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9.décembre.20199.12.2019 // Les Crises

Comment se prépare la spoliation de l’épargne et des épargnants – Par Ruptures

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Source :Ruptures, 15-11-2019

Les taux d’intérêt négatifs favorisent les ultra-riches et le capitalisme financier, en menaçant les épargnants et les classes moyennes.

Par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste, auteur notamment de Alstom, scandale d’Etat, Dernière liquidation de l’industrie, Fayard, 2015.

Aberration hier. Réalité aujourd’hui. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le capital ne rapporte plus. Pire, il coûte ! Les taux négatifs sont désormais la norme, en Europe, mais aussi au Japon, pour l’épargnant moyen. La rémunération du Livret A est inférieure à l’inflation. Idem pour les contrats en euros à capital garanti de l’assurance vie, ce placement préféré des Français (1700 milliards d’euros).

Les assureurs veulent orienter leurs clients vers des placements à risque

Les assureurs ont massivement investi dans les Bunds allemands, les bons du Trésor français et même ceux de l’Italie qui offrent toujours des taux négatifs, malgré une remontée des courbes depuis septembre 2019. Mécaniquement, les revenus de l’assurance vie chutent. Les assureurs sont donc tentés de fermer peu à peu les comptes en capital garanti, qui ne permettent plus une rémunération suffisante, tant des épargnants que des gestionnaires. Ils veulent orienter leurs clients vers des placements à risque, en actions et autres produits financiers.

Les grandes banques privées commencent à taxer, au-delà d’un certain seuil, les dépôts en liquide de leurs clients les plus fortunés. Elles répercutent ainsi le coût du taux négatif de 0,5% sur leurs liquidités excédentaires qu’elles sont obligées de déposer à la BCE.

« Helicopter money »

Comment expliquer que l’on en soit arrivé là ? D’où viennent ces taux négatifs, appelés apparemment à perdurer ? Tout commence, fin 2008, avec la faillite de Lehman Brothers et la crise financière qui s’est ensuivi. Une bulle s’était créée autour des subprimes (1) avec un excès de dettes immobilières privées. Les banques, notamment américaines, ayant accumulé des créances irrécouvrables, beaucoup se trouvaient en situation de quasi-faillite. Pour éviter un krach et un effondrement de l’économie mondiale, le président de la Banque centrale américaine, la FED, Ben Bernanke applique une nouvelle théorie monétaire, celle de l’Helicopter money. Les banques centrales, à commencer par la FED, jettent des tombereaux de monnaie que les pâles de l’hélicoptère saupoudreront sur l’ensemble de l’économie, et surtout sur les acteurs financiers.

Les États passent ainsi le relais aux banques centrales qui deviennent les acteurs majeurs de l’économie. La FED fait tourner la planche à billets, rachète aux banques leurs actifs toxiques. Son bilan passe en deux ans de 850 milliards à 4 500 milliards de dollars. Parallèlement, l’État émet plus de dettes, souscrites pour partie par la FED pour soutenir l’économie. Les Européens suivront l’exemple, quoique sur une moindre échelle.

La création monétaire aurait pu être orientée vers l’économie réelle, on a préféré laisser faire les marchés

L’Helicopter money de Ben Bernanke a sauvé le système financier américain, les grandes banques et Wall Street. Cette création monétaire abondante a eu un effet mécanique : les taux d’intérêt ont baissé. Mais ils restent outre-Atlantique positifs. Ne serait-ce que pour conserver au dollar son pouvoir attractif auprès des investisseurs internationaux. Faute de réinventer un nouveau modèle économique, on a donc, en 2008, sauvé les meubles. L’Helicopter money se contentant de déplacer la bulle, des dettes privées vers les dettes publiques. La création monétaire des Banques centrales aurait pu être canalisée, orientée vers l’économie réelle, vers des investissements collectifs, notamment les infrastructures. On a préféré laisser faire le marché.

Des bénéfices pour les ultra-riches

Les capitaux de plus en plus abondants se sont investis en Bourse, dans des opérations de LBO (2), dans des montages financiers rémunérateurs. Les entreprises ont multiplié les programmes de rachats d’actions pour faire monter les cours et assurer ainsi des plus-values à leurs actionnaires. En revanche, elles ont souvent négligé les investissements de long terme. On a continué à sabrer dans les effectifs et la masse salariale a été contenue.

Les délocalisations et la course aux moins-disant fiscal, social et environnemental ont maintenu des prix bas pour le consommateur. D’où une inflation plus que contenue. En revanche, une autre inflation est apparue : celle des actifs. Les ultra-riches, qui financent leur développement et leurs opérations en s’endettant à des taux très bas rachètent des entreprises, de l’immobilier, des œuvres d’art et en font grimper les prix. Ce qui accroît mécaniquement leur patrimoine.

Sauver la monnaie unique

La théorie de l’Helicopter money sera reprise en Europe, quelques années plus tard, sur une grande échelle, par Mario Draghi. Cet Italien, éduqué chez les Jésuites, est en réalité un pur produit de la finance mondiale. Son passage chez Goldman Sachs, dont il fut un vice-président, lui ont appris les arcanes de cet univers impitoyable et le langage qu’il faut tenir aux marchés. Succédant à Jean-Claude Trichet et confronté à la crise grecque, qui risque de faire imploser la zone euro, il applique la politique suivie par Ben Bernanke.

Il affirme que la BCE fera « tout ce qui est nécessaire pour sauver la monnaie unique ». Son action sera double. D’une part, il introduit, en 2014, un taux négatif (- 0,1 % et – 0,5 % aujourd’hui) sur les dépôts que les banques sont tenues de déposer à la BCE. D’autre part, à partir de 2015, la banque centrale entame un programme de rachat d’actifs, d’abord de la dette publique, étendu ensuite aux dettes d’entreprises. Au total, en quatre ans, la BCE a ainsi acquis 2 600 milliards d’euros d’actifs. Au passage, Mario Draghi, qui se souvient qu’il est Italien, sauve son pays. La dette italienne (130 % du PIB) est recyclée. La Banque d’Italie, la BCE, mais aussi la Bundesbank en sont désormais les principaux détenteurs. En France, la Banque de France et les fonds euros de l’assurance vie rachètent massivement la dette française.

Draghi, plus loin que Bernanke

En introduisant durablement les taux négatifs – ce que n’a jamais fait la Fed – Mario Draghi va plus loin que Ben Bernanke. Pour un investisseur en euro, 70% des revenus à taux fixe sont désormais à rendement négatif. Au niveau mondial, les emprunts des États et des entreprises offrant des rendements négatifs atteignent désormais 17 000 milliards de dollars, soit 20% du PIB mondial. La BCE a suivi le chemin emprunté par le Japon, il y a près de 30 ans. Des déficits publics financés par l’épargne locale à des taux de plus en plus bas. Résultat ? La dette publique japonaise atteint 240% du PIB, avec une inflation voisine de zéro, une consommation stagnante, tout comme la croissance.

En basculant dans l’univers des taux négatifs, c’est un bien inquiétant message que les banques centrales et les marchés financiers émettent

Et si les taux négatifs étaient finalement le révélateur d’une nouvelle idéologie : celle de la décroissance ? Dans la théorie économique classique, le taux d’intérêt est la récompense de l’acte d’épargne. « Je mise sur le futur, plutôt que de satisfaire une consommation immédiate et j’en reçois une récompense par l’intérêt qui m’est versé ». La croyance dans un avenir meilleur et le niveau des taux sont intimement liés. Or, en basculant dans l’univers des taux négatifs, c’est un bien inquiétant message que les banques centrales et les marchés financiers émettent. Ils se projettent dans un monde de décroissance et de baisse des prix. Cent euros aujourd’hui vaudront moins demain. « Je prête 100 euros et j’accepte que l’on ne m’en rembourse que 95 demain parce que je ne crois pas dans le futur et que je ne veux pas prendre de risques. »

Addiction à la planche à billets

Le court-termisme a pris le pas sur la vision à long terme. L’argent injecté par les banques centrales ne va plus dans l’économie réelle, ne s’investit pas dans le long terme. Il alimente, en réalité, la spéculation sur les marchés financiers. C’est le triomphe du capitalisme de la plus-value, au détriment du capitalisme de rendement. La planche à billets des banques centrales est devenue une drogue, dont les marchés et l’ensemble du système financier ont besoin. Une remontée des taux se traduirait mécaniquement par des pertes considérables dans les portefeuilles obligataires des grands investisseurs. Et par une baisse des actions. Avec un risque de krach.

Cette addiction à la planche à billets et aux taux bas bloque toute inversion de cette politique. Si l’on débranche le malade, il meurt. Aux États-Unis, la FED a tenté en 2018 d’inverser, très prudemment, la courbe des taux. Elle a dû battre en retraite face à une coalition hétéroclite. Rassemblant la fine fleur de Wall Street, l’aile gauche des démocrates et… Donald Trump. Chacun plaidant, pour des raisons diverses, en faveur d’une baisse des taux et une poursuite de l’endettement.

Il est vrai que cette politique fait bien des gagnants. À commencer par les États. Le service de la dette leur coûte de moins en moins cher et redonne quelques marges budgétaires. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a pu financer les dix milliards des Gilets jaunes. Mais les États se révèlent impuissants à investir massivement dans les infrastructures, la transition énergétique, les domaines régaliens. Idéologie néolibérale oblige.

La croissance s’étiole, la confiance des acteurs économiques s’érode, le capitalisme financier triomphe

Autres gagnants : les particuliers qui peuvent obtenir des crédits quasiment gratuits pour acheter des biens immobiliers. Même chose pour les rachats d’entreprises, les LBO, qui se financent par la dette. Avec des effets pervers. L’immobilier s’envole. Pas partout. Uniquement là où il y a une forte demande : dans les métropoles et non sur l’ensemble du territoire. Les entreprises préfèrent faire des acquisitions, plutôt que d’investir dans leur propre outil de production ou dans les salaires. La croissance s’étiole et la confiance des acteurs économiques – consommateurs, épargnants – s’érode. Le capitalisme financier triomphe, au risque d’entraîner le monde à sa perte.

Le grand capital, grand gagnant

En inondant le marché de liquidités et en instaurant les taux négatifs, les banques centrales ont servi, en fait, le grand capital. Ceux qui ont déjà beaucoup, beaucoup de capitaux. Ils investissent avec de l’argent qui ne leur coûte rien. Ils compensent d’éventuelles pertes sur certains actifs par de considérables gains sur d’autres. Ils jouent sur les allers-retours boursiers.

La classe moyenne occidentale, et surtout les épargnants, sont les grands perdants de cette politique. La première, faute de croissance et de hausses des salaires, a de plus en plus de mal à se constituer un patrimoine. Quant aux retraités, on rogne régulièrement sur leur pouvoir d’achat. Et cela ne fait que commencer. L’épargnant a accumulé de l’épargne par son travail. Il ne veut pas tant gagner, mais ne pas perdre et préserver son capital pour sa retraite et ses enfants. Or, les taux négatifs vont peu à peu rogner ce capital. S’il conserve aujourd’hui de l’argent liquide sur ses comptes, c’est parce qu’il est inquiet de l’avenir. Il a le sentiment qu’il n’y a plus, depuis 2008, de pilote dans la cabine de l’économie mondiale.

De quoi accroître encore la bulle financière et… préparer un gigantesque krach boursier où petits épargnants et caisses de retraite seront lessivés

Les modèles économiques anciens se sont effondrés, mais il n’y en a pas de nouveau. On ne cesse de l’affoler en lui parlant de catastrophe climatique, de vagues migratoires, de conflits en tout genre. Bref, un environnement qui ne pousse pas à prendre des risques. Mais le système financier, lui, veut qu’il en prenne.

On va donc, peu à peu, lui ponctionner ses liquidités. Éradiquer doucement l’usage des espèces. L’inciter à retirer son argent de l’assurance vie à capital garanti, pour qu’il l’investisse en actions et que son épargne prenne en quelque sorte la relève de la création monétaire des banques centrales. De quoi accroître encore la bulle financière et… préparer un gigantesque krach boursier où petits épargnants et caisses de retraite seront lessivés. Le grand capital, lui, sera sorti du marché au fur et à mesure que les petits seront entrés. En encaissant ses plus-values. Un grand classique de l’histoire financière.

Christine Lagarde préfèrera spolier les épargnants en s’imaginant qu’elle créera ainsi de l’emploi

« Nous devrions être plus heureux d’avoir un emploi que de protéger notre épargne » ! Christine Lagarde, la nouvelle patronne de la BCE, vient d’annoncer la couleur. Elle poursuivra la politique de Mario Draghi. Elle préfèrera spolier les épargnants en s’imaginant qu’elle créera ainsi de l’emploi. Non seulement elle sort de son rôle, mais en plus elle a tout faux. Emploi et épargne, activité économique et épargne sont intimement liés. Il appartient aux responsables politiques et économiques de faire en sorte que l’épargne s’investisse dans l’économie réelle, pour le bénéfice de tous. Et non de l’orienter vers des placements spéculatifs.

Avec son « quantitative easing » (3), Mario Draghi a favorisé les sorties de capitaux de la zone euro. Les investisseurs qui ont vendu leurs obligations d’État à la BCE ont, bien souvent, utilisé le produit de cette vente pour investir dans les marchés financiers hors zone euro. En cherchant notamment des actifs offrant une meilleure rentabilité, sur le marché obligataire et immobilier américain et dans les pays émergents. Alimentant ainsi la spéculation et prenant un risque majeur pour leurs clients.

De l’épargne pour les grands projets

Comment éviter cette spoliation de l’épargne qui se profile et relancer l’activité économique ? En revenant tout simplement à des principes sains de transformation de l’épargne. L’Europe, mais aussi les Etats-Unis et la plupart des pays occidentaux souffrent d’un manque d’investissement dans les grandes infrastructures, dans la transition énergétique, dans l’adaptation aux changements climatiques. Pourquoi ne pas proposer aux épargnants des obligations de très long terme offrant une rémunération correcte ? La rentabilité historique du capital est voisine de 2 % par an, hors inflation. Ces obligations seraient émises au niveau européen et dans chaque État, par des organismes comme la Banque européenne d’investissement (BEI) ou la Caisse des Dépôts en France. Les centaines de milliards d’euros ainsi récupérés seraient alloués à des grands projets, à des biens collectifs, décidés par les États.

Aux Etats-Unis, c’est ce qu’aurait dû faire Donald Trump pour son programme d’investissement dans les infrastructures de 1 000 milliards de dollars, promis lors de sa campagne… dont on attend toujours le début du commencement. Mais une telle solution risque de ne pas être du goût des grands acteurs financiers, car les grands projets collectifs de long terme ne donnent pas matière à spéculation.

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Les vertus de la diplomatie russe : l’exemple kurde, par Robert Charvin, agrégé des facultés de Droit, professeur émérite à l’Université de Nice

(1) Prêt risqué. Aux Etats-Unis, il s’agissait essentiellement de prêts immobiliers à des personnes déjà très endettées.

(2) Leveraged buy-out, rachat d’entreprise par endettement, avec effet de levier.

(3) Assouplissement quantitatif. Politique monétaire qui utilise des outils comme l’achat d’obligations par les Banques centrales afin d’accroître la liquidité en circulation. L’ »Helicopter money » est rendu possible par cet assouplissement quantitatif.

Source :Ruptures, 15-11-2019

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Commentaire recommandé

aladin0248 // 09.12.2019 à 07h53

On voit venir la chose depuis des années sans savoir comment s’en prémunir. La seule solution serait d’investir dans une base autonome en matière de nourriture et d’énergie, mais ce n’est pas à la porté de n’importe qui (il faut du temps et de la compétence ; la terre est basse). Ensuite, tous les gens qui ont élu un banquier à la tête du pays se sont (nous ont) jetés dans la gueule du loup. L’autonomie est pourtant à ce prix : s’éloigner de la finance … et de l’UE. Autonomie personnelle et souveraineté collective vont de pair. Trop tard, on va morfler.

69 réactions et commentaires

  • paola44 // 09.12.2019 à 07h45

    Un article remarquable, qui résume en termes clairs, accessibles aux non-économistes, les causes et les conséquences de la situation actuelle, et présente même des solutions, lesquelles bien sûr ne seront pas mises en œuvre pas nos gouvernants rapaces. On n’est pas dans la m….

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  • aladin0248 // 09.12.2019 à 07h53

    On voit venir la chose depuis des années sans savoir comment s’en prémunir. La seule solution serait d’investir dans une base autonome en matière de nourriture et d’énergie, mais ce n’est pas à la porté de n’importe qui (il faut du temps et de la compétence ; la terre est basse). Ensuite, tous les gens qui ont élu un banquier à la tête du pays se sont (nous ont) jetés dans la gueule du loup. L’autonomie est pourtant à ce prix : s’éloigner de la finance … et de l’UE. Autonomie personnelle et souveraineté collective vont de pair. Trop tard, on va morfler.

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    • enkidou // 09.12.2019 à 10h58

      Je vous vous rejoins sur le prix de la base autonome mais est -elle nécessaire? A la campagne, dans des coins reculés (Bretagne, Ariège, limousin, Auvergne…) Il est possible d’acquérir une maison avec des hectares (bois, source, jardin) pour une bouchée de pain. Si vous vous présentez, partagez, écoutez, travaillez la terre, les gens vous accueillent à bras ouverts pour la plupart. Le lien que l’on arrive à tisser est plus fort que tout. Et la est votre base autonome, autonome mais en communauté de village ou lieudit.

        +28

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      • Pfff… // 09.12.2019 à 19h02

        Une bouchée de pain? Ça dépend du pain…

        Les gens vous accueillent à bras ouverts? Et travailler la terre est facile, c’est juste une question de liens?
        Je crois que vous ne savez rien du métier de paysan, ni grand chose de la réalité de la vie à la campagne en autarcie, ni grand chose de la concurrence dans l’acquisition de terres.
        On est là typiquement dans l’idéalisation d’un retour à la terre fantasmé, ou, s’il est réel, qui se fait dans des circonstances très privilégiées.

        Comme les gars de Tarnac, qui ont fait sciences po ou Normale Sup, et dont papa est médecin: ils ont des ressources, dans tous les sens. Et leur petite expérience de la terre ne les enterrera pas, ils en sortiront dès qu’il le faudra, tranquilles.
        Quant aux autres, qui auront eu la niaiserie de les croire (car la domination bourgeoise se poursuit en milieux alternatifs, curieusement…), et qui n’auront pas le même héritage, les mêmes possibilités de rebondir…

        C’est un grand bonheur pour l’oligarchie, ce genre de propos, peut-être même le promeuvent-ils. Pas de contestation réelle, ou alors si légère qu’ils ne la sentiront pas. Non seulement cette approche ne les gêne pas, mais elle les arrange: ils savent bien que pour eux aient beaucoup, il faut que beaucoup acceptent d’avoir peu.

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        • christian BERNARD // 10.12.2019 à 08h36

          Je suis d’accord avec vous ; sans même parler des coûts, infrastructures et services dont Enkidou aura besoin lorsqu’il chopera comme tout le monde son cancer, sa crise cardiaque ou autres tracas liés à l’âge ou la santé …
          La réponse aux problèmes actuels doit être politique et la solidarité requise, nationale ; l’autarcie avec sa solidarité locale présumée, c’est du folklore.

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        • Gegesse // 11.12.2019 à 22h11

          « C’est un grand bonheur pour l’oligarchie, ce genre de propos, peut-être même le promeuvent-ils. » Une parfaite illustration de ceci: Pierre Rabhi

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          • Pfff… // 12.12.2019 à 09h26

            Oui, bien sûr! Sans doute est-il sincère, mais instrumentalisé.

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      • Catalina // 09.12.2019 à 19h31

        Bonjour,
        Je pense que ma notion d’une bouchée de pain diffère de la votre, tout le monde n’a pas cette « bouchée de pain », loin de là, et puis, il y a en effet quelques rares occasions « à pas cher » mais le taf est à 60, voire plus kilomètres….aller.
        Ensuite on peut louer, bien sûr et je vous rejoins sur le bonheur d’accueillir et d’être accueilli et du partage, de l’échange ! c’est vraiment « nourrissant »

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    • Bats0 // 10.12.2019 à 08h12

      Pour les intéressé, une super BAD près de chez moi: « Maison Autoconstruite et 100% AUTONOME ? Ils l’ont fait ! »
      https://www.youtube.com/watch?v=imLUIQnpzTU

        +2

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  • calal // 09.12.2019 à 08h42

    Si les taux deviennent negatifs,on est paye pour emprunter. Tout le monde devrait donc se precipiter a sa banque et demander un pret: vous empruntez 10 000euros vous les rendez petit morceau par petit morceau a chaque echeance de remboursement et a la fin vous empochez les interets negatifs.

    Pourquoi ca n’arrivera pas? Parce que ca sera le banquier qui decidera a qui il va accorder ce pret et a qui il ne l’accordera pas. A vous,le pret ne sera pas accorde,aux potes du banquier,le pret sera accorde.
    Les banquiers ont pris le pouvoir et tiennent en otage tout l’occident…

      +31

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    • Pinouille // 09.12.2019 à 09h26

      « Les banquiers ont pris le pouvoir et tiennent en otage tout l’occident… »
      Ils tiennent en otage tout l’occident, mais pas parce qu’ils ont pris le pouvoir. Plutôt parce qu’ils menacent de faire faillite.
      Les 3 plus grosses banques françaises ont perdu entre 50% et 70% de leur valeur d’avant la crise des subprimes.
      Et ce n’est pas le pire: le cours de la Deutsche Bank culminait à 114€ en juin 2007, il est à 6,5€ actuellement et ne cesse de baisser. Le jour où il atteindra zéro, …
      Espérons que les gouvernements aient prévu ce scénario.

        +14

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      • Kiwixar // 09.12.2019 à 09h49

        « Plutôt parce qu’ils menacent de faire faillite. »

        Ce n’est pas uniquement une menace sur l’épargne des Français et la trésorerie des entreprises. Les banques ont aussi le monopole des moyens de paiement (à l’exception de l’argent liquide en circulation, un % très faible).

        En cas de faillites bancaires générales « temporaires », les cartes de paiement ne fonctionnent plus, les entreprises (notamment fournisseur de supermarchés) ne livrent plus les marchandises, les supermarchés sont vidés en 3h (cash, puis pillage), au bout d’une semaine chaos généralisé, les FDO restent chez elles protéger leur famille. % de morts au bout d’1 mois?

        Nous vivons en flux tendu, très très loin de la possibilité de nous nourrir. Le territoire est parsemé de réacteurs nucléaires nécessitant du personnel qualifié sur place en permanence : que faire si ils n’ont pas d’essence pour aller au boulot, pas de nourriture pour tourner les boutons dans le bon sens, ou si ils se sont fait bouffer en chemin?

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        • Pinouille // 09.12.2019 à 10h39

          D’accord avec vous.
          Ce qui m’amène à considérer que toutes les mesures qui ont été prises (et bien résumées dans l’article) relevaient moins d’une obsession idéologique que d’une volonté acharnée d’éviter le pire pour éviter d’en assumer la responsabilité politique et sauver sa peau (au sens propre).
          Du coup, il me semble important de nuancer les sempiternels clichés relatifs au Grand Capital (dont est parsemé ledit article) qui a fait valoir ses droits. Même si, indiscutablement, ce sont les riches qui ont jusqu’à présent le plus profité de la situation. Cela pourrait ne pas durer.

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          • Anouchka // 09.12.2019 à 13h42

            Même si elle fait un peu vieux jeu, la référence au grand capital est essentielle.
            Tant que les gens n’accepteront pas de remettre en cause leur logiciel capitaliste, il est vain de penser que nous pourrons amortir de manière un tant soit peu humaine les crises comme celle qui se prépare.

            Je vous ai lu, plus bas, souligner la baisse de la croissance comme cause de nos malheurs actuels.

            Vous auriez du ajouter la croissance du PIB.

            Car c’est bien là que le bât blesse : les outils d’analyse et la grille de lecture economiciste qu’un demi-siècle de néo-liberalisme a imposé. Ce hold-up intellectuel du néo-liberalisme est en grand partie responsable du fait que l’on se retrouve, aujourd’hui, complètement démuni intellectuellement devant les problèmes énormes auxquels nous sommes confrontés avec comme seule lueur d’espoir un retour aux communautés primitives fantasmées du néolithique comme le décrit le commentaire mis en exergue dans ce billet (ce qui est soi dit en passant une lueur d’espoir totalement illusoire, du même ordre que les « robinsonnades » que dénonçait déjà Marx en son temps à propos du mythe libéral de l’individu autonome qui peut s’en sortir tout seul comme Robinson sur son Île, alors même qu’il vit dans un environnement qui ne doit sa sécurité et sa stabilité à la police et à l’armée)

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            • Pinouille // 09.12.2019 à 15h48

              « Vous auriez du ajouter la croissance du PIB. »
              Je vous l’accorde.

              « Ce hold-up intellectuel du néo-liberalisme »
              Je remarque que les anti-libéralisme attribuent la quasi-totalité des maux actuels au néo-libéralisme. Par ailleurs, les pro-libéralisme attribuent la quasi-totalité des maux actuels aux dévoiements de la doctrine libérale: népotisme, corruption, passes droit, etc…
              Ce qui m’amène à identifier une propension très répandue chez les êtres humains à s’obstiner à faire correspondre le réel à l’idée qu’ils s’en font.

              F Bégaudeau critiquait très justement l’emploi abusif du terme « populisme » par le microcosme parisien: terme fourre-tout dans lequel tout le monde peut projeter ce qu’il veut. Je pense que l’on peut faire la même critique à l’autre camp à propos du terme « neo-libéralisme » pour lequel chacun y va de sa définition.

              « on se retrouve, aujourd’hui, complètement démuni intellectuellement »
              La crise est selon moi moins intellectuelle que factuelle. Quelle que soit l’idéologie/politique à l’oeuvre, elle ne règlera pas d’un claquement de doigt les tendances lourdes de nos pays occidentaux: vieillissement, endettement, atonie économique, pb environnementaux, montée de nouvelles puissances, etc… La crispation actuelle sur les inégalités n’est que la première réaction face à ces tendances.

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            • Anouchka // 09.12.2019 à 18h18

              @Pinouille
              « neo libéralisme » est effectivement un mot que l’on retrouve utilisé à toutes les sauces, et en particulier dans cette frange de la population que F. Begaudeau désigne comme « bourgeoise ».
              Je pense qu’il désigne cependant une véritable réalité idéologique que Barbara Stiegler, par exemple, à bien défini : “ neo-libéralisme” désigne l’idéologie des classes dominantes qui, confrontées aux crises du capitalisme, veulent sauver l’idéal libéral de l’individu libre et autonome en lui injectant une (très forte) dose d’autoritarisme.

              Et c’est précisément ce modèle qui est en crise aujourd’hui et qui nous fait appréhender nos problèmes (en soi concrets et bien réels je suis d’accord avec vous) de manière aussi apocalyptique. Car la poursuite du mode de développement néolibéral implique des solutions aux défis auxquels l’humanité est confrontée en cette aube du 3e millénaire totalement inacceptables d’un point de vue humain (et d’ailleurs d’un point de vue libéral aussi).

              Il nous faut trouver des solutions autres que les solutions neo-libérales.

              Mais c’est précisément à ça que les gagnants du système n’arrivent pas à se résoudre. D’où la crise…

              une crise est toujours une affaire de représentation. Tout dépend de la manière dont on envisage les choses.

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            • lois-economiques // 09.12.2019 à 19h07

              « Le mythe de la croissance est brandi par les neo-libéraux pour éviter d’avoir à affronter la question de la juste répartition des richesses. »
              Non, tout le monde à part les décroissantistes.

              « Et quelqu’un comme Jancovici est un peu malhonnête quand il essaye de contourner cette question de la juste répartition en nous disant que le pouvoir d’achat des plus pauvres va baisser du fait de l’arrêt nécessaire de la croissance et qu’il faut nous y résigner. »

              Tout a fait, pas qu’un peu d’ailleurs mais complètement.
              Jancovici n’est pas un économiste et ce qu’il ne comprend pas c’est que toute la croissance qui a eut lieu l’a été en faveur uniquement du système riche et que si décroissance il doit avoir, elle doit se faire sur le système riche et le travail nuisible (pub, marketing, finance, obsolescence programmée, etc.).

                +5

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          • lois-economiques // 09.12.2019 à 16h49

            Pinouille a écrit :
            « Ce qui m’amène à considérer que toutes les mesures qui ont été prises (et bien résumées dans l’article) relevaient moins d’une obsession idéologique que d’une volonté acharnée d’éviter le pire pour éviter d’en assumer la responsabilité politique et sauver sa peau (au sens propre). »

            En effet, surtout pour des institutions comme la BCE qui se sauve en sauvant l’euro.
            Cependant avant d’en arriver à essayer d’éviter le pire, c’est bien une idéologie qui nous a conduit dans cette situation sans issue.
            Cette idéologie, c’est le mythe que la croissance va tout résoudre.
            Or depuis 40 ans on a eu, à quelques exceptions près, continuellement de la croissance et tous les problèmes n’ont fait que s’aggraver, pauvreté, inégalités, destruction de l’environnement,….
            Ce mythe de la croissance est l’idéologie fausse mère de tous les dysfonctionnements actuels.
            La croissance est bien le problème et pas la solution.
            http://www.toupie.org/Textes/Croissance_probleme.htm

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            • Anouchka // 09.12.2019 à 18h32

              Le mythe de la croissance est brandi par les neo-libéraux pour éviter d’avoir à affronter la question de la juste répartition des richesses.
              Pour éviter d’avoir à repenser la taille de la part de gateau des plus riches, on essaye d’augmenter le gâteau indéfiniment.
              Tous les problèmes écologiques actuels viennent de là.
              Et quelqu’un comme Jancovici est un peu malhonnête quand il essaye de contourner cette question de la juste répartition en nous disant que le pouvoir d’achat des plus pauvres va baisserdu fait de l’arrêt nécessaire de la croissance et qu’il faut nous y résigner.
              Ben non, je suis désolée, avant d’envoyer les pauvres au chômage manger des pissenlits loins des grandes métropoles, il faudrait peut-être penser à mieux repartir ce que l’on produit et faire en sorte que chacun ait légitimement le droit de contribuer à cette production!

                +5

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        • Robert // 09.12.2019 à 10h44

          Vos remarques sont justes. Nous sommes tous sur le même bateau, mais certains ont un canot de sauvetage et beaucoup d’autres n’en ont pas !

            +9

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    • RV // 09.12.2019 à 15h21

      Bonjour
      La Banque ne perdra rien. Le taux de l’assurance sur votre crédit va remplacer le taux « zéro » ou négatif qui est sensé rémunérer le capital. Donc, un taux à 2,3,4,5..%. Rassurez-vous, la banque continue à gagner autant ?!

        +5

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  • LibEgaFra // 09.12.2019 à 08h58

    La chose doit survenir, mais elle ne survient pas. Quand surviendra-t-elle? Demain? L’année prochaine? Dans dix ans? Nul ne le sait.

    Ce que nous savons, c’est que les banques centrales sont des organismes privés qui échappent à toute décision démocratique. Il n’y a pas de souveraineté sans le contrôle de sa monnaie. De ce fait la France n’est plus un Etat souverain. Et un banquier a été « élu » à la tête du pays. Cherchez l’erreur!

      +35

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  • LibEgaFra // 09.12.2019 à 09h10

    Les taux négatifs en Europe sont un soutien direct au dollar us. Rien d’étonnant quand on sait que Draghi est un Goldman Sachs boy.

      +18

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    • Larousse // 09.12.2019 à 11h02

      Les taux négatifs ne sont-ils pas aussi le résultat de l’austérité menée depuis 2008 ? La masse de liquidités mensuelles se rétrécit chez les classes moyennes inférieures, les banquiers répondent par de l’emprunt, mais le taux d’endettement a fortement augmenté, à cause de l’immobilier en France par exemple. Le scénario d’un effondrement du prix de l’immobilier à cause de l’endettement des ménages est possible et entraînera une crise de la valeur monétaire et des placements spéculatifs sur l’endettement… C’est ce scénario qui apparaît chez les éconoclastes ou les économistes atterrés, d’après ce que j’en comprends, ou je fais erreur. ????

        +3

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    • gotoul // 09.12.2019 à 11h11

      …Et Macron, Philippe &Co des Young Leaders ! Comme dans beaucoup d’autres pays européens d’ailleurs.

        +5

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  • Macarel // 09.12.2019 à 09h59

    « La classe moyenne occidentale, et surtout les épargnants, sont les grands perdants de cette politique. »

    Effectivement, mais certains dans la classe moyenne n’ont encore rien compris, car ils sont nombreux à avoir porté le banquier Macron au pouvoir (y compris des retraités). Le même qui maintenant les mets à contribution pour payer les défiscalisations diverses qu’il a accordé au grand capital et à ses sponsors. Mais il est facile de faire voter cette classe moyenne pour les banquiers qui vont ensuite la spolier, il suffit d’agiter le spectre FN ou maintenant RN. Ce chien rabatteur du capital, est l’allié objectif de ce même capital.
    Cette classe moyenne vote pour un banquier, par crainte du populisme d’extrême-droite. Mais une fois au pouvoir, ce banquier impose au pays à coups de trique un modèle de société, dont on peut dire qu’il est inspiré de celui que Augusto Pinochet a mis manu-militairement en oeuvre au Chili dans les années 1970 (lui même conseillé par les « Chicago boys »). Et dont on voit aujourd’hui avec les révoltes actuelles au Chili, combien il a fait de la société chilienne une société les plus violentes et inégalitaires du monde. Les gilets jaunes ne sont que la conséquence de l’évolution à la chilienne de notre société (la répression policière violente y compris), évolution qui s’est singulièrement accélérée depuis que le banquier illuminé, contre-révolutionnaire, despote, Macron a été porté au pouvoir par une classe moyenne apeurée. La responsabilité de cette classe moyenne, manipulable, souvent sans conscience politique, dans les dérives anti-démocratiques actuelles est écrasante.

      +74

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    • Robert // 09.12.2019 à 10h48

      Analyse particulièrement juste quant au manque de réflexion des électeurs de Macron…
      Comme l’avait avoué benoîtement Gérard Collomb :  » On n’était pas sûr que ça allait marcher ! ».
      Ca a marché !

        +16

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    • enkidou // 09.12.2019 à 11h12

      Ce que la classe moyenne ignore encore aujourd’hui ou fait mine d’ ignorer c’est aussi la disparition du cash petit à petit. Plus de distributeur dans les petites bourgades, appli pour paiement par smartphone (c’est fun non?), appli pour renforcer les accès à ses comptes. La perte de souveraineté de chacun disparait petit à petit sans que le vulgus pecum ne s’en rende compte. Le tout digital sera à coup sûr un pas de plus vers le contrôle absolu de la population tant sur ses moyens d’existences (un bouton pour bloquer les comptes) mais aussi de surveillance généralisée ( recoupement caf/ impôts…), comportements déviants (gilets jaune, grève retraite, pétitions…). Tout cela parce que nous le voulons bien! Au fin fond de ma campagne j’observe, j’écoute, je joue le jeu du collectif et j’ai découvert il y a quelques années que c’est bien agréable.

        +24

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      • Pfff… // 09.12.2019 à 21h40

        « Vulgum pecus », plutôt. Tant qu’à vouloir se distinguer par l’emploi du latin, autant le faire bien.

        Sinon, que d’approximations!

        1- Comme si un bouton ne suffisait pas, déjà, pour contrôler les comptes bancaires… La disparition de l’argent liquide ne change rien sur ce point. Non plus sur la question du recoupement éventuel de fichiers. Rien à voir, ou pas grand chose, c’est une simple couche de plus.

        2- Ça fait longtemps qu’il n’y a plus de distributeurs dans les petites bourgades; il n’y en a même jamais eu… Ce sont les Postes qui disparaissent, et les Services Publics en général. Ce que n’est pas, faut-il le rappeler, un DAB…

        3- La carte bancaire était déjà un outil de contrôle et de flicage. Pour le coup, s’il y a bien un endroit où payer par smartphone se justifierait car c’est écologiquement responsable, c’est dans les campagnes reculées. Sauf que généralement, ce genre d’équipement ne s’y trouve pas: c’est typiquement, d’abord, un truc urbain utilisé par des urbains.

          +1

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    • gotoul // 09.12.2019 à 11h34

      « cette classe moyenne, manipulable »
      Quand vous n’avez que peu de temps pour vous informez : la matinale de France Inter, le journal de 20h et Libé, le Monde ou le Figaro pour « ceux qui veulent approfondir et se sentir vraiment informés », bref 1 dose d’infos, 1 dose de désinfos bien mélangées pour faire passer le message : TINA ( il n’y a pas d’alternative ). Pas facile d’éviter tous les « chiens de garde du capital » qui squattent les médias… Pour manipuler cette fameuse classe moyenne, il a quand même fallu « mettre le paquet ».

        +13

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    • Tonton Poupou. // 09.12.2019 à 11h50

      Avec l’exemple du FN vous évoquez ce que j’appelle « la stratégie de l’épouvantail ». C’est à dire « votez pour moi (ouais je sais on est pas terrible mais les autres c’est pire que nous !) sinon c’est les fascistes aux pouvoir !  » et ça ! ça marche à tous les coups……… jusqu’au jour où ça ne marchera plus car cette politique de pervers nourrit en permanence ce qu’ils appellent le « populisme ». Remarquez aussi que « la stratégie de l’épouvantail » si elle est utilisé aujourd’hui avec le RN a été utilisé de la même manière avec les communistes dans le passé quand ceux ci tenaient la place des « dangereux » opposants que tient actuellement le RN. Et à cette époque c’était : “votez pour moi (ouais je sais on est pas terrible mais les autres c’est pire que nous !) sinon c’est les bolchéviques aux pouvoir ! ”

        +11

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      • vert-de-taire // 11.12.2019 à 18h05

        La technique de l’épouvantail a ses limites.

        Un pouvoir qui cogne aussi sur LES POMPIERS réduit sa durée de vie très sensiblement…

        Pourquoi pas les mémés ?
        Ah pardon les mémés et les pépés se font aussi cogner.
        Aux fous !

        Le vote des retraités qui a permis le succès de la macronie sera peut-être un peu moins important.
        Si c’est pour un clone de droite issu du PS (et/ou avatars) ou LR (ou RN), ce sera du pareil au même.
        La seule solution cohérente avec la situation est de se débarrasser rapidement de ce capitalisme à bout de souffle devenant dangereux pour la paix et bien-être sociaux.

        L’idée de bien gérer l’épargne est intéressante en effet mais pas comme proposée.
        Tant que cela passera par des banques et autres joueurs de casino c’est fichu, risque de spoliation.
        L’épargne c’est ce que le grand capital ne possède pas mais gère.
        Il me semble que c’est une lubie de lui laisser.
        L’épargne devrait n’être que salaires et investissements sociaux (au sens utiles à tous).
        Salaire à vie comme génialement proposé par B. Friot.

        Laisser le capital aux capitalistes est une catastrophe, on l’a vu.

          +0

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    • egogo // 09.12.2019 à 14h22

      oui mais cette  » classe moyenne  » qui l’a élu ne représente au bout du compte qu’environ 20% du corps électoral soit 1/5 des français donc c’est le système qui est en cause .

        +8

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    • Frexit // 09.12.2019 à 18h22

      Pas tout à fait d’accord.
      Macron a été élu, a été soutenu et sera soutenu par ceux qui profitent ou qui ne souffrent pas de la mondialisation. Et ils sont nombreux : environ 25-30% de la population. On y trouve essentiellement les cadres,les hauts et moyens salaires des multinationales. Ceux-là même qui envoient leurs enfants dans les meilleures écoles privées, dans des écoles bilingues. Ceux-là ont abandonné depuis longtemps les « humanités » (latin, grec, …) au profit d’une pseudo-culture américaine. En discutant avec eux, on se rend compte qu’ils sont d’une inculture affligeante.

      Le problème n’est donc pas seulement financier. Il est beaucoup plus profond et beaucoup plus grave. Quand un pays abandonne sa culture, sa langue, c’est la disparition qui l’attend. Il ne sera plus maître de son destin. Les décisions seront prises par d’autres. C’est déjà ce qu’on observe aujourd’hui.
      Les français se sont-ils posé la question : mais qui donc gouverne notre pays aujourd’hui? Le Président de la République ou la Commission Européenne? Qui décide de la politique monétaire? Nous ou la BCE? Qui décide de notre politique de sécurité et de défense? Le président de la République ou les américains à travers l’OTAN? Qui décide de nos lois? Nos parlementaires ou la Commission Européenne?
      Tous le sentent, même les « zélites » : il y a un profond malaise, un profond désarroi dans notre société qui ne sait plus où elle va.

        +16

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      • Macarel // 09.12.2019 à 22h05

        Macarel, de hilh de puta ! Mais ce n’est pas nouveau !
        Dans le cadre français, les gens qui avaient un parler non français ( Provençal, langue d’oc, gascon, breton, corse, etc…) devaient apprendre le français s’ils voulaient accéder à la fonction publique par exemple. De ceux, qui restaient à cultiver la terre, on disait qu’ils parlaient un « patois » et on leur faisait comprendre que c’étaient des « culs terreux ». A l’époque, il était en effet possible de « s’élever dans l’échelle sociale » en devenant fonctionnaire ou en entrant dans une entreprise publique. Depuis ce modèle d’ascension sociale a vécu, surtout depuis l’après la seconde guerre mondiale, car le centre du monde s’est déplacé de l’autre côté de l’Atlantique, et le modèle économique dominant est devenu le système libéral à l’anglo-saxonne. Alors pour avoir une bonne place dans ce nouveau rapport de force mondial il faut apprendre à parler l’anglais ou le globish : la langue du dominant, du management, du « business » et des technologies de l’information. Le français devient à son tour un « patois » de la mondialisation, et les « gilets jaunes » sont les « culs terreux » du nouvel ordre mondial. Les « zélites » anglo-saxonisées ( Les LREMs, mais pas que…), font d’ailleurs sentir, sans se gêner, le mépris qu’ils ont pour ces « nouveaux culs terreux » (Macron en est l’archétype ! Lui qui parle en mal des français, et en anglais, à l’étranger). Eux, les urbains déterritorialisés, qui se sentent chez eux à New York, autant qu’à Paris ou Londres. Ils ont un peu honte d’être français, comme avant certains finissaient par avoir un peu honte de leur origine régionale. Par contre les « gilets jaunes » arborent le drapeau français, car eux ne sont pas déterritorialisés et restent attachés à un Etat protecteur…

          +12

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        • Frexit // 10.12.2019 à 17h47

          Bonne analyse.
          Je complète.
          Les régions ont été englobées dans le Royaume de France, en général par la force (guerres) ou par mariage. Ensuite sous Napoléon III, par référendum (plus ou moins truqué). Certains voudraient que ce processus continue : la France devrait être englobée dans une entité plus grande : une Europe fédérale.

          Pour les langues, il y a un invariant de l’histoire : les « zélites » adoptent la langue du vainqueur : les « zélites » gauloises passèrent très tôt au latin. « Au XVIIIe siècle, seuls 3 des 25 millions de Français comprennent , l’idiome du souverain, rappelle Alain Bentolila (« La langue française pour les nuls’). Partout ailleurs, les langues régionales dominent. Ce sont les nobles et les bourgeois qui, les premiers, adopteront la langue nationale. Par souci de distinction sociale. Et par intérêt : il est toujours utile d’adopter la culture du puissant.
          Il aura fallu, aussi, l’œuvre continue de la République et de la monarchie, sur près d’un millénaire. Et le recours à des méthodes qu’on n’accepterait plus aujourd’hui, tel ce « signal » imposé à l’enfant surpris en classe à prononcer un mot en breton, en auvergnat ou en alsacien. « L’instituteur lui accrochait au cou un sabot ou un morceau de fer, dont le « fautif » ne pouvait se débarrasser qu’en dénonçant l’un de ses camarades.
          Le même phénomène se répète aujourd’hui avec l’anglais, avec des méthodes plus insidieuses. Mais, étant optimiste, je reste persuadé que ce n’est pas un phénomène inéluctable.

            +1

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      • christian BERNARD // 10.12.2019 à 12h43

        En grande partie d’accord avec vous Frexit !
        Macron, ce n’est pas une majorité, mais c’est une vraie minorité qui savait ce qu’elle voulait et jouit de tous les pouvoirs (argent, presse, propagande, influence sur le Droit, et création d’une minable culture de masse américano-centrée qui est à son tour un outil de propagande massive…) grâce aux divines libres circulations des marchandises et des capitaux.
        Un bémol toutefois : un grand nombre de gens croient que la mondialisation est heureuse ou inévitable et que l’Europe nous rend plus fort, et adhèrent à Macron (à moins que ce soit Macron qui leur colle à la chaussure…) sans y avoir vraiment intérêt.

          +0

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  • Tchoo // 09.12.2019 à 10h15

    Tout ça est sûrement vrai, mais n’y at il pas aussi une volonté de créer une situation sans autre alternative. Le rachat de la dette française par les sociétés d’assurance vie chouchou des français refroidies tout politique qui pourrait imaginer faire défaut sur une partie de cette dette avec le risque de ruiner ses compatriotes.
    Bref une organisation qui, comme il est dit dans l’article n’offre qu’une seule alternative. Passer à autre chose et tout s’effondre, ce qui ne manquera pas d’arriver mai où certains se seront mis à l’abri. Ce qui explique aussi l’arrogance des élites financières qui n’ont plus aucunes retenues

      +5

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  • Urko // 09.12.2019 à 10h27

    Il est rare de lire un papier faisant le lien entre autant de paramètres sur ces sujets. Insister davantage sur la démographie aurait eu un intérêt certain, ainsi que sur les gains de productivité.

      +6

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    • Pinouille // 09.12.2019 à 10h50

      Et sur l’inexorable baisse de la croissance ces 30/40 dernières années.

        +4

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  • Antoine // 09.12.2019 à 10h33

    Ce sera une faute politique de spolier l’épargne privée.

      +3

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    • vert-de-taire // 11.12.2019 à 18h50

      Ah ?

      Le livret A n’est-il pas déjà bien entamé ?
      Un super impôt non ?

      Extrait W-pédia :
      « Le 1er août 2015, le taux d’intérêt du livret A a été porté à 0,75 %, son plus bas historique, et il restera bloqué à cette valeur jusqu’au 31 janvier 2020. Il se situe ainsi à un niveau inférieur à l’inflation. Le taux d’intérêt sera ramené à 0,5 % courant 2020, après les élections municipales.  »

      Cela concerne presque rien : ~267 milliards d’€ Livret A.
      Tous « livrets » + PEL -> 750 milliards en 2018
      https://publications.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/rapport_oer_2018.pdf

      De plus une partie de sa destination d’origine (logement social) a été détournée depuis Fillon/Sarko.

      Nos élus ne semblent pas en pâtir !

      La croyance basée sur des fables et mensonges fonctionne !
      Étonnant non ?

        +0

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  • Tonton Poupou. // 09.12.2019 à 10h35

    Ce qui est anxiogène, c’est que, si j’ai bien compris, pour l’épargnant moyen salarié ou retraité (c’est à dire la classe moyenne) – majoritaire dans la population occidentale – il n’y a de salut nul part ! sinon que les dominants changent de politique pour que le rendement de l’épargne redevienne ce qu’il a « historiquement » toujours été ; soit : 2%. Hors avez vous vu dans l’histoire des hommes, des dominants (une infime minorité) inverser à 180° leur politique, pour satisfaire les dominés (une immense majorité) et même si cette politique serait aussi la garante de leur propre survie à ces dominants. Et bien la réponse est : Non ! Alors que reste t-il aux dominés pour sauver leur patrimoine durement acquit par leur labeur et leur vertu d’épargnant ? Leurs yeux pour pleurer ? ………. Sinon renverser la table et investir les lieux du pouvoir pour l’exercer. Mais en sont ils capable ? : 1° De renverser la table. 2° d’exercer le pouvoir ?

      +12

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    • Robert // 09.12.2019 à 10h50

      La réponse : non dans les deux cas, je le crains !

        +3

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      • Tonton Poupou. // 09.12.2019 à 11h18

        Un certain Vladimir Illitch Oulianov avait répondu à ce genre de question par une autre question ; … « Que faire ? »…
        Et en Octobre 1917 à Saint Pétersbourg il a trouvé la réponse à donner à cette question ………..

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        • Cyd // 09.12.2019 à 14h35

          Oui et avec quels résultats !

          Son régime n’a pas fait illusion plus de quelques années avant de s’effondrer de lui même en quelques décennies

            +1

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        • Casimir Ioulianov // 09.12.2019 à 15h08

          Et il a finit par se retrouver aux manettes et il a transformé une dictature en une autre malgré tout ses efforts pour éviter de se retrouver dans ce cas.
          Que faire ?
          Pas la même chose en tout cas.
          La situation actuelle de taux négatifs me fait grandement repenser à la situation de l’Allemagne en 1922 ; face à des obligations données par des politiques débiles et corrompus, on a une banque centrale qui joue à faire n’importe quoi et qui ruine un pays croyant bien faire. Sauf que depuis le monde est mondial.
          Le taux d’une banque centrale , c’est 0 pour son état et entre 0.5 et 1% de plus que l’inflation pour les banques privées.
          Toute banque privée qui coule doit être laissé en paix et mourir, on abat bien les chevaux.

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    • Macarel // 09.12.2019 à 11h27

      Le système de domination de l’ancien régime (monarchie de droit divin, qui avait, avant elle-même mis les féodaux à sa botte), a été renversé en 1789. Mais au final c’est un nouveau système de domination qui s’est instauré à savoir celui de la bourgeoisie capitaliste, au travers de la sacralisation de la propriété des moyens de production. Ce système de domination a été remis en question plusieurs fois depuis par la classe ouvrière (révolution de 1830, 1848, 1871, etc…), mais à chaque fois la réponse a été d’écraser dans le sang la remise en question du « caractère sacré » de la propriété des moyens de production. Aujourd’hui, nous en sommes plus que jamais toujours au même point, voire pire, avec des monstres multinationaux qui s’accaparent tout à la surface de cette planète, privatisent tout avec le concours des Etats qu’ils ont préalablement soumis à leurs intérêts. Le renversement de cet ordre « propriétaire », ne peut se faire qu’à l’échelle mondiale. Et lorsque l’on constate l’émiettement dans le cadre national des forces qui contestent cet ordre, il est vrai que à l’échelle mondiale il y a loin de la coupe aux lèvres. Mais les gilets jaunes manifestent un début de prise de conscience qu’il faudra faire l’union sacrée aux delà des diverses sensibilités politiques, pour avoir la moindre chance de mettre fin, un jour, à cet ordre de domination implacable. Ordre, qui montre son vrai visage violent, dès qu’il est contesté un peu sérieusement, comme c’est le cas avec les gilets jaunes depuis plus d’un an. Effectivement, rien n’est gagné, mais se résigner c’est avoir perdu d’avance.

        +26

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      • Urko // 09.12.2019 à 11h58

        Vous négligez aussi que les expériences tentées pour contourner ce système ont toutes tourné au sordide, voire à l’ignoble, et que les populations sont donc logiquement devenues méfiantes envers ceux qui se proposent de tout révolutionner. Et les communistes peuvent bien raconter un peu partout que le vrai communisme n’a en fait jamais été mis en œuvre nulle part – ce n’est pas du tout ce qu’ils disaient quand l’URSS envoyait Gagarine dans l’espace – plus personne n’a envie de leur faire confiance, du moins pas aveuglement, et les voir se déguiser en écologistes de circonstance ne trompera franchement pas grand monde. Bref, il ne suffit pas d’émettre une critique sensée et fondée sur les défaillances d’un système pour que l’alternative proposée s’avère plus efficace et juste. Il en faut davantage.

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        • Dominique Gagnot // 09.12.2019 à 12h03

          Une alternative alliant propriété, et donc gestion, collective des Ressources, et libéralisme économique, est décrite dans la 2èm partie de ce livre, dont voici l’introduction :

          Le capitalisme dans son principe n’est pas nécessairement une arnaque, mais notre Système capitaliste en est une magistrale :
          Maximiser les profits conduit à organiser le pillage des ressources terrestres et humaines.
          ______________

          Cette entrée en matière est violente. Vous allez découvrir que la réalité est bien pire…

          Pour un observateur extérieur à notre monde, les raisons des catastrophes économiques, sociales et écologiques sont évidentes voire grotesques. Et pourtant nous ne les voyons pas car nous sommes prisonniers d’un système de pensée construit tout au long de l’évolution de nos sociétés occidentales.
          Vous allez découvrir dans ce livre par quels moyens une minorité tire les ficelles et que leur jeu est à l’origine de ces catastrophes.
          _____________

          Il est un fait passé sous silence que les puissants tirent leur pouvoir de la propriété des ressources essentielles. Celui qui tient la gourde dispose d’un pouvoir absolu sur ceux qui ont soif…
          Une réelle démocratie supposerait que la collectivité en soit propriétaire car ils perdraient ainsi leur domination et, comme nous le montrons dans ce livre, nous serions enfin libres de les gérer afin de restaurer la planète et sauver ses habitants dans un système qui, par ailleurs, peut être libéral.
          Cette hypothèse détonante semble insensée tant nous sommes conditionnés. Et pourtant… 

          Suite ici : http://bit.ly/capitalisme

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          • Urko // 09.12.2019 à 15h13

            Mais la détention collective des actifs ne résout pas le problème de leur allocation : qui décide de qui a droit d’accéder aux ressources naturelles pour produire tel produit plutôt que tel autre ? Qui décide où sera écoulé ledit produit et à qui si sa production plafonne ? Qui décide de qui va habiter l’une des jolies maisons avec la vue dégagée et qui va habiter l’un des appartements situés sous les vents dominants rabattant les fumées des usines ? Qui décide que telle tâche mérite telle rétribution et telle autre moins ou plus ?

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            • Dominique Gagnot // 09.12.2019 à 17h13

              C’est aux peuples de répondre à ces questions. Pour ma part j’ai fait des propositions qui me semblent couler de source, dans le lien en référence dans mon précédent post.

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        • Macarel // 09.12.2019 à 12h24

          Ben oui, il va falloir faire preuve de beaucoup d’imagination, et tenir compte des échecs du passé pour éviter de retomber dans les mêmes erreurs. Mais ne rien faire, face au bulldozer de la financiarisation à outrance et de la marchandisation de tout, c’est aussi aller vers un monde dystopique. Un monde qui tournera aussi au sordide, et à l’ignoble. Rien n’est facile en ce bas monde, mais se résigner c’est être déjà mort.

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        • Macarel // 09.12.2019 à 15h08

          @Urko

          Prenez le temps d’écouter cette conférence de Gaël Giraud, et vous verrez qu’il ne s’agit pas de revenir au communisme stalinien, mais de mettre des limites à la propriété privée. Ceci afin d’arriver à une bonne gestion des « communs », ce qui n’est pas le communisme.
          Exemple : les ressources halieutiques sont un commun, qui si nous ne nous imposons pas des règles adéquates pour les sauvegarder auront disparu des océans vers 2050.

          https://www.youtube.com/watch?v=WrUOXrl9C8g

          Plus particulièrement à partir de la minute 33.

            +8

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      • pascalou // 09.12.2019 à 14h16

        Pensez vous que ce syst. de domination puisse être remis en question une bonne fois pour toute par la contrainte climatique ou peut être accélérer le chgt qu’il impose ?

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        • vert-de-taire // 11.12.2019 à 19h06

          Tout laisse à penser que NON.

          Il suffit de regarder les résultats des COP pour comprendre que c’est une mascarade.

          Il ne se passe RIEN car le pouvoir (les riches) ne lâchent rien.
          Pour qu’ils lâchent, la seule solution est la révolution, c’est à dire reprendre le pouvoir.
          Seulement ce n’est pas facile..
          Lordon nous le raconte très bien.

          Et donner le pouvoir même à un collectif honnête semble problématique.
          L’ « honnête-homme » (tous et toutes humaines) se fait facilement gruger par les salauds.

          La solution est d’empêcher ceux qui veulent le pouvoir de l’obtenir.
          Un comble !
          Alors l’idée du tirage au sort devient crédible.
          Moyennant mille précautions, temps d’apprentissage, RIC, …
          mais aussi une puissante éducation populaire de la politique sous peine d’effondrement rapide.
          On en revient Condorcet .. éducation des adultes, une sorte de système pour « conditionner » les gens à une forme de libre-arbitre plus une solide culture politique.

            +0

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  • Louis Robert // 09.12.2019 à 12h12

    Bref… bref, le capitalisme n’est rien que le vol savamment organisé. Il veut votre bien et il l’aura.

    C’est pourquoi, comme le proclamait, immortel, l’humoriste américain George Carlin: «Le rêve américain, vous devez être endormi pour y croire. »

    https://www.youtube.com/watch?v=acLW1vFO-2Q

      +12

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    • Cyd // 09.12.2019 à 14h37

      Oui le capitalisme, c’est l’homme qui est un loup pour l’homme

      Le communisme, c’est l’inverse

        +1

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  • Danledeni // 09.12.2019 à 13h22

    Il faut que tous les epargants reprennent le bas de laine afin de couper l herbe sous les pieds de c. Lagarde et de calmer les banques.ce sera la reponse des epargants et au moins pas d,interet negatifs.
    En tout cas c,est ce que je vais faire.
    Salutaions

      +4

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  • Frexit // 09.12.2019 à 14h17

    D’abord une remarque pour clarifier les choses. La BCE fixe trois taux :
    1/ le taux de refinancement: il est égal à 0 depuis mars 2016; c’est le taux le plus important de la BCE; il n’est pas négatif comme le laisse entendre l’article.
    2/ le taux de dépôt: il est égal à -0,50%; les banques sont tenues de déposer dans leur compte à la Banque Centrale (en l’occurrence la Banque de France pour les banques françaises: la BDF) un montant qui correspond à un pourcentage des comptes de leurs clients (réserves obligatoires). Ce taux est devenu négatif essentiellement pour inciter les banques à ne pas déposer à la BDF des excédents de liquidités. Les banques sont plutôt incitées à prêter. L’effet réel est faible.
    3/ le taux de prêt marginal : facilité permanente offerte aux banques par la BDF; ce taux n’a pas d’effet majeur sur l’économie.
    La BCE a constaté que cette politique de taux bas ne relançait pas l’économie. Les Banques Centrales (BCE, FED, BOJ,..) se sont donc lancées dans des politiques « non conventionnelles » : LTRO, TLTRO, QE qui toutes se traduisent par l’achat ou la mise en garantie d’obligations d’Etat et même d’entreprises. Conformément à la loi de l’offre et de la demande, les taux des emprunts d’Etat sont devenus négatifs. Malheureusement, ces politiques n’ont pas permis de relancer l’économie. Seuls, les Etats et les entreprises en profitent, ces dernières profitant des taux bas pour racheter leurs propres actions faisant ainsi monter artificiellement les cours.

      +5

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  • Balcap // 09.12.2019 à 16h08

    Arrêtons de rêver, de croire que tout rentrera dans l’ordre. Non! Nous sommes face au mur .Le monde financier va plonger plus sérieusement Nous nous dirigeons sur la fin réelle de notre système financier. Nous serons dans l’obligation de créer autre chose si nous voulons survivre. La fin de notre monde et de notre système monétaire proche.

      +4

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  • gelmad // 09.12.2019 à 17h26

    Malheureusement, les français votent comme s’ils étaient milliardaires ! Peut-être qu’un jour prochain ils s’apercevront que ce n’est pas le cas ?
    Fallait quand même le faire d’élire un banquier !!!
    Entre 2 maux pensent-ils il faut choisir le moindre! Et bien non, entre 2 maux il fallait voter blanc. Si tel avait été le cas la légitimité de l’élection aurait été fortement remise en cause. L’ensemble des votes blancs aurait été supérieur à la somme de ceux des « 2 finalistes »
    Gardons l’espoir pour la prochaine fois ? Si tant est qu’il y ait une prochaine fois ?

      +5

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    • LaurentL // 09.12.2019 à 21h08

      Voter blanc c’est donner de la légitimité et cautionner un système dévoyé qui nous oblige à choisir entre la peste et le choléra.
      Seule une abstention massive pourra faire bouger les lignes.

        +2

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  • tchoo // 09.12.2019 à 18h00

    Il me semble que l’humain est apte à apprendre de ses expériences. Comprendre ce qui n’a pas fonctionner dans le passé et pourquoi devrait nous être profitable pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Ils serait faux même si tentant de croire que plus rien n’est possible puisque tout à été tenter et que rien n’a marché. Il me semble que dans toutes les expériences communistes tentées dans le monde certaines choses ont bien fonctionnées. Est-on encore capable d’en faire la synthèse et d’en tirer quelque enseignements autres que se lamenter

      +2

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  • Max // 09.12.2019 à 18h36

    Dans l’hypothèse d’un appauvrissement extrême, d’une liberté réduite suivi d’une révolte sanglante, je crains que la menace d’une incarcération ne soit plus une peine mais une chance de se loger et se nourrir « correctement ». À méditer…

      +2

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  • S.T. // 09.12.2019 à 20h41

    Le concept de « helicopter money » que l’auteur utilise est faux.
    Voir l’article en anglais de Steve Keen au magazine Forbes, « Don’t Trust Ben Bernanke On Helicopter Money ».

    Morceau: “Helicopter money” (or as he excitingly renames it, “a Money-Financed Fiscal Program, or MFFP”) is a direct injection of money from the government into people’s bank accounts, which is financed by a loan from the Federal Reserve to the Treasury. This differs from the standard way that Government spending is financed, which is by issuing Treasury Bonds that are then bought by the public.

    Or, ce n’est pas du tout ce que le FED a fait. Donc c’est incorrect de dire que Barnake a mis en place « helicopter money » à la suite de la faillite de Lehman Brothers.

    De même l’ECB n’a jamais fait du « helicopter money ». Draghi a fait du « assouplissement quantitatif » ou « quantitative easing ». C’est tout à fait différent!
    Il y a plusieurs façons de « faire tourner la planche à billets » et l’auteur semble ne pas comprendre les différences entre les moyens utilisés et l’êffet qu’on obtient.

      +3

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    • Kokoba // 10.12.2019 à 08h32

      Exact.

      Ce que font les banques Centrales avec le Quantitative Easing c’est :
      1) On imprime des tombereaux de monnaie
      2) On distribue cet argent aux banques qui ont pour charge de le redistribuer à l’économie réelle

      Le problème, c’est que cet argent ne se retrouve pas dans l’économie réelle ce qui rend nos banquiers très chagrins.
      Ils cherchent une solution au problème mais pour l’instant n’ont pas trouvé.

      L’helicopter money c’est :
      1) On imprime des tombereaux de monnaie
      2) On charge cet argent dans un hélicoptère, on survole les villes et on balance l’argent par la porte avec une pelle

      La différence ici, c’est que l’argent est directement distribué à la population.
      Bien entendu, la théorie de l’helicopter money est une blague à l’origine mais vu l’etat de l’économie actuellement, c’est discuté très sérieusement.

        +5

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      • S.T. // 10.12.2019 à 22h11

        La rationalité du « helicopter money » serait de stimuler la demande. Quand l’argent frais cherche des produits à consommer/acheter les prix montent et on a de l’inflation. Pourtant les possédeurs d’argent liquide fuient l’inflation comme le diable fuit la croix. Mais par contre les détenteurs de liquide soi-disant épargnants pleurnichent quand les taxes d’intérêt sont basses en conséquence de l’inflation basse. Ils ne sont jamais contents ceux-lá. Et pourtant l’inflation est indissociable de la croissance. Il ne faut que regarder l’histoire de l’économie pour constater qu’une inflation modérée est indispensable à la croissance.
        Par contre le Q.E. n’a pas un effet inflationniste parce que l’argent crée n’arrive pas au consommateur.
        C’est tout bête de stimuler l’offre quand la capacité installée (industrielle, commerciale) n’est pas utilisée en plein. Et pourtant c’est cela qu’on insiste à faire dans la zone euro.

          +2

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  • Bouddha Vert // 09.12.2019 à 22h15

    L’article n’est malheureusement pas suffisamment clairvoyant pour expliquer la crise « subprime » au travers de la déplétion pétrolière de 2008, et c’est dommage.
    La politique de « l’Helicopter money » a été réalisée pour sauver les acteurs financiers, ce qui est heureux, mais nos législateurs n’ont malheureusement pas détruit le modèle des « banques universelles », ce qui a permis de conserver des garanties pour leurs opérations financières souvent dangereuses (ce qui n’est même pas suggéré dans l’article).
    En fait l’auteur fait comme si l’ancien monde était possiblement réformable pour assurer une nouvelle période de croissance, à 2% mais mieux répartie.
    Or, maintenant que la compréhension du lien indéfectible entre croissance économique, financière, et consommations de ressources est clairement établi, que son découplage absolu est un argutie comparable au déni de l’alcoolique qui déclare « demain j’arrête », on peut estimer que « Ruptures » nous fait perdre du temps, entretient de faux espoirs et retarde la prise de conscience douloureuse que les 30 glorieuses ne reviendrons jamais.
    Rappel: 2% annuel c’est le doublement des richesses, donc prélèvements de ressources, tous les 35 ans, donc X8 par siècle! Vers l’infini et au delà…………………….

    Analyse d’une crise pour mieux masquer celle, sous-jacente, de l’absence de limite à nos désirs consuméristes.
    Salutations potagères

      +5

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