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16.juin.202016.6.2020 // Les Crises

Quel Gouvernement après la pandémie de Coronavirus ?

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Source : Foreign Policy
Traduit par l’équipe Les-Crises

Aujourd’hui, nous sommes tous des statistiques. Depuis que la pandémie de coronavirus a frappé et que l’économie mondiale s’est effondrée, nous nous sommes tournés vers les gouvernements pour qu’ils mobilisent des ressources médicales, mettent en œuvre des mesures de confinement et dépensent des sommes jusqu’alors inimaginables pour soutenir les travailleurs et les entreprises.

De ces politiques d’urgence pourraient naître de nouvelles institutions et de nouveaux moyens de résoudre les problèmes qui nous seront utiles longtemps après la pandémie.

Il y a aussi un côté sombre. Les gouvernements ont assumé de nouveaux pouvoirs de traçage, de suivi et de contrôle. Certains d’entre eux ont déjà abusé de ces pouvoirs, et il est tout à fait concevable qu’ils ne les restituent jamais.

Pour nous aider à comprendre comment la pandémie va étendre de manière permanente les pouvoirs des gouvernements – pour le meilleur ou pour le pire – Foreign Policy a demandé à plusieurs grands penseurs du monde entier de donner leur avis.


Dans le monde post-pandémique, Big Brother vous regardera

par Stephen M. Walt, professeur de relations internationales à l’université de Harvard.

En réaction au coronavirus, les gouvernements du monde entier ont pris un contrôle sans précédent sur la vie quotidienne de leurs citoyens.

Les démocraties comme les dictatures ont fermé les frontières, imposé des quarantaines, coupé une grande partie de l’économie et mis en place divers régimes de test, de traçage et de surveillance afin de contenir l’infection. Celles qui ont agi le plus rapidement et adopté des mesures plus strictes ont obtenu les meilleurs résultats. Les dirigeants qui ont nié, dissimulé et retardé sont responsables de milliers de décès évitables.

Certains des dirigeants qui ont assumé des pouvoirs d’urgence pendant la crise pourraient y renoncer. Mais préparez-vous à la nouvelle normalité : L’opportunisme politique et la crainte d’une nouvelle pandémie conduiront de nombreux gouvernements à laisser en place certains de leurs pouvoirs nouvellement acquis. Attendez-vous à ce que l’on prenne votre température ou que l’on vous fasse un prélèvement de gorge lorsque vous voyagez, et habituez-vous à ce que votre téléphone soit surveillé, votre photo prise et votre localisation suivie dans de nombreux pays – l’utilisation de ces informations n’étant pas toujours limitée aux questions de santé publique. Dans le monde post-coronavirus, Big Brother sera à l’affût.


La forme du futur gouvernement sera forgée en Asie

par James Crabtree, professeur associé à la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l’Université nationale de Singapour et auteur de The Billionaire Raj.

La pandémie de coronavirus va inaugurer une nouvelle ère de gouvernements plus importants et plus intrusifs dans presque toutes les économies avancées, mais ce changement sera ressenti de manière plus dramatique dans les pays asiatiques qui se sont longtemps enorgueillis de leurs États relativement maigres et minimaux.

La plupart des pays riches se sont empressés d’ouvrir le robinet des dépenses, protégeant leurs citoyens et leurs entreprises grâce à des programmes de soutien des salaires et de versements en espèces. C’est vrai aux États-Unis et en Allemagne, mais aussi dans des endroits comme Singapour et la Malaisie, dont les dirigeants ont traditionnellement évité les expansions fiscales coûteuses.

La gestion future des pandémies nécessitera clairement des gouvernements plus importants, car les États se précipitent pour créer de nouveaux outils de contrôle des maladies, de gestion du lieu de travail et de surveillance sociale dans l’espoir de freiner les futures épidémies avant la mise au point d’un vaccin. Là encore, il s’agit d’un domaine où les gouvernements asiatiques comme la Corée du Sud et le Japon sont susceptibles de prendre l’initiative, étant donné leur combinaison de capacités étatiques élevées, de savoir-faire technologique et d’une approche relativement souple de la réglementation en matière de protection de la vie privée.

En bref, l’ère des grands gouvernements est de retour, mais elle se manifestera d’une manière très différente de l’ère précédente des grands États des années 1960 et 1970 – et une grande partie de sa nouvelle forme sera forgée non pas à l’Ouest, mais à l’Est.


La politique industrielle est de retour

par Shannon K. O’Neil, senior fellow pour les études sur l’Amérique latine au Council on Foreign Relations et auteur de Two Nations Indivisible : Mexico, the United States, and the Road Ahead.

Alors que les pays et les entreprises luttent contre les effets du Covid-19 sur le travail et la production, la politique industrielle fait un retour en force. Après des décennies de libéralisation, les gouvernements des pays développés et des marchés émergents assument un rôle influent et durable dans les rouages fondamentaux de leur économie.

Jusqu’à présent, cela s’est traduit par une gestion accrue du commerce au moyen de droits de douane, de licences, de quotas, de normes de produits et même d’interdictions totales d’exportation, en particulier dans le domaine des denrées alimentaires et des fournitures médicales. Elle a également permis de dégager des milliards de dollars en espèces et d’autres avantages publics pour permettre aux entreprises de « ramener » chez elles les activités de fabrication actuellement réalisées à l’étranger, comme les 2,3 milliards de dollars que le Japon verse actuellement à ses entreprises pour qu’elles quittent la Chine.

Avec l’effondrement de l’Organisation mondiale du commerce, ce n’est probablement que le début d’une série de subventions publiques, d’allégements fiscaux, d’achats et de constitution de stocks par le gouvernement, d’exigences d’achat local et d’autres plans que de nombreux pays mettront en place pour façonner la production et l’accès à un éventail beaucoup plus large de biens et de services jugés essentiels pour des raisons de sécurité nationale – définis maintenant de manière toujours plus large pour inclure le risque de perturbation, la dépendance excessive à l’égard de la Chine ou la fourniture d’emplois. Il est certain que les efforts visant à maintenir et peut-être même à étendre le libre-échange ne s’arrêteront pas là. Mais nombre de ces négociations supposeront, toléreront et parfois même codifieront davantage, plutôt que moins, l’intervention directe du gouvernement sur les marchés.


Une nouvelle ère de gouvernement autoritaire

de Robert D. Kaplan, auteur de 19 livres sur les affaires étrangères, dont The Good American : The Epic Life of Bob Gersony

Comme d’autres crises qui transforment la vie, comme la Seconde Guerre mondiale, la pandémie de coronavirus va probablement susciter un besoin de protection de la part des grands gouvernements.

Après trois décennies de création de richesses à une échelle sans précédent dans l’histoire, nous pourrions maintenant être à l’aube d’une période sans précédent de redistribution des richesses sous la forme d’une augmentation des impôts pour financer une expansion des soins de santé et d’autres services.

Les nouveaux types de surveillance des personnes avec lesquels certains pays ont lutté avec succès contre la pandémie pourraient être un signe avant-coureur de l’avenir. Le respect de la vie privée sera de plus en plus un problème dans cette nouvelle ère de gouvernement autoritaire. Il en va de même pour la dette publique, qui augmente déjà de façon exponentielle. La pandémie exacerbant la rivalité entre les États-Unis et la Chine, des appels à une augmentation des dépenses de défense des États-Unis se profilent à l’horizon. Comment allons-nous payer pour tout cela ? Tel sera le véritable débat.

Un gouvernement plus important avec un rôle plus important pour les experts en santé publique et autres sujets pourrait être en route, avec une intensification des réactions populistes contre lui. La réponse à la pandémie aux États-Unis et dans de nombreux autres pays étant plutôt mal coordonnée, on aura tendance à renforcer le rôle des gouvernements nationaux dans le monde post-coronavirus. En conséquence, nos vies pourraient bientôt être plus réglementées que jamais.


Certains gouvernements utilisent cette crise pour faire taire les critiques

par Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch.

Une crise ne doit pas nécessairement entraîner une expansion permanente des pouvoirs du gouvernement – tant que le public reste vigilant.

En temps de crise, le droit international des droits de l’homme permet à tous les gouvernements de limiter temporairement certains droits, par exemple par des restrictions de voyage et des règles de distanciation sociale, tant que ces restrictions sont strictement nécessaires, proportionnées et non discriminatoires. Certains gouvernements, cependant, tentent d’utiliser la pandémie de coronavirus pour faire taire les critiques, étendre la surveillance et consolider leur règle. Leur succès dépendra de la compréhension par le public du fait que cela ne ferait qu’augmenter la probabilité et la gravité des futures catastrophes de santé publique.

La censure restreint la libre circulation de l’information qui est si essentielle pour reconnaître les menaces pour la santé et y répondre efficacement. Une surveillance qui ne protège pas la vie privée décourage la coopération volontaire, condition préalable à toute initiative de santé publique réussie. Les freins et contrepoids du pouvoir exécutif – un corps législatif, un pouvoir judiciaire, des médias et une société civile indépendants – garantissent que les gouvernements servent le bien-être du public plutôt que leurs propres intérêts politiques.

En bref, la pandémie montre clairement que les droits de l’homme doivent être respectés non seulement par principe, mais aussi pour de puissantes raisons pragmatiques. Si le public apprécie ces raisons, une pression suffisante peut être exercée sur les gouvernements pour les empêcher de tirer profit de la tragédie. Sinon, nous risquons de nous retrouver dans un monde où le risque de maladie est plus grand et où les droits de l’homme sont moins respectés.


Le gouvernement local sera plus fort après la pandémie

par Robert Muggah, fondateur de l’Institut Igarapé et du groupe SecDev. Il est l’auteur (avec Ian Goldin) de Terra Incognita : 100 Maps to Survive the Next 100 Years

La pandémie de coronavirus met en évidence la « qualité » des gouvernements du monde entier. De nombreux dirigeants nationaux ont échoué au test, contrairement aux dirigeants des régions et des villes, qui ont fait preuve d’une plus grande compétence et ont gagné la confiance de leurs électeurs. Ce faisant, le virus clarifie la répartition des pouvoirs entre les différents niveaux de gouvernement et renforce la main des régions et des villes.

Les gouverneurs et les maires s’attachent actuellement à sauver des vies, à fournir des services essentiels, à maintenir l’ordre public et à soutenir la reprise économique. Mais il y a déjà des dirigeants locaux qui regardent au-delà de la pandémie et qui réimaginent activement la vie dans leurs communautés. Des finances limitées favoriseront des politiques rentables qui génèrent de multiples avantages, notamment de meilleurs moyens de fournir des soins de santé aux plus vulnérables et la promotion d’économies plus vertes. Les futurs services gouvernementaux seront plus numérisés, plus rationnels et plus distribués.

Tout au long de l’histoire, les épidémies de maladies infectieuses ont eu un effet profond sur la gouvernance locale. La peste bubonique du XIVe siècle a conduit à repenser les espaces urbains sordides. Les épidémies de choléra au XIXe siècle ont déclenché des programmes de réaménagement urbain massifs et une construction spectaculaire de systèmes d’égouts. L’actuelle pandémie de coronavirus va également entraîner des transformations dans la gouvernance : des technologies de surveillance invasives pour suivre les infections et appliquer les quarantaines aux dépenses importantes en matière de soins de santé pour garder le contrôle de cette maladie et des maladies futures.


Après avoir vaincu la pandémie, nous devons guérir la grippe de la surconsommation

par Kumi Naidoo, ancien secrétaire général d’Amnesty International et co-fondateur d’Africans Rising.

Pour façonner le monde post-pandémique, il faut d’abord reconnaître que nous sommes tous infectés par la grippe : Nous consommons trop et assimilons la consommation ostentatoire au succès et au bonheur dans la vie. L’évaluation des économies sur la seule base du PIB a été reconnue comme un échec auquel il faut remédier si nous voulons avoir une chance de créer un monde plus équitable.

La pandémie de Covid-19 nous a montré que nous devons repenser radicalement la production et la distribution des aliments et autres biens essentiels pour que tous les membres de la société puissent vivre en bonne santé, en paix et dans la prospérité. Nous devrions maintenant faire pression pour une appropriation locale et décentralisée et pour la co-création de biens et de services sociaux.

Les gouvernements utilisent le complexe militaro-industriel pour réduire la participation des citoyens aux processus démocratiques, et nous devons veiller à ce que ce recul des droits civils ne devienne pas un élément permanent de la vie à l’ère post-coronavirus.

Source : Foreign Policy
Traduit par l’équipe Les-Crises

Commentaire recommandé

Patrick // 16.06.2020 à 08h48

Nos sociétés « ultralibérales » n’avaient plus rien de libéral depuis pas mal de temps , là c’est sur que les gouvernements en profitent pour étatiser tout ce qui peut l’être, et avant tout ils en profitent pour mettre en place des systèmes de surveillance de partout.
Avec un peu de chance , la crise économique les mettra par terre avant qu’ils aient vraiment eu le temps de nous nuire.
Vous vouliez toujours plus d’état ? ne vous plaignez pas , vous allez être servis.

25 réactions et commentaires

  • François // 16.06.2020 à 07h12

    C’est curieux qu’ils ont tous la même envie de changer en même temps ? Avec des principes et méthodes similaires un peu près similaires🤔

    On passe vers une forme de socialisation de la société ultralibérale. Ceux qui seront à la tête de ce nouveau système du monde avant cov19 ? Curieux mélange… On se croirait dans un livre de sciences fictions..

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    • anatole27 // 16.06.2020 à 08h45

      « On passe vers une forme de socialisation de la société ultralibérale »

      Oui mais les chinois sont bien passés à l’économie libérale.
      Les ultra-riches savent qu’ils sont foutus si la dynamique du système continue à s’emballer dans le sens de leur enrichissement. Leur seul chance de garder leurs fortunes est de réformer le système pour le rendre moins visiblement INJUSTE.

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      • RGT // 16.06.2020 à 18h23

        Les chinois ne sont pas passés à une véritable économie libérale.

        En fait, le PC chinois est bien moins idiot que les gérontocrates du PC russe et la chute de l’URSS leur a permis d’ouvrir une réflexion sur la survie de leur propre système contre l’ultra libéralisme anglo-saxon.

        Le résultat de cette réflexion a été l’émergence d’une politique « libérale » de façade totalement Mao-compatible.

        Et « l’ouverture » aux capitaux étrangers est une illusion qui, ajoutée à l’appât de profits monstrueux, a permis à ce pays de créer très rapidement une industrie de pointe en caressant les oligarques occidentaux dans le sens du poil..
        Je dis bien illusion car le statut des « join ventures » chinoises reste totalement sous le contrôle de l’état qui détient OBLIGATOIREMENT (par la loi) au moins 51% du capital des entreprises implantées sur le sol chinois.

        Très malin car avant Donald Trump les gouvernants occidentaux ne tarissaient pas d’éloges sur la Chine, sur les conseils avisés des actionnaires des entreprises très juteuses qui fabriquaient tous leurs produits en Chine…
        Ce qui a permis à ce pays de devenir la première puissance économique mondiale grâce à la cupidité des actionnaires des entreprises occidentales.

        Mais comme TOUTES les entreprises implantées en Chine ont TOUTES la majorité de leur capital détenue par l’état (bien souvent avec un faux nez) j’affirme que toutes ces entreprise sont bel et bien nationalisées (souvent officieusement) mais que ce « problème » ne gêne pas du tout les actionnaires occidentaux en quête de profits.

        Et seul Trump semble comprendre ce fait, les autres sont toujours aveuglés par les profits.
        Seuls les russes prennent quelques précautions en proposant des transactions « équitables » (si tu deviens envahissant on coupe le robinet)…

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    • Patrick // 16.06.2020 à 08h48

      Nos sociétés « ultralibérales » n’avaient plus rien de libéral depuis pas mal de temps , là c’est sur que les gouvernements en profitent pour étatiser tout ce qui peut l’être, et avant tout ils en profitent pour mettre en place des systèmes de surveillance de partout.
      Avec un peu de chance , la crise économique les mettra par terre avant qu’ils aient vraiment eu le temps de nous nuire.
      Vous vouliez toujours plus d’état ? ne vous plaignez pas , vous allez être servis.

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      • RGT // 16.06.2020 à 18h42

        Depuis Mitterrand les « nationalisations » sont en fait un moyen efficace pour les gouvernants de remettre sur pied des entreprises malades en les rachetant à prix d’or, en finançant leur « remise en état » pour les rendre hyper-rentables, puis ensuite lors de la prochaine « alternance » ces entreprises sont ensuite bradées aux « amis » des politiques qui peuvent ensuite dégager des profits suffisants pour financer les campagnes électorales (et plus si affinités – ex: emplois fictifs)…
        Et bien sûr le tout avec de « l’argent public » (surtout de la « dette »), ce qui permet d’offrir encore plus de « bonus » à leurs « mécènes » sous forme d’allègements fiscaux et d’explosion des services publics qui seront ensuite « privatisés » pour devenir « retables » (pour les actionnaires).

        Le monde de demain ne subira AUCUN changement suite à la crise du Covid…
        Et comme cette crise aura « coûté une fortune » aux « entreprises » (Caca-Rente bien sûr, les autres peuvent crever on s’en fout) il sera nécessaire de « sauver l’économie » en renflouant les profits volés aux actionnaires par ce sale virus de pangolin, d’où « dette » accrue, allègement des « charges insupportables » qui viennent encore plomber les profits, puis disparition programmée des services publics et des systèmes sociaux basés sur la répartition (qui ne rapportent rien) pour tout privatiser au prétexte de « sauver l’économie »…

        Si vous voulez que ça change, il faudra faire une révolution « gilet jaune » (comme il y a de la couleur ça devrait plaire à Soros et aux éditocrates 😉 ) avec quelques actions violentes (que je réprouve) qui sont bien les SEULES qui pourraient réellement foutre la trouille aux aristocrates de la Ripoux-blique.

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      • Anfer // 16.06.2020 à 18h43

        Le néolibéralisme est étatiste, c’est le constat par des libéraux que le marché n’advient pas tout seul et ne va pas se soi.

        Au lieu d’en conclure logiquement comme des gens normaux, que le marché n’est pas naturel mais une construction social et qu’il n’est pas systématiquement la meilleur solution à tout.

        Ils en ont conclu que l’état devait imposer le marché partout, tout en crachant sur l’état au passage.

        C’est impossible, en fait le libéralisme pur ne peut pas exister, vu qu’il revient à nier ce qui lui permet d’exister, l’état…

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  • florian lebaroudeur // 16.06.2020 à 07h22

    Les gouvernements ? A part ceux des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine, tous les autres ne pèsent plus rien face à l’aristocratie financière, ils sont devenus de simples auxiliaires administratifs et gestionnaires de leurs peuples respectifs. Ils n’ont pris aucune mesure adéquate quand le virus s’étendait via les voies aériennes, c’est seulement quand les casinos boursiers ont commencé à tanguer que les mesures ont été prises dans l’urgence.
    Le but n’est pas de protéger les populations mais de sauver la crédibilité de leurs états aux yeux des institutions financières.

      +20

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    • Alfred // 16.06.2020 à 07h38

      Cela ne changera pas. On nous vend maintenant des gouvernements « forts » … qui resteront des gouvernements fantoches. Ils seront juste en mesure d’exercer plus de force contre le peuple pour exercer le grand reset financier et économique qui renforcera encore le pouvoir des oligarques. C’est pourquoi il faut refuser de toutes nos forces l’avènement de ces gouvernements forts. Ils seront surtout forts contre nous. Notre indépendance et notre résilience ne viendra que de l’exercice démocratique. A ce stade du raisonnement il est utile de retrouver une démocratie en faisant fonctionner nos institutions françaises en l’état telles qu’elles devraient fonctionner (telles que conçues et non telles qu’elles fonctionnent actuellement). A ce titre faites attention les crétins congénitaux la sixième constitution est un leure. Si vous n’étiez pas nés de la dernière pluie vous vous souviendrez comment tous les bords politiques ont utilisé des cavaliers ou bien détourné des lois de leur prétexte initial. D’abord retrouver un fonctionnement démocratique (assemblée plurielle notamment) avant de changer quoi que ce soit. Faire l’inverse (changer les institutions pour obtenir une démocratie) est une erreur de lapin de garenne qui aboutira inexorablement à l’inverse.
      (Après certains encore plus escrocs que d’autres s’appuient sur l’existant corrompu pour changer la portée des décrets. C’est du même acabit).

        +7

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      • Patrick // 16.06.2020 à 08h34

        Le problème de nos institutions , c’est qu’elles ont été faites en considérant que les gens élus étaient honnêtes et travaillaient pour la France. En ce sens , le président et l’exécutif ont des pouvoirs très forts.
        Manque de chance , depuis on a eu tous les guignols qu’il est inutile de citer ici.

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        • Alfred // 16.06.2020 à 08h46

          L’honnêteté ça se règle par l’éducation (trop tard pour les politiques en place) et la sanction. Il n’y a surtout pas de sanction (ni devant un tribunal (corruption des juges) ni devant les urnes (bêtise des électeurs et corruption des médias). Le problème n’est pas dans les institutions (l’institution prison existe en théorie aussi pour les politiques)).

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        • John V. Doe // 16.06.2020 à 10h44

          Ce n’est pas un « manque de chance ». Quand une constitution donne trop de pouvoir à un seul homme, le résultat est immanquablement la corruption de cet homme ou de sa fonction. S’il ne faut acheter qu’une seule élection, elle le sera assurément. Si vous ajoutez à cela la panne de l’ascenseur social et la reproduction des élites (ou supposées telles), vous avez la parfaite recette de la dystopie actuelle.

          Rien sauf une révolution, quelque soit le nom qu’on lui donne, ne peut nous en sortir. Il est peu probable qu’elle ne soit pas violente, au moins de la part de ceux qui sont au pouvoir. Ils ont amplement prouvé qu’ils ne supportent plus la moindre contradiction. Les brutes type Castaner, Lallemand et leurs nervis, ici ou ailleurs, ne sont que leurs outils. changer ces derniers ne changera rien.

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          • thecis // 17.06.2020 à 10h41

            Je pense que vous vouliez utiliser le mot paradigme à la place de dystopie, non ?

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    • rafades // 16.06.2020 à 13h22

      Bruno Latour dans « où atterrir ? »
      « Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu’il n’y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C’est ce qui expliquerait l’explosion des inégalités, l’étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l’État national » …

      Les riches regardent avec espoir les délires d’Elon Musk.
      Ils ne veulent pas sauver la Terre et les enfants de la Terre.

        +4

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    • RGT // 16.06.2020 à 18h53

      Les casinos financiers tanguaient déjà très fortement depuis quelques mois AVANT l’apparition du premier cas de Covid-19…

      Simplement parce que les mêmes causes produisant les mêmes effets (il faut être financier pour ne pas le comprendre), les causes de la spéculation sur les Subrimes n’ayant pas été interdites la fête du slip spéculative (ventes à découvert, produits dérivés, « véhicules financiers » et autres joyeusetés qui sont strictement interdites par la loi dans la « vraie vie ») l’explosion était imminente.

      Le Covid-19 a été la « belle excuse » pour glisser sous le tapis toutes les magouilles spéculatives et de trouver un bouc-émissaire afin que le désastre soit ENCORE renfloué par des FONDS PUBLICS (via la « dette » bien sûr) pour que les fêtards puissent encore continuer leurs orgies malsaines sur le dos des cons-tribuables.

      Mais avec l’augmentation de l’appétit des spéculateurs, il faudra qu’une nouvelle excuse survienne au plus vite car le « marché » risque encore de s’écrouler sous peu avec des conséquences encore plus désastreuses.

        +3

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  • Claude MAURIER // 16.06.2020 à 08h43

    Rien de bien convainquant ! Rien de bien créatif ! Ce sera donc tout autre chose.

      +2

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  • jc // 16.06.2020 à 09h34

    « We are all statists now. »

    Règne de la quantité. J’ai découvert il y a peu l’oeuvre du « traditionaliste » René Guénon et en particulier ses deux livres « La crise du monde moderne » et « Le règne de la quantité et les signes des temps » (qui a fait un tabac à sa sortie en 1945).

    Les signes des temps sont ici les signes qui annoncent non pas la fin du monde, mais la fin d’un monde et j’ai trouvé tout-à-fait intéressant de connaître les symptômes annonciateurs, selon Guénon, de la fin d’une civilisation. J’ai retenu que le caractère commun de ces signes est la rigidification, rigidification qui mène progressivement à la rigidification ultime, à savoir la rigidification cadavérique et à la décomposition.

    Dans notre société « moderne » l’industrialisation commencée au XIXème siècle est une rigidification rapide considérablement boostée un siècle plus tard par l’arrivée des calculateurs électroniques qui permettent de numériser à grande échelle, puis par celle des téléphones mobiles et autres cartes à puces qui permettent de tracer et de traquer.

      +3

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    • jc // 16.06.2020 à 09h38

      (suite)

      Les signes de rigidification n’apparaissent pas qu’à travers l’évolution scientifique et technique. Ils apparaissent également dans le cadre sociétal: toute loi est rigidifiante¹ (remarque qui vaut également en science).

      Le cycle admission-compression-(explosion)-détente-échappement est un schéma général², qui vaut en particulier pour les civilisations.

      ¹: Je crois qu’on peut dire que nos sociétés modernes pissent du règlement quasiment en continu (avec, il me semble, la France dans le peloton de tête).
      ²: http://www.francois-roddier.fr/?p=804

        +2

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      • jc // 16.06.2020 à 12h41

        Après lecture du commentaire de relc, je retire mon « We are all statists now. » introductif, qui vient comme des cheveux sur la soupe!

          +1

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  • Santerre // 16.06.2020 à 09h38

    Foreign Policy …. Robert Kagan. Plus neocon tu meurs.
    Vous partez en vrille ou quoi? Et pourquoi pas Goebbels pendant qu’on y est ?
    Je vous rappelle que quand on publie un article sans bandeau ni chapeau de distanciation c’est que le site partage l’edprit editorial de l’article.
    C’est juste une maladresse? Ou prévenez nous si les Crises partagent les vues des pires sal…. de néocons criminels et fauteurs de guerre que le monde ai jamais engendré.
    Beuuurk.

      +12

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    • Jean-Do // 16.06.2020 à 10h53

      Juste remarque sur le fond mais peut-être un peu excessive sur la forme, non ?

      Les commentaires nous sont ouverts pour apporter la critique voire la contradiction.

        +1

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  • relc // 16.06.2020 à 11h06

    les-Crises auraient-elles embauché pour ses traductions un étudiant en école de journalisme ?
    Quelqu’un qui s’imagine qu’il est très distingué de récrire le texte selon ses convenances et de l’affubler d’un titre de fantaisie ? Et qui ne comprend pas vraiment l’anglais.

    Le pire, pour l’instant, est l’article du 11 juin « Dès 2007, des scientifiques alertaient sur la « bombe à retardement » des coronavirus de chauve-souris » où
    le titre a été changé (Chine ! Chine !)
    des phrases entières on été coupées (Chine ! Chine !), mais sans que le lecteur français puisse le soupçonner. Alors qu’un traducteur honnête signale ses coupures par une convention typographique connue.

    Puis le 13 juin, un titre complètement plat, « Risque nucléaire : les leçons de 1995 », là où l’original disait « Comment ce qui en 1995 n’a été qu’une chaude alerte aurait été un désastre aujourd’hui »
    Article dont la traduction est pleine de fautes d’amateur, parfois insultantes pour l’intelligence, comme cette fusée qui « dépasse son altitude maximale » [comment fait-on pour « dépasser son maximum » ?? La fusée n’a pas dépassé son maximum, elle est « passée par son maximum », passed its maximum altitude]

    Puis le 15 juin, « Bolivie : La Fake News d’une fraude électorale, source d’un Coup d’État militaire », titre emprunté à un tweet de quelqu’un qui n’a rien à voir avec les auteurs de l’article du New York Times, dont on prétend vous présenter une traduction [original : « Une élection amère. Des accusations de fraude. Et maintenant, une reconsidération de l’affaire »]

    Et aujourd’hui, encore un titre à côté des intentions de l’auteur. Original : « Comment la pandémie du coronavirus va étendre de façon permanente les pouvoirs du gouvernement »
    Les diverses interventions ne sont pas des souhaits, sauf peut-être pour certains, mais plutôt des constats : les différents gouvernements ont profité du virus pour serrer les écrous, spécialement dans l’ordre du contrôle social, et ils ne reviendront pas en arrière.

    On note que « nous sommes tous des statistiques » doit être lu : « nous sommes tous des étatiques, partisans de l’étatisme » We are all statists now.

    Et trois contributions n’ont pas été traduites.

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    • relc // 16.06.2020 à 11h17

      correction
      Lire « nous sommes tous des étatiStes »

        +1

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  • Casimir Ioulianov // 16.06.2020 à 14h03

    Un papier plein de perspectives politiques mais niant un gros paquet de faits sociaux. La crise protéiforme en cours de développement risque fort de faire encore évoluer ces positions dans les mois à venir.
    Il n’y a que deux certitudes : il y a actuellement des manques dans les modèles de gouvernance et il n’y a pas le début du premier sous de côté pour faire évoluer les modèles.
    À ceux qui vont devoir régler les problèmes , je ne dirais qu’une chose : Bonne chance. Dans un monde qui valorise fiduciairement tout et n’importe quoi vous n’en avez aucune.

      +1

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  • jc // 17.06.2020 à 09h07

    Pour moi c’est gros comme une maison que le Système va nous proposer un Green New Deal « à la Big Brother, Big Data, Big Pharma, Big Money, etc. » qui est dans les cartons depuis maintenant un bon bout de temps: https://en.wikipedia.org/wiki/Green_New_Deal

    Si Biden est élu Potus en novembre, je sens qu’on y aura droit (en UE Ursula von der Leyen y est, ai-je lu, très favorable). (Encore faut-il que l’ « Empire » tienne le coup jusque là…)

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