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19.juin.202019.6.2020 // Les Crises

En finir avec le mythe d’une « Autre Europe » – par Pierre Lévy

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Source : Marianne

Pierre Lévy, rédacteur en chef de la revue « Ruptures », réagit à une tribune publiée dans Marianne : « 29 mai 2005 : Liberté, j’écris ton NON ». Il pose notamment la question des déductions politiques après les constats théoriques, et l’hypothèse d’une sortie de l’Union européenne.

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Le 29 mai paraissait dans ces colonnes un texte collectif célébrant le Non au projet de Traité constitutionnel européen, une grande victoire populaire – à tous les sens du terme – remportée il y précisément quinze ans.

Cette analyse est la bienvenue. Elle rappelle fort justement que les Français refusèrent alors de « limiter leur liberté collective et de transférer le pouvoir à un échelon supérieur pour se fondre dans un hypothétique peuple européen ».

La nocivité des politiques menées depuis des décennies par l’Union européenne – dessinées par le Conseil, mises en musique par la Commission, et avec les traditionnels jappements de l’europarlement – apparaît plus que jamais patente. Et pas seulement en matière économique, sociale, budgétaire et monétaire.

L’extrême violence de la crise du coronavirus a contraint la Commission à faire de nécessité vertu : elle a été forcée de suspendre – provisoirement, comme vient de le rappeler le vice-président Valdis Dombrovskis – les règles mortifères du Pacte de stabilité, ainsi que certaines interdictions en matière d’aides d’État et de concurrence.

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Que faire ?

L’autre remarque qui pourrait être formulée à la lecture de la tribune Liberté, j’écris ton Non prend la forme d’une question : quelles conclusions tirer des fortes affirmations qu’elle énonce ? Le texte pointe à juste titre l’« épouvantable oxymore, griffon juridique et monstre politique, qu’est la ‘souveraineté européenne’ », qui sert de gimmick au maître de l’Elysée. Et insiste sur la nécessité de « faire trancher par le peuple la question de la souveraineté ».

Absolument. Mais comment ? D’autant que les turpitudes de l’intégration européenne n’ont nullement commencé à Maastricht, mais bien à Rome. C’est dès le traité fondateur de 1958 qu’était posée la matrice génétique de la CEE, devenue UE : la quadruple liberté de circulation des biens, des services, de la main d’œuvre et des capitaux – celle-là même qui permet de rayer une usine d’un trait de plume ici pour la réinstaller (ou pas) là.

Deux pistes se présentent. Ou bien l’on continue à espérer l’avènement d’une « autre Europe » qui apparaîtrait dès lors que des bonnes volontés rassemblées aurait réussi à transformer le monstre de l’intérieur.

Problème : pas plus qu’on ne peut transformer une prison en hôpital, les gênes originels et l’architecture pensée pour la soumission des peuples ne peuvent se transmuer en sympathiques instances de coopération – du reste, pourquoi faudrait-il privilégier les coopérations avec l’Estonie, membre du club, sur celles avec l’Algérie, qui ne le sera jamais ?

Et si l’argument conceptuel ne convainc pas, on peut se rabattre sur l’expérience empirique. Cela fait plusieurs décennies qu’on nous sert le rêve d’une Europe « plus sociale », ou « plus démocratique », mais que cette chimère, à l’instar de la ligne d’horizon, s’éloigne à mesure que l’on croit s’en rapprocher. Faut-il rappeler qu’en 1997-1998 déjà, à la faveur de l’alignement des planètes roses arrivant dans le ciel de l’UE – Anthony Blair à Londres, Lionel Jospin et la gauche plurielle à Paris, Gerhard Schröder à Berlin – l’on nous promettait qu’on allait voir ce qu’on allait voir.

« Euroconstructif »

On a vu. Et, pour ne citer que la France, il n’est pas un parti représenté au Parlement qui n’ait plaidé, ou ne plaide, pour une « autre Europe ». Les ralliements à ce mantra courent du virage « euro-constructif » du PCF en 1999 (« bouge l’Europe ») au renoncement officiel de Marine Le Pen à évoquer la sortie de l’UE – une demande qui n’a d’ailleurs jamais figuré explicitement au programme du FN/RN. Sans même citer Nicolas Sarkozy qui, en 2005 justement, appelait à « voter Oui pour changer l’Europe ».

Dès lors, pour qui se pose honnêtement la question de reprendre en main notre avenir (et non « notre destin » comme l’énonce le texte, hélas contaminé par la novlangue communautaire), on ne saurait exclure d’un revers de main la perspective de sortir du bloc communautaire.

Il est évidemment bien trop tôt – a fortiori par temps de coronavirus – pour se prévaloir des enseignements du Brexit. On peut tout de même rappeler qu’aucune des « dix plaies d’Égypte » économiques que les esprits mondialisés les plus brillants promettaient pour le 24 juin 2016 à ce pays – à l’instar des cataclysmes annoncés en cas de Non à Maastricht – ne s’est pour l’heure abattue sur le Royaume du fait de la volonté des Britanniques de « reprendre le contrôle ».

Si, comme les auteurs l’écrivent avec raison, « la souveraineté ne se partage pas plus que la démocratie ou la liberté », peut-être serait-il judicieux de lever un tabou. Et, tout simplement, d’accepter que l’hypothèse de quitter le club soit simplement mise sur la table, sereinement débattue, et, le moment venu, tranchée par le peuple souverain.

Source : Marianne

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Commentaire recommandé

Véro // 19.06.2020 à 10h05

Je suis entièrement d’accord.
Ce texte est très clair.
En plus, je note que pour une fois, il précise bien que les principes de base de l’UE existent dès l’origine, dès le Traité de Rome. Et c’est essentiel de bien comprendre ça, car cela montre que l’UE ne sert à rien sans les quatre libertés, qu’elle a été créée précisément pour la mise en concurrence internationale généralisée avec les conséquences qu’on connait.

34 réactions et commentaires

  • jean-pierre.georges-pichot // 19.06.2020 à 08h21

    Pour une analyse intelligente, clairement exposée en français d’avant, voir plutôt du côté de Frédéric Lordon. https://www.dailymotion.com/video/x3okfkh

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    • Alfred // 19.06.2020 à 09h12

      Ce texte en français « moderne » a le mérite d’être clair et concis. Quel est le problème? Il est plus que temps que ces positions soient avancées dans certains médias grand public.

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      • Fritz // 19.06.2020 à 09h19

        Exact. Pierre Lévy me paraît bien plus efficace que Lordon (qui n’est pas sans qualités). Il écrit simplement, directement, sans donner l’impression de s’écouter.
        Il a raison d’évoquer la liste ridicule du liquidateur Robert Hue, aux européennes de 1999, cette liste « bouge l’Europe » doublement paritaire : un homme une femme etc., un communiste un non-communiste etc.
        La deuxième de cette liste, Geneviève Fraisse, s’était prononcée POUR les bombardements de l’OTAN sur la Serbie pendant la campagne des européennes (tribune dans Marianne, dont le titre doit être « Voici venu le temps de l’ingérence citoyenne »).
        https://www.lesechos.fr/1999/06/a-la-tete-dune-liste-douverture-robert-hue-bouscule-le-pc-sur-leurope-770672

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        • barbe // 19.06.2020 à 09h43

          « Citoyens,
          Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables. Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à mot spirituel. Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. Citoyens, Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèrent jamais comme vos maîtres.
          Le Comité Central de la Garde Nationale »
          Texte de l’affiche apposée avant l’élection de la Commune de Paris, 25 mars 1871.

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      • Véro // 19.06.2020 à 10h05

        Je suis entièrement d’accord.
        Ce texte est très clair.
        En plus, je note que pour une fois, il précise bien que les principes de base de l’UE existent dès l’origine, dès le Traité de Rome. Et c’est essentiel de bien comprendre ça, car cela montre que l’UE ne sert à rien sans les quatre libertés, qu’elle a été créée précisément pour la mise en concurrence internationale généralisée avec les conséquences qu’on connait.

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  • Cordialement // 19.06.2020 à 08h24

    Le peuple n’est pas souverain!
    Le peuple est asservi au pouvoir d’achat
    Le pouvoir d’achat est entre les mains du système capitaliste qui confisque le bien commun et l’outil de production à une toute petite minorité.
    Le peuple sera souverain lorsqu’il transcendera son carcan mental en mai tant en place la monnaie libre ou des façons démocratiques telles que le tirage au sort.
    Pour l’heure il s’interroge, a des opinions certes, mais reste un mouton asservi.

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    • pseudo // 19.06.2020 à 11h40

      le pouvoir d’achat est un commun. c’est une idée contre intuitive puisque le système nous fait croire que le pouvoir d’achat est la résultante unique de notre dévotion au travail que nous nous sommes trouvés dans le système. Hors c’est ignorer, sciemment, que sa propre capacité à extraire la précieuse monnaie n’est pas l’unique variable. Les conditions d’accès sociale comme par exemple votre nom, renommée ou pas, votre couleur de peau, appréciée ou pas, sont autant de déterminants imposés par la société à votre pouvoir d’achat.

      Le pouvoir d’achat est un commun car lorsqu’il est supprimé à une majorité de la population le système politico-économico-social échoue à accomplir la mission qui lui est donné, maintenir une société fraternelle et égalitaire, dont l’accès à la monnaie est un pré requis obligatoire (oui oui) à sa participation.

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  • Christian Gedeon // 19.06.2020 à 09h36

    Sous la houlette de Mme Polony Marianne brille.Quant à cette chose incongrue qu’est «  l’Europe » des voyous de Bruxelles et de Strasbourg , c’est une machine diabolique à cambrioler tout ce qui peut l’être. A passer du citoyen national au consommateur fongible. Une décérébration impitoyable au quotidien. Bizzarement je ne lis personne ici rendre hommage à Charles Pasqua , Philippe de Villiers Philippe Séguin et Jean Pierre Chevenement. Bizarre vous avez dit bizarre.

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    • Alfred // 19.06.2020 à 20h08

      Sisi. Vous avez du mal lire. Notez quand même que l’enthousiasme mémoriel est modéré sur le mode « au royaume des aveugles, les borgnes ..etc); Chacun des ces personnages a aussi son passif (les methodes de pasqua, les idées saugrenues voire simplistes de chevenement (80% d’une classe d’age au bac)..

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      • Spiridon // 20.06.2020 à 06h42

        Si on avait pris les 80% d’une classe d’âge au Bac non pour un idéal à atteindre, mais pour une limite supérieure, on n’en serait pas là…

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        • Alfred // 20.06.2020 à 08h50

          C’est clair. Ce truc est vraiment une manifestation de la pensée magique. Cette focalisation sur le thermomètre en oubliant la température a porté un coup dévastateur à notre pays. Ça et les coup de génie à la Tchuruk (qu’il agonise) comme « une entreprise sans usine » (a nous les bureaux d’études aux chinetoques les usines (chinetoques car c’est une pensée intrinsèquement raciste)) cela fait partie des causes profondes du désastre actuel.

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      • christian gedeon // 20.06.2020 à 10h26

        pasqua et ses méthodes? Tiens donc,qu’est ce que vous reprochez à ses méthodes? En détail.Quant à Chevènement,il a bien dit 80% d’une classe d’âge au bac.C’est vrai. mais nos chers syndicats dogmatiques ont compris,bac général. Chevènement y incluait et très largement des bac professionnels vraiment professionnels,et une alternance ecole/entreprise pour y parvenir. rien ou presque de tout cela n’ a été mis en place. le bac,ce n’est pas que la filière générale(plutôt caporale depuis 20 ans d’ailleurs).. je ne suis pas chévènementistes,mais comme disait l’autre,j’ai dit une chose et ils ont compris autre chose!

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  • RGT // 19.06.2020 à 10h38

    Il faut surtout en finir avec le mythe d’un « état démocratique » qui se fout totalement de l’opinion et des besoins réels de la population.

    Ce n’est pas l’UE qu’il faut supprimer, c’est en priorité à la structure même de nos institutions nationales sur lesquelles centrer notre attention pour s’attaquer aux racines du mal.

    Et comme ce sont les citoyens qui sont les employeurs des « gouvernants » et des hauts fonctionnaires (le plus nuisibles, mais personne n’en parle) il faudrait mettre en place une mesure approuvée par toutes ces « élites » : Le fait de les virer du jour au lendemain sans indemnités en cas d’action contraire à l’intérêt des employeurs…
    Ça ferait beaucoup d’énarques sous les ponts et le manque cruel de ces structures se ferait sentir, particulièrement dans la « capitale » auto-proclamée…

    Quant aux « traités gravés dans le marbre », je vous conseille simplement de suivre à la lettre ce que disait De Gaulle à Peyrefitte : « si je suis couillonné par l’Europe, j’en sors immédiatement. Ce n’est pas un chiffon de papier qui va me l’empêcher ».
    Et il en va de même pour tous les traités internationaux signés par des dirigeants en leu nom propre sans le consentement de la population.
    Le meilleur exemple étant bien sûr le traité de Lisbonne qui avait été refusé par la population mais qui fût imposé par les politicards sournois de tous bords qui ont allègrement marché sur la gueule de la population.

    Dans une VRAIE démocratie on respect l’opinion du peuple.
    Dans le « pays des droits de l’homme » on éborgne au LBD les manifestants qui souhaitent être écoutés.

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    • Véro // 19.06.2020 à 10h53

      Mais tout est lié. Pensez-vous sincèrement que la classe politique dirigeante, très favorable à l’UE depuis des décennies, peut accepter le moindre débat sur la possibilité de pouvoir révoquer les élus ? Surtout ceux d’en haut ?
      Si elle faisait ça, elle risquerait de devoir mettre en place ce type de mesure, et donc par là-même, de renoncer à l’UE (plus il y a d’élections et plus il y a de possibilité d’élire des anti-UE). On peut faire le même raisonnement pour le RIC (RIC sur le frexit).
      En plus l’UE a besoin d’une certaine constance dans les institutions politiques des Etats membres, et dans les personnes qui sont à leur tête, qui ne sont au final que des agents de l’UE. Que le peuple puisse les révoquer est impensable.

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      • RGT // 20.06.2020 à 08h44

        La bourgeoisie est bien arrivée à se débarrasser de la noblesse (avec laquelle elle souhaitait ensuite copuler quand elle détenait le pouvoir, ne l’oublions pas), donc la population peut tout à fait aussi se débarrasser de ses « élites de Droit Électoral Démocratique » en espérant que cette fois elle ne tente pas de vouloir s’associer à la « gloire passée » de l’aristocratie républicaine.

        Par contre, comme dans le cas de la monarchie, cette « passation de pouvoir » ne pourra hélas pas se faire à grands coups d’embrassades torrides.

        Quand une caste détient le pouvoir elle est prête à tous les excès pour le conserver et tous ceux qui rêvent d’un « grand soir » pacifique se mettent le doigt dans le nez jusqu’à s’en caresser le rectum de l’intérieur.

        Pour prendre le pouvoir il n’y a hélas qu’une seule alternative : utiliser une violence plus forte que celle utilisée par les « élites » pour le conserver.

        Et comme la lobotomie est efficace dans la population, il sera difficile pour la majorité de la population de ne pas obéir aux injonctions d’autorité et ne pas écouter le refrain « la violence c’est mal » qui ne concerne bien sûr que les esclaves et les serfs, les « aristocrates de la république » étant bien sûr exemptés de toute critique sur l’utilisation « défensive » de la violence d’état.

        Il suffit simplement de regarder les dernières manifs pacifiques composées de simples quidams désarmés pour en être convaincu…

        Certes il y a bien eu des « casseurs », mais comment ont-ils réussi à passer entre les mailles du filet policier qui empêchait même le passage de simples biberons (arme létale par destination comme tout le monde le sait) ?
        Si des casseurs parviennent à « s’infiltrer » c’est bien que les élites le veulent bien (voir même les contrôlent directement) pour ensuite justifier l’usage d’une violence scandaleuse vis à vis de ceux qui contestent leur autorité.

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  • Myrkur34 // 19.06.2020 à 11h02

    Concernant le Brexit et le fait que l’Ecosse pourrait faire sécession pour rejoindre l’Europe….Entendu hier sur qui possédait réellement la terre en Ecosse…..Pour ce qui est du domaine public, à peine 12 % !.
    Ils expliquaient que vu qu’il n’y a pas eu de révolution chez eux avec confiscation des terres, et bien les grandes familles aristocratiques ont pu garder la totalité de leurs terres ces derniers 200 ans et la revendre à qui ils voulaient….. Donc une des plus grosses propriétaires terriennes est la Reine d’Angleterre. Dans le reportage, ils parlaient aussi dans le trio de tête des propriétaires terriens en Ecosse,des émirats arabes unis ou bien d’un oligarque russe.
    Tout ceci pour vous dire que vous pourrez faire tous les brexits et frexits de la terre, rien ne changera au niveau de la propriété des biens et donc au niveau de la concentration des richesses et du vrai pouvoir de décision.

    Et qu’es ce que nous servent les médias ? La Reine d’Angleterre a fait un bon discours concernant la crise du Covid19……

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    • Véro // 19.06.2020 à 11h18

      Rien ne changera, pas si sûr.
      Si nous continuons avec l’UE, rien ne changera, c’est certain.
      Si nous rompons avec l’UE, du même coup nous rompons avec l’obligation légale d’appliquer les règles du néo/ordo-libéralisme (donc les 4 libertés, dont celle qui concerne la circulation des capitaux par exemple, et le principe de libre concurrence, et aussi l’idée générale selon laquelle les Etats ne doivent pas intervenir dans l’économie), et nous retrouvons notre pouvoir monétaire et budgétaire, et donc nous pouvons ouvrir la voie du changement.

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      • RGT // 20.06.2020 à 09h01

        Si la France rompt avec l’UE, encore faut-il AUSSI qu’elle rompe avec le « libéralisme d’état » qui a bercé toutes ses « élites » depuis la révolution et l’avènement de la puissance de la « bourgeoisie ».

        Le frexit n’est pas la solution ultime, il n’est qu’un petit élément de l’équation qui serait annulé en cas de véritable révolution démocratique (qui ne risque pas d’arriver, sauf ralliement de l’intégralité de la population et des éditocrates aux « gilets jaunes »).

        L’UE est une construction qui permet aux politicards de pouvoir papillonner en public, mais c’est aussi une belle excuse pour venir se réfugier derrière les « traités » pour faire avancer l’agenda ultra-libéral de leurs « mécènes ».
        Concernant la même UE, les allemands ont mis en place un dispositif qui leur permet de faire barrage à toute décision de l’UE : Toute directive, décision, voire même simple proposition venant de l’€urope doit OBLIGATOIREMENT être approuvée par le Bundestag avant d’être appliquée en Allemagne.

        Ce qui fait que l’UE prend des pincettes AVANT de prendre toute « initiative » car même si les dirigeants teutons approuveraient, la population et les élus pourraient refuser, ce qui se traduirait par la mise à la poubelle immédiate de ladite initiative.

        La France, par le biais de ses « élus » pourrait très bien s’opposer aux décisions de l’UE si ces derniers faisaient réellement ce pour quoi ils sont élus : Défendre les intérêts de ceux qui les ont élus…
        Mais avec des « godillots » dont le seul objectif consiste à veiller sur leur propre intérêt ça ne risque pas d’arriver.

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        • Sylphe // 21.06.2020 à 13h04

          Les français ont fait mieux, puisqu’ils ont incrit dans la constitution le principe de supériorité des édits Européen à la loi française ! !!!

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        • Véro // 21.06.2020 à 18h49

          Si la France ne rompt pas avec l’UE, alors elle ne rompra pas avec le liberalisme que vous dénoncez.
          Il faut donc rompre avec l’UE, pour pouvoir changer de système. Qu’on le fasse avant de changer de système, ou qu’on le fasse juste après, il faut le faire.
          Or je ne compte plus le nombre de politiciens qui proposent bien de changer de système, mais qui excluent de rompre avec l’UE. Ce qui pose un problème de crédibilité. Car ce n’est pas sérieux de faire des propositions politiques qui sont impossibles à réaliser dans le cadre juridique de l’UE, surtout quand ensuite on affirme qu’on n’est pas favorable au frexit.
          L’UE n’est ni un détail ni un prétexte. C’est l’idéologie elle-même qui s’auto-entretient par les engagements que prennent les Etats pour appliquer cette idéologie. Si on veut changer de système, il faut attaquer l’UE frontalement, arrêter de faire l’autruche. Sinon ça veut dire qu’on fait semblant, comme parfois nos Ueuropéistes font semblant de s’éloigner des traités. C’est à cause de ce déni que rien ne change, sauf pour aller vers toujours plus de néo/ordo-libéralisme.

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          • Véro // 21.06.2020 à 18h58

            J’ajoute que le la procédure allemande n’apporte rien de particulier. C’est bien parce que nos dirigeants sont favorables à l’UE qu’ils appliquent la politique de l’UE. Durant la crise, ils ont par exemple interdit l’exportation de certains médicaments, et la commission n’a pas manqué de taper sur les doigts du gouvernement français. Il est donc certain qu’en France aussi, quand ceux qui dirigent ne veulent pas appliquer les règles UE, ils ne les appliquent pas. Le problème c’est que la plupart du temps, il veulent les appliquer (sinon il y aurait frexit), et d’ailleurs il en sont en grande partie à l’origine. D’où la nécessité de débattre clairement sur l’UE en cessant de tourner autour du pot. On ne peut pas faire l’économie de ce débat si on veut débattre du libéralisme, du libre-échange, de l’organisation politique. Le programme des dirigeants français, depuis des décennies, c’est l’UE.

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      • Antoine // 20.06.2020 à 22h28

        Il faut quitter l’UE, mais également l’OTAN si nous voulons retrouver notre souveraineté pleine et entière.

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  • Michel Le Rouméliote // 19.06.2020 à 11h29

    En attendant, Unilever a transféré son siège social des Pays-Bas vers le Royaume-Uni et Nissan agrandit son usine de Sunderland, pendant que son associé Renault ferme des usines en France ! Où est la catastrophe promise par les européistes pour les Britanniques en cas de Brexit ?
    La catastrophe est pour les pays qui restent au sein de l’UE, oui ! La pénurie de médicaments, c’est chez nous avant d’être au Royaume-Uni !
    Sans frexit, pas de politique indépendante. C’est tout ! Le frexit est un préalable à toute politique. Le peuple choisira après : ou la voie anticapitaliste, ou la voie libérale et que le meilleur gagne !
    Le traité de Rome, c’est 1957 et pas 1958 et l’asservissement commence avant : dès le 9 mai 1950 avec le discours de Robert Schuman, écrit par Jean Monnet, annonçant la CECA.

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    • Véro // 19.06.2020 à 11h45

      Oui c’est une erreur qu’on voit souvent, 58 au lieu de 57. Sans doute une confusion de date avec la Vème république.
      Il faudrait aussi rappeler que l’asservissement a été facilité par la loi des apparentements, puisqu’en 51 et 56 des élections législatives ont eu lieu en France, et qu’à l’époque, un changement de majorité dans ces années-là aurait pu empêcher la signature du traité ceca, et celle du traité de Rome. C’est à marche forcée qu’on a conduit le peuple français sur la voie de l’UE, dès le départ.

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  • Anonymous_civ_Sergent // 19.06.2020 à 12h33

    Avant que cette problématique ne soit porté au débat, il faut que les masses ayant permis ce projet fassent leur examen de conscience et cela concerne toutes les générations!

    Je voudrais en voir plus de retraités dire regretter masstricht,mais à élargir à d’autres classes. Je voudrais en voir plus de neo bourgeois regretter maastricht et réaliser que ça ne les sert pas la construction européenne.

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  • VVR // 19.06.2020 à 12h49

    A noter que si l’effondrement britannique annoncé depuis 2016 ne s’est pas produit, c’est aussi parce que de facto, la Grande Bretagne est encore en Europe. De jure, elle est sortie de l’union fin Janvier 2020, mais tous les traités continuent à être appliqués jusqu’à la fin de l’année.

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    • Michel Le Rouméliote // 19.06.2020 à 17h41

      Rassurez-vous ! Elle ira encore mieux en 2021 ! En tout cas, mieux que les pays restés enfermés dans l’UE !

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  • Cornélius // 19.06.2020 à 13h42

    Très bonne tribune de Pierre Lévy. Il a donné récemment une interview où il tient les mêmes propos, mais en approfondissant le détail : https://youtu.be/r3HVtVh3uQU

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  • Spiridon // 20.06.2020 à 07h00

    Ce qui me fait rire, c’est la référence à un article de Marianne publié le…8 juin! Certes il est bon quelquefois d’attendre et de laisser les auteurs et éditeurs « profiter » de leur publication. Quoiqu’un renvoi aurait peut-être permis d’améliorer le score de lecture.
    Mais le plus intéressant c’est que, sous couvert de respect du droit d’auteur et du renvoi à la publication originale, une idée essentielle, majeure, énorme, de l’auteur a été soustraite au débat: la tyrannie du réchauffement climatique. Il parle, carrément et à juste titre, des « Talibans du climat ». Mettant un héritage direct entre les défenseurs (capitalistes) de la décroissance genre ‘Club de Rome » et les fonctionnaires actuels tous vérolés au « green deal ». Cette filiation serait intéressante à développer. Tous les plans anti-carbone étant de facto des plans de destruction de pans entiers de l’économie. D’où les exclamations réjouies de Jouzel pendant le Covid : « Si ça pouvait durer! »

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    • lecrabe // 20.06.2020 à 08h08

      En effet, il est notoire que Pierre Levy est plus politologue que climatologue.

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      • Spiridon // 20.06.2020 à 11h53

        Aucun rapport avec le climat en tant que tel! Mais avec les conséquences politiques issues d’études mais surtout de prospections et projections sur la base de modèles non pas physiques mais encore une fois statistiques. En ce sens le parallèle Climat/Covid est on ne peut plus pertinent: bousiller l’économie, et donc la société, au nom d’un bénéfice à venir, virtuel autrement dit. Avec une différence toutefois, le Covid a vu s’arrêter tout mais supposément temporairement, tandis que le Réchauffement Climatique est supposé impliquer un arrêt similaire mais définitif.
        En tout état de cause, cette discussion n’est pas annexe dans l’article de Lévy, mais centrale, principale, première.

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  • peter // 22.06.2020 à 09h54

    Un seul parti a déclarer depuis 13 ans ces vérités énoncer dans l’article et qui a un programme.
    Son leader-fondateur nous a ouvert les portes de notre esprit à la réel politique , à la géo politique.
    Ses cours sont magistraux , ses interventions médiatiques trop rare et son charisme mis à mal par les affaires récentes ne lui ont pas donnés toutes les chances d’amener ce parti au plus haut niveau du paysage politique.
    Son investissement , sa persévérance , son courage sont remarquables .
    Maintenant il faut se résoudre à appeler d’autres personnalités internes ou externes pour porter les convictions non européennes au plus haut niveau et au plus grand nombre pour qu’ils n’aient plus peur de retrouver la vitalité de leur pays et lui permettre de reprendre une place dans l’histoire que certains veulent gommer ou déformer .
    La France c’est une nation , on n’adhère à son histoire on l’a comprend ou on s’en va . Notre civilisation ne fait pas table rase du passé, certaines autres civilisation n’acceptent aucune histoire précédant la leur qui ne soit pas en conformité avec leur idéologie, souvent totalitaires , elles ne peuvent s’épanouir en France qu’à condition de d’accepter l’héritage.J’en appelle à la résistance, remise en tension des forces encore présentes qui ne veulent pas sombrer dans un mondialisme nihiliste .

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  • Jérôme // 27.06.2020 à 08h40

    C’est étonnant que sur ce site où il y a pourtant beaucoup d’antilibéraux et d’anticapitalistes, on ne soit pas un minimum marxien.

    Parce que Marx vous éviterait un contresens : ce qui est la cause des maux que vous déplorez, c’est l’infrastructure et non pas la superstructure.

    Avec ou sans UE, il y a une réalité mondiale qui est la concurrence, l’armée de réserve et la baisse tendancielle des taux de profit.

    Il n’y a pas besoin d’UE pour que les entreprises chinoises aient mis sur la paille des pans entiers de l’industrie japonaise.

    Si la France sort de l’UE, elle sera certes libre mais seule pour négocier dans un monde de requins géants.

    Malgré tout, la moins mauvaise des solutions est bel et bien la coopération étroite entre nations européennes souveraines.

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    • lvzor // 29.06.2020 à 00h45

      J’ignorais à quel point la propagande atlanto-européiste était « marxienne »! Merci de votre éclairage, maintenant je sais pourquoi la Grèce, l’Italie, la France et les autres pays de l’UE sont si prospères, tandis que la Suisse, la Norvège, Singapour et quelques autres sont dans la misère la plus noire…

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