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3.juillet.20203.7.2020 // Les Crises

Violences policières : le Parisien Dimanche entre déni et calinothérapie

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Source : ACRIMED, Pauline Perrenot

La Une, l’édito, deux pages d’interview, une de « reportage »… Le Parisien Dimanche a sorti l’artillerie lourde pour soutenir son ministre en difficulté, Christophe Castaner.

« Sale temps pour la Nation » peste Nicolas Charbonneau. Dans son édito du Parisien Dimanche, le chien de garde rumine : « 11 janvier 2015, […] les policiers étaient applaudis en signe de remerciement. Cinq années plus tard, ils sont hués, caillassés, visés et blessés lors des manifestations répétées et chaque fois plus violentes ». Le retournement est tel que les éborgnés, les blessés et les morts entre les mains de la police n’existent pas. Violences policières ? Les mots ne sont pas prononcés. Concédant seulement, à l’instar de nombreux confrères, « quelques brebis galeuses » dans les rangs de la police, le directeur délégué des rédactions ne s’étend pas. La faute à « l’époque », qui « s’est radicalisée ». Avant d’enfoncer le clou du déni : « Les policiers n’ont pas changé. […] Ils sont, comme en 2015, au service de leurs compatriotes. » Et de clamer haut et fort : « Il n’est jamais de démocratie sans ordre républicain ».

Si le ministère de l’Intérieur éditait une feuille de chou, elle aurait l’apparence du Parisien Dimanche en ce 21 juin. Il faut dire que la propagande commence dès la Une :

… et ne fait que se poursuivre dans la double page qui suit (pp.2-3) :

Castaner « assume de bousculer les choses » ? Le Parisien Dimanche assume, lui aussi, de malmener le journalisme. D’organiser la médiation entre politiciens tracassés, et de servir de porte-voix à un ministre dans l’embarras dès que celui-ci lève le petit doigt : « Si on le dit fragilisé, il souhaite rester ministre de l’Intérieur ». De concevoir le journalisme politique comme la simple transcription des bruits de couloir qui font trembler l’Intérieur. De ne poser aucune question réellement embarrassante sur les violences policières. D’entretenir la déconnexion des gouvernants en exposant leurs états d’âme comme autant d’« exclusivités » qui aideront les commentateurs à brasser plus d’air que de coutume sur les plateaux télé. De ne percevoir les mouvements sociaux actuels, contre le racisme et les violences policiers, que comme de vulgaires toiles de fond au sujet de premier plan : Castaner partira ? partira pas ?

Car si les manifestations ont bien été traitées le dimanche précédent, nulle figure militante antiraciste n’a bénéficié d’une double page d’interview. En page 4 de cette édition du 21 juin, Le Parisien Dimanche préfère faire pleurer dans les chaumières :

Des témoignages de policiers à perte de vue, et aucune voix contradictoire. Comme l’indique le titre, l’angle est celui du « coup de blues » des « Bleus » et l’entreprise journalistique, celle d’une réhabilitation de l’institution policière. Tâche à laquelle s’adonnent, à la suite des témoignages, deux journalistes en direct du Mans, rapportant un épisode au cours duquel « les CRS attaqués ont préféré ne pas répliquer ». Ainsi débute le reportage : « Faire profil bas, s’exposer le moins possible pour ne pas prêter le flanc à de nouvelles critiques, quitte à se retrouver en position critique ». L’épopée verra un policier blessé, faute d’être intervenu dans un conflit, n’ayant « pas souhaité frapper une femme, noire qui plus est, […] parce qu’[il] ne voulai[t] surtout pas que l’on parle de violences policières ». La montée en généralité sera assurée par le syndicat Alliance : « « Certains collègues préfèrent désormais s’abstenir de répondre à la violence, de peur de se retrouver dans la galère » ». Point final. Que les images d’une telle retenue inondent les réseaux sociaux presque chaque jour n’incitera pas les journalistes à pratiquer le contradictoire.

C’est tout ce que semble pouvoir faire Le Parisien Dimanche face à un phénomène social d’ampleur : le traiter « par les sentiments ». Aucune analyse structurelle des rapports de force. Aucune trace, a fortiori, de collectifs organisés luttant contre les violences policières : ils n’existent pas en tant que force sociale, et n’auront pas voix au chapitre dans ce numéro. Le Parisien Dimanche se contente d’un zoom sur le corps policier, sélectionnant des anecdotes individuelles, agrégées de façon à construire un « récit positif » et de belles histoires sur la police. Le dernier article boucle d’ailleurs la boucle en mettant scène une discussion entre « Adil, policier et musulman » qui « prône le dialogue », et trois jeunes d’un quartier du nord de l’Essonne.

Hauts les cœurs !

Pauline Perrenot

Post-scriptum : l’art du journalisme inversé (mais dans le même sens) !

Sur le sujet, les outrances éditoriales du Parisien n’ont pas de limite. Deux jours après la première manifestation organisée par le collectif Vérité et justice pour Adama devant le TGI de Paris, la rédaction affiche-t-elle à la Une un militant du collectif ? Non plus. Il s’agit de Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale, dont l’interview occupe elle aussi une double page. Cerise sur le gâteau : les questions sont posées par « six lecteurs » [1]. Une parade journalistique bien commode, entretenant un simulacre de dialogue pour laisser, en définitive, la parole centrale aux mains des mêmes. Du reste, les citations de Frédéric Veaux sélectionnées en guise de titres par la rédaction tranchent le « débat » : « « Nous sommes un exutoire facile » » ; « Violences policières : « Il n’y a aucune impunité » » ; « Le métier de policier : « Difficile, exigeant, intense » » ; « L’image de la police : « La police aujourd’hui est black-blanc-beur » ».

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot

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Commentaire recommandé

degorde // 03.07.2020 à 10h21

JE trouve que de plus en plus la presse mainstream dont le Parisien est l’un des fleurons ressemble à la presse collabo sous l’occupation justifiant l’injustifiable.
Les mêmes postures, les mêmes mots, les mêmes escroqueries intellectuelles. L’art du sophisme porté à sa perfection. Qui peut acheter de tels torchons ?

34 réactions et commentaires

  • jean-pierre.georges-pichot // 03.07.2020 à 07h37

    Plaignons ‘Le Parisien’ qui n’a pas eu l’idée de prendre le conseil d’un bon publicitaire. Il aurait appris que pour la défense et illustration du métier il ne ferait de toutes façons jamais aussi bien que la télé et ses innombrables feuilletons et reportages, cause probable de l’afflux des candidatures… et du choc des recrues quand elles entrent dans la réalité. Par ailleurs, s’il s’agissait de ‘bouster les ventes’, comme on dit dans les médias, n’importe quel ‘marqueteur’ les aurait avertis que la corporation des chaussettes à clous est peu liseuse. Un ‘flope’ inévitable.

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  • Calvez // 03.07.2020 à 09h31

    C’est le même fon d’histoire que l’on retrouve sur les chaînes du PAF lorsqu’elles diffusent des reportages de « journalistes » embarqués dans la vie d’une brigade quelconque de policiers ou de gendarmes. Facile à reconnaître : il y a toujours le mot « enquête » dans le titre. Les citoyens que nous sommes apprennent donc que les forces de l’ordre sont courageuses, honnêtes, compréhensives, justes, d’une bonté frisant l’abnégation. Elle est pas belle la vie ?!

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  • Anfer // 03.07.2020 à 10h07

    Le problème est beaucoup plus vaste, c’est la question de l’usage de la coercition physique légale dans un état de droit.

    Le constat est que nous avons besoin de forces de police (pour les anarchistes, vous êtes gentils, mais vos utopies c’est pas pour demain).

    Comment doivent elles être organisées ?
    Dépendre du ministère de l’intérieur ou de la justice ?

    Comment concilier légalité et légitimité de ces forces ?
    Le contrôle doit il être exercé par un organisme indépendant tiré au sort ?
    Comment rendre le donneur d’ordre responsable et rendre possible qu’un agent de base puisse refuser une consigne illégale ou illégitime sans risquer de représailles ?

    Comment faire en sorte que ces forces puissent assurer efficacement leurs missions sans pouvoir se transformer en une milice pretorienne ?

    Le débat n’est pas du tout posé, c’est une suite d’anecdotes sans aborder la moindre question de fond.

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    • kelkun // 03.07.2020 à 11h45

      « Comment doivent elles être organisées ?
      Dépendre du ministère de l’intérieur ou de la justice ? »
      J’ai bondi en lisant cette alternative qui n’en est pas une et reste sagement dans les clous autorisés. N’êtes vous pas capable de penser en dehors de ces clous imposés par d’autres et qui évidemment ne changerait rien aux problèmes???
      Et si elles ne devaient pas dépendre de l’exécutif ces forces là, en fait. Osez penser. Osez une question de fond puisque vous prétendez être profond.

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  • degorde // 03.07.2020 à 10h21

    JE trouve que de plus en plus la presse mainstream dont le Parisien est l’un des fleurons ressemble à la presse collabo sous l’occupation justifiant l’injustifiable.
    Les mêmes postures, les mêmes mots, les mêmes escroqueries intellectuelles. L’art du sophisme porté à sa perfection. Qui peut acheter de tels torchons ?

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  • LibEgaFra // 03.07.2020 à 10h35

    « Sale temps pour la Nation »

    Très sale temps pour la nation quand la constitution est violée:

    https://fr.sputniknews.com/france/202007031044048296-edouard-philippe-presente-sa-demission/

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  • cedivan // 03.07.2020 à 11h02

    et donc ? Le seul journalisme valable c’est de faire croire que tous les policiers sont des psychopathes racistes et tous les antiracistes sont de gentils rêveurs qui nous veulent du bien ? Désolé mais les Traoré et consort, j’en ai une indigestion dans les média. Soutien à la Police, même si elle n’est pas et ne peut pas être sans reproche !

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    • Facteur X // 03.07.2020 à 19h06

      Mais non ! Justement ! Le seul journalisme valable serait celui qui éviterait de réduire le problème – de réduire le débat – à un faux match, un match « médiatiquement fabriqué » entre syndicats de Police d’un côté et famille Traoré de l’autre : un « problème » complètement à côté du Problème, un écran de fumée pour escamoter, ne rien voir, ne rien entendre, ne rien penser, ne rien dire. Un truc juste pour vous faire souffrir d’indigestion. Et tout envoyer valser. Mission accomplie… Que la famille Traoré et leurs soutiens jouent leur partie sur le plan médiatique parce qu’ils ne sont pas satisfaits de l’avancée de cette même partie sur le plan judiciaire c’est une chose. Qu’un éventuel malaise dans la Police ou problème de la Police soit artificiellement résumé à un « pour ou contre les Traoré », ça c’est juste un piège à c… Mais on vous fait exactement la même chose pour le malaise dans l’école, le malaise dans les hôpitaux, le malaise dans l’armée, le malaise dans les institutions de notre République etc… On vous a fait la même chose pour les Gilets Jaunes. Une « réalité » à côté de la réalité. Orwellien. Très efficace.

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      • step // 04.07.2020 à 09h53

        En fait, plus qu’Orwell je mettrais du Baudrillard dans cette histoire. Le simulacre précède et conditionne le réel. Le simulacre : cette diarrhée médiatique qui résume le « problème policier » aux difficultés de la gestion martiale des délinquants (aka Traoré ou d’autre). C’est un problème choisi et soluble pour les institutions. La majorité de la population ne va pas se jeter au pied d’une famille de délinquants et préfèrera rester réservée donc immobile. Quelques agitateurs vont gonfler la baudruche et s’y décrédibiliser, le réel sera donc favorable au système : Une population neutralisée et par une franche marginale d’agitateurs rendu idiots utiles.
        Mais cette manip n’est possible que car le problème formulé n’est pas le problème réel mais le simulacre choisi du problème. Que défendent les forces de l’ordre : Les institutions ou les personnes ? Sont-elles sensées favoriser le bon déroulement d’une manifestation ou la réprimer ? La hausse du besoin de violence étatique afin de maintenir les rapports de force sociaux est-il le rôle des FDO ? Autant de questions qui ouvriraient un vrai débat sur le malaise réel autour de la gestion policière actuelle (y compris au sein des policiers). Elles ne seront jamais posées afin d’éviter d’avoir des réponses.

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        • birin // 04.07.2020 à 13h14

          La technique de « l’écran de fumée » est effectivement éprouvée pour conduire les individus, ou citoyens, à « ne rien voir », et même à « ne rien penser ».
          Mais, chercher à le traverser, en s’autorisant à penser, ferait de vous un « idiot utile » ou un agitateur, qui ne se pose pas les bonnes questions.

          Une bonne question serait :
          « La hausse du besoin de violence étatique afin de maintenir les rapports de force sociaux est-il le rôle des FDO ? »
          La hausse de la violence, au delà même du niveau létal donc, afin de maintenir les rapports sociaux.
          Je le note.
          Et si la réponse à cette intéressante question est « non », ce serait le rôle de qui alors, de l’armée ou de la dissuasion nucléaire ?
          N’y aurait-il pas, à côté des idiots utiles, des idiots inutiles ?

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          • step // 06.07.2020 à 15h34

            ou qu’on ne puisse pas empêcher un changement de structure étatique réclamé (exemple RIC) si validé démocratiquement y compris si il est porté initialement par une manifestation…La réponse serait donc non… et personne n’aurait à assumer ce rôle !. Sauf que l’état se retrouverait dans l’obligation d’accepter la critique et de s’y adapter. Je ne sais pas si ce serait utile, mais ce ne serait pas forcément idiot 🙂

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            • birin // 07.07.2020 à 11h04

              Le RIC, le cheval de bataille offert par Etienne Chouard aux GJ.
              Chouard s’est illustré lors du référendum de 2005, puis poursuivi son engagement, pour en arriver au RIC.
              Sauf que, entre deux, Sarco a traité le NON au référendum de deux manières :
              – Il a bafoué ce choix.
              – Il a acté « la hausse du besoin de violence étatique ».
              Violence d’abord ciblée, pour diviser (pour mieux régner) : racaille, karcher, toussa.
              La réponse à la volonté populaire, exprimée par référendum, est donc « la hausse du besoin de violence étatique ».
              Ne pas tirer les leçons de ses combats, ça ça me semble objectivement idiot.

              Adama Traoré était-il un petit délinquant, Rémi Fraisse un kmer vert, Cédric Chouviat conduisait son 50Cc sans permis, Zineb Redouane était quoi, le gilet est jaune ou noir ?
              Aucun intérêt pour le rejet de la violence d’état, la même violence, sans rapport avec ces cache-sexe.

              Qualifier de délinquants ceux qui mènent un combat politique contre la violence d’état et d’idiots utiles ceux qui les soutiennent, est une position de division explicitement assumée : suivre le parcours fléché par les médias dans le sens des flèches.
              J’aime aborder la violence d’état par le cas Traoré, parce qu’il est très clivant justement, et qu’il conduit les interlocuteurs à exprimer librement leurs positions profondes.
              j’avais au préalable un peu cherché en quoi il excite autant les non-bsounours. Assez bien résumé ici :
              https://by-jipp.blogspot.com/2020/07/cest-ecrit-dans-le-monde-assa-traore-ou.html
              C’est le combat politique, la volonté d’union, qui les dérange, pas la couleur du gilet / la peau.

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        • Alfred // 04.07.2020 à 17h09

          C’est très bien observé et limpidement résumé. Le problème est déplacé de manière à n’avoir pas d’issue réaliste et voici effectivement la contestation neutralisée. On a l’impression d’être gouvernés par des imbéciles et pourtant c’est bien eux les moins bêtes sur ce coup là.

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  • J // 03.07.2020 à 11h39

    Quand on doit intercepter un individu qui ne veut pas se laisser intercepter, quelle que soit la méthode, il y a toujours un risque qu’il meure d’une crise cardiaque. Si à chaque fois cela provoque une mise en examen et une carrière compromise, ce n’est pas vivable. Il faut admettre le risque.

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    • birin // 03.07.2020 à 16h03

      « une carrière compromise, ce n’est pas vivable ».
      J’ai bien ri.
      La peine de mort a été abolie en 1981, mais seulement pour les criminels avérés, comme Patrick Henry par exemple, ou pour les « carrières de police » apparemment.
      Mais pas pour les jeunes qui ne font que circuler dans leur quartier et ne souhaitent pas papoter avec les flics (c’est mon cas généralement).
      Ce qui est un fait avéré c’est que Adama avait bien raison d’éviter le contact avec les flics, s’il avait réussi à l’éviter il ne serait pas mort.
      Adama n’est d’ailleurs qu’un exemple, d’autres cas étayent trop souvent ce lien de cause à effet.

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      • Alfred // 03.07.2020 à 20h58

        Vous inversez la cause et l’effet. S’il n’était pas parti en courant alors que les flics venaient chercher son frère il ne serait pas mort nuance. Il lui aurait suffit de rester sur place et d’accepter de « papoter » et il serait encore là. C’est vrai qu’on accepte plus facilement de papoter quand on a rien à se reprocher mais bon lui seul savait à ce moment là qu’il avait quelque chose à se reprocher.
        (Je suis sympa j’en reste au déroulé le plus basique, je vous épargne même la version des gendarmes).

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        • birin // 03.07.2020 à 23h04

          Tu peux la garder ta version policière, je suppose qu’elle te tient chaud.
          As-tu seulement cherché à comprendre ce que j’avais écrit ?
          N’avais-tu donc aucun autre combat à mener aujourd’hui que de venir justifier la mort d’une personne qui n’avait rien fait d’autre que de vouloir éviter un contrôle de police ?
          Tu veux avoir raison pour ça ?
          Tu as raison, je te la laisse, s’il ne te reste que ça comme combat.

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          • Jean Paul B. // 04.07.2020 à 14h43

            « que de venir justifier la mort d’une personne qui n’avait rien fait d’autre que de vouloir éviter un contrôle de police »: un peu court non?
            La bonne question c’est pourquoi ce gentil Adama (24 ans et déjà 17 procédures judiciaires à son palmarès) voulait-il éviter un contrôle de Police alors que c’est seulement son gentil frère Bagui (délinquant multi-récidiviste qui va passer bientôt aux assises pour tentative d’assassinat!) que les gendarmes recherchaient et qui lui n’a pas fui?
            Je m’étonne que la version de la famille de délinquants avérés soit considérée toujours par quelques Bisounours comme plus fiable que celle des gendarmes.
            Imaginez la vie des braves gens honnêtes dans un pays où les forces de l’ordre qui les protègent, ne pourraient pas interpeler fermement quand c’est nécessaire des délinquants violents de crainte d’être accusées en cas de pépin, de meurtre par la famille et les amis de ces voyous?

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            • birin // 04.07.2020 à 19h02

              Oui, j’essayais de monter un peu plus haut que j’aime bien les gens qui savent quelles sont les bonnes questions à se poser.
              Je me demandais, justement, si Adama est mont de ses cos aux pieds, ou d’une rage de dents, je ne sais plus, ou si Cédric (Chouviat) est mort d’être tombé tout seul, le cou parterre, ou ….
              Ou s’ils sont morts de, comment on dit déjà, d’avoir été « interpellés fermement » ?
              Je m’y perds un peu dans toutes ces versions.

              Il faudrait penser à avertir le bisounours Robert Badinter qu’il n’aurait pas du défendre un assassin avéré, un assassin d’enfant.
              Il ne s’est clairement pas posé les bonnes questions cet idiot utile.

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              Alerter
          • Jean Paul B. // 05.07.2020 à 14h36

            Bref résumé de l’affaire Adama Traoré selon nos Bisounours:
            – la Police a toujours tort sauf bien sûr, mais alors il ne faut pas le dire trop fort, quand elle vous protège ou protège vos proches des agissements des voyous,
            – les voyous/victimes ne sont en réalité que de braves types qui ont la phobie de contrôles de police (les pauvres, cette pathologie excusant leurs comportements: insultes, menaces, fuite, etc.!) et sont surtout à plaindre sauf bien entendu, et là encore il ne faut pas le clamer sur tous les toits, quand ils s’en prennent à vous ou à vos proches.

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  • 78 ans // 03.07.2020 à 12h31

    Témoin du comportement de ces bêtes sauvages, féroces et lâchées depuis les années 60 du siècle dernier… je n’ai pas besoin du « Parisien » pour me faire une idée en la matière. J’ai vu, encore et encore., ad nauseam.

    Je sais.

    Ce sont images que l’on n’oublie pas, rempart assuré contre la vile propagande (toujours la même) du régime — toujours le même.

    Et dire qu’ils votent pour ÇA, toujours les mêmes!

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  • Xavier // 03.07.2020 à 13h18

    Pour les interpellations maintenant, déclamez du Baudelaire ou du Montaigne.
    Quand le contrevenant est suffisamment ému, demandez lui gentiment de vous suivre.
    Prévoyez aussi un élevage de hamsters au commissariat.

    Merci de votre attention

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  • Pong // 03.07.2020 à 15h44

    >La police en France est-elle plus raciste que la population ?

    Ben on sait au moins que son tropisme droitier (et même extrême droitier) est bien supérieur à celui de l’ensemble de la population. La police vote majoritairement à l’extrême droite, c’est un fait que tout me monde fait semblant d’ignorer.

    Alors vous allez me dire, en toute rigueur, ça ne prouve pas qu’elle est raciste mais, en toute logique, ça indique au moins qu’elle l’est très probablement plus que l’ensemble de la population. Et si vous ajoutez quelques « échantillons statistiques » issus des affaires récentes, le tableau s’éclaire un peu plus. Nous avons d’un côté à Rouen un commissariat dans lequel une dizaine de policiers (ce qui nous fait une proportion non négligeable de l’effectif) sont ouvertement nazis (même pas racistes, on dit bien nazis) et de l’autre, un groupe Facebook au racisme le plus déboutonné qui rassemble 8000 policiers.

    Enfin, historiquement, il suffit de se souvenir de l’attitude de la police française dans les temps difficiles pour perdre sa naïveté. Parce que c’est un peu loin et par charité, on passera rapidement sur le ratio policiers résistants/policiers collabos pendant la 2ème GM et on se rappellera simplement la création en 53 des Brigades des Agressions et Violences (BAV, ancêtre des bien aimées BAC d’aujourd’hui) pour lutter contre la « criminalité nord-africaine », ou le fait qu’en 61, des fonctionnaires de police n’ont pas hésité à noyer purement et simplement entre 50 et 100 manifestant algériens dans la Seine.

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    • Pong // 03.07.2020 à 15h47

      La police est très probablement partout dans le monde plus à droite, plus conservatrice et plus brutale que le reste de la population. C’est une nécessité logique, surtout dans des systèmes comme les nôtres. Un état peut toujours compter sur sa police quelles que soient ses dérives autoritaires ou fascistes. C’est un fait qui me semble avéré.

      Enfin, il est évident que dans la police, les individus violents sont sur-représentés (tous les policiers ne sont pas violents mais tous les violents sont policiers, militaires ou truands).

      Donc on arrête avec le discours lénifiant des brebis galeuses et on ouvre les yeux. C’est le contraire. Il y a évidemment des flics idéalistes mais la police est globalement raciste et violente. Et ça ne peut pas être autrement (dans ce système là). Je trouve assez effarant qu’on s’en étonne encore.

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  • moshedayan // 03.07.2020 à 16h53

    Lettres persanes « ou slovaquo-orientales ». De l’autre côté…
    Donc quand on comprend de mieux en mieux le Français sans avoir à faire à un traducteur automatique (qui sont de plus en plus performant sur smartphone je précise , qui dans 2-3ans grâce aux Chinois peut-être arriveront à faire de la traduction vocale quasi-instantanée).
    On regarde le spectacle politique français, Et on est halluciné , c’est Vrai vous aimez débattre Mais que de mots de paroles répétitifs de vos journalistes pour justifier TOUJOURS la même « chose » politique, la même orientation…Et vlà passe moi la même soupe…
    Devant tout cela, on pense : un pays qui ne sait plus comment s’en sortir…je crois qu’un de vos journalistes a écrit Le suicice français… est-ce un français.

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    • Alfred // 03.07.2020 à 17h31

      Merci pour votre commentaire. Je n’avais même pas envie de commenter. Comment dire… On ne tire pas sur une ambulance en train de sortir de la boue une autre ambulance qui tire sur une troisième ambulance qui est elle même occupée à tirer sur une quatrième ambulance… On ocscile entre ridicule et tragique mais c’est bien un suicide.

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  • Nanann // 03.07.2020 à 18h07

    Quand les policiers oseront enfin se poser les bonnes questions, cela fera sans doute avancer les choses. A part Linda Kebbab, déléguée syndicale FO Police, je ne vois pas les autres responsables syndicaux dénoncer clairement et à voix haute ce que ce pouvoir, avec Castaner aux basses oeuvres, attend de sa police. Le maintien de l’ ordre républicain ? Pas pour tout le monde alors ! On a vu que le ministère de l’ Intérieur avait su utiliser sa police pour rétablir l’ ordre lors des manifestations GJ et ce sans états d’ âme. On aimerait donc que la même  » efficacité « , la même détermination se répète lors d’ émeutes de quartiers . C’ est aussi à ce prix-là que la police retrouvera la confiance des Français. Difficile d’ accepter le deux poids-deux mesures. Une répression très dure d’ un côté et de l’ autre accepter de se faire caillasser sans broncher. Certes ce sont les ordres qui arrivent ou n’ arrivent pas mais jusqu’ à quand cette situation? Y a-t-il légitimité à servir les yeux fermés, dans un Etat de droit, cet Etat justement qui ne fait pas respecter le droit sur tout son territoire ?…

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    • kelkun // 03.07.2020 à 22h26

      Se poser des questions, c’est commencer à réfléchir. Et commencer à réfléchir, c’est commencer à désobéir.
      Ce « corps de métier » cultive sa moelle épinière et censure son lobe frontal : il en va pour ses membres de l’acceptation de soi, du sens de leurs « missions », et de leur survie pour les plus sensibles.

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  • Frédéric // 03.07.2020 à 21h18

    Ah bon? Il y a un malaise dans la police? On les attaque? Merci Le Parisien de nous le dire.

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  • Patrick // 04.07.2020 à 18h38

    2 problèmes sont mis sous le tapis par la presse :
    01 • les comportements de voyous de certains policiers (la Bac en particulier) et leur tendance xénophobe voire raciste
    02 • l’usage qui est fait de la police par le pouvoir politique en place

    Sur ce second point, il y aurait beaucoup à dire :
    • la fâcheuse tendance de nos responsables politiques à se défausser sur des fonctionnaires à qui ils donnent des ordres. C’est non seulement de la lâcheté mais aussi et surtout contraire au principe démocratique (je n’ose dire République tant ce mot est sali par leurs bouches empuanties de mensonges). Jadis s’il y avait 1 mort en manifestation, le ministre de l’intérieur sautait … là, même pas un poulet rôti.
    • la résultante c’est que le pouvoir politique s’est mis dans la main des syndicats de policiers les plus agités. Ce corps de l’Etat est en pleine désobéissance mais il sait que de toute façon le pouvoir politique ne réagira pas, il a trop besoin de maintenir les foules en voie de paupérisation.

    … et c’est même le bon moment pour exiger de nouvelles primes (voire, ils peuvent rêver, être payés des heures supplémentaires effectuées).

    Faudrait un bon coup de karcher pour nettoyer la racaille présente chez Alliance et à la Bac… mais pour ça faudrait commencer par virer les guignols qui nous gouvernent.

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    • Alfred // 04.07.2020 à 19h30

      Pas de problème. D’accord pour un grand ménage dans la police et que les cowboys finissent en tôle ou au chomedu. A une condition : arrêter de justifier les refus d’obtempérer, de prétexter le racisme, de trouver des excuses aux voleurs et aux violeurs, de présenter les auteurs de rodéo comme de gentil gamins (qui tient des piétons aussi souvent qu’ils se tient mais sans émeutes derrière).

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    • Patrick // 04.07.2020 à 20h02

      « A une condition »

      Quel est le rapport entre exiger
      • une police irréprochable
      • et exiger le respect de la loi par les citoyens ?

      Aucun. Ou alors éclairez-nous.

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  • Jean Paul B. // 11.07.2020 à 16h05

    Un chauffeur de bus assassiné à Bayonne pas des racailles dont la presse PADAMALGAME tait le nom de peur d’apporter de l’eau au moulin de ceux qui disent que les faits démontrent que l’insécurité est majoritairement le fait d’allogènes.
    Camelia Jordana, Clémentine Autain, Omar Sy et tant d’autres célébrités n’ont rien à nous dire?
    C’est peut-être parce que la victime n’est pas un dealer ou un braqueur mais
    « un homme blanc de 58 ans » donc pas du tout BLM comme aurait dit Danièle Obono et sans casier judiciaire aucune chance d’avoir une fresque en son honneur.

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