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BCE : La zone Euro devient-elle une zone de non-droit ?

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Source : Die Welt – 20/06/2020
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

L’ancien économiste en chef de la BCE (2006-2012), Jürgen Stark, et les deux économistes Thomas Mayer (Université de Witten/Herdecke) et Gunther Schnabl (Université de Leipzig) critiquent la BCE.

La décision de la Cour constitutionnelle fédérale sur les achats d’obligations d’État de la Banque centrale européenne (BCE) a suscité une nouvelle controverse sur l’indépendance, le mandat et le pouvoir de la BCE. La BCE a signalé à de nombreuses reprises qu’elle n’est obligée que devant la Cour de justice européenne (CJUE) et non devant la Cour constitutionnelle fédérale.

Le litige est pour l’instant le point culminant sur la question du modèle de banque centrale de l’Union monétaire européenne, qui a en fait trouvé sa réponse dans le traité de Maastricht, dont la Bundesbank a fourni le schéma directeur.

La Bundesbank était politiquement indépendante et engagée dans l’objectif de la stabilité des prix. Elle a mené une politique cohérente de stabilité à moyen terme. En conséquence, l’inflation en Allemagne était faible et la monnaie forte. En revanche, en France, en Italie et dans de nombreux autres pays d’Europe du Sud, les banques centrales étaient subordonnées aux ministères des finances. Les changements de taux d’intérêt ont été décidés politiquement et les banques centrales ont dû mettre en œuvre ces décisions. En conséquence, les taux d’inflation ont été élevés et les devises se sont dépréciées par rapport au mark allemand.

Avec la création de l’Union monétaire européenne dans le traité de Maastricht (1992), des principes importants et éprouvés basés sur le modèle de la Bundesbank ont été mis en œuvre. Il s’agit notamment de l’indépendance de la BCE et des banques centrales nationales et du mandat étroit de maintien de la stabilité des prix comme objectif principal. Le degré d’indépendance de la BCE par rapport à l’influence politique dépasse même celui de l’ancienne Bundesbank et est inscrit dans le droit international.

En outre, des limites ont été fixées pour les déficits et la dette des budgets publics. Dans le cadre des règles européennes, les politiques fiscales restent de la responsabilité des États membres. D’autres éléments constitutifs étaient l’interdiction du financement public monétaire (art. 123 TFUE) et l’exclusion de la responsabilité de l’Union européenne et des Länder pour les responsabilités des différents États membres dans la clause de non-assistance (art. 125 TFUE).

La politique économique est restée en grande partie une responsabilité nationale, dans la mesure où la compétence prévue aux articles 3 et 4 du TFUE n’a pas été explicitement transférée, en tout ou en partie, à l’Union européenne. L’indépendance de la Banque centrale européenne est donc limitée exclusivement au mandat de stabilité des prix. Ce statut ne s’applique ni au contrôle bancaire, ni au rôle de la BCE dans la garantie de la stabilité financière, ni aux autres domaines de la politique économique.

Ni la BCE ni la CJUE ne sont au-dessus du droit national dans tous les domaines de la politique économique. Lorsque des institutions européennes comme la BCE dépassent leur pouvoir de façonner la politique économique par le biais de l’auto-habilitation, elles violent les exigences légales (ultra vires), comme l’a encore souligné la Cour constitutionnelle fédérale.

La stratégie de politique monétaire à deux piliers de la BCE, élaborée en 1998, comprenait également des éléments centraux de l’approche de la Bundesbank. La définition de la stabilité des prix et l’orientation de la politique à moyen terme étaient basées sur l’objectif implicite de la Bundesbank d’un taux d’inflation de deux pour cent. L’analyse monétaire s’est vu accorder une importance capitale.

À juste titre, la Bundesbank a considéré la recherche de la stabilité des prix comme un art plutôt que comme une science exacte où le jugement prime toujours sur la technique économique. En raison de l’hétérogénéité de la nouvelle zone monétaire, l’objectif de la masse monétaire n’a pas été entièrement transféré à la BCE et complété par l’analyse économique. Les conclusions en matière de politique monétaire ont été tirées des deux analyses des risques d’inflation à court et à moyen terme dans le cadre d’un « recoupement ».

La révision de la stratégie en 2003 n’a pas initialement entraîné de changements fondamentaux dans la pratique. La définition de la stabilité des prix comme un taux d’inflation inférieur à deux pour cent a été confirmée. Toutefois, il a été ajouté que l’objectif à moyen terme devrait être un taux d’inflation inférieur à, mais proche de, deux pour cent. La valeur de référence pour la variation annuelle de M3 a été abandonnée et, conformément à l’orientation temporelle des deux piliers, l’analyse économique à court terme a pris la première place et l’analyse monétaire la seconde.

Contrairement à ce qu’avait compris le conseil des gouverneurs en 2003, le résultat de la révision de la stratégie a été réinterprété par la suite comme un changement de stratégie vers un objectif d’inflation à court terme. La déclaration d’intention de viser un taux d’inflation inférieur mais proche de 2 % à moyen terme est devenue un objectif ponctuel à court terme de 1,9 %. La BCE a donc procédé à un changement de paradigme. La « stratégie à deux piliers » ne joue plus qu’un rôle formel.

Comme dans le ciblage de l’inflation, l’écart du PIB par rapport à la tendance à long terme est un objectif intermédiaire pour le contrôle de l’inflation, la gestion économique à court terme est devenue un objectif intermédiaire de la politique monétaire par des moyens détournés. Depuis lors, la BCE est intervenue directement dans les politiques économiques nationales.

Les moments de choc comme les crises financières rendent possibles des changements majeurs. Après que les fortes réductions de taux d’intérêt opérées par la BCE en réponse à l’éclatement de la bulle Internet au début du siècle aient favorisé les bulles immobilières, la hausse rapide des dépenses publiques et la consommation excessive dans certains États du sud de l’euro et en Irlande, le déclenchement de la crise financière et de la dette européenne en 2010 a ouvert la voie aux achats directs d’obligations d’État. Jusqu’alors, la politique monétaire de la BCE était basée sur des opérations de refinancement dans lesquelles la BCE ne détenait que des titres mis en pension par des banques commerciales pendant une période limitée.

En mai 2010, la majorité du Conseil des gouverneurs de la BCE a cédé aux pressions des dirigeants européens pour participer au sauvetage de la Grèce avec le nouveau programme des marchés des valeurs mobilières (SMP). Le tabou de l’interdiction des finances publiques monétaires a ainsi été brisé et l’indépendance de la BCE par rapport à l’influence politique a été mise à mal.

Avec sa devise « Whatever it takes » et l’annonce d’un nouveau programme d’achat, le président de la BCE, Mario Draghi, a contenu des primes de risque très divergentes sur les obligations des pays du sud de l’euro au plus fort de la crise de la dette souveraine européenne en juillet 2012. Le SMP a été suivi en septembre 2012 par le Programme de transactions monétaires directes (OMT), une « promesse de sauvetage » conditionnée de la BCE aux pays ayant des problèmes avec l’euro.

Bien que le programme n’ait pas encore été activé, la BCE, en tant que « prêteur en dernier ressort » potentiel, n’a donc pas seulement assumé la garantie de solvabilité explicite et risquée pour les États de la zone euro. Elle a également pénétré profondément dans les attributions des politiques fiscales nationales qui auraient été responsables du sauvetage de l’euro.

En raison de prétendus dangers déflationnistes, les taux d’intérêt ont été abaissés en territoire négatif en 2014 et en mars 2015, dans une phase de bonne activité économique, un nouveau programme complet d’achat du secteur public (PSPP) a suivi. Cela a été décrit à plusieurs reprises comme « dans le cadre du mandat », car le taux d’inflation était bien inférieur à la barre des deux pour cent, mais la BCE voulait atteindre un taux d’inflation plus élevé à court terme, vers deux pour cent. Toutefois, ce faisant, elle a dissimulé les véritables intentions de ses actions, à savoir réduire les risques d’insolvabilité des États membres peu solides. En décembre 2018, l’Eurosystème avait acheté des obligations d’État pour une valeur d’environ 2 100 milliards d’euros.

Les interventions de la BCE et les taux d’intérêt négatifs ont provoqué des distorsions considérables du marché et une redistribution massive des épargnants et des créanciers aux gouvernements et aux débiteurs. En conséquence des opérations de refinancement à long terme (ciblées) – (T)LTRO – qui ont été inégalement réparties dans la zone euro en faveur des pays du sud de l’Europe, il y a eu également une redistribution entre les Etats de l’euro, sans aucune légitimation démocratique. Le système de paiement interbancaire TARGET2 est également devenu un mécanisme de crédit implicite pour les pays en difficulté du sud de la zone euro.

Dans une préparation hésitante à la sortie tardive de la politique monétaire assouplie, le PSPP a initialement pris fin en décembre 2018, mais compte tenu du ralentissement de l’économie, les achats d’obligations ont repris en novembre 2019 au rythme de 20 milliards d’euros par mois et ont été augmentés en mars 2020 de 120 milliards d’euros supplémentaires en 2020. La politique de taux d’intérêt zéro a été poursuivie.

En plus de ce programme, avec le déclenchement de la crise du Coronavirus, et la récession économique qui a suivi la confinement, la BCE a lancé le Programme d’achats d’urgence en cas de pandémie (PEPP) avec un total de plus de 1350 milliards d’euros.

Comme la dette publique augmente fortement dans tous les pays de la zone euro, les coûts de refinancement des États membres doivent être maintenus à un faible niveau et la menace d’insolvabilité de pays importants doit être évitée.

Le volume total des achats d’obligations d’État dans le cadre du PSPP et du PEPP devrait atteindre plus de 3 000 milliards d’euros d’ici la fin de 2020. Au vu de ces volumes, le financement public – interdit – poursuivi par le Conseil des gouverneurs de la BCE est évident.

Depuis sa création, la BCE a assumé des tâches supplémentaires qui vont au-delà de son mandat. En 2014, elle a été chargée de la surveillance directe des principales banques de la zone euro. Le conflit d’intérêts et d’objectifs est tangible.

D’une part, la BCE est une institution de politique monétaire et, d’autre part, elle est une autorité de surveillance bancaire. La poursuite de la politique de taux d’intérêt bas porte atteinte aux modèles commerciaux traditionnels des banques et les rend plus dépendantes de la BCE.

Depuis 2016, la BCE mène une politique industrielle en faveur des grandes entreprises européennes par le biais de son programme d’achat du secteur des entreprises. Par exemple, les obligations de Siemens, Daimler, BMW, Deutsche Bahn, SNCF, Renault, Enel et Telefonica sont sur la liste d’achat de la BCE. Les grandes entreprises sont ainsi devenues un important soutien de la politique monétaire de la BCE.

Avec l’arrivée de Christine Lagarde à la présidence, le rôle de la BCE dans la politique environnementale et climatique a été mis en discussion. Soutenue par les partis verts et les associations environnementales, la Commission européenne a associé la BCE à d’importantes subventions.

La CJUE a accordé à la BCE une carte blanche pour l’autonomisation dans le cas de l’OMT et du PSPP. Les parties à la procédure accusent la CJUE, contrairement à la Cour constitutionnelle fédérale, de ne pas s’être trop impliquée dans l’affaire, mais d’avoir suivi le raisonnement de la BCE sans évaluer correctement les arguments des plaignants. La Cour constitutionnelle fédérale a maintenant contredit la CJUE sur le PSPP. Dans le pire des cas, la Bundesbank allemande est menacée de se retirer de la politique monétaire européenne commune, ce qui peut être considéré comme un précurseur de l’éclatement de la zone euro. On peut éviter cela de deux manières.

Tout d’abord, les traités sur le fonctionnement de l’Union européenne peuvent être adaptés par la suite. Toutefois, cela ne devrait pas être une tâche facile, car les modifications du traité doivent être ratifiées par les parlements de tous les États membres de l’UE ou même faire l’objet d’un référendum. Néanmoins, de nombreux développements ont déjà anticipé cette étape. L’accord entre le président français Macron et le Chancelier sur les emprunts communs de l’UE pour financer le Fonds de reconstruction va dans le sens d’une politique financière européenne commune. Les plafonds d’endettement ont été si souvent ou si loin réduits qu’ils sont devenus totalement invraisemblables, au plus tard depuis Corona.

Avec les vastes programmes d’achat du PSPP et du PEPP et l’annonce par la BCE qu’elle ne respectera plus les limites des programmes d’achat d’obligations s’élevant à 33 % des obligations d’État en circulation et, en principe, la clé de répartition du capital, l’hypothèse selon laquelle la BCE ne finance pas les dépenses publiques n’est plus crédible.

La politique monétaire de la BCE a également rapproché l’union de transfert et de responsabilité, que les traités européens étaient censés empêcher. Et le système de paiement TARGET2 est devenu un mécanisme de crédit implicite dont les prêts n’ont pas à être explicitement approuvés.

L’arrêt des achats d’obligations d’État

Dans le même temps, l’argent « bon marché » de la BCE dévalorise l’épargne et gonfle les prix des actions et de l’immobilier, ce qui porte préjudice à la jeune génération et à la classe moyenne en Europe. L’éclatement des bulles des marchés financiers entraîne des crises dramatiques, dont les thérapies zombifient les entreprises avec des prêts inconditionnels à faible taux d’intérêt. La baisse, voire les gains de productivité négatifs qui en résultent exercent une pression sur les salaires. Les taux d’intérêt zéro et négatifs portent préjudice aux banques, qui sont privées de leur fonction consistant à assurer une allocation efficace des capitaux dans la zone euro. En conséquence, l’économie de marché ouverte où la libre concurrence est inscrite dans l’article 127 du TFUE est mise à mal sans que l’objectif de stabilité des prix soit atteint.

Sans modification des traités de l’UE et de la Loi fondamentale allemande – ou peut-être même sans nouvelle constitution allemande si le droit de décision finale du Bundestag en matière budgétaire doit être transféré au niveau européen – il ne reste plus qu’à redonner à la BCE sa base conceptuelle et juridique d’origine.

Il s’agirait notamment de s’engager à adopter une définition qualitative de la stabilité des prix qui tienne compte – directement ou indirectement – de l’incidence de la politique monétaire unique sur les prix des actifs. En principe, le développement de la stratégie originale à deux piliers de la BCE est mieux adapté à cet objectif qu’une stratégie de politique monétaire qui sépare la poursuite à court terme d’un objectif d’inflation étroit de l’analyse macroprudentielle.

L’évaluation de la réalisation de l’objectif devrait à nouveau être basée sur une analyse monétaire étendue, à laquelle la BCE travaillait déjà il y a quelques années. L’analyse monétaire devrait inclure l’analyse macro-prudentielle actuellement menée séparément dans le secteur bancaire et financier et aboutir à une évaluation équilibrée de l’état et des perspectives de la stabilité du pouvoir d’achat monétaire.

Enfin, la Banque centrale européenne devrait cesser d’acheter directement des obligations d’État et réduire ses avoirs en obligations d’État, comme l’a demandé la Cour constitutionnelle fédérale. Bien que cela comporte des risques et des coûts d’ajustement à court terme, cela garantirait l’avenir de la monnaie commune et de la jeune génération en Europe à long terme.

L’union monétaire devient-elle une zone de non-droit ?

Conclusion : dans l’union monétaire, conceptuellement et juridiquement, seule la question de la monnaie était communautarisée. La plupart des autres domaines de la politique économique, et notamment la politique budgétaire, sont restés au niveau national et séparés de la politique monétaire. La BCE n’avait pour seul objectif que la stabilité des prix et il lui était interdit de financer l’État.

Cependant, comme les gouvernements ne respectaient pas les obligations du Pacte de stabilité, la BCE a été contrainte de jouer le rôle de prêteur de dernier recours pour les États. En réduisant son mandat à la réalisation d’un objectif d’inflation à court terme, la BCE a empiété sur la politique économique générale réservée aux États, a créé des risques pour la stabilité financière en gonflant les prix des actifs et a influencé la répartition des richesses au sein des États de la zone euro et entre eux dans une mesure injustifiable. Il est tout à l’honneur de la Cour constitutionnelle fédérale d’avoir remédié à cette transgression des compétences.

Si l’Union monétaire européenne ne doit pas devenir une zone de non-droit, la BCE doit revenir à ses fondements conceptuels et juridiques. Cela nécessite une stratégie de politique monétaire à large assise qui tienne compte des prix sur tous les marchés, qui intègre les risques financiers dans ses considérations et, surtout, qui comprenne que la politique monétaire est un art et non une science d’ingénierie économique.

* Thomas Mayer est directeur de l’Institut de recherche Flossbach von Storch et professeur honoraire à l’université de Witten/ Herdecke

Gunther Schnabl dirige l’Institut de politique économique de l’université de Leipzig

Jürgen Stark a été économiste en chef et membre du directoire de la Banque centrale européenne de 2006 à 2012

Source : Die Welt
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Commentaire recommandé

Lois-economiques // 24.06.2020 à 15h57

Le sort l’euro et la BCE sont étroitement lié.
La BCE en sauvant l’euro se sauve elle même.
Ce qui n’est pas le cas de Bundesbank qui survivra à la fin de l’euro.
Ceci explique cela.

67 réactions et commentaires

  • Manuuk // 24.06.2020 à 15h49

    Voilà toutes les raisons pour laquelle le RU a quitté l’union européenne.

    • Lois-economiques // 24.06.2020 à 16h00

      Absolument pas.
      Le RU n’est pas dans la zone euro et aucunement concerné par la politique monétaire de la BCE.
      Et la surface financière du RU étant bien inférieure à la zone euro, la Livre a du soucis à se faire…

      • Blabla // 24.06.2020 à 18h25

        La Livre Sterling peut s’inquiéter d’une appréciation brutale quand les Euros (un par pays de la zone éponyme) divergeront.

      • Manuuk // 24.06.2020 à 22h31

        C’est à cause de la vision britannique sur la politique monétaire, qui est radicalement opposée à la vision allemande que le RU n’aurait, entre autres, jamais pu intégré la zone l’euro, et c’est cette opposition dans leur vision qui a poussé les RU à dire au revoir à l’UE

        Les pays qui adhérent à l’UE veulent rentrer dans la zone euro pour gagner la confiance des marchés.

        La zone euro a un effet induit sur les états membres de l’UE.

        • Urko // 24.06.2020 à 22h46

          Surtout, ils avaient fait partie du sme de longues années et se rendirent compte des problématiques néfastes qu’un tel schéma induisait ; or, qu’est ce que l’Euro sinon un sme en encore plus rigide ? Les Britanniques ont essayé ce système de parités monétaires bornées, ils ont constaté que ca ne fonctionnait pas dans sa version souple (sme), ils ont décidé de ne pas en adopter la version dure (l’Euro). Logique.

          • manuuk // 24.06.2020 à 23h45

            Vous reécrivez l’histoire, la bank of England a été éjecté du Sme sur un fond d’attaques du philanthrope Soros…

            https://www.theguardian.com/business/2012/sep/13/black-wednesday-20-years-pound-erm

            • Urko // 25.06.2020 à 07h49

              Mais justement, si Sorros, avec si peu de moyens par rapport à ceux des états, a pu réussir son coup, c’est parce que le maintien du sterling dans le sme était aberrant, donc intenable. Sorros n’a pas éjecté le Sterling du sme, il a parié sur la fin d’une anomalie : des bornes de parités inadaptées, imposées artificiellement par des hommes politiques. Ce qui a éjecté le Sterling du sme ? Le fait qu’il n’avait rien à y faire, ce que Soros a compris. Les Britanniques ont retenu la leçon : il ne sert à rien de forcer les parités monétaires, pas parce que Sorros pourrait spéculer contre cette anomalie mais parce qu’il s’agit d’une anomalie destructrice. Les europeistes, eux, en ont déduit qu’il fallait empêcher de constater l’anomalie, en l’acroissant encore avec un sme dont les bornes de voyaient ramenées à zéro, avec l’Euro donc, qui a produit sur l’Italie ou l’Espagne et la France les effets que le sme avait déjà infligés au Royaume-Uni. Sauf que cette fois, en effet, il paraît impossible d’en sortir sans tout faire exploser. Forcer des parités dans un système monétaire mondial dépourvu d’étalon ne peut qu’entraîner des catastrophes : le piège finit toujours par se refermer. Les Britanniques ont fui. Les europeistes ont renforcé les mâchoires du piège. Interdire de traiter un problème ne l’a jamais résolu.

                +16

              Alerter
  • Lois-economiques // 24.06.2020 à 15h57

    Le sort l’euro et la BCE sont étroitement lié.
    La BCE en sauvant l’euro se sauve elle même.
    Ce qui n’est pas le cas de Bundesbank qui survivra à la fin de l’euro.
    Ceci explique cela.

  • christian gedeon // 24.06.2020 à 16h10

    Quelle drôle de question! A t elle jamais été autre chose qu’une zone de non droit? N’avait elle pas pour première et principale vocation de faire disparître les états pour les remplacer par le non droit ultralibéral? le seul combat qui vaille,c’est la destruction de ce Moloch qui mange des enfants ardents. ET le retour à des accords solides entre états ou petits groupes d’états,basés sur l’intêret mutuel. l’ue n’est pas réformable,elle génétiquement programmée pour faire de l’espace européen la zone du droit du plus fort,du moins disant et du plus mondialiste./

    • Lois-economiques // 24.06.2020 à 16h51

      Vous écrivez n’importe quoi.
      L’Indépendance de la BCE ne s’inscrit absolument pas dans une politique économique donnée et encore moins dans une vision mondialiste ultra libérale.
      Non l’indépendance s’inscrit dans l’histoire allemande et le traumatisme laissé par l’hyper inflation des années 1920.
      L’Indépendance était censé garantir contre les excès des gouvernements quant au laxisme monétaire.
      Le credo étant la monnaie doit conserver sa valeur.
      Ce qui n’a rien de choquant en soit.
      Demandez aux vénézuéliens ce qu’ils en pensent…et comparez avec le Franc Suisse qui est la monnaie la plus stable du monde.

      • hub // 24.06.2020 à 19h50

        Déja une banque centrale indépendante c’est très bizarre et Christian ne parle absolument pas de ce que vous dites . il parle d’ultra -libéralisme ou plus aucune protection , plus aucune frontière n’existe . donc plus de frontière entre la chine et l’europe ….. Hum le globalisme est en perte de vitesse à cause de ses résultats désastreux (pour les pays développés ) . Trump anti-globaliste est attaqué depuis quatre ans . Le parti démocrate fera tout , absolument tout pour que Trump ne repasse pas . il a déjà essayé le Russia-gate , puis le covid-19 , il continue avec les émeutes raciales et s’il le faut ils iront jusqu’à la guerre civile pour empêcher que leur plan globaliste ne soit jeté dans les poubelles de l’histoire .

        • herve_02 // 24.06.2020 à 19h57

          « Le 13 décembre 2011, le pacte de stabilité et de croissance renforcé est entré en vigueur avec un nouvel ensemble de règles(…) (le « six-pack ») (..). Les nouvelles règles imposent à l’Union européenne d’engager une procédure pour déséquilibre excessif, avec d’éventuelles sanctions, lorsqu’un Etat connaît des « déséquilibres macroéconomiques ». Une balance des transactions courantes en déficit de plus de 4 % du PIB ou en excédent de plus de 6 % du PIB, trois années de suite, est un « déséquilibre macroéconomique ». Or depuis 2008, l’excédent allemand dépasse les 6 % du PIB. (…) au début des années 2000. L’Allemagne avait un excédent commercial « solide » de près de 45 milliards d’euros, en moyenne annuelle, dans les années 1990. Cet excédent est devenu « exceptionnel » dans les années 2000 : il passe la barre des 100 milliards d’euros en 2002, et représente entre 2003 et 2012 une moyenne annuelle de 160 milliards d’euros..

          La Commission européenne est-elle responsable des excédents commerciaux allemands ?
          https://opee.unistra.fr/spip.php?article300

          Et tout le monde s’en fou

          • hub // 24.06.2020 à 20h18

            D’accord , l’Allemagne a créé l’euro dans un but egoiste d’ou le manque de vertu de l’allemagne mais l’UE manque de vertu elle aussi . je ne pense pas que la zone euro puisse survivre à long terme car elle n’est pas une zone monètaire totale . Qu’elle soit une vraie zone monétaire impliquerait des transferts d’argent de l’Allemagne principalement vers le sud . Comme cela ne se fera pas …. On peut considérer que c’est mort à brêve ou longue échéance .Voila pour la zone euro . Pour l’europe c’est plus compliqué mais rien n’est perdu , seulement bien compromis .

            • herve_02 // 24.06.2020 à 21h28

              L’allemagne doit de l’argent, mais c’est comme pour la dette de guerre elle va passer au travers par la peur militaire qu’elle porte avec elle. Elle a agressé au moins la france en 1870, 1914, 1939. Et en 40 elle a montré toute ignominie dont elle est capable. [modéré]

              Elle a d’ailleurs re-montré récemment cette ignominie avec la manière qu’elle a eu de traiter la Grèce. l’Allemagne est un cancer. on la considère comme une alliée pour des raisons que je n’arrive pas à envisager.

              Il suffit de regarder les politiques économiques qu’elle porte depuis la libération : la paupérisation de sa population, la dégradation des infrastructures, une natalité en berne et une population vieillissante qui sacrifie sa jeunesse (et les autres peuples d’europe) à la capitalisation de ses vieux qui vont crever en laissant des ruines partout, et une haine de l’allemagne.

              Nos dirigeants sont des crétins acculturés qui se moque de ce qui se passent car ils savent qu’ils échapperont aux désastres, au pire en changeant de pays dans cette mondialisation heureuse pour les riches. ils sont de la même veine, un cancer.

                +14

              Alerter
          • Loredana // 27.06.2020 à 21h15

            l’UEM est responsable de ces excédents, car l’euro est une monnaie sous-évaluée pour l’Allemagne, donc un avantage pour ses exportations

      • herve_02 // 24.06.2020 à 19h57

        Ahhh…. vénézuela….

        leur demander ce qu’ils en pensent de l’ingérence US, des blocus en tout genre, des complot visant la déstabiliser les gvt qui ne sont pas atlantistes ? Oui c’est une bonne idée de leur demander.

        Garantir contre les excès des gvt ? quelles bonnes blagues. De facto cette construction européenne ne garantit la stabilité que du cours de l’euro quitte à sacrifier tout le reste. Et de facto elle sacrifie tout le reste. Elle a aggloméré dans la même chose trop d’économies divergentes, semant le chaos. comment appliquer les mêmes règles à des pays différents ? Avant le cours des monnaies nationales étaient la variable d ‘ajustement macro-économique. cette variable n’existe plus. Et tout part à veau l’eau.

        ../..

        • Lois-economiques // 24.06.2020 à 21h20

          Et pendant des milliers d’années le monde a vécu sous un régime de monnaie unique or/ argent…
          Votre soit disant variable d’ajustement n’est que très récente en regard de l’histoire.

          • herve_02 // 24.06.2020 à 21h33

            ah… c’est vrai qu’à la préhistoire, il y avait beaucoup de voitures allemandes qui se vendaient dans les tributs australopithèque du sud.

            Pendant des milliers d’années il n’y avait pas de mondialisation et les prix au bois du bord n’étaient pas les même qu’au bois du sud (100 km plus loin). La variable d’ajustement était le prix. Et comme les transports (ah ah ah) était peu développés, il n’y avait pas de spéculation.

            Ainsi c’est depuis très très peu que le prix du blé en picardie dépend des récoltes en russie. Depuis cette mondialisation, la variable d’ajustement ne peut plus être le prix (sauf pour ceux qui arrivent à se faire vôter des lois (distribution exclusive, zonage dvd et jeux…)), c’est donc l’autre élément qui devrait faire ajustement, la monnaie.

          • Alfred // 24.06.2020 à 21h45

            Alors le pseudo est « lois économiques » et il nous vend le couple or-argent comme immuable et « votre variable d’ajustement très récente au regard de l’histoire »… Jamais entendu parler de la perte de teneur en métal précieux de toutes les monnaies antiques au cours du temps? Jamais entendu parler du transfert massif d’or de l’empire romain vers la Chine (déjà à l’époque et malgré l’absence de contact direct) et des conséquences sur la monaie? Jamais entendu parler des jubilés et de l’annulation rituelle et régulière des dettes en Mésopotamie ?
            Vous venez de vous décrédibiliser totalement à mes yeux. Lois économiques. Lol.
            (Hervé c’est pareil. Les devaluations sont des pratiques multimillenaires. Et les échanges très très distants aussi. Des centaines de kilomètres ce n’est rien depuis des milliers d’années pour les biens très recherché. A commencer par l’étain à l’âge de bronze (l’étain des Phéniciens et des Grecs venait d’Afghanistan actuel et de Cornouailles actuelle)).

            • herve_02 // 24.06.2020 à 22h50

              @Alfred

              Vous confondez les cas particulier avec le cas général. oui il y avait des échanges très lointain, pour des produits non disponibles. ainsi le « taux de change » virtuel n’avait pas de réalité. c’est le dada de Ricardo sur les avantages comparatifs. Pourquoi produire ce qui est compliqué à un endroit et ne pas l’acheter ou c’est plus facile à produire. Mais ce n’est pas millénaire, c’est 19ème siècle. Il y avait déjà différentes monnaies.

              Ainsi l’étain des phéniciens c’est un peu le lithium d’aujourd’hui. Il n’y a pas beaucoup de concurrence entre le lithium d’afrique du sud et celui de la beauce. La question est la concurrence entre le blé de picardie et celui russie ou des tomates d’espagne et celle de bretagne. Actuellement, la seule variable d’ajustement est le social, c’est que qui détruit les peuples par la lamination vers le bas, le moins disant

              Vous confortez ma théorie, s’il y a dévaluation, cela veut dire qu’il y a différentes monnaies, et que le cours de la monnaie est la variable d’ajustement. merci.

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            • Alfred // 25.06.2020 à 09h10

              Mais je suis d’accord avec vous. Mon commentaire adressait à « lois économiques ». Il y a forcément différentes monnaies.
              C’est très accroire dans la discussion mais je pense que vous sous estimez l’impact de ces échanges lointains sur le long terme. Le fait que les romains n’avaient rien d’autre à offrir qui intéressait les chinois en échange des biens de grand luxe (soie etc) que de l’or a véritablement conduit à un transfert considérable sur le temps long et a été un des facteurs de l’affaiblissement de l’empire. Cet empire était une prouesse économique interne mais son échange déséquilibré avec un autre empire l’a miné..

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      • Véro // 24.06.2020 à 20h34

        Concernant la question de l’indépendance de la banque centrale qui serait liée au traumatisme de l’hyperinflation des années 20, deux articles qui démontent entièrement cette hypothèse :
        https://www.marianne.net/debattons/billets/l-independance-des-banques-centrales-et-le-modele-de-la-bundesbank
        https://books.openedition.org/psn/3020?lang=fr

        • Lois-economiques // 25.06.2020 à 11h17

          Ces articles n’invalident pas la thèse du traumatisme de l’hyper inflation, ils nuancent sont influence en l’inscrivant dans un contexte historique et dans la particularité du fédéralisme allemand.
          Mais ces aspects historiques ne peuvent révéler ce que justement occulte un traumatisme à savoir des décisions en parties motivées par rapport à ce traumatisme.
          Quoi qu’il en soit aujourd’hui c’est peut-être un mythe mais ce sont les mythes qui fondent les civilisations et pas l’inverse.

          • Véro // 25.06.2020 à 19h12

            Bah si, ils l’invalident complètement. Sans doute que certains allemands ont pensé que l’hyperinflation serait plus sûrement évitée si la banque centrale était indépendante, mais visiblement cette question de l’indépendance de la banque centrale n’a pas été reliée avec l’hyperinflation. Surtout que le fédéralisme relativise l’indépendance de la banque centrale fédérale.

      • Jean-François91 // 24.06.2020 à 22h57

        Il n’est aucunement question de défendre ici l’hyper-inflation.
        MAIS ce n’est pas l’inflation qui a amené qui l’on sait au pouvoir outre-Rhin.
        C’est la politique de déflation de Brüning (assainir l’économie, réduire les coûts salariaux et les dépenses publiques, ça résonne encore en 2020 ?) qui a fait exploser le chômage et la misère, avec les résultats que l’on sait.
        La « peur de l’inflation » est le discours officiel de l’oligarchie allemande, dont le garde-fou principal constitutionnalisé par les ordo-libéraux depuis Adenauer est… la Bundesbank.
        Sur ce point comme sur bien d’autres, les médias français colportent le dogme jusqu’à en faire une croyance bien ancrée.

      • Christian Gedeon // 25.06.2020 à 00h27

        Mais quel est le rapport avec ce que j’ai écrit? La BCE devrait vous choquer par sa simple existence. Mais je n’ai pas l’impression que vous ayez appréhendé l’abîme vers lequel on veut mener les peuples qui vivent entre Atlantique …et Oural. Chacun son truc. Le mien c’est la France et le votre?

      • Kiwixar // 25.06.2020 à 06h54

        « Vous écrivez n’importe quoi. L’Indépendance de la BCE… »

        Vous croyez encore à ce mythe digne de la marmote et du papier alu. Une banque centrale n’est pas indépendante, jamais. Elle est soit dépendante des Etats (donc des citoyens quand l’Etat est plus ou moins démocratique), soit dépendante d’une oligarchie privée (modèle de la FED).

        • Lois-economiques // 25.06.2020 à 09h28

          C’est justement cela le cœur du problème.
          La Bundesbank veut cette indépendance, la BCE est effectivement sous pression des gouvernements, mais comme je l’ai écrit elle agit surtout pour se sauver elle même.

      • cépajuste // 25.06.2020 à 16h15

        Une politique monétaire a une influence énorme sur l’économie réelle.
        Le problème de l’indépendance d’une banque centrale, c’est que ce pouvoir échappe aux contrôles et aux délibérations démocratiques.
        Vous dites que cela doit garantir contre les excès des gouvernements. Mais nous voyons bien que ce n’est pas le cas puisque la BCE s’est lancée depuis 2015 dans ce que vous appelez le laxisme monétaire, avec le quantitative easing.
        L’Allemagne est pour l’indépendance de la banque centrale tant que celle-ci mène une politique conforme à ses vœux. Une belle hypocrisie.

        • lois-economiques // 25.06.2020 à 16h48

          « Une politique monétaire a une influence énorme sur l’économie réelle. »

          Oui et non.
          Oui, car cela peut déstabiliser complétement la monnaie.
          Non, car une politique monétaire ne peut pas résoudre des problèmes structurelles.
          « Vous dites que cela doit garantir contre les excès des gouvernements. »
          Moi je n’ai rien dit du tout, j’ai simplement cité les raisons invoquées par ceux qui souhaitent l’indépendance des banques centrales.

          • cépajuste // 25.06.2020 à 17h13

            Une politique monétaire peut créer des problèmes structurels.
            C’est le cas de l’euro qui est responsable de la désindustrialisation des pays d’Europe du Sud.

            • Lois-economiques // 25.06.2020 à 17h21

              Non, cela c’est le résultat d’une compétition économique.
              La monnaie n’y change rien.
              Le RU sombre dans un endettement le plus important du monde, le RU n’est pas dans l’euro, il est simplement le perdant d’une compétition économique sans merci.

              La baisse tendancielle du taux de profits est une loi d’airain, l’endettement des pays ( particuliers, entreprises, collectivités, Etat, … ) n’est que la conséquence de cette loi. Les plus endettés sont les perdants.
              Ceux qui ne peuvent plus s’endetter ( l’Argentine par exemple) ont perdu.

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          • cépajuste // 25.06.2020 à 17h44

            « Non, cela c’est le résultat d’une compétition économique. La monnaie n’y change rien. »

            Bien sûr que si, la monnaie joue un rôle important dans la compétitivité économique. Le fait que les pays du sud de l’Europe ne puissent plus dévaluer pour rétablir leur balance commerciale a accéléré leur désindustrialisation. C’est particulièrement frappant pour la France lorsqu’on regarde l’évolution du commerce extérieur depuis une vingtaine d’années.

            • lois-economiques // 25.06.2020 à 17h57

              Non, non et non.
              Si un pays a une monnaie qui se dévalue alors il ne pourra emprunter qu’à des taux plus élevés ce qui compense la dévaluation, au final cela ne change rien.
              L’emprunt, c’est le nerf de la guerre et c’est pour cette raison que l’Euro n’a pas été voulu par l’Allemagne mais bien par les pays du Sud qui voulaient pouvoir emprunter à des « taux allemands ».

              Ce que vous constatez n’a rien à voir avec l’Euro, c’est simplement la traduction de la baisse tendancielle du taux de profits.

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            • cépajuste // 25.06.2020 à 18h18

              Les taux d’intérêts ne reflètent plus le taux d’inflation, ils sont totalement déterminés par l’action de la banque centrale.
              Vous en avez un exemple avec le Royaume-Uni : la livre sterling s’est dépréciée sans impact sur les taux d’emprunt du RU.

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            • lois-economiques // 25.06.2020 à 18h29

              @cépajuste
              La Banque Centrale anglaise imprime directement la monnaie c’est la dernière cartouche qu’à ce pays avant effondrement complet.
              On tient le pari, cela va mal, très mal ce terminer pour le RU…
              Comme tous les pays qui ont fait de même alors c’est la monnaie qui finit par s’effondrer ….
              C’est que j’ai écrit auparavant le RU n’a pas la surface financière du $ ou de l’euro, donc cette fuite en avant monétaire est le prélude à fin de la Livre.

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            • Véro // 25.06.2020 à 19h39

              @ lois-économiques.

              Vous ne pouvez pas dire que ça ne change rien. Si une monnaie se déprécie, les taux d’intérêts remontent mais les prix deviennent plus attractifs sur la scène internationale. Donc les exportations augmentent. Puis la monnaie s’apprécie, les taux baissent etc.
              Bref, ça permet de faire fonctionner les entreprises, alors que si l’horizon est bouché pour longtemps parcequ’un verrou existe, l’impossibilité de dévaluer ou le fait que malgré le déficit commercial, la monnaie ne se déprécie pas, et qu’il n’y a aucune mesure de compensation, à part les réformes structurelles qui risquent de peser lourdement sur la consommation intérieure, alors on s’engage dans une spirale négative avec des entreprises qui font faillite, d’autres qui partent ailleurs, le chômage qui augmente et les revenus qui baissent, donc aussi les recettes des collectivités, d’où le besoin pour l’État d’emprunter toujours davantage, surtout si les besoins en revenus de remplacement et en aides sociales augmentent.

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            • cépajuste // 25.06.2020 à 20h10

              @lois-economiques
              Avec la crise qui vient, ça va mal se terminer pour beaucoup de pays.
              Mais je tiens le pari que ça va surtout très mal se terminer pour la zone euro. Comme après la crise de 2008, c’est la zone euro qui avait le plus morflé. C’est une zone monétaire non optimale, très hétérogène : les crises provoquent des chocs asymétriques car tous les pays ne sont pas touchés de la même manière, et ils n’ont plus le levier monétaire pour réagir. A cela s’ajoute le binz provoqué par la cour de Karlsruhe et la paralysie due aux retards pris par les 27 pour prendre des décisions en période d’urgence.

              @lois-economiques
               « cela va mal, très mal ce terminer pour le RU…Comme tous les pays qui ont fait de même alors c’est la monnaie qui finit par s’effondrer»
              Vous parlez du Japon qui monétise son énorme dette publique depuis des années ? Il ne me semble pas que ce pays se soit effondré.

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            • cépajuste // 25.06.2020 à 21h50

              @ lois-économiques
              J’ajoute une chose à propos de la désindustrialisation des pays du sud de l’Europe suite à l’introduction de la monnaie unique.

              C’est un mécanisme bien connu dans les unions monétaires : la disparition du risque de change entraîne une spécialisation des pays en fonction de leurs avantages comparatifs. Ainsi l’Allemagne a renforcé sa spécialisation dans l’industrie et les exportations, pendant que les pays du sud se sont spécialisés dans les services comme le tourisme, avec des emplois à faible valeur ajoutée. Les pays du sud n’ayant pas des gains de productivité équivalents à ceux des pays d’Europe du nord, ils ont besoin d’une monnaie plus faible.

              C’est ce qui s’est produit lors de l’unification italienne : l’Italie du Nord s’est spécialisée dans l’industrie et l’Italie du sud s’est paupérisée. Et encore l’Italie est un pays avec un budget et des transferts entre régions riches et pauvres, ce qui n’existe même pas au sein de l’UE.

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            • Lois-economiques // 25.06.2020 à 22h18

              @Vero et cépajuste.
              Il est totalement illusoire de considérer que la monnaie est une varianle d’ajustement pour rendre le pays plus compétitif.
              Cela n’existe pas.
              Citez un seul pays ces trente dernières qui a du d’évaluer pour retrouver sa compétitivité…
              Les pays les plus prospères sont les pays dont la monnaie ne se dévalue jamais comme la Suisse, la monnaie la plus stable du monde comme par hasard le pays le plus riche au monde.
              La monnaie est le résultat de la compétitivité et non l’inverse.
              Et la monnaie est stable lorsque le pays est excédentaire peu importe son taux d’endettement si ce dernier appartient à la population, comme au Japon.
              Bref l’euro n’a rien à voir avec les problèmes actuels qui sont structurelles au capitalisme qui par construction provoque un appauvrissement dû la baisse tendencielle du taux de profit compensé par l’endettement de tous les acteurs du système.
              Celui qui ne peut plus emprunter a perdu la guerre économique exactement comme au Monopoly.
              Le pays qui est dans la situation la plus dramatique est le RU et le RU n’est pas dans l’euro.
              CQFD

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            • cépajuste // 26.06.2020 à 07h50

              @Lois-economiques
              Je n’ai pas dit que la monnaie est une variable d’ajustement, encore que cela peut être le cas. Si vous m’avez bien lu, j’ai dit que la zone euro est hétérogène, que les pays n’ont pas les mêmes structures économiques, que la productivité, l’inflation, la croissance, les salaires nominaux, tout ça évolue de façon très différente. C’est pour ça que la Grèce, l’Italie et même la France peuvent difficilement supporter un taux de change fixe avec l’Allemagne. Le FMI a calculé que l’euro est surévalué pour la France de 2,5% à 7% et qu’il est sous-évalué pour l’Allemagne de 13% à 16%, soit un déséquilibre des taux de change réel de 15,5% à 23% en faveur de l’Allemagne et au détriment de la France*.

              *IMF/FMI, External Sector Report – 2019, Washington DC, IMF, 10 juillet 2019, p. 38. Site : https://www.imf.org/en/Publications/ESR/Issues/2019/07/03/2019-external-sector-report.

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            • lois-economiques // 26.06.2020 à 10h20

              @cépajuste
              Ce que raconte le FMI mais je m’en tape complètement. Cet organisme qui ruine systématiquement tous les pays qui font appel à lui en leurs imposant « des ajustements structurels » permettant aux autres pays plus riches de les spolier en rachetant tout ce qui à une valeur.
              Donc ce genre de référence, permettez-moi de douter…
              Pensez qu’une surévaluation monétaire est la source de problèmes, il y a bien que le FMI pour le penser, et bien entendu sans remettre en cause le capitaliste qui lui détruit la planète.
              On ne raisonne pas sur le même plan.
              Le problème est structurel et aucun ajustement monétaire ne peut le régler.

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            • lois-economiques // 26.06.2020 à 10h24

              @ Cépajuste
              Rappel historique:
              A partir de 1873, tout le système monétaire repose sur l’or, cela implique sa libre circulation internationale et un taux de change fixe par rapport aux monnaies. Autrement dit, il existe une monnaie unique, l’or, les autres monnaies ne sont que des sous-représentations mais leur taux de change est nécessairement fixe. L’avantage d’un tel système c’est qu’il n’y a pas de problème de changes, favorisant ainsi la mondialisation des échanges. Détenir des francs, des dollars ou des livres, c’est identique. Cependant le commerce entre les nations peut provoquer des déficits commerciaux qui pourraient amener un pays à perdre son or. Si c’est le cas, le pays possède moins de monnaie. Pour combattre ce phénomène le pays peut offrir des taux d’intérêts attractifs afin de faire revenir les capitaux, ce qui est possible car au même moment d’autres pays ont un surplus de monnaie et donc auront tendance à rémunérer moins l’argent épargné. De plus, dans le pays qui possède moins de monnaie, les prix auront tendance à baisser comme nous l’avons souligné par ailleurs, ce qui permet aux produits de mieux s’exporter et aura tendance à rééquilibrer les déficits. Ainsi, tant que la concurrence n’est pas exacerbée et que chaque pays conserve la possibilité d’exporter ses produits, le système monétaire basé sur l’or a tendance à s’auto-équilibrer.

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            • lois-economiques // 26.06.2020 à 10h26

              (suite)

              L’élément à retenir dans ce petit rappel historique est :
              « Ainsi, tant que la concurrence n’est pas exacerbée …  »

              Tout est dit, c’est la compétition économique le problème, le tous contre tous. Et relisez Keynes c’est justement pour éviter ce « tous contre tous » qu’il souhaitait l’avènement du « bancor ».
              Mais ce fut le $….

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            • cépajuste // 26.06.2020 à 12h34

              @lois-économiques
              Pourquoi croyez-vous que l’étalon-or a été abandonné par tous les pays, sinon parce que, comme le disait Keynes (que vous citez), c’est une « relique barbare. »
              L’activité économique ne peut pas dépendre d’un stock d’or limité, ni d’une monnaie comme le $. Le bancor serait une solution, il a l’avantage (contrairement à l’étalon-or et à l’euro) de permettre des ajustements. Mais jamais les USA n’accepteront de renoncer aux avantages que leur confère le dollar.

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            • lois-economiques // 26.06.2020 à 14h11

              @cépajuste
              Comme je l’ai écrit c’est la capacité d’emprunter d’un pays qui lui permet de résister à la guerre économique et de repousser les limites de baisse tendancielle du taux de profits.
              Or l’or étant en quantité limité l’emprunt basé sur l’or l’est également.
              Donc dans un système étalon Or, la guerre économique se serait arrêtée par construction faute de pouvoir continuer à s’endetter.
              Or les USA suite aux coûts de la guerre du Vietnam et à la concurrence des pays comme l’Allemagne et le Japon était en train de perdre sa capacité d’emprunt et donc la guerre économique.
              Alors ils ont abandonné l’étalon Or, promis à l’Arabie Saoudite assistance militaire à condition de n’accepter que le $ comme monnaie pour le pétrole.
              Cela a été le deal du siècle, le $ était désormais assis sur le pétrole mais pouvait être imprimé à l’infini.
              C’est le début de l’endettement de tous les pays, les vaincus ce sont qui ont perdu cette capacité d’endettement.
              Le prochain qui le perdra c’est le RU et ce sera la désolation.

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            • Véro // 26.06.2020 à 15h27

              @ lois-économiques

              Vous semblez vouloir montrer que le système de l’étalon-or est plus performant que le système actuel, et que le système actuel n’a aucune incidence sur notre économie réelle.

              Mais on ne peut pas comparer de cette façon. Qu’il y ait ou pas un étalon or et une stabilité des taux de change, ce n’est pas vraiment ici la question. Le problème spécifique de l’euro c’est qu’il n’existe que cette monnaie pour toute la zone alors que la zone est composée de plusieurs Etats. Vous pourriez avoir un autre système, celui de l’étalon-or par exemple, ça donnerait les mêmes difficultés. Parce que la valeur de la monnaie est décidée pour l’ensemble de la zone. Donc si la balance commerciale de la zone est excédentaire ou à l’équilibre mais que dans un ou plusieurs Etats elle est déficitaire, forcément pour ces Etats ce sera difficile si la banque centrale décide de continuer d’émettre de la monnaie sans diminution de la quantité, vu que globalement la zone le permet. Ces Etats vont réduire leur stock d’or mais les prix ne baisseront pas.
              On peut avoir le même phénomène dans le cadre d’un seul Etat, mais là les divergences vont apparaître entre régions, si l’État ne fait rien pour équilibrer régions.

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            • cépajuste // 26.06.2020 à 15h57

              @lois-économiques
              La France a toujours eu les capacités d’emprunter à des taux convenables et même à des taux très bas actuellement, et cependant son commerce extérieur est structurellement déficitaire depuis une vingtaine d’années (depuis l’euro…)

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            • Lois-economiques // 26.06.2020 à 16h50

              @cépajuste
              « La France a toujours eu les capacités d’emprunter à des taux convenables et même à des taux très bas actuellement, et cependant son commerce extérieur est structurellement déficitaire depuis une vingtaine d’années (depuis l’euro…).’

              Avant l’euro toujours à des taux supérieur à l’Allemagne.
              Et c’est justement pour cette raison que la France à voulu l’euro, pouvoir emprunyer à « des taux Allemands ».
              Et sans l’euro la France ce serait très probablement déjà effondrée, incapable d’emprunter, c’est le parapluie de l’euro qui l’a sauvé, autrement dit la surface financière de cette monnaie, comme le $ sauve les USA.
              Pour cela un peu d’histoire revenons à 1983 et le tournant quasi obligatoire de la rigueur sans quoi la France allait déjà connaître de très sérieux problèmes monétaires …

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            • Lois-economiques // 26.06.2020 à 17h01

              @Vero
              « Vous semblez vouloir montrer que le système de l’étalon-or est plus performant que le système actuel, et que le système actuel n’a aucune incidence sur notre économie réelle. »

              Je n’ai jamais écrit cela.
              C’est comme les textes que vous avez mis en référence on n’a pas la même lecture…

              Je dis que euro ou pas euro cela ne change rien, voir même cela aurait été pire car beaucoup de pays auraient déjà décrochés, Grèce, Italie, …,
              L’euro leur a servi de bouclier pour pouvoir continuer à emprunter.

              Sans l’euro tout ce qui a de valeur dans le pays aurait été acheté par les pays à monnaie forte.
              C’est la réalité du capitalisme qui est ni plus ni moins qu’un vaste Monopoly et à l’arrivée que des perdants.

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            • cépajuste // 26.06.2020 à 19h08

              « Avant l’euro toujours à des taux supérieur à l’Allemagne. »
              Et depuis l’euro pareil. La France emprunte toujours à des taux supérieurs à l’Allemagne.
              Les taux bas actuels ne sont pas à mettre au compte de l’euro mais au rachat de la dette par la banque centrale. Si nous avions gardé le franc, la Banque de France pourrait faire la même chose avec le même résultat.
              Le constat est quand même que depuis que nous avons l’euro, notre commerce extérieur est déficitaire (alors qu’il était excédentaire autrefois) et que nous nous sommes désindustrialisés.

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    • Marie Pan-Pan // 25.06.2020 à 10h16

      J’ajouterais Christian,
      cette note du 5 août 1943 de Jean Monnet ( ce marchand vendu aux Alliés comme disait De Gaulle) au Président des Etats-Unis: « Il n’y aura de paix en Europe si les Etats se reconstituent sur une base de souveraineté nationale…Il est essentiel que soit empêchée la reconstitution de la souveraineté économique…Les pays d’Europe sont trop étroits pour assurer à leur peuple la prospérité que les conditions modernes rendent possibles, et par conséquent nécessaires…les Etats d’Europe devront former une fédération ou une entité européenne qui en fasse une unité économique commune ».
      extrait des notes adressées au CFLN, Alger, papiers de Jean Monnet, boite 15-A

  • pyrrhogaster // 24.06.2020 à 18h23

    Une fois de plus les allemands nous reprochent nos dévaluations. Je tiens à faire remarquer que, lors de la création du « nouveau franc » en 1959 le dollar valait 5 FRF. Il en valait toujours 5. 40 ans plus tard lors de sa disparition.
    Plutôt que de parler de nos dévaluations on devrait s’interroger sur les incessantes réévaluations allemandes.

    Les allemands ont une relation particulière avec leur monnaie que ne partage aucun autre peuple. Comment avons-nous pu imaginer faire monnaie commune avec eux!!!

    • Cornelius // 24.06.2020 à 20h07

      L’Allemagne est un problème. L’Allemagne est le problème. Une fois de plus, devrait-on dire.

    • Patrick // 25.06.2020 à 16h27

      Le dollar valait 5FRF … oui mais le dollar avait énormément perdu de sa valeur pendant ces 40 ans , donc le Franc aussi… dévaluation générale !! Champagne !!
      La France a toujours été une championne de la dévaluation pour compenser son incapacité à gérer ses budgets sur le long terme.
      La Grèce de même , le passage à l’Euro lui a été fatale. Quand on gère comme des cochons , il faut avoir sa monnaie nationale que l’on peut dévaluer à loisir.

      • VVR // 26.06.2020 à 01h12

        Et en quoi est ce grave de rajouter des zeros a la fin ? ça enléve du charbon des mines ? ça en rajoute ? non, ça n’a aucune espèce d’importance.

        • Patrick // 26.06.2020 à 14h34

          Le Zimbabwe a émis un billet de 100.000 milliards de dollars zimbabwéens, juste avant d’abandonner sa monnaie.
          Allez leur demander l’effet que ça fait d’ajouter des zéros.
          La République de Weimar a fait pareil.

          • VVR // 26.06.2020 à 17h47

            Il y a une différence entre dévaluer, ce qui est un choix de stratégie monétaire, et l’hyperinflation, phénomène subit et incontrôlé de panique générale. Difficile en effet de convaincre les gens d’arrêter d’augmenter leurs prix en prevision des augmentations futures: à chaque fois ils ont eut raison d’augmenter leur prix, car les prix ont augmenté par la suite.

            Ou trés facile, vu qu’il suffit souvent de passer a une monnaie tout aussi « en carton » mais rassurante pour que cela cesse.

  • cépajuste // 24.06.2020 à 22h26

    Les signataires de cette tribune sont de fieffés hypocrites !
    Ils reprochent à la BCE de s’écarter de sa mission d’origine et de ne pas respecter les traités, et ils ont raison sur ce point. Mais ils savent très bien que si la BCE n’avait pas agi de la sorte, la zone euro aurait explosé.
    Ils défendent un modèle qui n’est pas viable, qui n’est avantageux que pour l’Allemagne, qui oblige les pays d’Europe du Sud à mener des politiques suicidaires d’austérité (comme en Grèce et en Italie).
    « En raison de prétendus dangers déflationnistes » écrivent-ils. De prétendus ? Plusieurs pays du Sud de l’UE se sont retrouvés en déflation dans les années 2013-2015.
    C’est le rôle normal d’une banque centrale d’être le prêteur en dernier ressort, c’est ce qui se fait partout. Si l’Allemagne n’assume pas cette réalité, qu’elle sorte de l’euro mais qu’elle cesse de vouloir imposer sa politique aux autres pays.

    • vert-de-taire // 24.06.2020 à 22h44

      Ils préparent un argumentaire.
      Celui de la fin de l’UE/EURO.
      Il est grand temps de quitter le navire qui sombre.

      • cépajuste // 25.06.2020 à 07h20

        Si ces gens disaient qu’il faut sortir de l’euro, leur discours serait crédible. Mais ils ne disent pas cela. C’est à l’Allemagne de s’adapter aux réalités de l’Eurozone ou d’en sortir. A la fin, ce sera au gouvernement allemand de trouver une solution si la Cour de Karlsruhe déclare les programmes de la BCE incompatibles avec la constitution allemande. Mais je doute fort que Merkel assume une sortie de l’euro, elle cherchera une autre voie.

    • BOURDEAUX // 25.06.2020 à 09h45

      « si la BCE n’avait pas agi de la sorte, la zone euro aurait explosé. » Non, des états auraient été en banqueroute, des banques en faillite et des épargnants tondus. Le genre de désagréments qui surviennent dans un monde normal quand on fait n’importe quoi. Evidemment, si vous laissez ces désagréments prendre corps, la réalité vous contraint à cesser immédiatement de faire n’importe quoi…La politique de la BCE ( et sa simple existence, comme le dit Christian) débouchent sur cette aberration : un tour de France de cyclistes dont les deux tiers ont des pneus crevés mais qui arrivent tous les premiers à chaque nouvelle étape.

      • cépajuste // 25.06.2020 à 11h43

        Un pays membre de la zone euro ne peut pas faire défaut, c’était toute la problématique de la crise grecque de 2015. La Grèce était sommée, soit d’accepter les conditions du mémorandum, soit de sortir de la zone euro.
        Elle ne pouvait pas faire défaut sur sa dette et rester dans l’Eurozone. Des banqueroutes d’états signifieraient la faillite de l’euro.

  • Urko // 24.06.2020 à 22h56

    Les auteurs ont raison pour l’essentiel de ce qu’ils écrivent mais se discréditent en oubliant volontairement d’évoquer l’impact qu’a eu la fixation des parités monétaires avec la monnaie allemande sur les industries italienne, française etc., sans quoi la situation de ces pays ne peut se comprendre. Du coup, leur tentative d’explication ne ressemble plus qu’à un sommet de mauvaise foi obtuse et déplacée. Rien de très étonnant de la part de J. Stark, dont le dédain pour les Latins a quelque chose de maladif. L’Allemagne ne peut pas vouloir des avantages inouïs que lui procure un système de dévaluation compétitive permanente sans assumer la moindre contrepartie.

  • Casimir Ioulianov // 25.06.2020 à 14h48

    J’aime bien les allemands , ils font une banque centrale indépendante parce que leurs politiques ont complètement merdé plusieurs fois de suite, ils imposent ce point de vu à tous les autres pays de la zone Euro à la création de la BCE et quand on a le malheur de s’autoriser à penser que peut-être la BCE pourrait demander aux états ce dont ils ont besoin niveau cash pour se sortir de la fin du monde alors c’est une promesse de fin du monde.
    Ist es gleich seriöse ?

  • calal // 25.06.2020 à 22h25

    A noter a propos de zone de non droit en europe, de rigueur germanique et de finance devenue folle et cause de toutes les catastrophes a venir: l’affaire wirecard qui secoue les milieux financiers allemand.

    En resume,une boite de paiement par voie electronique qui declare qu’il y a un trou dans ses comptes de grosso merdo 2 milliards d’euros. https://www.boursorama.com/bourse/actualites/apres-wirecard-scholz-menace-de-durcir-le-controle-des-entreprises-d3b583cfddc6d54f1a5baa4bb722a6aa

    Et le ministre allemand des finances menace de « durcir les controles  » sur les boites financieres… on imagine ce qui se passe dans les comptes des boites francaises ou italiennes…

    • Urko // 26.06.2020 à 03h24

      Il ne faut pas s’imaginer l’Allemagne mieux dotée que la France ou l’Italie sur tous les sujets ; la germanomania semble en aveugler certains. Les Allemands jouissent vraiment d’atouts importants, pour certains patiemment accumulés des décennies durant. C’est le cas de l’industrie, notamment automobile où pourtant ils restaient sacrement à la traîne dans les années 1920 voire 1930 par rapport à l’Italie ou surtout, à la France et aux Etats Unis, très en avance alors sur les process de masse (l’Allemagne a beaucoup appris de sa réquisition des usines Peugeot, Citroën et Renault pendant la guerre, puis des ingénieurs anglo saxons mis à la tête de VW après guerre). Bravo à eux : ils ont développé là quelque chose de bien bâti. En revanche, ils ne parviennent pas à améliorer les choses dans l’industrie financière, pour laquelle leur approche, si efficace dans les secteurs industriels, semble peu adaptée. Ils ont d’ailleurs un peu fini par renoncer après des tentatives d’améliorer les choses avec la folle et prétentieuse expansion passée de Deutsche bank (bankers trust) ou de Dresdner bank (kleinwort benson), qui n’a pas pris. L’Italie pour sa part n’a rien à envier à personne s’agissant de sa maîtrise de la banque finance : les Italiens ont inventé le métier et demeurent parmi les acteurs les plus habiles dans ces domaines, d’assez loin, avec une technicité moyenne très au dessus du lot européen.

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