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27.décembre.201827.12.2018 // Les Crises

La malédiction Iranienne ou quand les États-Unis se passent une corde au cou. Par Alastair Crooke

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Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 19-11-2018

ALASTAIR CROOKE | 19.11.2018

« Ni M. Trump, ni aucun membre de son administration, n’ont donné leurs conclusions sur la façon dont M. Khashoggi est mort ou sur le commanditaire à l’origine de son assassinat » s’insurge-t’on dans un éditorial du Washington Post. « En revanche, ils font semblant d’attendre les conclusions de l’enquête saoudienne… leur position pose un problème flagrant : elle présume que Mohammed Ben Salmane n’est pas à l’origine du complot pour assassiner Khashoggi – malgré l’abondance de preuves, qui toutes pointent vers le prince héritier. En vérité, comme l’administration Trump le sait certainement, il n’y a pas d’enquête saoudienne mais seulement une opération de dissimulation, maladroitement déguisée en enquête.

Une des facettes de cette affaire relève de la politique intérieure américaine. En effet, comme le sous-entend le Washington Post, la Maison blanche est perçue comme jouant un rôle de plus en plus actif dans le camouflage « en douceur » de cette dissimulation. Autrement dit, la Maison blanche semble tellement déterminée à garder MBS en place, comme pivot de l’intégralité de la stratégie de Trump au Moyen-orient, qu’avec Bolton, ils essaieront de fermer les yeux à la manière de l’amiral Nelson en son temps – ou de ne prêter qu’une attention sélective – sur toute preuve enregistrée présentée par le gouvernement turc, qui pourrait impliquer MBS.

Trump reste prudent. Ainsi a-t’il déclaré : « J’aurais un avis beaucoup plus clair sur cette question d’ici la semaine prochaine… Je suis en train de me forger une opinion solide ». Sans doute, cette prudence est-elle de mise de sa part : Yeni Safak, le grand quotidien turc, proche du gouvernement, qui a couvert jour après jour les fuites d’informations sur l’affaire Khashoggi, a rapporté que Maher Mutrib, l’agent de renseignement saoudien qui était à la tête du groupe des 15 assassins envoyé à Ankara, avait parlé directement, à quatre reprises, avec Badr al-Asaker, le chef du cabinet du prince héritier, après la mort de Khashoggi (si Mutrib est la personne qui a dit « informe ton patron » au chef du cabinet de MBS, alors l’implication est claire). Cette information n’a pas été confirmée officiellement, mais il est possible (et fort probable) que les renseignements turcs aient encore quelques détails à révéler, par petit morceau, histoire de discréditer la position saoudienne chaque fois que le royaume tente d’« en finir » avec cette affaire. Erdogan est déterminé, semble-t’il, à faire la peau à MBS.

Quoi qu’il en soit, à Washington, la relation entre l’Arabie saoudite et les États-Unis, de par sa nature et son rapport coûts-avantages, est une question qui s’inscrit clairement dans la durée : Adam Schiff, le président du House Intelligence Committee (comité du renseignement de la Chambre des représentants) a déjà déterminé que cette question – ainsi que le « où, qui, quand, comment » de l’affaire Khashoggi – serait soumise à l’examen minutieux du parti Démocrate lors de la prochaine assemblée de la nouvelle Chambre des représentants.

Cependant un problème de plus grande ampleur se pose – que Trump n’est peut-être pas encore prêt à admettre ; même si MBS maintient sa position d’héritier présomptif, ce qui est vraisemblable, vu le fort attachement de Trump à son égard, la stratégie de ce dernier, au Moyen-orient, se trouve en grande difficulté. La complexité de la situation ne s’arrête pas au meurtre sordide de Khashoggi, elle s’étend maintenant bien au delà. L’importance de l’affaire Khashoggi, pour ainsi dire, réside dans le fait qu’elle aie ouvert la boîte de Pandore de toutes sortes d’exactions sinistres, révélant qu’aujourd’hui, dans les pays du Golfe, l’assassinat de Khashoggi n’est pas un cas isolé et ne sort pas non plus de l’ordinaire : Buzzfeed News a rapporté que les Émirats arabes unis avaient mis en place une unité de mercenaires étrangers chargés de manière explicite de l’assassinat en série de dirigeants des Frères musulmans (Al-Islah) au Yémen (tandis que l’Arabie saoudite y aidait discrètement les forces d’al-Qaïda pour combattre les insurgés Houthis). Plus récemment, le New York Times a divulgué une tentative de hauts responsables saoudiens pour conclure un contrat de 2 millions de dollars dans lequel les États-Unis avaient des intérêts, et dont l’objet était une autre série d’assassinats, mais visant cette fois des responsables iraniens. En toute franchise, la lecture de ces rapports n’est pas sans rappeler l’époque de Saddam Hussein : disparition de princes en Suisse et à Paris, prise en otage d’un premier ministre et incarcération à volonté de grands princes et de dissidents.

Bien sûr, les « réalistes » vous diront « Et alors ? ». Ce positionnement apparaît, par exemple, dans les communiqués des responsables occidentaux, à l’attention du Financial Times : le soupir de lassitude d’un « On ne peut pas faire autrement » filtre doucement. « Les responsables occidentaux doutent que le prince héritier puisse être évincé car il a tellement renforcé son pouvoir, y compris en rassemblant les forces armées et les services de sécurité sous son autorité »… Et « il n’existe aucun candidat pour remplacer le prince Mohammed, qui a gagné des soutiens parmi la jeunesse et les élites libérales grâce aux réformes sociales mises en place lors de son ascension fulgurante » concluent-ils. Vraiment ? Aucun candidat ? Personne qui ne puisse remplir ce rôle ?

Dans ce cas, la grande stratégie de Trump se heurte en effet à un problème. En fait, c’est un problème en trois volets. Le premier volet est psychologique. En termes de direction ou de vision, MBS, ou l’Arabie saoudite, font-ils autorité ? Sont-ils convaincants ? En l’état, le royaume a-t’il le charisme requis pour rassembler sous sa « bannière » le monde sunnite et mener la guerre de Trump en Iran ? (Bien avant le meurtre de Khashoggi, les événements au Yémen ont écœuré la majorité de la population de la région).

Ensuite, tous ces rapports n’ont-ils pas mis en évidence les risques politiques que prend M. Trump, en misant autant sur le programme d’un seul homme, soit sur une véritable tête d’épingle ? Quelle menace, inconnue, invisible, se cache encore sous la surface ? (notons au passage que le premier ministre Netanyahou a lui aussi assis son programme sur des fondations tout aussi fragiles).

Enfin, à la lumière de tout ce qui est en train d’émerger, quelle est aujourd’hui « l’idée » centrale avancée par les pays du Golfe ? Que représentent ces derniers, une fois éclipsée la charité royale bienveillante et hautaine envers des « sujets » reconnaissants ? Une vision d’autocratie quasi-séculaire, d’État sécuritaire omniprésent et de néolibéralisme brut ? Certes, la force s’est avérée être un succès avec Israël, mais au vu de la « resouverainisation » énergique tant culturelle que nationale en cours dans la partie septentrionale de la région, ce concept de force ne fait pas le poids. Quant à adopter une structure d’État sécuritaire – en tant que tel – cela n’évoque pas une confiance en soi, mais une montée des dissidences internes et des tensions existentielles, qu’il faut contenir et supprimer.

Et c’est sur ce dernier point (la répression interne grandissante) que la mort de Khashoggi a apporté un éclairage inattendu. Un éclairage qui suggère que le futur axe de conflits dans la région ne sera pas celui que Trump et le Premier ministre Netanyahou avaient escompté. Il ne sera pas centré sur l’Iran mais s’orientera vers une autre série de conflits, entre les Frères musulmans et leur protecteurs – la Turquie et le Qatar. Certains États du Golfe ont plus peur d’une dissidence islamiste menée par les Frères musulmans au sein de leur Émirat qu’ils n’ont peur de l’Iran, pays qui n’a pas de tradition expansionniste. Ces angoisses façonnent – et représentent – le nouveau remaniement régional.

En effet, ces États du Golfe, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, craignent que la Turquie – ce vieux pouvoir politique impérial ottoman, berceau de la Communauté musulmane – puisse bien réussir à prendre à l’Arabie saoudite sa place de grand chef de l’Islam et à la réduire à rien de plus que le simple gardien de la Mecque et de Médine (la presse turque est pleine de ces affirmations). Cela reviendrait à dépouiller les pays du Golfe d’une grande partie de l’importance et de la valeur que Washington leur accorde.

Alors que ces pays ont changé de cap et s’engagent sur la voie d’un quasi sécularisme afin de faire plaisir à l’Occident, la Turquie a discrètement récupéré ce qu’il restait de leur crédibilité islamique perdue, à la façon de MBS, usant d’un islamisme doux – et d’un esprit néo-ottoman clairement revanchard, alimenté par son sentiment d’être la victime d’un complot mené par Mohamed Ben Zayed, les États-Unis et Israël.

Ainsi donc, l’axe des futurs conflits au Moyen-Orient est plus susceptible de se situer entre des pays du Golfe craintifs et une Turquie, qui s’affirme de plus en plus dans la région et tente de prendre la tête de la sphère islamique. L’Iran, quant à lui, peut contempler le déroulement des événement avec calme : l’Arabie saoudite poussée à mettre un terme à sa campagne au Yémen et à son siège du Qatar. Par ailleurs, la nouvelle dynamique régionale ne servira qu’à rapprocher davantage la Turquie et le Qatar de l’Iran.

Rien n’est moins prometteur pour M. Trump. La Turquie « montrera » la voie concernant le soutien à la cause Palestinienne (suivie par l’Iran et le Qatar) et MBS, après la catastrophe du Yémen, n’aura ni la crédibilité ni le statut nécessaire pour mener une nouvelle « guerre » contre l’Iran, ni le moyen de contraindre les Palestiniens à capituler face à « l’accord du siècle ». Même son père, presque invalide, ainsi que la famille des Saoud, comprennent que la stratégie de Netanyahou consiste à enterrer l’idée d’un Etat palestinien – en tout état de cause, la stratégie de Bibi [Benjamin Netanyahou, NdT] sera probablement dépassée par des questions de politique intérieure, Israël se débattant avec les répercussions de la démission de Lieberman, son ministre de la défense.

Alors on peut se demander pourquoi l’administraton Trump continue de voir une source de stabilité stratégique dans un royaume saoudien dirigé par MBS (les vieilles habitudes ont-elles la vie dure?). La politique de Trump, qui ne consiste pas seulement à sortir de l’accord iranien sur le nucléaire mais à pousser plus loin pour renverser à coup de sanctions la république islamique d’Iran, finira en nœud coulant, que Trump imprudemment – et sans nécessité aucune – se sera passé autour du cou. Elle échouera, la crédibilité des États-Unis au Moyen-Orient disparaîtra lorsque son échec deviendra évident.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 19-11-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Fritz // 27.12.2018 à 11h35

Un costume d’opérette ? C’est l’uniforme des officiers iraniens… Et là-bas, on ne porte plus la cravate depuis la Révolution.

15 réactions et commentaires

  • Myrkur34 // 27.12.2018 à 08h12

    Pas très crédible la barbe avec un costume d’opérette.

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  • Kiwixar // 27.12.2018 à 08h46

    L’erreur de MBS c’est de ne pas avoir nié mordicus. En face il y avait quoi? Pas de preuve, pas de corps, des enregistrements audio irrecevables (illégaux) qu’il suffisait de qualifier de “fabrication”. Les nouveaux logiciels videos permettent de “coller” rapidement la tête de Kashoggi sur le type qui sort du consulat bien vivant. Personne n’aurait été dupe, mais ça aurait été suffisant pour nier les accusations des Turcs, pays qui n’est pas neutre dans l’affaire.

    Les Saoudiens auraient pu soutenir la position que tout ça n’était que fabrication des services turcs. Qui de serait soucié d’une histoire de barbouzes douteuse concernant 1 seul gus?

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    • Paul Atreide // 27.12.2018 à 10h08

      Bah pour une fois qu’un dirigeant assume ses actes, j’ai envie de dire cela mérite un certains respect,

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    • Ovuef2r // 27.12.2018 à 10h32

      Son journal, le Washington Post. Et c’est bien le problème depuis le début de cette macabre histoire.

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  • Fritz // 27.12.2018 à 10h02

    Je ne comprends pas le titre *. L’Iran n’a qu’à tenir bon pour assister au délabrement de la Grande alliance Washington-Riyad-Tel Aviv. “Wait and see”, comme on dit en patois. Sur la photo, les généraux iraniens attendent et observent…

    Rendez-vous au 11 février 2019, 40e anniversaire de la révolution islamique.

    * A moins que le titre anglais de l’article, « The Iranian Albatross the US Has Hung Around Its Own Neck », ne soit une allusion au Simorgh iranien.

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    • Amora // 27.12.2018 à 16h27

      Je le pense aussi Fritz, le Simurgh (en Persan ) Simorgh ou Sênmurw en moyen-persan (Pahlavi), connu aussi sous le nom de Sîna-Mrû (Pâzand), est un oiseau fabuleux de la mythologie perse, de grande taille, puisqu’il pouvait transporter un chameau ou un éléphant, l’oiseau mythique fait montre d’une grande animosité envers les serpents. Son habitat naturel est un lieu où l’eau se trouve en abondance. Dans un récit iranien antique, il est dit que le Simurgh vit 1700 ans avant de plonger de lui-même dans les flammes, et dans d’autres récits plus tardifs, il est dit qu’il est immortel et possède un nid dans l’arbre du savoir. D’après la légende iranienne, il est dit que cet oiseau est si vieux qu’il a déjà vu trois fois la destruction du monde. Pendant tout ce temps, le Simurgh a tellement appris qu’on pense qu’il possède le savoir de tous les âges.

      Le Simurgh est aussi le nom d’un de leurs missiles ou Safir-2 , un lanceur iranien léger dont le premier vol a eu lieu en 2016. La fusée peut placer 350 kg sur une orbite basse de 500 km. Il brûle les ergols hypergoliques UDMH / Peroxyde d’azote caractéristiques des premières générations des lanceurs.

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  • totot // 27.12.2018 à 14h22

    ” ce vieux pouvoir politique impérial ottoman, berceau de la Communauté musulmane”???
    Mais d’ou sortez vous cela ?

    L’empire Ottoman commence en 1299 donc 700 ans après l’avènement du monde musulman.
    Il n’y a aucun lieu sacré en Turquie ni même historique (certes la mosquée bleu d’Istanbul mais ce n’est pas un haut lieu spirituel) à comparer avec Damas et Bagdad qui eux sont des lieux historiques.
    L’empire Ottoman a colonisé le monde arabe qui s’est allié avec les anglais pour les mettre à la porte et on connais la suite…je doute qu’ils souhaitent réitérer l’expérience..

    Un pays dont la population ne parle même pas l’arabe (sachant que tous les pays d’Afrique du nord ou du moyen orient le parlent + c’est la langue liturgique de l’Islam).
    Un pays membre de L’OTAN (qui est l’organisation qui a attaqué l’Irak, la Syrie, la Libye) et qui a servi de base arrière pour ses attaques …
    Un pays pro confrérie des frères musulman..donc Egypte, EAU, Arabie, Maroc, Algérie (guerre civile année 90),Tunisie(Ennahdha) c’est même pas la peine d’y penser.
    C’est un pouvoir autoritaire et la nature même d’Erdogan (surnommé la toupie ottoman je rappel) n’en fais pas un allié fiable.
    Non franchement, j’ai beau regarder sous divers angles je vois vraiment pas comment cela pourrais marcher, je pense que c’est un discours nationaliste destiné à enhardir les turcs sur la grandeur ottoman retrouvée, de la politique interne quoi

      +9

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    • totot // 27.12.2018 à 14h42

      Concernant le meurtre en lui même de Khashoggi je ne vois la rien d’extraordinaire hormis la mauvaise foi de la communauté international habituel.
      -Tous les pays ont des entités spécialisés dans les actions clandestines ( espionnage, subversion, meurtre, sabotage)
      -En France il y a le service action qui réalise des opérations dites omo (homicides) et le président Hollande s’est même vanté de l’avoir utilisé, dans son livre.
      -En 2013 la Turquie a éliminée 3 militantes kurdes sur le sol français https://fr.wikipedia.org/wiki/Triple_assassinat_de_militantes_kurdes_%C3%A0_Paris
      -L’AS c’est quand même un pays ou l’on coupe la main de quelqu’un qui vole, même pour le besoin, même quelque chose de peu de valeur, et puis cela s’est passé sur son sol et la victime etait saoudienne et peu recommandable.

      Non réellement ce qui m’interpelle c’est la réaction des média mainstream sur ce non événement, je ne comprend pas certes la victimes était un ami des neocon mais j’ai l’impression qu’il y a ici un élément essentiel qui nous échappes.
      On dirait un revirement des neocon vis a vis de l’AS donc de l’alliance AS, Israel, EAU…..des idées?

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      • Laurent // 27.12.2018 à 17h58

        Une idée : l’argent !
        Original non ? 😉

        Bon voici quelques explications :
        MbS devait mettre en place le plan “Vision 2030” pour moderniser l’Arabie Saoudite (on parle entre autre de l’entrée en bourse de Saudi Aramco soit 2 000 à 3 000 milliards de dollars de valorisation estimée ce qui en aurait fait la société cotée la plus valorisée au monde, devant Apple ou Google et très loin devant ExxonMobil (la société pétrolière la plus valorisée, à près de 350 milliards de dollars). Une opération qualifiée “d’opération du siècle en matière de conseil” et confiée à JP Morgan, HSBC et Morgan Stanley).

        https://www.connaissancedesenergies.org/la-future-introduction-en-bourse-de-saudi-aramco-en-5-questions-171206

        Or MbS procrastine sans cesse et l’entrée en bourse qui aurait du se faire au second semestre 2018 n’a toujours pas eu lieu et pourrait ne jamais avoir lieu …

        http://www.lefigaro.fr/societes/2018/08/22/20005-20180822ARTFIG00283-saudi-aramco-suspend-son-entree-geante-en-bourse.php

        Que leur restait-il comme solution ? L’élimination du souverain bien sur. Il suffisait d’attendre un bon scandale et le tour était joué.

        Enfin sauf que MbS est toujours en place et si ça se trouve il finira par s’allier aux russes.

        Après je dis ça mais ça n’est qu’une supposition.

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      • Michel B. // 27.12.2018 à 18h26

        “Non réellement ce qui m’interpelle c’est la réaction des média mainstream sur ce non événement, je ne comprend pas certes la victimes était un ami des neocon mais j’ai l’impression qu’il y a ici un élément essentiel qui nous échappes.
        On dirait un revirement des neocon vis a vis de l’AS donc de l’alliance AS, Israel, EAU…..des idées?”

        Il semble de plus en plus probable que Khashoggi oeuvrait pour le compte du Qatar : ses articles dans le Washington Post était stimulés et corrigés par la Qatar Foundation, et il semble que lors de la perquisition de son domicile turc des preuves de virements ont été découvertes.

        La propagande de Khashoggi dans le WaPo visait à casser le lien privilégié USA/Arabie Saoudite, construit entre Donald Trump et Mohamed Bin Salman.

        Je vous invite à la lecture de ces deux articles :
        http://thefederalist.com/2018/12/27/bombshell-khashoggi-foreign-governments-influence-agent/
        https://securitystudies.org/khashoggi-case-analysis-of-an-information-operation/

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  • Emmanuel B // 27.12.2018 à 19h20

    Un article intéressant mais déjà anachronique (40 jours plus tard), non?

    Il semblerait que l’objet de la négociation côté turc ait été avant tout le lâchage des Kurdes syriens par Trump et qu’ils aient obtenu gain de cause.

    S’il n’y a pas d’accrocs dans le processus engagé, il est fort probable que les Turcs eux-mêmes participeront désormais activement à la grande dissimulation…

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  • Jaaz // 28.12.2018 à 13h04

    “En effet, ces États du Golfe, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, craignent que la Turquie – ce vieux pouvoir politique impérial ottoman, berceau de la Communauté musulmane – puisse bien réussir à prendre à l’Arabie saoudite sa place de grand chef de l’Islam et à la réduire à rien de plus que le simple gardien de la Mecque et de Médine (la presse turque est pleine de ces affirmations)”
    1) je crois que A.CROOK a des références historiques pour le moins douteuses.
    2) Il ne lit manifestement pas la presse turque pour affirmer de pareilles sornettes. Pourtant il y a des éditions en anglais, s’il s’y reportait, il ne verrait aucune de ces “affirmations”.

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