Dans notre optique classique “Courrier International”, la vision d’une personnalité intéressante – qui n’engage qu’elle et nullement ce blog.

Bien entendu, les choses sont plus complexes que ceci, c’est donc à prendre avec recul.

(Je rappelle évidemment que je ne soutiens en rien Bachar el-Assad, je ne soutiens personne, j’essaie juste de comprendre la situation, et donc de connaître toutes les visions en présence – surtout celles non diffusées par les médias)

On lira aussi sur ce blog cette dénonciation des crimes dans les prisons d’Assad et ici le soutien que j’apporte à Amnesty International sur le cas Syrien.

Source : Le Noeud Gordien, Nassim Nicholas Taleb, 15-12-2016

(Billet édité pour précision) (Introduction d’Alexis Toulet)

La guerre civile en Syrie, à la fois très violente et très complexe, peut apparaître impossible à bien résumer. C’est pourtant ce que réussit le tableau synthétique de Nassim Taleb, confirmé par les évaluations officielles de la Défense française.

Où l’on constate que le soutien aux rebelles d’Alep, ayant passé depuis longtemps les bornes de la décence, dépasse maintenant celles de la folie. Pendant que le silence officiel est de règle sur le crime de masse commis par l’Arabie saoudite contre la population du Yémen

L’écrivain Nassim Nicholas Taleb, penseur rigoureux et original, analyste des probabilités et de la gestion des risques est à l’origine notamment du concept de “cygne noir” depuis largement popularisé pour désigner les événements dont la probabilité avait été si totalement négligée que leur possibilité même n’avait pas été aperçue.

Américain d’origine libanaise orthodoxe, c’est aussi quelqu’un qui connaît très bien le Proche-Orient. Le résumé qu’il propose du conflit syrien pourra certes surprendre, il est d’autant plus crédible que Taleb n’a vraiment aucune raison de porter le régime syrien dans son cœur, étant donné que sa famille a eu à en souffrir au moment de la guerre civile libanaise.

La guerre syrienne résumée, ou comment regarder le conflit de manière plus rigoureuse par Nassim Nicholas Taleb

Original en anglais – Nassim Nicholas Taleb, 15 décembre 2016

Traduction en français et notes – Alexis Toulet pour le Noeud Gordien, 16 décembre 2016

taleb-tableau

Résumer le conflit syrien en juxtaposant les différentes factions

Pour analyser la situation en Syrie, ce sont les différentes factions qu’il faut comparer. Ne comparez pas le régime d’Assad aux gouvernements du Danemark ou de Norvège, mais à l’alternative. La question devient alors : y a t il quoi que ce soit dans la colonne de gauche qui soit pire que celle de droite ?

Note 1. Les sbires du père d’Assad ont fait sauter ma maison à Amioun quand mon grand-père, alors député, vota pour Bachir (1) Dans “Intérêt en Jeu” je décris mon comportement comme “agir contre son propre intérêt” (le contraire d’un conflit d’intérêt). En tant que scientifique et qu’humaniste j’ai donc mis ma rancune de côté, en prenant en considération le cancer beaucoup, beaucoup plus grave du Salafisme c’est-à-dire de l’Islamofascisme.

Note 2. Je rappelle que je suis statisticien. Quand je regarde les statistiques du conflit, la plupart ressemblent à des inventions gonflées par des réservoirs à pensées (“think tanks“) fondés par le Qatar et leurs idiots utiles – par un mécanisme que les Indiens appellent “Salma l’a dit à Sabrina”(2). Par exemple, nous savons que les morts de Hama (3)n’étaient pas 30 à 40 000 comme cela a été rapporté et qu’en se limitant à ce qui est prouvé le total est plus proche de 2 000.

Note 3. On peut demander : est-ce que tous les “rebelles” sont des salafistes théocrates ? Non, mais les groupes le sont progressivement devenus par la règle de la minorité : mettez un seul salafiste dans un groupe de cinq, et tous les cinq se comporteront comme des salafistes. Ceci sans parler du financement par les wahhabites. (4)

Note 4. Les contre-insurrections – une armée contre des insurgés / des terroristes etc. – provoquent un taux bien plus élevé de victimes civiles, que l’armée soit celle d’une démocratie libérale ou d’une autocratie. (5)

Note 5. On peut demander : est-ce que tous les gens qui pleurent la défaite des rebelles à Alep si stupides, si crédules face aux sbires des réservoirs à pensées ? Ma réponse est oui, hélas. Et il faut une certaine indépendance à la fois financière et intellectuelle pour analyser les choses en dehors du récit principal, parce que les gens des réservoirs à pensées vous sautent dessus comme des mouches. (6)

En fin de compte, je n’aurais jamais imaginé voir la “gauche” se mettre du côté de l’al-Qaïda des attentats du 11 septembre 2001, pleurer les combattants d’Alep, et à l’exception de journalistes indépendants comme Robert Fisk, répandre toutes sortes de balivernes.

Nassim Nicholas Taleb

Nassim Nicholas Taleb

Nassim Nicholas Taleb

Le facteur le plus grave est le Salafisme, c’est-à-dire l’Islamofascisme

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Au Conseil européen, le délégué des djihadistes d’Alep reçu à l’instigation du président français, par Alexis Toulet

Jeudi 15 décembre, c’est à la demande de la France que le “maire” d’Alep-Est a été reçu par le Conseil européen, ceci afin d'”interpeller les dirigeants européens“.

Les guillemets sont de rigueur. C’est que l’homme n’est pas maire d’Alep en réalité, ni d’Alep-est qui n’est que la partie de la ville encore sous domination des “rebelles modérés” et n’a pas de mairie en propre. Il s’agit de fait du représentant des intérêts de ces rebelles qui suivant les sources militaires françaises sont à 80% dominés par les salafistes. Ce représentant peut être ou non lui-même un djihadiste, il est en tout cas mandaté par eux.

Il y a de quoi en être proprement abasourdi.

Un représentant des intérêts djihadistes reçu au Conseil européen.

A la demande de la France.

Et le Conseil européen de se répandre en condamnations contre la Syrie et la Russie, en pleurs sur le sort des combattants… djihadistes. Les compagnons de combat des meurtriers de Charlie Hebdo, de la supérette cacher, du Bataclan, de Nice, de l’aéroport de Bruxelles et autres lieux.

Le Conseil européen est-il entré dans la Quatrième Dimension ?

François Hollande ne semble pas avoir pu convaincre l’ensemble des dirigeants européens de monter de nouvelles sanctions contre la Russie. Cependant, les Vingt-Huit ont approuvé “l’application immédiate de mesures d’urgence, que le président français a longuement détaillées devant ses pairs, à huis-clos“. Suivant le président français, sur la question des sanctions, les Européens “auraient à se prononcer si les atrocités devaient se poursuivre“.

Les larmes versées sur les civils d’Alep-est sont-elles sincères ? Non, sinon c’est du crime contre l’humanité au Yémen que l’on parlerait d’abord !

La reconquête d’Alep-est cause de tout évidence des victimes civiles, et il est hélas fort probable que ni Syriens ni Russes ne soient plus regardants ni ne fassent de plus grands efforts pour en limiter le nombre que ne l’avaient fait Américains à Falloujah en 2004, Russes à Grozny en 2000, ou que ne le font aujourd’hui les Irakiens et leurs soutiens à Mossoul.

Les dirigeants américains et européens dénoncent bruyamment ces victimes, comparant la situation à certains des pires crimes de masse, leur discours relayé et amplifié sans guère de mise en contexte par la plupart des médias. Cette indignation est-elle sincère ?

Le problème est le suivant : il existe un déséquilibre complet de l’indignation comme de sa couverture médiatique entre différentes atrocités, différentes victimes civiles.

Or, alors que tout innocent en vaut un autre, que toute mort de civil est aussi grave qu’une autre, les mêmes dirigeants qui se font lyriques quand il s’agit d’Alep-est sont beaucoup plus discrets quand il s’agit de Mossoul l’irakienne, qui est pourtant dans la même situation d’une force d’invasion cherchant à réduire un groupe de rebelles au milieu de nombreux civils, au prix de la mort de beaucoup d’entre eux.

Ils sont tout aussi discrets quand il s’agit de bien pire, le blocus imposé par nos “amis” saoudiens au Yémen, où les organisations humanitaires sont de plus en plus stridentes à dénoncer les souffrances grandissantes de la majorité de la population du Yémen, où malnutrition et ses corollaires notamment maladies favorisées par la faiblesse ont de plus en plus d’impact, y compris voire surtout parmi les jeunes enfants.

Selon l’UNICEF, au dernier compte 460 000 enfants du Yémen souffraient de malnutrition sévère aiguë, et la moitié des enfants en-dessous de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, pendant que la nourriture de millions de yéménites est précaire. Ce qui n’est pas sans rapport avec le blocus naval empêchant le commerce avec les principaux ports du pays, qui avant la guerre importait 90% de sa nourriture. Blocus imposé par l’Arabie saoudite afin d’écraser les rebelles houthis qui donnent du fil à retordre à ses forces d’occupation sur place. Aux dernières nouvelles, c’est le choléra qui s’est mis de la partie, les personnes mal nourries ayant une immunité faible qui favorise la propagation des épidémies. Le résultat étant selon l’UNICEF que “Au moins un enfant meurt toutes les dix minutes au Yémen” en raison notamment de diarrhées, de malnutrition et d’infections des voies respiratoires.

François Hollande après le Conseil européen du 15 décembre et son djihadiste invité

François Hollande après le Conseil européen du 15 décembre et son djihadiste invité

Pleurer les djihadistes d’Alep, non condamner la famine imposée aux Yémenites par l’Arabie saoudite

Autrement dit, déséquilibre complet du discours entre deux séries de victimes civiles, celles de la reconquête d’Alep-est, celles de la reconquête de Mossoul. Et surtout négligence criante d’un véritable crime contre l’humanité, car un blocus provoquant malnutrition, maladies et mort dans une population entière n’est au sens légal le plus strict pas autre chose qu’un crime contre l’humanité.

Une indignation totalement à géométrie variable, suivant que les adversaires sont des rebelles “bien” (salafistes djihadistes non Etat Islamique) ou des rebelles “pas bien” (salafistes djihadistes de l’Etat Islamique) et suivant que les criminels sont des gens “pas bien” (Syriens soutenus par Russes) ou des gens “bien” (Irakiens soutenus par Américains et leur coalition dont fait partie la France, ou encore Saoudiens soutenus par Américains et regardés en souriant par la France)

Le cynisme atteint un comble comme c’est contre des atrocités commises par Syriens et Russes, auxquelles ils ne peuvent strictement rien, que s’élèvent dirigeants américains et européens, sans rien dire contre celles commises par les forces qu’ils soutiennent, bref précisément celles auxquelles ils pourraient quelque chose, et qui sont d’ailleurs incomparablement pires s’agissant de la répression par la famine d’un peuple rétif par l’Arabie saoudite… qui se trouve par ailleurs aussi être l’un des principaux sponsors des djihadistes syriens affublés du nom de “rebelles modérés”.

Légion d'Honneur pour le prince héritier saoudien en mars 2016

Légion d’Honneur pour le prince héritier saoudien en mars 2016

Le blocus alimentaire de la population civile du Yémen avait déjà commencé…

(1) Il s’agit de Bachir Gemayel, homme politique assassiné en 1982 lors de la guerre civile libanaise, où la Syrie joua un rôle plus que trouble

(2) On dit volontiers en France “l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours”

(3) Répression dans le sang d’un soulèvement islamiste en 1982 par Hafez El Assad, père du président actuel

(4) La domination des “rebelles modérés” par les salafistes djihadistes est connue et décrite tout à fait officiellement par exemple par la Direction du Renseignement Militaire française. Voir l’audition devant le Sénat du général Didier Castres, de l’Etat-major français, le 15 décembre 2015, décrivant la rébellion syrienne comme

une constellation de combattants très divers de l’ordre de 100 000 personnes, dont la France estime que 80 000 d’entre eux appartiennent soit à des groupes terroristes désignés comme tels par les Nations unies, soit à des groupes salafistes extrémistes

Il s’agit bien ici des rebelles syriens hors Etat islamique (Daech) et hors forces kurdes. Et oui, l’estimation tout à fait publique de la DRM est bien que ces prétendus “rebelles modérés” sont dominés à 80% par les salafistes djihadistes. C’est-à-dire des gens dont le projet de société est bien celui résumé par Nassim Taleb, et dont les méthodes sont connues des Français à travers la campagne d’attentats en cours contre notre pays.

Il est important de bien faire la différence entre les opposants et les combattants. Que la majorité des opposants au dictateur ne soient pas des djihadistes, voilà qui est tout à fait possible. Mais en temps de guerre civile, les bulletins de vote sont remplacées par les fusils. Ce ne sont pas les opposants qui comptent, mais seulement les combattants, ceux qui prennent les armes. Et parmi ceux-là, les djihadistes salafistes sont estimés à 80% du total.

(5) Rappelons que l’assaut donné par l’armée américaine en 2004 sur la ville de Falloujah en Irak, révoltée contre l’occupant, a causé selon les journalistes indépendants un total de 4 000 à 6 000 morts dans la population, dont une majorité de civils

(6) Le tableau comparatif de Nicolas Taleb peut appeler des réserves sur plusieurs points, notamment la proportion de sunnites dans l’armée syrienne, qui a pu diminuer depuis l’avant-guerre où elle était de 70%, restant cependant au moins de l’ordre de la moitié du total.

Egalement, “droits complets” pour les femmes dans la Syrie de Bachar El Assad est probablement une exagération, pensant notamment à l’application pratique du droit de la famille. Cependant, le contraste avec les projets salafistes et wahhabites est de toute façon maximal.

Alexis Toulet

Source : Le Noeud Gordien, Nassim Nicholas Taleb, 15-12-2016

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PRÉCISION : Rappelons que le but de ce site est de publier des analyses et des articles d’horizons variés afin d’élargir le champ d’information et de réflexion de ses lecteurs, dans le but de les aider à se faire eux-mêmes leur propre opinion. Les publier ne signifie nullement qu’ils reflètent systématiquement notre pensée, mais simplement que les arguments avancés sont suffisamment sérieux pour être entendus ou bien qu’ils permettent de savoir ce qui se diffuse sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas parce que les grands médias prennent parti que nous devons en faire autant, bien au contraire. Nous ne « soutenons » donc en rien le gouvernement syrien mais cherchons à comprendre et à réfléchir à la meilleure défense de nos intérêts. Nous demandons que tous les crimes survenus en Syrie soient punis, en condamnant les auteurs mais aussi tous ceux qui les ont soutenus directement ou indirectement depuis l’étranger. Enfin, nous vous recommandons de vous informer avec esprit critique auprès de multiples sources.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie nullement que nous "soutenons" Bachar al-Assad. Par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète. Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits. Au final, notre vision est que le peuple syrien puisse choisir librement et démocratiquement son avenir, sans ingérences extérieures, et nous condamnons toutes les atteintes aux Droits de l'Homme des deux camps...

45 réponses à Un résumé de la guerre civile en Syrie, par Nassim Nicholas Taleb

Commentaires recommandés

Raoul Le 19 décembre 2016 à 09h45

Bien sûr, en regardant le tableau de Nassim Nicholas Taleb, on pourra dire que c’est une vision théorique. Mais, dans les faits, le dit « régime d’Assad » fait effectivement une place aux minorités. Et, surtout, il fait une place aux femmes (il y a en Syrie des femmes députées). Alors, déjà, pour la moitié de l’humanité, le choix est vite fait : égalité des droits ou soumission ?

Et j’aime bien cette approche objective et dépassionnée qui met les défenseurs des « rebelles modérés » dans une posture intenable : soutenir un islamofascisme intolérant qui ne laisse aucune place aux femmes et aux minorités. Pour ceux de ces défenseurs qui se disent de gauche, il y a effectivement là quelque chose de monstrueux.

  1. Logic Le 19 décembre 2016 à 03h09
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    Les démocrates ne vont pas combattre avec les pseudo rebelles, ou terroristes, car ceux-ci ne sont pas des opposants au régime en place mais des ennemis de la Syrie – et que chaque syrien, avant d’être pro ou anti Assad, est d’abord syrien. On ne guérit pas un malade (la Syrie) en le tuant, quel que soit sa maladie.

    Faut-il être totalement abrutit, ou servile à la propagande du chaos made in US pour ne pas s’en apercevoir ?
    http://arretsurinfo.ch/de-la-servilite-comme-passion-politique-par-ivo-rens/

    L’indignation sélective est aussi valable entre les victimes d’Alep-Est et celles d’Alep-Ouest dont les médias ne parlent jamais.


    • V_Parlier Le 19 décembre 2016 à 19h12
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      “Faut-il être totalement abruti, ou servile à la propagande du chaos made in US?”
      -> Il faut simplement être… Edwy Plénel: http://www.youtube.com/watch?v=07f88UVP5b0 . Un flot d’obstination et, sous couvert d’indignation bobo bien propre, d’appel à la haine sans égal (les Russes, l’Eglise Orthodoxe assimilée plus ou moins à daech, avec des grands airs…). Bref, [modération : pas d’injures SVP]. Et même si ça choque probablement O.B. qui a empêché comme par hasard de commenter son soutien à Plénel, je me réjouis de ce qu’Encel dit de l’intéressé, que ce soit justifié ou pas, honorable ou pas. En plus Encel peut se le permettre car il par ailleurs des connexions qui le mettent à l’abri. Ballot pour Plénel, je m’en réjouis de plus belle.


  2. Mondran Le 19 décembre 2016 à 07h41
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    Nassim Nicholas Taleb est un des plus grand penseur de notre temps. Ses deux concepts majeurs, le Cygne Noir et l’Antifragilité ont non seulement profondément fait avancer la compréhension de notre monde, mais sont également des pistes de résolution pour des situations hautement complexes et soumises à l’imprévisibilité. Pour ceux que ce dernier concept intéresse, je l’ai catégorisé dans un article sur l’Intelligence Artificielle :

    “http://philippeleroymondr.wixsite.com/letempsdelanalyse/single-post/2016/10/18/Face-%C3%A0-lIA-pour-une-intelligence-humaine-collective”

    Je ne suis pas certain toutefois que la géopolitique soit la sphère d’application la plus facile de ces concepts. Ici, nous sommes plutôt face à un conflit de représentations collectives opposées, plus qu’à l’effet du chaos.


    • pipo Le 19 décembre 2016 à 13h55
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      Bonjour Mondran:
      vous dites dans votre article qu’un système antifragile répond aux conditions suivantes:
      “Les sous-systèmes devenus obsolètes ou présentant une exposition critique à un risque certain ou engendrant une valeur négative pour d’autres sous-systèmes ou pour le système dans son ensemble doivent disparaître (ou ne pas naître) : c’est le principe de prudence.”
      C’est la vision Darwinienne du principe du “bon sens”. l’homme est perfectible, il doit apprendre à faire le bon choix.
      En d’autres termes, (se) détruire pour comprendre que ce n’était pas une bonne idée.
      Peut être vaudrai t’il mieux apprendre à ce connaitre afin d’éviter le choix de la destruction.
      C’est ce que nous enseigne tout les mythes, toutes les religions. Et c’est sans doute plus pour notre bien que pour plaire à un dieu, quel qu’il soit (s’il existe).
      On confond conséquence et cause, de cette manière on se déresponsabilise, le cygne noir à bon dos.


    • Georges Legel Le 19 décembre 2016 à 16h48
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      Entièrement d’accord avec vous Mondran. Nassim Nicholas Taleb confirme mes pensées et comme vous je pense que le cahos est un concept Américain qui existe mais ne suffit pas à comprendre les conflits actuels si nous séparons le conflit Syrien des autres conflits qui ont eu lieu en même temps en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Irak et qui se nomme le printemps arabe déclenché par les frères musulmans. Il se trouve que la Syrie est le seul état qui a tenu contre les envahisseurs venus du monde entier y compris de leur propre pays et qui sont trompeusement nommés les “rebelles” pendant que les habitants du pays qui ne se sont pas liés aux djihadistes devenus Daech sont appelés “les fidèles à Assad” Cela démontre l’engagement de la France dans le remplacement de culture et laisse fortement penser qu’il y a de la corruption dans la politique Française. Les deux émirats Arabie Saoudite et Qatar se plaisent à dire qu’ils dirigent notre politique.


      • Georges Legel Le 19 décembre 2016 à 16h59
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        Si je fais une comparaison avec d’autres guerre, je constate que les USA qui ont toujours écrasé les populations civiles sous des tapis de bombes dans tous les conflits auxquels ils ont pris part sont mal fondés à nous jouer la comédie de la conscience outragée en Syrie.

        J’ai constaté jadis que pendant la libération de la France, les USA ont rasé les quartiers populaires et la production Française qui n’avait plus d’influence sur la capitulation Allemande. Ce constat s’accorde parfaitement avec ce qui a suivi immédiatement et qui s’appelait le plan Marshal prétendu pour relever le niveau de la France alors qu’il a été consciencieusement conçu et réalisé pour asservir la France à des nouveaux maîtres du commerce mondial.


      • shuppy Le 19 décembre 2016 à 19h51
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        Et à Bahrein c’est les Frères Musulmans également ? Vous avez également oublié le Yémen…


  3. jessim Le 19 décembre 2016 à 08h16
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    Les journalistes sont tombés dans une telle bassesse, quand je regarde sur un réseau social à fond bleu et blanc c’est toujours la même musique, “véto bloqué par les russes”, “la France propose une nouvelle résolution…” Il faut dire que la montre joue contre eux, entre Assad qui gagne du terrain et Donald Trump qui arrive à la maison blanche le temps s’accélère et les articles font de plus en plus dans la compassion.

    En tout cas un bon résumé très simple et limpide qu’est ce tableau, ce sera difficile pour les médias traditionels de le démonter.


  4. raloul Le 19 décembre 2016 à 08h45
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    Bonjour!

    Désolé, mais je ne suis pas d’accord avec l’expression “nous l’occident”.

    Si j’avais le pouvoir de chasser tous nos dirigeants corrompus je le ferais sans hésiter une seconde, s’il était possible de juger ces criminels de guerre j’appuyerais cette volonté de toutes mes forces. Mais comment lutter efficacement contre cette hydre qui nous détruit?
    S’informer et se forger une opinion propre est un bon premier pas, mais comment concrétiser? Certes les gouvernants se discréditent très bien tout seuls, mais même sans eux l’inertie est telle qu’il faut une force titanesque pour mettre à bas cette folie.

    En sommes-nous collectivement capables?

    En tous cas je refuse d’être collectivement coupables de décisions prises par ces dingues; pas d’amalgame, ça marche aussi dans ce sens-là…


    • Dinichou Le 19 décembre 2016 à 12h44
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      « Je suis citoyen des États-Unis et j’ai une part de responsabilité dans ce que fait mon pays. J’aimerais le voir agir selon des critères moraux respectables. Cela n’a pas grande valeur morale de critiquer les crimes de quelqu’un d’autre – même s’il est nécessaire de le faire, et de dire la vérité. Je n’ai aucune influence sur la politique du Soudan, mais j’en ai, jusqu’à un certain point, sur la politique des États-Unis » [Noam Chomsky, The Guardian, 20 janvier 2001]

      Espérons que nous en soyons capables, l’heure approche !


  5. Surya Le 19 décembre 2016 à 09h05
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    concernant le tableau comparatif, le statut de dhimmi n’est ouvert qu’aux “gens du livre” (juifs et chrétiens – les autres sont exclus d’office) qui payent la jizia (l’impôt spécial).


  6. Raoul Le 19 décembre 2016 à 09h45
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    Bien sûr, en regardant le tableau de Nassim Nicholas Taleb, on pourra dire que c’est une vision théorique. Mais, dans les faits, le dit « régime d’Assad » fait effectivement une place aux minorités. Et, surtout, il fait une place aux femmes (il y a en Syrie des femmes députées). Alors, déjà, pour la moitié de l’humanité, le choix est vite fait : égalité des droits ou soumission ?

    Et j’aime bien cette approche objective et dépassionnée qui met les défenseurs des « rebelles modérés » dans une posture intenable : soutenir un islamofascisme intolérant qui ne laisse aucune place aux femmes et aux minorités. Pour ceux de ces défenseurs qui se disent de gauche, il y a effectivement là quelque chose de monstrueux.


  7. Louis Robert Le 19 décembre 2016 à 09h50
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    Et qui donc sauvera l’honneur de la France, cette fois-ci?

    Qui?


    • fanfan Le 19 décembre 2016 à 14h28
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      Bruno Guigue : “La désinformation bat son plein, l’esprit collabo se déchaîne et l’hexagone, comme d’habitude, bat tous les records. Quel pays de masochistes ! On éteint la Tour Eiffel pour pleurer la défaite de ceux qui mitraillent les terrasses de nos cafés, mais on impose un embargo sur les médicaments à un peuple qui ne nous a rien fait en croyant punir un gouvernement qui combat ces assassins sans frontières. Alors, oui, éteignons la Tour Eiffel et tout le reste. De toute façon, la France est un pays en état d’extinction cérébrale, une colonie de l’Empire dirigée par des imposteurs qui, en faisant le malheur des autres, feront aussi le nôtre.”
      http://arretsurinfo.ch/sur-la-syrie-la-france-est-en-etat-dextinction-cerebrale/


    • tepavac Le 19 décembre 2016 à 20h46
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      Ceux qui l’aiment, Louis Robert!
      Ceux qui aiment son histoire, ses principes, l’évolution de sa conscience sociale, la générosité de ses habitants et en premier sa culture et le choix de son mode de vie.


  8. Feubeuh Le 19 décembre 2016 à 10h17
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    …. Pfff … Mais il n’y a PLUS de régime ASSAD !! Depuis bien longtemps …

    Sa belle armée n’existe plus depuis 2011. La plupart des militaires de haut rangs ont fait défection, certains sont partis en Turquie, d’autre ont rejoint l’ASL. Ils sont tombés de 220 000 au debut 2011 à 50 000 en 2013, depuis Bachar a ré enroler ce qu’il a pu trouver, majoritairement des petits caïds pour repasser à 130 000 elements … La Russie a bien lancé un vaste programme d’entrainement mais vu le niveau… Il reste juste l’armée de l’air a peu prés opérationnelle…Le reste est une bande de brigands qui rackettent la population et qui s’enfuit au premier danger Palmyre en est le symbole marquant.

    D’ailleurs certaine voix russes commencent à s’élever tel que le colonel Mikhail Khodarenok dans la gazetta.ru
    traduction anglaise ici : https://citeam.org/here-s-why-assad-s-army-can-t-win-the-war-in-syria/

    La volonté affichée par Poutine récemment de vouloir signer un cessez feu et les quelques déclarations de responsables russes favorisant un accord politique vont également dans ce sens.


    • aleksandar Le 20 décembre 2016 à 00h18
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      AH feubeuh,
      de retour avec votre propagande jihadiste ?
      Alors dans l’ordre:
      1° ) le gouvernement syrien existe toujours, et administre a peu près 80% de la population syrienne.
      2°) les militaires de haut rang qui ont fait défection ne représentent pas plus de 20 % des cadres, certains en échange de grosse valise remplies de dollars..
      3° ) cela a permis l’ascension de cadres plus jeunes, formé dans la guerre et bien plus compétents militairement, je vous laisse le soin de chercher leurs noms sur le net, ce sont en Syrie de véritables héros.
      4°) Mr Assad n’a pas “enrôler ” puisque l’armé syrienne est une armée de conscription,
      5°) Ce qui de facto détruit au passage votre assertion sur l’armée de petits caïds qui sont en fait des conscrits.
      6°) l’armée qui s’enfuit au premier danger, aujourd’hui réarmée, a mené 6 mois de combat pour libérer Alep Est, Palmyre n’est qu’un incident et sera reprise.
      7°) L’opinion du colonel Khodarenok est la sienne, et pour le moment il est bien seul. Notons au passage qu’il est de l’armée de l’air et technicien. Ce n’est en rien un combattant.
      8°) Poutine va bien, sa campagne de Syrie se passe comme prévu, mais je vais quand même lui envoyer votre post pour qu’il rigole un peu.
      Essayez de demander a vos maitres des ” talking points ” plus performants, là, votre ignorance de la situation en Syrie frise le ridicule.


      • Feubeuh Le 20 décembre 2016 à 04h44
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        Juste pour bien confirmer l’evolution

        L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a annoncé lundi qu’il avait convoqué les parties syrienne le 8 février à Genève pour reprendre les négociations de paix, au point mort depuis avril.

        “L’envoyé spécial est convaincu qu’il est vital de construire sur cette avancée avec de nouvelles étapes” et “a oeuvré de façon intensive en vue de reprendre les négotiations inter-syriennes”, poursuit le communiqué de son porte-parole.
        “Il souhaite annoncer qu’il est dans l’intention des Nations Unies de convoquer ces négociations à Genève le 8 février”.
        Le porte-parole ajoute que M. De Mistura “suivra avec intérêt” la rencontre mardi à Moscou entre la Russie, la Turquie et l’Iran. “Il accueille tout effort qui peut conduire à une cessation des hostilités” dans le conflit en Syrie qui a fait plus de 310.000 morts depuis près de 6 ans.

        Pas de Bachar El Assad demain ? c’est fort, non ? Ils vont discuté de SON pays sans lui ! c’est dire s’il a de l’influence.

        http://warontherocks.com/2016/08/the-decay-of-the-syrian-regime-is-much-worse-than-you-think/


        • aleksandar Le 20 décembre 2016 à 08h43
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          A noter que ” l’envoyé spécial “, celui qui a proposé il n’y a pas longtemps au gouvernement syrien de créer une zone autonome a Alep Est administrée par Al Qaida-Nusra n’est pas non plus invité.
          Qu’Assad n’aille pas a Moscou n’est pas si étonnant, la Syrie est en guerre, les déplacements pas faciles.
          De toute façon, il pense sans doute que la Russie et l’Iran représentant les intérêts du peuple Syrien, il n’a pas besoin d’y aller.
          On appelle cela dans le monde normal, c’est a dire , en dehors des esclaves de l’OTAN, des alliés.


  9. Xavier Le 19 décembre 2016 à 10h28
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    “je n’aurais jamais imaginé voir la “gauche” se mettre du côté” (…)

    Peut-être faudrait-il enfin que la moitié (de gauche) des occidentaux osent (enfin) assumer vivre de la dominance de leur groupe de nations.

    Peut-être comprendront-ils un jour que vouloir “aider” est facile quand on est dominant, surtout quand une autre partie du même système (les productivistes) se charge de la création ou du maintien de cette dominance.

    Peut-être un jour arrêterons-nous de camoufler par des belles phrases une dominance qui devra être toujours plus stricte et pourrons-nous enfin ne plus craindre le terrorisme qui en est la résultante directe ?

    Cette phase ne serait-elle pas la fin de l’ère du pétrole ?
    Le pouvoir insensé que cette ressource à conférée à l’Arabie Saoudite et consorts ne pouvait pas s’arrêter en un jour.
    Macroscopiquement, l’avancée technologique sur le stockage de l’énergie électrique, freinée par les lobbyies qui vivent du pétrole, directement (Oil&Gas) ou pas (fabricants et marchands d’armes, nucléaire) ne pourra être réalisée qu’en laissant à ces états des contreparties en pouvoir politique (religieux dans ce cas).


  10. Catalina Le 19 décembre 2016 à 10h39
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    Feueuh, vous exagérez, ii est vrai que devant les dhjiadistes, l’Armée syrienne a eu des difficultés au début mais contrairement aux dhjiadistes, elle n’avait pas les renseignements de l’Otan, ni de drone, de plus, ces dhjiadistes ont été équipés par leurs commanditaires avec des armes modernes, il a fallu du temps à l’armée syrienne pour devenir forte et aujourd’hui, ce que vous dites ne tient pas la route. On l’a vu, l’armée syrienne a été déterminante pour dégager tous ces fous de dieu et ceux qui sont des mercenaires tueurs venus de tous les pays ( ils ont déjà sévit au Kosovo, en Afghanistan, en Ukraine, etc)

    http://reseauinternational.net/letat-actuel-de-larmee-arabe-syrienne/


    • Feubeuh Le 19 décembre 2016 à 13h25
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      Vous vous bercez d’illusions … un gouvernement Assad est une chimère, une illusion. Seule la propagande du régime le maintient encore.
      Citez moi une seule victoire de l’armée Syrienne. Il n’y en a pas! Juste la mise en scène lors de la récuperation de Palmyre cet été.
      Alep ? ce sont les milices Iraniennes et le Hezbollah, c’est d’ailleurs la cause du leger bordel de l’evacuation… Sans l’intervention Russe, Assad aurait fini comme Kadhafi.

      PS : le lien originel de l’article que vous proposer est très instructif (en bas cliquer sur Valentin Vasilescu ). Pas très serieux tout cela …
      Je ne peux coller le lien, le site en question est considere comme “spam” ici, et le commentaire est supprimé automatiquement.


      • Alfred Le 19 décembre 2016 à 16h23
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        Votre mission me paraît totalement excessive et très proche de l’auto-intoxication. Des victoires purement syriens existent (kwereis, etc…) mais ce n’est pas le sujet.

        Que armée syrienne se soit décomposée et recomposée suivant des lignes néo féodales / baronniques c’est un fait (à part un couple ou deux de grandes unités).

        Il me semble cependant que vous avez un léger problème avec les ordres de grandeur par rapport à: la durée du conflit (bientôt aussi long que la deuxième guerre mondiale), le taux d’attrition des uns et des autres et le montant des ressources engagées (je parle de la Syrie et de ses alliés mais aussi de ses ennemis). Voire même avec la logique. Si les palestiniens se battent pour le régime à Alep c’est qu’ils se reconnaissent en lui et ce n’est pas un signe de faiblesse mais de force.

        Assad n’a pas fini comme kadafi justement.parce qu’il n’est pas kadafi (ne vous en déplaise). Son régime n’est pas le régime d’un seul homme mais celui d’un parti, pas seulement celui d’une minorité mais celui d’un e minorité dominante (par la force) associee aux autres minorités et associée aussi à u e partie de la majorité (si l’on suit les lignes sectaires qui plaisent tant). Enfin ce n’est pas un régime instable aux alliances changeantes. Les alliés du régime syrien sont de VIEUX alliés (et il faut croire de bons alliés). Et leur aliance satisfait des intérêts MUTUELS. (C’est sur que l’OTAN nous a un peu fait oublier ce qu’est véritablement une alliance).


      • Anne Jordan Le 19 décembre 2016 à 17h37
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        <Ah bon ?
        Valentin Vasilescu est forcément une source crédible ?
        en effet , ce que vous écrivez parait plutôt de l'ordre de la " mission " que de l'opinion ou de l'information !
        voir ci dessous


        • aleksandar Le 20 décembre 2016 à 00h25
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          Le colonel Vasilescu est le premier a avoir écrit que les avions syriens avait été ” upgradés” avec des systèmes de navigation et de tirs nocturnes. Et effectivement on a vu l’armée syrienne reprendre les vols de nuit.
          Je ne citerai pas tous les exemples pour ne pas surcharger le lecteur en matière d’armement mais au plan technique et tactique ,le colonel Vasilescu est excellent et ses sources fiables.


      • Chris Le 19 décembre 2016 à 21h18
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        Feubeuh, seriez-vous en train de nous dire que l’AAS souffrirait des mêmes maux que l’armée (et police) irakienne réarmée et entrainée depuis 10 ans leurs envahisseurs US ?


  11. Nanker Le 19 décembre 2016 à 11h03
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    (attention : message à caractère sarcastique)

    Olivier je crois que les choses sont beaucoup plus simples : comme l’a expliqué hier le “spécialiste” Jean-Pierre Filiu sur l’antenne de “Quai d’Orsay néo-con FM” pardon RFI (Radio France Internationale) la situation à Alep est que :

    “En janvier 2014 les révolutionnaires (sic) qui tenaient l’est d’Alep ont expulsé les djihadistes de Daesh. C’est donc une ville qui était libérée des djihadistes”.
    “A Alep ce qui était insupportable pour le régime Assad c’est que des Syriennes et des Syriens s’organisent j’ai pu le voir sur place avec des services publics, que l’on passait les épreuves du baccalauréat. Il y avait donc un début d’alternative civile au régime Assad. Et c’est ça qui était insupportable”.

    Voila voila…


  12. Nanker Le 19 décembre 2016 à 11h06
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    En somme à Alep-est nous avions une bande de gentils barbus rêveurs qui rêvaient d’amener au Bac toute une classe d’âge de jeunes Syriens. Expliquée comme ça, cette crise est tout de suite plus compréhensible, non?

    Personnellement je me demande encore combien de temps ce Filiu va continuer à se foutre de nous?

    La suite de ses élucubrations sont à écouter ici :
    http://www.rfi.fr/emission/20161218-filiu-historien-monde-arabe-specialiste-syrie-alep-martyr-assad


    • bout de choux Le 19 décembre 2016 à 14h44
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      C’est intéressant vu qu’avant les attaques contre le régime Baasiste , on avait à peu près 80% d’une classe d’age qui arrivaient ou dépassait le niveau BAC … ça incluait les filles …
      On a tendance à l’oublier mais le Baas est un mélange entre panarabisme et socialisme au sens Marxiste du terme, comment voulez vous que les gens qui ont du pouvoir et veulent le garder laisse prospérer ce genre de régime dont la finalité est que les gens soient assez compétents pour se diriger eux même sans l’occident.
      Divide et Impera !

      Après les methodes pour y arriver sont parfois brutales … mais si l’enfer est pavé de belles paroles , il y a souvent une montagne de cadavres aux entrées du paradis.


  13. Theoltd Le 19 décembre 2016 à 13h08
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    Il manque une case sur le pétrole et le gaz:

    Assad: Gestion nationale des ressources, avec budget voté par le parlement.
    Rebelles moderes: gestion tribale des ressources. C’est le type avec le TOW qui prend les sous, après une grosse ristourne, et qui partage ensuite avec ses copains barbus.

    C’est la case qui explique tout!


  14. John B Le 19 décembre 2016 à 14h23
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    Le petit dédouanement par rapport à Bachar el Assad dans la 1ère citation (inévitable malheureusement) me fais penser qu’il est quasiment interdit de dire que l’on soutien Bachar el Assad à cause des crimes qu’il a commis (d’ailleurs, si quelqu’un peu me donner une source fiable de ce qu’il lui est reproché, ce serait très gentil :)), mais par contre il est autorisé voir encouragé de montrer son soutiens à Obama (entre autre), qui a à mon avis beaucoup plus de sang civile sur les mains que Bachar. Et la plupart des gens ne se rendent pas compte du tout de l’ironie de cette situation… c’est vraiment désespérant.


    • kriss34 Le 19 décembre 2016 à 19h37
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      Je trouve inquiétante votre posture (partagée par d’autres ici visiblement) consistant en un déni absolu des responsabilités d’Assad: à vous entendre le gvt de Damas serait étranger p.ex à la torture dans ses geôles? Un crime, ça s’appelle. Mais bien sûr vous me demanderez des preuves et vous refuterez tout témoignage direct.


      • Pavlo Le 19 décembre 2016 à 20h40
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        Je trouve inquiétante votre posture (partagée par d’autres ici visiblement) consistant en un déni absolu des responsabilités d’Obama: à vous entendre le gvt de Washington serait étranger p.ex à la torture dans ses geôles? Un crime, ça s’appelle. Mais bien sûr vous me demanderez des preuves et vous refuterez tout témoignage direct.

        Pour ma part, je pourrais condamer le gouvernemetn de Damas seulement après qu’un ministre des affaires étrangères dise que “Obama ne merite pas d’être sur terre” ou quelque chose d’approchant.

        C’est juste une question de priorités; d’abord on s’occupe du Mal principal, ensuite seulement on s’occupera des maux de rang inférieur.

        Je dirais éventuellement que je “ne soutiens pas” X ou Y, seulement quand ce sera la norme dans la presse française de dire “je ne soutiens pas le régime de Washington” à chaque article qui dit un peu de bien des Etats Unis.
        Tant que ce ne sera pas le cas, je ne me permettrai jamais de le dire pour d’autres.
        Encore une fois, question de priorités, et de décence.


      • Alfred ou Le 19 décembre 2016 à 22h56
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        Qu’est ce que ça peut vous faire la torture (indéniable) dans les geôles d’assad? La torture en Birmanie vous empêche de dormir? Et dans la moitié des pays de la terre (au bas mot). Vous êtes d’ailleurs déjà probablement parti en vacances dans un pays où elle se pratiquait sans vous y interesser plus que ça.
        L’implication de gouvernements successifs qui vous représentent et l’utilisation de l’argent de vos impôts dans la manufacture d’une guerre d’agression et la production régulière de victimes collatérales sous les bombes tricolores devraient peut être vous deranger davantage.
        Sans parler de votre propre mise en danger et de celle de vos proches du fait des conséquences du chaos ainsi généré. On croit rêver. Les sahibas d’assad sont responsables du Bataclan “par ricochet” tant que vous y êtes. De la folie ça s’appelle.


      • John B Le 21 décembre 2016 à 09h42
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        @kriss34: ce que je trouve inquiétant c’est de déformer mes propos à ce point. C’en est limite malhonnête. En tout cas vous utilisez les même méthodes que les média utilisent pour leur propagande anti-russe. Oui, inquiétant vous avez raison, c’est le mot.

        Mais au moins vous mettez en évidence ce que j’ai essayé d’expliquer, car les tortures de Guantánamo, pour prendre le meilleur contre-exemple, c’est un crime aussi.
        Pourtant vous n’être sûrement pas autant agressif envers l’énorme majorité de gens qui tout les jours soutiennent banalement l’armée américaine par rapport au conflit en Syrie.

        Tout comme nos dirigeants soutiennent les états unis sans problème alors qu’il serait impensable de soutenir le régime syrien, sous prétexte qu’il y a eu de la torture commise par le gouvernement… alors que les états unis font pire.

        “La guerre c’est la paix” comme disait l’autre. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.


  15. Julie Le 19 décembre 2016 à 14h33
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    renseignez-vous…
    à part sur twitter.. vous avez vu une seule femme participer au gouvernement établi fin 2014 par le “conseil des rebelles d’Alep”, qui avait unifié 14 factions?? (à voir les images ces jours-ci des “boutiques” respectives de chaque mouvement dans Alep Est on se demande bien ce qui était unifié mais bon


  16. Rémi Le 19 décembre 2016 à 14h39
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    Le rapport de force en Syrie est généralement présenté sous l’angle d’un immense déséquilibre, d’un manque de soutien à une rébellion plus ou moins livrée à elle-même… ( voir Florence Aubenas , Le Monde .. les rebelles dénudés, en tongs….. Hmmm Hmmm

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/07/23/a-alep-en-syrie-mais-c-est-la-revolution_1737028_3218.html

    En réalité:
    (1) le budget militaire de la Syrie pour 2011, selon les estimations, était de 1,8 à 2,5 milliards de dollars ;

    (2) Dès 2012, la CIA organise, avec de l’argent Séoudien, le soutien à la rébellion, à hauteur de « plusieurs milliards de dollars » :
    https://seenthis.net/messages/453211

    (3) Depuis 2013, la CIA a un programme, en propre, d’armement et d’entraînement des « rebelles » en Syrie à hauteur de 1 milliard par an :
    https://seenthis.net/messages/380589

    (4) Mi-2013, le FT estimait les « dépenses » du Qatar en Syrie à au moins 1,5 milliards de dollars par an, et plus encore pour l’Arabie séoudite :
    https://seenthis.net/messages/139356

    (5) Le Pentagone avait un budget de 500 millions de dollars pour l’année 2015 seule :
    http://foreignpolicy.com/2016/03/18/pentagon-wasted-500-million-syrian-rebels

    On ne sait pas à quelle hauteur sont intervenus d’autres pays (par exemple la France a reconnu avoir violé l’embargo européen sur l’envoi d’armes en Syrie en 2012), ou d’autres services (le Pentagone avant 2015 par exemple).


  17. Rémi Le 19 décembre 2016 à 14h41
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    Donc, peut estimer, de manière tout à fait crédible (sur la base de sources « reconnues » que sont le Financial Times, le New York Times et le Washington Post), que les investissements étrangers dans l’armement et l’entraînement de la rébellion syrienne ont été au moins équivalents au budget de la défense syrienne du début de la guerre.

    Une remarque : il est assez évident que, avec l’escalade du conflit, le budget militaire syrien a explosé, puis que l’intervention directe russe a encore changé l’équation (un article estimait le coût de la première année d’intervention russe en Syrie à 800 millions de dollars). Mais cette histoire de budget me semble tout de même extrêmement parlante. Je m’explique : le budget militaire de la France, à la même époque, tourne autour de 60 milliards de dollars.

    Imaginons que, pour une raison quelconque, une rébellion éclate dans le pays, et que des pays étrangers se mettent à l’armer et à la financer, à hauteur d’environ 60 milliards de dollars par an. Assez évidemment, dans les années qui suivent, le budget français va augmenter dans des proportions énormes, et le pays fera appel à, disons, l’armée de son allié américain.

    De fait, la comparaison directe avec le budget initial ne donnera pas une idée précise du rapport de force durant le conflit, mais constituera tout de même un ordre d’idée éclairant : et c’est là que je veux en venir, personne n’osera prétendre que la rébellion financée à de tels niveaux était désargentée, combattant en tongues, « abandonnée », et que le rapport était totalement déséquilibré.


  18. Anne Jordan Le 19 décembre 2016 à 17h41
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    mauvaise nouvelle : ( pour nous , les Européens ! )
    http://www.lemonde.fr/international/article/2016/12/19/les-sanctions-economiques-de-l-ue-contre-la-russie-prolongees-de-six-mois_5051233_3210.html
    L’article ci dessus semblait espérer qu’il n’y aurait pas de prolongation , mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !


  19. christian gedeon Le 19 décembre 2016 à 18h41
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    Nassim Taleb répond de manière brillante et concise à la question sempiternelle posée bien souvent aux Libanais qui sont contre la soi disant rébellion. A savoir comment pouvez vous être contre la rébellion (sic!) et donc pour Assad…Non,nous ne sommes pas “pour “Assad.Et le tableau synoptique de M. Taleb et une démonstration éclatante des raisons pour les quelles,nous devrions être tous opposés à cette “rebellion”,quel qu’aient été les souffrances subies aux mains de l’envahisseur syrien au Liban…à cause de ces souffrances …nous savons mieux que personne ce qu’est une guerre d’annihilation et de domination totale,nous sommes passés par là….et nous disons haut et fort,être pour la rébellion,c’est être pour un effroyable totalitarisme islamiste,dont fait il le rappeler “les masses musulmanes ” sont les victimes au quotidien…et pour lequel les minorités chiites,chrétiennes,alaouites,yézidies doivent être purement et simplement liquidées,physiquement. Tout comme doit être liquidée l’histoire non islamiste des pays concernés.Merci M. Taleb.


  20. Julie Le 19 décembre 2016 à 23h32
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    Pendant que les medias accusent les civils de 2 villages à majorité shiite d être pro régime et qu ils couvrent les actes de criminels, les gens meurent

    http://angryarab.blogspot.fr/2016/12/for-world-to-see-anne-barnard-and-liz.html


  21. BEOTIEN Le 20 décembre 2016 à 06h29
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    “Pour analyser la situation en Syrie (…) Ne comparez pas le régime d’Assad aux gouvernements du Danemark ou de Norvège, mais à l’alternative.”

    Qu’ajouter ? Une citation d’un certain de Gaulle : “La politique n’est rien d’autre que l’art des réalités.”


  22. RGT Le 20 décembre 2016 à 08h45
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    Depuis le début de la guerre en Syrie (comme pour les autres conflits “humanitaires” depuis ma prise de conscience sur l’ex-Yougoslavie (aidée par un Macédonien de Skopje qui m’en avait expliqué sa vision) et bien avant l’arrivée d’Internet je ne veux plus entendre parler de ces interventions “libératrices” qui sont surtout prédatrices.

    Désormais, grâce au “devoir de protéger” les occidentaux se permettent d’aller foutre le bordel n’importe où sur la planète dans des opérations dans lesquelles ils sont directement impliqués de manière décomplexée.

    Le “devoir de protéger” ne s’applique pas aux populations locales, il s’applique seulement aux intérêts de quelques ploutocrates.

    Il faudrait créer un “TPI” populaire qui ait le pouvoir d’extrader tous les ploutocrates et leurs vassaux (même dans les chiottes de la Maison Blanche) pour les traduire devant les vraies victimes de leurs magouilles sanglantes.

    Bachar El Assad, c’est pas le “top” mais c’est aux syriens de décider.
    Après ce qui s’est passé je pense que le peuple (le vrai) le soutiendra comme les russes soutiennent Poutine.
    Juste parce qu’ils sont une protection contre les ingérences extérieures, ce qui est la première obligation régalienne.

    En occident cette obligation régalienne a été supprimée des constitutions pour favoriser “les traités équitables” (TAFTA, TISA, CETA, UE, etc…).


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