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22.décembre.201622.12.2016 // Les Crises

La bataille d’Alep : Un échec au plan de partition de la Syrie

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René Naba est un écrivain et journaliste, spécialiste du monde arabe. De 1969 à 1979, il est correspondant tournant au bureau régional de l’Agence France-Presse (AFP) à Beyrouth, puis de 1979 à 1989, il est responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’AFP. Il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR) et de l’Association d’amitié euro-arabe. Il a publié en 2013 L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres. L’Islam; otage du wahhabisme.

Source : En point de mire, René Naba, 09-12-2016

Alep, un tournant majeur de la guerre, une lourde défaite de l’opposition djihadiste et de ses parrains occidentaux, un camouflet magistral pour la France.

La Syrie et ses alliés ont infligé une lourde défaite à leurs adversaires dans la guerre déclenchée contre ce pays il y a six ans, en reprenant le contrôle de la vieille ville d’Alep, un tournant majeur de la guerre, la première étape vers la mise en échec du plan de partition de la zone, attribué aux Occidentaux.

A 48 heures d’une conférence internationale des «pays refusant la guerre totale» en Syrie, cette percée militaire a constitué un camouflet magistral pour la France, organisatrice de cette rencontre.

La chute d’Alep Est, l’ancien bastion des djihadistes, a obéi à un scénario identique à celui observé pour la chute de Yabroud, le verrou de Damas à 80 km au nord-est de la capitale, le 15 mars 2014, le jour même du rattachement de la Crimée à la Russie par référendum. Elle a rendu sans objet la conférence Paris et sans voix le chœur des islamophilistes qui s’esbaudient depuis six ans sur les lucarnes nationales, faisant étalage de leur fausse science, en même temps que de leur imposture.

Vers une réduction de la voilure de la France

Sur fond d’éradication populaire des principaux responsables français de la guerre de Syrie (Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, Laurent Fabius, Manuel Valls), la défaite d’Alep, au delà la défaite de Syrie, se range parmi les défaites majeures qui ont jalonné l’histoire militaire et diplomatique française depuis deux siècles. Très exactement depuis Waterloo, en 1815, en passant par Fachoda, l’expédition du Mexique, Sedan (1870), la capitulation devant l’Allemagne nazie au terme de 39 jours de combat, en juin 1940, enfin Dien Bien Phu, 1954, l’expédition de Suez (1956)et l’Algérie (1962).

Un tel palmarès explique la relégation diplomatique dont la France est l’objet, que l’historien Marcel Gauchet a diagnostiqué dans un verdict sans appel: «En juin 1940, la France a brutalement cessé d’être une grande puissance».

Dans la foulée de sa déconfiture de Syrie, la France, nolens volens, est conduite à réduire sa voilure. Faute de s’être donnée les moyens de sa politique, la voilà réduite à la politique de ses moyens.

Les plans de bataille du Hezbollah dans la guerre de Syrie enseignés dans les académies militaires russes.

La reconquête d’Alep par les forces gouvernementales syriennes a signé le retour dans le giron du pouvoir central du «pays utile» représenté par les cinq grandes villes syriennes de Syrie (Damas, Alep, Homs, Hama, Lattaquieh).

Revers stratégique et psychologique majeur pour l’opposition djihadiste, cette victoire retentissante du pouvoir baasiste et de ses alliés internationaux et régionaux (Russie Iran Hezbollah) pourrait modifier l’issue du conflit.

L’ancien prisonnier politique syrien, Michel Kilo, transfuge communiste vers les pétromonarchies, le constatera sans ambages: «L’Arabie saoudite est un pays qui ne connait ni la démocratie, ni les Droits de l’Homme. Un pays à qui fait défaut le sens de l’arabité et de l’Islam. L’Arabie et les autres pétromonarchies du Golfe souhaitent la destruction de la Syrie et non l’instauration de la démocratie dans ce pays», proclamera l’ancien commensal du Prince Bandar Ben Sultan, le comandant en chef des djihadistes durant la première phase de la guerre de Syrie.

«Al Bab» (La Porte), à trente km à l’Est d’Alep pourrait constituer la prochaine étape de l’offensive gouvernementale en vue de verrouiller l’accès à la capitale économique de la Syrie et figer la progression des forces kurdes et turques dans la zone frontalière, prélude à l’effondrement djihadiste en Syrie. La poursuite de l’offensive gouvernementale en direction de ses derniers bastions, particulièrement Idlib, et Raqqa, porterait le coup de grâce au plan de démembrement du pays et de sa mise sous tutelle atlantiste.

S’inspirant du précédent de Benghazi dans l’affaire libyenne, Alep, au regard des stratèges turcs et occidentaux, devait servir de tête de pont tant pour l’aide humanitaire que pour le déferlement et le ravitaillement militaire des djihadistes pour une désagrégation du régime par une guerre d’usure.

De l’aveu même des Russes, un des grands artisans de ce retournement est le Hezbollah, promu désormais au rang de stratège.

Sur le rôle du Hezbollah et de l’Iran en Syrie

La guerre de Syrie a consacré le Hezbollah au rang de stratège et propulsé la formation chiite comme interlocuteur direct du commandement militaire russe dont les plans de bataille menés depuis cinq ans dans ce pays font désormais objet d’un enseignement dans les académies militaires russes.

«A l’avant garde du combat, le Ayatollah est parvenu à neutraliser rapidement les effets de la percée opérée par les djihadistes, le 28 octobre 2016, à la faveur de la trêve humanitaire dans le secteur ouest de la métropole économique de Syrie et à colmater les brèches notamment dans la secteur abritant les postes névralgiques de l’armée syrienne, l’Académie militaire et la Cité Assad, rapporte le journal libanais «Al Akhbar» dont la version arabe du récit se trouve sur ce lien à l’intention des locuteurs arabophones.

Le Hezbollah, qui a eu à déplorer la perte en Syrie de plusieurs dirigeants du premier rang, –notamment Mohammad Badredddine, le chef de la branche militaire du Hezbollah, Jihad Moughniyeh, le fils du fondateur de la branche militaire du Hezbollah, Imad Moughniyeh, Samir Kintar, l’ancien doyen des prisonniers politiques arabes en Israël ainsi que le commandant de sa défense balistique anti aérienne–, est parvenu à anticiper la riposte djihadiste.

Déjouant leur offensive menée à l’aide de douze camions chargés d’explosifs, le Hezbollah a implosé le détachement adverse constitué par des assaillants de «Jaych Al Fatah» et de groupuscules qui lui sont alliés, menant une bataille de rue, nettoyant immeuble après immeuble jusqu’à refouler les survivants hors de la zone des combats, ajoute le quotidien beyrouthin.

Au des résultats de la bataille et face à l’habileté manœuvrière tactique et stratégique dont les chefs militaires du Hezbollah ont fait preuve sur le théâtre des opérations à Alep, tant face à la «grande épopée du 28 octobre, que dans l’opération dite «La conquête Abou Omar Saraqbeh» qu’auparavant dans le secteur de Dera’a (sud de Syrie), lors du déferlement djihadiste dans la bataille de «Cheikh Miskine», le commandement militaire russe a demandé, à la mi novembre 2016, une rencontre directe avec le commandement du Hezbollah pour lui réclamer ses plans de bataille pour y être enseigné dans les académies militaires de Russie, poursuit le journal.

Le commandant Abou Omar Saraqeb dirigeait la plus importante coalition de rebelles et djihadistes en Syrie, à l’origine de la conquête de Jisr Al Choughour. L’annonce de sa mort a été faite sur Twitter par son groupe le Front Fateh al-Cham, anciennement Jabhat An Nosra qui a renoncé il y a quelques mois à son rattachement à Al-Qaïda. Le groupe fait partie de la coalition internationale anti djihadiste dirigée par les États-Unis.

La rencontre militaire Russie Hezbollah de la mi novembre est la première du genre entre ces deux partenaires de la guerre de Syrie. Jusque là, les échanges entre les deux parties se faisaient dans le cadre de la concertation quadripartite régulière se tenant au sein des PC commun de Bagdad (Russie, Iran, Syrie, Hezbollah) ou au sein des cellules d’opérations conjointes en Syrie même sur le champ de bataille.

Depuis l’intervention militaire russe en Syrie, le 1er septembre 2015, le Hezbollah avait pris soin d’éviter le contact direct avec la hiérarchie militaire russe en raison de leurs divergences sur leur approche respective du conflit israélo-arabe.

Lors de la visite de Dimitri Medvedev en Israël, fin novembre 2026, le président russe soulevé auprès de ses interlocuteurs israéliens leurs divergences à propos de l’Iran et du Hezbollah, spécifiant: Le Hezbollah n’est pas une organisation terroriste et l’Iran n’est pas notre. Les deux (Iran et Hezbollah) sont nos partenaires dans la guerre de Syrie».

La bataille pour la reconquête d’Alep a ainsi conféré au Hezbollah un statut de stratège et non plus de simple exécutant de la stratégie iranienne, un acteur majeur sur le plan militaire face à Israël et en Syrie.

Sur le plan militaire: Hemeimine et Tartous, S.400 Triumph, Missiles auto moteur Bourk et canons Pantsyr.

La Russie dispose de deux bases en Syrie, la base aérienne à Hemeimine, au sud-est de la ville de Lattaquieh et l’importante base navale de Tartous. Le dispositif de défense comporte des missiles de croisière K. 300P montées sur camion avec radar et pouvant porter jusqu’à 300 kms, des batteries de missiles S.400 TRIUMPH, basées à Hemeimine dont le rayon d’action couvre l’ensemble de la Méditerranée orientale (Syrie, Turquie, Chypre, Liban Israël), assurant la protection de fait non seulement de l’espace aérien de la Syrie, mais également la zone de déploiement du Hezbollah dans le sud Liban.
Son rayon d’action est de 20 à 400 km en surface pour 3 à 300 km d’altitude.

En superposition à la task force navale articulée autour du porte-avions «Amiral Kouznetsov», ce dispositif est complété par un système anti missiles auto moteur BOURK, l’un des moyens de défense aérienne de moyenne portée le plus efficace au monde. La ligne de défense immédiate est assurée depuis Hemeimine par un système de canons PANTSYR. La Russie a en outre doté l’armée syrienne d’un système de défense anti aérienne S. 200 VE.

La Chine, percée stratégique majeure en Méditerranée: Tartous (Syrie) et Cherchell (Algérie)

En 2016, la Chine a fait son entrée sur le plan militaire en Syrie, percée stratégique majeure de l’Empire du Milieu en Méditerranée, obtenant l’aménagement d’une plate forme navale opérationnelle pour la marine chinoise dans le périmètre de la base russe de Tartous.

Soucieuse de soulager la trésorerie russe et de soutenir l’effort de guerre syrien, la Chine a octroyé une aide militaire de 7 milliards de dollars à la Syrie dont les forces combattent dans la bataille d’Alep, les djihadistes Ouïghours, (des musulmans turcophones du Nord Ouest de la Chine), où près de 3.500 familles, soit près de dix mille personnes, sont implantés à Alep Est.

Les Ouïghours, de mémoire d’observateur, ne sont jamais morts pour la Palestine, pas un. Mais nombreux l’ont été contre la Syrie, dans un dévoiement sectaire de leur idéologie.

Les Ouïghours djihadistes sont originaires de la province de Xingjiang, à l’extrême-ouest de la Chine, frontalière de huit pays (Mongolie, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Afghanistan, Tadjikistan, Pakistan et Inde).

Au regard de la Chine, la Syrie sert de réceptacle au terrorisme mondial, y compris pour l’intérieur chinois.

Bon nombre d’Ouïghours combattent en Syrie sous la bannière du Mouvement islamique du Turkestan oriental (Sharqi Turkestan) alias Xinjiang, une organisation séparatiste de lutte armée dont l’objectif est l’établissement d’un «État Ouïghour Islamique» au Xinjiang.

Les combattants ouïghours ont reçu l’aide des services de renseignements turcs pour leur transfert vers la Syrie, via la Turquie. Ce fait a généré une tension entre les services de renseignements turcs et chinois en ce que la Chine s’inquiète du rôle des Turcs dans le soutien aux combattants ouïghours en Syrie, rôle qui pourrait augurer d »un soutien turc aux combats au Xinjiang.

Pour aller plus loin sur la connexion truque avec les Ouïghours :

La Chine qui dispose déjà de facilités portuaires pour sa flotte opérant en Méditerranée, notamment à la grande base navale algérienne de Mers El Kébir, envisage de prolonger son effort en obtenant de nouvelles facilités pour sa flotte à Cherchell. La ville sur la côte méditerranéenne, abrite l’académie militaire interarmes, la plus grande académie militaire interarmes d’Afrique.

Aux extrémités du Mare Nostrum, une ligne médiane va ainsi d’Alger au port grec du Pirée, la place forte chinoise pour le commerce européen, avec les places fortes navales chinoises à Tartous et Cherchell. Une ligne perçue par l’ensemble de la planète comme la nouvelle ligne de démarcation des nouveaux rapports de forces mondiaux. Une ligne tracée à l’encre de Chine. Une encre indélébile. A quelques encablures du Colosse de Rhodes.

Hic Rhodus Hic Salta: Le passage du Rubicon se fera aussi par la Méditerranée occidentale, l’Afrique du Nord, le Maghreb, le ponant du Monde arabe, l’ancienne Ifriqiya de l’époque romaine.

Sur la stratégie chinoise en Méditerranée, notamment les rapports Chine Algérie :

Source : En point de mire, René Naba, 09-12-2016


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Commentaire recommandé

Pierre T // 22.12.2016 à 02h50

Quelle évolution pour le Hezbollah, passé en l’espace de 30 ans d’organisation semi-terroriste semi-mafieuse (rappelez-vous les rapts de journalistes occidentaux de la mi-80 – J-P Kaufmann, M Seuralt, etc… -) à une force politique et militaire de premier ordre, au point que les russes veulent apprendre leurs techniques de combat (pour mémoire, le Hezbollah avait également kidnappé des soviétiques. Les soviétiques avaient alors kidnappé 2 responsables du Hezbollah et les avaient renvoyés dans une douzaine de valises. Le Hezbollah avait bien sûr fait de même avec les otages russes, mais il n’y eu plus aucun russe enlevé après.). Cet article a le mérite de souligner la nullité de la diplomatie française depuis 10 ans, depuis que les « young leaders » de la FAF ont pris le pouvoir. Il faut absolument éjecter ces gens-là du pouvoir, quelle que soit votre sensibilité politique !

27 réactions et commentaires

  • Pierre T // 22.12.2016 à 02h50

    Quelle évolution pour le Hezbollah, passé en l’espace de 30 ans d’organisation semi-terroriste semi-mafieuse (rappelez-vous les rapts de journalistes occidentaux de la mi-80 – J-P Kaufmann, M Seuralt, etc… -) à une force politique et militaire de premier ordre, au point que les russes veulent apprendre leurs techniques de combat (pour mémoire, le Hezbollah avait également kidnappé des soviétiques. Les soviétiques avaient alors kidnappé 2 responsables du Hezbollah et les avaient renvoyés dans une douzaine de valises. Le Hezbollah avait bien sûr fait de même avec les otages russes, mais il n’y eu plus aucun russe enlevé après.). Cet article a le mérite de souligner la nullité de la diplomatie française depuis 10 ans, depuis que les « young leaders » de la FAF ont pris le pouvoir. Il faut absolument éjecter ces gens-là du pouvoir, quelle que soit votre sensibilité politique !

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    • agentorange // 23.12.2016 à 00h02

      Pour info, après le rapt et le meurtre d’un diplomate russe, un des imams lié à l’affaire, avait retrouvé le lendemain sur son pas de porte la tête de son fils/petit fils (je ne m’en souviens plus). Apparemment, la violence d’en face calme les barbus.

        +2

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      • jef // 25.12.2016 à 00h52

        Le souvenir que j’en ai tient à un entrefilet (quelques lignes) du Point, lu à l’époque : au chantage du Hezbollah, suite à un kidnapping , l’URSS avait répondu en adressant au présumé responsable une tête ou deux de ses séides. Ce devait être en début 77 ou78.

        Quant au Hezbollah, son expérience devient aujourd’hui exceptionnelle:

        1) Guerre civile, urbaine et non urbaine. (Liban)
        2) Guerre asymétrique. (Israël)
        3) Guerre conjuguant aspect urbain, civil, asymétrique et classique. Expérience de la conjugaison de forces classiques et asymétriques (Syrie).
        4) Développement d’une pensée stratégique au contact de trois armées.

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        • jef // 25.12.2016 à 01h17

          Très intéressant développement sur l’implication discrète, mais qui doit soulever de multiples craintes, de la Chine. Manque à ce remarquable tour d’horizon des bouleversements des rapports de force au Proche-Orient, une analyse de la position/situation égyptienne (qui aura très bientôt besoin de « sponsors »). Si un Etat devait renforcer l’axe Moscou-Téhéran-Ankara…

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  • Fritz // 22.12.2016 à 03h21

    Le cas du Hezbollah montre que l’adjectif « terroriste » ne peut disqualifier un mouvement politique. Son émergence est liée aux attentats spectaculaires et meurtriers commis en 1982 et 1983 contre des cibles militaires israéliennes, américaine et française, mais aussi contre l’ambassade des Etats-Unis à Beyrouth.

    Aujourd’hui, le Hezbollah est un mouvement politique reconnu, qui contribue à la stabilité du Liban, et qui a fait la preuve de ses capacités militaires contre l’armée israélienne, puis contre les extrémistes sunnites en Syrie. Pendant la guerre de l’été 2006, un sondage révélait que ce mouvement était soutenu par 87 % de la population libanaise.

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  • L’aieuil // 22.12.2016 à 06h46

    « système anti missiles auto moteur BOURK »
    Mhh faut qu’il prenne ses pilules M. Naba, il n’y a pas de BOURK russe en Syrie, y a des BUK syriens (9K317E Buk-M2E, SA-17 Grizzly pour nous) et en aucune façon ce n’est un « système anti missiles auto moteur  » mais un simple véhicule lanceur de missiles sol-air (qu’on ne fait plus tracté depuis plus d’un demi-siècle au moins, donc forcément « auto-moteur ») quand a leur capacité anti-missile, c’est uniquement pour des missiles tactiques (courte porté, faible vitesse, certes prévalant dans la région mais pas en service ni chez les Turcs ni chez les Israéliens à ma connaissance).
    Aussi comme les S-200VE (SA-5b Gammon) ce ne sont en aucun cas des acquisitions récentes puisqu’il les avaient déjà bien avant la guerre (et cela n’empêche absolument pas l’armée de l’air israélienne de bombarder à sa guise en Syrie).
    Enfin les K-300P (SS-C-5 Stooge) n’ont pas de radar (enfin pas sur le même véhicule) et sont aussi à l’armée syrienne (pas une acquisition récente non plus).
    Aussi le simple fait que les Russes laissent les Israeliens frapper en Syrie l’armée syrienne et le Hezbollah (pas plus tard qu’il y a deux semaines, c’est fréquent) est éloquent sur la position de Moscou…

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    • Ovuef2r // 22.12.2016 à 06h53

      Les avions israéliens frappent depuis Israel ou parfois le Liban, de la ils tirent des missiles sur des cibles du Hezbollah. Difficile de leur répondre tant qu’ils ne sont pas entrés en Syrie, et même si, sans se mettre sur le dos un nouvel ennemi direct et puissamment arme et puissamment aide… Parfois ils bombardent aussi en soutien des djiadhistes qui sont à la frontière du Golan et ils les soignent quand il y a des blessés. L’ennemi de mon ennemi est mon ami, et le djiadhiste moyen ne fait rien contre Israel….

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  • Ovuef2r // 22.12.2016 à 06h47

    L’article originel est en français, suivez le lien ou lisez le CV du monsieur en tête de l’article. Il pratique aussi l’anglais et donc que, parfois, un faux ami s’installe dans le discours n’a rien de bien grave, si sa langue marenelle est encore une autre langue on peut lui pardonner..

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    • Thomas Savary // 22.12.2016 à 09h11

      Oups ! voilà qui m’apprendra à ne pas faire attention à la source ! 🙂

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    • TheGhoul // 22.12.2016 à 11h04

      Le CV ne donne aucun renseignement concernant sa nationalité ou sa langue maternelle, qui ne semble pas être le français (il ne sait pas conjuguer le verbe « s’esbaudir »)… Cela dit, ces incertitudes de vocabulaire sont effectivement de peu de poids en regard de l’intérêt général de l’article !

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      • At Dahman // 22.12.2016 à 12h45

        René Naba est Libanais. Sa langue maternelle est l’arabe. Il est aussi, comme beaucoup de Libanais, parfaitement francophone et anglophone.

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        • TheGhoul // 22.12.2016 à 20h18

          Merci pour la précision — j’ai vu par ailleurs qu’il était né en Afrique, aussi n’avais-je pas vraiment d’idée concernant sa langue maternelle… Belle éducation et belle intelligence, quoi qu’il en soit.

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  • François Lacoste // 22.12.2016 à 07h42

    «En juin 1940, la France a brutalement cessé d’être une grande puissance»

    Certes, une partie importante de la bourgeoisie française, égale à elle même, s’embarquait avec émotion dans une « drôle » de collaboration…pour des tas de raisons mais surtout pensait-elle, pour protéger ses intérêts financiers de long termes contre les masses populeuses du pays et le risque bolchevique.

    Mais la France ce fût aussi un homme est ceux qui eurent le courage de le suivre.
    C’est aussi cela la France et c’est ce qui fait une grande histoire.

    Nous vivons depuis 1969 dans le monde « merveilleux » de cette bourgeoisie d’argent. C’est ainsi que quatre ou cinq banques ont littéralement phagocyté les ressources productives du pays et par conséquent sa richesse et donc sa « force ».

    Sur ce sujet, un livre passionnant qui provoque réflexions et critiques constructives;

    Un défi de civilisation, Jean-Pierre Chevènement | Fayard

    Lire aussi
    http://russeurope.hypotheses.org/5402

      +13

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    • Rémi // 26.12.2016 à 12h48

      La France n’a jamais traité l’étrange défaite.
      -Faute de dire que Pétain à la direction de l’armée française de 1919 à 1934 imprime sa marque fait de petit chefisme et d’absence de débat intellectuel il a crée une armée sclérosée dont la défaite de 40 est la principale réalisation.
      -Faute d’avoir mené ce débat la plupart des français croient encore à la propagande de vichy sur les causes de la défaite (Soit disant manque d’arme et de matériel systématiquement remis en cause par les travaux des historiens.)
      La vérité est que celui qui a fait perdre la France s’appelle Philippe Pétain (1*Traître) qu’il y fait naitre l’état qu’il appellait de ses voeux sur la défaite et la ruine de la France (2*Traître) et que nous n’avons jamais fait le ménage de l’héritage vichyste.
      Faut-il dés lors s’étonner que la France soit tombée si bas?

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  • LBSSO // 22.12.2016 à 08h04

    SVP si vous êtes partisan de la politique étrangère conduite par MM Sarkozy et Hollande ,écoutez cette vidéo de R.Naba,l’auteur de l’article mis en ligne aujourd’hui.
    Il met en perspective la politique arabe de la France.

    15mn ,c’est tout ,svp prenez-les.De plus ,vous découvrirez un humour et une ironie au service de la pédagogie.

    http://www.renenaba.com/intervention-colloque-international-nouvelle-diplomatie-francaise-moyen-orient/

    J’ignore si c’était dû aux circonstances du moment mais lorsque j’ai écouté cette intervention j’en ai pris plein la g….Je l’écris ainsi non par vulgarité facile mais parce que malgré mes lectures et rencontres ,je l’avais alors reçu comme tel.

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    • amer // 22.12.2016 à 19h14

      Merci pour cette vidéo vraiment exceptionnelle; en un quart d’heure M. Rene Naba nous donne une leçon d’histoire des relations de la France avec le monde arabo-musulman; vraiment magistral et riche d’enseignement. Et ses analyses confirment ce que je « soupçonnais » sur les dirigeants politiques français qui sont guidés plus par l’appât du gain que par le souci de l’avenir de la nation.

      Merci encore une fois; une vidéo à archiver !

        +5

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  • wuwei // 22.12.2016 à 08h59

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    • Pierre T // 22.12.2016 à 21h17

      Je ne sais pas si cela est du à la mauvaise qualité de la vidéo, mais la tête de Merkel vaut son pesant d’or… Merci pour cette vidéo.
      J’en profite pour remercier également LBSSO pour la vidéo qu’il nous a fait partager.

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  • Julie // 22.12.2016 à 10h45

    Un de ces modérés dont les medias ont fait un heros journaliste de terrain bien qu américain se met à vanter l utilité des ceintures explosives, à Alep il y a 2 jours.
    Et on s étonne que les Syriens soutiennent leur gouvernement?

    https://mobile.twitter.com/BilalKareem/status/811216051656658944

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  • Jean // 22.12.2016 à 14h34

    Des djihadistes ou autre « mercenaire rebelle » quittant Alep avec leurs armes et même leur citerne de gasoil.

    https://www.youtube.com/watch?v=faqDclpqLdo

    Pourvu qu’on ne les retrouve pas en Europe !

      +4

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  • isidor ducasse // 22.12.2016 à 18h29

    Lecture bien partisane de l’histoire de France entre Waterloo et la guerre d’Algérie.
    Assimiler Fachoda à une défaite militaire c’est bien mal connaitre cet événement puisqu’il n’y a pas eu de bataille.
    Le commentaire de Pierre me semble bien plus juste concernant la déliquescence de notre diplomatie pour cette période car il y en a eu d’autres dans notre passé.

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    • LBSSO // 22.12.2016 à 22h43

      Où lisez vous svp que l’auteur dit que Fachoda est une défaite militaire ?
      Je le cite:
      « …les défaites majeures qui ont jalonné l’histoire militaire et diplomatique française depuis deux siècles. Très exactement depuis Waterloo, en 1815, en passant par Fachoda, l’expédition du Mexique, Sedan (1870), la capitulation devant l’Allemagne nazie au terme de 39 jours de combat, en juin 1940, enfin Dien Bien Phu, 1954, l’expédition de Suez (1956)et l’Algérie (1962). »

      « Les défaites majeures qui ont jalonné l’histoire militaire ET DIPLOMATIQUE…. »

        +2

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  • christian gedeon // 22.12.2016 à 18h33

    ben en fait,et même si l’Iran y joue un rôle, la plupart de commentateurs oublient que le Hezbollah et ses combattants sont libanais.Qu’ils ont en général un niveau d’éducation et d’intelligence qu’on ne trouve pas chez les autres combattants de cette guerre.Le Libanais est en guerre depuis 1969…çà lui a largement donné le temps d’apprendre…Israël l’ appris à ses dépens en 2006… 10 ans après le niveau du Hezbollah est évidemment supérieur,et il a laissé sur le terrain nombre de morts,qui augmente d’autant sa combativité,chiite.Et de façon très paradoxale,le Hezbollah ne recherche en rien,à l’heure actuelle,une confrontation avec Israël…si cette confrontation devait avoir lieu,elle serait à l’initiative d’Israël,et serait une gigantesque connerie…parce qu’Israël « perdrait  » à nouveau,quelles que soient les destructions infligées au Liban.

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    • Pierre T // 22.12.2016 à 21h35

      @ Christian. Loin de moi l’idée d’assimiler les libanais à des gardiens de chèvres incultes, je vous assure ! Ayant des amis d’origine/nationalité libanaise ,j’en suis parfaitement conscient. Je ne faisais que souligner l’évolution du Hezbollah, en essayant de garder un maximum d’objectivité. Simplement quel dommage, quel effroyable gâchis que cette perle du proche-orient aie été martyrisée, doive toujours à présent supporter une pression énorme de part son positionnement (1.5 millions de réfugiés syriens, de mémoire, c’est énorme !), et que la France ait abandonné pour une bonne part cet état qui a pourtant su intégrer ce qui est probablement l’aspect le plus positif de sa culture. Mais je n’ai pas vraiment de doute sur la résilience des libanais. Cdlt.

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  • Gérard du Biolo // 22.12.2016 à 22h02

    Ben oui, le monde réel est plus compliqué que chez Pujadas.

    Ou quand une chanteuse chrétienne libanaise rend hommage au Hezbollah.
    Et pourtant pas devant un pare-terre de djihadistes …

    https://www.youtube.com/watch?v=CJgnxEfmoeU

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  • Jay SWD // 23.12.2016 à 02h23

    Il est important à ce stade,et puisque les consciences s’éveillent,de prendre le temps d’écouter ce que dit le patron du Hezbollah,Hassan Nasrallah,ce gars est tout simplement brillant.

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