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19.juin.202019.6.2020 // Les Crises

Covid-19 : Militants pacifistes et humanitaires réclament un déblocage de fonds pour le Yémen

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Source : Al Monitor, Bryant Harris
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Des militants et des organisations humanitaires veulent que le Congrès américain inclue un déblocage de fonds dans son projet de loi sur l’aide à la lutte contre le coronavirus. Les sénateurs sceptiques remettent en question les récentes restrictions de l’administration Trump quant à l’aide aux zones tenues par les Houthis.

Le Congrès américain élabore actuellement son prochain projet de loi sur l’aide à la lutte contre le coronavirus, et tant les militants anti-guerre que les organisations humanitaires veulent que les législateurs incluent des fonds pour aider le Yémen à faire face à la pandémie de COVID-19, compte tenu des récentes restrictions de l’aide de l’administration Donald Trump aux rebelles Houthis et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mardi, les défenseurs du Yémen ont fait pression sur l’administration Trump pour obtenir des réponses concernant sa nouvelle politique d’aide au Yémen.

Le Comité des amis sur la législation nationale, la Fondation pour le secours et la reconstruction du Yémen et le Comité de l’alliance yéménite préparent une lettre aux principaux dirigeants du Congrès américain qui, espèrent-ils, constituera la salve d’ouverture de la nouvelle offensive visant à inclure le Yémen dans le prochain plan de relance du Congrès américain sur le coronavirus.

« Il est inadmissible que les États-Unis coupent l’aide humanitaire au Yémen en pleine pandémie de COVID-19 – surtout après avoir soutenu le bombardement des hôpitaux yéménites« , a déclaré Hassan El-Tayyab, responsable législatif pour la politique du Moyen-Orient au sein du Comité des amis de la législation nationale.

« Indépendamment de l’activité houthi, une pandémie mondiale n’est pas le moment de suspendre complètement l’aide au Yémen. Le Congrès a le pouvoir de prendre des mesures immédiates et il est clair que le Yémen ne peut pas attendre plus longtemps, le pays étant au bord de la catastrophe« .

La lettre, que Al-Monitor a pu voir, est adressée aux principaux démocrates et républicains des commissions des affaires étrangères, des crédits et du contrôle des deux chambres. Elle appelle le Congrès américain « à faire tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que tous les fonds alloués par le Congrès à l’USAID soient débloqués » tout en soulignant la nécessité d’une « assistance médicale d’urgence » au Yémen.

Les démocrates de la Chambre des représentants ont publié mardi leur dernier projet de loi sur l’aide à la lutte contre le coronavirus, mais actuellement, il n’inclut pas l’aide COVID-19 pour le Yémen ou tout autre pays. Il prévoit cependant 2 millions de dollars pour l’inspecteur général du département d’État afin de superviser l’aide COVID-19 de l’administration Trump à l’étranger pour le monde entier.

Mardi, le sénateur Ben Cardin, Démocrate du Maryland, dans une lettre au secrétaire d’état État Mike Pompeo et à l’administrateur par intérim de l’USAID John Basra, a amené cinq de ses collègues à insister sur les restrictions d’aide au Yémen. Le sénateur Todd Young, de l’Indiana, a été le seul républicain à signer cette lettre aux côtés des sénateurs Patrick Leahy du Vermont et Jack Reed de Rhode Island – principaux démocrates des commissions des crédits et des services armés. Bernie Sanders, Sénateur Indépendant du Vermont et Chris Coons, Démocrate du Delaware. ont également signé la lettre.

« Au Yémen, la COVID-19 va aggraver une situation humanitaire déjà désastreuse : 80% de la population a besoin d’une aide humanitaire, dont une majorité de femmes et d’enfants ; les deux tiers du pays n’ont pas un accès suffisant à l’eau potable et aux sanitaires; des millions de personnes vivent au bord de la famine ; près de 20 millions de personnes n’ont pas accès à des soins de santé minimums ; et le choléra, la dengue et d’autres maladies évitables sont monnaie courante« , ont écrit les sénateurs.

« Ces facteurs créent un environnement propice à la propagation grave et rapide du virus du COVID-19, mettant en danger nombre de vies civiles ».

Le Congrès américain a alloué 400 millions de dollars à l’aide à la stabilisation du Yémen pour cet année fiscale. Cependant, l’administration Trump a annoncé en mars qu’elle mettrait fin à la plupart des aides à destination du Nord Yémen contrôlé par les Houthis, où vit une vaste majorité de la population, en invoquant les restrictions des rebelles sur l’aide étrangère. La nouvelle politique a entraîné une réduction de l’aide au Yémen de 73 millions de dollars, qui a ensuite été exacerbée par la suite par le refus de Trump de poursuivre le financement américain de l’OMS.

L’administration Trump a annoncé une aide de 500 000 dollars pour le Yémen dans le cadre de l’aide COVID-19 au début du mois, mais cela représente moins de 1 % des 1,3 milliard de dollars que la Fondation pour le secours et la reconstruction du Yémen estime nécessaires pour faire face à la pandémie. Seuls 70 cas de COVID-19 et 12 décès ont été enregistrés au Yémen, mais les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés. La coalition dirigée par les Saoudiens qui combattent les Houthis accuse les rebelles de sous-déclarer délibérément le nombre de cas de COVID-19 sur leur territoire.

Et alors que l’administration Trump a annoncé 225 millions de dollars d’aide alimentaire d’urgence pour le Yémen la semaine dernière, les organisations humanitaires soulignent le besoin urgent de financement pour soutenir le secteur de la santé du Yémen en proie à des difficultés face à la pandémie. (Après la réduction initiale du financement américain, le Programme alimentaire mondial a réduit de moitié ses opérations sur l’ensemble du territoire contrôlé par les Houthis).

« Nous craignons également que cette aide ne soit pas distribuée de manière égale sur le territoire contrôlé par les Houthis où vit environ 70 % de la population« , indique la lettre du Comité des amis sur la législation nationale. « Des millions supplémentaires sont nécessaires, en particulier pour les stocks d’urgence d’équipements de protection individuelle, de respirateurs, de lits d’USI et d’autres fournitures vitales pour le système de soins de santé du Yémen« .

Bien que les organisations humanitaires continuent de faire pression sur les Houthis sur la question de l’accès, les rebelles ont assoupli certaines restrictions importantes depuis le début de l’année. Cela inclut l’abandon d’un plan visant à instaurer une taxe de 2 % sur l’aide étrangère et à permettre l’utilisation de données biométriques pour contrôler les fraudes. Cependant, l’administration Trump demande avec insistance aux rebelles d’aller plus loin en élargissant les autorisations de permis de voyage pour fournir de l’aide tout en permettant aux agences d’aide d’opérer de manière indépendante.

Source : Al Monitor, Bryant Harris
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Casimir Ioulianov // 19.06.2020 à 10h56

C’est nier la vrai nature du problème que de se limiter au cas du Yémen. Quid de tous les autres pays sous régimes de sanctions économiques ?
Juste pour la France : https://www.tresor.economie.gouv.fr/services-aux-entreprises/sanctions-economiques
Ensuite je dis pas que vendre des armes à la RDC c’est cool , entendons nous bien. Par contre bloquer les médicaments au Venezuela ou à l’Iran en pleine pandémie c’est risquer de se retrouver avec des résurgences d’épidémie pendant longtemps.
C’est juste con.
Ajoute à ça que c’est comme toute prohibition ; ça enrichit en premier ceux qui sont prêts à enfreindre ces sanctions et c’est plus que contre-productif. Quand l’Iran livre de l’essence au Venezuela par exemple , je suis pas sur que ça soit profitable à la politique US .

3 réactions et commentaires

  • RGT // 19.06.2020 à 10h20

    Comme le Yémen est loin et n’est pas la priorité des éditocrates de « nos » médias indépendants il ne faut pas s’attendre à une grande motivation de la part des dirigeants de la « communauté internationale ».

    Surtout quand les yéménites sont bien responsables du drame humanitaire qui frappe leur pays : Il n’avaient pas à s’opposer aux « amis » de l’occident qui souhaitaient les « libérer ».

    Pour résumer, tout le monde s’en fout et le Covid-19 est un « punition divine » envoyée sur ces « hérétiques » qui refusent d’écouter la parole bienfaisante d’Abdel Wahhab.

    On ne va pas en plus leur donner du fric pour qu’ils continuent à narguer les « grands amis » de l’occident.
    Il existe certaines limites à la décence que certains néo-bolchéviks dissidents n’hésitent pas à dépasser.

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  • Casimir Ioulianov // 19.06.2020 à 10h56

    C’est nier la vrai nature du problème que de se limiter au cas du Yémen. Quid de tous les autres pays sous régimes de sanctions économiques ?
    Juste pour la France : https://www.tresor.economie.gouv.fr/services-aux-entreprises/sanctions-economiques
    Ensuite je dis pas que vendre des armes à la RDC c’est cool , entendons nous bien. Par contre bloquer les médicaments au Venezuela ou à l’Iran en pleine pandémie c’est risquer de se retrouver avec des résurgences d’épidémie pendant longtemps.
    C’est juste con.
    Ajoute à ça que c’est comme toute prohibition ; ça enrichit en premier ceux qui sont prêts à enfreindre ces sanctions et c’est plus que contre-productif. Quand l’Iran livre de l’essence au Venezuela par exemple , je suis pas sur que ça soit profitable à la politique US .

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  • jacques // 20.06.2020 à 12h33

    Bof,les syriens,les iraniens aussi crèvent de nouvelles sanctions contre leurs pays .
    Mais on préfère mettre un genou à terre ou pleurer sur un délinquant ça ne mange pas de pain coute que dalle et ça occupe les esprits ayant besoin de causes pas trop complexes.

      +1

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