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7.juillet.20197.7.2019 // Les Crises

La réponse de l’Iran aux pressions de Trump : la souffrance peut être réciproque. Par Alastair Crooke

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Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 20-05-2019

Alastair Crooke

Le 20 mai 2019

© Photo: Wikimedia

La doctrine de Trump de la « pression maximale » s’apprête-t-elle à mourir de sa belle mort ? Trump ne semble pas le penser : « Appelez-moi » (quand la douleur devient trop forte), dit-il à toutes les parties en état de siège ou sous le coup de sanctions. Il aurait même envoyé à Téhéran un numéro de téléphone via l’ambassade de Suisse, mais Téhéran ne l’utilisera pas.

Cette période d’attente semble s’achever de manière semble-t-il synchrone : elle n’a donné aucun résultat, malgré tout le battage rhétorique. La Chine, notamment, semble être passée d’un mode et d’un ton conciliants à un mode de rassemblement de son peuple derrière une lutte stratégique douloureuse, mais nécessaire. La Corée du Nord semble elle aussi arriver au terme de sa patience, confrontée à des négociations qui ne mènent nulle part ; et maintenant l’Iran signale (comme les autres) qu’il n’est pas possible de rester sans rien faire – alors que les États-Unis exercent une pression maximale qui ne leur coûte rien. Nous entrons donc dans une phase dans laquelle ces États sont prêts et disposés à imposer des coûts asymétriques à Trump.

Le danger évident de cette stratégie d’effet de levier maximum – qui peut avoir bien fonctionné pour Trump sur le terrain de l’immobilier à New York – est qu’en géopolitique, acculer complètement votre adversaire dans le coin du ring, jusqu’à ce qu’il appelle pour « déclarer forfait », comporte des failles évidentes : tout d’abord, cette capitulation signifie probablement la mort politique – ou réelle – du chef d’état homologue.

Deuxièmement, les vautours patients comme John Bolton ont toujours su que la stratégie de Trump ne fonctionnerait pas. Pour être honnête, Bolton est tout à fait explicite à ce sujet. Il n’y a pas de subterfuge. Il ne croit tout simplement pas que la Corée du Nord abandonnera un jour son arsenal nucléaire par le biais de négociations, et il ne croit pas non plus que les dirigeants iraniens changeront un jour de nature. Logiquement, donc, seul un changement de régime entraînera le type de remaniement sur lequel Bolton insiste : c’est-à-dire une modification conforme aux intérêts américains.

Bolton et ses pairs partageant la même vision comprennent qu’ils doivent patiemment attendre que Trump se lasse d’attendre près de son téléphone, et il devient évident pour tous que son « rencard » l’a passé « aux abonnés absents ». Pendant ce temps, cependant, les alliés de Bolton (tel Israël) comblent la période d’« attente » en œuvrant discrètement par le biais d’un battage médiatique nourri de « menaces » croissantes de la part de l’adversaire de choix de l’Amérique. Les photos satellites « prouvant » la fourberie de l’autre bord sont les plus appréciées.

Ainsi, l’Iran en est maintenant arrivé à l’étape qui consiste à dire à Washington qu’il n’acceptera pas d’endurer passivement les coûts de la « pression maximale » sur sa population – dans un exercice essentiellement indolore pour Washington et qui peut donc être prolongé indéfiniment. L’Iran cherche à fixer des limites.

Au début du mois, le Djihad islamique palestinien a tiré depuis Gaza des missiles dont Israël ignorait qu’ils étaient en sa possession. Ils ont tué cinq Israéliens et révélé une certaine inefficacité du système antimissiles tant vanté d’Israël, Iron Dome. Le 12 mai, un certain nombre (une ambiguïté subsiste quant à ce nombre) de pétroliers au large des côtes de Fujaira ont été entièrement mis hors d’état en raison de dommages causés à leur système de direction. Et, deux jours plus tard, des drones ont attaqué deux stations de pompage de pétrole (coupant le passage d’environ 3 millions de barils de pétrole par jour) se trouvant sur l’oléoduc est-ouest entre les provinces de l’Est et l’Ouest de l’Arabie saoudite.

Ces trois événements distincts peuvent être liés ou non ; ils peuvent impliquer ou non l’Iran (l’Iran nie toute implication) ; mais ils constituent néanmoins des messages forts aux trois principaux protagonistes qui soutiennent l’intensification des pressions contre l’Iran : les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël. Le message clé est que la douleur peut être réciproque.

Ce trio de messages fait plus qu’avertir que les pressions exercées sur l’Iran peuvent entraîner l’expérience asymétrique de la douleur pour d’autres – il s’inspire de l’Art of the Deal [Art de la négociation, NdT] de Trump. Alors que Trump a retiré les « cartes » palestiniennes (Jérusalem, le Golan, l’annexion des colonies de peuplement et le refus du droit au retour des réfugiés), ces trois « messages » affaiblissent à leur tour les « cartes » de Trump quant à sa politique de pression maximale sur l’Iran, en remettant en question le soutien régional en cas de nouvelle escalade américaine contre ce pays : Les Al-Saoud – qui connaissent actuellement une nouvelle purge et une nouvelle crise au sein de la famille – se sentiront-t-ils suffisamment en sécurité pour faire face à l’escalade américaine contre l’Iran ? Les Émirats Arabes Unis vont-ils réfléchir à leur propre vulnérabilité flagrante ? Et Israël est-il rendu nerveux à l’idée de ce qu’un conflit plus vaste dans la région pourrait révéler en termes de capacités de missiles (après ce tout petit rappel du Jihad islamique) ? Et Trump est-il maintenant si certain que le marché du pétrole peut être sanctionné tout en évitant la hausse du prix de l’essence aux États-Unis ? Les cartes ont été rebattues.

Ce triplé de signaux fixe les nouvelles « lignes rouges » du jeu (tout comme le Hezbollah et Israël ont fixé leurs « lignes rouges » au conflit entre eux dans le nord). L’Iran a fait savoir qu’il n’envisageait pas la guerre, mais qu’il n’accepterait pas d’être écrasé jusqu’à ce que ses pipelines craquent.

Mais au-delà de cela, la série de messages peut avoir pour but de creuser un fossé entre Trump et Bolton. Elle impose à Trump de préciser s’il est d’accord avec Bolton (pour obtenir un changement de régime d’une façon ou d’une autre) ou si sa « limite infranchissable » est bien « pas de nouvelle guerre américaine » au Moyen-Orient : « Je ne pense pas que Trump veuille la guerre », a déclaré FM Zarif, lors de sa visite à New York le mois dernier, en qualifiant MbZ, MbS, Bolton et Bibi de véritables fauteurs de guerre. [Mohammed ben Zayed Al Nahyane, Mohammed ben Salmane, John R. Bolton, Benyamin Netanyahou, NdT]

On verra bien : les États-Unis, l’Arabie saoudite, Israël et les Émirats arabes unis doivent maintenant se demander s’ils veulent réagir à la réponse de l’Iran. Le risque que prend l’Iran est que Trump opte pour ce qu’il pourrait considérer comme un compromis : c’est à dire répéter le « tweet » Tomahawk concernant la Syrie l’année dernière – afin de démontrer sa détermination – sans toutefois causer de dégâts stratégiques à l’Iran. [tweet de Trump : Frappes US sur la base de Shayrat (Syrie) Les dégâts causés semblent faibles par rapport à l’annonce de 60 missiles Tomahawk tirés. NdT]

L’ambassadeur des États-Unis en Arabie saoudite a déclaré qu’une fois que le coupable de l’attaque des pétroliers serait connu, les États-Unis devraient prendre « des mesures raisonnables qui n’impliquent pas la guerre ».

Pourquoi Trump ferait-il ça ?

Une des raisons possibles pourrait être la confiance de Trump dans l’analyse israélienne selon laquelle l’Iran est au bord de l’effondrement, et qu’une petite poussée serait suffisante pour que le gouvernement iranien perde l’équilibre et tombe. Netanyahou a été très explicite vis à vis de Trump en insistant sur le fait que l’Iran est au bord de l’implosion. Et il est clair que les réseaux nationaux américains – y compris les exilés iraniens – tiennent le même discours. Ce point de vue peut sembler facile à rejeter, car il n’est étayé par aucune preuve, mais c’est un point de vue qui est presque certainement gardé au chaud dans une (très réceptive) Maison-Blanche.

L’autre raison est que s’il est vrai que toute la politique de Trump est essentiellement domestique (retour des emplois industriels aux États-Unis), et que son approche est mercantile et transactionnelle, cette motivation n’est pas partagée par sa base évangéliste (c’est-à-dire un Américain sur quatre). Cette dernière, en effet, a un fort engagement en politique étrangère : celui d’accomplir les prophéties bibliques concernant Israël, et de ramener ainsi le Messie sur terre. Un chrétien sioniste de premier plan prédit :

« Cela fait exactement un an que l’ambassade des États-Unis en Israël a été déménagée à Jérusalem, et les évangélistes américains célèbrent ce succès et se sentent politiquement enhardis. Robert Stearns, pasteur évangéliste et porte-parole du mouvement sioniste chrétien, a déclaré que les évangélistes “sortent renforcés” par le transfert de l’ambassade et sont “motivés” pour intensifier leur activisme au nom de l’État juif… Stearns croit “qu’il va y avoir un plus grand activisme pour soutenir Israël dans les prochaines années, plus que jamais auparavant”. Pour tous ceux qui pensent que le déménagement de l’ambassade amènera une décrispation, une approche plus détendue, Stearns dit : “Vous n’avez encore rien vu. Ce n’est que le début”. »

Et la politique de Trump à l’égard de l’Iran – y compris le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun (PAGC) – fait partie intégrante de cet activisme évangéliste, et donc des pressions électorales sur Trump venant de son camp loyaliste.

Le sionisme juif – bien que séculier – a été, dès le début, un projet biblique – comme le fait remarquer Laurent Guyénot : « Que le sionisme soit biblique ne signifie pas qu’il soit religieux ; pour les sionistes, la Bible est à la fois un “récit national” et un programme géopolitique plutôt qu’un livre religieux (il n’existe en fait pas de mot désignant la “religion” en hébreu ancien). Ben-Gourion n’était pas religieux ; il n’allait jamais à la synagogue et mangeait du porc au petit déjeuner. Pourtant, il était intensément biblique. »

Ainsi, lorsque tant les chrétiens sionistes que les dirigeants israéliens rêvent d’un « Grand Israël » aux dimensions bibliques, ils ne s’engagent pas d’une manière ou d’une autre romantiquement dans un récit vieux de deux mille ans : « Le sionisme ne peut être un mouvement nationaliste comme les autres[s] », écrit Guyénot, « car il fait écho au destin d’Israël décrit dans la Bible ». C’est ici – dans sa nature de grand projet idéologique – que les sionistes chrétiens américains prennent une telle importance politique. Ils pourraient en effet – avec le temps – réussir à façonner la réponse de Trump à la tentative de l’Iran d’imposer ses « limites infranchissables » aux États-Unis et à ses alliés régionaux.

« Le projet », tel que conçu, précisément parce que son idéologie implicite n’exige rien de moins qu’un « nouvel accord Sykes-Picot » redessinant le Moyen-Orient – un projet susceptible d’être tout aussi problématique que le plan original Sykes-Picot [les accords Sykes-Picot de 1916 sont des accords franco-britanniques prévoyant le dépeçage du Moyen-Orient au profit des deux puissances, NdT]. Israël doit être étendu politiquement – et pas seulement en termes de frontières – pour devenir le Grand Israël ; ses frontières effectives doivent être modifiées ; les Palestiniens doivent être achetés, dispersés et divisés ; et d’autres populations minoritaires ethniques régionales telles que les Kurdes doivent être soit élevées au rang de nation, soit encouragées à devenir sécessionnistes (les Baloutch, les Azeris, etc.). Et au fur et à mesure qu’Israël grandit et que sa portée s’étend, les grandes nations historiques – Syrie, Mésopotamie et Perse – doivent être réduites ou affaiblies, ou les deux, afin de sceller la stabilité de cette construction « néo » Sykes-Picot.

Trump serait-il dérangé par les troubles qu’une volée de Tomahawk pourrait entraîner ? Probablement pas. Les évangélistes voteront, bien sûr, pour lui en 2020 et cela, pour le seul fait d’avoir déménagé l’ambassade à Jérusalem. Et paradoxalement, l’instabilité régionale pourrait bien lui convenir : l’instabilité au Moyen-Orient contribuerait à cimenter la domination énergétique mondiale de l’Amérique – persuader les Européens d’acheter du GNL [gaz naturel liquéfié, NdT] américain à un prix plus élevé au motif que l’approvisionnement au Moyen-Orient est « peu sûr ».

Dans son message, le calcul implicite de l’Iran est que Trump ne veut pas la guerre, et l’Iran ne veut pas la guerre non plus ; mais pour éviter la « guerre », Trump doit respecter les « limites infranchissables » de l’Iran. Bref, il doit réagir « de façon rationnelle » et s’éloigner de Bolton.

Il nous faut espérer que l’Iran a raison. Trump pourrait-il juger à l’inverse qu’il ne peut pas duper son noyau, sa base évangéliste et envoyer quelques Tomahawks ? C’est le risque que prend l’Iran. Mais l’alternative – ne rien faire – semble encore plus susceptible d’ouvrir la voie à l’escalade progressive de la menace de Bolton, menant Trump à se retrouver sous pression, et n’ayant aucune autre alternative que l’escalade militaire.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 20-05-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Chris // 07.07.2019 à 13h14

“L’analyse israélienne selon laquelle l’Iran est au bord de l’effondrement, et qu’une petite poussée serait suffisante pour que le gouvernement iranien perde l’équilibre et tombe”.
Si c’est du même tabac que le prétendu programme nucléaire militaire iranien des années 2000, “documenté” par Tel Aviv, faudra attendre encore quelques décennies…
La Russie et la Chine veillent au grain, car l’Iran est leur pare-feu : aide discrète et multiforme.
Projet “biblique” : Ils ne valent ne vaut pas mieux que leurs mercenaires deachéiques et alquaïdiens.

La capture le 4 juillet du pétrolien iranien Grace 1 dans les eaux de Gibraltar par les Britanniques est un rappel douloureux de ce qui se passa lors du bras de fer entre le RU, alors possesseur du pétrole iranien, et le PM Mosaddegh qui voulait renégocier le contrat léonin britannique : en juillet 1952, la Royal Navy intercepta le pétrolier italien Rose Mary et le força à entrer dans le protectorat britannique d’Aden au motif que le pétrole de ce navire était une propriété volée.
https://www.la-croix.com/Monde/petrolier-iranien-arraisonne-Gibraltar-Teheran-proteste-2019-07-04-1301033397
5 juillet 2018 – L’Iran menace de saisir des pétroliers britanniques en rétorsion à la saisie du Grace 1
https://www.zerohedge.com/news/2019-07-05/iran-threatens-seizure-uk-oil-tankers-response-royal-marines-boarding-its-own

24 réactions et commentaires

  • aleksandar // 07.07.2019 à 09h16

    Texte un peu ancien . Déjà !
    Concernant l’ approvisionnement ” peu sur ” a partir du MO , les européens ne sont pas vraiment concerné, le Nord Stream 2 va effacer le problème.
    Concernant la base évangéliste, elle n’est pas aussi monolithique que cela.
    Il y a des agités certes, mais aussi nombres d’entre eux qui ne sont pas pressés de voir le retour du christ sur terre au point de déclencher une nouvelle guerre.
    A noter que le soutien a israel décline fortement chez les électeurs démocrates.

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    • septique // 07.07.2019 à 15h07

      Nous allons voir TOUS les candidats démocrates un peu sérieux (c’est à dire bien placés dans les sondages) défiler devant l’AIPAC (American Israel Committee) ou bien devant l’AJC (American Jewish Congress) et proclamer haut et fort leur attachement éternel à la protection et à la sécurité d’Israël…comme à TOUTES les élections présidentielles aux USA, TOUTES.

      Il faut vraiment être complètement déconnecté du système politique américain pour écrire que le soutien a Israël décline…ce qui va décider l’élection aux USA, les emplois, le système de santé, l’immigration, la politique internationale est le souci de 5 % des électeurs

        +8

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  • Shock // 07.07.2019 à 09h53

    Une partie de ceux qui ont voté Trump plutôt que Clinton, c’était pour éviter la guerre promise par cette dernière. Et ils se retrouvent avec des faucons comme Bolton et Pompeo. Une guerre de plus compromettrait toute chance de réélection, déjà que Trump a été élu avec un sérieux coup de pouce du destin (lisez: de certains services en faveur de la paix).

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    • Etoile // 10.07.2019 à 21h01

      de nombreux commentateurs avaient mis en garde les trumpistes contre cette illusion…
      Quel que soit le président américain, il dirige le même pays et le même empire. En en 4 (ou même 8) ans, un tel empire ne voit pas ses intérêts structurels changer. C’est une illusion de croire qu’un président américain peut profondément changer la politique américaine. La partition est déjà écrite, seule l’interprétation change un peu.
      C’est un peu comme de croire que la France pourrait arrêter un jour ses guerres au Mali, alors que c’est là qu’elle puise son uranium. C’est pas une question de qui est à l’Elysée. De même pour les USA.

        +1

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  • Chris // 07.07.2019 à 13h14

    “L’analyse israélienne selon laquelle l’Iran est au bord de l’effondrement, et qu’une petite poussée serait suffisante pour que le gouvernement iranien perde l’équilibre et tombe”.
    Si c’est du même tabac que le prétendu programme nucléaire militaire iranien des années 2000, “documenté” par Tel Aviv, faudra attendre encore quelques décennies…
    La Russie et la Chine veillent au grain, car l’Iran est leur pare-feu : aide discrète et multiforme.
    Projet “biblique” : Ils ne valent ne vaut pas mieux que leurs mercenaires deachéiques et alquaïdiens.

    La capture le 4 juillet du pétrolien iranien Grace 1 dans les eaux de Gibraltar par les Britanniques est un rappel douloureux de ce qui se passa lors du bras de fer entre le RU, alors possesseur du pétrole iranien, et le PM Mosaddegh qui voulait renégocier le contrat léonin britannique : en juillet 1952, la Royal Navy intercepta le pétrolier italien Rose Mary et le força à entrer dans le protectorat britannique d’Aden au motif que le pétrole de ce navire était une propriété volée.
    https://www.la-croix.com/Monde/petrolier-iranien-arraisonne-Gibraltar-Teheran-proteste-2019-07-04-1301033397
    5 juillet 2018 – L’Iran menace de saisir des pétroliers britanniques en rétorsion à la saisie du Grace 1
    https://www.zerohedge.com/news/2019-07-05/iran-threatens-seizure-uk-oil-tankers-response-royal-marines-boarding-its-own

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    • septique // 07.07.2019 à 15h18

      La Russie et la Chine veillent au grain, car l’Iran est leur pare-feu : aide discrète et multiforme….

      Vous avez quelques informations précises ou des sources fiables ?

      Je lis régulièrement le Theran Times (publié en anglais en Iran) jamais vu la moindre info sur ce sujet.

      Par contre il y a un excellent article avec Kamal Kharrazi le President du Conseil stratégique des relations étrangères de l’Iran qui estime que l’INSTEX, un système européen de paiement pour le commerce avec l’Iran conçu pour contourner les sanctions américaines imposées à Téhéran, manque de tout…

      https://www.tehrantimes.com/news/437816/Kharrazi-says-INSTEX-does-not-go-beyond-a-claim

      Le titre dit INSTEX ne va pas plus loin qu’une prétention…ou qu’une requête..

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      • Chris // 07.07.2019 à 15h33

        http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/06/lettres-persanes.html
        http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/06/brouillard-d-ormuz.html
        “En attendant, le président Rouhani était à Bichkek, au Kirghizstan, pour le somment de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).
        Dans un discours remarqué, il y a descendu en flamme l’unilatéralisme US, pour le plus grand plaisir de Pékin. Il a également offert des privilèges et facilités économiques aux Etats membres de l’OCS qui investiraient en Iran.”
        Mes amis iraniens se plaignent que les étals de marchandises locales s’emplissent au profit de la pacotille chinoise…

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        • septique // 07.07.2019 à 17h05

          Donc si je lis les liens rien…remplacer du local par de la pacotille chinoise…de la coopération ? De l’aide ?

          Je ne vois rien dans ces informations qui indiqueraient concrètement les aides discrètes et multiformes que vous évoquez. Inviter les gens a venir investir en Iran ne veut pas dire qu’ils vont s’y précipiter sinon Peugeot et Total seraient toujours là. La majorité des membres de l’OCS sont d’anciens états de l’ex URSS et sont souvent des concurents de l’Iran dans le gaz ou les carburants ou incapables d’investir en Iran comme le Pakistan…

          Soyons sérieux un peu. Instex ne permet de commercer que ce qui est autorisé par les sanctions américaines et rien d’autre et surtout pas des produits pétroliers dont la vente est primordiale pour l’Iran.

          Le président Rouhani peut se rendre ou il peut (et non pas ou il veut) ceci ne change rien à la situation des exportations de l’Iran.

          L’Iran a besoin d’exporter au moins 2 millions de barils par jour, les dernières statistiques parlent de 480.000 et à la baisse.

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          • yoyo // 08.07.2019 à 10h39

            Vous croyez que les chinois vont aller crier très fort qu’ils achètent le pétrole iranien pour affronter Trump ouvertement ? Ce n’est pas dans leur nature, ni dans leur culture. Vous êtes bien naïf !!

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            • septique // 08.07.2019 à 14h22

              Je ne suis pas naïf et assez bien renseigné. On sait précisément quel bateau charge des carburants, a qui il appartient et ou il va car il existe un système électronique d’identification et de pistage de tous les bateaux convoyant des carburants, des produits dangereux, etc..

                +1

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  • antoniob // 07.07.2019 à 20h26

    Alastair Crooke se dévoit en imaginant une capacité de riposte asymétrique réellement nuisible HORS cas de guerre effective menée contre l’Iran. En cas de guerre ce serait autre chose. La Turquie a regretté de croire que la Syrie allait tomber. On peut imaginer les frissons dans le cas d’une déstabilisation poussée de l’Iran. L’Allemagne peut préparer de la place pour accueillir les flux de réfugiés. L’UE n’a pas un gramme d’anticipation sinon ils auraient évité la Syrie. Or on a pu constater après-coup…

    Du point de vue iranien. la possibilité d’un anéantissement à zéro de la presque totalité du commerce extérieur a été évidemment envisagé, et donc les moyens de faire tourner le pays en conséquence. Un embargo alimentaire du type siège médiéval, ou style Leningrad pour affamer la population n’est pas possible, L’autosuffisance à ce niveau n’est pas problématique. Pour le reste c’est l’inconnu.

    on peut constater les effets de la politique américaine en Afghanistan, en Irak et en Syrie. Ne manque plus que l’Iran transformé en super-Afghanistan.

    la question n’est pas la position de l’Iran au court et moyen terme, mais l’effet à moyen et long terme que cause dans les esprits le totalitarisme impérialiste galactique enragée euro-américain (l’UE étant complice sans quoi cela ne pourrait pas fonctionner). Faites ce qu’on vous ordonne sinon on vous détruit, ruine votre vie. etc. On dirait du film Z ou de la BD, mais non, c’est du vrai!

      +7

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  • septique // 07.07.2019 à 21h28

    @antoniob

    L’Allemagne peut préparer de la place pour accueillir les flux de réfugiés…sûrement pas et pour les raisons suivantes;

    Le conflit en Syrie est d’abord une révolte contre le régime Assad et ensuite une guerre civile sur un territoire de taille limité par rapport à l’Iran, encouragée par des factions, des clans, des pays.
    Au départ les conditions politiques sont fondamentalement différentes, la géographie est aussi totalement différente.

    ll y a un problème central. Qui va vendre quoi à l’Iran et comment être payé (je parle de ce qui n’est pas sous-embargo) ? Personne ne va accepter du rial qui se déprécie de jour en jour donc on en revient à la nécessité de posséder des devises ($us, euro, etc…) et celles-ci ne peuvent provenir que de ventes extérieures ou du tourisme.

    J’ignore les réserves de la banque centrale de l’Iran mais il y a aussi une autre conséquence de cet embargo. L’imppossibilité pour l’Iran de continuer à posséder l’influence qu’il a actuellement au sud LIban et en Irak tout simplement par manque de moyens.

      +0

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    • antoniob // 08.07.2019 à 00h13

      > L’Allemagne peut préparer de la place pour accueillir les flux de réfugiés…sûrement pas
      si déstabilisation importante, ou pire guerre, il y AURA flux de réfugiés. Débouché géographique: Europe via Turquie. L’afflux causé par la guerre en Syrie n’était pas prévu. En 2011/12, les chancelleries européenne, France en tête parlaient de 6 mois à 1 an pour renverser le gouvernement.

      >Le conflit en Syrie est d’abord une révolte contre le régime Assad
      ouais. Et la Terre est plate, et les poules ont des dents…

      > Personne ne va accepter du rial
      non. Et?

      > L’imppossibilité pour l’Iran de continuer à posséder l’influence qu’il a actuellement au sud LIban et en Irak tout simplement par manque de moyens.
      l’influence est culturelle, idéologique. Le Hezbollah n’a pas besoin de rial, ils sont tissés dans le tissu libanais où le commerce est en dollars. Ils n’ont aucun problème de financement et donations, car il est impossible de trier et compartimenter dans le contexte inter-communataire libanais. Et les donateurs chiites de partout dans le monde. Mes vieux amis chrétiens de Beyrouth et du Mont Liban, parfois pro-miliciens maronites pendant les annés 80, sont devenus pro-hezbollah depuis la guerre israélienne de 2006. Les Libanais ont vécu très mal que Israel leur refourge les Palestiniens de force et les Chrétiens libanais et syriens d’être sacrifiés par les sunnites et leurs copains américains. ils préfèrent avoir à faire au Hezbollah qu’aux Frères Musulmans.

        +3

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      • septique // 08.07.2019 à 04h53

        Les iraniens resteront chez eux tout simplement parce que la guerre ne pourra jamais avoir l’intensité géographique de celle de la Syrie, il suffit de regarder une carte…que si guerre il y a il n’y aura pas de troupes au sol, que les réfugiés syriens étaient déjà avant la guerre des réfugiés dans les bidonvilles des villes syriennes car les campagnes avaient été dévastées par 2 années de sécheresse…Pour vos camarades du Hezbollah sans l’Iran ils n’iront pas très loin…effectivement quand on a le choix entre le Hezbollah et les Frérots Musulmans la démocratie n’est pas au tournant…

        Personne ne va accepter du rial…dites moi avec quoi l’Iran va payer ses achats de médicaments, de produits agricoles…avec une monnaie dévaluée de 60 % en un an…de l’or..du $..des euros ?

        Le conflit en Syrie est d’abord une révolte contre le régime Assad..au début oui mais bien sûr nous savons tous que Assad et son père sont des démocrates…je ne sais si les poules ont des dents eux ils ont des crocs..

        De toute façon la seule chose que l’Iran peut faire c’est attendre et espérer que Trump ne soit pas réelu..

          +0

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        • dozier // 08.07.2019 à 20h31

          @septique

          Je parcours vos commentaires, à vous lire on pourrait déceler (entre les lignes) de la nostalgie pour le régime des Pahlavi.

          Je vous cite :
          “Pour vos camarades du Hezbollah sans l’Iran ils n’iront pas très loin…effectivement quand on a le choix entre le Hezbollah et les Frérots Musulmans la démocratie n’est pas au tournant…”

          Citez moi un pays musulman (Tunisie mise à part), au maghreb ou au moyen-orient dont le régime ne relève pas d’une dictature.

          Curieusement, un pays comme le Pakistan, aussi démocratique que peut l’être l’Iran, n’a jamais été mis sous embargo par l’Oncle Sam, ce pays pourtant, possède déjà l’arme nucléaire et ne fait pas grand chose pour lutter contre les Talibans.

          Pour finir, permettez moi de vous faire remarquer que la république populaire de Corée qui au contraire de l’Iran, n’est pas un pays pétrolier, malgré avoir été bombardée pendant 4 ans en long en large et en travers et avoir subi plus de 40 années de sanctions diverses et variées, n’a rien cédé.

          Dans toute cette affaire, on peut constater pour la énième fois, que la politique étrangère des Etats-Unis se résume à la pratique du régime change, quand ils estiment leurs intérêts et ceux de leurs alliés, insufisamment valorisés.

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          • septique // 10.07.2019 à 00h28

            Pas plus les Pahlavi..que la théocratie au pouvoir qui a échoué sur tout sauf une démographie galopante…Les mollah ont fini par capituler et rcommander récemment pas plus de 2 enfants par couple. La gestion des ressources agricoles, de l’eau a été un désastre total provoquant un exode rural incontrôlé. L’Iran ne produit pas de produits manufacturés exportables de qualité ca reste un pays producteur de pétrole et de gaz…

            Ce n’est pas parce que les autres sont aussi des dictatures ou des théocraties ou les femmes vivent sous des tentes de camping (burka, tchador, etc) que l’Iran est plus excusable.

            La Corée du Nord n’a rien cédé mais la population vit dans la terreur, la malnutrition est généralisée. Les hommes coréens du nord sont en général 10 centimètres plus petits que leur voisins du sud grace à la riche nutrition du Grand Timonier local…

            Personne ne sait si le Pakistan à une arme nucléaire fonctionelle en fait comme l’Inde et espérons ne jamais le savoir.

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            • dozier // 10.07.2019 à 20h34

              “Personne ne sait si le Pakistan à une arme nucléaire fonctionnelle en fait comme l’Inde et espérons ne jamais le savoir.”

              Ben, en fait tout le monde s’en fout, à commencer par vous puisque le Pakistan n’est pas l’Iran (qui à ce jour n’est pas dotée de l’arme nucléaire).

              “La Corée du Nord n’a rien cédé mais la population vit dans la terreur, la malnutrition est généralisée. Les hommes coréens du nord sont en général 10 centimètres plus petits que leur voisins du sud grace à la riche nutrition du Grand Timonier local…”

              Bon oui, effectivement les Coréens (& Coréennes) du nord sont (en général) 10 centimètres plus petits que leur voisins du sud et la Corée du nord n’a toujours rien cédée malgré 40 années de sanctions (privations), vous n’en déduisez rien concernant les iraniens (& les iraniennes).

              Je m’arrête là car je vais finir par passer pour un troll.

              Bonne soirée, bonne journée ou bonne nuit (fonction du fuseau horaire)

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  • Xavier D. // 07.07.2019 à 21h45

    L’Iran est un peuple millénaire. Il a sa fierté et sa dignité. Il se battra si nécessaire, même à genou. De plus, toute agression ne fera que renforcer le peuple derrière les Mollas … Que Trump se concentre sur la politique intérieure US. Il y a assez à faire et c’était dans son programme électoral.

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  • max // 08.07.2019 à 08h15

    L’Iran vient de franchir une nouvelle étape dans l’enrichissement de l’uranium.
    Les USA en conséquence les ont menacés de nouvelles sanctions (j’ignore lesquelles et sans doute les USA aussi ?).
    Malgré ma détestation du régime iranien, à ne pas confondre au respect que j’ai pour le peuple iranien, l’Iran a autant le droit d’avoir la bombe ainsi que Israël et demain l’Arabie Saoudite ou l’Egypte, le Brésil, l’Argentine, le Mexique etc, la prolifération est l’une des meilleures armes de la dissuasion, si Kadafi avaient eu des sous-marins lance-missiles a tubes verticaux capable de cibler les centrales française et britannique, il serait toujours au pouvoir.
    Quand les russes vendent de l’armement a leurs clients mineurs, ils veillent bien a que ce type d’armement reste hors de porté de leurs clients.
    Ceux qui tous ces derniers mois ont porté au zénith le respect de l’accord par l’Iran ne lui ont finalement pas rendu service, la Corée du Nord eu été une meilleure source d’inspiration.

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  • Casimir Ioulianov // 08.07.2019 à 14h39

    Trump me fait penser à un gosse en train de démembrer comme un bourrin le jouet qu’avait méticuleusement fabriqué à la main grand-papy pour sa descendance …
    C’est la mode de mettre en place des mecs pas aptes pour le taf , heureusement c’est pas la faute à la démocratie vu par qui sont en fait choisis les candidats.

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    • Etoile // 10.07.2019 à 21h04

      oui… mais par qui ils sont élus ? La démocratie n’est que le nom de la démagogie. Et un parfait verrou politique pour l’oligarchie. Le suffrage universel apparait comme un moyen mathématique de bloquer tout changement. En effet, il y a mathématiquement une majorité de gens qui vont voter pour la bêtise. On en vient à se demander à quoi sert la démocratie, et pourquoi la bourgeoisie n’a que ce mot là à la bouche

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  • lon // 08.07.2019 à 19h05

    …….Une des raisons possibles pourrait être la confiance de Trump dans l’analyse israélienne selon laquelle l’Iran est au bord de l’effondrement, et qu’une petite poussée serait suffisante pour que le gouvernement iranien perde l’équilibre et tombe…….
    Bizarre comme cela me rappelle les propos d’Adolf à la veille de l’opération Barbarossa , au pif et de mémoire : “tout ce que nous avons à faire c’est d’enfoncer la porte et toute la structure pourrie va s’écrouler..” ..On a vu ..

    J’ai pas de sympathie pour le régime iranien , beaucoup de respect et d’affection pour le peuple iranien par contre , mais je trouve écoeurant de voir le gouvernement israëlien pousser à la guerre comme il le fait , tous ces petits clébards qui encouragent le gros à attaquer la meute d’en face , ce que nous vivons actuellement au niveau de la politique spectacle est du dessin animé genre Tex Avery, l’humour et la dérision en moins .

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    • christian gedeon // 10.07.2019 à 17h04

      Pour ce qui est de Barbarossa et de ses débuts victorieux puis stoppés devant Moscou ,Stalingrad et dans le Caucase,on peut sans crainte de se tromper attribuer le point à….Benito Mussolini,qui a marqué trois buts contre son camp,avec son affaire grecque qui a retardé la début de l’opération nazie…Merci donc Benito,à croire qu’il en a fait exprès( je déconne là hein?)

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  • Lustig // 10.07.2019 à 21h07

    juste un petit truc que j’ai jamais compris… le “grand israël” c’est quoi ? Parce-que techniquement, je vois mal comment 5 millions d’israéliens vont pouvoir étendre leur territoire sans fin… je veux dire, c’est juste pas réaliste… (ceci dit sans préjuger du reste).

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