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30.juin.202030.6.2020 // Les Crises

L’Europe doit se préparer à la vie « après pétrole » – par Nafeez Ahmed

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Source : EPC, Nafeez Ahmed
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La pandémie de COVID-19 nous oblige à laisser derrière nous l’ère des combustibles fossiles. L’Europe doit commencer à se préparer pour l’après.

Le prix du pétrole s’est effondré. La cause la plus visible en a été les mesures prises pour contenir la pandémie de COVID-19, qui ont provoqué des baisses record de la demande mondiale de pétrole.

Cependant, la crise met également en évidence les vulnérabilités structurelles de notre système économique qui dépend des combustibles fossiles, ce qui nous oblige à passer rapidement à un système énergétique alternatif si nous voulons éviter l’effondrement économique.

Le concept scientifique le plus important pour évaluer et comprendre ces vulnérabilités est le « taux de retour énergétique » (TRE) – le fondement de la discipline émergente de l’économie biophysique. Le TRE est conçu pour mesurer la quantité d’énergie nécessaire pour extraire l’énergie d’une ressource particulière. Ce qui reste est connu sous le nom « d’énergie nette » excédentaire, utilisée pour soutenir les biens et services de l’économie en dehors du système énergétique. Plus le ratio est élevé, plus il reste d’énergie excédentaire pour l’économie. Cet excédent s’épuise de plus en plus.

Au début du XXe siècle, le TRE des combustibles fossiles atteignait parfois 100/1 : une seule unité d’énergie suffisait pour extraire cent fois cette quantité. Mais depuis lors, le TRE des combustibles fossiles a considérablement diminué [1], car nous extrayons des combustibles fossiles dans des endroits de plus en plus difficiles d’accès. Entre 1960 et 1980, la valeur moyenne mondiale du TRE des combustibles fossiles a diminué [2] de plus de moitié, passant d’environ 35/1 à 15/1. Elle continue de baisser [3] : les dernières estimations situent cette valeur entre 6/1 et 3/1.

Le déclin du facteur TRE des combustibles fossiles a agi comme un « frein discret » sur le taux de croissance économique des économies industrielles avancées du monde, qui est en phase de ralentissement [4] depuis les années 1970.

L’Union européenne : un continent post-pétrolier

Bien qu’il n’y ait pas beaucoup de débat sur ce sujet, l’Europe en est un bon exemple. Vers le début du siècle, tous les pays producteurs de pétrole conventionnel [5] du continent – à l’exception peut-être de l’Italie – avaient dépassé leur pic de production.

Une étude publiée par l’École d’économie de Paris [6] a montré que sur une période de 40 ans, le PIB est étroitement corrélé à la production d’énergie primaire dans 50 pays. L’implication est que, à moins que l’Europe ne puisse passer à un approvisionnement énergétique alternatif à long terme, elle est confrontée à un avenir de contraction économique durable.

Dans le passé, les problèmes énergétiques intérieurs de l’Europe ont incité de nombreux États membres à se tourner vers le pétrole et le gaz russes comme solution. Mais même avant la pandémie, des études ont montré que la production russe approcherait de ses limites [7] au cours de la prochaine décennie.

L’implosion du schiste

La vulnérabilité des marchés pétroliers mondiaux a ajouté une nouvelle volatilité à ce défi pour l’UE. En 2005, le pétrole brut conventionnel mondial a connu un long plateau. Pour répondre à la demande, l’industrie s’est tournée vers des formes plus coûteuses et non conventionnelles. Depuis lors, le schiste américain a fourni quelque 71,4 % de la croissance de l’offre mondiale de pétrole [8].

En février, le Service géologique de Finlande – une agence gouvernementale finlandaise qui supervise la modélisation des ressources minérales de l’UE – a publié [9] une étude exhaustive qui a révélé que cette expansion tant vantée était en réalité une « bulle » alimentée par la dette.

Bien qu’il reste « beaucoup de pétrole », il est « de plus en plus coûteux d’y accéder », met en garde le rapport. La production record de pétrole de schiste s’est faite à des coûts plus élevés et avec une productivité en baisse. La plupart des compagnies de pétrole de schiste ont été confrontées à un flux de trésorerie négatif, compensé par le recours à des milliards de dollars de dettes non remboursables.

La pandémie a été l’épingle qui a fait éclater cette bulle de pétrole. Celle-ci pourrait ne jamais regonfler.

Effondrement du secteur pétrolier mondial

La pandémie a donc paralysé l’industrie pétrolière mondiale, et l’effondrement de la demande durera probablement au delà d’une année, même dans le scénario le plus positif. Pourtant, on ne peut pas simplement mettre les puits de pétrole en service et hors service. Comme il s’agit de gisements organiques dont l’extraction nécessite une pression, un arrêt prolongé risque d’endommager massivement les réserves, dont la réparation pourrait s’avérer trop coûteuse.

Outre le secteur américain du schiste, les grands producteurs tels que l’Arabie saoudite et la Russie, ainsi que la production européenne en mer du Nord, sont tous des « hémorragies d’argent » [10].

D’ici à ce que nous arrivions dans un monde post-COVID-19, une grande partie de l’industrie pétrolière mondiale et européenne pourrait être décimée de façon permanente. Même si la demande réapparaît (et il est probable qu’elle le fasse dans un contexte économique contraint), cela pourrait entraîner des hausses de prix exorbitantes, freinant encore davantage la croissance économique.

Dans un cas comme dans l’autre, la surabondance actuelle de pétrole ouvre la voie à une pénurie à long terme. Les stations-service indépendantes sont déjà obligées de fermer [11] car les ventes de carburant se tarissent, ce qui met en danger les réseaux de transport et les chaînes d’approvisionnement essentielles.

Le système alimentaire industriel mondial, qui dépend fondamentalement des intrants pétroliers à chaque étape – engrais, pesticides, machines agricoles, transformation, conditionnement, transport et distribution – pourrait être soumis à une pression sans précédent. Les principaux processus d’extraction et de fabrication qui soutiennent l’industrie telle que nous la connaissons pourraient également se heurter à un mur. Et comme le pétrole est nécessaire à la production de plastiques, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour de nombreuses industries qui en dépendent.

Accélérer le Green Deal

Cela signifie que les États membres qui appellent à abandonner le Green New Deal en raison de la crise exigent en fait que l’UE se suicide économiquement.

Loin d’abandonner le New Deal, l’UE devrait se rallier à sa vision d’une révolution industrielle durable, et les États membres devraient intégrer cette approche dans leurs réponses économiques d’urgence à la pandémie. Celle-ci doit reposer sur un nouveau système énergétique qui donne la priorité à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables.

Cela nécessite l’application d’une double tactique : une approche « d’économie de secours » conçue pour atténuer les risques immédiats et une transition rapide vers des bases économiques durables et résistantes.

Accélérer la « troisième » révolution industrielle propre

Plus la transition vers une nouvelle infrastructure industrielle durable est retardée, plus l’impact de la crise pétrolière actuelle sur les chaînes d’approvisionnement critiques de l’Europe dans les domaines de l’énergie, de l’alimentation et de la fabrication sera important.

Nous ne serons pas libérés des contraintes biophysiques. Les énergies renouvelables ont leurs propres limites et ne peuvent pas soutenir un paradigme économique de « croissance sans fin ».

Cela signifie que l’accélération de la transition vers l’abandon du pétrole doit s’accompagner d’une transformation complète des principaux secteurs industriels afin de créer une nouvelle infrastructure dynamique et durable dans les domaines de l’agriculture, de la mobilité et de l’industrie. Ces secteurs devront abandonner les préoccupations économiques traditionnelles d’avant la pandémie, axées uniquement sur les profits des actionnaires, et s’orienter plutôt vers un objectif social.

Réformer les marchés afin qu’ils agissent pour l’intérêt général

Pour y parvenir, les gouvernements devront peut-être conclure des partenariats plus étendus avec le secteur privé, que ce soit au moyen d’injections de capitaux ou même de la nationalisation d’industries essentielles. Dans certains cas, nous pouvons avoir besoin d’une nationalisation pure et simple – dans d’autres, nous pouvons avoir besoin que les gouvernements créent des incitations pour que le secteur privé produise les biens et services dont nous avons réellement besoin.

Cela nécessitera à son tour d’orienter les finances, les prêts et les subventions vers de nouvelles entreprises industrielles et agroécologiques propres, y compris de nouvelles pratiques d’économie circulaire dans le recyclage des plastiques et des minéraux.

De plus, la nationalisation des secteurs pétroliers affaiblis pourrait être le seul moyen [12] pour les États membres de l’UE de protéger leurs économies alors que l’industrie se replie selon un calendrier fixé par la science. En même temps, c’est l’occasion de protéger, de requalifier et d’aider les travailleurs de l’industrie à passer à de nouveaux projets d’infrastructures durables et renouvelables.

Une réforme monétaire

Mais l’UE devrait également envisager une réforme monétaire radicale. L’argent ne devrait pas être emprunté au secteur bancaire privé, mais devrait être créé par les banques publiques (un processus qui a maintenant commencé [13] au Royaume-Uni via la Banque d’Angleterre), et ce, sans qu’il y ait dette. Cela permettra d’éviter les risques de surcharge de l’économie par des dettes et créera une source de financement durable pour les nouveaux investissements en infrastructures qui peuvent éviter les risques d’inflation, tout en créant de nouveaux emplois.

Un changement de paradigme économique : de nouvelles mesures pour la prospérité

Cela ne fait qu’effleurer la surface de la pensée toute faite dont nous aurons besoin pour sevrer nos économies des combustibles fossiles. En fin de compte, c’est le paradigme de la « croissance sans fin » lui-même – né à l’époque du pétrole bon marché et abondant – que nous devons transcender.

D’une part, cela signifie que l’Europe devra faire face à la possibilité qu’une croissance continue du PIB devienne impossible dans un contexte post-pandémique. D’autre part, les entreprises devront renouer avec leur objectif social fondamental afin de rester pertinentes et viables.

Au lieu de produire éternellement des « trucs », nous devrons revoir les notions de prospérité qui soutiennent les « économies de bien-être » à l’intérieur des limites planétaires. Le passage systématique à de nouveaaux indicateurs de la prospérité au-delà du PIB, axés sur le bien-être, sera une étape cruciale pour permettre la mise en œuvre de nombre des propositions exposées ci-dessus. Le modèle de « l’économie du beignet », créé par l’économiste d’Oxford Kate Raworth, est un guide utile pour y parvenir. Mais ce modèle ne tient pas compte des contraintes biophysiques tel le TRE de l’extraction des ressources naturelles. Nous devons donc fonder la transition économique sur une préoccupation beaucoup plus importante concernant les coûts réels de l’exploitation des ressources naturelles.

Dans une certaine mesure, ce processus est déjà entamé. Partout dans le monde, les dirigeants des villes, des États et des pays mettent en avant des plans de relance économique innovants [14] conçus pour générer une résilience écologique nouvelle, atténuer les risques climatiques et générer une plus grande équité raciale, sexuelle et économique. Ces plans, bien que balbutiants, doivent être rapidement étendus au rythme de l’urgence.

Cela signifie que les plans de relance doivent faciliter une refonte à long terme de nos économies à partir de leurs fondements. Il s’agit de passer d’une économie du laisser-faire de type « chacun pour soi » à des approches nouvelles, de coopération et d’inclusion. A défaut, l’alternative en serait l’effondrement économique. Mais le résultat [15] en est que de tels plans de relance budgétaire propres peuvent créer une plus grande résilience face aux menaces imminentes comme le changement climatique, tout en ayant le plus grand potentiel pour entraîner une forte performance économique à l’intérieur des limites planétaires et des contraintes biophysiques.

La chute du prix du pétrole est un signe majeur que la civilisation industrielle telle que nous la connaissons a atteint un point d’inflexion. La pandémie de COVID-19 nous oblige à laisser l’ère des combustibles fossiles derrière nous. L’Europe doit commencer à se préparer à la vie d’après le pétrole.

Le Dr Nafeez Ahmed est directeur exécutif du System Shift Lab, chercheur à l’Institut Schumacher pour les systèmes durables, journaliste d’investigation et stratège du changement. Son dernier livre s’intitule « Failing States, Collapsing Systems : BioPhysical Triggers of Political Violence » (Springer).

Notes :

[1] Court, Victor & Fizaine, Florian (2017), “Long-Term Estimates of the Energy-Return-on-Investment (EROI) of Coal, Oil, and Gas Global Productions”, Ecological Economics, Volume 138, August 2017, pp. 145-159.
[2] del Castillo-Mussot, Marcelo, Ugalde-Véle, Pablo, Montemayor-Aldrete, Jorge, de la Lama-García, Antonio Alfredo & Cruz, Fidel (2016), “Impact of Global Energy Resources Based on Energy Return on their Investment (eroi) Parameters”, Perspectives on Global Development and Technology, Volume 15, Issue 1-2, pp. 290-299.
[3] University of Leeds, ScienceDaily, “Fossil fuels increasingly offer a poor return on energy investment”, 11 July 2019.
[4] Ahmed, Nafeez, VICE, “Trump’s Plans for Fossil Fuels Will Shrink the Economy”, 19 January 2017.
[5] Jancovici, Jean-Marc, “Peak oil? Did it already happen somewhere?”, Jean-Marc Jancovici (accessed 20 May 2020).
[6] Giraud, Gaël & Kahraman, Zeynep, (2014), “How Dependent is Growth from Primary Energy? Output Energy Elasticity in 50 Countries (1970-2011)”, PSE Working Paper, pp. 1-21.
[7] Dittmar, Michael, (2016). “Regional Oil Extraction and Consumption: A Simple Production Model for the Next 35 years Part I”, BioPhysical Economics and Resource Quality, Volume 1, Issue 7, pp. 1-19.
[8] International Energy Agency (IEA), “United States to lead global oil supply growth, while no peak in oil demand in sight”, IEA (accessed 20 May 2020).
[9] Ahmed, Nafeez, VICE, “Government Agency Warns Global Oil Industry Is on the Brink of a Meltdown”,4 February 2020.
[10] Reed, Stanley, The New York Times, “Will the Coronavirus Pandemic Doom North Sea Oil?”, 22 April 2020.
[11] Hull, Rob, This is Money, “Hundreds of rural petrol stations face closure as fuel demand dries up during coronavirus lockdown, trade body warns”, 1 April 2020.
[12] Aronoff, Kate, The New Republic, “A Moderate Proposal: Nationalize the Fossil Fuel Industry”, 17 March 2020.
[13] Dewhirst, Hannah, “Major Breakthrough on Public Money Creation: The Bank of England Will Directly Finance Government Coronavirus Spending”, Positive Money (accessed 20 May 2020).
[14] Climate Interactive, « Green Equitable Recovery Plans: COVID-19 Integrated Recovery Plans That Multisolve For Economic Recovery, Equity, and Climate« , Climate Interactive (accessed 20 May 2020).
[15] Hepburn, Cameron, O’Callaghan, Brian, Stern, Nicholas, Stiglitz, Joseph & Zenghelis, Dimitri, (2020), “Will COVID-19 fiscal recovery packages accelerate or retard progress on climate change?”, Oxford Smith School of Enterprise and the Environment, Working Paper No. 20-02.

Source : EPC, Nafeez Ahmed

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Commentaire recommandé

Patrick // 30.06.2020 à 08h43

Le gaz de schiste est une vaste escroquerie qui a déjà brûlé des centaines de milliards de dollars en pure perte.
Les principaux acteurs du marché sont en train de faire faillite les uns après les autres, la crise actuelle n’aura été que la pichenette qui met tout le monde au tapis.

61 réactions et commentaires

  • Cotyle // 30.06.2020 à 07h39

    Bigre, que de contre-vérités : (j’en soulevé 3)
    – Toute Economie ne fait que transformer l’énergie en biens et services… Tant qu’un débouché est possible, le système continue (que cela soit bien ou mal…c’est le principe même de l’économie)
    – L’auteur présente une étude en FÉVRIER sur le gaz de schiste … Montrant ainsi que la pandémie serait la cause de l’escroquerie pétrolière US … On le savait bien avant que l’industrie du schiste creusait plus de déficits que de puits !
    – La solution monétaire avancée …Juste celle de Ch. de Gaulle ! Et déjoué par Giscard et ce qui deviendra l’UE ! Trop comique ce retournement idéologique !

    L’exemple anglais fait sourire quand un européiste montre l’intérêt de la souveraineté d’un État ! Mais c’est toujours pareil : aller dans le sens du vent pour conduire le troupeau là où l’on veut …le vernis craque de plus en plus pour eux.

    • Patrick // 30.06.2020 à 08h43

      Le gaz de schiste est une vaste escroquerie qui a déjà brûlé des centaines de milliards de dollars en pure perte.
      Les principaux acteurs du marché sont en train de faire faillite les uns après les autres, la crise actuelle n’aura été que la pichenette qui met tout le monde au tapis.

      • EugenieGrandet // 30.06.2020 à 17h33

        Je ne comprends pas en quoi le gaz de schistes est une vaste escroquerie. Cela a permis aux US de devenir le premier producteur mondial de gaz (ils pèsent 25% de la production mondiale), moitié plus que la russie, deuxième producteur mondial . Effectivement, quelle belle escroquerie !!

        Les faillites sont juste temporaires. Effectivement, le prix très bas du gaz US (grâce à ces niveaux de production extrêmement élevés) ne permet pas à tous les producteurs de gagner leur vie mais permet aux consommateurs d’avoir une énergie très bon marché (industrie lourde, consommation domestique, etc…). Ces producteurs faillis seront rachetés (en fait les droits sur les concessions) par des plus gros (les majors US notamment) qui ont les reins solides et qui attendront patiemment que le prix remonte (la baisse n’est que conjoncturelle aux US)

        • douarn // 30.06.2020 à 19h35

          EugénieGrandet, Je crois que Patrick voulait parler du pétrole de roche mère.

          • Patrick // 30.06.2020 à 21h20

            oui , tout à fait.
            Là on parle du pétrole . Mes excuses.

          • EugenieGrandet // 01.07.2020 à 10h09

            Merci pour la désambiguation (sic). Mais mon propos sur le gaz de schistes (de roche mère) s’applique presque au pétrole !

            En effet, les USA ne sont pas exportateurs nets de pétrole (à la différence du gaz) mais ils sont quand même devenus le premier producteur mondial (17 millions de baril/jour en 2019, pour 7 millions en 2009) devant l’arabie saoudite (11 M de barils par jour). Donc, pour moi, ce n’est pas une escroquerie.

            La même logique va être à l’oeuvre dans le pétrole: recherche d’une baisse du point mort par l’innovation pour forer/produire moins cher. Et si ça ne fonctionne pas, faillite et reprise par des majors ou gros acteurs.
            Pourquoi? Parce que la demande aux US ne va pas baisser « Notre mode de vie n’est pas négociable » (G Bush père). Et parce que les réserves sont là (elles sont la roche mère du pétrole produit depuis plus de 100 ans aux USA). Plus besoin de le chercher, il est « sous les pieds ».
            Alors si les USA peuvent produire localement en important le moins possible, ils sont ‘indépendants’ énergétiquement.
            Et ainsi entre en scène la dimension géopolitique. Mon interprétation est que les USA sont prêts à continuer le Quantative Easing (création monétaire) nécessaire au financement de leur économie et ainsi de celui des milliers de forages annuels nécessaires à la production du pétrole et gaz de roche mère.

            Enfin, il y a une erreur fréquente dans les analyses: les coûts sont des opex, pas des capex (je peux élaborer)

        • Pascalcs // 03.07.2020 à 10h15

          C’est une escroquerie financière dans laquelle il n’y a pas que des OPEX. Ce sont des centaines de milliards de dettes et donc de crédits créés par les banques pour soutenir cette activité hautement nocive d’un point de vue environnemental. Aucun des effets environnementaux de long terme ne sont incorporés dans le prix de revient de ce gaz ou du pétrole de schiste. Des milliers de km carrés sont troués et exploités pour quelques mois seulement et subséquemment jonchés de boues polluantes stockées dans des lagunes que peu surveilleront dans un futur plus ou moins proche.
          Le but étant essentiellement la satisfaction d’une stratégie très supportée par le gouvernement américain d’indépendance énergétique et d’arme contre les principaux acteurs mondiaux du gaz nat. Ces derniers étant rarement en odeur de sainteté à Washington. Mais dans un pays, les US, où on achète 1$ de PIB avec 7$ de dette supplémentaire, cela fait belle lurette que le mot escroquerie a disparu du langage des milieux bancaires et financiers.

    • RV // 01.07.2020 à 20h34

      La première loin d’être une contre-vérité est une lapalissade qu’il va bien falloir faire entrer dans nos petites têtes !
      ///// Toute Economie ne fait que transformer l’énergie en biens et services /////
      Il faudrait plutôt dire toute transformation se fait au moyen de l’énergie. L’énergie est le moyen de la transformation.
      Vous aurez beau avoir les plus belles usines, les meilleurs travailleurs et robots, et les capitaux les plus abondant, il n’y aura aucune transformation de quoi que ce soit sans apport d’énergie. De même toutes nos prothèses, j’entends pas là les machines qui font tout à notre place, sont tributaires d’une source d’énergie.
      C’est la thèse vulgarisée par Jancovici.

  • Barbe // 30.06.2020 à 07h40

    Pourquoi ne prend t il pas en compte des questions géopolitiques ? Par ex si le yankee met la main sur les réserves du Venezuela, est ce que le tre va augmenter ?

    • Patrick // 30.06.2020 à 09h28

      les réserves du Venezuela ?
      Il restera à estimer l’état réel de ces réserves , largement gonflées sur le papier par Chavez.
      De plus , ce pétrole est très lourd , il est intéressant pour faire des fuels et du kérozène , ce que ne permet pas le pétrole de schiste mais il est aussi plus compliqué à extraire.
      Pas sur que le salut vienne du Venezuela.

      • Blabla // 30.06.2020 à 16h07

        Le pétrole extralourd vénézuélien nécessite d’être mélangé avec un pétrole léger pour faire de l’essence.
        Ironiquement, le gaz de schiste US est son complément idéal et une alliance entre les deux leurs serait mutuellement bénéfique… mais ça n’arrivera pas

        • EugenieGrandet // 30.06.2020 à 17h17

          @Blabla;
          Pas tout à fait, le pétrole extra lourd vénézuélien (orénoque en fait, car le maracaibo est beaucoup plus léger) doit être allégé (upgradé) avec des produits adhoc pour ensuite être envoyés dans des raffineries US adaptées/réglées pour ce pétrole toujours un peu lourd.
          C’est aux US qu’il devient de l’essence (sans l’aide des gaz de schistes).

          @Patrick; les monstrueuse ressources de pétrole extra lourd de la ceinture de l’Orénoque risque de rester en terre pour très longtemps car son TRE (6:1 contre 20:1 pour le pétrole conventionnel) n’est vraiment pas économiquement intéressant. Ou alors avec un prix disons 4 ou 5 fois ce qu’il est aujourd’hui (tout comme les bruts lourds du Canada où le TRE voisine 2:1 !!)

      • Dominique65 // 01.07.2020 à 21h05

        « l’état réel de ces réserves , largement gonflées sur le papier par Chavez. »
        Ça fait longtemps que Chavez est mort, et chaque fois qu’un média parle de l’économie du Venezuela, son journaliste ajoute toujours « pourtant assis sur les plus grosses réserves de pétrole du monde ». À la solde de Chavez ? Si c’était le cas, il parlerait plutôt des sanctions et embargo étasunien.

        • Patrick // 02.07.2020 à 09h37

          Disons que quelque soit le pays , on peut toujours se poser des questions sur la réalité des réserves « déclarées ».
          Il y a une vingtaine d’années , L’EAI avait estimé les réserves du Venezuela à environ 77 milliards de barils , ces réserves ont été « réévaluées » à plus de 300 milliards de barils par le gouvernement de Chavez , chiffre qui n’a pas bougé depuis.

          Je sais … on peut en dire autant des réserves de l’Arabie Saoudite et d’autres.

          • Dominique65 // 02.07.2020 à 15h26

            @Patrick
            J’ignore, comme tout le monde, la réalité de ces réserves. Ce que je veux dire, c’est que ce sont les médias qui nous parlent sans arrêt de ces réserves, ce n’est pas feu Chavez, et pour cause. Cordialement.

    • EugenieGrandet // 30.06.2020 à 17h47

      @Barbe; non le TRE n’a rien à voir avec qui « met la main » sur les réserves. C’est de la technique car ce pétrole est très visqueux (lourd.) Pour extraire 6 barils vénézuéliens, il faut en brûler (d’une manière ou d’une autre) l’équivalent de 1. Alors que pour le pétrole conventionnel, on est plus proche de 20 pour 1.

      Juste pour info, le pétrole vénézuélien partait déjà en grande quantité aux USA où il était raffiné dans des raffineries dont certaines appartiennent à PDVSA , la compagnie nationale vénézuélienne. Cependant la production du Venez s’est effondrée en 10 ans (passant de 2,9 Mb/j en 2009 à 0,8 en 2019 pour cause de gestion catastrophique par l’Etat. Et elle couvre à peine maintenant la consommation interne.)

      Au passage, je me permets de dire que le terme « mettre la main sur les réserves » n’a en fait pas de sens. C’est l’Etat vénézuélien qui octroie des concessions à des compagnies (aujourd’hui chinoises, russes, européennes, américaines, ….) en association minoritaire (un étranger ne peut avoir plus de 40%) avec la compagnie nationale du Venezuela.

      • barbe // 30.06.2020 à 18h48

        « mettre la main sur les réserves » n’a en fait pas de sens.
        Et quand Sadam ou M Kadhafi voulait vendre autrement l’or noir, cela n’avait pas de sens non plus?

        • EugenieGrandet // 01.07.2020 à 10h15

          Pouvez vous élaborer (« vendre autrement »)? Je ne comprends pas.
          Vous voulez dire que c’est eux personnellement qui avaient mis la main sur les réserves de leur pays? Qui le « volaient » à leur pays?

          De mon côté, je parlais d’une logique externe où un pays « met la main » sur les réserves d’un autre. Et ça, pour moi, ça n’a pas de sens. Par exemple, cela a souvent été cité pour la guerre US en Irak. Mais les compagnies qui aujourd’hui produisent sont chinoises, russes et européennes. Une seule est US. Et toute la production irakienne exportée va en Asie du Sud Est. Donc les US n’ont pas « mis la main sur le pétrole irakien ».

      • Mr expat // 01.07.2020 à 05h57

        La cause de l’effondrement de la production vénézuélienne n’a rien à voir avec la gestion catastrophique de l’état comme la propagande occidentale aime à le faire croire et tout à voir avec l’embargo américain.

        Toute l’industrie pétrolière du Venezuela a été construite par des entreprises américaines utilisant les normes et les pièces américaines. Hors l’embargo, empêche justement le Venezuela d’acheter les pièces de rechange indispensables au maintien en activité de l’exploitation.
        À cela s’ajoutent des sabotages avec la destruction des stocks de pièces encore existants.

        Le Venezuela essai maintenant avec l’aide de l’Iran de créer sa propre industrie pétrolière, mais c’est un processus industriel qui déjà en temps normal et très long, alors en étant sous embargo en plus….

        • EugenieGrandet // 01.07.2020 à 10h49

          Sur l’effondrement depuis 2018 de la production, l’impact de l’embargo ne peut s’appliquer que depuis 2019 (janvier 2019 : embargo sur les pièces détachées et les diluants).

          Mais la lente érosion de la production du pays des années précédentes (2000-2018) est indépendante de cet embargo.

          Les processus internes des entreprises mixtes (PDVSA 60%, Compagnies étrangères 40%) étaient tels qu’il leur était extrêmement difficile de commander des pièces détachées à cause de l’impéritie des partenaires (décideurs à 60%) vénézuéliens. Impossible de leur faire comprendre l’importance d’une maintenance préventive, d’acheter des pièces de rechange en amont des pannes, etc…
          Il y avait toujours une bonne raison de ne pas lancer les achats. Et lorsque la panne survenait, c’était un chemin de croix (administratif) pour obtenir un accord pour acheter les pièces, avec le délai de fabrication puis livraison alors qu’une unité était à l’arrêt.

          Résultat, les upgraders sur la côté tombaient en panne. Dimensionnés pour 200 000 barils par jour, ils ne produisaient que 100 000 les bons jours.

          Donc le système vénézuélien s’est tiré une balle dans le pied tout seul. Par son incompétence (si vous saviez le nombre d’ingénieurs de PDVSA qui ont quitté le pays, exaspérés par les conditions de travail et de vie dans le pays.) Et par ses décisions politiques absurdes avec des licenciements massifs d’ingénieurs compétents chez PDVSA -18 000 personnes après les grèves de 2003-.

          • Mr expat // 03.07.2020 à 13h38

            Merci de ses informations très intéressantes et à prendre en compte.

            Toutefois en regardant la courbe des exportations pétrolières on peut voir que celle-ci est relativement stable depuis 2009 et atteint un pic en 2015, puis commence à s’effondrer en 2016.
            Or cela correspond à la période où l’opposition anti-chavistes obtient pour la première fois la majorité au parlement et au début des grandes manifestations anti-Maduro.

            Sans remettre en cause les problèmes structurels précédents, cela a quand même une forte odeur de sabotage économique, les opposant de Maduro étant principalement la droite et grand propriétaire & industriel pour qui la pression économique sur le gouvernement est un outil en or pour le décrédibiliser.

  • Alfred // 30.06.2020 à 07h48

    Nous sommes d’accord sur le constat. Quoique seul la baisse du TRE nous importe véritablement, le fait que la triche du gas de schiste ait permis d’extraire un bien concret avec de la monnaie de singe et de la dette m’importe moins que la dégradation de l’environnement qui en découle (bizarre priorité sur la monaie de singe pour un écolo).
    Et alors concrètement dr Nafeez? Un avis sur les éoliennes subventionnées non recyclables et à faible durée de vie? Sur la totomobile électrique pour riche (subventionnée aussi en monaie de singe, non recyclable et à faible durée de vie (la batterie)?
    Un avis de technicien ou d’ingénieur et un état de la recherche sur les batteries vegetales, sur le retour des volants d’inertie et autre recherches pratiques m’intéresserait davantage.

    • Gilles // 01.07.2020 à 08h13

      Avis d’ingénieur : laissez tomber les véhicules électriques si vous n’avez pas des centrales nucléaires sous la main. L’ingénieur pense aussi qu’il est urgent de cesser de s’en remettre à la technologie (comme dans toute religion, les miracles sont souvent des escroqueries), et aussi urgent de repenser le fonctionnement collectif en fonction des limites energetiques à venir.

  • Pierre Darras // 30.06.2020 à 07h55

    C’est généreux, ça mange pas de pain mais ça ne pose pas la question fondamentale .
    En deux siècles, les humains se sont hissés à un niveau de confort inouï grâce à l’exploitation de myriades « d’esclaves fossiles ». Un humain produit X joules/jour, un cheval 3Xjoules par jour. C’était les seules forces mobiles, stockables(ou presque) au service de l’homme jusqu’au début XIXe. Depuis, charbon puis pétrole bon marché. On a calculé que le niveau de vie d’un occidental moyen, en ramenant la totalité d’énergie quotidienne nécessaire à la production maximale d’un être humain, exigeait presque 1000″ esclaves fossiles » par personne.
    La vraie question est:
     » Peut on envisager à terme raisonnable, une ou des énergies bon marché capables de nous fournir durablement nos esclaves fossiles? »
    Si la réponse est oui alors l’article présente un intérêt.
    Si la réponse est oui mais ça mettra un peu de temps alors l’auteur ferait mieux de réfléchir au moyens d’éviter un effondrement civilisationnel avant le terme.
    Si la réponse est non, Nassim peut mettre son bouquin à la poubelle. Réfléchir à un nouveau paradigme de civilisation.

    • Rémi // 30.06.2020 à 08h53

      Ce genre d’artcile est fondé sur: Le pétrole va disparaitre. Pourquoi parce que nous ne voulons pas que les humains vivent bien.
      -La demande augmente, le pétrole va disparaitre.
      -La demande diminue, le pétrole va disparaitre.
      La vraie question est comment remplacer le pétrole.
      On peu envisager une chaine solaire et des usines transformant le CO2 athmosphérique en pétrole. Les technologie existe, mais à 10€ le litre. L’économie mondiale n’y resistera pas.
      Pourtant au fur et á mesure que les gisements vont se tarir il y a aura de plus en plus d’investissements dans ce domaine et la transition se fera.
      Il existe une voie moyenne: Les hydrates de carbonne. Ce sont des dépots de gazs sous les océans qui contiennent au moins autant que les gisements de pétrole. Mais pour des raisons de décarbonation de l’économie on ne souhaite pas y venir.
      Si le marché suit son cours, ce sera, pétrole, Hydrate de carbonne, Puis pétrole synthétique ou hydrogéne.
      Sinon le pas se fera directement.
      L’hydrogéne implique des technologies nouvelles, le reste est déjá largement développé, mais peut-être amélioré pour en réduire le coût. D’un auutre coté on se plaint du chomage, construire des usines de pétrole synthétique reglerait le problème

      • Candide // 30.06.2020 à 10h01

        Pourriez vous expliquer comment vous transformez le CO2 de l’air en pétrole synthétique et comment vous produisez du di-hydrogène (qu’on ne trouve pas a l’état moléculaire sur notre planète).
        Quand je dis expliquer , ce n’est pas le prix qui m’intéresse, mais les transformations chimiques nécessaires accompagnées de leur bilan thermodynamique.
        Je vous soumet un lien que j’avais récemment ajouté sur ce blog et qui résume les désillusions d’un écolo américain sur les énergies dites « vertes ».

        https://www.youtube.com/watch?v=Zk11vI-7czE

        Je ne partage pas tout ce qui est dit dans ce film produit par Michael Moore, mais il présente un tableau refroidissant sur ce que peuvent être ces énergies dans la vraie vie.

        • Rémi // 01.07.2020 à 15h52

          Cher Candide,
          je ne vais pas vous l’expliquer.
          Vous trouverez dans le lien ici ce qui est publié sur le sujet:
          https://roulezelectrique.com/des-carburants-synthetiques-faits-a-partir-de-lair-et-de-leau-pour-diminuer-les-ges-plus-rapidement-quavec-les-ve/
          Pour nla production d’hydrogéne adressez vous à toutes les entreprises d’electrolyse.
          Comme dit dans mon commentaire c’est hors de prix, mais le procédé peut-être certainement amélioré. La dessalinisation est de moins en moins chére car plus les unitées se multiplient plus l’on identifie de meilleurs procédés.
          Le processus sera sans doute le même lorsque les prix du pétrole se renchérirons, à moins qu’un état ou des entreprises n’investissent comme Audi pour developper le procédé avant que le marché ne le réclamme.
          Pour le reste inutile de me dire que les écolos sont des idiots et que leurs solutions techniques ne marchent pas. Ici il s’agit d’un procédé industriel, sera-t’il suffisant? Probablement pas sans la fusion.
          Je veux juste attirer l’attention sur le fait que les auteurs se présentent avec des affirmation littérraire du type: Il n’y aura plus une goutte de pétrole alors que l’expérience depuis le rapport Meadow a montré qu’en fait il existe des gammes de technologies qui petit á petit se developpent lorsque le problème se pose. il serait temps de s’en rendre compte au lieu de céder au catastrophisme.

          • eugeniegrandet // 01.07.2020 à 17h30

            attention l électrolyse nécessite de …l’électricité.

            Seuls le solaire et l’éolien peuvent faire de l’électricité destinée à l’électrolyse qui serait alors vertueuse.
            Actuellement l’electrolyse risque de rester marginale.

            Sauf si on convertit les raffineries pour qu’elles se mettent à produire massivement de l’hydrogène à partir du pétrole (elles le font déjà mais en petite quantité.) Et là , ça peut avoir un sens. Mais quid du bilan CO2 d’une telle raffinerie ??

            • Rémi // 02.07.2020 à 11h14

              Chére madame Grandet,

              il y a un absent dans votre analyse cela s’appelle le nucléraire. Juste la source d’énergie la plus puissante et la plus dense découverte au XXiéme siécle.
              L’humanité travaille sur la fusion. Elle espére le finaliser sur le XXIième siécle, peut-être cela sera-t’il un peu plus long, mais pour l’instant la feuille de route est respectée.
              Nous avons du nucléraire pour cinq siécles et la fusion á l’horizon un siécle
              Après évidement si vous cherchez la vertue, il existe des solutions.
              Par exemple l’ensemble de l’humanité pourrait décider de pratiquer l’abstinence á vie. Ce serait trés vertueux et en 80 ans il n’y aurait plus d’humain sur Terre.

                +0

              Alerter
          • EugenieGrandet // 02.07.2020 à 13h38

            @Remi:
            Bien sûr, je n’ai pas de problème avec le nucléaire (sûr) pour l’électrolyse (mais il y a en plus les besoins classiques à satisfaire) mais il ne faut pas oublier que les réserves d’uranium ont les mêmes inconvénients que les autres (elles sont finies).
            Attention au procédé dont vous parlez (Blue Criude ou e-diesel), le Fischer Tropsch sur lequel il s’appuie est extrêmement énergétivore. il a été abandonné partout à grande échelle pour cette raison.

          • Candide // 02.07.2020 à 14h22

            Extraire du di-hyrogène par électrolyse de l’eau pour ensuite oxyder cet hydrogène en le recombinant avec de l’oxygène , cela conduit à un bilan énergétique négatif vu que les rendements de fabrication sont toujours< 1. Vous fournissez au système l'énergie égale à l'énergie de liaison moléculaire H2-O pour récupérer ensuite cette énergie en ressoudant ces molécules dans une combustion. Encore une fois, avant tout pour les problèmes d'énergie, oubliez la question du prix, mais faites un bilan énergétique des processus à mettre en oeuvre. La question du prix vient ensuite.
            Votre lien explique que l'on peut faire du diesel synthétique à partir d'énergie (qu'elle soit bio ou pas bio ne change rien problème , d'ailleurs il n'existe rien de plus bio que le pétrole et le charbon qui sont des déchets bio naturellement transformés par le nature naturelle), mais qu'ensuite le bilan énergétique n'est pas terrible.(un facteur 5 de perte!)
            Que l'on puisse tout synthétiser et tout recycler si on dispose d'une énergie illimitée, cela est tout à fait évident, ce n'est qu'une question de briser des énergies de liaison moléculaires à un endroit pour les ressouder ailleurs. Votre lien permet aux rêveurs de faire de beaux rêves, mais n'apporte aucune solution pour l'immédiat.
            En attendant, arrêter de démolir le nucléaire français et travailler à la fusion serait peut être plus utile que de construire des moulins à vent qui ne servent qu’ à déstabiliser les réseaux électriques. Ne vous inquiétez pas, les coupures de courant vont bientôt arriver (à moins que que la crise économique ne soit suffisamment profonde)

    • Patrick // 30.06.2020 à 08h58

      j’ai bien peur que la réponse soit non , en tout cas dans l’état actuel de nos connaissances.
      Et ce ne sont pas les champs d’éoliennes ou les panneaux photovoltaïques qui vont nous sauver.

      Il suffit de sortir la calculette et de déterminer la quantité de nourriture, eau et énergie qu’il faut amener chaque jour en région parisienne ( 12 millions d’habitants ) ou dans n’importe quelle métropole régionale ( qq millions d’habitants , périphérie incluse ) pour se dire que ça va être compliqué, très compliqué.

    • Gilles // 01.07.2020 à 08h15

      Comme la réponse est à priori non (La fusion c’est pas pour tout de suite, et probablement pour trop tard), quand est ce qu’on élaboré le nouveau programme de société ?

  • Patrick // 30.06.2020 à 08h49

    Il est gentil le monsieur qui a écrit l’article , à la fin de l’article on pourrait même ajouter  » on vivra dans les arbres et on sera copains avec les oiseaux  » 🙂
    Nous n’avons aucun moyen de remplacer les combustibles fossiles par une source d’énergie comparable , et en plus nous sommes en train de fermer les centrales nucléaires.
    Nous allons donc nous trouver à court d’énergie pour faire fonctionner une société basée sur l’accès à des quantités énormes et pas chères d’énergie et ils pensent qu’on va remplacer tout ça avec des « renouvelables  » ..
    L’auteur pense que l’on va imprimer de la monnaie et la donner aux états sans problème .. c’est déjà ce qui se passe , la BCE imprime à tour de bras et ça ne fait qu’aggraver la situation. Si ça fonctionnait le Zimbabwe serait le pays le plus puissant de la planète puisqu’il avait même imprimé des billets de cent mille milliards de dollars zimbabwéen … juste avant d’abandonner définitivement sa monnaie.

    Conclusion : on sent bien que ça va mal se passer et qu’il faut arrêter de rêver.

    • Alain75 // 30.06.2020 à 20h39

      Oui, Nafeez est le type même de ces « lanceurs d’alerte », strictement incapable de positionner son analyze en en restant à l’analyze, et sans terminer par un happy end.
      Et tout cela a déjà été dit tant de fois (et mieux), le rappeler oui, ne pas être capable d’éviter le happy end obligatoire en conclusion est risible (pour ne pas dire vulgaire).

  • douarn // 30.06.2020 à 09h49

    Prémisses :
    1- Simplistiquement parlant 90% de la population vit du travail et 10% du capital
    2- Le capital (2nd révolution agricole XIVe, actionnariat des moulins à eau) a besoin d’une ENERGIE DE STOCK en quantité pour actionner les machines à la demande
    https://www.lesechos.fr/2016/07/les-moulins-du-bazacle-aux-sources-de-la-premiere-societe-par-actions-1112055
    3- Les ENERGIES DE FLUX ne permettent pas d’actionner à la demande les machines. Il faut stocker et ajoute un coût. La nature a mis gratuitement à notre disposition des stocks d’énergies (pétrole, gaz)
    4- L’hydrogène (Rémi), l’électricité, le gasoil, …, ne sont pas des énergies, mais des vecteurs permettant de mettre à disposition de l’utilisateur final une partie de l’énergie primaire qui les ont produites. Ce sont des énergies finales car pour faire du gasoil, du H2 ou de l’élec, il faut une énergie primaire
    5- Sans énergies de stocks (charbon pour le silicium photovoltaïque) pas d’infrastructures de production des énergies de flux ENRi, on ne produit pas d’éolienne (métaux, béton, plastique, …) avec l’élec produite par les éoliennes déjà en fonctionnement mais avec des NRJ fossiles
    6- « le capital se battera pour garder ses avantages » (Lordon) donc accaparera le reste des énergies de stock au détriment des populations qui vivent de leurs travails

    Si on est OK et même si les constats de Nafeez sont justes, il y a fort à parier que cet article n’agite que des yakafokon sans lendemain.
    PS : révolution industriel propre = oxymore

  • Kiwixar // 30.06.2020 à 10h27

    « L’Europe doit se préparer à la vie « après pétrole » »

    Il y a 2 bonnes dates pour planter un arbre : aujourd’hui, et il y a 20 ans. Pour préparer l’après pétrole, il y a une seule bonne date : il y a 20 ans, et en consacrant 20-30% de notre énergie (pétrole) pour fabriquer tout ce qu’il faut.

    Parce que maintenant c’est trop tard (fin du sursaut du schiste US) : ça va faire mal. Avec quoi on va fabriquer toute l’infrastructure « verte »? Et les pays producteurs de pétrole vont devoir garder leur production en interne, pour faire face à leurs propres besoins. On va les payer en papier, ou en plomb? Avec nos 100,000 soldats dont les fusils d’assaut sont fabriqués à l’étranger, et les munitions aussi? Le Moyen-Orient c’est loin, et les combattants de là-bas ont l’expérience du feu.

    « Le système alimentaire industriel mondial, qui dépend fondamentalement des intrants pétroliers à chaque étape – engrais, pesticides, machines agricoles, transformation, conditionnement, transport et distribution – pourrait être soumis à une pression sans précédent. »

    VA ETRE soumis. C’est le problème principal : la nourriture. Il va falloir planter local et manger local, et frais, et s’y mettre rapidement. Et de quelle utilité seront les citadins experts en clicage de boutons de clavier et qui ne savent rien d’un potager ou d’un poulailler, gérer des ovins/bovins? Un service d’appoint au fermier : 12h de boulot au champs contre 1 litre de lait.

    • Anonymous_civ_Sergent // 01.07.2020 à 07h08

      Ou Bien on rechange nos plans d’urbanismes et on déporte tout ou partie de la population en creuse, haute vienne, corrèze et autres départements agricoles fertiles. Cette population ira se reconvertir en agriculture et retournera travailler aux champs, dans la forêt. Elle viva simplement, sobrement mais mieux.

      Peux être que justement parce qu’il n’y a pas d’alternatives possible au pétrole, si on veux faire quelque chose pour la planète, il faudra sacrifier alors cette fillière, et payer le tribu qui s’impose. Et ce dont je vous parle n’est pas d’un yafautqu’on mais d’un citadin qui va justement s’exiler pour avoir son potager et manger à sa faim.

  • cedivan // 30.06.2020 à 10h33

    Jancovici le dit très bien et de façon plus rigoureuse

  • pseudo // 30.06.2020 à 10h50

    des voeux pieux. La posture de l’auteur qui consiste à en appeler aux forces réformatrices aux pouvoirs pour redessiner un cadre d’existence commun dans le respect des fondamentaux biophysique desquels nos sociétés ne peuvent s’échapper, même à s’envoler dans l’espace, ne peut avoir lieu. Il présuppose que les personnes en chargent de prendre les décisions sont capable de comprendre le problème qu’il leur est donné et d’y apporter des solutions satisfaisante. C’est déjà douteux pour le quidam moyen qui n’a qu’une vue parcellaire du problème qui est donné. C’est une idée qu’on enterre si l’on prend deux minutes pour se tenter de se remémorer le nombre de réformes, contre réformes contre contre contre réformes que les parlements et assemblées votent, re votent et re re votent. Sans trop en rajouter sur l’aspect bipartisan et ploutocrate de nos organisations législatives et exécutive qui par essence nous mène à faire et à de faire pour mieux re faire pour des raisons aussi diverses qu’injustifiées telles que l’idéologie, le copinage, la mode du moment, la pseudo dernière découverte scientifique (pnl). Donc, sans trop creuser de ce côté là, constatons la cacophonie insupportable qui émane de ces assemblées pour nous convaincre que ce n’est pas en temps de crise que ceux là feront preuve d’abnégation salvatrice à la tache qui est la leur. Par ailleurs, la dessus aussi il faudrait s’interroger, car si la tâche qui est la leur est l’épanouissement du marché commun de concurrence libre et non faussée, il est fort à parier qu’un simple remplacement de personne ne suffisent pas.

  • Amora // 30.06.2020 à 11h20

    Je me pose une question. Commencer l’article par « La pandémie de COVID-19 nous oblige à laisser derrière nous l’ère des combustibles fossiles…. »

    J’ai du mal à comprendre la causalité et l’effet de logique conclusive entre le Covid-19 et l’abandon des combustibles fossiles. A croire que lorsque j’ai une forte grippe le monde ne produit plus de pétrole ou ai-je mal compris?

    • Patrick // 30.06.2020 à 11h50

      excellente remarque !!
      pour l’économie c’est pareil , c’est la faute au covid !!
      Non, non , tout ça n’était pas en préparation depuis des années , pas du tout , c’est la fotocovid !!!!
      Sinon en stock on a aussi le changement climatique, ou alors Trump 🙂

    • lecrabe // 30.06.2020 à 12h05

      c’est surtout que quand vous êtes alité par votre grippe, vous ne produisez plus, vous ne vous déplacez plus et ne vous consommez plus, ça réduit nettement vos besoins pétroliers.

    • Kiwixar // 30.06.2020 à 12h22

      C’est un peu tiré par les cheveux, parce que les problèmes du pic pétrolier (baisse rapide de la production) étaient prévus bien avant l’épidémie. Ce que la covid-19 a fait, c’est une baisse brusque de de la consommation du pétrole qui a fait fortement chuter son prix (« les prix se font à la marge »), ce qui est en train de tuer la production de schiste US, ce qui fera remonter les prix au-delà de ce que les consommateurs pourront payer > émeutes générales, lois martiales, troubles inter-ethniques, problèmes alimentaires.

      Mais même sans l’épidémie, le schiste US était à peine rentable (ou pas rentable) et était subventionné par l’hélicoptère à billets. L’épidémie a un peu accéléré le problème, d’1 an ou 2, mais n’a pas changé de manière fondamentale le problème qu’on a devant nous à court terme : moins d’énergie, des troubles chez les pays producteurs qui devront garder leur pétrole, et pas de production énergétique en Otanie. Il vaudra mieux être en province, petites villes.

    • Blabla // 30.06.2020 à 16h13

      C’est un vieux tour de bonimenteur (le nom est latin : non sequitur), qui consiste en plaçant un argument irréfutable avant la proposition que l’on veut faire approuver SANS lien entre les deux

    • birin // 30.06.2020 à 19h41

      La causalité se trouve dans le chapitre « Effondrement du secteur pétrolier mondial ».
      On ne ferme pas un puits de pétrole, sinon il risque de ne plus s’ouvrir ou ne plus produire autant.
      On ne ferme pas une petite raffinerie, sinon elle ne redémarre pas.
      On ne ferme pas un pipeline, sinon il se bouche.
      On ne ferme pas le schiste, sinon le robinet à $ se ferme.

      L’industrie pétrolière est un flux qui ne doit pas s’arrêter, sinon ça peut ça peut « pourrir », très vite, et ce qu’il en restera sera alors hors de prix.
      La pandémie à trop réduit la demande, au point de saturer les réservoirs, et d’obliger à fermer des trucs.
      Si c’est trop de trucs alors c’est cassé.
      Covid => industrie du pétrole cassée.

      • EugenieGrandet // 01.07.2020 à 11h04

        @birin
        On ferme les puits de pétrole régulièrement pour les entretenir (voir workover.)
        On ferme une raffinerie tous les 5 ans pour la grande visite, et elle redémarre sans problème.
        On ferme un pipeline sans problème pour le curer régulièrement. D’ailleurs, il n’est pas besoin de le fermer, il suffit de réduire le volume qui y passe.
        On ferme le schiste sans problème, il suffit d’arrêter de forer. (ce sont des opex, pas des capex). On fore -> on produit, on ne fore pas -> on ne produit pas.

        Hélas, l’industrie du pétrole va « redémarrer » sans aucun problème dès que le Covid aura été contenu. La demande des consommateurs ne va pas beaucoup changer, j’en ai peur.

        • Le Mérovingien // 01.07.2020 à 15h37

          On ne ferme pas un puits de pétrole car les pores de la roche se bouchent via la formation de paraffines dû à la baisse de pression. Les workovers sont des opérations très chères, et ne permettent que de restaurer qu’en partie la production d’un puits.

  • lecrabe // 30.06.2020 à 12h04

    Je suis tombé récemment sur cette video de Mr Bidouille sur la possibilité de passer à un mix 100% renouvelables.
    Elle est intéressante pour le débat car dense et chiffrée et s’opposant à la vision plus répandue de Jancovici.
    https://www.youtube.com/watch?v=OZvcI5-HHSU

  • Boulit // 30.06.2020 à 13h17

    Le sujet des ressources pétrolières de l’Europe vient d’être très bien documenté par The Shift Project https://theshiftproject.org
    C’est le travail le plus récent sur le sujet.

  • KelKON // 30.06.2020 à 15h54

    L’âge de pierre, fini par manque de pierre…
    L’âge du bronze, fini par manque de bronze…
    L’âge du pétrole, fini par manque de pétrole…
    Longue vie à Malthus 😉

    • Blabla // 30.06.2020 à 16h27

      L’âge du pétrole est celui des sociétés de croissance (disons +3% de PIB par an, ce qui implique, mettons, +2% de consommation de pétrole par an).
      La croissance continue s’est arrêtée par manque d’accélération de la production pétrolière.
      Il y aura encore du pétrole dans 200 ans, mais on ne pourra plus faire rouler de voiture à essence bien avant!

    • douarn // 30.06.2020 à 19h29

      L’âge du pétrole ne finira pas par manque de pétrole car il y en a au moins pour encore 1000 ans.
      Cependant, il y a 40 ans il y avait encore pour 40 ans de pétrole à 10$/baril, aujourd’hui il y a encore pour 40 ans de pétrole à 100$/bl et dans 40 ans il y aura encore pour 40 ans de pétrole à 1000$/bl, etc pendant 1000 ans. Bon d’ici là bien des trucs auront changé, en bien (on a réussi à se passer des fossiles, les cornucopiens avaient raison), ou en mal (niveau de vie et population qui dégringole et Malthus était dans le vrai). Faites vos jeux…

      L’âge de pierre n’a pas fini par manque de pierre mais il aurait pu finir par manque de bonhomme. Ces « petites bêtes là » n’avait ni poil, ni croc, ne courraient pas vite, ne sautaient pas haut et leur petits étaient très dépendants, cela aurait pu mal finir.

      • EugenieGrandet // 01.07.2020 à 13h31

        Si vous voulez dire qu’il y aura toujours du pétrole sous terre dans 1 000 ans, oui. Mais qu’il y en ait pour produire au rythme actuel pendant 1 000 ans, non.

        Car les ressources (pas les réserves) sont connues (hormis Arctique et Antartique). La planète a partout été forée.

        Aujourd’hui le monde consomme 100 millions de barils par jour, soit 36 milliards de barils de pétrole par an (il en faudrait donc 36 000 milliards identifiés, pas spéculatifs, pour durer 1000 ans.)
        .
        Au mieux en comptant tout y compris les ressources de l’Orénoque et du Canada (pétrole extra extra lourd pour lesquels il faut en brûler 1 pour en produire entre 2 et 6 contre 20 en pétrole conventionnel), on doit être à 500 milliards. Restent les pétroles de roche mère dont les réserves sont difficilement calculables. Mais je ne crois pas à votre 36 000 milliards (il faut quand même que l’économie mondiale supporte votre prix de 1 000 $ / baril )

        Et tout ça, sans prendre en compte le fait que la planète ne sera plus habitable.

        • douarn // 01.07.2020 à 15h53

          Bonjour EugenieGrandet
          Non je ne dis pas qu’il y en aura pour 1000ans au rythme de production actuel, vous allez au delà de mon propos. La seule chose que je peux dire sans trop me tromper c’est qu’au delà de 100$/bl, l’économie est en « zone de douleur » et au vu de l’endettement galopant, je crains que ce seuil ne soit abaissé dans le futur. Il y aura donc pour 1000 ans de pétrole… mais une grande part restera sous terre et probablement ne sera t-il pas judicieux de l’utiliser en tant que source d’énergie.

          Trop d’inconnus sur l’Artique, l’Antartique et le non conventionnel, je préfère en rester aux évaluations faites sur le conventionnel :
          1970 : pétrole extrait =35 milliards de tonnes ; réserves prouvées=72 milliards de tonnes ; réserves additionnelles non prouvées (moyenne)=250 milliards de tonnes (total=357)
          2000 : pétrole extrait =128 milliards de tonnes ; réserves prouvées=140 milliards de tonnes ; réserves additionnelles non prouvées (moyenne)=89 milliards de tonnes (total=357)

          Ce sont donc les réserves additionnelles qui ont été mobilisées en cohérence avec une courbe des découvertes en baisse depuis la moitié des années 60.

          PS : j’aime beaucoup vous lire 🙂

          • EugenieGrandet // 01.07.2020 à 17h59

            OK Merci. Nous sommes d’acccord.
            Je suis sûre aussi que vous savez que dans les années 60, il se découvrait un géant de plus de 1 milliard de barils par semaine, en 2010 ce doit être un par an.
            Le véritable ‘game changer’ pour parler chic, ce sont les hydrocarbures de roche mère.
            L’exploration a été faite. Les ressources sont là. Il « suffit » d’un peu de technologie pour améliorer les performances et baisser les coûts. Et donc retrouver de la rentabilité post covid (mon but est de lutter contre les idées sur l’escroquerie que ce serait pour certains.)
            Ça a permis aux US de se décrocher de l’Arabie Saoudite, et du Moyen Orient. Sur le plan géopolitique, c’est majeur. En 2014, MBS a voulu faire une guerre des prix contre les US et il a perdu (les prix ont chuté mais les producteurs US ont baissé leur point mort à 40$ le baril.)
            Les russes et l’Arabie saoudite ont voulu recommencer pendant le Covid. Ils vont encore perdre des plumes.

            Sur le fond, mon problème est que les (oligarques des) USA n’en ont rien à faire de l’environnement, du changement climatique, etc… Ils achètent déjà des propriétés dans les zones plus fraiches de la planète en prévision …

            Donc tout ce qui nie les hydrocarbures de roche mère (une escroquerie) est contre productif car cela occulte les vrais problèmes.

            • douarn // 03.07.2020 à 07h47

              « oligarques des USA achètent déjà des propriétés dans les zones plus fraiches de la planète en prévision »
              Je leurs souhaite bien du plaisir dans leurs latifundia quand les tourbières et forêt de résineux de climat froid seront en feu (cf Suède, Canada). Décidément le capital est toujours aussi bête.

              Je me suis demandé un temps si les USA ne feraient pas un coup d’état au Arabie Saoudite pour virer MBS.

              L’AS va « manger froid » avec son petit jeu anti pétrole de roche mère, mais la Russie me semble quand même plus solide. Le truc qui devrait commencer à nous soucier tous en UE c’est le fait que le pic de production de pétrole russe (majeur dans notre appro) est imminent.

              Seriez vous d’accord pour dire que l’avenir de la technologie de fracturation n’est peut être plus aux USA mais en Russie ou en Algérie (modulo le problème des fluides de fracturation). Il me semble que les sweet spot US ont été exploités.

                +0

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  • Pasenax // 03.07.2020 à 18h30

    L’après pétrole/charbon/gaz/CO2, selon le très convaincant Jancovici, c’est le nucléaire ou le retour au moyen âge.

    La fourniture d’électricité par les éoliennes, c’est une garantie pour 5% de la puissance installée, et le bilan carbone des panneaux solaires fabriqués en Chine est hautement suspect….

    Il faut revenir à la surgénération que les russes et chinois semblent maîtriser dorénavant, et continuer fermement la recherche sur la fusion. Sinon, c’est la décroissance et le retour des bobos derrière la charrue pour pouvoir bouffer. On pourrait en rire si ce n’était pitoyable…

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