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26.juin.202026.6.2020 // Les Crises

Covid-19 : le fiasco de l’application de traçage britannique

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Source : Bythelines
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David Hencke explique comment près de 10 millions de livres sterling ont été gaspillés pour l’application de traçage NHSX du gouvernement, qui a finalement été abandonnée pour une application utilisée par d’autres pays depuis un certain temps.

Des responsables désespérés du NHSX ont dépensé 1,3 million de livres sterling supplémentaires pour tenter de sauver cette application britannique de traçage du Covid-19, qui se voulait supérieure à toutes les autres et qui était condamnée, en signant et en prolongeant des contrats avec des sociétés informatiques pour éliminer les bugs, les pépins et les problèmes de sécurité, selon les dernières informations du site de recherche de contrats du gouvernement.

Les dépenses pour l’ensemble du programme Covid-19 « Test and Trace » approchent maintenant les 120 millions de livres sterling – y compris les contrats passés avec Serco et d’autres organisations pour créer une armée de personnes chargées de retrouver toutes les personnes qui ont été en contact étroit avec celles qui ont été testées positives au Coronavirus.

Mais le gouvernement abandonne son application de traçage et passe à un modèle basé sur la technologie fournie par Apple et Google, qui a été présenté comme étant plus axé sur la vie privée des utilisateurs.

Le désespoir des fonctionnaires de faire fonctionner l’application du gouvernement se manifeste dans un contrat avec Eggplant, une société mondiale de logiciels basée à Londres et au Colorado, qui a obtenu un contrat de 213 000 livres sterling sans appel d’offres. Le contrat a dû être exécuté à la hâte car il y avait « de véritables raisons d’extrême urgence face à un risque important pour la santé publique nécessitant une action immédiate à la suite du COVID-19« .

La société – spécialisée dans l’utilisation de l’intelligence artificielle pour éliminer les bugs et les pépins – a été autorisée à faire un test pour voir si l’application fonctionnait correctement, fournissait des informations précises et pouvait fonctionner avec des tiers. Elle expire officiellement le 31 juillet mais peut être renouvelée.

Trois autres sociétés informatiques ont obtenu des contrats avec Cloudflare, Helecloud et NCC Security Services à Manchester pour tester l’application, principalement pour des questions de sécurité.

La valeur du contrat conclu avec Zuhlke Engineering en Suisse pour l’exploitation de l’application NHS est passée de 3,9 millions de livres sterling à 4,725 millions de livres sterling.

Cela porte le coût de cette application ratée et abandonnée à un peu moins de 10 millions de livres sterling.

Cette ruée sur les contrats au cours des dernières semaines avant l’annonce de l’abandon de l’application NHSX au profit du modèle Google et Apple laisse penser que les ministres étaient désespérés de s’en tenir à la version du gouvernement. Le ministre de la santé et des affaires sociales, Matt Hancock, a déjà commencé à réécrire l’histoire, en décrivant hier l’application du gouvernement comme « la cerise sur le gâteau » plutôt que d’être au centre du système « Test and Trace ».

Au début du mois, Boris Johnson avait promis que l’application serait en place le 1er juin. Cette mesure a été jugée essentielle pour permettre au gouvernement de commencer à assouplir la politique de confinement, avec le retour au travail des personnes et le retour des enfants à l’école.

Au même moment, BBC News a interviewé anonymement un chercheur de « Test and Trace » qui a déclaré n’avoir reçu qu’une journée de formation et n’avoir aucun travail à faire.

Lors de son audition à la fin du mois d’avril, Matthew Gould, le directeur général de NHSX, a largement refroidi la commission spéciale des sciences et technologies de la Chambre des Communes à propos de l’utilisation de l’application Google et Apple :

« L’approche d’Apple et de Google est encore en évolution, et elle n’est encore aboutie », a-t-il déclaré aux députés. « Ils ont dit qu’ils allaient procéder en deux étapes, la première pour essayer de mettre à disposition une API [interface de programmation d’application], permettant à ceux qui développent des applications de recherche de contacts de le faire plus efficacement. La deuxième étape consiste au développement de leur propre produit de recherche de contacts, mais ils sont encore loin de cette deuxième étape, donc les attendre nous ralentirait considérablement ».

Matt Hancock a décrit l’application NHSX comme une « technologie révolutionnaire ». Mais son essai sur l’île de Wight n’a pas été un succès malgré le fait que 60 % des habitants de l’île l’aient téléchargée – car elle ne fonctionnerait pas sur les iPhones.

Pendant ce temps, les 108 millions de livres sterling dépensés pour les contrats avec Serco et d’autres entreprises n’ont pas été entièrement efficaces – ne permettant pas de retrouver un quart des contacts et s’appuyant sur la mémoire des gens, plutôt que sur la technologie, pour déterminer avec qui ils auraient pu avoir des contacts étroits.

On ne sait pas ce qu’il adviendra du contrat avec Zuhkle pour l’exploitation de l’application à partir du 15 juin. L’accord permet de le résilier, mais ni Zuhkle ni NHSX n’ont fait de commentaires.

Les contrats avec Faculty – dirigée par Marc Warner, qui a travaillé avec le conseiller principal du Premier ministre Dominic Cummings sur un précédent projet électoral du Parti conservateur – et Palantir, y compris le développement d’une base de données nationale pour les radiographies des patients COVID-19, suggèrent que le travail se poursuivra avec ces entreprises.

Source : Bythelines
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Commentaire recommandé

fanfan // 26.06.2020 à 11h21

La guerre contre le coronavirus pourrait en cacher d’autres. La décision de confier le stockage des données privées sur la santé des Français au Cloud de Microsoft pourrait s’avérer dangereuse. Frédéric Pierucci, une figure majeure de l’affaire Alstom, décrypte les tenants et aboutissants de cette décision pour le Désordre mondial.
[https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2020/06/25/les-donnees-de-sante-des-francais-aux-mains-de-microsoft/ // https://fr.sputniknews.com/france/202006251044006219-donnees-de-sante-des-francais-aux-mains-de-microsoft-cest-extremement-grave/%5D

14 réactions et commentaires

  • François // 26.06.2020 à 07h28

    Le traçage n’est pas l’alpha et l’oméga.

    Il faut avoir une stratégie clair et net défini en avance, accepté par la population et ses dirigeants. En disant cela, je fais référence à un article passé sur les crises d’un français habitants en Corée du Sud expliquant leurs approches.

    Il expliquait que les médecins coréens avaient le droit de soigner et de sortir du cadre dans les traitements durant ces périodes. Le traçage était confié a un organisme indépendant et les données étaient effacées après.

    Rien de révolutionnaire mais elle a montré son efficacité.

    • jean-pierre.georges-pichot // 27.06.2020 à 10h21

      « Les données étaient effacées après ». Si vous lisez les mémoires d’Edgar SNOWDEN, vous serez peut-être moins confiant par rapport à la notion d’effacement de données numériques. En réalité, il n’existe, par construction, aucune procédure de ce genre dans un ordinateur. C’est vrai dans votre ordinateur personnel, même non connecté. N’importe quel enquêteur français merdique travaillant pour le PNF sait cela et c’est pour cela que la première chose qu’il fera en entrant chez vous, c’est de voler votre ordinateur. C’est encore plus vrai dans le système informatique mondialisé. Tout ce qui passe par un circuit télématique est éternel. En l’an 2050, la NSA pourra encore vous rappeler quel match de foot vous avez regardé à la télé hier soir. Si vous avez un frigidaire connecté, ils vous diront aussi à quelle heure vous vous êtes levé pour boire une bière et quel était le score, plus la marque de la bière si vous l’avez achetée avec une carte bancaire. Et si vous avez une montre connectée ils vous diront aussi quelle équipe avait vos faveurs. Alors, pour l’effacement de vos données COVID n’y croyez pas trop. Sauf peut-être si vous êtes nord-coréen, mais au sud, sûrement pas !

  • fanfan // 26.06.2020 à 08h19

    Chez nous, on a l’essai clinique DisCoVery (projet européen), coordonné par l’Inserm dans le cadre du consortium Reacting, pour tester quatre traitements expérimentaux contre le COVID-19, dont la partie française (au moins 800 patients en France) est financée par les Ministères de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) et de la Santé et des Solidarités (MSS). Selon Mme Florence Ader « Le coût de l’essai DisCoVery tournerait autour de de 4 500 à 5 000 euros par patient » (http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20200504/soc.html#toc7). L’essai est présenté comme le modèle de la science, de la rigueur, du sérieux (mais pas en double aveugle (voire même en simple aveugle)). Les premiers résultats attendus pour le 9 avril sont sans cesse reportés… Discovery est l’essai qui bloque l’hydroxychloroquine. Coût de l’échec : près de 4 M. € pour la France ! (mais le feuilleton n’est pas terminé)

  • Touriste // 26.06.2020 à 08h46

    Bonjour,
    Gaspillage d’argent public pour un produit/service foireux et opter finalement pour une solution « clef-en-main » (éprouvée ?) made by Apple/Google « présenté comme étant plus axé sur la vie privée des utilisateurs » (sans blââââgue ???)
    Un grand classique des « décideurs » gouvernementaux, non pas candides, mais incompétents et idiots. Souvent de la même trempe que ceux du privé mais l’imbécilité est moins visible chez ces derniers (secret des affaires oblige)… Et là, on paie plus cher le tube de dentifrice ou la boîte de choucroute : impôts ou factures il s’agit toujours de notre pognon.
    Ce sujet-là est éventé aujourd’hui. Un marronnier. Une idée de pigiste débutant.
    Mais, ces outils de surveillance… pardon, de protection (Mouarf !)… sont-ils efficaces pour lutter contre une épidémie ?
    Sans doute d’une efficacité proche de celle des caméras de video-protection de Londres évaluées officiellement au milieu des années 2000. Taux d’élucidation des crimes et délits : 1%. Evaluation de la prévention : nulle.
    En règle générale : pas de traitement ou vaccin, pénurie de matériel de protection pour les soignants, pénurie de masque ou flambée des prix, pénurie de gel, pénurie de tests fiables, scandales sanitaires en cascade…
    Mais rassurez-vous, bonnes gens, un logiciel va vous sauver la couenne. Auparavant, il y avait la fiole d’eau de Lourdes, aujourd’hui il y a le foutage de Google. Le nouveau progressisme moderne 3.0…

    • eugeniegrandet // 27.06.2020 à 09h18

      vous devez être bien malheureux dans la vie.

      parce que vous écrivez qu’il y a d’un côté les gouvernants incompétents et idiots, et de l’autre les mêmes dans le privé, cachés par le secret de affaires.

      donc à part vous, j’imagine, tout le monde est incompétent et idiot. sauf peut-être les enfants?

  • Sara // 26.06.2020 à 10h50

    C’est un fiasco, ce n’est pas grave du tout, ça fera comme le remdesivir, on trouvera bien une agence européenne quelconque pour en recommander l’autorisation, puis en imposer l’utilisation…

    • Euls // 26.06.2020 à 17h05

      Ou un savant fou en roue libre qui ira parader devant les députés et sur les plateaux télé…

      • herve_02 // 27.06.2020 à 13h25

        eh…

        Vous avez qu’à devenir un spécialiste, publier, devenir connu mondialement et reconnu puis venir lui porter la critique.

        C’est assez simple comme plan de bataille. à bientôt ?

        ps : savant fou c’est de la diffamation et passible de poursuite pénale, mais c’est vous qui voyez. en attendant, le savant fou à la plus grande série de données mondiale et le plus faible taux de mortalité.

    • eugeniegrandet // 27.06.2020 à 09h12

      la vie est remplie de succès et d’échecs.
      qui ne tente rien n’a rien.
      la critique est aisée, l’art est difficile.

      ah qu’ils sont beaux tous ceux qui tirent sur les ambulances !

  • fanfan // 26.06.2020 à 11h21

    La guerre contre le coronavirus pourrait en cacher d’autres. La décision de confier le stockage des données privées sur la santé des Français au Cloud de Microsoft pourrait s’avérer dangereuse. Frédéric Pierucci, une figure majeure de l’affaire Alstom, décrypte les tenants et aboutissants de cette décision pour le Désordre mondial.
    [https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2020/06/25/les-donnees-de-sante-des-francais-aux-mains-de-microsoft/ // https://fr.sputniknews.com/france/202006251044006219-donnees-de-sante-des-francais-aux-mains-de-microsoft-cest-extremement-grave/%5D

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