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19.février.202419.2.2024 // Les Crises

La Grande-Bretagne vient-elle de mettre l’Ukraine sur le chemin vers l’OTAN ?

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Le pacte de sécurité britannique avec Kiev pose les bases d’une diplomatie immédiate, ce qui est le plus nécessaire aujourd’hui.

Source : Responsible Statecraft, Eve Ottenberg
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

L’Ukraine et le Royaume-Uni ont annoncé le 12 janvier la signature d’un accord de sécurité, le premier du genre, qui, espère Kiev, la mettra sur la voie de l’adhésion à l’OTAN.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a également augmenté le financement militaire de l’Ukraine de 200 millions de livres, pour le porter à 2,5 milliards de livres en 2024-2025. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a qualifié l’accord « d’accord de sécurité sans précédent ». Cette hyperbole apparente est exacte. Il s’agit du premier pacte de sécurité bilatéral impliquant l’Ukraine depuis l’invasion russe de 2022.

Cependant, il a ensuite glissé vers la spéculation en tweetant : « Si le Royaume-Uni et d’autres pays avaient fourni un tel niveau de garanties après 1991, il n’y aurait pas eu d’agression russe du tout. »

Peut-être. Si de tels pactes avaient accéléré l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN, avant que la Russie ne se remette de son effondrement des années 1990, l’invasion de 2022 n’aurait peut-être jamais eu lieu. Cependant, depuis 2008, tout indique que Moscou s’est implacablement opposée à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Si l’Occident avait pris des mesures dans les années 1990 pour offrir des garanties de sécurité à l’Ukraine, il est tout aussi probable que la Russie serait intervenue beaucoup plus tôt – et si la Russie était beaucoup plus faible dans les années 1990, l’Ukraine l’était aussi.

Certains éléments du nouveau pacte de sécurité entre le Royaume-Uni et l’Ukraine, comme l’intensification du partage des renseignements, ont déjà amené Moscou à soupçonner l’Occident d’avoir l’intention de contourner une éventuelle adhésion à l’OTAN, c’est-à-dire de fournir à l’Ukraine de véritables soldats de l’OTAN. L’annonce du pacte a d’ailleurs suscité une réaction rapide de la part de Dmitri Medvedev, le tenant de la ligne dure du Kremlin, qui ne craint pas l’hyperbole, accusant Londres de planifier précisément cela et menaçant d’une riposte nucléaire.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir de la guerre ? Rien de bon. Le Royaume-Uni n’est pas en mesure de garantir quoi que ce soit à l’Ukraine, et encore moins de lui fournir une aide militaire suffisante pour assurer sa défense. (L’armée britannique ne dispose aujourd’hui que d’environ 150 chars de combat et, en 2022, la production britannique d’obus d’artillerie pour l’ensemble de l’année a été inférieure au nombre d’obus utilisés par l’Ukraine en trois jours au plus fort de la contre-offensive. Les contrats signés en 2023 pour augmenter la production prendront environ deux ans.)

Cette décision britannique va plutôt créer un nouvel obstacle à l’ouverture de pourparlers de paix, en augmentant la méfiance des Russes et en renforçant les opposants aux pourparlers ailleurs en Europe.

L’objectif du Kremlin de maintenir l’Ukraine en dehors de l’OTAN est constant depuis l’échec des pourparlers de paix au printemps 2022, et ce nouvel assaut britannique ne peut que ralentir la volonté russe de mettre fin aux combats et de discuter. En effet, rien ne prouve que Moscou ait l’intention de cesser le combat. Ce nouvel accord de sécurité ne fait qu’aggraver la situation. Comme me l’explique Anatol Lieven, de l’Institut Quincy, dans un courriel : « Bien qu’en ce qui concerne Londres, une grande partie de cet accord ne soit que le jeu habituel des Britanniques en tant que grande puissance, il pourrait avoir de sérieuses conséquences dans le monde réel. »

En bref, il s’agit d’une provocation. L’annonce britannique tombe en outre à un moment particulièrement mal choisi, alors que l’on apprend que l’administration Biden souhaite s’engager dans la voie d’un règlement négocié pour mettre fin à la guerre. Ce pacte de sécurité garantit qu’aucun règlement de ce type n’interviendra bientôt. Car s’il esquisse le refus général de l’Occident d’envisager une Ukraine neutre, il est difficile de voir Moscou faire marche arrière.

En effet, le 15 janvier, on a appris l’existence de la « route de la Moldavie » entre l’Ukraine et la Roumanie. Selon les rapports, cette autoroute permettra d’accélérer considérablement le transfert d’armes et d’équipements américains vers l’Ukraine.

Outre les fonds de l’accord de sécurité, ce pacte promet une aide « rapide et soutenue » à Kiev en cas de nouvelle attaque de Moscou. Il préconise également l’adhésion future de l’Ukraine à l’OTAN, fournit « une assistance globale à l’Ukraine pour la protection et la restauration de son intégrité territoriale à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, » y compris la zone maritime, la reconstruction de l’économie, la protection des citoyens, la prévention et la dissuasion de l’escalade militaire russe, et le soutien à l’intégration européenne de l’Ukraine, d’après le texte de l’accord.

Les éléments clés sont l’échange de renseignements, la formation militaire et médicale, la cybersécurité et la coopération industrielle en matière de défense. L’engagement du Royaume-Uni à fournir des milliers de drones militaires, « le plus important jamais réalisé », selon le bureau de Sunak, n’a sans doute pas non plus contribué à faire avancer les négociations de paix.

Dans le contexte des remarques faites par le président Joe Biden il y a deux semaines au sujet d’une « guerre directe entre les États-Unis et la Russie » – et de sa déclaration antérieure aux Républicains du Congrès selon laquelle, s’ils ne finançaient pas l’Ukraine, les soldats américains et russes s’affronteraient, en d’autres termes, la Troisième Guerre mondiale éclaterait avec toutes ses terribles implications nucléaires – on pourrait conclure que Washington a l’intention de suivre Londres sur la voie de l’escalade.

« Les enjeux de ce combat vont bien au-delà de l’Ukraine, a récemment déclaré Joe Biden, et affectent la sécurité de l’OTAN et de l’Europe. » La question reste ouverte. Il existe peu de preuves que Moscou ait l’intention d’envahir d’autres voisins, bien que les médias et les politiciens qui bavardent imprudemment attisent souvent les craintes, ce qui ne fait qu’entraver le passage nécessaire à la diplomatie.

Toutefois, compte tenu de l’échec de la contre-offensive ukrainienne et de l’avancée lente et régulière de la Russie tout au long de la ligne de contact, les États-Unis ont manifesté leur intérêt pour des pourparlers au cours des derniers mois. Il s’agit de la plus sage des deux voies actuellement signalées, bien que de manière schizophrénique, à l’intérieur du Beltway [Périphérique de Washington, NdT]. L’Ukraine manque de main-d’œuvre et les arsenaux militaires européens sont vides, car presque tout a été expédié en Ukraine et détruit par la Russie, tandis que la base industrielle de guerre de Moscou s’est développée. Pendant ce temps, l’OTAN est à court de munitions. Des pourparlers immédiats permettraient probablement d’obtenir un meilleur accord pour l’Ukraine que dans six mois ou un an.

« Il est désormais évident pour tous que la contre-offensive ukrainienne de l’été a échoué. Pendant ce temps, alors que les fournitures militaires russes augmentaient, les approvisionnments ukrainiens diminuaient, note Nicolai Petro, professeur de politique comparée et internationale à l’université de Rhode Island, dans une interview. Cela ouvre inévitablement la voie à une contre-offensive russe potentielle. »

Mais pour le reconnaître, il faut faire preuve d’un réalisme occidental profond qui n’a guère été démontré jusqu’à présent. Si la Russie est victorieuse – et c’est la voie que suivent actuellement les événements – c’est le Kremlin qui dictera les conditions. Moscou a depuis longtemps fait savoir qu’elle devait discuter avec Washington, et pas seulement avec Kiev. Il ne reste plus beaucoup de temps à l’Occident pour sauver le moindre aspect de ce fiasco. Les nouveaux pactes de sécurité agressifs ne font que l’accélérer.

Eve Ottenberg

Eve Ottenberg est une romancière et une journaliste qui a publié des articles dans le New York Times, Vanity Fair, The Washington Post, The American Prospect, The Nation, CounterPunch et d’autres publications.

Source : Responsible Statecraft, Eve Ottenberg, 22-01-2024

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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yoddle // 19.02.2024 à 08h36

la GB veut la guerre, jonhson a saboté les accords qui auront pu arrêter la guerre il y a 2 ans (interview poutine-tucker carlson).
les « éveillés » ont compris que l’europe subit le diktat des USA et il faut aller vite à cause des éléctions (grain de sable ?).
hier, macron a signé un accord de soutien à l’ukraine sur 10 ans, il a encore donné 3 milliards et aujourd’hui le sinistre de l’économie nous annonce un budget d’austérité de 10 milliards, ce n’est que le début (attention à votre épargne, les lois « d’urgence » ont été votées…).
ILS VEULENT UNE GUERRE qu’ils pensent qu’elle sera « éclair », et on a vu ce qui s’est passé en 1914 et on connaît le résultat !
Après cette guerre, ils prévoient que toutes les nations demanderont un gouvernement mondial garant de la « paix sur la terre »…pour installer leur nouveau monde ou vous n’aurez plus rien et vous serez heureux…
c’est juste un scénario…

11 réactions et commentaires

  • yoddle // 19.02.2024 à 08h36

    la GB veut la guerre, jonhson a saboté les accords qui auront pu arrêter la guerre il y a 2 ans (interview poutine-tucker carlson).
    les « éveillés » ont compris que l’europe subit le diktat des USA et il faut aller vite à cause des éléctions (grain de sable ?).
    hier, macron a signé un accord de soutien à l’ukraine sur 10 ans, il a encore donné 3 milliards et aujourd’hui le sinistre de l’économie nous annonce un budget d’austérité de 10 milliards, ce n’est que le début (attention à votre épargne, les lois « d’urgence » ont été votées…).
    ILS VEULENT UNE GUERRE qu’ils pensent qu’elle sera « éclair », et on a vu ce qui s’est passé en 1914 et on connaît le résultat !
    Après cette guerre, ils prévoient que toutes les nations demanderont un gouvernement mondial garant de la « paix sur la terre »…pour installer leur nouveau monde ou vous n’aurez plus rien et vous serez heureux…
    c’est juste un scénario…

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    • ouvrierpcf // 20.02.2024 à 21h07

      C’est terrible quand même de nier les faits ou d’en omettre certains pour se laver des impostures La GB elle n’a saboté aucun accord Mais mais mais et mais La France par la signature de François Hollande la grande Allemagne par la signatures de Angela Merkel eux eux ont trahi leurs nations leur pays et saboté des accords rédigés sur papier les accords de Minsk II de de 2015 7ans de mensonges !! Oh réveillez vous !!

        +7

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      • Fox2 // 24.02.2024 à 10h39

        Davyd Arakhamia, chef de la fraction parlementaire Serviteur du peuple en Ukraine, dirigeait la délégation de négociateurs ukrainiens à Istanbul fin février 2022. Le 23 novembre 2023, il a révélé dans une interview que les négociations de paix étaient pratiquement conclues début mars, mais que Boris Johnson était arrivé à Kiev en urgence pour ordonner aux dirigeants ukrainiens de « faire la guerre à la Russie », leur promettant aide et protection de l’Otan.
        C’est vrai, c’est terrible de nier les faits ou d’en omettre certains…

          +7

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  • landstrykere // 19.02.2024 à 08h36

    Il n’y a pas que la GB. Ces pactes bilatéraux sont passés avec la Pologne, l’Allemagne et la France entre autres. Il s’agit clairement d’amener l’OTAN en Ukraine pleinement et ouvertement via la combine d’accords séparés par pays un à un.
    Un plan est que les troupes de ces pays remplacent les troupes ukrainiennes de l’arrière en positions de défense, lesquels iraient alors au front, pour pallier au problème des effectifs. Mais il peut y avoir aussi utilisation de missiles et aviation par ces pays stationnés en Ukraine contre la Russie, avec le pari que les russes ne s’en prendront pas à eux en tant que …membres de l’OTAN . Et d’autres scénarios encore. 2024-2025 va être extrêmement dangereuse. La visite récente de Nuland à Kiev ne présage rien de bon.
    Les russes ne font rien làcher, pour eux c’est existentiel. Pour l’OTAN doit être neutralisé, point barre.

      +29

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    • calal // 19.02.2024 à 16h59

      poutine et les elites russes ont deja prevenu depuis deux ans que tout ce qui est en ukraine est considere comme une cible valide. Deja des « mercenaires » de l’otan et autres « instructeurs » se sont pris des missiles dans la gueule. Lviv a quelques dizaines de km de la frontiere polonaise a deja ete bombardee…

      Poutine laisse l’otan venir. Tout ceux qui sont volontaire pour la guerre, sous uniforme de l’otan ou non peuvent aller en ukraine…Des que vous avez passe la frontiere,vous etes une cible,faut juste le comprendre et l’assumer…

        +15

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  • Auguste Vannier // 19.02.2024 à 09h50

    En fait l’USEUROTAN est acculé: impossible de reconnaître sa défaite, difficile d’opérer une retraite stratégique, et encore plus difficile de reprendre une contre-offensive…
    Un article éclairant la situation par une métaphore du jeu d’échec, la décrit comme le cas ou un joueur d’échec quelque soit son choix prend une mauvaise décision: le Zugzwang.
    En l’espèce, « La retraite stratégique est difficile, mais la défaite stratégique est pire. Parfois, il n’y a pas de bons choix »
    https://bigserge.substack.com/p/the-age-of-zugzwang
    Mais ces « jeux de guerre » dans lesquels se complait « l’occident global », sont tragiques par le nombre de vies supprimées ou brisées, par les destructions immenses, les dépenses inconsidérées, et les risques d’une guerre nucléaire qui serait celle-là, la « der. des der. »

      +17

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  • DVA // 19.02.2024 à 10h28

    …j’aime bien cet autre point de vue sur la guerre en Ukraine: Les entreprises cotées en bourse et actives dans l’industrie militaire et de la défense peuvent être regroupées dans un indice d’actions et rendues investissables par le biais d’un ETF.
    Les ETF, Exchange Traded Funds ou fonds indiciels cotés en Bourse, sont déjà utilisés par les banques privées, les caisses de pension et les organismes publics. Aujourd’hui, le capital investi dans les ETF au niveau mondial est de 7860 milliards de dollars.1
    L’OTAN (11 des 20 ières entreprises de défense) comme BlackRock, possède un fond d’investissement appelé Future of Defence UCITS ETF (NATO).
    BlackRock regroupe sept des 10 premières entreprises, y compris des entreprises chinoises. Vanguard suit aussi avec une préférence pour le marché chinois.Sachant que les clients des entreprises d’armement sont presque exclusivement des États, on comprend alors mieux les ‘choix illogiques’ stratégiques de nos gouvernements respectifs!

      +17

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  • DVA // 19.02.2024 à 10h29

    L’EFT qui se porte le mieux est celui de l’OTAN HANetf Future of Defence UCITS ETF avec +18,68% en six mois…
    La guerre du XXIe siècle n’est plus dans les stratégies des généraux, elle est dans la stratégie des marchés spéculatifs.
    La guerre en Ukraine a encore de beaux jours pour dilapider nos milliards dans les fonds spéculatifs de l’OTAN et de BlackRock. Cette guerre devait durer longtemps selon l’expression de Macron, il n’a jamais été question de penser une seule fois à la victoire, il faut gagner, gagner, gagner, beaucoup d’argent en détournant nos impôts dans des fonds spéculatifs avec la mise en scène des marionnettes du G7, qui ne sont que des VRP au costard bien taillé qui mentent avec la complicité des médias et qui censurent les réalités du front ukrainien sur les réseaux sociaux pour financer des fonds spéculatifs qui vivent à nos crochets…

      +11

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  • Fritz // 19.02.2024 à 11h25

    Nous en sommes arrivés là par conformisme et paresse intellectuelle : tout le monde, y compris les Russes, s’est habitué à la survie de l’OTAN après 1990, alors que ce truc aurait dû se dissoudre en même temps que le Pacte de Varsovie. L’Alliance atlantique elle-même aurait dû se dissoudre, comme le prévoyait un général de Gaulle fort optimiste : « l’Alliance est nécessaire tant qu’une menace subsiste à l’Est ! L’Alliance, oui, mais pas l’OTAN, pas l’organisation intégrée aux mains des Américains […]. L’Alliance disparaîtra le jour où le rideau de fer se lèvera et où les pays de l’Est seront devenus pareils aux autres », confiait-il à Alain Peyrefitte.

    [modéré]

    Intégrer l’Ukraine à l’OTAN, c’est comme si l’URSS, après avoir encouragé un coup d’État au Canada dans les années 1960, se proposait d’intégrer ce pays au Pacte de Varsovie.

    Et habitués que nous sommes à cet acronyme : OTAN, nous ne voyons plus l’énormité de la chose ! Le réveil sera très douloureux, car les Russes ne laisseont pas faire. Ils n’ont pas le choix : « plus un pas en arrière », comme en 1942.

      +28

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  • Batxman // 20.02.2024 à 06h46

    Et nous nous avons le Gluxman qui veut que la France se mette en économie de guerre ! Bien sûr, lui il resterait planqué. Qu’il y aille faire la guerre ce soit-disant Socialiste…

      +19

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  • ouvrierpcf // 20.02.2024 à 20h59

    Sauf que sauf que les accords de sécurité ça n’existe pas dans le fonctionnement du parlement britannique sauf que sauf que même adopté a la rigueur par un accord politique majoritaire il fut l ‘aval du Roi ou au moins son visa Une découverte inopinée d’un souci de santé ne permet justement pas au roi de décider sereinement on comprends mieux aujourd’hui la révélation tardive d’un cancer même suppose Bénin

      +3

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