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8.juillet.20198.7.2019 // Les Crises

Le prisonnier à vie” de Guantanamo Bay s’exprime. Par Murtaza Hussain

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Source : The Intercept, Murtaza Hussain, 17-03-2019

Murtaza Hussain

17 mars 2019

Une tour de garde dans une section fermée de la prison américaine de Guantánamo Bay le 22 octobre 2016. Photo : John Moore/Getty Images, revue par l’armée américaine

Pendant les 17 dernières années de son emprisonnement à Guantánamo Bay, Ghassan al-Sharbi a été un mystère pour les Américains. Prisonnier dans cette célèbre prison depuis sa capture en 2002, al-Sharbi n’a jamais cherché à s’exprimer publiquement, à la différence de nombreux autres détenus de la prison. Il a même refusé l’assistance d’un avocat. Mais aujourd’hui, le ressortissant saoudien, connu comme l’un des prisonniers les plus provocateurs détenus à Guantánamo, a été conduit à s’exprimer pour la première fois – afin de faire l’éloge du sénateur du Congrès américain, Lindsay Graham, R-S.C., et même de Thomas Friedman, journaliste du New York Times.

« Ma confiance en de nombreux politiciens et médias américains s’est récemment spectaculairement renforcée, en raison de leur courageuse position contre les dirigeants royaux saoudiens. »

« Ma confiance en de nombreux politiciens et médias américains s’est récemment spectaculairement renforcée, en raison de leur courageuse position contre les dirigeants royaux saoudiens », a déclaré al-Sharbi dans des lettres et des communications rédigées dans le cadre de procédures normales à la prison, et exclusivement adressées à The Intercept. « La famille royale saoudienne lutte publiquement contre le terrorisme pour plaire à l’Occident, tout en le soutenant secrètement pour plaire aux religieux et autres. Ils agissent aussi ainsi afin de se rendre désespérément nécessaire aux États-Unis et à l’Occident. »

La communication avec les détenus dans l’établissement est manifestement compliquée. Les paroles d’Al-Sharbi ont été transmises par ses avocats à la Immigrant and Non-Citizen Rights Clinic de la Faculté de Droit de l’Université de New York [Institution luttant pour les droits des immigrants au niveau local et régional NdT]. Elles ont également été transmises à une équipe de censeurs du gouvernement américain.

La décision d’Al-Sharbi de s’exprimer est elle-même le résultat des tensions croissantes dans les relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite ces dernières années.L’assassinat du chroniqueur du Washington Post Jamal Khashoggi et la guerre menée par les Saoudiens au Yémen ont provoqué une réaction publique de plus en plus vive à l’encontre de la famille royale saoudienne. Al-Sharbi, détenu dans une prison américaine isolée dans les Caraïbes, a pris la mesure de ces changements.

Une lettre écrite par Ghassan al-Sharbi, avec des expurgations des avocats d’al-Sharbi : Immigrant and Non-Citizen Rights Clinic at the City University of New York School of Law

Graham et Friedman faisaient partie des personnalités publiques qui précédemment soutenaient l’Arabie saoudite, mais ont depuis changé d’avis – en particulier en ce qui concerne le prince héritier Mohammed bin Salman. « Je ne suis pas d’un optimisme aveugle en ce qui concerne le changement de posture du sénateur Lindsay Graham et de Thomas Friedman à l’égard des membres de la famille royale saoudienne, pas sûr que ce ne soit pas simplement une volte-face pragmatique. J’espère qu’il s’agit d’une véritable démarche éthique de leur part », a déclaré al-Sharbi.

M. Al-Sharbi a déclaré que son point de vue avait commencé à évoluer lors des débats publics aux États-Unis au sujet de la Justice Against Sponsors of Terrorism Act. Connue sous le nom de JASTA, cette loi a été adoptée en 2016 et a permis que le gouvernement saoudien soit accusé de soutien au terrorisme. Al-Sharbi dit : « Pour moi le virage a commencé pendant les débats du Congrès autour de JASTA et son approbation ultérieure ». Le Congrès a annulé un veto présidentiel pour faire adopter la loi.

Le Sénateur Lindsey Graham prend la parole lors d’une conférence de presse le 12 décembre 2018 sur une résolution visant à mettre fin au soutien militaire des États-Unis à la guerre de l’Arabie saoudite contre le Yémen. Sont également présents les membres du Sénat Bob Menendez, Chris Murphy et Jeanne Shaheen. Photo : Zach Gibson/Getty Images

Âgé aujourd’hui de 44 ans, al-Sharbi a été capturé en 2002 lors d’un raid mené par les forces pakistanaises. En juin de la même année, il a été transféré à Guantánamo Bay, où il est détenu depuis. Les déclarations d’Al-Sharbi ont moins pour sujet son cas personnel que les changements géopolitiques d’ampleur qui se sont produits depuis sa détention, en particulier la détérioration des relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite.

Quant à son silence pendant des années jusqu’à maintenant, Al-Sharbi a expliqué sa décision comme un effort pour prendre son propre destin en main. « J’ai d’abord été utilisé par des religieux saoudiens, et ça m’a marqué. J’en ai été traumatisé. Et puis sont arrivés les avocats libéraux américains qui voulaient m’utiliser pour leur propre cause », a-t-il dit. « Je ne voulais plus jamais être utilisé. »

Alors qu’au fil des ans de nombreux détenus de Guantánamo ont protesté de leur innocence, al-Sharbi est réputé comme l’un des prisonniers les plus récalcitrants détenus dans ce centre. Parlant couramment l’anglais et ayant fréquenté l’université en Arizona, il a dénoncé la légitimité du processus lors d’une audience de la commission militaire en 2006, le qualifiant de « le même cirque, avec un autre clown ». Accusé par le gouvernement américain d’avoir assuré les traductions en anglais dans un camp de militants et avoir suivi une formation sur l’utilisation d’explosifs, al-Sharbi a admis sans ambages que les allégations contre lui étaient fondées.

« Je vais faire court et facile pour vous les gars : Je suis fier de ce que j’ai fait et il n’y a aucune raison de le cacher. J’ai combattu les États-Unis. J’ai pris les armes », a-t-il dit lors de l’audience, s’exprimant en anglais en termes clairs et simples. « Je suis venu ici pour vous dire que j’ai fait ce que j’ai fait et que je suis prêt à en payer le prix, peu importe le nombre d’années auxquelles vous me condamnez. Même si je passais des centaines d’années en prison, ce serait une question d’honneur pour moi. »

« J’ai d’abord été utilisé par des religieux saoudiens, et ça m’a marqué.Ça m’a traumatisé. Et puis sont arrivés les avocats libéraux américains qui voulaient m’utiliser pour leur propre cause. Je ne voulais plus jamais être utilisé. »

En raison de la nature notoirement faussée de la procédure judiciaire à Guantánamo, où, entre autres, les preuves ont souvent été entachées d’obtention sous la torture, le gouvernement américain n’a jamais été en mesure de faire condamner al-Sharbi pour crime. Aujourd’hui, il est l’un des nombreux détenus que le gouvernement ne peut pas condamner, mais qu’il ne veut pas non plus libérer.

Une décision rendue en 2016 par le Conseil d’examen périodique de la prison a déterminé qu’al-Sharbi demeurait une menace pour la sécurité et qu’on ne pouvait pas le laisser partir. L’examen a révélé qu’il continuait d’être hostile en détention et qu’il refusait de discuter de ses projets d’avenir s’il devait être libéré. « La Commission apprécie la franchise du détenu à l’audience », a conclu l’examen.

Lors de précédentes audiences à la prison de Guantánamo, al-Sharbi a indiqué avoir été encouragé à devenir militant par des individus liés à la famille royale saoudienne. Il a réitéré ces affirmations dans ses récentes déclarations, déclarant notamment qu’il avait échangé par internet avec bin Salman – qui était alors adolescent – à l’époque où le père du prince était gouverneur de Riyadh. (The Intercept n’a pas été en mesure de vérifier de façon indépendante les communications datant de plusieurs décennies, et l’ambassade saoudienne n’a pas répondu à la demande de commentaires). [The Intercept est un magazine en ligne créé par Glenn Greenwald, Jeremy Scahill et Laura Poitras. Lancé en février 2014 par l’organisation First Look Media, il est financé par Pierre Omidyar.NdT]

Un document déclassifié du rapport de la Commission sur le 11 septembre – qui a été signalé pour la première fois en 2016 par le site Web 28pages.org, site dédié à la défense de la divulgation des informations sur le 11 septembre – laisse entendre qu’il y aurait un lien possible entre al-Sharbi et le gouvernement saoudien. Selon le document, au moment de la détention d’Al-Sharbi au Pakistan, une cachette de documents dont son certificat de vol américain se trouvait à proximité. Selon les enquêteurs, le document a été trouvé à l’intérieur d’une enveloppe portant le logo de l’ambassade saoudienne à Washington, D.C.

La Commission 9/11 n’a trouvé aucune preuve du soutien officiel de l’Arabie saoudite aux attaques du 11 septembre, bien qu’elle ait révélé des liens évidents entre les pirates de l’air et des employés du gouvernement saoudien.

L’Arabie saoudite a néanmoins été accusée d’être à la fois pyromane et pompier en ce qui concerne la question de la violence extrémiste.

Dans ses remarques récentes, M. Al-Sharbi a mentionné l’incohérence apparente de la position tant de l’Arabie saoudite que des États-Unis à l’égard des groupes militants.

Il a précisé : « La volte-face, l’image de marque constante, le marketing et le changement d’image des “combattants de la liberté”, des “extrémistes” ou des “terroristes” à certains moments, à certains endroits et contre certains ennemis, comme cela convient aux besoins politiques, est source de confusion ».

Le président américain Donald Trump montre un tableau des ventes de matériel militaire lors de sa rencontre avec le prince héritier Mohammed bin Salman dans le bureau ovale le 20 mars 2018.Photo : Kevin Dietsch, Pool/Getty Images

Le malaise est grandissant aux États-Unis concernant le soutien américain à la guerre saoudienne au Yémen, il a été ponctué en octobre dernier par l’assassinat atroce de Khashoggi, chroniqueur du Washington Post, dans les murs même du consulat saoudien à Istanbul. Il est largement reconnu que son assassinat aurait été commandité par bin Salman lui-même. Les liens historiques entre les États-Unis et l’Arabie saoudite ont fait l’objet d’une enquête sans précédent de la part des législateurs américains, de la presse et d’un public américain de plus en plus véhément.

Au milieu de cette vague croissante de mécontentement, le président Donald Trump lui-même a été l’un des opposants les plus remarquables. En plus des relations étroites entre la famille Trump et la famille royale saoudienne, M. Trump a justifié le maintien du soutien des États-Unis au gouvernement saoudien sur le plan économique.

À ce sujet, al-Sharbi a pris sur lui d’offrir quelques conseils au président américain.

« L’actuel président des États-Unis fait face à une opposition virulente en interne et à l’étranger. Il compte sur sa base et croit que la création d’emplois le rendrait plus crédible pour le reste. Il pense que les ventes d’armes saoudiennes sont essentielles pour atteindre cet objectif de survie politique », a dit M. al-Sharbi. « Mais je pense que sa base l’admirerait davantage s’il abandonnait ces ventes d’armes et disait à sa base qu’il le faisait par principe, pour que les maisons américaines ne soient pas construites sur les ruines des maisons saoudiennes. »

Près de vingt ans après le 11 septembre 2001, les métastases de la guerre mondiale contre les groupes extrémistes ne semblent guère vouloir s’apaiser. Après plus d’une décennie et demie passée en prison, le sort d’Al-Sharbi reste incertain. Selon lui, sa décision de parler après tant d’années de silence n’a pas été prise à la légère, étant données les conséquences que cela pourrait avoir.

« Le conflit entre les États-Unis et le monde musulman peut être résolu ou tout simplement éliminé : Si les États-Unis cessent de soutenir les dictatures dans les pays musulmans. »

Tout en reconnaissant la réticence de l’opinion publique américaine à entendre les dires d’un homme que l’ancien commandant de Guantánamo, le général de division Jay Hood, a décrit comme « l’un des hommes les plus dangereux » détenus à la prison, al-Sharbi a néanmoins offert une approche singulière sur la façon dont les États-Unis peuvent dissuader les générations futures de rejoindre les rangs des groupes militants antiaméricains.

« Le conflit entre les États-Unis et le monde musulman peut être résolus ou tout simplement éliminé : Si les États-Unis cessent de soutenir les dictatures dans les pays musulmans. J’espère que ce que j’ai à partager profitera à la fois aux Américains et à mon propre peuple », a poursuivi M. al-Sharbi. « Après la publication de cette histoire, si je suis transféré en Arabie saoudite contre ma volonté et que j’y fait face à mon destin, j’espère que cela n’empêchera pas les médias de poursuivre leurs efforts sincères pour que l’Amérique redevienne grande. » [référence à la campagne de Trump : Make America Great again NdT]

Mise à jour : 18 mars 2019

Cet article a été mis à jour pour inclure une lettre de Ghassan al-Sharbi, détenu à Guantánamo.

Source : The Intercept, Murtaza Hussain, 17-03-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Shock // 08.07.2019 à 08h29

“Si les États-Unis cessent de soutenir les dictatures dans les pays musulmans.”

Et pas seulement les pays musulmans…

Ici il faut rappeler la déclaration de MBS selon laquelle c’est l’occident qui a demandé à l’Arabie de propager l’islam urbi et orbi.

https://francais.rt.com/international/49248-nous-avons-propage-wahhabisme-a-la-demande-des-occidentaux

De la même manière l’islam a été instrumentalisé d’abord contre les Soviétiques et maintenant contre les Russes et les Chinois (Xinjiang, Birmanie).

Quant à l’Etat de droit, il faut oublier. Et la presse s’empresse d’oublier… ce fait.

18 réactions et commentaires

  • Shock // 08.07.2019 à 08h29

    “Si les États-Unis cessent de soutenir les dictatures dans les pays musulmans.”

    Et pas seulement les pays musulmans…

    Ici il faut rappeler la déclaration de MBS selon laquelle c’est l’occident qui a demandé à l’Arabie de propager l’islam urbi et orbi.

    https://francais.rt.com/international/49248-nous-avons-propage-wahhabisme-a-la-demande-des-occidentaux

    De la même manière l’islam a été instrumentalisé d’abord contre les Soviétiques et maintenant contre les Russes et les Chinois (Xinjiang, Birmanie).

    Quant à l’Etat de droit, il faut oublier. Et la presse s’empresse d’oublier… ce fait.

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  • Julie // 08.07.2019 à 10h53

    Et pendant ce temps-là l’ONU et l’EU avalent des couleuvres de plus en plus grosses. En une semaine on passe de ça:
    https://www.aljazeera.com/news/2019/06/khashoggi-killing-rapporteur-callamard-present-report-190626070023848.html
    https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24713&LangID=E
    (la rapportrice de l’ONU indique la nécessité d’une enquête judiciaire contre le prince d’Arabie Saoudite MbS
    publié le 19/6 et dispo ici
    https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/RegularSessions/Session41/Documents/A_HRC_41_CRP.1.docx
    à ça: https://images.app.goo.gl/gSGjcsrUWb1EnXsy6
    Mbs au 1er rang et au centre, adoubé par ses pairs du G20 à Osaka

    Et la nomination de la fille de Bandar comme nouvelle ambassadrice de l’Arabie Séoudite aux USA il y a quelques jours n’a pas donné lieu à un rappel de nos médias sur les circonstances du départ de son prédécesseur (Khalid bin Salman Al Saud, frère de MbS, dont les écoutes turques au consulat durant l’assassinat de Khashoggi ont montré qu’il avait reçu plusieurs appels téléphoniques). C’est Khaled qui avait dit personnellement à Khashoggi d’aller récupérer des papiers au consulat d’Istanbul où l’attendait l’équipe du meurtre dépêchée dans la nuit, et il a quitté Washington le lendemain du meurtre pour rentrer au royaume et y prendre le poste intouchable de vice ministre de la défense pour poursuivre le génocide au Yémen. Il est par ailleurs pilote et s’est vanté d’avoir participé aux bombardements en Syrie et au Yémen. Que du beau monde.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Khalid_bin_Salman_bin_Abdulaziz_Al_Saud

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  • cedivan // 08.07.2019 à 12h02

    “Ici il faut rappeler la déclaration de MBS selon laquelle c’est l’occident qui a demandé à l’Arabie de propager l’islam urbi et orbi.” Soyons sérieux : l’Islam n’a pas attendu les USA pour chercher à imposer sa loi urbi et orbi. Et MBS raconte bien ce qu’il veut pour brouiller les pistes.

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    • Chris // 08.07.2019 à 13h15

      MBS n’a fait que répéter ce que Hillary Clinton et auparavant, le conseiller de plusieurs présidences américaines, Zbigniew Brzeziński avaient déjà déclaré : un secret de polichinelle.
      https://theduran.com/empire-by-terror-afghanistan-to-syria-brzezinksis-al-qaeda-doctrine/
      “« La doctrine al-Qaïda de Brzezinski est le recours calculé à la violence ou à la menace de violence par procuration pour inculquer la peur, dans le but de contraindre ou d’intimider les gouvernements ou les sociétés dans la poursuite d’objectifs qui sont généralement de nature politique, religieuse ou idéologique. »

      Pour revenir à ce détenu saoudien, Al-Sharbi, son éloge à retardement de Lindsey Graham (le double de “Nasty” McCain, rappelons-le, un opposant farouche à Trump) et de Thomas Friedman, journaliste grand prêtre progressiste, mondialiste et libre-échangiste américano-centré (en d’autres mots, ce monde marécageux, inégalitaire, obsessionnel et décervelant où nous vivons maintenant), me fait plutôt sourire… jaune.

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      • Chris // 08.07.2019 à 13h16

        Suite…
        J’y vois plutôt un opportuniste jouant des forces actuellement à l’oeuvre pour évincer l’actuel président par tous les moyens. C’est bien à cette époque, mars 2019, que les candidats principaux annonçaient leur participation aux prochaines élections américaines, non ?
        Quant à MBS, on sait que ce n’est pas le candidat des Dems, qu’il fraye occasionnellement avec la Russie pour vendre son huile et assurer ses arrières, qu’il poursuit la politique de “chaos constructif” de l’empire au Moyen-Orient dont il est l’obligé (Quincy) et qu’il peut se faire dégommer à tout moment à force de pratiquer une haute-voltige typiquement orientale. Aussi longtemps qu’il a l’appui de Trump-Kushner, du camp Bibi et des religieux wahhabites sunnistes saoudiens face au concurrent iranien chiite, il restera en place.
        Ensuite… ?

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      • septique // 08.07.2019 à 17h12

        Mc Cain farouche opposant de Trump…heureusement je peux lire ceci donc je ne suis pas aveugle….ces gens font partie des mêmes coteries, rien ne les distingue sinon des effets de manche et des postures dans les medias. [modéré]

        Pour Al-Sharbi il n’est pas a Guantanamo par hasard. Il a choisi qu’il assume.

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    • septique // 08.07.2019 à 16h28

      Absolument et contrairement a ce qui est affirmé ici l’Arabie Saoudite ou le Quatar n’ont jamais attendu les ordres de Washington ou d’ailleurs pour subventionner mosquées, former des imams, financer des groupes armés.

      Il ne faut pas oublier que ceci démarre avec l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS et que ce n’est que plusieurs années après que Ben Laden se retourne contre les USA (après son expulsion de l’Arabie Saoudite).

      MBS ratisse large pour ne rien changer au prosélytisme musulman actuel sous la direction du Quatar et de l’Arabie Saoudite.

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      • Chris // 08.07.2019 à 18h17

        Vous ré-écrivez l’histoire, mon cher septique; même si elle peut varier selon les conteurs, restent néanmoins des faits incontournables.
        En finançant les moudjahines (futurs Talibans d’Afghanistan) dès juillet 1979 (directive signée par Carter sur le conseil de Brzesinki), avec l’aide des “Golfeurs” dont l’Arabie Saoudite, qui répandaient les écoles coraniques wahhabites, les Américains entendaient créer un Vietnam pour les Soviétiques dont les troupes, rappelons-le, n’entrèrent à Kaboul qu’en décembre 1979 à la demande du Gvt légal :
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Afghanistan_(1979-1989)
        “le 3 juillet 1979, le président américain Jimmy Carter s’ingère dans la politique afghane en signant la première directive pour aider les islamistes opposés au régime communiste de Kaboul”
        D’ailleurs, Kashogi, fringant jeune homme à l’époque, fut vu et photographié avec les dits moudjahidines, en tant que relais de la CIA.

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      • Chris // 08.07.2019 à 18h36

        “Il ne faut pas oublier que ceci démarre avec l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS et que ce n’est que plusieurs années après que Ben Laden se retourne contre les USA (après son expulsion de l’Arabie Saoudite)”
        Pour avoir été en affaires avec le gouvernement irakien dès les années 80 (développement d’abris souterrains pour l’aviation militaire et de mosquées préfabriquées), j’ai un vif souvenir d’un prosélytisme saoudien marqué (écoles coraniques, mosquées et bien sûr le logiciel imam) que Sadam Hussein tolérait en bon musulman.

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      • Logique // 08.07.2019 à 20h12

        “Il ne faut pas oublier que ceci démarre avec l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS”

        Quand on réécrit l’histoire, il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. Un petit effort est conclure: la Russie a envahi la Syrie. Et le gouvernement irakien a invité les Etatsuniens.

        “Ben Laden se retourne contre les USA”

        Apparemment vous ne connaissez pas Tim Osman. Car la vérité est que ce sont les Etatsuniens qui se sont retournés contre Ben Laden. Comme ils se sont retournés contre l’Irak, après avoir instrumentalisé ce pays pour une guerre absurde contre l’Iran. Les Etatsuniens se retournent toujours contre les pions qu’ils manipulent si cela peut leur être profitable. Et Ben Laden leur a été profitable même au-delà de sa mort en 2001. Rappel: Carlos a été arrêté au Soudan où se trouvait aussi Ben Laden. Il aurait pu être aussi capturé à ce moment. S’il ne l’a pas été, c’est qu’il pouvait encore servir.

        Contrairement à ce que vous dites le panislamisme est récent, contrairement au panarabisme laïque qu’il faut abattre.

        Le Qatar ce sont les Frères musulmans, l’Arabie c’est le wahhabisme. Ils se font la guerre.

        Le Qatar ami de la France? Confusion regrettable entre la France et un groupe de profiteurs corrompus.

        Merci à Chris pour ses contributions.

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        • septique // 08.07.2019 à 20h37

          La défunte URSS n’a pas envahi l’Afghanistan ? Avant de s’en retirer piteusement ?

          Ce n’était pas de l’ingérence dans la politique afghane ? Je vois….un appel du peuple afghan ?

          Décidément….dès que l’on gratte un peu sur l’URSS c’est une débauche de commentaires…

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    • Nicole de Nicomaque // 08.07.2019 à 23h45

      @Cedivan

      Personne n’a dit le contraire vis à vis de l’Islam dans sa pluralité d’approches. Mais ici, on vous parle du “Wahhabisme” , une vision très sectaire et verrouillée de l’Islam, une idéologie mortifère radicalisée. Le but était bien à l’époque de produire à la chaine des guerriers fanatiques pour les guerres occidentales en tous genres, notamment contre l’Urss ou par la suite contre la Yougoslavie ou dernièrement contre la Syrie… ; le meilleur mode d’emploi pour parvenir à lobotomiser les individus jusqu’au sacrifice ultime semble bien avoir été l’initiation express à cette vision ultraconservatrice de l’Islam, la religion d’État de la dictature d’Arabie Saoudite. Visiblement, nous payons et beaucoup d’autres peuples avec nous le payent aussi, un immense retour de flamme. L’effet boomerang de ce que certaines puissances ont semé, du 11 septembre 2001 à Charlie jusqu’au Bataclan, etc. Sans compter les premières victimes de ce fascisme wahhabite, les millions de Musulmans d’autres traditions de part le monde qui paient un lourd tribu face aux “fous de dieu” largement instrumentalisés en sous-main.

        +1

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  • septique // 08.07.2019 à 16h21

    Le sénateur Lyndsey Graham celui qui très récemment exigeait que l’on détruise immédiatement les raffineries de l’Iran, ces centres de contrôle, que l’on mine les ports iraniens….

    Guantanamo est toujours ouvert, malgré les tentatives de Obama de faire fermer ce centre. Il s’est heurté à l’opposition du Senat américain (contrôlé par les républicains) parmi lesquels le sénateur de la Caroline du Sud, un état archi-conservateur, Lyndsey Graham…

    Plus généralement va t-on bientôt voir des suppliques pour faire rapatrier les français (et leurs familles) partis se dévouer pour le Califat ? On va élever une statue pour les frères Klein ? Ces gens ont fait un choix, qu’ils assument.

    Dans cette région du monde il n’y a que des régimes autoritaires, théocratiques, voire facistes. Il n’y a jamais eu de démocratie.

    Le Quatar, un ami de la France ne soutient pas moins l’islamisme radical.

      +1

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    • Chris // 08.07.2019 à 17h50

      Qatar, ami de la France ?
      Un défiscalisé qui rachète la France par petits bouts…

        +4

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    • Chris // 08.07.2019 à 18h26

      “verra-t-on… faire rapatrier les français (et leurs familles) partis se dévouer pour le Califat ?”
      Mais, cher ami, c’est un ordre de Washington. Soyez certain que Macron tout dévoué à la cause atlantiste s’exécutera :
      https://www.lorientlejour.com/article/1157003/washington-pret-a-aider-pour-rapatrier-de-syrie-les-jihadistes-etrangers-mais-le-temps-presse.html
      Il commence déjà par les gosses… avec les mamans. Je parierais que les papas suivront au motif… du regroupement familial ! LOL.
      https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/comment-les-enfants-de-jihadistes-rapatri%C3%A9s-en-france-sont-ils-pris-en-charge/ar-AACF7dc

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    • Nicole de Nicomaque // 08.07.2019 à 23h52

      @Septique

      Les enfants de nationalité française qui sont emprisonnés en Irak ou ailleurs n’ont pas fait le choix de leur parents. J’ose espérer que vous n’avez pas envie de laisser crever en prison des bouts-d’-choux largement traumatisés par la guerre et ses atrocités. Il faut évidemment les rapatrier.

        +2

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      • Chris // 09.07.2019 à 08h39

        Pardonnez-moi, Nimaque, mais votre mansuétude toute sympathique soit-elle, est pur propos de bobo aveuglé par son affectivisme.
        Car les chats ne font pas des chiens… et vice-versa.
        Rapatriez, rapatriez et vous verrez ce qui se passera.
        Pour avoir dans mon entourage familial comme amical (plus comme professionnel, puisque maintenant retraitée), des individus issus de deux cultures antonymes (autrement dit le c.l entre deux chaises, qui plus est, bancales), je peux vous prédire de gros problèmes d’identité exacerbés par les conflits entretenus du Moyen-Orient auxquels s’ajoute le réflexe franco-franchouillard du cocufié de son ex-empire colonial qu’il n’a pas encore digéré ; les antagonistes musulmans non plus, d’ailleurs !
        Je souhaite aux Français bien du plaisir : un motif supplémentaire de destruction de la nation, comme si l’UE ne suffisait pas.

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