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29.juin.202029.6.2020 // Les Crises

Protestations, Pandémie, Climat : du déclin systémique au renouveau civilisationnel – par Nafeez Ahmed

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Source : Insurge Intelligence, Nafeez Ahmed
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Les États-Unis sont sur le point de devenir un État raciste en faillite. Ce n’est pas un hasard si ce terrible moment se produit en plein milieu d’une pandémie mondiale, d’une crise économique qui s’intensifie et d’un effondrement du secteur pétrolier. Il s’agit d’un parfait déchaînement de crises simultanées et complexes. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment pouvons-nous résoudre ce problème ?

Si nous ne sommes pas troublés, perplexes et inquiets de cette séquence de crises qui s’intensifient et se chevauchent, c’est que nous ne sommes pas attentifs.

Il est temps de commencer à y prêter attention. Dès maintenant : Nous, l’espèce humaine, sommes à l’aube d’un grand point d’inflexion de la civilisation. Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions que nous, vous, allons prendre face à ce moment sont sur le point de façonner l’histoire.

La convergence des événements à laquelle nous assistons est le symptôme d’un processus plus large de déclin systémique mondial. Cette convergence se produit en raison de la nature non durable d’un système qui ne peut plus continuer à fonctionner sous sa forme actuelle sans déclencher une nouvelle crise. Le moteur caché par excellence en est une façon de vivre et d’être qui repose sur l’auto-maximisation à travers le pillage de l' »Autre » : que ces autres soient des êtres humains différents, des espèces différentes ou la planète elle-même.

C’est ce que sont les manifestations de Black Lives Matter. Elles sont le résultat de siècles de traumatismes intergénérationnels enracinés dans l’esclavage systématique dont est issu le système capitaliste industriel mondial moderne, un système qui se trouve maintenant en « dépassement » des limites planétaires. Voilà pourquoi, la crise de la suprématie blanche aux États-Unis ne concerne pas seulement l’Amérique et ne concerne pas que la race : elle concerne la Terre et la façon dont le racisme américain représente notre relation endommagée avec notre propre planète.

Il nous faut donc faire face à la réalité si nous voulons nous en sortir : Tant que nous n’aurons pas commencé à développer la capacité de voir les interconnexions complexes entre les systèmes humains et les systèmes naturels plus vastes dans lesquels ils sont intégrés afin de nous y adapter, nous ne pourrons pas nous éloigner d’une trajectoire d’effondrement sociétal en accélération.

Chapitre 1. On m’a prévenu que les États-Unis s’enfonceraient dans le fascisme à partir de 2020

Il y a dix ans, si vous aviez dit que l’Amérique serait engloutie dans des émeutes raciales qui ouvriraient la possibilité d’une guerre civile, la plupart des gens vous auraient sorti de la pièce en se moquant de vous. À l’époque, j’avais prévenu que si l’on ne s’attaquait pas aux causes structurelles profondes de la crise de la Civilisation, les gouvernements du monde seraient de plus en plus militarisés et autoritaires. J’avais ajouté, à l’appui de ma thèse, que le maintien du statu quo intensifierait le risque de conflit politique et de troubles civils, et des pays comme les États-Unis verraient une escalade de ces troubles sur la base de critères « ethniques, religieux et de classe ».

Dans mon livre, A User’s Guide to the Crisis of Civilization : And How to Save It [ livre non traduit : Un guide de l’utilisateur sur la crise de la civilisation : Et comment sauver celle-ci ; NdT] – qui intègre l’analyse des crises au travers du changement climatique, de l’énergie, de l’alimentation, de l’économie, de la militarisation de l’état et du terrorisme dans une perspective systémique – j’ai insisté sur la nécessité de reconnaître que toutes ces crises sont profondément interconnectées en raison du caractère mondial unitaire du système.

A défaut, cela conduirait à des réponses en  »urgence » à court terme qui se concentreraient sur les symptômes de la crise plutôt que de modifier les systèmes qui les soustendent – le gouvernement réagirait à l’indignation de la population et à l’instabilité politique en tentant d’étendre les pouvoirs de police politique et militaire afin de parer à une instabilité croissante. J’avais prévenu que si ces tendances se poursuivaient sans être contrôlées, « nos sociétés sacrifieront les valeurs progressistes au profit de conceptions de plus en plus polarisées et identitaires de

groupe qui normalisent la violence politique : c’est-à-dire la militarisation. »

Les événements de la dernière décennie ont conforté cette assertion.

En 2014, à la suite des émeutes de Ferguson, dans le Missouri, j’ai interviewé Terron Sims, analyste de la défense au Pentagone et vétéran de la guerre d’Irak, il est également président des Démocrates Noirs de Virginie du Nord. Il m’a dit que « si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes de la discrimination raciale généralisée contre les Noirs, c’est cela que nous aurons demain… viendra un moment où la conjonction d’une répression policière raciste, endémique et irresponsable enflammera les tensions communautaires dans un contexte de niveaux croissants de paupérisation et de désespoir. » Et c’est là que les émeutes raciales pourraient devenir une norme bien plus fréquente que ce à quoi on pourrait s’attendre. Donc, à moins que quelque chose ne change, oui, Ferguson est notre avenir. »

Deux ans après avoir parlé à Sims, j’ai interviewé le professeur Johan Galtung, nominé pour le prix Nobel et « père fondateur » des études sur la paix et les conflits en tant que discipline scientifique, qui avait déjà prédit l’effondrement de l’Union soviétique, ainsi que de nombreux autres événements géopolitiques majeurs. Galtung a poursuivi en prédisant que la puissance planétaire des États-Unis connaîtrait une fin d’ici 2020, dans le cadre de l’émergence d’une nouvelle phase de « fascisme réactionnaire ». L’élection de Donald Trump, m’a-t-il dit, était conforme à ses prévisions. Nombre des processus qu’il m’a décrits comme étant des éléments clés de l’effondrement des États-Unis s’accélèrent actuellement dans le sillage de la pandémie : résurgence de la suprématie blanche, détérioration des conditions de vie des minorités, retrait des États-Unis des institutions internationales mêmes qu’ils ont pourtant contribué à créer en tant qu’instruments de projection de leur pouvoir : Nations Unies, OMS et OMC ; et plongée de la politique intérieure américaine vers une phase de polarisation et de désordres.

Galtung a prévu ces événements en se basant sur une analyse de systèmes complexes sophistiqués de 15 contradictions structurelles à la fois dans les domaines politiques, économiques, culturels, environnementaux et sociaux. Si elles ne sont pas résolues, a-t-il affirmé, ces contradictions détruiront la société américaine telle que nous la connaissons.

Ce processus est maintenant en cours. Le grand démantèlement est en train de se produire en ce moment même, sous nos yeux.

Chapitre 2. La crise raciale est mondiale, systémique et biophysique

La prescience, tant celle de Galtung que celle de Sims démontre que nous ne pouvons pas comprendre cette crise si nous persistons à considérer l’injustice raciale comme distincte d’un ensemble plus vaste incluant les crises sociales, culturelles, politiques et écologiques.

La soudaine flambée de manifestations dans au moins 140 villes aux États-Unis, déclenchées par le meurtre raciste de George Floyd par des policiers de Minneapolis, est la pire explosion de troubles civils depuis les années 1960. Dans au moins 21 villes, la Garde nationale a été déployée alors que les accrochages entre les manifestants et la police ont dégénéré en heurts violents.

Les manifestations représentent un point de non-retour qui émerge d’une histoire de troubles civils grandissants et de racisme institutionnel bien ancré, enraciné dans un modèle de vie intrinsèquement destructeur. Ce modèle relie la suprématie blanche endémique à un ordre socio-économique prédateur qui s’acharne à détruire les « autres », un système qui « altérise » non seulement les humains, mais aussi d’autres espèces, et même l’environnement naturel dans lequel nous sommes irrémédiablement intégrés, tout en y étant aveugles au quotidien.

La crise a entraîné une radicalisation accrue des réponses de l’Etat, de la police et de l’armée, risquant une expansion sans précédent des pouvoirs autoritaires – illustrée par l’appel du président Donald Trump à l’armée américaine pour réprimer les troubles en cours dans le pays en vertu de la loi sur l’insurrection (qui était en vigueur depuis deux ans, comme je l’ai déjà signalé).

Pourquoi ces manifestations ont-elles lieu en ce moment même ? Pourquoi se déroulent-elles en pleine pandémie mondiale ? Y a-t-il un lien ? Ou s’agit-il simplement d’un mauvais coup du sort ?

En réalité, ce n’est pas un hasard si cette crise sociopolitique sans précédent se produit au beau milieu d’une pandémie prévue de longue date, qui, à la fin du mois de mai, avait tué 100 000 Américains et en avait jeté 40 millions au chômage – tout en affectant de manière écrasante et disproportionnée les communautés noires et les minorités ethniques.

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’incroyable fossé racial qui sévit dans nos sociétés, et sur notre planète. Aux États-Unis, les Noirs américains meurent de la maladie à un rythme près de trois fois supérieur à celui des Blancs. Au Royaume-Uni, selon Public Health England, les minorités noires et asiatiques ont deux fois plus de chances de mourir que les Britanniques blancs s’ils contractent la maladie, les personnes d’origine bangladaise étant les plus exposées. D’autres études présentent un tableau encore pire, à savoir que les hommes et les femmes noirs ont quatre fois plus de risques de mourir de la COVID-19 que les blancs. Des tendances similaires sont apparues en Europe. En Norvège, les résidents nés en Somalie sont confrontés à des taux d’infection plus de dix fois supérieurs à la moyenne nationale.

Nous ne savons toujours pas avec certitude pourquoi cela se produit, mais les facteurs sont complexes. Des études indiquent que les inégalités socio-économiques et sanitaires bien ancrées jouent un rôle direct, mais ce ne sont pas les seules. Aux États-Unis, les Centers for Disease Control (CDC) indiquent que les maladies chroniques associées à des atteintes plus graves de la COVID-19 (comme le diabète, l’asthme, l’hypertension, les maladies rénales et l’obésité) sont toutes plus fréquentes chez les minorités ethniques que chez les populations blanches. Mais le CDC identifie également d’autres facteurs : les minorités ethniques sont plus susceptibles de vivre dans des zones plus densément peuplées et des logements plus populeux, de dépendre des transports publics et d’occuper des emplois de service moins bien payés, sans indemnités de maladie. Au Royaume-Uni, de nombreuses minorités ethniques souffrent de façon disproportionnée de la surpopulation et travaillent comme employés clés ou comme personnel de santé de première ligne.

Ce qui est le plus choquant, c’est que quelques jours seulement après que des policiers américains aient délibérément tué George Floyd par asphyxie, le gouvernement britannique a censuré les preuves de sa propre étude sur les disparités ethniques dans les décès dûs à la COVID-19, qui soulignait le rôle potentiel du « racisme structurel et de la discrimination » dans la diminution des chances des minorités. Ces preuves avaient été fournies par plus d’un millier d’organisations communautaires et de personnes représentant les Britanniques d’origine noire et de minorités ethniques. Leurs voix ont été réduites au silence.

Lorsque nous retraçons ces facteurs complexes, nous sommes inexorablement conduits au principal point noir : la prévalence sociétale du racisme structurel.

Selon le professeur Sandro Galea de l’École de santé publique de l’Université de Boston, le problème fondamental est « que notre société est structurée de manière à pouvoir refuser aux populations minoritaires, en particulier aux Noirs américains, l’accès aux ressources qui contribuent à protéger la santé ».

La santé est un symptôme et un symbole de systèmes socio-économiques et politiques beaucoup plus profonds. Les Afro-Américains ont le taux de pauvreté le plus élevé parmi les groupes raciaux et ethniques, soit 27,4 %. Seuls 57 % des étudiants noirs ont accès à tous les cours de mathématiques et de sciences nécessaires à la préparation à l’université. Les Noirs américains sont plus susceptibles de vivre dans des quartiers ségrégués et économiquement défavorisés.

Ce n’est pas un problème isolé. La question est globale et systémique.

En 2012, l’examen annuel de la santé publique a conclu de manière officielle que :

« Des disparités concernant la santé des populations socialement et économiquement défavorisées par rapport aux populations plus favorisées sont observées dans le monde entier. »

Les disparités en matière de santé sont le résultat de « l’incapacité des sociétés à distribuer équitablement les ressources nécessaires au maintien de la santé pour tous ». Les conséquences de l’injustice de la pandémie COVID-19 sont dramatiques. Si davantage de minorités meurent, c’est parce que leur appartenance ethnique les place dans une situation sanitaire et sociale défavorable « enracinée dans les institutions, la stratification sociale et les normes culturelles des sociétés ». Il s’agit là de caractéristiques sociétales bien ancrées qui sont difficiles à changer, « parce qu’elles constituent les fondements du pouvoir, des privilèges et des avantages sociaux ».

En d’autres termes, si plus de personnes noires et de couleur meurent à cause de la COVID-19, c’est parce que nos sociétés sont conçues de cette manière.

Les structures sociales, dont vous et moi faisons partie et que nous perpétuons, tuent les minorités – prolongeant et amplifiant le traumatisme intergénérationnel qui relie les structures coloniales historiques au racisme contemporain dirigé le plus manifestement contre les communautés noires.

Mais les effets immédiats de la pandémie ne sont que les prémices. Ce sont les Noirs et les minorités ethniques qui ont subi le plus gros des dégâts économiques. Alors que le taux de chômage a explosé pour tout le monde suite aux fermetures dûes à la COVID-19, il a été encore plus élevé pour les Noirs. La pandémie a amplifié les disparités structurelles préexistantes qui ont fait que les minorités sont plus susceptibles que leurs homologues blancs d’être au chômage ou d’avoir des contrats « zéro heures » [ la caractéristique principale en est que l’employeur ne mentionne dans le contrat aucune indication d’horaires ou de durée minimum de travail, NdT].

Alors que les confinements dus à la COVID-19 dans le monde entier ont donné lieu à une surveillance plus draconienne de la police pour contrôler et appliquer les restrictions de distanciation sociale, ce sont les Noirs qui subissent les plus grandes conséquences de l’augmentation des actes de brutalité et de violence policières – cette fois-ci justifiées au nom de la « santé publique ». Aux États-Unis, les Noirs sont près de cinq fois plus susceptibles d’être blessés par la police que les Blancs. Et ceux qui sont blessés ont deux fois plus de risques de mourir de ces blessures que leurs homologues blancs. La majeure partie des personnes qui se font arrêter par la police sont noires ou latinos. Les hommes qui sont fréquemment arrêtés par la police sont trois fois plus susceptibles de présenter des troubles de stress post-traumatique et une forte anxiété. Les personnes vivant dans des quartiers où les piétons sont plus susceptibles d’être interrogés par la police sont également plus susceptibles de souffrir d’hypertension, de diabète, d’asthme et d’obésité – ces mêmes maladies qui entraînent les symptômes COVID-19 les plus graves.

La pandémie a provoqué un véritable ouragan de maladie, de violence et de pauvreté dans les communautés noires et minoritaires du monde occidental, amplifiant les problèmes auxquels elles étaient déjà confrontées. Ce faisant, le meurtre de George Floyd a été un catalyseur, une allumette qui a allumé un feu durable, faisant basculer un système en déclin dans une spirale de chaos.

Mais cette pire tempête de racisme structurel, efficacement armée par la pandémie de COVID-19, ne peut être simplement balayée par des platitudes de soutien, d’affinité et d’allégeance, ou des gestes de solidarité ou de bonne volonté. Nous devons commencer par reconnaître ce racisme structurel pour ce qu’il est — l’extension et l’héritage d’un système impérial mondial, fondé sur le pillage écologique : Un système d’accélération de l’extraction des ressources et de centralisation des richesses reposant sur la violence impérialiste qui détruit littéralement les écosystèmes dont toute vie sur Terre dépend.

Chapitre 3. L’esclavage, l’empire et l’Anthropocène

Le racisme structurel qui sous-tend les inégalités actuelles en matière de santé tant au niveau national qu’au niveau mondial a été tissé du sang des esclaves. L’esclavage se perpétue dans les structures discriminatoires qui infligent des inégalités d’accès aus soins de santé dans nos sociétés actuelles. Selon les mots de l’expert en santé publique, le professeur Sando Galea :

« L’héritage de l’esclavage, en particulier, continue d’être au cœur de nombreux problèmes de santé actuels, sapant la santé au travers de la ségrégation, des incarcérations massives et d’autres influences pernicieuses. Il existe même des modèles de mauvaise santé actuels qui correspondent à peu près aux contours géographiques des lieux où les esclaves étaient emprisonnés. Par exemple, une forte concentration de mortalité due aux accidents vasculaires cérébraux aux États-Unis, en particulier chez les Afro-Américains, correspond à l’endroit où les esclaves étaient concentrés à des époques antérieures – une réplique obsédante pour ceux qui rejetteraient l’histoire comme étant sans rapport avec la vie et la santé contemporaines. Ces tendances en matière d’accidents vasculaires cérébraux dévoilent également une autre disparité raciale en matière de santé : les Noirs américains sont plus exposés aux accidents vasculaires cérébraux que tout autre groupe aux États-Unis ; le risque de subir un premier accident vasculaire cérébral est environ deux fois plus élevé chez les Noirs que chez les Blancs ».

Comme l’a écrit le pionnier des études Africana, le professeur Locklsey Edmondson de l’université Cornell, il y a plus de vingt ans, les conséquences de la traite des esclaves « sont encore méconnues dans le monde contemporain ». En conditionnant la nature des contacts qui se sont développés entre l’Europe et l’Afrique, l’esclavage a affecté « la systématisation originale des relations entre le monde blanc et le monde noir » dans le cadre du « développement de la quête d’influence et de pouvoir mondial par l’Europe et le monde blanc ». Et c’est ainsi qu’ont été jetées les bases des « modèles émergents d’un ordre international dominant blanc ».

L’asservissement systématique des Africains a fait partie intégrante de l’émergence de l’économie mondiale telle que nous la connaissons. Cela faisait partie d’un système mondial capitaliste transatlantique émergent, conçu pour constituer une force de travail en vue de l’expansion des plantations partout au sein de l’Amérique coloniale, et c’est cela qui a alimenté les industries britanniques et a contribué à renforcer les processus à l’origine de la révolution industrielle.

La progression de l’esclavage coïncide également avec l’avènement de l’Anthropocène, que certains scientifiques considèrent comme une ère géologique entièrement nouvelle caractérisée par l’impact prédominant des activités humaines sur les processus géologiques de la Terre. Les géographes britanniques Simon Lewis et Mark Maslin ont fixé à 1610 la date charnière du début de cette nouvelle ère géologique. « Cette date marque le remplacement irréversible des espèces suite à la collision de l’Ancien et du Nouveau Monde », qui a coïncidé avec « une baisse associée inhabituelle du CO2 atmosphérique capturé dans les noyaux glaciaires de l’Antarctique ».

Il est vraiment frappant que cette baisse historique du CO2, visible aujourd’hui dans les carottes glaciaires, résulte de la « repousse de la végétation sur des terres agricoles abandonnées suite à la mort de 50 millions d’autochtones américains (principalement à cause de la variole importée par les Européens) », écrivent Lewis et Maslin. « L’annexion des Amériques par l’Europe a également été un précurseur essentiel de la Révolution industrielle et englobe par conséquent les vagues de changements environnementaux ultérieurs qui y ont été associées ».

Cette datation du début de l’Anthropocène relie directement celui-ci à la violence de l’empire, la date de 1610 établissant un lien entre l’éradication massive des Amérindiens et l’esclavage de masse des Africains, deux actes de violence génocidaire faisant partie intégrante de l’émergence de l’industrie capitaliste.

Du XVIe au XIXe siècle, entre près de 17 000 000 et 65 000 000 d’Africains ont été tués dans le cadre de la traite négrière transatlantique, selon R. J. Rummel dans son ouvrage Death by Government [Professeur émérite en sciences politiques, il inventa le concept de démocide pour caractériser des meurtres de masse exécutés par un gouvernement, NdT].

Le sociologue Robin Blackburn de l’Université d’Essex, dans The Making of New World Slavery, démontre la centralité de l’esclavage dans l’émergence de l’économie capitaliste extractive. Les profits considérables de l’esclavage ont été amassés lors du « commerce triangulaire » qui se déroulait entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, et ils ont très directement contribué à l’industrialisation de la Grande-Bretagne. Les bénéfices de celui-ci auraient fourni pour 1770 seulement, de 20,9 à 55 % de la formation brute de capital fixe de la Grande-Bretagne. Ces bénéfices ont été réinvestis dans l’industrie manufacturière, la construction navale, les canaux et les mines de charbon – les artères vitales de l’industrie britannique – et cela a à son tour déclenché l’industrialisation dans toute l’Europe, et au-delà.

L’aube de l’industrialisation a été, à son tour, un point d’inflexion pour l’espèce humaine. Elle a inauguré l’ère des combustibles fossiles – pétrole, gaz et charbon – qui a permis une nouvelle ère audacieuse d’augmentation exponentielle du débit de production, alimentant un nouveau paradigme économique, celui de « croissance sans fin ».

Ce dernier a accentué les inégalités de revenus pour plus de 70 % de la population mondiale, tout en aggravant la destruction des écosystèmes naturels dans le même temps.

Nous avons produit et consommé à des taux tels, qu’ils étaient équivalents à l’exploitation de deux planètes entières.

Pire encore, de multiples mises en garde confirmées par un consensus mondial des climatologues ont prévenu que les activités humaines, en raison de la consommation croissante de ressources en combustibles fossiles, déstabilisent le cycle naturel du carbone de la Terre, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour toute vie sur la planète et ce, au cours même de notre existence.

Chapitre 4. Le racisme structurel en tant que phénomène de frontière planétaire

Pendant des centaines de milliers d’années, la planète a maintenu un équilibre, un espace « opérationnel sûr » offrant un environnement optimal pour l’habitation des humains et des autres – la quantité de carbone émise et absorbée par les écosystèmes planétaires y restait stable.

Mais depuis la révolution industrielle, édifiée sur le dos des empires – rendue possible par les chaînes de l’esclavage – la civilisation humaine s’est inexorablement développée, consommant en cours de route de plus grandes quantités d’énergie fossile et augmentant de manière exponentielle les émissions de dioxyde de carbone (CO2) associées – dépassant de loin la capacité d’absorption de la planète. Il en a résulté une augmentation constante des températures moyennes de la planète. Les scientifiques préviennent qu’ajouter du CO2 dans l’atmosphère, qui capte une plus grande quantité de chaleur, qui à son tour fait des ravages en pertubant le climat, la météorologie et les systèmes écologiques de la Terre.

Alors que la civilisation humaine continue son expansion, brûlant des quantités croissantes de combustibles fossiles en cours de route, la communauté scientifique du climat avertit qu’au-delà d’un certain niveau de CO2, les écosystèmes planétaires pourraient dépasser un point de basculement clé pour entrer dans une nouvelle ère, une ère dangereuse – une ère qui serait au délà des limites stables dont la terre a bénéficié au cours des centaines de milliers d’années précédentes, et certainement hors de tout ce que l’humanité a jamais connu.

Notre civilisation est au bord du gouffre, en ce moment même. Une étude marquante, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, a révélé qu’au niveau actuel d’une augmentation de la température d’environ 1°C par rapport à la moyenne préindustrielle, nous franchissons déjà tellement de frontières planétaires à une telle échelle que nous pourrions courir le risque immédiat de déclencher une cascade de processus de dérives menant à une planète inhabitable. La complexité de ces frontières est telle que nous pourrions même ne pas être en mesure de détecter si ces processus sont en cours avant qu’ils ne se produisent. Nous ne le savons tout simplement pas.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est que si nous continuons sur cette voie du statu quo, les projections prudentes indiquent que nous nous dirigeons vers une augmentation de la température moyenne mondiale de 3 à 6 degrés Celsius d’ici 80 ans. Même une planète de 2C de plus, vers laquelle nous nous dirigeons déjà dans les 16 ans, devrait être considérée comme « extrêmement dangereuse » pour les sociétés humaines ; et une augmentation de la température moyenne mondiale de 3 à 4C créerait probablement des conditions qui rendraient les infrastructures de base de la civilisation humaine de moins en moins viables.

Le même processus d’expansion industrielle mondiale implacable a créé les conditions de la pandémie de COVID-19. Les activités industrielles ayant connu une croissance exponentielle, elles ont empiété de plus en plus sur la faune et les habitats naturels, forçant les animaux porteurs de dizaines de milliers de maladies exotiques inconnues à interagir plus étroitement avec les espaces habités par les humains. Voilà pourquoi les scientifiques préviennent depuis des décennies qu’une pandémie sera inévitable au cours de ce siècle.

Et pourtant, ce système industriel mondial en pleine expansion, qui franchit les frontières planétaires et déclenche des épidémies de plus en plus dangereuses, est l’héritage du racisme colonial.

C’est un héritage dont trop peu d’entre nous ont conscience, et qui donc perdure dans des structures et des institutions invisibles, façonnées par une sinistre histoire d’effusion de sang et de conquêtes impériales. L’expansion mondiale de l’industrialisation a été indissociable des empires qui l’ont rendue possible, via la construction systématique de nouvelles catégories raciales destinées à légitimer la conquête et l’expansion impériales.

C’est précisément dans le creuset de la colonisation que nous avons vu l’aube du racisme scientifique, le concept biologiquement justifié de races multiples, et aujourd’hui encore, nous continuons à lutter contre cet héritage grotesque. L’idée qu’il existe différentes « races » remonte à l’appropriation et la déformation politique des théories néo-Darwiniennes de l’évolution. Le concept de « race » a été utilisé pour étayer les hiérarchies raciales qui ont placé les Européens blancs au sommet du progrès humain civilisé, dans ce carcan de l’expansion industrielle mondiale.

Le racisme n’est donc pas une discrimination à l’égard d’autres « races ». C’est le fait même de créer la notion de « races » distinctes de personnes qui possèderaient des caractéristiques et des comportements fixes et généralisés dans une hiérarchie de supériorité.

Au début du XIXe siècle, le racisme se manifestait principalement sous la forme d’une idéologie religieuse liée aux interprétations de la Bible, considérant les groupes non européens comme intrinsèquement inférieurs en raison de leurs croyances païennes et de leur ascendance, et prenant fréquemment pour cible les Juifs. Du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle, le racisme a évolué sur la base de théories biologiques scientifiquement justifiées qui attribuaient des traits, comportements, caractéristiques, aptitudes et handicaps donnés à des groupes de personnes en fonction de leurs caractéristiques biologiques distinctives supposées. Depuis lors, le racisme a continué à évoluer jusqu’à devenir ce qu’il est, une thèse étayée par des théories culturelles subliminales.

Le regretté sociologue Stuart Hall a décrit la « race » comme un « signifiant flottant ». Plutôt que d’être un concept fixe, expliquait-il, la race a toujours été une construction intrinsèquement politique, véhiculée par de puissants groupes dominants, qui justifiaient des relations inégalitaires de pouvoir avec d’autres groupes. En tant que telle, c’est une construction qui évolue et s’adapte aux circonstances historiques du pouvoir. C’est pourquoi le nouveau racisme culturel se focalise sur les cultures figées imaginaires de groupes de gens tout autant figés et imaginaires, permettant des abstractions homogénéisées concernant leurs natures, croyances et pratiques, présentant une hiérarchie de cultures inférieures et supérieures avec les Européens de l’Ouest toujours au sommet. Les stéréotypes racialisés peuvent alors transcender les clivages de couleur, tout en englobant des catégories « non raciales » comme la foi, la culture et la civilisation, qui finissent par devenir le code raciste d’un même ensemble de pratiques discriminatoires datant de bien longtemps.

C’est pourquoi le racisme contemporain est devenu si insidieux et difficile à détecter. Il opère souvent en désavouant ses racines biologiques. Ainsi, les Noirs – et d’autres groupes minoritaires – sont toujours homogénéisés et diabolisés en tant que dépositaires de comportements et de caractéristiques inférieurs tels que la criminalité, le terrorisme, l’anarchie et plus encore, sans nécessairement qu’on y associe une quelconque infériorité biologique ou génétique, ce qui permet de dire : « J’ai des amis noirs. Je ne déteste pas les gens à cause de la couleur de leur peau. Je ne suis pas raciste. Mais… »

Et c’est pourquoi la politique identitaire n’a pas disparu. C’est pourquoi le racisme est profondément enraciné, parce qu’il est structurel ; il est ancré dans nos sociétés ; les impacts et les conséquences du racisme et les modèles et hypothèses de comportement sont ancrés dans ce que nous sommes et comment nous sommes, et cela en raison des relations de pouvoir qui définissent nos modes de vie et d’existence.

Ce n’est donc pas en nous affichant comme de merveilleux non-racistes que nous combattrons le racisme, mais seulement en nous appropriant cet horrible héritage afin que nous puissions apprendre à le dépasser en créant de nouveaux systèmes, comportements et conceptions.

Alors que la civilisation industrielle continue sur sa voie implacable d’extraction, d’exploitation et de centralisation maximales des ressources, ses centres de pouvoir continuent d’inventer et d’enraciner de multiples clivages idéologiques tant entre les êtres humains, qu’entre ceux-ci et le monde naturel, afin de justifier ses rapports de force inégaux. Ainsi, les impacts dévastateurs de la crise du système terrestre restent racialisés, les pires conséquences affectant de manière disproportionnée les peuples les plus pauvres et les plus colorés du monde entier.

Chapitre 5. Changement de phase

Et donc, pandémie et manifestations sont liées de manière complexe, et nos institutions gouvernementales, médiatiques et éducatives dominantes y sont grandement aveugles. Ce sont les deux faces d’une même pièce de monnaie, celle du déclin systémique mondial, représentant ses composantes les plus fondamentales en interaction : La perturbation du système terrestre et la déstabilisation du système humain.

C’est la perturbation du système terrestre qui déstabilise les systèmes humains. Cette déstabilisation – et les inégalités, le chaos et la violence qu’elle perpétue – nous empêche de voir et de réagir de manière appropriée aux perturbations du système terrestre. Il en résulte que nous sommes plus vulnérables que jamais au prochain cycle de perturbation du système terrestre et de déstabilisation du système humain, qui continuent de s’alimenter mutuellement en une boucle de rétroaction auto-renforcée.

Nous devons rompre le cycle. Mais nous ne pouvons pas briser ce que nous refusons de voir.

Ce n’est qu’en assumant les choix erronés que nous avons faits en tant qu’espèce, en acceptant de voir la responsabilité de ce que nous sommes et de ce que nous avons fait, que nous pourrons peut-être faire un pas en avant ensemble et faire des choix différents qui pourront convertir cette trajectoire de déclin systémique en une chance de renouvellement de la civilisation. Mais pour ce faire, nous devons accepter de faire preuve d’une certaine humilité, reconnaître que nous n’avons pas vu les choses venir, et savoir que c’est parce que notre façon actuelle de concevoir le monde passe largement à côté de la véritable complexité, interconnectée, de ce qui se passe réellement.

Les manifestations de soutien à George Floyd s’inscrivent dans un contexte de hausse constante de la fréquence et de l’intensité des manifestations, de l’instabilité politique et des troubles civils, tant aux États-Unis que dans le reste du monde. Elles ont été précédées par une vague montante de racisme et de suprématie blanche aux États-Unis, et sont liées de façon symbiotique à l’instabilité politique croissante dans de nombreuses autres régions du monde, allant des mouvements d’occupation de 2008 jusqu’aux soulèvements arabes de 2011 et 2018.

Comme je l’ai montré dans ma monographie scientifique, Failing States, Collapsing Systems : Biophysical Triggers of Political Violence (Springer Energy Briefs, 2017), cette tendance à la hausse des tensions politiques est en étroite corrélation avec l’escalade des perturbations du système terrestre : l’intensification du chaos climatique, la diminution des rendements concernant l’extraction en constante expansion des ressources, l’accroissement des inégalités structurelles et les impacts de plus en plus complexes et interdépendants sur les systèmes d’alimentation, d’eau, d’énergie et de santé.

Ce que nous vivons en ce moment, cette convergence croissante des crises sur de multiples points simultanés de défaillance systémique, s’inscrit dans un processus de transition plus profond.

Nous sommes au milieu d’un changement de phase global, d’une grande transition pour passer d’une configuration systémique à une autre.

L’issue de cette transition est indéterminée, sauf pour une chose : la configuration systémique précédente est en déclin, et ne survivra pas à ce siècle.

Les signaux économiques et biophysiques clairs de ce déclin sont légion, pour autant que l’on ait le courage de les reconnaître.

Avant la pandémie, nous étions le fer de lance d’une augmentation quasi exponentielle de la consommation d’énergie, de la dette publique, de la croissance démographique, des émissions de gaz à effet de serre et de l’extinction d’espèces. Mais cette croissance exponentielle a entraîné des rendements décroissants, ce qui peut être compris grâce au concept scientifique de « taux de retour énergétique » (TRE).

La métrique, dont le professeur Charles Hall, spécialiste de l’écologie systémique, du College of Environmental Science and Forestry de l’université d’État de New York, a été le pionnier, est le fondement de la discipline émergente de l' »économie biophysique ».

Le TRE est conçu pour mesurer la quantité d’énergie nécessaire pour extraire l’énergie d’une ressource particulière. Ce qui reste est connu sous le nom d' »énergie nette » excédentaire, et c’est ce que nous pouvons utiliser pour soutenir les biens et services de l’économie en dehors du système énergétique. Plus le ratio est élevé, plus il reste d’énergie excédentaire pour l’économie. Au cours des dernières décennies, cet excédent s’est de plus en plus amenuisé.

Au début du XXe siècle, l’indice de rentabilité économique des combustibles fossiles atteignait parfois 100:1. Cela signifie qu’une seule unité d’énergie suffirait pour en extraire cent fois cette quantité. Mais depuis lors, la rentabilité économique des combustibles fossiles a considérablement diminué. Entre 1960 et 1980, la valeur moyenne mondiale du TRE des combustibles fossiles a diminué de plus de moitié, passant d’environ 35:1 à 15:1. Il continue de baisser, les dernières estimations situant cette valeur entre 6:1 et 3:1.

Comme nous utilisons de plus en plus d’énergie uniquement pour extraire l’énergie qui est dans nos réserves, il nous reste moins d' »énergie nette » pour soutenir le financement des biens et services publics. C’est tout cela qui a constitué un réel frein au taux de croissance économique des économies industrielles avancées du monde, qui a également baissé depuis les années 1970. En d’autres termes, la civilisation industrielle est en train d’épuiser ses propres réserves d’énergie fossile et, voilà pourquoi, l’économie s’essouffle. Tout le monde souffre de cette contraction, mais ceux qui le ressentent avec la plus grande intensité sont les Noirs et les minorités.

Selon le professeur Mauro Bonaiuti, économiste à l’université de Turin en Italie, l’économie dominante n’a pas pris en compte ces fondements « biophysiques » essentiels de l’économie : les flux de marchandises dépendent de l’énergie. Depuis les années 1970, les sociétés industrielles sont dans une « phase de baisse des rendements », explique-t-il, mesurée par la croissance du PIB, le TRE, ainsi que la productivité du travail et la productivité manufacturière.

Pour combler le déficit, affirme Bonauiti, nous avons maintenu la croissance de l’économie en nous appuyant sur des niveaux d’endettement accélérés. Après le krach financier de 2008, un programme massif d’assouplissement quantitatif a fait grimper la dette mondiale à un niveau encore plus élevé qu’avant le krach – arrivant à peine à soutenir un niveau de croissance du PIB beaucoup plus lent. Mais l’ampleur de la dette qui maintient la machine industrielle en marche dépasse de loin notre réserve de ressources énergétiques. À un moment donné, a-t-il prévenu, cette situation non durable est appelée à connaître une fin.

Ces mécanismes ont contribué à rendre l’économie du pétrole particulièrement insoutenable. En 2005, le pétrole brut conventionnel est parvenu à un palier de longue durée. Pour répondre à la demande économique croissante, l’industrie s’est tournée vers des formes non conventionnelles plus coûteuses. Depuis lors, le schiste américain a fourni quelque 71,4 % de la croissance de l’offre mondiale de pétrole.

En février, alors qu’une grande partie du monde était en proie au somnambulisme face à la pandémie de COVID-19, le Service géologique de Finlande – une agence gouvernementale finlandaise qui supervise la modélisation des ressources minérales de l’UE – a publié une étude complète. Bien qu’il reste « beaucoup de pétrole », il est « de plus en plus coûteux d’y avoir accès », met en garde le rapport. La production record de pétrole de schiste s’est accompagnée d’une hausse des coûts et d’une baisse de la productivité des puits. La plupart des compagnies de pétrole de schiste ont été confrontées à des flux négatifs de trésorerie, compensés par le recours à des milliards de dollars de dettes non remboursables. La pandémie a été l’épingle qui a fait éclater cette bulle de pétrole.

Il n’est pas certain que cette bulle puisse se regonfler, mais même si c’était le cas, cela menacerait l’environnement et saperait l’économie en entaînant une inévitable expansion de la dette encore plus plus intenable.

Voilà à quoi ressemble le dépassement des limites planétaires d’un point de vue énergétique.

Toutes ces données commencent à avoir un sens lorsqu’elles sont considérées dans le contexte du cycle de vie des systèmes écologiques, tel que défini de façon prééminente par le regretté écologiste CS Holling – qui a identifié quatre étapes dans la croissance et le déclin d’un système, et que nous pouvons appliquer à la civilisation industrielle.

La première étape est l’exploitation. La civilisation industrielle a connu sa période de croissance la plus rapide pendant environ 200 ans, du XIXe siècle à la fin du XXe siècle. Mais cette phase d’exploitation n’a pas commencé au XIXe siècle. Si nous utilisons les données avancées par Simon Lewis et Mark Maslin, le moment crucial a commencé dans les années 1600, coïncidant avec la colonisation des Amériques et l’émergence de l’esclavage transatlantique.

La deuxième phase, celle de la conservation – au cours de laquelle un système se consolide lui-même pour atteindre une phase de stabilité – est apparue peu après la Seconde Guerre mondiale. Elle a atteint son niveau de stagnation le plus solide entre 1970 et le début des années 2000, mais même au cours de cette période, les germes du déclin pouvaient commencer à être détectés au travers du ralentissement des taux de croissance et de nombreuses autres tendances.

Pendant cette phase de conservation, le racisme structurel des siècles précédents a connu des degrés de restauration et de reconfiguration, l’expansion du système ayant généré de nouvelles arènes de conflit. Les pressions et les exigences de la croissance capitaliste industrielle ont joué un rôle clé dans la transition depuis l’esclavage vers de nouvelles formes d’organisation du travail salarié, avec la nécessité d’absorber les Noirs et les minorités dans les nouveaux circuits d’accumulation des capitaux dépendant des combustibles fossiles. La conjonction des luttes de masse et des changements socio-économiques et culturels internes a contribué aux victoires législatives concernant les concessions en faveur des droits civils des années 1960.

Dans les années 1990, la dynamique d' »altérisation » du système en expansion se concentrait de plus en plus sur l’externe plutôt que sur les « ennemis » ‘internes. Le système est passé de la menace exagérée des communistes de l’ extérieur à une « explication logique » des fractures géopolitiques croissantes dans des régions clés du monde musulman, du Moyen-Orient à l’Asie centrale, où se trouvent les plus grandes réserves de combustibles fossiles du monde.

À un certain moment du XXIe siècle, nous avons commencé à entrer dans la troisième étape de Holling, la phase de libération — une période marquée par l’incertitude et le chaos alors que le système commence à décliner. C’est dans les preuves grandissantes de la désorganisation du système terrestre que l’affaiblissement du système mondial est le plus clairement rendu visible,mais il est particulièrement manifeste dans l’incapacité du système à maintenir les taux de croissance matérielle ayant donné naissance à ses structures actuelles.

La crise du système terrestre s’étant accélérée, elle a de plus en plus déstabilisé les systèmes humains que nous prenions pour acquis au cours des dernières décennies au cours de la précédente phase, celle de la conservation, période relativement stable.

L’une des tendances les plus évidentes de cette phase de libération est le renforcement de l' »altérisation » au travers du prisme obsolète et cassé de la « sécurité nationale » : Au lieu de reconnaître la séquence des crises comme une crise systémique mondiale, nos institutions — construites sur les chaînes de l’esclavage et de l’empire — se concentrent plutôt sur les symptômes, sur les soulèvements des peuples, sur l’effondrement des nations, sur l’affaiblissement de l’ordre libéral, et sur la manière dont ceux-ci menacent les relations de pouvoir qui permettent le maintien du statu quo ; Le noeud de la réponse n’est donc pas dans un changement de système, mais dans l’escalade de la violence pour écraser ces symptômes visibles en surface, ces peuples, ces nations, cet ordre libéral, dans le but de défendre le business-as-usual qui semblait fonctionner si merveilleusement il y a quelques décennies.

Alors que nous entrons de plus en plus dans la phase de libération, la déstabilisation du système humain accélère ces dynamiques « d’altérisation ». L’un des résultats en est l’éruption, la mise à nu, du racisme structurel au cœur de ce système ; de l’insupportable augmentation des conséquences de ce racisme ; et de la violence immense et latente sur laquelle ce système est fondé.

Mais il y a une autre dimension de la phase de libération qu’il est crucial de rappeler. À mesure que le système dominant décline, s’effondre, s’affaiblit, suscite le déchaînement de la fureur et de l’angoisse, ce processus même d’affaiblissement crée une clarification de l’incertitude systémique. Cette incertitude systémique ouvre de nouvelles possibilités de changement, alors même que de petites perturbations dans le système peuvent avoir des impacts énormes qui ne pourraient pas exister au cours des première et deuxième phases, celle de la croissance et celle de la conservation.

C’est ce que j’appelle le changement de phase global. C’est ce point de transition où de petites actions locales peuvent avoir des effets plus larges, cumulatifs, à l’échelle du système. C’est le moment où chacun de nos choix a un potentiel considérable, qui forge l’histoire.

Parce que nous sommes à l’aube de ce que Holling considérait comme la quatrième étape du cycle de vie d’un système : la réorganisation.

Alors que nous nous dirigeons vers cette quatrième étape des derniers stades du cycle de vie de la civilisation industrielle, les choix que chacun d’entre nous fait au cours du changement de phase mondial jouent un rôle essentiel dans la détermination des structures, des valeurs, des modèles de comportement et des relations d’un système émergent, qui constituera alors la base d’un nouveau cycle de vie systémique pour la civilisation humaine.

Les décisions que nous prenons maintenant vont planter les graines de l’oeuvre de re-construction, de re-conception et de re-création du prochain cycle de vie de notre espèce.

Cela a des implications assez considérables.

Cela signifie que de nombreuses structures que nous voyons autour de nous en ce moment sont destinées à disparaître, d’une manière ou d’une autre. Parmi celles-ci, nombre connaissent déjà des défaillances en cascade. Nous devons accepter la disparition de ces systèmes qui, par leur propre fragilité, leur obstination et leur narcissisme, sont incapables de changer. Ce processus aura des retombées terribles et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en atténuer les effets.

En même temps, nous devons également porter notre regard vers l’avenir, vers ce que nous devons créer, vers les nouveaux modèles de vie que nous sommes appelés à mettre en place, les nouvelles relations, les nouvelles valeurs.

Nous devrons faire preuve de toute notre créativité et de toute notre sagesse ; nous devrons faire de notre mieux pour cesser de penser en vase clos et pour voir le monde dans sa complexité et son intersectionnalité ; nous devrons intégrer nos luttes de manière inhabituelle, pas seulement par des déclarations publiques, mais aussi par de nouvelles actions visant à changer les institutions ; nous devrons réfléchir très fondamentalement à la manière dont le changement et l’amélioration de nos perceptions se traduisent par un changement et une amélioration de qui nous sommes et de comment nous sommes, dans toutes nos relations ; et nous devrons nous retrousser les manches et travailler ensemble dans de multiples secteurs et systèmes afin d’intensifier la manière dont nous pouvons tirer parti de ce processus pour créer des conditions transformatrices pour l’épanouissement de la vie, en nous remettant en question ainsi qu’en contestant les structures de pouvoir inégalitaires, destructrices et narcissiques qui prévalent, en particulier celles qui sont à notre portée.

L’explosion de Black Lives Matter est le résultat d’un point d’inflexion de la civilisation — un point de non-retour — au-delà duquel nous sommes confrontés à deux choix : l’effondrement progressif ou la transformation systémique. Le système impérialiste de racisme structurel et de pillage écologique est en train de s’effondrer sous le poids de ses propres rendements en décroissance. Où va votre allégeance ? À ce qui est déjà condamné, ou à un monde émergent porteur de promesses de possibilités ?

Le Dr Nafeez Ahmed est le directeur exécutif du System Shift Lab. Journaliste d’investigation primé, stratège du changement et théoricien des systèmes. Nafeez est rédacteur en chef de la plateforme de journalisme d’investigation financée par le public, INSURGE intelligence, et chroniqueur sur le « changement de système » à VICE où il écrit sur la « transformation du système mondial ». Ancien blogueur du Guardian et spécialiste de l’environnement, il a couvert la géopolitique des crises environnementales, énergétiques et économiques interconnectées, il a été chercheur invité au Global Sustainability Institute de l’université Anglia Ruskin, qui a soutenu ses recherches pour produire son dernier livre : Failing States, Collapsing Systems : BioPhysical Triggers of Political Violence (Springer, 2017). Il est chercheur à l’Institut Schumacher pour les systèmes durables et membre de la Royal Society of Arts. Il est lauréat du prix de l’essai Routledge-GCPS 2010 et du prix du projet censuré 2015 pour le meilleur journalisme d’investigation, et a été cité à deux reprises parmi les 1 000 Londoniens les plus influents dans la liste de l’Evening Standard.

Source : Insurge Intelligence, Nafeez Ahmed

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Commentaire recommandé

Madudu // 29.06.2020 à 08h53

Mon message a été supprimé, mais franchement ça n’est pas normal.

J’indiquais que cet article incite explicitement à la haine raciale, en faisant du « blanc » le responsable de tous les problèmes sur Terre -c’est littéralement son propos.

À force de répéter des choses pareilles, on va se retrouver pris pour cible par des fanatiques déracinés persuadés que les blancs sont le problème du monde.

J’espère que ce coup-ci je ne serai pas à nouveau censuré.

84 réactions et commentaires

  • Océan de sagesse // 29.06.2020 à 07h37

    « En Norvège, les résidents nés en Somalie »
    Mais bon dieu que font ils en Norvège , tous nos problèmes viennent de cet intolérable laisser faire migratoire !!
    Ca ne peut pas marcher , jamais !!!

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    • lecrabe // 29.06.2020 à 07h44

      Si si, ça a marché, partout, toujours, c’est même ainsi que l’espèce a colonisé toute la planète.

        +9

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      • Patrick // 29.06.2020 à 08h20

        oui et pour cela il faut que les nouveaux arrivants exterminent les anciens , comme ça s’est toujours passé sur toute la planète.
        c’est aussi pour cela que les anciens résistent.
        C’est aussi comme cela que l’on peut casser la résistance des peuples pour le plus grand profit de ceux qui tirent les ficelles.

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        • lecrabe // 29.06.2020 à 09h14

          C’est une vision très occidentale moderne que vous avez là, particulièrement guerrière, pourtant aujourd’hui on sait que sapiens n’a pas génocidé néanderthal ou denisova, il les a absorbé. En général il y a toujours un peu de violence, et beaucoup d’acculturation jusqu’à l’assimilation et l’indistinction.
          Me vient à l’esprit la dernière de nota bene: l’empire romain détruit par les invasions barbares est une fable (de plus).
          Ceci dit, c’est vrai que la crispation identitaire entraîne des violences, mais peu importe, quand vous ne pouvez plus vivre là où vous êtes, vous allez vivre ailleurs, tout simplement.
          Depuis avant que l’homme soit homme, certains partent à la découverte du monde et posent leurs valises dans des lieux qu’ils n’ont jamais vu, sans quoi, partant d’Afrique, on n’aurait pas colonisé du groënland à la patagonie, de la sibérie à l’océanie.

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          • Patrick // 29.06.2020 à 09h46

            en ce moment, les migrants ne partent pas à la découverte du monde , ils partent à la découverte de prestations sociales et d’endroits où ils pourront se faire nourrir.
            On nous a promis une foule de chercheurs , d’ingénieurs et de médecins et on a vu arriver une foule de BAC-12 ( et quelques médecins et ingénieurs dans le tas).
            Donc, forcément ça crispe un peu les populations locales, surtout que les « codes culturels » ne sont pas forcément compatibles.

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            • Ives // 29.06.2020 à 10h40

              plutôt que d’écrire « où ils pourront se faire nourrir. », il est peut-être plus juste de dire « où ils pourront se nourrir ». Votre réflexion est typiquement celle de quelqu’un qui n’a pas ce genre de problème. Historiquement, la plupart des migrations, sont parties de çà. Sans aller chercher très loin, les paysans qui quittaient les campagnes françaises au XIXe siècles, les quittaient pour cette raison : se nourrir. Et l’accueil qu’ils avaient en « montant » à la capitale, n’était pas très loin de l’accueil qu’ont les migrants de nos jours : ils parlaient le patois, mangeaient du chou, …

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            • lecrabe // 29.06.2020 à 13h12

              Mais oui, et c’est pour ça qu’ils s’entassent dans des bidonvilles aux portes de nos mégalopoles, c’te bande de nababs profiteurs bien au chaud dans leurs tentes queshua…

                +9

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            • Madudu // 29.06.2020 à 14h36

              Ils étaient chrétiens, catholiques, parlaient une langue latine extrêmement proche du français moderne, partageaient au moins 2000 ans d’histoire, et leur descendance ne pouvait pas se revendiquer d’une autre « ethnie ».

              Mais à part ça, aucune différence !

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          • Urko // 29.06.2020 à 21h10

            Non, la destruction de l’Empire romain n’est pas une fable. Il se trouve que les pangermanistes du XIXeme puis les nazis ont voulu nier les ravages des Germains sur l’Empire romain (les latins), et qu’ils ont trouvé pour complices ceux qui promouvaient l’immigration de masse : les premiers comme les seconds avaient ensemble intérêt à ce que nous ignorions que les Germains que l’Empire avait laissé s’installer dans ledit empire se sont retournés contre lui un siècle après, sans hésiter, pour rejoindre les envahisseurs germaniques et leur prêter main forte. Pangermanistes et pro immigration ont essayé aussi de relativiser les dégâts causés, et pourtant, les historiens d’aujourd’hui savent que l’effondrement a consisté en un recul des technologies, des techniques, des rendements agricoles, de la paix, de la culture, du confort et tout simplement, de la démographie, laminée.

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      • lecrabe // 29.06.2020 à 13h07

        Arrêtez de répandre des idioties, déjà, il y a eu bien plus de deux espèces d’homo (les humanoïdes, c’est autre chose), et les massacres, s’il y en a sûrement eu, rien ne prouve à ce jour que c’était généralisé, sans quoi on ne retrouverait pas leurs gènes dans notre adn.

          +0

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    • Kasper // 29.06.2020 à 11h07

      « Mais bon dieu que font ils en Norvège  »

      A vue de nez, chercher un endroit pour vivre moins misérable et dangereux que la Somalie.

        +7

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      • Océan de sagesse // 29.06.2020 à 11h42

        Et qui l a rendue invivable si ce n est les Somaliens ?

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        • barbe // 29.06.2020 à 12h06

          Vous avez entendu parler de la pollution des côtes de la somalie par les étrangers qui venaient y déverser leurs déchets?

            +11

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          • Alfred // 29.06.2020 à 20h48

            Outre les déchets radioactifs et diverses poubelles déversés principalement par les italiens les côtes de la Somalie ont été ratissees par la pêche industrielle essentiellement …. chinoise. Suivant votre logique de pseudo-karma les somaliens devraient massivement se diriger vers la Chine au niveau de vie supérieur puisqu’elle a épuisé leurs ressources halieutiques.
            (Reconnaître le somaliland qui se débrouille de son côté serait déjà une bonne étape à la stabilisation de la région).
            ((L’impérialisme néo ottoman de la Turquie qui développe des bases militaires en Somalie incite il les somaliens à immigrer en « métropole » en Turquie ?))

              +4

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        • Kasper // 29.06.2020 à 12h21

          Quand bien même ca serait vrai, qu’est ce que ca change ?

            +3

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          • Madudu // 29.06.2020 à 12h35

            Ça ne change rien, vous avez raison : aucun peuple n’a le devoir d’accueillir leur population en déshérence, surtout si cet accueil se transforme en danger mortel.

              +9

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            • Kasper // 30.06.2020 à 01h29

              Certes. Mais
              1-les somaliens qui ont envie de vivre n’ont pas plus le devoir d’écouter vos desiderata. Ils ne vont pas se laisser mourir pour vous faire plaisir.
              2-l’absence d’impératif catégorique n’interdit pas d’accueillir si on pense y trouver son compte. La dessus les norvégiens sont seuls juges.
              3-les gens qui ne sont ni somaliens ni norvégiens feraient peut être mieux de s’occuper de leurs fesses.

                +5

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            • Subotai // 30.06.2020 à 01h42

              C’est exactement avec ce même esprit que les Légions Romaines ont massacrés nombre de peuples germaniques depuis Caius des Julii; avec le résultat qu’on sait…
              An 476 de l’ère commune 🙂

                +1

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    • pasdebol // 29.06.2020 à 11h27

      « À ce qui est déjà condamné, ou à un monde émergent porteur de promesses de possibilités ». Présenté de cette façon j’aurais tendance à choisir la seconde possibilité , mais en lisant la démonstration , je vais rester avec les condamnés et ce pour deux raisons .
      La 1er , cette tendance , pour le coup systémique , qu’ont les éditorialistes , journalistes à analyser les situations uniquement à l’aune de leurs convictions sans la subtilité , ni la finesses qui étaient leurs jusqu’alors . Des tribuns propagandistes ayant tribunes avec des raisonnements tractopellés . Ces auto-proclamés oracles t’expliquent de caricatures , en arguments d’autorités , en raisonnements biaisés que 12 ne peut être que le résultat de 7 plus 6 ni plus, ni moins, éventuellement l’inverse mais pas au-delà . Leurs vérités est la vérité . POINT .
      La seconde ,en creux dans l’article ainsi que dans la conclusion , c’est que tout cela sent le redressement idéologique forcée , voire l’épuration . Sachant , l’histoire en est témoin , qu’avec ce genre de tyran la repentance ne vaut pas absolution , autant restés avec les condamnés et gardé dignité et conviction. 8 plus 4 ça marche aussi .

        +4

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    • fanfan // 29.06.2020 à 14h33

      Asad : « Un jour, des hommes m’ont menacé et m’ont obligé à les prendre sur ma moto. J’ai tout de suite compris que ces personnes étaient ce qu’on appelle ici « des terroristes », mais je n’avais pas le choix, je devais les transporter. On était en route, lorsque j’ai vu un barrage de police. J’ai eu peur, je ne voulais pas que la police me voit avec ces hommes. J’ai arrêté la moto et je me suis enfui en courant.
      Les terroristes ont commencé à me tirer dessus mais la police a répliqué et déclenché une fusillade. Les terroristes avaient des explosifs sur eux et ils ont fait exploser ma moto. La police m’a arrêté. Je leur ai tout expliqué, ils m’ont laissé repartir. C’est à ce moment-là que ma fuite a commencé.
      J’étais recherché par ce groupe terroriste. Pour eux, j’avais « trahi ». J’ai essayé de me cacher mais ils ont retrouvé ma famille. Ils ont d’abord menacé mon père puis ils ont tiré sur ma mère parce qu’elle l’a défendu. J’ai compris que tôt ou tard, ils me retrouveraient et ils me tueraient. Je n’avais pas le choix, il fallait que je quitte la Somalie. C’était le 15 mars 2015… https://www.msf.fr/actualites/temoignage-asad-20-ans-et-7-000-km-parcourus-entre-la-somalie-et-l-europe

        +5

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      • Patrick // 29.06.2020 à 22h28

        C’est bien dommage pour lui
        Mais ça ne nous oblige pas à l’accueillir avec ses 3 millions de potes.

          +6

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    • Fernet Branca // 29.06.2020 à 22h52

      Vous oubliez les grandes invasions venues d’Asie et qui ont fait tomber l’Empire Romain , les envahisseurs poussés par d’autres plus énergiques ont mis un terme à cet empire.
      Relire « Le jour des Barbares » sur la bataille d’Andrinople le 9 Août 378 par Alessandro Barbero

        +2

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      • Subotai // 30.06.2020 à 01h47

        Venu d’Asie..? Qui ça..?
        Ce sont pourtant les peuples germaniques (scandinavie) qui ont détruit l’Empire Romain; et ont dominé le monde jusqu’à ce jour…
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Germains

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        • Anouchka // 30.06.2020 à 09h30

          Les indo-européens venaient d’Eurasie.
          Les Bulgares aussi, les croates aussi. Les Hongrois aussi.
          Les Huns venaient d’Asie

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          • Subotai // 30.06.2020 à 19h35

            On parle de la destruction de l’Empire Romain d’Occident.

              +0

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            • Anouchka // 30.06.2020 à 22h44

              Ben oui. Ci-dessous un lien au sujet de la bataille des champs Catalauniques, ça vous donnera une petite idée des forces en présence.
              https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_champs_Catalauniques_(451)

              Les « peuples germaniques » étaient un mélange de toutes sortes de peuples. Et quand ils se mettaient en marche vers l’ouest et le sud, c’était d’abord et avant tout parce qu’ils y étaient poussés par d’autres peuples venant de l’est.

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            • Alfred // 01.07.2020 à 09h33

              Je suis désolé de votre échange. Il est éclairant sur ce qui nous arrive et pourquoi cela nous arrive. Nous payons des décennies de désinstruction même chez les csp+.
              Wikipedia ne fait pas tout. Nous sommes en train de crever de l’absence de mise en perspective historique. De l’absence de sens du tragique aussi d’ailleurs. Sans mémoire nous sommes comme un peuple sdf qui se couche dans le froid pour ne plus se réveiller.
              Merci de votre patience Anouchka.

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          • Subotai // 02.07.2020 à 18h06

            Bon !
            piske qu’il faut y aller.
            Alamans, Goth et ses variantes, Gépîde, Quade, Marcomans, Burgonde, Lombard, Sueve, Franc, Chatte, Jutte, Angle, Saxe, « viking », « varègues », etc, etc…
            Tout du Germanique, originaire d’Europe du Nord et de Scandinavie. Et ce n’est pas parce qu’ils se sont répandus jusqu’au Danube et au delà dans l’antiquité, puis jusqu’en Extrême-Orient (dans les temps « modernes ») que ce sont des Asiates.
            Les peuples cavaliers des steppes ont, au cours des siècles et au gré de meilleures conditions climatiques, poussé de temps en temps leur razzia jusqu’en Occident, mais ce sont bien des royaumes germaniques et QUE des royaumes germaniques qui se sont formés en Occident sur la dépouille de Rome. Et les interminables guerres européennes n’ont d’autres sources que les rivalités « tribales » remontant aux temps anciens, même si on peut les habiller de fringues modernes et de justificatifs concrets.
            Le seul peuple des steppes ayant réussi à s’installer confortablement en Occident sont les Turcs.
            Tous les autres, de l’Oural à la Caspienne jusqu’au fin fond de la Mongolie n’ont jamais cessé de se grouper, mélanger, dissoudre, reformer, regrouper, bouger d’un bord à l’autre. Certains ont réussi à monter des fédérations puissantes mais qui n’ont guère duré plus longtemps que la vie du chef.
            Au cours des ages, certains ont fini par s’installer dans les vides en bordure des steppes. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’à l’époque, il n’y avait pas beaucoup de monde et qu’il y avait beaucoup de place.

              +1

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  • catherine // 29.06.2020 à 07h45

    « En même temps, nous devons également porter notre regard vers l’avenir, vers ce que nous devons créer, vers les nouveaux modèles de vie que nous sommes appelés à mettre en place, les nouvelles relations, les nouvelles valeurs. »

    Tout est dit.

    Je pense qu’il y a réellement un éveil des consciences, qu’il est irréversible et voué à s’amplifier.

    Le problème est que les citoyens ne savent pas trop comment s’y prendre et attende une offre politique susceptible de prendre cette voie. Ce changement de civilisation a besoin d’être structuré, planifié, organisé.

    Les citoyens dans leur majorité sont prêts à accompagner un mode d’évolution réaliste, à condition de savoir où ils vont.

    C’est peut-être la raison pour laquelle les listes vertes ont fait des scores importants et signifiants dans des grandes villes notamment.

    Oui il commence à être compris que l’on ne peut pas « continuer comme ça ».

    En revanche, « L’explosion de Black Lives Matter  » ne me semble pas se situer dans cette mouvance.

    J’avais déjà écrit ici que les zuniens se détestent entre eux, qu’ils sont très racistes et d’une manière égale et réciproque. Ce qui se passe n’en est que l’exacerbation.

      +6

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    • Alfred // 29.06.2020 à 08h04

      Je veux bien admettre avec vous qu’une partie de la population se sente assez sécurisée pour n’avoir point à se soucier de ses besoins vitaux et pour désirer une évolution de long terme qui se traduit par le vote vert dans les grandes villes. Admettons que le matraquage « publicitaire » à la Emma truc n’y soit strictement pour rien comme il n’a été « pour rien » dans l’élection du « paquet de lessive » à la tête de l’état. Pourquoi pas.
      Cela reste quand même très osé de dire que le peuple accepte le changement « à condition de savoir où il va » et que le vote vert en est l’illustration, tant ce parti est multiforme, pluriel, chargé de passagers clandestins, à la fois raide comme une matraque et permissif. C’est tout sauf savoir où l’on va. De nouvelles taxes de nouvelles aides cela c’est sur mais au service des citoyens plutôt que de grands groupes greewashés c’est pas du tout certain. De l’écriture inclusive et des horaires de piscine aménagés c’est sur mais une économie locale résiliente et forte c’est pas evident du tout.

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      • Patrick // 29.06.2020 à 08h25

        Le vote vert est un truc d’urbain bien à l’abri dans sa bulle de confort.
        Mais l’urbain en question va vite se rendre compte que sa bulle de confort ne fonctionne que parce que l’état pille le reste du pays pour l’alimenter et que les grandes villes ne survivent que grâce à une énorme logistique pour les approvisionner .. ça risque de piquer un peu dans les mois et années à venir.
        Aux USA , les dernières festivités en centre ville provoquent un départ de gens les plus riches vers des zones plus rurales et clémentes.
        En France , le confinement provoque une forte demande de maisons individuelles à l’extérieur des grandes villes.

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        • Anonymous_civ_Sergent // 29.06.2020 à 12h29

          C’est pour ça que moi et le reste de ma fratrie nous allons investir dans l’immobilier dans des zones fertiles avec un potager. Vincennes et cie dans un avenir proche sont condamnés à voir leur population se réduire du jour au lendemain, à moins de mettre dans les jardins publiques de quoi les nourrir. Mais le problème c’est que vincennois et vincennoises ne voient absolument pas le problème comme ça et pensent que les camions vont pour toujours les approvisionner. Ils et elles ne veulent pas se projetter dans un monde sans cette logistique titanesque qui les approvsionnent tout les jours. Ils ne veulent pas se projetter dans un quotidien ou faut penser à des choses plus prosaïques et ou le confort de vivre sera réduit au minimum.

          Aujourd’hui l’immobilier à Limoges, Ussel, tulle brive la gaillarde ne vaut rien mais avec le temps, il va y’avoir un nombre non négligeable d’urbains qui voudront simplement manger parce que leurs besoins vitaux ne seront plus assurés dans ces vastes centres urbains que sont devenus l’ile de france.

          Donc moi et ma fratrie on va chercher à prendre les bonnes terres avant que les parisiens ne nous les piquent et on compte même bosser avec des agriculteurs locaux adeptes de l’agriculture biologique et paysanne. On est prêt à rennoncer à partir en vacances à l’avion, à réarpenter nos routes à vélo, à nous remettre au travail de la terre, on a décidé de ne plus acheter de nouveautés high tech, ca fait maintenant 8 ans que moi et ma fratrie nous boycottons soldes et cie.

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      • Anonymous_civ_Sergent // 29.06.2020 à 12h21

        Ce n’est pas évident du tout quand on vous dit de façon subtile que quoique vous faisiez, pensiez, agissiez, le système que vous voulez voir changer fera tout pour se maintenir et tuer dans l’oeuf vos actions.

        Dans vincennes quand je dit aux cyclistes que ce qu’ils font c’est bon pour la planète avec un « vive l’oxygène, prenez soin des générations futurs », je récole une poignée de regards incrédules d’urbains qui ne voient pas vraiment pourquoi leur geste est bon. Je récolte aussi une poignée de regard interrogateurs de passants qui ne comprennent pas vraiment pourquoi je gâche ma salive à parler en bien à des inconnus.

        Bah très simple: c’est parce que je voudrais pousser autrui à voir le plus petit positif de cette journée et que ça le sorte de sa torpeur du quotidien et d’une forme de paresse et de confort intelectuelle qui l’aveugle d’après moi.

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      • Marie Pan-Pan // 29.06.2020 à 18h57

        « à condition de savoir oû il va….parti multiforme, pluriel… »
        qu’illustre merveilleusement les résultats de ma commune ce dimanche:
        mairie remportée par un macroniste pur jus de chaussette,allié aux retourne-vestes ( anciens conseillers de la maire sortante) ET allié à la liste verte pastèque locale (25% de voix)…bref un cocktail malodorant libéral-libertaire qui nous promet effectivement de mémorables gueules de bois.
        Avec 60% d’abstention (53% chez moi sur 9800 inscrits) je doute que le peuple « s’éveille », « accepte le changement » ou qu’il soit prêt « à accompagner » ce formidable élan vert de gris (ça alors je n’aurais jamais cru reprendre un propos de Jean-Luc).

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    • Patrick // 29.06.2020 à 08h29

      Il serait intéressant d’avoir une analyse complète du mouvement BLM , et en particulier de toute la nébuleuse de financement qu’il y a autour.
      En première approche et au vu des financements connus , ça me fait très nettement penser à un mouvement bien organisé de fragmentation de la société US pour mieux la contrôler ( principe de base du marxisme culturel .. diviser pour mieux régner )
      ( voir dedefensa.org .. quelques analyses intéressantes )

        +25

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      • Sophia // 29.06.2020 à 12h15

        Peut-être bien. Cela dit, ces choses-là ne « prennent » que si le terrain est favorable. Regardez le matraquage qu’ont subi les américains pour leur faire accepter un conflit avec la Russie: ça n’a pas débouché sur grand’chose, parce que les gens dans leur majorité ne perçoivent pas la Russie comme une menace. La récente rhétorique anti-chinoise reçoit un bien meilleur accueil, d’ailleurs…
        Pour en revenir aux émeutes: l’accumulation des inégalités, du chômage, de la corruption, de la pollution, etc… sont ressentis au quotidien, par une majorité de gens. Les émeutes BLM, financées ou non, sont révélatrices d’un sentiment d’injustice systémique largement répandu dans la société. Le fait que ce ressentiment de cristallise sur la question raciale, c’est aussi parce que le discours de classe est inaudible: c’est mal de parler de lutte des classes, c’est bien de parler de luttes sociétales. Alors on s’accroche à ce « prétexte », qui n’est que l’amorçage le plus évident, à notre époque.
        Et dans les pays où la déliquescence sociale est moins avancée, les manifs BLM sont bien moins importantes, comme par hasard.

          +5

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        • Patrick // 29.06.2020 à 12h41

          Aux USA , les gens les moins qualifiés avaient des jobs corrects dans l’industrie , ça leur permettait de ramener un salaire décent et de faire manger la famille.
          ça c’était avant , avant la désindustrialisation du pays .. maintenant il y a une énorme population pauvre ( blancs et noirs ) qui n’a plus de vision de l’avenir, avec tout ce que cela entraîne de délinquance , drogues et autres joyeusetés.
          Alors forcément ça pète à la première occasion.
          Trump avait raison de dire qu’il fallait ramener les emplois aux US , mais c’est trop tard , il fallait s’en occuper il y a 30 ans.

            +12

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          • hub // 01.07.2020 à 08h05

            Il ne s’agit pas de baisser les bras en disant  » c’est trop tard  » , le defaitisme est une sorte de maladie . Il faut retaxer aux frontières . Et pas qu’un peu ….

              +0

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        • Alfred // 29.06.2020 à 21h27

          Je ne pense pas que ce soit mal de parler de la lutte des classes. C’est toujours aussi pertinent que jamais. Au contraire c’est à dessein que les luttes sociétales sont mises en avant pour désamorcer avec succès la lutte des classes. Elles sont précisément destinées à remplacer la lutte des classes et maintenir le statut quo.
          Qui mieux qu' »eux » pour en parler ?:
          https://twitter.com/i/status/1270370113074724871
          Étonnamment entre la théorie et la pratique…

            +3

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          • Patrick // 30.06.2020 à 08h38

            On passe de la lutte des classes aux luttes sociétales, théorisé par W.Lind sous le terme de marxisme culturel, on garde le principe exploiteur/exploité ou oppresseur/opprimé et on l’applique à tous les groupes de la société.
            A noter que le nommé W.Lind a surtout travaillé pour le Pentagone sur les guerres de 4ème ou 5ème génération , la guerre ultime étant celle des gouvernants contre les peuples. Y’aurait-il une relation entre tout ça ?

              +5

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          • Sophia // 01.07.2020 à 14h38

            J’ai peut-être du mal à faire passer l’ironie à l’écrit: je suis entièrement d’accord avec vous, en fait.

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      • Anfer // 30.06.2020 à 15h46

        Ce terme absurde de « marxisme culturel » (oxymore, le marxisme nie l’importance de la culture comparé aux relations de domination économique) est une importation des conservateurs américains, qui ont pondu cette idiotie pour mettre dans le même sac tous ceux qu’ils haïssent.

        En même temps, les conservateurs préfèrent reduire tout à un problème sociétal, c’est plus facile que de parler de rapport de force économiques.

          +2

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  • Jean-Pierre Kayemba // 29.06.2020 à 08h41

     » On ne commande la nature qu’en lui obéissant » . Le système capitaliste et ses avatars veut commander la nature en lui désobéissant: l’inéluctable catastrophe à venir était prévisible.

      +7

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    • Jean-Pierre Kayemba // 29.06.2020 à 21h16

      J’aurais voulu écrire: » Le système capitaliste et ses avatars veulent commander la nature en lui désobéissant. » merci de l’avoir rectifié.

        +1

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  • barbe // 29.06.2020 à 08h44

    Le racialisme c’est la tentative de détruire l’universalisme français, en y introduisant le communautarisme anglosaxon (juxtaposition de communautés) : penser les rapports en termes de races et non de choix de société. Confondre différences, naturelles, et inégalités, sociales. Sos racisme a été une opération d’ingénierie sociale. A partir du moment où le corps des élus fait sécession du peuple, ce n’est pas sans effets sur tout le corps de la France ; le mouvement inverse est-il possible?

      +21

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    • Anouchka // 29.06.2020 à 10h49

      L’hégémonie actuelle du communautarisme a l’anglo-saxonne dans les médias français est une victoire de Burke sur l’esprit des Lumières françaises. Burke s’opposait à « la fausse théorie des droits supposés de l’homme » et pensait qu’aucun principe supérieur ne pouvait s’imposer aux coutumes des communautés formées par la nature et par l’histoire.

        +5

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  • Madudu // 29.06.2020 à 08h53

    Mon message a été supprimé, mais franchement ça n’est pas normal.

    J’indiquais que cet article incite explicitement à la haine raciale, en faisant du « blanc » le responsable de tous les problèmes sur Terre -c’est littéralement son propos.

    À force de répéter des choses pareilles, on va se retrouver pris pour cible par des fanatiques déracinés persuadés que les blancs sont le problème du monde.

    J’espère que ce coup-ci je ne serai pas à nouveau censuré.

      +45

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    • Anouchka // 29.06.2020 à 09h20

      Que voulez-vous, Madudu, l’anti-racisme, c’est comme le changement climatique ou la dangerosité du Covid-19, ça ne se discute pas.

        +30

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    • Kallas // 29.06.2020 à 11h09

      Je suis d’accord avec vous. J’ai été choqué de tous ses amalgames rapide sur le racisme, mais c’est très mode que voulez vous…
      Imaginé comment on riraient si les européens faisaient le même foin au moyen orient pour les atrocités commise par les différants empires qui on peuplé la région aux files des siècles et ses millions d’esclave importer d’Europe, ou si subitement on s’en prenait à l’Italie pour dénoncer l’époque Romaine et demander réparation pour ses siècles d’asservissement. Se culte de la victime qu’il y à désormais en occidents me dégoute.

      A souligner aussi les amalgames récurant USA=EUROPE USA=MONDE USA=RACE HUMAINE.

      Je retiendrais le messages écologique, le reste…

      Et si je peux faire passé un message : Arrêter de jugé le passé avec la moral d’aujourd’hui !

        +15

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    • Crapaud Rouge // 29.06.2020 à 11h50

      Madudu : le blanc n’est sans doute pas « le responsable de tous les problèmes sur Terre », mais quelle « civilisation » a colonisé la Terre ? Ce n’est pas celle des blancs européens/américains ? Répondez à la question, et vous aurez alors raison : oui, les blancs seront peut-être « pris pour cible » à l’avenir, (qui s’annonce tumultueux), mais ce ne sera pas à cause de cet article.

        +3

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      • Madudu // 29.06.2020 à 12h18

        La civilisation des « blancs » ? Il s’agit d’une catégorie raciste, qui n’a rien à voir avec l’histoire du monde.

        Que je sache, ce sont les grecs qui ont initiés l’ensemble culturel auquel la France se rattache. Cet héritage est aujourd’hui partagé partout dans le monde, sous des formes diverses : la science et les techniques dites modernes, les droits de l’homme, le concept de nation et de liberté des peuples à disposer d’eux-même, …

        Peut-être que certains peuples sont insatisfaits de ces apports, mais qu’ils ne viennent pas nous les reprocher sous des formes fautives du type : « vous ne respectiez pas les droits de l’homme avant de les avoir inventé, vous êtes des monstres ! ».

        Qu’ils disent les choses franchement : nous voulons demeurer dans les traditions de nos ancêtres, telles la polygamie, l’excision systématique des jeunes filles, les mariages forcés, le prix du sang, l’absence de médecine moderne, etc.

        Mais à ma connaissance, fort peu de peuples se lancent dans une telle aventure : ils cherchent au contraire presque tous à avancer dans la voie que la Grèce a inauguré et que nous avons continué, parce qu’elle offre des avantages immenses lorsqu’on la compare à ce qu’elle vient remplacer.

        En réalité, l’appel que vous faites à la violence raciale -car c’est ce que vous venez de faire- n’est que le résultat d’une manipulation. Une manipulation dont vous n’êtes pas sensé bénéficier, vous autres qui n’êtes que des instruments au service des puissants, contre les peuples.

          +30

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      • Alfred // 29.06.2020 à 16h34

        Il me semble que vous faite une forme d’ethnocentrisme. Si vous considérez l’Indonésie qui est une sorte d’union européenne par la force (un assemblage de nations ayant des traits communs mais cependant bien distinctes unies contre leur gré) vous trouverez un pouvoir politique farouchement autonome et diverses sociétés civiles ayant une très longue histoire. L’adoption ou non, par les uns et les autres, à leur manière, des standards de vie « moderne » n’ont pas grand chose à voir avec « l’homme blanc ». Le désastre écologique qui s’y déroule est principalement autochtone et il l’est à de multiples niveaux.

          +5

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  • Anouchka // 29.06.2020 à 09h04

    Je trouve ce texte fasciste… son obsession pour le racisme, sa haine revancharde pour les anciens dominants (colonisateurs d’il y a plusieurs siècles), sa vision apocalyptique du futur, son appel à une révolution raciale, le ton virulent et décomplexé … Et encore, fasciste je suis gentille, car tous les fascismes n’étaient pas aussi obsédés par le racisme que ce texte…

      +38

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    • guzy // 29.06.2020 à 09h22

      Les fascistes au sens strict (Italiens) non, les nazis si c’était le fondement de leur idéologie.

        +5

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    • Alfred // 29.06.2020 à 10h22

      En effet. Un autre jour sous un autre texte j’avais fais référence à radio mille colines et m’étais fait rabrouer pour cela. Pourtant cela ne commence pas autrement. Cette petite musique de haine décomplexée ne devrait pas laisser tant de gens incrédules car elle se traduit fatalement en actes au bout du chemin. Le racisme autorisé et adoubé qui se met en place n’est pas différent de l’antisémitisme banalement répandu du siècle dernier. Il faut le refuser en bloc. Refuser tous les racismes. Tout le monde compte. La sécurité de chacun quelque soit sa couleur de peau et sa religion est en jeu à terme. De même méfions nous de tous ceux qui font passer la planète avant l’homme sans amour ni pour l’un ni pour l’autre. Les graines dont parles Nafeez ressemblent beaucoup pour certaines à celles d’un totalitarisme vert.
      Totalitarisme soutenu par l’argent roi, projet messianique, ennemi désigné à détester, comment ne pas reconnaitre un spectre hideux surgit du passé? BMW a survecu à la guerre mais pas les juifs allemands et le reste des allemands a payé cher son égarement. Ce ne devrait pas être un projet pour le futur. Même pour sauver la planète.

        +19

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      • Anouchka // 29.06.2020 à 11h34

        L’inquiétude écologique est du pain béni pour ceux qui rêvent d’abattre les principes universalistes hérités des lumières.
        Elle légitime l’abolition du principe sacralisé de la dignité humaine, efface les frontières entre les hommes et les animaux, entre les hommes et les choses (droits des écosystèmes), permet de reconstituer des hiérarchies entre les hommes (les « bons« , respectueux de l’environnement et les « mauvais », ceux qui ne le respectent pas et qui perdent de ce fait leur privilège humain et leur légitimité à vivre), elle permet de penser la décroissance des populations humaines dans une optique utilitariste (maximiser l’utilité de tous les membres humains ou non- humains des écosystèmes), vieux rêve hygiéniste fasciste… Et au bout du bout elle légitime la violence des « bons» sur les « mauvais », la dictature des premiers sur les seconds, l’égoïsme des communautés de « vertueux » vis à vis de tous ceux qui sont irrémédiablement viciés par l’héritage de leur histoire coupable et nécessairement voués à l’extinction pour la régénération du monde.

          +22

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        • LibEgaFra // 29.06.2020 à 12h03

          Pour moi votre haine de ceux qui ne pensent pas comme vous est le début de la fin. Ah, la frontière entre les hommes et les animaux, les uns avec une âme et les autres sans, on est en plein dans l’idéologie chrétienne, à l’opposé complet des Lumières. L’ « Homme » comme sommet de la création… Les écosystèmes ne sont pas des « choses ». Sauf pour les capitalistes et leurs séides qui après avoir détruit les écosystèmes (c’est en cours, cf. mer d’Aral, etc.) détruiront les hommes, car il n’y aura plus d’accès à certaines ressources et la violence pour s’en emparer sera la norme. D’ailleurs cela déjà commencé avec le pétrole: Irak, Libye, Syrie, Iran, Vénézuéla.

          La nouvelle norme, c’est de traiter l’autre de « fasciste » dès qu’on n’est pas d’accord avec lui. C’est très inquiétant et significatif du degré de haine qui se manifeste, et qui en fin de compte justifie toutes les violences.

            +4

          Alerter
          • barbe // 29.06.2020 à 12h11

            Mrliberté, vous avez le droit de vouloir être pris pour une chose, et de traiter l’autre de fasciste alors que du même geste vous désapprouvez la manoeuvre, mais bon on aimerait un brin de conséquence dans le raisonnement.

              +12

            Alerter
            • LibEgaFra // 29.06.2020 à 12h23

              Où ai-je écrit que je voulais être pris pour une chose?

              Où ai-je traité celui qui ne pense pas comme moi de « fasciste »?

              Vous voyez midi à votre porte, sauf qu’il est midi passé. Ça ne fait pas de vous un fasciste, seulement quelqu’un qui a des problèmes de compréhension.

              « Conséquence »? Cohérence plutôt et en respectant toute forme de vie, même la vôtre en ne vous insultant pas, mais en vous expliquant. En essayant du moins.

                +1

              Alerter
            • Madudu // 29.06.2020 à 12h30

              Libefraga : avez-vous vraiment lu le message de Anouchka ?

              Car il n’y pas de haine dans celui-ci, elle témoigne simplement d’une vision du monde -très répandue- dans laquelle les hommes ne sont pas des objets, mais des êtres sensibles qu’il faut mettre sur un autre plan.

              Si pour vous c’est haineux, je me demande à quoi ressemble l’amour ! ^^

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            • LibEgaFra // 29.06.2020 à 12h40

              Pour votre édification, vous devriez – si ce n’est déjà fait – regarder le documentaire « Le combat des chefs » sur un groupe de chimpanzés au Sénégal. Vous constateriez que les hommes ne se comportent globalement pas très différemment de nos plus proches cousins.

              Si vous en faites des choses… si tout ce qui est différent devient une chose…

              Trois étapes dans l’histoire:
              – toute vie est sacrée (animisme);
              – la tribu est sacrée (judaïsme);
              – l’individu est sacré (christianisme);
              – l’individu croyant est sacré (christianisme et islam).

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            • LibEgaFra // 29.06.2020 à 12h45

               » Madudu // 29.06.2020 à 12h30
              Libefraga : avez-vous vraiment lu le message de Anouchka ? »

               » Anouchka // 29.06.2020 à 09h04
              Je trouve ce texte fasciste… son obsession pour le racisme, sa haine revancharde pour les anciens dominants (colonisateurs d’il y a plusieurs siècles), sa vision apocalyptique du futur, son appel à une révolution raciale, le ton virulent et décomplexé … Et encore, fasciste je suis gentille, car tous les fascismes n’étaient pas aussi obsédés par le racisme que ce texte… »

              Apparemment oui, je l’ai lu. Vous par contre je ne suis pas sûr…

              Autre exemple: depuis quand les « choses » sont-elles des « êtres sensibles »?

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              Alerter
            • Madudu // 29.06.2020 à 13h11

              Placez mieux vos réponses alors, votre message n’est pas à la bonne place.

              Cela dit je ne vois toujours pas où est la fameuse « haine » … d’autant plus que, dans ce message-ci, Anouchka dénonce la haine raciste qui anime manifestement cet article.

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            • Anouchka // 29.06.2020 à 17h09

              @LibEgaFra
              « Toute vie est sacrée : animisme »
              Pour vous visiblement , c’est le nec plus ultra de la spiritualité bonne et les autre forme religieuse que vous listez sont une forme de dégénérescence qu’il convient d’éradiquer.

              Cependant, il n’est pas vrai que l’animisme sacralise spécialement la vie par rapport aux autres formes d’existence( pour eux les montagnes où les sarbacanes par. exemple, ont aussi une âme au même titre que les perroquets ou les hommes). Vous confondez Vitalisme et Animisme. Le vitalisme est une philosophie moderne, héritière de la science moderne et qui, soit dit en passant, plaisait beaucoup aux fascistes et aux nazis.
              On peut reprocher bien des choses au Christianisme, il n’empêche que c’est lui qui a permis de penser la sortie de l’esclavage. Je ne parle pas de l’attitude de l’église, catholique en particulier, face à l’institution de l’esclavage (institution répandue sur toute la terre depuis la nuit des temps et notamment chez des peuples profondément animistes comme les Iakoutes par exemple). Je parle de la spiritualité chrétienne qui a rendu possible l’émergence de l’idée que l’esclavage était une pratique indigne de l’humanité.

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              Alerter
            • LibEgaFra // 30.06.2020 à 10h41

              « Pour vous visiblement , c’est le nec plus ultra de la spiritualité bonne et les autre forme religieuse [sic] que vous listez sont une forme de dégénérescence qu’il convient d’éradiquer. »

              Je vous remercie pour ce nouveau sophisme qui éclaire votre manière de penser. « Visiblement »? Où avez-vous lu que pour moi l’animisme était le nec plus ultra de la spiritualité? Où ai-je écrit qu’il convient d’éradiquer les autreS formeS religieuseS? Vous décidez à ma place ce que je pense… lisiblement. Vous diabolisez ceux qui ne pensent pas comme vous. C’est ce qui se fait couramment dans les Etats totalitaires où la pensée des gens veut être contrôlée. Michel Onfray donnerait cela comme exemple de microfascisme.

              Vous ne présentez aucun argument à l’appui de vos insultes comme quoi le texte proposé par les-crises est fasciste et/ou raciste.

              Et vous continuez dans le sophisme en voulant me mettre le vitalisme sur le dos; adressez-vous plutôt à Michel Onfray.

              C’est quand même extraordinaire, vous savez mieux que moi ce que je pense. Et on vous plussoie. Décidément c’est mal parti. Le niveau de haine augmente dans le pays.

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            • Anouchka // 30.06.2020 à 11h16

              LibEgaFra
              Vous donnez à « Sophisme« un sens tout personnel. Vous écrivez plus bas que je ne suis pas « détentrice du sens du mot fascisme »; apparemment, vous considérez que l’on peut donner aux mots le sens qu’il nous convient, au gré des besoins du moment, soit. Mais laissons-le cette querelle futile.

              Je ne vous « mets » pas«  le vitalisme sur le dos ». Je constate que vous faites un contre-sens à propos de l’animisme. Nuance.
              Ce que vous appelez « insultes» et « sophismes » ne sont que des jugements, (les miens, ne vous en déplaise!!), qui, quoique vous en dîtes, sont argumentés. J’aurais pu développer chaque argument, exemple à l’appui si vous l’aviez souhaité, mais vous avez pris mes idées pour des attaques personnelles, je ne sais pour quelle raison.Et voilà pourquoi nous nous retrouvons dans cette discussion stérile.
              Ce n’est pas parce que mes arguments vous agressent que je vous agresse. Calmez-vous.

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          • LibEgaFra // 29.06.2020 à 12h12

            Et évidemment quand on veut noyer les écologistes, on les accuse d’avoir la rage…

            Croissez et multipliez…

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          • Anouchka // 29.06.2020 à 12h40

            Ou voyez-vous ma « haine » de « ceux qui ne pensent pas comme moi » dans mon commentaire ? J’ai l’impression que vous projetez sur moi vos propres pensées secrètes (et visiblement pas assumées).

            Vous noterez que je n’ai écrit nulle par qu’il ne fallait pas se soucier de préserver l’environnement. Mon propos concernait la peur suscitée par les problèmes écologiques (nombreux et réels, je n’ai nulle part dit le contraire) et surtout l’exploitation de cette peur par « un certain type d’hommes «  (pour parler comme M. Bardeche).
            Le racisme (pseudo)scientifique était fort moderne naguère, il battait en brèche les vieilles lunes chretienne qu’il convenait, disait-on, d’abattre, afin de refonder un monde plus juste et plus beau… La modernité d’aujourd’hui continue de vouloir abattre ces même vieilles lunes (votre commentaire en offre une illustration étonnante), mais cette fois-ci au nom de l’écologie et de l’antiracisme, tous deux également à la pointe de la modernité scientifique.

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            • LibEgaFra // 29.06.2020 à 17h42

              « Ceci étant, relisez s’il vous plaît le texte de ce billet et vous verrez qu’il démarre sur les chapeaux de roue en donnant du « fascisme « , en veux-tu en voilà,… »

              J’ai suivi votre conseil et non seulement j’ai relu l’article, mais j’ai fait une recherche avec les lettres « fasci ». Or que découvre-t-on? L’article ne mentionne « fascisme » que deux fois, en fait une seule fois dans le corps de l’article (la première est pour un sous-titre) et en plus entre guillemets. Et pas de « fasciste ». A propos non de personnes, ou d’un texte, mais à propos de la politique US.

              Pas de quoi fouetter un chat et insulter.

              Comment vous comprenez le mot « fascisme » est votre problème. Il n’est pas nécessairement compris dans votre sens. Vous n’êtes pas détentrice du sens des mots.

              Traiter le texte de fasciste permet de ne pas argumenter sur le fond. En veux-tu, en voilà pas.

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  • miron // 29.06.2020 à 10h45

    Si c’est l’esclavage qui a produit la révolution industrielle pourquoi la civilisation qui l’a pratiqué le plus continûment et en son sein, l’islam, n’a-t-elle pas décollé avant les autres ?
    C’est l’inverse, l’exploitation des énergies fossiles a mené à l’abolition de l’esclavage qui par ailleurs était périphérique et absent en Europe et ne s’est développé qu’au contact avec des sociétés esclavagistes dans un contexte de compétitions entre les puissances européennes.

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    • Anouchka // 29.06.2020 à 11h14

      La traite des noirs existait dans la péninsule ibérique du fait de l’occupation mauresque bien avant la découverte des Amériques. Les esclaves noirs étaient amenés au début via les arabes puis les Portugais se sont approvisionnés directement après des vendeurs subsahariens. Les anglais et les français sont entrés dans la danse bien après.

      L’esclavage des noirs existait bien avant le capitalisme ; il en est un maillon important mais nullement le fondement.

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    • Madudu // 29.06.2020 à 20h19

      C’est sûr qu’alphabétiser le peuple c’est très mal, c’est oppressif.

      Il valait mieux ne rien faire, comme dans l’Afrique des tribus esclavagistes. Ça c’était bien !

        +2

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      • Anouchka // 30.06.2020 à 09h40

        Le sultan turque ? C’est à dire lequel ? Les turcs fondent leurs empires européens à la fin du Moyen-age. Je doute qu’à cette époque les rois de France couchaient dans la paille…

        Quand aux empires africains, on ne les connaît pas, peut-être parce qu’ils ne sont pas non plus très spectaculaires.

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        • Marie Pan-Pan // 30.06.2020 à 19h08

          Permettez-moi Anouchka d’appuyer votre propos.
          Bien que rédigé « seulement » en 1392-1394, le passionnant manuscrit le Ménagier de Paris nous dit qu’il est d’usage d’ « avoir une grande poelle pour souvent laver les pieds, garnison de bûches pour se chauffer, un bon lit de duvet, draps et couvertures, couvre-chefs, oreillers, chausses et robelinges nettes. »
          Et ces usages, d’une bonne literie , d’une bonne hygiène ( baignoires particulières, étuves publiques, bains de rivière) faisaient partis de la vie courante (peut-être pas tous les jours mais j’ai cru comprendre que nombre de nos contemporains ont la phobie de la savonnette) tout au long du Moyen-Age (rois et paysans). Rien à voir avec la crasse du XVIe siècle.
          Dicton de l’époque: Venari,ludere,lavari,bibere, Hoc est vivere!

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  • LibEgaFra // 29.06.2020 à 11h43

    « j’ai interviewé le professeur Johan Galtung, nominé pour le prix Nobel »

    Non, non et non, « nominé » n’est pas français quand on peut proposer « sélectionné » ou dans ce cas « proposé ».

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    • Lori // 29.06.2020 à 22h32

      À partir du moment où tout le monde comprend il n’y a pas de quoi en faire en foin. Une langue c’est dynamique. À bas le subjonctif et les trucs bizarres !
      Et puis si vos ayeux vous entendez parler le françois de la façon dont vous (nous) le parlons ils trouveront eux aussi que tout ces changements c’est nul et touétou.
      Alors oui, il est nominé, le nominé du prix noblel, et les suivants eminants seront aussi des nominés.

      Bien à vous 😉 vive le français

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  • 78 ans // 29.06.2020 à 13h02

    Visionnaire, prémonitoire… Goya.

    « Saturne dévorant l’un de ses enfants
    Francisco Goya 1746-1828.
    Musée du Prado, Madrid. »

    http://entreleslignes.over-blog.fr/article-saturne-devorant-l-un-de-ses-enfants-38804418.html

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  • cedivan // 29.06.2020 à 15h12

    Texte assez indigeste qui finalement ressasse le même leitmotiv : l’homme blanc (concept très vague soit dit en passant) est responsable de tous les maux de la planète. De sa faute si les autres races ne jouissent pas du bonheur sans fin sur cette terre… En tant que blanc occidental non américain, je suis fatigué de ces révolutionnaires de pacotille qui passent leur temps à accuser les blancs. Le simplisme de l’analyse et l’étroitesse de vue caractérise ce billet qui use jusqu’à la corde tous les poncifs du genre. Bref, aucun intérêt

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    • Alfred // 29.06.2020 à 15h40

      Si si cela présente un intérêt : savoir à quelle sauce vous allez être mangé. Ces discours répétés as nauseam finissent par conditionner les esprits faibles et armer les bras.
      Il ne faut donc pas les ignorer mais les réfuter activement et pacifiquement.

        +8

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  • Blabla // 29.06.2020 à 15h35

    Il est très bien vu de noter que les minorités ethniques venant de l’étranger, pour simplifier, ont une vie plus courte et plus dure que la majorité autochtone, en raison de son habitat plus petit, plus resserré, de ses conditions de travail plus précaires ET DE SES FAIBLES REVENUS avec une bonne corrélation.

    Prenons un peu de recul : et si on renversait la perspective?
    Regardons les conditions de vie par revenu et comparons cette seconde corrélation avec la précédente.

    Ce système est fait pour les riches, les puissants et exploite les « autres », dont font partie les pauvres. Ensuite, il se défend en notant qu’il fait plus de mal à certaines couleurs ou langues et dresse les exploités entre eux pour détourner leur attention de la cause de leurs malheurs, mais le plus fort est que ça marche!

      +11

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  • Rond // 29.06.2020 à 21h51

    Pour une fois, les commentaires me semblent globalement à coté de la plaque. Peut-être parce que le sujet est extrêmement délicat. Du coup, beaucoup se défaussent d’être responsables de ce désastre, voire le nient. Ce texte dénonce peut-être une couleur de peau — ce que je ne vois pas vraiment–, mais il pointe surtout une tradition humaine qui consiste à piller l’autre, quel qu’il soit, sans mesure, comme tout bon pillage… Il dénonce effectivement le système capitaliste parce qu’il a érigé en sainte loi ce pillage et que, ce faisant, les dégâts sont considérables en tous domaine et que, idéologiquement, ce processus ne peut cesser avant sa déliquescence. Mais il dénonce surtout les vilaines et malfaisantes manières humaines qui le conduisent à sa propre perte. Il alerte enfin, sur les désagréments et nuages sombres qui se profilent moins loin qu’à l’horizon. Il ajoute même que pour résoudre les problèmes que nous avons créés, nous devons d’abord prendre conscience que nous en sommes responsables.
    Beau travail en perspective, qui devrait nous occuper quelques décennies si nous survivons à cette crise d’adolescents turbulents.
    Tenons bons !

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  • fanfan // 30.06.2020 à 01h04

    « The Great Reset » du WEF (World Economic Forum) prévu en janvier 2021 : La Grande Réinitialisation sera le thème d’un sommet unique organisé par le Forum Economique Mondial en janvier 2021. La 51e réunion annuelle du Forum Economique Mondial réunira des dirigeants de gouvernements, d’entreprises et de la société civile, ainsi que des parties prenantes du monde entier, pour des dialogues en personne et virtuels. Mais, plus largement, la Grande Réinitialisation est un engagement à construire conjointement et de manière urgente les bases de notre système économique et social pour un avenir post-COVID plus juste, plus durable et plus résistant… [ https://fr.weforum.org/agenda/2020/06/une-occasion-en-or-le-prince-de-galles-et-dautres-dirigeants-a-propos-de-la-grande-reinitialisation-du-forum/ ; https://fr.weforum.org/press/2020/06/la-grande-reinitialisation-un-sommet-unique-pour-debuter-2021 ]

    Livre de Richard Florida (2010) [ https://www.amazon.com/Great-Reset-Post-Crash-Economy-Change/dp/0062009052 ]

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  • fanfan // 30.06.2020 à 01h13

    Le FMI prédit une récession mondiale historique en 2020 [ https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/14/coronavirus-le-fmi-predit-une-recession-mondiale-historique-avec-un-recul-de-la-croissance-estime-a-3-en-2020_6036559_3234.html ]
    Le FMI vient d’annoncer, par la voix de sa directrice générale, Kristalina Georgieva, qu’un RESET monétaire imminent se profile à l’horizon d’une « crise sanitaire » qui semble s’être installée à demeure puisque nos gouvernants s’amusent à gérer cette sortie par voie de décrets. Après avoir confiné contre leur gré des citoyens en bonne santé, nos décideurs font semblant de tomber des nues en admettant que l’« économie réelle » aurait été impactée à telle enseigne qu’il serait presque impossible de faire aboutir une véritable relance. C’est en adoptant cette posture de fausse contrition que Kristalina Georgieva s’est fendu d’un discours au dernier Forum économique de Davos, le 3 juin dernier.

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  • Jeremia // 30.06.2020 à 10h18

    Certaines thèses ici exposées me semblent assez douteuses… La crise raciale est mondiale? Prenons les pays/régions les plus peuplés: Chine, Pakistan, UE, USA, Brésil, Indonésie, Nigéria… Combien de ces pays connaissent des troubles liés à la mort de Floyd? A part les USA avec l’héritage de l’esclavage, et quelques pays parmi les plus riches de l’UE avec une histoire récente de colonialisme et d’immigration, aucun autre.
    Comme quoi la question raciale est dépendante de l’histoire de chaque pays, et pas « mondiale » (dailleurs la notion de « race » est différente dans chaque pays).
    L’intrication faite entre cette question et le COVID ne me convainc pas non plus. Ces événements auraient tout aussi bien se produire sans le COVID, d’ailleurs ce n’est rien de très nouveau au vu des multiples meurtres de Noirs aux USA ces dernières années. Le COVID tue surtout les pauvres et les Noirs sont plus représentés dans la population pauvre, soit. Mais de là à dire que le COVID est un paramètre essentiel de la crise actuelle, j’en doute.

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