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20.juillet.202020.7.2020 // Les Crises

L’Allemagne consternée alors que Wirecard devient « l’Enron allemand »

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Source : The Telegraph,
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Les autorités de régulation ont ignoré les signaux d’alerte et se sont mobilisées pour protéger une rare réussite allemande dans le numérique

« Le dernier endroit où nous nous attendions à ce qu’une telle chose se produise, c’est l’Allemagne », a déclaré Peter Altmaier, le ministre allemand de l’économie.

La chute spectaculaire de Wirecard, le géant des paiements en ligne qui était le grand espoir de l’économie numérique allemande, a plongé le monde financier du pays dans un profond désespoir.

Markus Braun, l’ancien directeur général, qui a été félicité pour avoir redressé l’entreprise, est accusé d’avoir commis une infraction passible d’une peine de prison pouvant atteindre 7 années.

Les régulateurs allemands ont admis que toute l’affaire était un « désastre complet », et le magazine Spiegel l’a décrite comme la version nationale du scandale Enron.

Pourtant, malgré les protestations de M. Altmaier, les signaux d’alerte étaient là bien avant que Wirecard admette que 1,9 milliard d’euros de son bilan n’ont probablement jamais existé – mais les régulateurs allemands ont choisi de fermer les yeux.

Et loin d’être impensable en Allemagne, la débâcle de Wirecard n’est que le plus récent d’une série de scandales qui ont réduit à l’état de lointain souvenir la réputation du pays en matière de probité financière et de bonnes relations d’affaires.

Les signes étaient là dès janvier de l’année dernière, lorsque le Financial Times a publié le premier d’une série de rapports sur de possibles irrégularités financières dans les transactions asiatiques de Wirecard.

Le cours de l’action de Wirecard a chuté de 21 points, mais plutôt que de prendre ces accusations au sérieux, la BaFin, le régulateur financier allemand, a choisi d’ouvrir une enquête contre les journalistes du Financial Times, soupçonnés de manipulation du marché. Le FT a rejeté les accusations comme étant « sans fondement et mensongères ». « Il s’agit d’un écran de fumée destiné à masquer les graves illégularités révélées par le FT », avait déclaré celui-ci à l’époque.

Et au lieu de vérifier le bilan de Wirecard, la BaFin a décidé de protéger la société en imposant une interdiction de vente à découvert de ses actions.

Les problèmes de Wirecard surviennent alors que le financement de la fintech tombe à son plus bas niveau.

Le financement mondial trimestriel de la fintech est assuré par du capital-risque et nombre de transactions

Les 2e trimestres 2016 et 2018 ont connu une forte hausse en raison des très gros investissements réalisés par Ant Financial

« Le fait que non seulement les spéculateurs, mais surtout le Financial Times de Londres, aient été agressifs à l’encontre de Wirecard a provoqué un réflexe patriotique du côté allemand », a écrit le Spiegel dans un éditorial cette semaine.

« Certains ont parfois semblé perdre leur sang-froid professionnel dans le duel entre Londres et Francfort. »

L’accusation était tout aussi vraie concernant la presse allemande que concernant les régulateurs. Alors que le Frankfurter Allgemeine Zeitung a qualifié les transactions de Wirecard de « trahison » cette semaine, et que le Handelsblatt les a comparées aux faux journaux d’Hitler, aucune publication allemande dominante ne s’est sérieusement penchée l’année dernière sur les accusations du FT.

Au contraire, la presse allemande a joyeusement imprimé des accusations non fondées divulguées par les régulateurs, dénonçant un des journalistes sous enquête et affirmant que des reporters britanniques s’étaient vu offrir 1 million d’euros (900 000 livres sterling) en pots-de-vin pour publier des rapports négatifs sur Wirecard.

Il y a deux mois seulement, sharedeals.de, un site boursier allemand, a publié un éditorial sous le titre : « Wirecard : une débâcle pour le Financial Times. »

Cette semaine, le ton de la presse et des politiciens a changé. « Qui a vérifié les châteaux en Espagne de Markus Braun ? Qui a décidé de laisser le FT dans le pétrin plutôt que d’enquêter correctement sur les accusations de transactions inappropriées avec des tiers ? » a demandé le Handelsblatt dans un éditorial.

« Le ministère des finances et la BaFin ont des explications à donner », a déclaré Florian Toncar, un député du parti démocrate libre (FDP), favorable aux entreprises.

« Si Wirecard et ses cadres supérieurs sont activement impliqués dans des fraudes, alors, tant l’audit que les éventuelles défaillances de la BaFin doivent être soumis à un examen minutieux », a déclaré Danyal Bayaz du Parti Vert.

Pourtant, lundi encore, Olaf Scholz, le ministre allemand des finances, essayait de défendre la façon dont la BaFin avait géré l’affaire.

« Les autorités de contrôle ont travaillé très dur », a-t-il déclaré à la presse allemande. « Elles ont fait leur travail ».

Vingt-quatre heures plus tard, M. Scholz a été contraint de faire une volte-face humiliante. « Les auditeurs et les régulateurs ne semblent pas avoir été efficaces dans ce cas », a-t-il déclaré. « La BaFin a déjà admis ses erreurs. Celles-ci doivent être identifiées et corrigées le plus rapidement possible. »

Felix Hufeld, le chef de la BaFin, a décrit la débâcle comme « une honte pour l’Allemagne » et a accepté d’en assumer la responsabilité. Il devra faire face à la commission des finances du Bundestag dans les prochains jours, et son poste est menacé.

« L’Allemagne a une bonne réputation en matière de services financiers », a déclaré M. Altmaier cette semaine. « Nous ne devons pas permettre à des entreprises individuelles de détruire la réputation de toute une industrie. »

Mais la vérité est que l’affaire Wirecard est loin d’être un cas isolé dans l’histoire récente des affaires allemandes. Elle survient moins de cinq ans après que le scandale des émissions du Dieselgate a mis en lambeaux la réputation des constructeurs automobiles allemands.

Pendant des années, le monde a cru que les marques allemandes avaient fait des progrès technologiques qui permettaient de faire fonctionner des voitures diesel propres avec des émissions étonnamment faibles à des prix abordables.

Mais en 2015, on s’est aperçu que la véritable technologie qui se cachait derrière ces progrès était le « dispositif de neutralisation » : un logiciel qui permettait aux voitures de tricher lors des tests d’émissions. Le scandale initial concernait Volkswagen et ses marques sœurs Audi et Porsche, mais les marques Daimler et BMW, propriétaires de Mercedes, ont depuis lors été accablées de poursuites judiciaires.

Le secteur bancaire allemand n’est pas non plus à l’abri d’un scandale. La Deutsche Bank est actuellement impliquée dans un litige devant la Cour suprême des États-Unis concernant les tentatives du Congrès pour la forcer à divulguer des informations sur les finances de Donald Trump.

La Deutsche était prête à prêter à M. Trump des centaines de millions de dollars à un moment où aucune autre grande institution ne voulait le faire – une démarche désormais considérée comme faisant partie d’une approche très risquée qui a laissé la banque dans une situation précaire.

La BaFin n’a pas non plus été épargnée par la controverse. En tant que régulateur, elle a fait ses preuves en matière d’élans patriotiques. En 2016, elle a tenté de bloquer le projet de fusion de 24 milliards de livres sterling entre la Bourse de Londres et la Deutsche Börse parce qu’elle refusait que le nouveau siège social se situe à Londres.

La fusion a finalement été bloquée par la Commission européenne au motif qu’elle créerait un monopole. Mais cela n’a pas empêché la BaFin de s’en prendre à Carsten Kengeter, le chef de la Deutsche Börse, qu’elle a accusé de délit d’initié et d’avoir acheté des actions à la bourse lorsqu’il a eu connaissance du projet de fusion.

M. Kengeter a nié ces accusations mais a été contraint de se rétracter. L’enquête menée contre lui a finalement échoué à la suite d’un accord qui l’a vu, ainsi que la Deutsche Börse, payer des amendes mais ne reconnaître aucune culpabilité et ne faire face à aucune accusation pénale.

L’affaire Wirecard n’est peut-être pas sortie de nulle part, mais elle a porté un coup fatal à la confiance envers les entreprises allemandes. « Quelle opportunité cela aurait été : enfin un acteur mondial allemand qui ne soit pas issu de l’industrie automobile ou de la construction mécanique. Un acteur qui représente l’Allemagne dans une industrie tournée vers l’avenir au niveau mondial, en plein cœur du capitalisme numérique », a écrit le Spiegel cette semaine.

Voilà ce que Wirecard aurait pu être pour l’Allemagne. Aujourd’hui, ce nom n’est plus porteur d’espoir. Il est synonyme de honte. »

Source : The Telegraph,


L’ancien PDG de Wirecard est libéré sous caution en raison du scandale de la disparition de milliards de dollars

L’ancien directeur général de Wirecard, fournisseur du système de paiement allemand qui a fait l’objet d’un scandale, a été libéré sous caution après son arrestation lundi soir.

Markus Braun, qui a démissionné de son poste de PDG vendredi, s’est rendu à la police peu après qu’un mandat d’arrêt ait été émis par les procureurs de Munich.

Les enquêtes se sont concentrées sur les 1,9 milliard d’euros qui, selon les auditeurs d’Ernst & Young, ont disparu des comptes du cabinet la semaine dernière. Lundi, Wirecard a déclaré qu’il était probable que l’argent n’existe pas.

Braun a été arrêté parce qu’il est soupçonné de déclarations de données incorrectes et de manipulation du marché.

Dans une déclaration, les procureurs ont indiqué qu’il est accusé d’avoir gonflé le bilan et les revenus de la société, « éventuellement en collaboration avec d’autres contrevenants », afin de « présenter la société comme financièrement plus solide et plus alléchante pour les investisseurs et les clients ».

Mardi, l’ancien PDG a quitté un centre de détention de Munich après avoir versé une caution de 5 millions d’euros. Il devra se présenter chaque semaine à la police.

La recherche des milliards manquants a abouti à une impasse dimanche, après que deux banques philippines, qui étaient sensées détenir l’argent sur des comptes bloqués (où une tierce partie reçoit et débourse de l’argent), ont déclaré n’avoir aucune relation avec Wirecard.

« Le conseil d’administration de Wirecard estime, sur la base d’un examen plus approfondi, qu’il y a une forte probabilité que les soldes des comptes bancaires fiduciaires d’un montant de 1,9 milliard d’euros n’existent pas », a déclaré lundi Wirecast.

Wirecard était naguère considéré comme la coqueluche du secteur technologique financier en pleine croissance et avait étendu sa présence en Asie et en Amérique du Nord.

Mais la société a fait l’objet de multiples rapports du Financial Times concernant des irrégularités comptables dans ses opérations en Asie. Wirecard conteste ces rapports, qui remontent à février 2019.

Lundi, dans l’après-midi, les actions ont chuté de 44,9 % à Francfort après l’annonce du trou financier.

Moody’s Investors Service a retiré lundi les notations de Wirecard, déclarant qu’il « estime avoir des informations insuffisantes ou inadéquates pour justifier le maintien des notations. »

Pour maintenir l’entreprise à flot, Wirecard a déclaré qu’elle poursuivait des « discussions constructives » avec les banques sur le maintien des lignes de crédit, et qu’elle « évaluait les options pour une stratégie de financement durable pour l’entreprise. »

L’entreprise a déclaré qu’elle examinait également des mesures visant à restructurer et à céder des unités commerciales.

Source : Euronews, Pascale Davies & Alasdair Sandford


Wirecard : le scandale financier allemand tourne au roman d’espionnage

Source : Le Quotidien Luxembourgeois

Le scandale financier de la société allemande Wirecard tourne au roman d’espionnage : l’homme d’affaires au centre du scandale, un Autrichien en fuite, est soupçonné de liens avec divers services de renseignement et a soigneusement effacé ses traces.

Cet homme, Jan Marsalek, a refusé à ce jour de se livrer à la justice allemande qui a délivré un mandat d’arrêt contre lui pour fraude et falsification de bilan. Ancien directeur des opérations du prestataire de paiements en ligne, il est soupçonné d’être mêlé à l’un des plus grands séismes boursiers de l’histoire allemande, avec la découverte le mois dernier de comptes fictifs à hauteur de 1,9 milliards d’euros censés appartenir à Wirecard aux Philippines et sous la responsabilité de l’homme d’affaires aujourd’hui volatilisé.

Désormais, pratiquement chaque jour apporte son lot de révélations sur les dessous de cette affaire rocambolesque. Il aurait ainsi été lié aux services de renseignement autrichiens (BVT) et aurait informé le parti autrichien d’extrême droite de ce pays, le FPÖ, en transmettant à plusieurs reprises des informations confidentielles des services de sécurité intérieure et du ministère de l’Intérieur, affirme le quotidien autrichien Die Presse.

Tout serait passé par un intermédiaire, Johann Gudenus, un proche du chef du FPÖ de l’époque, qui tenait ses informations d’un ancien ami, qui lui-même les tenait d’un « Jan du BVT ». Selon le journal, il s’agissait de Jan Marsalek dont les liens avec le BVT dateraient des débuts de Wirecard. Des agents de cet office avaient aidé à vérifier la solvabilité de sites pornographiques en ligne, un secteur par lequel Wirecard a démarré ses activités en 1999. Jeudi, l’actuel chef du FPÖ, Nobert Hofer, a déclaré ne pas connaître Jan Marsalek.

Sa piste s’arrête aux Philippines

En parallèle, Jan Marsalek s’est distingué au Royaume-Uni courant 2018 en disant disposer de documents secrets sur l’utilisation d’une arme toxique russe là-bas. Digne d’un personnage des romans de John le Carré, il l’aurait fait pour se vanter devant des contacts d’affaires londoniens de ses liens supposés avec les services de renseignement britanniques, a révélé le Financial Times. Ces documents épluchés par le quotidien comprenaient la formule d’un composant utilisé dans l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille dans le sud de l’Angleterre en mars de la même année.

Ces détails viennent éclairer d’un jour nouveau les méthodes pour le moins étranges du dirigeant ayant contribué à l’ascension météorique de la jeune fintech. Jan Marsalek est entré au directoire de Wirecard au début des années 2000, à seulement 30 ans et sans posséder de diplôme d’études secondaires, mais muni d’un grand charisme, relate le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. L’argent a vite coulé à flot et Wirecard, fort de ses 6 000 salariés, fut un temps le « chouchou » de la Bourse de Francfort où il a valu jusqu’à 23 milliards d’euros.

Concernant sa vie privée, le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung évoque des fêtes luxueuses organisées entre Kitzbühel et Moscou, ayant pour décor « des femmes nues, du champagne et des gros paquets d’argent ». Des proches de Jan Marsalek avancent qu’il a détourné une somme qui se chiffre en « centaines de millions d’euros » des coffres de Wirecard et qu’il entretient des « contacts étroits avec des agents du renseignement de divers pays », selon Süddeutsche Zeitung. Ces relations supposées ont pu l’aider à organiser sa fuite, la presse allemande le soupçonnant d’avoir acquis une fausse identité pour mieux disparaître dans la nature.

Sa trace se perd officiellement aux Philippines, là où le pot-aux-roses a été découvert. Selon les données enregistrées par le service d’immigration philippin, l’Autrichien serait entré à Cebu le 23 juin – soit au lendemain de son éviction de Wirecard – et en serait reparti dès le lendemain pour se rendre en Chine. Mais le secrétaire d’État philippin à la Justice, Menardo Guevarra, a nié sa présence dans son pays à ces dates et il n’est semble-t-il jamais arrivé en Chine. Une enquête a été ouverte contre des agents des services d’immigration philippins accusés d’avoir émis de faux documents à son profit.

Source : Le Quotidien Luxembourgeois

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Commentaire recommandé

Fabrice // 20.07.2020 à 06h58

Le mythe de la rigueur et l’intégrité allemande avait déjà été écorné lors du scandale des taux d’émissions des voitures allemandes, on finira par bien comprendre que le pays est discipliné mais pas forcément plus honnête que les autres, le monde confond souvent les deux.

Or la discipline est parfois bien pratique pour permettre d’imposer ce qui ferait tiquer n’importe qui d’un peu équilibré et réfléchis, on a porté l’Allemagne aux anges mais il faut raison garder, son histoire a permis de provoquer des drames qui devraient nous faire réfléchir plus mais bon l’élite française ne jure que par l’orthodoxie allemande, peut être qu’elle rêve surtout d’avoir la discipline pour pouvoir faire passer tout et n’importe quoi comme une lettre à la poste.

23 réactions et commentaires

  • Fabrice // 20.07.2020 à 06h58

    Le mythe de la rigueur et l’intégrité allemande avait déjà été écorné lors du scandale des taux d’émissions des voitures allemandes, on finira par bien comprendre que le pays est discipliné mais pas forcément plus honnête que les autres, le monde confond souvent les deux.

    Or la discipline est parfois bien pratique pour permettre d’imposer ce qui ferait tiquer n’importe qui d’un peu équilibré et réfléchis, on a porté l’Allemagne aux anges mais il faut raison garder, son histoire a permis de provoquer des drames qui devraient nous faire réfléchir plus mais bon l’élite française ne jure que par l’orthodoxie allemande, peut être qu’elle rêve surtout d’avoir la discipline pour pouvoir faire passer tout et n’importe quoi comme une lettre à la poste.

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    • Pierre // 21.07.2020 à 09h58

      « Or la discipline est parfois bien pratique pour permettre d’imposer ce qui ferait tiquer n’importe qui d’un peu équilibré et réfléchis »

      C’est vrai que nous les Français durant le confinement , on a fait preuve d’indiscipline. Nous les gaulois réfractaire, on a montré notre amour immodéré de la liberté et notre méfiance vis à vis de notre gouvernement….On s’est insurgé comme un seul homme quand notre gouvernement nous a pondu, une procuration pour faire nos courses alimentaires ou bien nous a imposé de sortir dans un rayon d’un kilomètre autour de nos logements…Chose que l’on a pas vu chez nos voisins d’outre Rhin… Mais c’est vrai qu’ils sont plus discipliné que nous ou bien….. que leur démocratie est plus abouti que la notre? En Allemagne, ils sont resté vigilants sur ce que leur pondait Merkel ou les Landers pour lutter contre la pandémie. Ils sont restaient vigilants sur leurs libertés individuelles. Ils n’ont pas tout avalé comme nous sans rien dire….
      Franchement, j’en ai marre de ces images d’Épinal: les Allemands dociles et mûr pour la dictature mais nous les Français, libertaire et gueulard, défenseur de la démocratie….On aime bien se donner une belle image en France…..

        +5

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  • galvan // 20.07.2020 à 07h31

    Il serait intéressant de savoir à qui profite le crime ?
    Quels sont les concurrents de Wirecard au niveau mondial ?
    Ça expliquerait peut-être les choses sous un angle différent.
    Que des margoulins aient été à la direction de cette société, c’est certain, mais est-ce bien la cause racine ?

      +12

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  • RGT // 20.07.2020 à 08h25

    « Le dernier endroit où nous nous attendions à ce qu’une telle chose se produise, c’est l’Allemagne »…

    Ben voyons !!!
    Une entreprise financière allemande laverait plus blanc que son équivalent d’un autre pays ?

    Il faut se réveiller, dans TOUS les pays de cette planète, les entreprises financières font leurs profits dans des opérations qui seraient réprimées par la loi pour des entreprises non financières.

    Quand on se contente de constater le montant des sommes « évaporées » (mais pas perdues pour tout le monde, les plus gros profiteurs n’étant jamais inquiétés) par rapport aux peines encourues on ne peut que rester pantois.

    N’oubliez JAMAIS qu’il est possible d’être condamné à 6 mois de prison pour avoir volé un pain de moins d’un € afin de nourrir ses proches…

    Si une proportionnalité était appliquée strictement aux détournements de fonds par les cols blancs ils devraient être condamnés à des peines de plusieurs millions milliards d’années.

    Si l’on se contente de constater que le PDG risque seulement 7 ans de prison pour son forfait, et dans une prison dorée de surcroît (contrairement au voleur de pain), et qu’à sa sortie il pourra bénéficier d’une retraite permettant de subvenir à toutes ses lubies, on est en droit de penser que la colère des gilets jaunes semble totalement justifiée.

    Les seuls qui aient récolté des peines de prison « décentes » (et encore) sont ceux qui ne se sont pas contentés de plumer les gogos mais qui ont commis le crime inqualifiable de plumer les banques et les institutions financières.

      +61

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  • Dudul // 20.07.2020 à 08h27

    Comme pour Enron, la responsabilité des cabinets d’audit est lourde… Mais chut, pas un mot sur cela dans ces articles.
    Arthur Andersen est mort à l’epoque et les big 5 sont devenus 4. Si on passe à 3 aujourd’hui, ça va faire tache pour ces organismes anglo saxons censés assurer la probité du système capitaliste occidental.
    Bref le village Potemkine continue de plus belle.

      +43

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    • Patrick // 20.07.2020 à 08h39

      oui !! qui a vérifié les comptes ??
      Donc , Wirecards déclare à l’auditeur qu’ils ont placé 2 milliards d’euros dans une banque aux Philippines , ces 2 milliards ayant été convertis en pesos philippins pour les « sécuriser » !!
      Et les gars qui font l’audit gobent ça et ne vérifient pas que ces 2 milliards existent réellement !! On parle quand même de 2 milliards d’euros , pas de trois francs six sous de frais de déplacement.

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      • Fabrice // 21.07.2020 à 00h24

        Pendant ce temps pour retirer une somme en espèce vous devez justifier presque en vous excusant de votre compte, le monde est fabuleux.

        Le simple citoyen passe pour un membre d’un cartel mafieux ou terroriste en voulant retirer 1000€ mais par contre 2 milliards passent comme une lettre à la poste si cela vient d’un organe financier, ou comment on accuse ceux qui ne sont pas des criminels mais on considère tout mouvement d’un organe financier comme légitime alors que le passé a bien démontré que ce sont bien souvent eux la source qui alimente de nombreux crimes organisés ou terroristes.

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  • Rond // 20.07.2020 à 08h54

    Ainsi va ce monde, autant en Allemagne que dans tout autre pays. Cupidité, mensonge, tricherie, mépris, pillage, pollution, destruction du vivant, annihilation de tout, partout. Il n’y a pas de pays dépositaire de la vertu.
    Et on nous bassine avec TINA ? Un leurre de plus !
    Ben si, il y a un plan B : reprendre les commandes, parce que ce système et ses suppôts ont failli. Le géant aux pieds d’argile, fond doucement mais sûrement, un scandale après l’autre. A quand le retour de la raison ?
    Tenez bon !

      +13

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  • FredT. // 20.07.2020 à 09h36

     » L’ancien PDG de Wirecard est libéré sous caution en raison du scandale ………………. »

    Bel aveu ! Libéré en raison d’un scandale ! clap clap clap !
    Hé oui dans l’UE on préfère emprisonner les lanceurs d’alerte ( voir l’affaire des luxleaks )

      +17

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    • relc // 20.07.2020 à 10h39

      Vous vous échauffez pour rien, c’est la traduction qui est délirante.

      Le titre était
      « Ex-CEO of Germany’s scandal-hit Wirecard released on bail in case over missing billions »

      qui se lit
      « L’ex-PDG de l’entreprise allemande Wirecard frappée par un scandale a été libéré sous caution dans une affaire de milliards manquants »

      « over », au sens de « about », « concerning », « on the subject of », etc

        +13

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  • calal // 20.07.2020 à 09h54

    « Ces détails viennent éclairer d’un jour nouveau les méthodes pour le moins étranges du dirigeant ayant contribué à l’ascension météorique de la jeune fintech.  »

    STARTUP NATION!!!!! NOUVEAU MONDE !!!!!

    L’occident est devenu un grand village potemkine….

    mort de rire…

      +9

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  • christian gedeon // 20.07.2020 à 11h01

    Tous ces machins de fintech sont peu ou prou des machines à laver de l’argent pas bien propre. A qui wirecard a t il déplu ? Piste à ne pas négliger. Est il allé jouer sur des plates bandes interdites ?

      +8

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  • Casimir Ioulianov // 20.07.2020 à 13h39

    J’ai moins de respect pour les fintech que pour les streamers gaming. Ils bossent tout les deux avec du virtuel mais les seconds sont au moins capables de proposer un service socialement utile (le divertissement) alors que les premiers ne sont que socialement nuisibles par immanence.

      +3

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  • sanschail // 20.07.2020 à 18h39

    j’ai vu il y a quelques années un reportage qui nous disait que les allemands aimaient l’argent liquide, le billet de 500euros notamment.(facile a transporter en masse)et ce meme reportage nous parlait du tracfin allemand bien complaisant.
    ce devait etre des affabulations

      +5

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  • Pierre Darras // 21.07.2020 à 07h41

    Et pas un mot mais alors pas un mot de ça dans les médias Français. Excellents. Non non non, les Allemands ne peuvent pas être des véreux et des ripoux comme les autres
    Risible

      +3

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  • Incognitototo // 21.07.2020 à 14h17

    Ce serait presque drôle si ce n’était pas si dramatique… Quand je lis ce genre de faits divers financiers, je repense à mon tout premier cours de fiscalité, où notre prof nous démontrait comment monter des entreprises à capitaux fictifs de plusieurs milliards en détournant l’interdiction des participations croisées, à l’aide des participations triangulaires (ou plus) avec des entreprises fictives situées dans des pays aux pratiques financières occultes.

    C’était, il y a près de 40 ans et absolument rien n’a changé. Cette escroquerie est toujours en usage. Mais ce qui reste vraiment étonnant, c’est que les contrôleurs financiers (CAC, AMF et autres) soient toujours aussi « naïfs », ou pire… Comment peuvent-ils certifier des comptes, sans auditer les créances et les dettes significatives pour en déterminer la véracité ? C’est pourtant le b-a-ba du métier…

    Tous les scandales et escroqueries financiers (Baring, Vivendi, Worldcom, Kerviel, Lehman Brothers, Madoff, et cetera) commencent avec des instances de contrôles financières défaillantes. « Bizarrement » (ou pas), leur responsabilité est rarement mise en cause. Et encore plus « bizarre », personne n’appelle jamais à réformer ces professions et institutions. Pourtant, il y aurait de quoi faire, notamment en coupant le lien de dépendance économique des cabinets d’audit avec les entreprises qu’elles doivent contrôler. Est-ce qu’il nous viendrait à l’idée de demander aux voleurs de financer la police ? C’est pourtant à peu près la situation dans laquelle nous sommes actuellement avec les contrôleurs financiers.

    Pour l’anecdote : en stage de CAC, je découvre qu’une entreprise pratique la cavalerie avec une dizaine d’autres entreprises(et 7 systèmes de facturation). J’indique donc au CAC titulaire que nous avons l’obligation de signaler ce fait délictueux au Procureur de la République. Réponse : « mais, on va perdre le client si on fait ça ». Seule l’énormité de l’affaire l’a convaincu de le faire quand même, sous peine de voir sa propre responsabilité engagée. Mais par la suite, on m’a retiré tous les dossiers sensibles, où je posais trop de questions…

    Alors, tant que personne ne voudra se pencher et empêcher les conflits d’intérêts générés par cette situation absurde (ce qui demande de remettre en cause des intérêts financiers colossaux, notamment des grands cabinets d’audit) les scandales financiers continueront.

      +7

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    • Anfer // 22.07.2020 à 18h56

      Que voulez vous…

      Le régulateur et les cabinets d’audit ne devraient même pas exister, vu que le marché est parfait et défini toujours la valeur exacte, l’homo économicus calculant ses gains et ses pertes de façon rationnel verra immédiatement que ce genre de coquille vide est une escroquerie…

      Non ?

        +1

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      • Incognitototo // 22.07.2020 à 23h14

        Bé, non… là c’est impossible de faire appel à une quelconque (soi-disant) loi du marché, puisque les comptes présentés sont faux, donc les calculs le seraient également.

        Cela dit, je suis d’accord, la fonction de CAC devrait être nationalisée ; ce serait une façon simple de mettre fin à tous ces scandales à répétition.

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        • Anfer // 23.07.2020 à 19h42

          On pourrait faire encore plus simple, fermer la bourse…

            +0

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          • Incognitototo // 24.07.2020 à 15h34

            Oui, au moins pour une partie de ses activités purement spéculatives. Pour le reste à moins de supprimer le capitalisme (mais même une collectivisation du capital nécessiterait toujours des contrôles), il y aura toujours besoin de contrôler les activités financières des entreprises, sinon pas de confiance pour ceux qui y investissent leur argent.

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