Les Crises Les Crises
25.juin.202025.6.2020 // Les Crises

Le Venezuela et le journal « Le Monde » : la nausée – par Maurice Lemoine

Merci 323
Je commente
J'envoie

Source : Mémoire des Luttes

Dans son édition du 12 juin, le journal Le Monde a offert une tribune au « président autoproclamé » du Venezuela, Juan Guaido. Décryptage pour Mémoire des Luttes par l’ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique, auteur de nombreux ouvrages et spécialiste de l’Amérique Latine, Maurice Lemoine.

Qui oserait, aujourd’hui, se réclamer de Donald Trump (nous parlons là de tout humain doté de raison) ? Sans aller jusqu’à faire le bilan de trois années de mandat, sa gestion de la pandémie du coronavirus et de la crise raciale qui a suivi la mort de l’Afro-Américain George Floyd en disent long sur le président des États-Unis.

S’agissant de la crise sanitaire, il y eut d’abord, entre fin janvier et la mi-mars, dénégation, puis minimisation de la gravité de l’épidémie. Avec ses épisodes ubuesques.

Quand, le 10 février, en meeting dans le New Hampshire, Trump déclare : « En avril, dès que les températures auront un peu remonté, ce virus disparaîtra. Comme par miracle. »

Quand, en pleine réunion à la Maison-Blanche, le 23 avril, il « réfléchit » à haute voix et suggère d’injecter de l’eau de javel dans les poumons malades ou, pourquoi pas, un traitement aux UV ?

« Les briefings de Trump mettent activement en danger la santé du public. Boycottez la propagande. Écoutez les experts. Et s’il vous plaît, ne buvez pas de désinfectant », devra déclarer, soutenu par la communauté scientifique, Robert Reich, un professeur de la prestigieuse université de Berkeley.

Entretenant la confusion, le locataire de la Maison-Blanche n’en appelle pas moins ses partisans à manifester pour « libérer » du confinement les États – Michigan, Minnesota, Virginie – gérés par des gouverneurs démocrates. Conséquence : une politique aussi incohérente tue les malades plutôt que la maladie.

Désormais premier foyer planétaire du coronavirus, les États-Unis comptabilisent plus de 117 000 morts à l’heure de la rédaction de ce billet.

Même positionnement aberrant après la mort de George Floyd asphyxié par le policier Derek Chauvin à Minneapolis. La situation provoque un mouvement de colère historique, toutes communautés confondues (sauf celles des chrétiens évangéliques blancs, socle électoral du président).

Sans un mot de compassion pour la victime et sa famille, Trump parle de déployer l’armée pour ramener le calme dans les villes que secouent d’importantes manifestations contre les violences policières et la discrimination raciale.

Même des figures du Parti républicain s’opposent désormais à la façon dont le businessman gère le pays. Depuis les colonnes du magazine The Atlantic, son ex-ministre de la Défense, James Mattis, est monté au créneau : « De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n’essaie pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d’essayer. Au lieu de cela, il tente de nous diviser. (…) Nous payons les conséquences de trois années sans adultes aux commandes. »

Plus significatif encore : l’actuel titulaire du Pentagone, Mark Esper annonce en conférence de presse son opposition à l’usage de la Loi d’insurrection qui, pour rétablir l’ordre, permettrait d’utiliser l’armée contre les manifestants.

Dans sa logique impérialiste, dans son obsession de détruire le multilatéralisme et le droit international, la grosse patte rugueuse de Trump va jusqu’à menacer de quitter, en lui coupant définitivement les vivres, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et à autoriser des sanctions économiques – son arme favorite contre les pays souverains qui lui déplaisent – envers tout magistrat ou responsable de la Cour pénale internationale (CPI) qui enquêterait sur des militaires américains ou les inculperait « sans le consentement des États-Unis » [1]. Est-il nécessaire de développer plus avant ?

Qui (nous parlons-là des personnes responsables) oserait encore soutenir le président brésilien Jair Bolsonaro ?

Dès 2016, ce médiocre parlementaire d’extrême droite avait annoncé la couleur : « La carte de visite pour un marginal du MST [Mouvement des sans terre], c’est une cartouche de 7.62. »

Nostalgique de la dictature militaire, arrivé au pouvoir grâce au coup d’Etat juridico-parlementaire contre Dilma Rousseff, puis l’emprisonnement arbitraire de Luiz Inácio Lula da Silva, Bolsonaro a nommé un ministre des Affaires étrangères à son image : Ernesto Araujo. Hanté par la « menace communiste », ce dernier voit en Trump « le sauveur de l’Occident ».

Négationniste comme son mentor du Nord face à la pandémie, Bolsonaro la « gère » de la même façon. Ministre de la Santé, le populaire Luiz Henrique Mandetta a été limogé en avril pour avoir prôné la distanciation sociale et exprimé son désaccord avec la politique du gouvernement fédéral. Il a été remplacé par un millionnaire, Carlos Wizard, dépourvu d’une quelconque expérience dans le domaine de la santé.

Pour tenter de cacher la réalité désastreuse du Covid-19 – plus de 44 000 morts désormais – alors que le président continue d’en nier la gravité, les autorités ont tenté de changer la façon de compter les cas de contaminations et de décès. Il a fallu que la Cour suprême intervienne pour les en empêcher. De la même manière, le juge Marcio Santoro Roch avait dû annuler un décret présidentiel publié le 27 mars pour exclure les églises, les temples religieux et les bureaux de loterie des mesures de quarantaine imposées dans certains États.

Durant une réunion ministérielle tenue le 22 avril, Bolsonaro, entre insultes et propos venimeux, a demandé à ce que la population soit armée pour éviter qu’une dictature ne s’installe à la tête du pays. Dans le collimateur : les maires et gouverneurs qui adoptent des mesures contraires à ses recommandations dans la lutte contre le fléau sanitaire.

Si la température grimpe en flèche au Brésil, ce n’est toutefois pas uniquement en raison de la pandémie. Car, le 19 avril, à Brasilia, en haranguant des manifestants qui, brisant la quarantaine, s’étaient rassemblés devant la Caserne générale de l’armée, Bolsonaro a légitimé de fait leur demande : une intervention militaire et la mise en œuvre de l’Acte institutionnel n° 5 (AI-5). En 1968, celui-ci avait permis de supprimer de nombreuses garanties constitutionnelles et de fermer le Congrès.

Ces prises de position témoignent de l’embarras de l’extrême droite brésilienne. Un juge de la Cour suprême, Celso de Mello, a en effet autorisé l’ouverture d’une investigation sur les accusations selon lesquelles Bolsonaro a tenté de s’ingérer dans le travail de la Police fédérale à des fins politiques. Il s’agissait pour lui d’en faire remplacer le chef pour éviter des enquêtes concernant ses fils.

Par ailleurs, le Tribunal supérieur électoral a ouvert une enquête pour déterminer si, lors de la campagne présidentielle de 2018, le « candidat Bolsonaro » n’a pas utilisé des réseaux illégaux disséminant des « fake news » – ce qui, de fait, remettrait en cause son élection.

Depuis lors, le ton monte contre l’État de droit. Le 21 mai, le député fédéral Bia Kicis (PSL-GO), un allié du chef de l’État, a suggéré une « intervention militaire constitutionnelle » au cas où l’on continuerait à empêcher celui-ci de gouverner.

Alors que les voix se multiplient pour demander sa démission ou une procédure d’ « empeachment », Bolsonaro a explicitement averti (13 juin) la Cour suprême et le Congrès – où il ne dispose pas d’une majorité – que « les Forces armées n’obéissent pas à des ordres absurdes » et qu’elle n’accepteront pas le résultat d’un éventuel jugement politique destiné à le destituer.

Pour les Brésiliens, le message est clair : en affichant son désir de s’arroger tous les pouvoirs, en s’attaquant délibérément aux corps constitués, Bolsonaro prône rien moins qu’un retour aux méthodes de la dictature militaire du passé.

Qui (nous parlons là des citoyens moyennement informés) se répandrait en félicitations sur la gestion du président colombien Iván Duque ? Signés en 2016 avec la guérilla des Forces armés révolutionnaires de Colombie (FARC) les Accords de paix ont été torpillés. Dans l’impunité la plus totale, toutes les vingt-quatre heures, un dirigeant social ou populaire est assassiné.

Les scandales succèdent aux scandales. On apprend que, en 2019, dans la plus totale illégalité, des membres des services de renseignement de l’armée ont placé sur écoute et espionné 130 personnes – magistrats, opposants, journalistes (dont des reporters du New York Times, du Wall Street Journal et de National Geographic) [2].

On découvre que l’actuelle vice-présidente, Marta Lucía Ramírez, a payé 150 000 dollars de caution en 1997 pour faire remettre en liberté, pendant son jugement, son frère Bernardo Ramírez Blanco, arrêté à Miami pour narcotrafic. Celui-ci fut condamné à une peine minime eu égard aux charges qui pesaient sur lui, mais pendant plus de vingt ans, en Colombie, Marta Lucía Ramírez poursuivit sa carrière politique sans jamais rendre publique cette information.

Devant le tollé provoqué par cette révélation et les demandes de démission provenant d’un certain nombre de sénateurs, le ban et l’arrière-ban de la droite se sont mobilisés pour défendre la « persécutée ».

L’intervention la plus remarquée a été celle de Samuel Azout, un « homme d’affaires respectable », ex-Haut conseiller pour la prospérité sociale du président Juan Manuel Santos, quand il a déclaré : « Que celui qui n’a pas un parent ou un ami qui ait été narcotrafiquant lui jette la première pierre [3] ! » Ce qui a au moins le mérité de la clarté.

Il convient de noter à ce propos que, depuis mai dernier, l’époux de la vice-présidente, Álvaro Rincón Muñoz, doit s’expliquer devant la justice pour ses liens d’affaires, dans le secteur immobilier, avec Guillermo León Acevedo, alias « Memo Fantasma », connu pour ses liens avec les paramilitaires et les narcotrafiquants. Et que la Commission d’investigation et d’accusation de la Chambre des représentants a ouvert une enquête préalable contre le président Duque en personne, mis en cause dans le cadre de la « Ñeñepolítica ».

Pour mémoire : avant sa mort par assassinat en mai 2019, l’éleveur José Guillermo Hernández Aponte, dit « Ñeñe », lui aussi notoirement proche des mafieux, a révélé des « achats de votes » et une fraude électorale organisés sur la côte caraïbe et dans la Guajira, pour favoriser l’élection de l’actuel chef de l’Etat [4].

Dans ces conditions, faut-il s’étonner de la nomination récente, mais surtout particulièrement cynique, au poste de Coordinateur des victimes du conflit armé, au sein du ministère de l’Intérieur, de Jorge Rodrigo Tovar, fils de l’ex-paramilitaire Rodrigo Tovar Pupo, alias « Jorge 40 » ?

Démobilisé en 2006, extradé aux États-Unis en mai 2008 pour trafic de drogues, prochainement libéré après douze années d’incarcération, « Jorge 40 », ex-commandant du Bloc Nord des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), est directement responsable de 333 massacres dans les Départements de l’Atlantique, du César, du Magdalena et de la Guajira, avec un solde de 1 573 victimes [5].

Il a été exclu du programme Justice et paix, pourtant particulièrement clément, car clé de voûte de la stratégie du président Uribe vis-à-vis de ses alliés, pour n’avoir rien révélé des actes commis sous ses ordres et son désintérêt total pour leurs victimes.

Un fils ne peut être tenu pour responsable des crimes de son père. Mais, s’est interrogé le député Inti Asprilla (Alliance verte), en phase avec un sentiment largement partagé, « comment va être résolu le conflit d’intérêt : par exemple quand se présenteront à son bureau des victimes de son père [6] » ? Sachant que, publiquement, il défend son géniteur, le considérant comme un « prisonnier politique aux Etats-Unis » et un « héros ».

Dernière polémique en date. L’arrivée dans le pays des cinquante premiers militaires étatsuniens d’une Security Force Assitance Brigade (SFAB) en comportant dans le futur un nombre indéterminé – peut-être jusqu’à 800. Pour une telle incursion d’une force étrangère sur le territoire national, le Sénat colombien aurait dû donner son autorisation. Il n’a pas été consulté.

Visée annoncée du déploiement : la lutte contre le narcotrafic (vingt ans après le début du Plan Colombie – 10 milliards de dollars pour le même supposé objectif – signé par les présidents Bill Clinton et Andrés Pastrana !).

Avec une particularité relevée, entre autres, par le sénateur Iván Cepeda (Pôle démocratique alternatif ; PDA) : le manuel d’opérations de ces Forces spéciales « mentionne explicitement la fonction de conseiller des milices non gouvernementales et des associés irréguliers ».

Faut-il traduire des groupes illégaux ? Si l’on excepte les guérillas encore en activité, par définition écartées d’une telle alliance, il n’en existe que de deux types (étroitement liés) : les paramilitaires (rebaptisés « bandes criminelles émergentes ») et les narcotrafiquants. Pour lutter contre les activités illicites dont ils sont les acteurs principaux ? Plus vraisemblable : avec les yeux tournés vers un certain pays voisin (au hasard : le Venezuela).

Trump, Bolsonaro, Duque [7]… Les défauts, tares et souillures qui ternissent leurs mandats sont unanimement réprouvés, et pas uniquement à gauche. Difficile pour quiconque défend une cause ou entend mettre en scène sa propre respectabilité de revendiquer publiquement l’appui de tels « parrains ».

Quand bien même ils seraient votre « boss » (Trump) et vos deux partenaires privilégiés. Face aux humains dotés de raison, aux personnes responsables et autres citoyens moyennement informés évoqués précédemment, la mise en avant d’une telle confrérie se révélerait hautement significative. Et donc contreproductive.

Situation des plus inconfortables pour le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido, leur protégé. Il est en perte de vitesse, chez lui et à l’étranger. De larges factions de l’opposition vénézuélienne ne croient plus en lui. Voire entendent le mettre hors-jeu. Depuis septembre 2019, les secteurs « responsables » de la droite antichaviste négocient avec le gouvernement de l’authentique chef de l’Etat, Nicolás Maduro.

Ils préparent ensemble le renouvellement du Conseil national électoral (CNE), en vue d’organiser des élections législatives en cette année 2020. S’ils disposent en s’alliant de la majorité au Parlement, l’opposition modérée et les chavistes, du fait de l’obstruction des radicaux, n’atteignent pas les deux tiers des voix nécessaires à la nomination des nouveaux recteurs du CNE.

D’où une situation bloquée. Conformément à ce que stipule la Constitution, c’est donc le Tribunal suprême de justice (TSJ) qui, avec l’aval de la droite modérée, les nommera (le 13 juin). Provoquant qui plus est d’importantes scissions et luttes pour le contrôle des partis traditionnels – Action démocratique, Primero Justicia –, entre les partisans d’une sortie politique et les fous furieux pro-Guaido.

Une catastrophe, une défaite politique majeure pour Washington (et ses supplétifs de l’Union européenne), l’extrême droite et le chef d’Etat imaginaire qui, en aucun cas, ne veulent d’un prochain scrutin. Il leur faut « faire tomber » Maduro dans le chaos, la violence et le sang. D’où la contre-offensive lancée depuis plusieurs semaines par Guaido. Mais qui pour se substituer à ses encombrants partenaires, dans le travail de propagande qu’il doit mener ?

Pour le quotidien français Le Monde, et s’agissant de la République bolivarienne, « toutes les compromissions sont sur la table ». Dans son édition datée du vendredi 12 juin, c’est donc lui qui offre une demi-page de « tribune » au protégé de Trump, Bolsonaro et Duque. Titre : « Sauvons le Venezuela ensemble ».

Aucune surprise dans le texte, porteur de l’argumentation classique de l’extrême droite « bushiste » « trumpiste » et vénézuélienne depuis 2002. Objectif principal (et, d’une certaine manière, plutôt amusant) : « Nous appelons la communauté internationale à être particulièrement vigilante sur les efforts de Nicolas Maduro pour mettre définitivement fin à la démocratie au Venezuela. Il compte en effet organiser de nouvelles élections législatives cette année. »

En lieu et place, l’homme lige de l’Impérialisme et de la réaction préconise un « gouvernement national d’urgence ». Cela ne coûtant rien, il lustre de quelques coups de brosse à reluire appuyés les « pompes » de l’ex-« socialiste » Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères rallié au président de droite Emmanuel Macron. Le Monde, bien entendu fait sa part du travail de sape. Destiné à demeurer imprimé dans l’esprit du lecteur, composé en plus gros, en lettres capitales et en couleur, l’intertitre reprend la plus spectaculaire des accusations de Guaido (et de Trump, son patron [8]) :

« La réalité est la suivante : une narco-dictature s’est saisie des institutions et confisque tous les pouvoirs au Venezuela ».

En fin de dernière colonne, comme il se doit, également rédigée par le quotidien, ce qu’on appelle la « note signature » : « Juan Guaido Marquez est reconnu comme “président par intérim” de son pays par les Etats-Unis, la France et plus de cinquante pays ».

« Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! », réagirait Cyrano de Bergerac devant une telle provocation. « On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme… En variant le ton – par exemple, tenez… »

Juan Guaido, devient député en 2015, avec 91 000 voix (sur les 20 millions d’inscrits sur les listes électorales). N’a émis aucune désapprobation, blâme ou critique, quand, le 4 août 2018, une tentative d’assassinat de Maduro à l’aide de deux drones chargés d’explosifs a échoué de peu.

Est élu « président par intérim » le 23 février 2019 par l’administration Trump après que, la veille, le vice-président Mike Pence ait appelé l’opposition à descendre dans la rue. Se proclame chef de l’Etat sur un bout de trottoir. Un mois plus tard, se fait aider par des criminels notoires – les narco-paramilitaires colombiens Los Rastrojos (1 500 victimes) – pour passer clandestinement en Colombie [9].

Destitue fin novembre son pseudo ambassadeur dans ce pays, Humberto Calderón Berti, après que celui-ci ait dénoncé d’importantes malversation des fonds de la supposée « aide humanitaire » de la part de l’équipe désignée par Guaido pour l’administrer.

Sans se préoccuper aucunement des souffrances infligées à la population, l’individu réclame et appuie les mesures coercitives unilatérales imposées par les Etats-Unis à son pays, dans le but de le mettre à genou économiquement (dernier épisode en date : le Département des Transports US vient d’infliger une amende de 450 000 dollars à la compagnie aérienne panaméenne COPA pour avoir transporté « illégalement », en leur faisant faire une escale évitant un vol direct, « interdit », 15 000 Vénézuéliens entre les Etats-Unis et leur pays).

Guaido pille et laisse piller par la puissance impériale les actifs de l’Etat vénézuélien, dont ceux de sa compagnie pétrolière PDVSA, à l’étranger. Le 30 avril 2019, en compagnie d’un groupe réduit de militaires, il tente un dangereux coup de poker en feignant avoir « pris », à Caracas, la base aérienne de La Carlota, afin de faire basculer et l’armée et la population. Personne ne le suit. Le coup d’Etat échoue. Réussi, il aurait déclenché une tragédie.

Le 16 octobre 2019, Guaido signe un contrat avec Jordan Goudreau, ancien béret vert US et patron d’une compagnie de sécurité privée basée en Floride, Silvercorp [10].

En échange de 212,9 millions de dollars pour une opération durant globalement 495 jours, le mercenaire s’engage à conseiller et assister l’équipe du président élu par Trump, Bolsonaro et Duque « dans la planification et l’exécution d’une opération pour capturer / arrêter / éliminer Nicolás Maduro » (pour les respectables journalistes du Monde ne disposant pas d’un dictionnaire des synonymes, on précisera qu’ « éliminer », dans un tel contexte, signifie « assassiner »).

C’est ce même Goudreau qui encadre, avec deux autres mercenaires américains, l’opération « Gedeón » du 3 mai dernier : une tentative d’incursion de plusieurs dizaines de commandos (essentiellement des déserteurs vénézuéliens) pour s’emparer de Maduro, « éliminer » un certain nombre de dirigeants chavistes et provoquer la confusion – sachant que, à proximité immédiate, dans la Caraïbe, les Etats-Unis ont déployé une flotte navale, dont un porte-avions, susceptible d’intervenir pour des raisons « humanitaires », afin de « sauver des vies », en cas de chaos [11].

Entraînés par les hommes de Goudreau en Colombie, les assaillants y ont bénéficié au moment de leur départ de la collaboration non des Rastrojos, mais, cette fois, d’Elkin Javier López Torres, alias « Doble Rueda », l’un des principaux « capos » du narcotrafic de la région de la Guajira.

Au terme de ce nouvel échec (qui confirme les liens mafieux de sa mouvance), Guaido ne cache pas sa satisfaction lorsqu’il entend Donald Trump déclarer qu’il a « encerclé » le Venezuela à un niveau « que tout le monde ignore » et que « quelque chose arrivera » parce que Washington « ne supporte plus la situation [12] ».

A chacun ses références. Pour l’anti-Bolsonaro, le très respecté ex-président brésilien « Lula » – élu homme politique de l’année 2004, quand il était à la mode (pour de bonnes raisons) par le quotidien… Le Monde –, il y a longtemps que Guaido « devrait être en prison pour les violences meurtrières qu’il a co-organisées et ses tentatives de coup d’Etat [13] ».

Voilà, somme toute, ce qui aurait pu figurer dans la « note signature »d’un quotidien d’information. Il n’en a rien été. Pourquoi ? La question est moins innocente qu’il y paraît. On ne prétendra pas ici que Le Monde est « à la botte du pouvoir » – ce qui serait particulièrement insultant. Mais on notera tout de même que, par le plus grand des hasards, la tribune de Guaido est parue le jour même où l’ambassadeur d’Emmanuel Macron au Venezuela, Romain Nadal, régulièrement épinglé pour son appui ostentatoire au président fantoche, devait être auditionné par le Sénat.

Notes

[1] L’enquête souhaitée par la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, vise entre autres des exactions qui auraient été commises par des soldats américains ou des agents de la CIA en Afghanistan, pays où les Etats-Unis mènent depuis 2001 la plus longue guerre de leur histoire.

[2] Curieusement, Jorge Mario Eastman, ex-vice-ministre de la Défense (sous Andrés Pastrana et Álvaro Uribe), puis secrétaire général de la Présidence de Duque, a également été espionné.

[6] El Tiempo, Bogotá, 19 mai 2020.

[7] Plus, évidemment, leurs habituels comparses : le chilien Sebastian Pinera (sauvé de la fureur des mouvements sociaux par l’explosion de la pandémie) ; l’équatorien Lenín Moreno (lequel, trahissant la gauche qui l’a élu, a détruit l’Equateur en deux ans) ; la bolivienne Janine Añez (présidente de facto après le coup d’Etat contre Evo Morales et manœuvrant pour se maintenir au pouvoir en tentant d’empêcher la future élection présidentielle de septembre prochain) ; ainsi que leurs amis conservateurs du Groupe de Lima – Canada, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Panamá, Paraguay, Pérou. Sans parler, évidemment, de l’Union européenne.

[8] Lire « Maduro mort ou vif » – http://www.medelu.org/Maduro-mort-ou-vif

[9] « Venezuela : aux sources de la désinformation » – http://www.medelu.org/Venezuela-aux-sources-de-la-desinformation

[11] A ce jour, 79 participants à cette opération ont été arrêtées par les forces de sécurité.

Source : Mémoire des Luttes

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Santerre // 25.06.2020 à 07h26

Édifiant!
Mais où est donc le journal de référence ?

Mais à la réflexion, à l’époque des années 60 70 où il nous disait qu’Israel était un gentil état et que les Palestiniens étaient au mieux des mauvais coucheurs au pire, des terroristes impitoyables; à l’époque où il nous disait que les syndicats étaient quasi seul responsables de la première débâcle industrielle française dans les 70, quand pendant 30 ans il nous vendait un ogre Russe prêt à envahir l’Europe pour piquer note Freedom, et j’en passe et j’en passe, aurait-il été journal de référence si internet avait existé à l’époque?

38 réactions et commentaires

  • Santerre // 25.06.2020 à 07h26

    Édifiant!
    Mais où est donc le journal de référence ?

    Mais à la réflexion, à l’époque des années 60 70 où il nous disait qu’Israel était un gentil état et que les Palestiniens étaient au mieux des mauvais coucheurs au pire, des terroristes impitoyables; à l’époque où il nous disait que les syndicats étaient quasi seul responsables de la première débâcle industrielle française dans les 70, quand pendant 30 ans il nous vendait un ogre Russe prêt à envahir l’Europe pour piquer note Freedom, et j’en passe et j’en passe, aurait-il été journal de référence si internet avait existé à l’époque?

    • socrates // 25.06.2020 à 11h50

      Oui. Le monde a titré le lendemain d’Hiroshima qu’il s’agissait d’une « expérience scientifique » (sic!). Indélébile.

      • Santerre // 25.06.2020 à 12h42

        Tiens je ne la connaissais pas celle-là. 😀. Mais je me rappelle bien dans mon adolescence des années 70 qui nous vendait le pauvre petit état d’Israel forcé de se défendre contre 200millions d’Arabes. Sauf que déjà, les seuls capables d’apporter une capacité militaire autre que symboliques n’étaient pas plus de 80millions d’une part, et qu’à eux tous ils étaient très largement inférieurs rien qu’en décompte d’avions, de canons et de blindés modernes. C’était Israël le géant militaire, pas ces pauvres troupes sous équipées. Et en plus Israël disposait de la 6e flotte US qui, à elle seule avait infiniment plus de puissance à l’époque que l’ensemble des pays du Moyen-Orient Israël compris. Ils nous prenaient vraiment pour des imbéciles.

      • jp // 25.06.2020 à 17h24

        le titre exact est « une révolution scientifique » puis  » les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon »
        ça a disparu du site des archives du journal mais on trouve la photo sur Internet

      • eugeniegrandet // 26.06.2020 à 10h35

        1 ) vous tronquez le titre complet (voir jp) pour manipuler les lecteurs
        2) le journal a 6 mois d’existence (créé en décembre 1944). Vous étiez parfait à 6 mois, vous,

        • Florent // 26.06.2020 à 12h55

          C’est idiot cette réflexion.

          Le journal avait 6 mois, certes, mais ses journalistes ? Il faut quel âge pour se rendre compte qu’atomiser des civils (mais c’est vrai que le bombe atomique c’est le prôôôôôgrès) c’est du même niveau que gazer une population dans des camps ?

          • Rémi // 29.06.2020 à 13h57

            Désolé, mais ca n’a rien à voir.
            Le bombardement du territoire d’un état en guerre est possible. A l’état de savoir arréter les frais et se rendre.
            On évite d’en parler, mais l’allemagne et le Japon ont poursuivit la guerrre alors que tout espoir raisonnable de victoire avait disparu.
            Si l’allemagne avait capitulé après Wach am Rhein (offensive des ardennes), l’année 45 et ses dégats (50% des bombes de la guerre) auraient été épargné.
            Si le japon avait capitulé après La bataille de Leyte, Il n’y aurait eu ni Hiroschima ni Nagasaki et des milliers de civil japonnais auraient été épargné.
            On peu trouver le bombardement brutal, je suis d’accord mais la responsbailité de protéger sa population incombe en prioritée à son gouvernement. Pas au belligérant.
            Il y a suffisement de choses à reprocher aux Américains (Ex Chili, Venézuela, Irak, pour ne pas avoir besoin de cet argument.

            • Narm // 01.07.2020 à 12h53

              quelle argumentation …..
              bombarder des civil , c’est juste un crime contre l’humanité.

              et lancer une deuxième bombe ? les us pensais que la première était passée inaperçu ?

              Tuer massivement des civil est un crime, point.

                +0

              Alerter
    • fanfan // 25.06.2020 à 17h58

      – Après que Wilfredo Cañizares, publie des photos de Juan Guaido tout sourire aux bras de Jhon Jairo Durán Contreras « alias Menor », et d’Albeiro Lobo Quintero, « alias Brother », deux des responsables du cartel paramilitaire Los Rastrojos (responsable du trafic de cocaïne, d’extorsions, de kidnapping, et de multiples assassinats, entre autres activités criminelles) (https://www.romainmigus.info/2019/09/et-ca-continue-encore-et-encore.html)
      – Après que la France persiste à soutenir de manière intransigeante l’option la plus radicale de l’opposition, celle qui se refuse à tout dialogue, et à toutes nouvelles élections (https://www.romainmigus.info/2020/01/juan-guaido-recu-lelysee-quel-interet.html)
      – Après que l’opposition se demande où sont passés les millions de dollars que Juan Gaido et ses proches ont touché durant l’année 2019 (https://www.youtube.com/watch?v=w4XwkUKPP_4)
      – Après l' »Attaque de mercenaires contre le Venezuela » (https://www.youtube.com/watch?v=DkyeYJETHvs)

      MAIS OU EST PASSE JUAN GUAIDO ?
      Caché dans une ambassade ? Celle de France (https://www.youtube.com/watch?v=4wXVNoBS51A) ?
      Tremblement de terre… https://www.youtube.com/watch?v=6gZMIpqpZbA

      • fanfan // 25.06.2020 à 17h59

        … Le communiqué d’Agnès Von der Muhll, directrice de communication du Quai d’Orsay, a souligné que « Mr. Juan Guaido ne se trouve pas à la résidence de France à Caracas ni dans aucune autre de nos emprises diplomatiques. Nous l’avons confirmé à plusieurs reprises aux autorités vénézuéliennes »…

        C’est une très bonne nouvelle.

        Mais alors où est-il ?
        Dans une autre ambassade ou dans un autre contexte pour ne pas humilier les diplomaties ?
        Assiste t-on à la fin de Juan Guaido ?

    • eugeniegrandet // 26.06.2020 à 11h04

      C’ est une tribune dans Le Monde, pas un article d’un.e journaliste ou de la rédaction.
      je sais que le choix de qui peut être publié dans une tribune est « politique » mais c’est quand même différent d’un article du journal.

      il ne faut pas se tromper de combat (le texte de M Lemoine est aussi une Tribune, ici. Est-ce que ça dit quelque chose de les-crises ? Oui, les-crises offre une occasion de connaître un autre point de vue. Je le prends comme tel. )

      Au fait, le venezuela (un pays de cocagne) est dans un état de déliquescence totale. La plupart des vénézuéliens astucieux, bien formés ne pensent qu’à quitter leur pays. Chavez a réussi à sortir beaucoup de gens de la misère (grace à Cuba notamment et à un accord pétrole contre médecins et enseignants) mais il a inhibé le développement du pays, obligé d’importer tous les biens de première nécessité. Il n’a pas su préparer sa succession. Parce que Madura …

    • CEQUEJ’ENPENSE // 26.06.2020 à 15h23

      Bonjour.
      En réponse à SANTERRE:
      « Journal de référence » écrivez-vous ! Je pense que vous avez appuyé sur la mauvaise touche de votre clavier; qui a, il y a déjà un certain temps, qualifié cette publication vespérale de « journal de révérence » ?
      Il est vrai que les deux caractères « f » et « v » sont topographiquement très proches sur un clavier AZERTY.

  • jules Vallés // 25.06.2020 à 07h47

    «Pour le prix d’un journal, vous avez la nausée et les mains sales»
    Pierre Desproges/ Jean-Paul Sartre

  • Vercoquin // 25.06.2020 à 07h55

    « On ne prétendra pas ici que Le Monde est « à la botte du pouvoir » – ce qui serait particulièrement insultant. »
    Mais si, il faut le dire, et plutôt deux fois qu’une.
    L’Immonde fait partie des chiens de garde qui protègent notre président et la pensée unique.
    Tous les autres sont bâillonnés, interdits d’antenne, taxés de populistes, complotistes.
    Et ça marche. La propagande en temps de paix est efficace, perverse, insidieuse.
    Autour de moi, même dans ma familles, tous sont atteints:
    « Maduro, dictateur.
    Poutine, dictateur.
    Assange, pervers sexuel » et d’autres.
    Mais qu’a donc fait le Venezuela au peuple Français pour que celui-ci envoie sa marine participer au blocus des USA au large des côtes vénézuéliennes ?
    Macron l’atlantiste veut aider Trump à voler le pétrole ?
    Qu’est-ce qu’il attend en retour ?
    Un coup de b… dans le c.. ?
    Raz le bol.

    Ils disent « Guaido est soutenu par 50 pays », ça veut dire que 150 pays considèrent Maduro comme le représentant légal du Venezuela !!!

    Bon courage au peuple vénézuélien.
    Maurice Lemoine, un vrai journaliste.

    • Santerre // 25.06.2020 à 08h52

      Je ne suis pas d’accord. Ils ne sont pas à la botte de Macron, ils font partie d’une nébuleuse oligarchique qui tente d’instrumentaliser Macron. Que Macron soit atlantiste, européiste, russophobe, immigrationiste, globaliste, néolibéral et tout va bien ils sont au service de Macron qui n’est alors qu’au service de leurs propres agendas.
      Par contre, que Macron commence à parler avec Poutine, critiquer les USA où Israël, à parler de contrôle de flux d’immigration, de lutte contre le communautarisme, d’heterodoxie monnetaire, alors on vous sort « courageusement » une affaire Benalla, Darrmanin, Buzyn, Griveaux, Bayrou ou autres amusettes. C’est pas facile d’être président contre un système aussi puissant.

  • Francil // 25.06.2020 à 07h56

    Je comprends pas pourquoi ils s’acharnent à présenter Guaido sous un jour positif. Ce type est archi-discrédité, un pantin avéré, mais ces journalistes continuent à se déshonorer en nous servant des salades sans vergogne. Impossible de leur trouver des excuses. Et ce sont les mêmes qui poussent de hauts cris contre l’extrême-droite et les populistes. Hypocrites et malfaisants.

    • Santerre // 25.06.2020 à 09h16

      Je vais vous proposer un jeu.
      Si vous ne parlez pas anglais, servez vous du traducteur.
      Une chose se passe dans le monde. Soit le Monde(comme l’intégralité des médias occidentaux) ne dit rien. Pas même le NYT ou le WaPo. Puis, en moins de 24 heures, ces deux derniers reçoivent leurs éléments de langage. Exactement les mêmes pour ces deux médias. Moins de 24h plus tard, toute la presse occidentale, surtout le Monde. Même en disant le contraire de la veille.
      Affaire emblématique : Traoré. Le lendemain de sa mort, le Monde(comme les autres) fait une 4e de couverture en disant qu’en substance, après trois refus d’obtempérer, deux délits de fuite, deux rébellions violentes et appel à la foule pour molester les gendarmes, et ce en plein état d’urgence, les gendarmes ont maîtrisé l’individu qui est décédé dans le transport. Pas de quoi fouetter un chat, laisser travailler la justice, circulez.
      OR, le lendemain, le NYT publie un article incendiaire sur l’affaire, violence policière, racisme( on goûtera as un journal US nous fasse la leçon sur ces points).?
      OR, le surlendemain, le Monde balance un article incendiaire sur le « meurtre de Traoré », les violences policières, le racisme systémique.
      Sidérant.
      Inutile de se demander pourquoi Udo Ulfkotte est providentielle ment décédé d’un infarctus à peine six mois après avoir révélé, preuve a l’appui que la totalité des grands médias Allemands étaient contrôlés par les services US.
      Pourquoi voulez vous qu’il en soit différemment dans tous les médias des vassaux de l’Empire?

      • Renard // 25.06.2020 à 13h14

        Oui il faut le dire le Monde est infiltré et contrôlé par les services US, cela est totalement évident et depuis bien longtemps (exemple : Le Monde qui soutient les khmers rouges au Cambodge, eux même soutenus par les US).
        Je suis d’accord que l’on a pas de preuve pour dire cela, mais le faisceau d’indices est tellement accablant.. Refuser de prendre cela en compte est une insulte à la logique et à l’intelligence. (Et si un journaliste d’investigation se donnait la peine d’enquêter là-dessus il nous sortirait des preuves à la pelle..).

        Mon point est que la bien-séance ne doit pas empêcher de dire cette vérité, or quand l’auteur écrit « On ne prétendra pas ici que Le Monde est « à la botte du pouvoir » – ce qui serait particulièrement insultant. » il commet une grave faute morale : il sacrifie la vérité au nom de la bien-séance. Or rien ne justifie qu’on sacrifie la vérité, pas même sa réputation.

        Quand Camus, journaliste, qualifiait le régime du travail en Algérie comme régime d’esclavage, il outrepassait la bien-séance pour dire la vérité.

  • yack2 // 25.06.2020 à 08h03

    Rien ne nous sera épargné,au fil du temps la « Balkanysation » des esprits , des institutions suit son cours. Ici le monde, journal de référence s’il en est, se vautre dans le fumier du Levallois-perret venezuelien. Comme toujours l’Amérique du Sud est en avance car ayant subit les viols des Chicago boys avec 30 ans d’avance……On connait donc ce qui nous attend ( et il semble que tout s’accélère)…Rien n’y fera, que le muppet show de Guaido soit corrompu jusqu’à la moelle, adoubé par les plus tarés de la terre, infiltré par le narcotrafic et refusant la plus élémentaire étape de la démocratie; les élections….Ils soutiendront, ils soutiendront avec les armes , avec la famine , le mensonge industriel tous les Balkany de la terre.Ceux, doux rêveurs, qui pensent que ce ne peut être que l’apanage de républiques bananières….jetez un oeil sur ce que nous faisons de notre police, de notre justice, de toutes nos institutions et à moins de se le crever….Il y a de quoi avoir les cheveux qui se dressent sur la tête…..

    • fanfan // 25.06.2020 à 17h12

      “L’opposition ne veut pas d’élections car elle sait qu’elle va perdre” (14/06/2020)
      Pour comprendre la légitimité des nouvelles autorités électorales, nous sommes allés interroger Julio Chávez, député vénézuélien, et vice-président du Comité de Postulation pour la rénovation des autorités électorales, l’organe législatif qui aurait dû sélectionner les nouveaux recteurs du CNE. Il nous explique le fonctionnement de ce comité et les raisons qui ont poussé les secteurs extrémistes de l’opposition à le saborder. C’est un autre son de cloche, et un puissant antidote aux (futures) campagnes psychologiques et médiatiques dont vous serez la cible… Lire la suite https://www.romainmigus.info/2020/06/julio-chavez-lopposition-ne-veut-pas.html

  • cedivan // 25.06.2020 à 11h02

    Article qui permet de critiquer vertement (et partialement) Trump sur toute sa politique alors qu’au départ on est censé parler du Venezuela. Pourquoi pas ?. Mais aurait ce été si différent avec la mafia Clinton ? J’en doute….

    • Vincent Lambert // 25.06.2020 à 12h51

      Vous devriez lire plus souvent les articles ou les livres de Maurice Lemoine.

    • Castor // 25.06.2020 à 18h25

      Vous avez parfaitement raison. D’ailleurs il n’est pas besoin de remonter jusqu’aux Clinton. C’est en mars 2015 que le président des USA Obama a signé la Décision Exécutive (executive order) déclarant que le Vénézuela représentait une menace pour la sécurité des Etats-Unis. Sans rire. Le langage et le bon sens avaient été violés une fois de plus.

      https://www.reuters.com/article/us-usa-venezuela-idUSKBN0M51NS20150310

  • Patrick // 25.06.2020 à 14h04

    ça ne me gène pas que le Monde raconte n’importe quoi , je ne suis pas obligé de le lire.
    ce qui me gène c’est que ce torchon touche environ 5 millions d’euros d’argent public ( + les différentes faveurs aux journalistes ) tous les ans.
    Arrêtons de subventionner la presse , elle sera peut-être obligé de travailler correctement.

  • Casimir Ioulianov // 25.06.2020 à 14h08

    Les Français n’accordent quasi plus aucune confiance dans la véracité des informations relayées par leur presse institutionnelle et, incidemment je dirais , ils sont les moins dérangés à aller chercher de l’info via des sources partisanes qui ne représentent pas forcement leurs points de vue et ont une plus faible exigence d’impartialité.
    (Source : http://www.digitalnewsreport.org/survey/2020/overview-key-findings-2020/ )
    Ce genre de tendance lourde dénote que sur plusieurs générations on n’a eut une presse très partisane en France et quand la presse a perdu son pluralisme et le débat d’idées au profits de la doxa des actionnaires et annonceurs , elle a perdu en même temps la confiance du public.
    Ils ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis , leur chute est une Schadenfreude permanente.

  • Ando // 25.06.2020 à 16h09

    Un journal profondément hypocrite dont la marque de fabrique a toujours été de faire croire que ses opinions douceureusement engagées et préjugés fermement défendus étaient une marque… d’objectivité. Un très banal journal d’opinions donc (« les opinions sont nombreuses comme la foule » disait cet écrivain français), opinions au service d’intérêts particuliers ou d’une forme de bêtise courante. Bref, sa lecture est tout sauf utile et encore moins nécessaire.

  • fanfan // 25.06.2020 à 16h58

    Pour s’informer, il y a aussi Romain MIGUS. Dernière vidéo : (20.06.2020) Actualités de l’Amérique Latine du 10-19 juin 2020 : Venezuela, Bolivie, Argentine, Brésil
    Venezuela 🇻🇪 Recrudescence du blocus, nouvelles autorités électorales, scission au sein des partis d’opposition.
    Bolivie 🇧🇴 Nouvelle enquête indépendante confirme la victoire d’Evo Morales aux élections présidentielles de 2019, la dictature tente d’empêcher la participation du MAS aux prochaines élections.
    Argentine 🇦🇷 La nationalisation de Vicentin, une des plus grosses entreprises du pays. Quels sont les enjeux?
    Brasil 🇧🇷 O Globo arrête son édition papier. L’info des médias dominants est partiale. La preuve…
    Canada 🇨🇦 La communauté internationale rejette l’entrée du Canada au Conseil de Sécurité de l’ONU. Trudeau semble beaucoup plus isolé diplomatiquement que le président vénézuélien Maduro.
    https://www.youtube.com/watch?v=WTpI5gLREr0

  • fanfan // 25.06.2020 à 16h59

    Et puis, le 2 juillet, lancement officiel d’une nouvelle plateforme web en français d’information et d’analyse sur l’Amérique Latine et les Caraïbes :
    https://www.les2rives.info/

  • Ernesto // 26.06.2020 à 00h59

    Patrick fait semblant d’oublier tout simplement que 90% de la presse écrite est aux mains d’oligarques milliardaires ( Drahi, Niel, Bolloré, Pigasse, Arnault, Dassault, etc…) qui soutiennent à bouts de bras (car faire un journal coûte très cher), ce que vous appelez des « torchons », qui pensent tous la même chose (à quelques exceptions près), et sont au service de l’idéologie dominante. Si la presse n’était pas subventionnée par de l’argent public, il y a belle lurette que les rares journaux d’opinion qui résistent (et qui ne sont pas dans la ligne), auraient mis la clé sous la porte. Car comme par hasard, ils sont aussi victimes de l’ostracisme des annonceurs publicitaires (les potes des milliardaires cités plus haut), qui ne tiennent pas à apporter leur concours à des publications jugées trop « contestataires ». Votre proposition, si elle était malheureusement adoptée, signifierait rien de moins que la mort de ce qui reste de la presse d’opinion et du peu de pluralisme qui survit encore dans l’univers médiatique. Elle constituerait un coup terrible pour la démocratie qui suppose un peuple suffisamment informé des différentes options qui s’offrent à lui pour décider des choix politiques engageant l’ensemble du corps social.

    • Patrick // 26.06.2020 à 08h30

      je ne vois pas pourquoi l’argent des contribuables sert à subventionner une presse qui appartient à de grandes fortunes. Ils ont voulu s’offrir des journaux , alors ils les renflouent et épongent les pertes eux-mêmes.
      Vous voulez une presse d’opinion ? vous payez le juste prix pour qu’elle vive.
      Il y a déjà des sources d’information, pas forcément papier, qui existent sans aides de l’état , donc ça ne pose pas de problème de survie , sauf pour ceux dont les idées ou les informations publiées n’intéressent personne.

    • eugeniegrandet // 26.06.2020 à 10h48

      @ernesto.
      d’accord avec vous au début mais je pense que vous faites ensuite une erreur sur un point : il ne peut y avoir de journaux indépendants avec de la pub, c’est un oxymore.

      Ceux que vous évoquez qui seraient ostracisés par les annonceurs ne sont pas indépendants et leur opinion est guidée par ceux (les annonceurs) qui les financent. Ils vous diront le contraire mais ils ne s’en rendent pas nécessairement compte (autocensure classique).

      • Florent // 26.06.2020 à 15h06

        N’importe quoi. Prenez Le Monde Diplomatique. Aucun annonceur (en fait une ou deux pages par an), la plupart de leurs ressources proviennent des abonnés, des dons et de l’aide à la presse. Aide à la presse beaucoup plus faible que pour un magazine comme closer par exemple.
        [modéré]

  • Jeremia // 26.06.2020 à 11h08

    A ce jour, malgré l’embargo criminel imposé par les USA, 38 victimes du Covid-19 au Venezuela, contre 120 000 pour les USA et 52 000 pour le Brésil.
    Ce seul fait, jamais relayé par les « grands » médias, permet de juger du grand mensonge dont on nous abreuve sans honte.

    • fanfan // 26.06.2020 à 11h30

      Romain Migus – Orlenys OV (@orlenysov) vous montre en direct comment le Vénézuéla fait pour lutter contre le Coronavirus à travers le système de la Patrie.
      Cet outil, comparable à la CAF française, a permis à 10.965.969 vénézuéliens de répondre au recensement sanitaire de l’État. 21.801 vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet.
      https://www.youtube.com/watch?v=dM6C7gAUvbI
      et aussi là : https://www.romainmigus.info/2020/03/le-venezuela-la-france-et-le-coronavirus.html

  • Ernesto // 26.06.2020 à 23h33

    Curieux raisonnement qui laisse à penser que seuls les journaux détenus par des ultra-riches auraient le droit d’exister, puisque, sans subventions publiques, leurs propriétaires seuls auraient les reins assez solides pour « les renflouer et assurer leurs pertes ». A ce compte là, ni « l’Humanité », ni « la Croix », ni « le Canard Enchaîné » ne pourraient paraître, mais peut-être est-ce là votre souhait comme beaucoup de vos semblables libéraux pour qui il faut le moins d’Etat possible et tout abandonner aux forces du marché. C’est vrai que l’Etat subventionne des journaux riches qui, en théorie, n’auraient pas besoin d’aides, mais c’est la condition (égalité de traitement devant la loi) pour que les journaux pauvres puissent aussi exister.

    • lvzor // 28.06.2020 à 21h44

      Oui, c’est une illustration du merveilleux système selon lequel il faut donner 1000 à 1 milliardaire pour pouvoir donner 1 à 1000 pauvres… (1 à partager entre les 1000, bien sûr)

  • Ernesto // 27.06.2020 à 00h01

    Libre à vous de camper dans le déni, mais oui je revendique une presse d’opinions permettant le pluralisme des idées et subventionnée à la hauteur des besoins par la puissance publique garante de la liberté de s’informer à de multiples sources. Oui, « il existe des sources d’information, pas forcément papier, sans aide de l’Etat ». BFM, TF1, CNEWS, Europe 1, RTL , RMC … , seul petit problème, elles appartiennent aussi à des richissimes propriétaires (les mêmes ou d’autres), et produisent des contenus semblables. Quant à la toile et aux réseaux sociaux, même s’ils offrent encore pour l’instant un espace appréciable de liberté, force est de constater qu’ils véhiculent (en matière d’information) plus souvent le pire que le meilleur. N’est pas journaliste qui veut, c’est un vrai métier qui s’apprend et s’exerce en respectant un certain nombre de règles déontologiques.
    Enfin, à propos des publications dont vous estimez qu’elles produisent « des idées qui n’intéressent personne », je vous laisse la responsabilité d’assumer ce jugement à l’emporte -pièce, trop définitif, peu respectueux de la diversité et de la richesse des idées qui s’expriment au contraire de tous bords, et que la démocratie a le devoir de laisser s’épanouir dans l’espace public.

  • Nanker // 27.06.2020 à 16h52

    Alors on parle de «L’Immonde» et on oublie de la Une de 1999 sur le plan « Fer à cheval »? Un scoop de 1ère main censé « démontrer » que Milosevic avait prévu d’envahir le Kossovo et d’y faire 100… 200… allez 500 000 morts (plus c’est gros plus ça passe!).

    Un scoop complètement bidon et un plan concocté par les instances de désinformation de l’OTAN (avec les Allemands, encore eux) pour justifier le bombardement criminel de la Serbie.
    Le mensonge :
    https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/04/10/le-plan-fer-a-cheval-obtenir-par-la-violence-des-changements-demographiques_3557767_1819218.html

    La vérité :
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/04/HALIMI/59723

  • Afficher tous les commentaires

Ecrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Charte de modérations des commentaires

Et recevez nos publications