moi aussi, je me demande pourquoi Poutine n’a toujours pas fermé”Écho de Moscou”…


      • Ratchadamri Le 03 janvier 2017 à 13h29
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        “les amis français de Poutine” – intéressant, donc chaque fois quand quelqu’un essaie de modérer les slogans idéologiques criards comme “état policier”, il est tout de suite taxé d’être un ami de Poutine. Soit…
        En France on peut pourrir la vie d’un journaliste en lui laissant la vie sauve, soit …
        Mais dans certains états que la France soutien bec et ongles, la vie d’un journaliste ne vaut pas grand chose, même pas un article digne de ce nom dans la presse officielle française. Je parle d’Oles Buzina en Ukraine, un journaliste connu et reconnu qui a été assassiné le 16 avril 2015 à Kiev.


      • Ratchadamri Le 03 janvier 2017 à 13h58
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        Je me permets de vous adresser encore un commentaire concernant l’insécurité journalistique en Russie: le grand exemple classique – Anna Politkovskaya (que j’admire beaucoup). Il est convenu dans la presse officielle de désigner Poutine en tant que responsable de sa mort (ou presque commanditaire), en tout cas, le mot vague « Kremlin » est toujours utilisé.
        Je me suis paluché tous les archives de presse de cette immense journaliste au moins pour comprendre
        Voici ce que j’en ai conclu :
        – Vu le ton, le contenu et les personnalités visées (et nommées), Anna Politkovskaya n’aurait pas pu travailler en France plus de quelques mois, et encore je suis large, on l’aurait dégagée de la presse visible et audible beaucoup plus tôt
        – Elle ne parle pas de Poutine, ni de « Kremlin » dans ses investigations. Elle est beaucoup plus précise que ça. Elle vise principalement le ministère de la Défense, certains généraux en charge des opérations (militaires, logistiques, matériels) pendant la guerre de Tchétchénie. Elle vise également certains responsables tchétchènes, et tout ça directement et nominativement, sans formes arrondies que prennent les journalistes français même dans leurs investigations. Il est donc fort probable, que ce n’est pas au niveau de « Kremlin » que le commanditaire se trouve.
        – Les enfants d’Anna vivent toujours en Russie, et pourtant ils auraient pu carrément gagner leurs vies en Occident en vendant les interviews anti-Poutine, tellement c’est est porteur en ce moment.


        • Jack Le 03 janvier 2017 à 18h11
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          Ou Poutine est responsable de ces crimes, ou il ne contrôle pas ce qui se passe dans son propre pays. Ce qui laisserait penser que rien n’a changé en Russie depuis l’ère mafieuse Brejnev. Dans les 2 cas, c’est grave.
          Les gens qui expliquent à longueur de lignes qu’ils ne sont pas des soutiens de Poutine ou d’Assad alors que le moindre de leur propos indique le contraire devraient au moins avoir le courage de leurs opinions. Poutine n’est pas plus pourri qu’un Chirac et on a le droit de penser que mettre la sécurité de la France entre les mains d’un Assad est une chose intelligente à faire…


          • Ratchadamri Le 03 janvier 2017 à 19h05
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            “Ou Poutine est responsable de ces crimes ou il ne contrôle pas ce qui se passe dans son propre pays” Si je pousse votre idée plus loin, le président français est responsable du crime commis à la rédaction de Charlie Hebdo, ou il ne contrôle rien dans son pays. Parce que c’est de ça dont on parle. Par exemple A.Politkovskaya avait le courage qu’on peut qualifier de suicidaire de dénoncer les faits d’une extrême gravité au moment des faits, et pas 10 ou 15 ans après quand la sensibilité de l’opinion publique n’est pas du tout la même. Et il y avait des journaux courageux qui n’avaient pas peur de publier ses articles. Et il y avait des gens en plein pouvoir et en postes sensibles qui étaient mis en cause par ces articles. D’ici à dire que le président du pays doit pouvoir contrôler tout ce qui se passe au niveau individuel, notamment la sécurité individuelle des journalistes … Vous savez bien que ce n’est pas réaliste et ne peut pas être mis en place : illustration – Charli Hebdo. Tout le reste est juste une polémique stérile.


            • PierreH Le 04 janvier 2017 à 16h13
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              Une remarque tout à fait pertinente… On pourra cependant ajouter que les tueurs de Charlie Hebdo ont été identifiés, alors que je ne connais pas l’identité des assassins de Politovskaia (peut-être suis-je mal informé).
              On pourrait s’attendre d’un état qui fonctionne bien qu’il arrive à retrouver le commanditaire, surtout s’il s’agit de généraux pourris. Sinon on peut en effet suspecter une structure mafieuse assez malsaine intégrée dans l’appareil d’état (sans que ce soit forcément la preuve qu’elle implique Vladimir Poutine). Celà dit je suis sûr qu’en cherchant un peu on pourra trouver un cas similaire non résolu en France, du coup on pourra continuer à dire que c’est pareil partout, c’est un peu le problème des exemples.

              La seule chose que je sais pour en avoir parlé avec un certain nombre de russes, c’est que l’agent de police lambda en Russie est bien plus corrompu que son homologue français et couvert pas sa hierarchie. C’est quelque chose de très pesant au quotidien que la majeure partie des commentateurs du blog supporterait très mal et qui énerve un certain nombre de russes. Il n’ent tiennent pas excessivement rigueur à leur président parce qu’il savent qu’il n’est pas la source du phénomène mais nombreux sont ceux qui commencent à trouver qu’il faudrait faire quelque chose.


            • PierreH Le 04 janvier 2017 à 16h20
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              Après il y a les adeptes du “oui mais c’est pas parfait chez nous donc rien à dire”. Je n’ai jamais bien compris pourquoi on ne pourrait pas voir la réalité en face chez nous comme chez les autres. Il existe nombre d’enquêtes sur le pouvoir en Russie et même si elles sont partiales elles ne me semblent pas s’appuyer que sur des affabulations et une hallucination collective gigantesque…

              Remarque à la modération: même si je ne peux comprendre le raisonnement derrière la limite en taille des messages, elle me semble singulièrement courte. Comme d’autres commentateurs, j’ai donc divisé mon message en deux parties ce qui diminue la lisibilité et fluidité de lecture (à mon avis). Sans vouloir être trop polémique, nombre de “longs messages” sur les archives des crises développent des raisonnements intéressants qui enrichissent la réflexion. Comme d’autres j’imagine je viens ici pour chercher des contributions développées et argumentées (donc longues pour certaines). Je comprends celà dit que la limite actuelle allège le travail des modérateurs bénévoles…


          • Ratchadamri Le 03 janvier 2017 à 19h15
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            Avoir le courage d’avoir une opinion c’est une chose. Cela n’implique pas qu’on accepte de se faire estampiller de noms d’oiseaux. Même dans l’espace de discussion virtuel c’est une question du respect mutuel.


      • lvzor Le 03 janvier 2017 à 17h41
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        “Les amis français de Poutine me font penser à ces thuriféraires du libéralisme US qui n’en finissaient plus de nous vendre ce merveilleux modèle… tout en restant le cul bien à l’abri en France.”

        La Russie est un enfer, c’est pour ça que 80% des Russes soutiennent Poutine. La France est un Paradis, c’est pour ça que 4% des Français soutiennent Hollande. Les peuples sont masos, c’est pour ça que les gouvernants européens, à la suite de l’UE et de l’OTAN, se sentent missionnés pour rectifier leurs votes. J’ai bon?

        …par ailleurs les US ne sont pas un Etat policier, c’est pour ça que la police n’a pas fait plus de 1000 exécutions sommaires en 2015.

        https://www.theguardian.com/us-news/2015/nov/16/the-counted-killed-by-police-1000


  5. DUGUESCLIN Le 03 janvier 2017 à 07h34
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    Ceux que nous appelons “rebelles”, sont avant tout des bandes armées venues de tous les coins du monde, qui pratiquent le racket, le pillage, des trafics de toute sorte y compris sexuel, qui sèment la terreur, pratiquent des mutilations, des enlèvements pour soumettre les populations à leurs lois de grands bandits. Ce sont des parasites, qui vivent sur le dos des autres, ils ne construisent pas, ne créent rien, ils font un métier horrible. Ce sont des mercenaires subventionnés par des forces étrangères, utilisant le fanatisme de certains, mais dont beaucoup en font un métier.
    Ces bandes armées sont des délinquants. Pour assurer la paix citoyenne, il faut des policiers pour les arrêter. Le peuple citoyen ne peut qu’espérer que l’état en finisse avec ces antisociaux qui s’imposent selon les méthodes du grand banditisme.

    Ceci est une façon de proposer un autre point de vue (à discuter) que celui de la sempiternelle “rébellion”.


  6. Alain Cavaillé Le 03 janvier 2017 à 11h07
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    C’est ahurissant…on dirait bien que les français ont été décérébrés, lobotomisés. Ils ne cherchent même pas à s’informer, comprendre la réalité géopolitique de ce qui est arrivé avec Daech. Ils ne parviennent pas à croire, ne veulent pas croire, alors que même Clinton l’a avoué, que toute cette chienlit a été montée de toutes pièces par les USA et ses alliés de l’Europe.
    C’est triste, car in fine, ils ne comprennent pas que le mot “démocratie” est en fait désormais “DICTATURE MONDIALISTE” !


  7. christian gedeon Le 03 janvier 2017 à 11h12
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    Euh….l’unique église d’Alep la cathédrale???peut-être une erreur de traduction,peut être une mésinformation…il y a des dizaines d’églises à Alep,dont un certain nombre a été détruit..qu’est ce que c’est que cette carabistouille de la “cathédrale,unique église d’Alep”?Pour le reste,la “rébellion ” est une autre carabistouille,et maintenant,çà se sait.Et de plus en plus.


    • Feubeuh Le 03 janvier 2017 à 13h56
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      probablement l’unique eglise maronite d’alep.


      • christian gedeon Le 03 janvier 2017 à 14h24
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        Même pas….et c’est un réel problème.les chrétiens étaient plus de trois cent mille à Alep avant les agressions islamistes.


        • Feubeuh Le 03 janvier 2017 à 15h46
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          tss tss

          Célébrez-vous encore des messes à Alep ?
          Bien sûr, mais nous n’avons plus d’églises car notre Cathédrale et notre paroisse ont été endommagées ; elles n’ont plus de toits et sont très abîmées. Pour l’instant nous célébrons la messe à l’évêché dans une petite chapelle qui peut contenir 75 personnes. Nous devons organiser plusieurs messes par jour pour que tout le monde puissent venir, et lors des grandes fêtes ce sont les sœurs franciscaines qui nous accueillent.
          Récemment nous avons acheté un garage pour célébrer les messes, dans un endroit plus protégé… (il a subi seulement 20 tirs de mortiers !) Nous allons aussi construire une grande chapelle qui pourra contenir 200 personnes.

          27/09/2016
          http://www.oeuvre-orient.fr/2016/09/27/la-croix-que-nous-vivons-est-une-vraie-croix-mais-aussi-une-grace-mgr-tobji-archeveque-maronite-dalep-en-syrie/


          • christian gedeon Le 03 janvier 2017 à 18h16
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            ben voilà…çà répond bien à mon interrogation… et en passant je suis marouné aussi,et j’ai bien connu Alep en d’autres temps. Bon courage.


            • Feubeuh Le 03 janvier 2017 à 20h59
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              En parlant d’interrogation et de la carabistouille avec la soi disante “la rebellion”, incluez vous dans cette “pseudo” rebellion les groupes avec lesquels la Russie et la Turquie ont signé un cessez le feu ?

              J’avoue humblement ne plus comprendre votre raisonnement.


  8. Jean-Paul B. Le 03 janvier 2017 à 15h27
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    Rappelons à M. Joffrin et à ses semblables de simples faits mais têtus:
    – les barbares, qu’ils soutiennent (Front Al Nosra en clair Al Qaida, jumeau de Daech), armés par nos démocrates humanistes, se réclamant à tort ou à raison du Coran, ont pour projet entre autres d’éradiquer ces chrétiens des terres qu’ils disent être musulmanes.
    – Ces mêmes chrétiens ont été et sont encore protégés par les “horribles dictateurs” (hier Saddam Hussein) aujourd’hui Bachar El Assad et ses alliés.
    – Mais pour ces tartuffes des médias convaincus, qu’ils ont pour mission d’éclairer l’opinion, veulent nous convaincre que l’horreur c’est Poutine qui combat vraiment les barbares et non les USA et l’OTAN qui eux les arment.


    • NICOLE DE NICOMAQUE Le 04 janvier 2017 à 01h14
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      Hier en Turquie, Daesh a assassiné 80 Musulmans à l’entrée d’une discothèque. Ne l’oublions pas! Il me semble que c’est moins parce que pour certains fanatiques, la danse et la musique sont considérées comme étant soi-disant “haram” , que parce que monsieur Erdogan les a soudainement et militairement lâché quand il n’a pas retourné son armée contre eux au vu de la catastrophe qui s’annonçait sur les différents théâtres d’opération.


  9. Julie Le 03 janvier 2017 à 16h30
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    eh oui, les abonnés au monde.fr ne lisent pas les crises
    http://www.lemonde.fr/syrie/reactions/2017/01/02/syrie-des-rebelles-gelent-toute-discussion-en-vue-des-pourparlers-de-paix_5056737_1618247.html
    rien dans les commentaires sur l’info donnée le 22/12 avec lien vers le site des “rebelles” qui se vantaient d’avoir empoisonné l’eau du wadi barada avec du diesel


    • Pastèque Le 03 janvier 2017 à 21h53
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      le pire c’est que les abonnés du monde.fr sont certains d’avoir la vérité délivrée par leurs télégraphistes préférés 🙂
      ‘nous’, on a la narrative mainstream, alignée sur l’otan, la cia, toussa toussa
      et d’autres narratives, dont celles qui sont relayées sur les-crises.fr

      on peut quasiment faire un choix, qui n’implique que notre conscience, mais c’est presque tout ce qu’il nous reste dans nos sociétés ‘froides’..


      • NICOLE DE NICOMAQUE Le 04 janvier 2017 à 01h22
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        C’est déjà beaucoup de pouvoir se faire une idée ! hier on appelait ça le journalisme avec la neutralité professionnelle d’usage. Depuis Timosoara, les mêmes n’ont toujours rien compris, à chaque fois, ils répètent ce que leur dit de dire le Quai d’Orsay. Ils sont pathétiques. Ce sont des prescripteurs de vérités frelatées et non plus des Journalistes, au sens premier d’Albert Londres.

        Mais voilà que certaines sommités se réveillent après cinq années de guerre ignoble : Jean François Kahn, sur Marianne.

        ” Concernant la Syrie, une vision, purement idéologique, s’est substituée à la prise en compte objective d’une situation qui échappait totalement au confort intellectuel d’un tel schématisme binaire. ”

        Titre de l’article : ” Syrie, une victime de plus : la crédibilité médiatique “.
        Ici :
        http://www.marianne.net/syrie-victime-plus-credibilite-mediatique-100248961.html


  10. etienne Le 03 janvier 2017 à 18h05
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    Comment 13 ans après le discours de Villepin à l’ONU, la France est devenue le leader des néocons dans le monde (ceux qui prétendent faire la “guerre” au terrorisme et la gagner)?

    Interview Villepin/Debray sur France Culture (16/12/16):

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du-soir/guerre-et-paix-dans-le-monde


  11. peyo Le 03 janvier 2017 à 18h29
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    Un seul but à atteindre, la paix. Je suis de tout coeur avec les habitants d’Alep.


  12. juliettedesesprits Le 05 janvier 2017 à 11h12
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    Je conseille une visite sur le site ” Observatoire des neocons ” très bien documenté sur la manipulation subtile et perverse de l’information pratiquée entr’autre par Mr L. Joffrin. Vous y trouverez aussi d’autres stars médiatiques…très douées pour cette pratique.


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