Pour aiguillonner la réflexion, extrait d’un article du très libéral Tocqueville sur la Démocratie…

Source : Le Partage, Alexis de Tocqueville, 02-08-2016

Extrait de “De la Démocratie en Amérique, vol II” (Quatrième Partie : Chapitre VI) publié en 1840.


Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l’étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu’ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu’ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

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Au-dessus de ceux-la s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?

C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir a l’ombre même de la souveraineté du peuple.

Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.

Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.

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Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m’importe bien moins que l’obéissance.

Je ne nierai pas cependant qu’une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentré tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d’un homme ou d’un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.

Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l’oppression qu’il fait subir aux individus est quelquefois plus grande; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu’on le gêne et qu’on le réduit à l’impuissance, peut encore se figurer qu’en obéissant il ne se soumet qu’à lui-même, et que c’est à l’une de ses volontés qu’il sacrifie toutes les autres.

Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d’elle, les forces et les droits qu’on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l’État, mais profitent à l’État lui même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu’ils ont fait au public de leur indépendance.

Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c’est donc diminuer le mal que l’extrême centralisation peut produire, mais ce n’est pas le détruire.

Je vois bien que, de cette manière, on conserve l’intervention individuelle dans les plus importantes affaires; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L’on oublie que c’est surtout dans le détail qu’il est dangereux d’asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu’on put jamais être assuré de l’une sans posséder l’autre.

La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l’usage de leur volonté. Elle éteint peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l’obéissance, qui n’est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n’empêchera pas qu’ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes, et qu’ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité.

J’ajoute qu’ils deviendront bientôt incapables d’exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu’ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s’agit-il du gouvernement de tout l’État, ils confient à ces citoyens d’immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d’élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s’étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu’ils remarquent ne tenait pas a la constitution du pays bien plus qu’a celle du corps électoral.

Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l’on ne fera point croire qu’un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d’un peuple de serviteurs.

Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m’a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l’imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s’étendre aux pieds d’un seul maître.

Alexis de Tocqueville

Source : Le Partage, Alexis de Tocqueville, 02-08-2016

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63 réponses à [1840] La vision des démocraties modernes, par Alexis de Tocqueville

Commentaires recommandés

Micmac Le 04 septembre 2016 à 03h53

Et cette fois je crois que ça va être la fin…

Ce qui m’inquiète le plus n’est pas les institutions. Je pense que les idées de 6ième république brandies ça et là sont illusoires. Et c’est un sympathisant de Mélenchon qui écrit ça, parce que je pense que sur ce point il se trompe.

La 6ième république, le tirage au sort ou tout ce que vous voulez ne change rien tant que le débat politique n’est pas systématiquement tué par les médias, montré en second plan par rapport aux faits divers, et aux “petites phrases” et autres insignifiances quand il est question de politique.

N’importe quel système d’institutions politiques peut fonctionner à peu près correctement, y compris la Vième République, tant que le débat politique et les confrontations d’idées sont au cœur de la vie publique. Pas les faits divers et les “petites phrases” à la c.., le burkini ou autres fadaises.

  1. Ailleret Le 04 septembre 2016 à 00h57
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    La lucidité de Tocqueville en ce passage m’a toujours étonné. Il était visionnaire ? A part le renforcement de l’État depuis Napoléon, rien ne lui permettait de tracer un tel tableau…

    La constitution d’apparence républicaine et ultra-monarchique dans le fond, nous la connaissons depuis 1958, et sa pratique s’est aggravée en proportion de l’esprit courtisan qui sévit en France. Écoutez les journalistes politiques, ils sont tout contents de recueillir les échos de la Cour.

    Quant au mot qui manquait à Tocqueville, « totalitaire », il ne faut certes pas en abuser, en l’absence d’une terreur organisée par l’État. Mais tout de même, cette masse d’individus déracinés, dépolitisés, soucieux de leur bonheur individuel (et de leurs gadgets de haute technologie), quel terreau propice… J’ai bien senti un emballement de type totalitaire, c’était en avril-mai 1999, pendant la guerre du Kosovo. Le conditionnement médiatique était assourdissant, pour nous entraîner vers une guerre totale.


    • Prométhée Enchaîné Le 04 septembre 2016 à 19h08
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      C’est ma dernière intervention au sujet de la Yougoslavie, qui fait le lien avec les médias et leur prétendu rôle de propagande au service de l’appareil militaire, en tout cas en démocratie. Le témoignage du Général Morillon à l’Assemblée Nationale montre que les médias ne relayaient pas forcément la vision des gens de terrain, et qu’ils n’étaient pas toujours manipulés par ceux que l’on croit, tantôt les Serbes, tantôt les Croates ou encore les Bosniaques.

      Leur préoccupation à ce sujet était légitime pourtant, un conflit meurtrier à une poignée de km de l’Italie et l’Europe. Leur traitement, sans aucun doute défaillant (si en temps de guerre les militaires sont dans le brouillard, comment les médias pourraient-ils y échapper ?). Mais au départ, malgré l’ambassadeur des Etats-Unis en Yougoslavie, personne n’a estimé qu’il fallait se mêler de cette affaire. Et tout au long du conflit, Clinton a dû faire avec un Congrès hostile à toute intervention. Donc que les médias aient servi, soit malgré eux, soit ponctuellement manipulés, n’empêche pas que globalement, leur couverture ne regardait qu’eux-mêmes. On ne leur a pas dicté ce qu’ils avaient à dire (globalement)… Ce moment totalitaire perçu peut s’expliquer par une passion ponctuellement accrue, comme dans des débats houleux.


      • Pegaz Le 04 septembre 2016 à 22h35
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        Si ce n’est au service de l’appareil militaire ce serait au service de l’appareil politique ! Trop d’éléments et de témoignages sont venus confirmer les mensonges et la désinformation sur ces événements. Parti pris et alignement des médias ne sauraient être le fait du hasard ou d’une défaillance. En exemple : Le général Pierre-Marie Gallois rappelle les causes et les conséquences de l’attaque contre la Serbie lors de la commémoration des 10 ans de cette agression. En 1999 le script était écrit.
        https://www.youtube.com/watch?v=mv6PI3cyojM


      • Pegaz Le 04 septembre 2016 à 23h32
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        Un deuxième témoignage par le Colonel Jacques Hogard, chef des forces spéciales au Kososvo.
        “L’Europe est morte à Pristina” :
        https://www.youtube.com/watch?v=obqimqPUqZs


  2. Micmac Le 04 septembre 2016 à 03h21
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    Texte intéressant mais a ne pas idéaliser non plus. Tocqueville écrit à une époque dans laquelle les seules démocraties au monde sont à peu de chose près l’Angleterre (plus ou moins censitaire quand même) et les Stasunis…

    Il parle surtout de la démocratie en Amérique, pas en France où elle n’existe pas encore. C’est vraiment à garder à l’esprit… Tout ça peut être peut-être mal interprété parce que hors contexte : Tocqueville ne parle que de l’Amérique du Nord, les États Unis. “De la Démocratie en Amérique”, c’est le titre. Pas “De la Démocratie”.

    Et il explique dans bien d’autres passages combien les Uniens sont étranges dans leur refus de toutes confrontations politiques. Vous n’êtes pas d’accord avec eux : “Nice to meet you”, au revoir poli, mais point de discussions, d’argumentations, d’engueulades, ces choses que nous aimons tant par chez nous… Une forme de tolérance par la négation du débat. Ceux qui ont discuté avec des “Américains” connaissent bien ça.


    • Micmac Le 04 septembre 2016 à 03h32
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      Suite…

      Ils ne sont bien sûr pas tous comme ça, mais ils sont quand même nombreux : le débat, la confrontation les gêne terriblement, alors que, il faut le reconnaitre, nous adorons ça, pour la plupart d’entre nous…

      Tout ça pour dire rapidement trois choses :

      1) Les néolibs adore ce texte sur la tyrannie de l’État démocratique, cité naturellement hors contexte. Lors de mes confrontation avec eux, combien de fois n’ai-je pas entendu l’argument du soit disant abandon du libre arbitre devant l’État démocratique… argument tiré bien sûr de ce passage particulier. L’abandon du libre arbitre par les enfants de 8 ans qui travaillaient dans les mines à la même époque ne semble pas les troubler outre mesure… Bien sûr, Tocqueville ne parle pas de ça, puisqu’il est question de toute autre chose si on remet le passage dans son contexte. Mais eux en parle, puisque dans leur esprit la réglementation sociale les opprime….


    • Micmac Le 04 septembre 2016 à 03h40
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      Et fin :

      2) Un État fort et démocratique suppose qu’il soit sous fort contrôle citoyen, et qu’il soit contesté (légalement) de façon permanente. Ceci suppose des institutions adaptés, mais aussi des citoyens éclairés, habitués à la confrontation politique tout en sachant la gérer de façon civilisé. Vertus absolument inexistantes au States, et il semble que ce soit un des points centraux de la démonstration de Tocqueville.

      3) Et donc des médias qui sachent mener le débat démocratique et les confrontations d’idées… Et c’est là, à mon avis, qu’on a pas le c.. sorti des ronces. La presse et les médias pluralistes n’existe plus dans notre pays.


    • Micmac Le 04 septembre 2016 à 03h53
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      Et cette fois je crois que ça va être la fin…

      Ce qui m’inquiète le plus n’est pas les institutions. Je pense que les idées de 6ième république brandies ça et là sont illusoires. Et c’est un sympathisant de Mélenchon qui écrit ça, parce que je pense que sur ce point il se trompe.

      La 6ième république, le tirage au sort ou tout ce que vous voulez ne change rien tant que le débat politique n’est pas systématiquement tué par les médias, montré en second plan par rapport aux faits divers, et aux “petites phrases” et autres insignifiances quand il est question de politique.

      N’importe quel système d’institutions politiques peut fonctionner à peu près correctement, y compris la Vième République, tant que le débat politique et les confrontations d’idées sont au cœur de la vie publique. Pas les faits divers et les “petites phrases” à la c.., le burkini ou autres fadaises.


      • Simone2B Le 04 septembre 2016 à 10h27
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        effectivement , ce qu’il y a à craindre , c’est l’absence de “cohérence” de notre communauté , qui n’arrive plus à faire “France” et se morcèle dans les “communautarismes” dont on constate les progrès.

        une constituante , qui élabore une constitution (une règle commune) ?
        je crains dans les circonstances actuelles que le pire n’advienne d’une assemblée dont la représentativité rique d’ètre contestée et contestable (en tout cas le parti de gauche n’en dit mot sur son organisation).
        ce qui me fait partager votre “prudence” par rapport au projet de JLM.
        il n’y a pas de solution institutionnelle à la crise actuelle , car elle est idéologique et qu’il s’agit de mettre à plat tous nos différents sur ce plan là.

        En effet ,on a vu les différents s’amonceler rien que sur le “minuscule” problème du burkini.
        qu’en sera-t-il quand il faudra aborder la question européeénne , celle de la circulation du capital ,celle des migrations de populations suite aux guerres , à la dégradation de l’économie planétaire, aux défis écologiques , sujets autrement plus sérieux…


        • patrick Le 04 septembre 2016 à 13h24
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          Casser la cohérence est un des moyens les plus surs de contrôler une population dont les différentes composantes ont des intérêts opposés ou pas assez points communs pour s’entendre, c’est bien pour cela que l’on nous oppose une immigration sans conditions.
          “Si vous voulez contrôler une population , remplacez-la” c’était de N. Machiavel , c’est pas d’hier.


      • patrick Le 04 septembre 2016 à 13h52
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        Qu’est-ce qu’on va mettre dans cette 6ème république ?
        Une version mélenchonesque ne peut qu’être inquiétante , ce sera encore plus d’état , encore plus de contrôle et de réglementation , on va faire un pas de plus sur la route de la servitude.
        ça va pas être simple de se mettre d’accord.


      • Thibaud Le 05 septembre 2016 à 15h57
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        Vous oubliez il me semble qu’avec une nouvelle constitution (écrite par nous) on peut très bien redéfinir le rôle et le pouvoir de nos médias, et leur opposer un contre-pouvoir.


  3. EchoGmt7 Le 04 septembre 2016 à 04h09
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    Un gouvernement qui serait le bon berger d’un peuple composé d’individus moutonniers. Voilà en (très) gros la vision de Tocqueville.

    Vision qui m’agrée mais à laquelle je me permets d’ajouter qu’il n’y a pas mieux qu’un peuple moutonnier lorsqu’on veut le livrer aux loups capitalistes.

    Tocqueville est un observateur raffiné mais il ne voit jamais qui tire les ficelles de son petit monde trop peu marxiste à mon goût. Il me fait l’effet d’un Charles Darwin qui serait passé à côté de sa grande théorie.


    • Catalina Le 04 septembre 2016 à 11h56
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      Peut-être reprendre de la base, l’école ?

      Un exemple d’analyse de dérive de l’éducation ultra-libérale et quelques solutions pour remédier à ses carences.

      http://lucien-pons.over-blog.com/2016/09/olga-vassilieva-la-nouvelle-ministre-de-l-enseignement-et-de-la-recherche-en-russie-qui-redonne-espoir-a-quand-la-meme-chose-en-fran


      • patrick Le 04 septembre 2016 à 13h33
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        où est-ce qu’il y a une dérive ultra-libérale de l’éducation ? pas en France en tout cas.


        • V_Parlier Le 04 septembre 2016 à 15h29
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          En Russie, néolibéral est le qualificatif qui désigne ceux qui entrent en transe admirative devant tout ce qui se fait dans l’UE et aux USA. (Eux-mêmes se désignent par ce qualificatif). Même si l’économie russe est plutôt libérale, le libéralisme idéologique (gadgets sociétaux, culture de l’excuse, laxisme officialisé, diplômes en chocolat “pour résorber le chômage”, mondialisme et tous ses corollaires, suprémacisme des gendarmes du monde) n’y est pas vraiment populaire. Autrefois les russes désignaient tout ce “package” idéologique de l’Ouest par le terme très approximatif de “capitalisme” pour des raisons historiques connues. Le terme néolibéral employé aujourd’hui me semble beaucoup plus exact. Tous les européistes sont des néolibéraux, qu’ils se prétendent de gauche ou de droite (le système économique qu’ils soutiennent n’est en fait ni efficacement étatiste ni libéral au sens strict: Je veux le beurre et l’argent du beurre, ce qui revient à dire que certains finiront bientôt sans beurre ni argent).


          • patrick Le 04 septembre 2016 à 16h09
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            C’est aussi comme ça que je l’avais compris , parce que dans l’article cité les failles de l’enseignement russe me font penser à celles de l’éducation nationale française qui n’est pas vraiment un monument de libéralisme 🙂


      • V_Parlier Le 04 septembre 2016 à 15h46
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        En France je pense que des intérêts bien distincts ont convergé pour ruiner le système éducatif:
        – Créer une inflation des qualifications officielles requises pour un même poste, en abaissant le niveau des diplômes => Retarder l’arrivée des chômeurs potentiels sur le marché du travail (tous les politiques de droite et de gauche y trouvent leur compte)
        – Idéologie du nivellement par le bas, caractéristique de la gauche française (ce que les russes ne savent pas car même l’URSS était élitiste). On ne peut nier ce fait, directement lié à la culture de l’excuse.
        – Torpillage du système d’éducation public, de sorte à ce qu’il soit si mal considéré qu’il soit possible plus tard d’en réduire considérablement le budget sans que ça se remarque, les écoles privées (cette fois hors de prix car en position de force) prenant alors le relais (Systèmes UK/USA). Ca c’est l’intérêt des libéraux.


        • patrick Le 04 septembre 2016 à 16h13
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          le torpillage bien réel du système éducatif français me semble bien plus être le fait du système lui-même ( syndicats tous puissants , bureaucratie , groupe de pression politiques … ) que d’une action extérieure dans l’intérêt des libéraux ( dont je fais partie, ce qui ne m’empêche pas d’être atterré par la dérive de ce système ).
          même les copains instits sont complètement désespérés par leur hiérarchie et leur ministère.


          • V_Parlier Le 06 septembre 2016 à 20h45
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            Vue d’en bas, ça doit en effet ressembler à ça. Il est vrai que même si maintenant quelqu’un voulait sincèrement tout remettre d’aplomb depuis le haut, ça prendrait un certain temps (si du moins il y arrivait).


  4. Pegaz Le 04 septembre 2016 à 06h21
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    Sur ce site http://classiques.uqac.ca/ qui propose 6245 oeuvres originales de 1547 auteurs différents on y retrouve les œuvres d’Alexis de Tocqueville en téléchargement. http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/de_tocqueville.html

    Sur Wikipédia au chapitre, 2.1.4 Les risques de la société démocratique, y est abordé la notion de tyrannie de la majorité. ( De l’histoire par les vainqueurs à la fabrique du consentement en passant par la pensée unique, cela ce conçoit aisément )

    Mémoire sur le paupérisme vaut également le détours


    • Pegaz Le 04 septembre 2016 à 08h01
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      Tome 1 – 2ème partie – Chapitre VII

      DU POUVOIR QU’EXERCE LA MAJORITÉ EN AMÉRIQUE
      SUR LA PENSÉE

      En Amérique, la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au-
      dedans de ces limites, l’écrivain est libre; mais malheur à lui s’il ose en sortir. Ce n’est
      pas qu’il ait à craindre un autodafé, mais il est en butte à des dégoûts de tous genres et
      à des persécutions de tous les jours. La carrière politique lui est fermée: il a offensé la
      seule puissance qui ait la faculté de l’ouvrir. On lui refuse tout, jusqu’à la gloire.

      Avant de publier ses opinions, il croyait avoir des partisans; il lui semble qu’il n’en a
      plus, maintenant qu’il s’est découvert à tous; car ceux qui le blâment s’expriment
      hautement, et ceux qui pensent comme lui, sans avoir son courage, se taisent et
      s’éloignent. Il cède, il plie enfin sous l’effort de chaque jour, et rentre dans le silence,
      comme s’il éprouvait des remords d’avoir dit vrai.


  5. PatrickLuder Le 04 septembre 2016 à 07h28
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    C’est du sado-masochisme volontaire, il n’y a aucun pouvoir qui nous dicte ce que nous devons faire autre que notre propre vanité. Nous mettons nous-même nos efforts là ou nous mettons notre coeur. Rien ne nous empêche de nous retrouver et de passer de bons moments avec ses amis et ses voisins, rien de nous empêche de choisir avec soin ce que nous achetons et soutenons, rien ne nous empêche de trouver les indépendance et les dépendances de notre vie comme celle des autres. Rejeter la faute sur le tout à l’Etat c’est fermer les yeux pour ne plus voir la saleté que nous laissons derrière nous. Il y a encore et toujours, aujourd’hui comme hier, des personnes qui placent leurs valeur dans les relations, le partage, la responsabilité et la bonté <= c'est là qu'est l'espoir de l'humanité.

    Bon dimanche à tous ;o)


    • bats0 Le 04 septembre 2016 à 08h47
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      “du sado-masochisme volontaire”, non je ne crois pas.
      Entre 1960 et 1963 Milgram fait une expérience avec 636 candidats, afin de d’évaluer le degré d’obéissance d’un individu devant une autorité qu’il juge légitime; le pourcentage d’obéissance est proche de 65% (62,5% en réalité) : les candidats vont jusqu’à la fin de l’expérience (voir résumé sur Wikipédiat “L’expérience de Milgram”).
      En 2009, Christophe Nick écrit “Le jeu de la Mort”, et Thomas Bornot et Gilles Amado réalise le téléfilm. La mise en scène reproduit l’expérience de Milgram. “Le téléfilm met en scène un faux jeu télévisé (La zone extrême) durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus forte à un autre candidat, jusqu’à des tensions pouvant entrainer la mort (les décharges sont fictives, un acteur feignant de les subir, et l’objectif est de tester le candidat à la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement).” Voir “Le jeu de la mort” sur Wikipédia pour plus de détail de cette expérience. Le résultat est un taux d’obéissance de 81%, et le documentaire compare ce résultat à celui obtenu par Milgram (62,5%).


    • DUGUESCLIN Le 04 septembre 2016 à 08h50
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      Je ne peux qu’abonder dans votre sens, Patrick.
      Quel que soit le “système”, c’est la volonté de puissance qui réduit l’être humain. Si la démocratie donne le pouvoir à ceux qui veulent dominer le monde dans une quête sans fin de puissance au point de s’auto-déifier de mépriser et asservir “l’autre”, ce n’est pas la démocratie ou un autre système qui doit être remis en cause, mais ceux qui utilisent le système.
      Ce n’est pas la “société” idéalisée qui peut changer l’homme, mais c’est l’homme lui-même qui peut changer la société. La bonté, la solidarité au sein de la famille, du cercle des amis, le partage et la solidarité sont des élans naturels. Celui qui devient chef ou dirigeant ne l’est pas pour le pouvoir, il est désigné parce qu’il porte les qualités de bonté de justice et d’amour nécessaires à la vie du groupe et il accepte ce sacrifice. Les autres chefs sont des dictateurs qui trouvent un soutient dans les puissances de l’argent pour financer les kapos qui assurent leur pouvoir.


  6. bdb30 Le 04 septembre 2016 à 08h54
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    La soi-disant prémonition de Tocqueville dans ce texte n’existe pas. C’est le discours d’un libéral contre l’Etat social ou Providence. Nous sommes en 1840 et la France bruisse de la question d’instaurer une République plus sociale, mise en avant de la question sociale qui aboutira à la Révolution de 1848. Tocqueville combat cette idée, c’est un libéral et ce texte énonce les critiques dont nous abreuvent les néolibéraux.


    • patrick Le 04 septembre 2016 à 13h28
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      si on regarde les résultats et la situation à laquelle nous en sommes arrivés, on ne peut s’empêcher de constater la clairvoyance de Tocqueville.
      la seule chose qui nous sauvera de l’état tout-puissant c’est la faillite de l’état , et heureusement l’issue est proche.


      • step Le 05 septembre 2016 à 15h32
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        L’état cherche (et échouera) à devenir tout puissant car c’est sa nature… ou parce qu’il est en faillite ? Question qui revient à se demander si la volonté de contrôle précède la difficulté qu’il ne sait résoudre ou l’inverse.

        Si c’est une prédestination soit le discours libéral s’entend sur la nécessité de limiter l’emprise de l’état, si c’est une conjoncture qui forme cette évolution, on pourra s’interroger sur le rôle des forces qui ont conduit à cette conjoncture… dont les libéraux.

        A titre personnel, je ne crois pas au destin, surtout si il est annoncé par d’autres qui ont les moyens ou l’intérêt de le faire se produire…


    • Pegaz Le 04 septembre 2016 à 14h42
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      Le fait que des néolibéraux le cite également n’est pas étonnant, non seulement son analyse critique se décline en 4 volumes, et à défaut de la lire en son entier chacun y trouvera son compte. Ceci pourrait également témoigner de la valeur de son analyse et de son impartialité.
      Travail construit de manière méthodique analysant les multiples composantes de cette démocratie naissante, facettes, recoins et mécanismes sont disséqués et même extrapolés pour en saisir leur devenir. Face à cette rigueur, puisque le sujet est le même « la démocratie », il n’est pas étonnant que l’on puisse en faire une lecture contemporaine.
      Dans ce siècle aux valeurs bouleversées, les néolibéraux le citeront en occultant la critique négative, certainement également en contre-pied à ceux l’ayant mis en évidence. ( 180 ans et pas une ride c’est insupportable ! )


    • Kilsan Aïetous Le 04 septembre 2016 à 15h14
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      Je suis assez d’accord avec votre position.

      Bien sûr dans ce texte il parle du cas de la démocratie américaine. Mais ce n’est pas étonnant qu’il constate que les gens sont dans la servitude dans ce cas particulier. Et comment étaient-ils avant ? Déjà dans la servitude. Comment étaient les 90% des Français avant la “démocratie” ? dans l’obéissance du journalier, de l’ouvrier, du domestique, du conscrit, de l’employé, du paysan à son seigneur.

      Les dominants se sont bien gardés de les désaliéner. Tocqueville est de sa caste, il ne peut pas voir pourquoi le peuple a ce défaut, ce n’est pas tant à cause de la démocratie que par une position millénaire face à sa caste, parce qu’ils n’ont pas les outils pour penser leur désaliénation.


      • Frédéric Le 04 septembre 2016 à 16h30
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        On retrouve là un autre phénomène: Le tropisme des gens des pays ex-communistes qui étaient habitués à obéir à une dictature du “prolétariat” et n’ont pas appris sur quelle base ils pouvaient être libres ni ce que pouvait signifier la démocratie, dont le mot a été sujet d’abus par les communistes au pouvoir. Ils ont été facilement récupérés par une autre dictature, celle de leurs nouveaux dirigeants oligarques adoubés par les USA, l’appartenance à l’Union Européenne étant vue par eux que comme appartenant à l’empire américain.


    • Kilsan Aïetous Le 04 septembre 2016 à 15h21
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      Sans parler du fait religieux qui bien souvent au lieu de libérer les peuples (la vérité vous rendra libre) a servi à les dresser au lieu de leur apprendre à penser et à les domestiquer, à les soumettre, à accepter comme normal ce monde dans lequel ils débarquent.


    • Pegaz Le 04 septembre 2016 à 15h24
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      Ces critiques au sujet de l’État social ou Providence, sont les conséquences d’autres analyses figurant dans « Mémoire sur le paupérisme » le 1er et le second. Sa posture n’a rien à voir avec un quelconque dogme libéral.

      « A l’époque de la révolution religieuse qui changea la face de l’Angleterre, sous Henri VIII, presque toutes les communautés charitables du royaume furent supprimées, et comme les biens de ces communautés passèrent aux nobles et ne furent point partagés entre les mains du peuple, il s’ensuivit que le nombre de pauvres alors existants resta le même, tandis que les moyens de pourvoir à leurs besoins étaient en partie détruits. »
      « Mémoire sur le paupérisme » le 1er page 16


  7. TuYolPol Le 04 septembre 2016 à 10h06
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    J’observe en général que les discours qui manifestent une grande condescendance et placent l’auditeur, au côté de l’auteur, dans une position de supériorité même bienveillante, ont toujours plus facilement du succès. Avec ce texte, aussi séduisant soit-il, nous en avons un bel exemple.
    Les gouvernés écopent toujours de l’imbécilité finalement. Et voilà : implicitement, l’intelligence recouvre l’appétit et l’habilité à dominer, sous-entendu si tu es dominé c’est que tu le mérites.
    Il faudrait se forcer à réfléchir autrement. L’imbécilité c’est peut-être de se soumettre éternellement à ce schéma barbare, dominant ou dominé. Un fait soi-disant de nature est corrigible, cela s’appelle la civilisation.


  8. jim Le 04 septembre 2016 à 10h19
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    Ce superbe texte peut servir à promouvoir le tirage au sort des gouvernants et surtout des législateurs.

    Car le tirage au sort va dans le sens, avec le temps pasant, de la résolution de problèmes que AdT pointe :
    comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire (sic)
    et l’infantilisation des gouvernés.

    Bien entendus les maitres actuels, politiciens et leurs soutiens divers, ne peuvent accepter cela, ni même le concevoir avec clarté.

    Mais plus regrettable, certains ancrés trop seulement dans la révolution française et arc bourtés sur l’idée que le suffrage universel est l’indépassable qualité démocratique!, refusent même de considérer cette question avec sérieux et libertée dans la pensée!

    En France, il faut travailler à les faire évoluer, à les dégager de leur passé et ses inventions, certes respectables, mais devenus avec le temps un simple dogme.


    • RGT Le 04 septembre 2016 à 15h35
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      Il y a encore mieux : Tous les citoyens se réunissent et décident ensemble d’un compromis qui permette de satisfaire tout le monde…

      Ces réunions citoyennes peuvent être locales, et les décisions appliquées localement, pourquoi pas ?
      Il n’y a rien de gênant à ce que les règles divergent d’un “canton” à l’autre…

      Il faut juste que ces règles soient adaptées à la population locale, ce qui n’est pas le cas dans une oligarchie centralisée qui ne possède que des règles adaptées aux oligarques.

      Ce système porte un nom : Anarchie…

      Comme il risque de causer l’extinction des oligarques qui ne suivent que leur “bon vouloir” il a été déformé pour devenir synonyme de “bordel intégral”…

      Ce système est, comme le disait Élysée Reclus, “l’expression suprême de l’ordre” car tous les citoyens sont réellement concernés par les décisions collectives qui ne leur sont jamais imposées.

      Par contre, il faut qu’ils discutent, qu’ils réfléchissent et donc ils deviennent intelligents et critiques..

      Quelle horreur !!!


    • fanfan Le 04 septembre 2016 à 17h48
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      Comment sortir du capitalisme ? – Bernard Friot
      Monsieur Troll : https://www.youtube.com/watch?v=4Vq9Lm2m54Y

      Conférence de Bernard Friot et d’Usul, a Science -Po Rennes
      https://www.youtube.com/watch?v=GP4dhZcVcWU

      Schéma tentant de synthétiser une partie des propositions du Réseau Salariat et un tableau résumant les différences entre le Salaire à vie et la majorité des propositions de Revenu de base
      https://www.reseau-salariat.info/1d98da4bcd1dac07b641182b50d95101


      • fanfan Le 04 septembre 2016 à 18h09
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        • jim Le 04 septembre 2016 à 20h16
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          L’enfer est pavé de bonnes intentions.
          Et dans le domaine, les communistes et ex communistes sont des experts!

          Car Friot va bien plus loin que l’intéressant revenu universel dans ses propositions, et ce plus loin est de l’enfer en puissance.


          • Catalina Le 05 septembre 2016 à 05h46
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            Bonjour,
            Pouvez-vous en dire plus sur ce ” ce plus loin est de l’enfer en puissance.’


  9. Xavier Le 04 septembre 2016 à 10h58
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    Nous avons confondu progrès, humanisme, croissance, confort et démocratie.

    Liberté, Egalité et Fraternité n’ont eu de cesse que de faire se confondre ces notions.

    Tant que nous ne baserons pas les principes (et pas les valeurs) de la démocratie sur le seul semblant de liberté que l’on ait, c’est à dire l’utilisation de ce qui fait notre humanité, notre cortex associatif qui nous permet d’échanger sur des notions complexes, la démocratie ne sera qu’un habillage langagier pour masquer les hiérarchies de dominance.

    Je refais ici du (sous-) Laborit, lui qui disait que Conscience, Connaissance et Imagination serait une devise bien plus intéressante…

    « Tant que les informations seront entre les mains de quelques-uns, que leur diffusion se fera de haut en bas, après filtrage, et qu’elles seront reçues à travers les grilles imposées par ceux qui ne désirent pas, pour la satisfaction de la dominance, que cette grille soit contestée ou qu’elle se transforme, la démocratie est un vain mot, la fausse monnaie du socialisme ».
    Henri Laborit


  10. RGT Le 04 septembre 2016 à 15h10
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    A l’époque, les hommes réfléchissaient encore et remettaient en cause le fonctionnement des institutions.

    Lisez aussi Proudhon et sa critique virulente des institutions.
    Lisez ses attaques contre les malthusiens qui reviennent insidieusement s’imposer parmi nos “élites”…
    Lisez aussi “Être gouverné“, dans “Idée générale de la Révolution au 19e siècle”, Épilogue, p. 341.
    Tocqueville en plus virulent et bien plus concentré.

    Et observez son parcours qui l’a fait passer d’élu (député) à pourfendeur de cette assemblée hypocrite à la solde du plus offrant.

    Le XVIIIè siècle a été celui des “lumières”,
    le XIXè celui de la compréhension et du début des combats,
    le XXè siècle, dans sa seconde moitié celui de la fin des combats.
    Pour l’instant le XXIè siècle est celui de l’asservissement et de l’abrutissement de masse.


    • francesc pougault Le 05 septembre 2016 à 08h28
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      Tocqueville, in “notes sur le voyage en Algérie de 1841:
      il faut mener de “grandes expédition” pour ” 1° continuer à montrer aux Arabes et à nos soldats qu’il n y a pas dans le pays d’bstacle qui puisse nous arrêter; 2° détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population, ou en d’autres termes à une ville. Je crois de la plus haute importance de ne laisser subsister ou s’élever aucune ville dans les domaines d’Abd El Kader…”

      Et tout le grand démocrate Tocqueville est à l’avenant.


  11. wuwei Le 04 septembre 2016 à 15h48
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    C’est quelqu’un de 65 ans, abstentionniste indécrottable, qui se dit que la photographie du bureau de vote jointe à ce texte mériterait à elle seule un papier. Car la moyenne d’age des votants illustre bien l’un des maux principal de cette “démocratie” élective : une gérontocratie fait par et pour des gérontocrates, et ce n’est pas l’age des prétendants au trône d’Ubu qui démentira ce constat. Les jeunes ne votent pas ou plus et c’est aussi le cas pour la majorité des oubliés de “la concurrence libre et non faussée”. Ne se déplacent plus aux tartufferies quinquennales que les rentiers et les gagnants de la mondialisation. Alors, comme depuis l’origine rien à attendre de l’isoloir.


  12. Frédéric Le 04 septembre 2016 à 16h55
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    Malheureusement, vivant en Grèce, je me suis aperçu qu’il y avait une antinomie entre le citoyen fort et l’état fort. L’équilibre entre les deux est peut-être quelque part dans une république confédérale, comme la Suisse, où le pouvoir est partagé entre les cantons et l’état confédéral. Je ne connais pas bien le fonctionnement de cet état, mais au lieu de “bader de la goule” comme on dit en Charente devant les soit-disant grandes démocraties comme les USA ou la France, démocraties assez récentes d’ailleurs, on ferait mieux de regarder ce qui se passe chez des gens plus discrets sur la scène internationale, mais qui n’ont pas le sentiment d’être privés du pouvoir de décider de leur avenir, comme ils l’ont prouvé en interdisant les camions de l’Union Européenne de traverser leur pays, la Suisse comme ils le veulent et comme le veulent les lobbies suisses de l’automobile. Par contre ils ont voté pour le maintient de lignes de chemins de fer non rentables car ils peuvent encore le faire, pas comme en France où la République est livrée à tous les lobbies.

    Donc avant de philosopher sur la dictature de l’Etat, regardons bien concrètement comment on peut s’en passer.


    • Ailleret Le 04 septembre 2016 à 17h24
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      La Suisse n’est pas parfaite, mais elle est bien plus démocratique que la France ou les Etats-Unis d’Amérique… Qui sera le Tocqueville de la Suisse ? Ce pays mérite mieux que du mépris. Et il a su garder sa neutralité, il est resté indépendant, lui…

      PS : si le site voulait bien rendre à mon logo-machin-truc sa belle couleur bleue, il est un peu délavé…


  13. fanfan Le 04 septembre 2016 à 18h01
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    Pour en savoir plus sur ce qui se passe en Suisse,le blog de Liliane Held-Khawam…
    Son site > https://lilianeheldkhawam.com/

    La démocratie directe suisse polluée! Judith Barben > https://lilianeheldkhawam.com/2016/05/22/la-democratie-directe-suisse-polluee-judith-barben/


  14. Macarel Le 04 septembre 2016 à 21h06
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    Braves gens, tous les 5 ans ce n’est pas au choix de nos maîtres que nous sommes conviés, mais au choix des valets du capital et de la finance mondialisée.
    Ce sont eux qui une fois “choisis démocratiquement”, sont chargés par le capital et la finance mondialisée, de nous appliquer les politiques économiques qui sont bonnes pour ce capital et cette finance. Mais qui pour nous, dindons de cette farce électorale, nous enfoncent chaque fois un peu plus la tête sous l’eau, tant sur les plans, social, qu’environnemental.


    • jim Le 04 septembre 2016 à 22h14
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      Cette manière de penser, bien qu’elle repose sur une analyse marxiste intéressante et en bonne partie justifiée, n’offre AUCUNE PRISE OPERATIONNELLE.

      Elle doit donc être mise entre parenthèses, ou abandonnée aux purs intellos et aux purs idéologisés (peu intelligents en somme).

      Et aux idiots utiles, même cultivés. Grotesques Lordon et assimilés, prenez cette baffe venue du “peuple” qui vous tourne le dos, à l’évidence des chiffres.

      😉


      • Macarel Le 04 septembre 2016 à 23h59
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        Cher “ami” le peuple n’appartient à personne, on peu certes l’abuser par des promesses démagogiques, faire de la récupération idéologique. Mais j’attends (enfin, si l’on peut dire…) de voir ces démagogues au pied du mur si un jour, par malheur, ils accèdent au pouvoir.
        J’attends de voir leur fameuse prise opérationnelle sur la complexité du monde actuel, et leur exceptionnelle intelligence à l’ oeuvre !!!


  15. Cont d'Orsay Le 04 septembre 2016 à 22h07
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    Les medias sont l’opium du peuple; vite! une loi sur la séparation de l’état et des medias.


    • jim Le 04 septembre 2016 à 22h16
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      Mieux qu’une loi : une mise au sommet de cela dans la Constitution.


    • Kaiel Le 04 septembre 2016 à 22h55
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      Du capital et des médias aussi, les milliardaires sont bien dans le coup maintenant.
      une revue indépendante sans pub : http://www.nexus.fr/actualite/geopolitique/hold-up-sur-votre-epargne-en-2016/


    • patrick Le 04 septembre 2016 à 22h59
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      l’arrêt des subventions devrait suffire.
      la moitié mettre la clef sous la porte et l’autre moitié pourra reprendre sa liberté


      • step Le 05 septembre 2016 à 15h44
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        ….l’autre moitié se jetterait plus en avant dans la servilité aux oligarques restants. Vous me direz qu’il vaut mieux être servile à un maitre qu’à deux. Je pense au contraire, la qualité de la presse qui ne pourrait plus faire jouer la concurrence entre ses maitres baisserait encore un peu plus.


        • fred79 Le 05 septembre 2016 à 19h30
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          “….l’autre moitié se jetterait plus en avant dans la servilité aux oligarques
          restants”
          Oui, mais au moins ce serait les oligarques qui financeraient leurs torchons et pas le contribuable.

          De toutes façons, c’est bien plus vicieux que ça, il n’y a pas de concurrence, juste une connivence entre les proprios millionnaires et les politiciens qui ont besoin les uns des autres et font financer leur propagande par les victimes de cette même propagande.


  16. Kaiel Le 04 septembre 2016 à 22h50
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    Dans la vie de chaque nation vient un moment où un examen de conscience s’impose ; où elle doit porter un regard neuf sur les idéaux qui ont inspiré sa constitution — écrite ou non — à la lumière de ce qui a été accompli, et réexaminer les résultats obtenus. Une fois cela fait avec honnêteté et franchise, l’autosatisfaction qu’affichent tant de dirigeants pour conserver leur emprise chancelante sur le peuple cédera la place à un discours plus en phase avec la réalité


  17. florimont Le 05 septembre 2016 à 14h04
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    Qui a dit que la République ou la Démocratie c’était la vertu?
    Peu importe!
    Ce qui est sûr,c’est l’exigence d’une vigilance de tous les instants.
    Mais ,est-ce humainement possible dans nos états modernes conjuguant
    démographie,technologie et culture individuelle limitée,et je ne parle pas de notre monde de l’image reine.
    Florimont


  18. MASTER T Le 05 septembre 2016 à 17h19
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    “En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n’empêchera pas qu’ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes, et qu’ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité”

    Voilà un constat bien contemporain et pourtant, Etienne de la Boetie à son époque, 16ème siècle, faisait un constat relativement similaire: « La première raison pour laquelle les hommes servent volontiers, est parce qu’ils naissent serfs et sont nourris comme tels. » de cette servitude volontaire peut bien alors découler le concept d’une égalité de traitement -étant indifféremment soumis au tyran ou au système- qui bride le libre arbitre de ses sujets… ainsi égalité de traitement en étant frère dans la condition, la grégarité fait le reste.

    La condition humainement dénaturante excelle à “fabriquer” une humanité conditionnée, préfabriquée qui ne perçoit ponctuellement sa servitude qu’en lien aux petits espaces de sollicitudes que lui offre le système/tyran comme gage de récompense à sa fidélité. L’Humain est posthume à lui meme puisqu’il sacrifie son émancipation naturelle pour un relatif confort matériel… se sentant moins seul dans sa relative misère, le poids s’en trouve subjectivement amoindrie… jusqu’à un certains point seulement.


  19. Julie Le 05 septembre 2016 à 18h30
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    Quelle magnifique preuve que l’EU est un succès!
    en dix ans, les polonais ont réussi à dépasser le nombre d’Indiens au Royaume-Uni (bien que l’Inde soit une ex-colonie et le 2è pays le plus peuplé de la planète)
    qui dit mieux?

    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/05/nouveau-visage-de-l-immigration-au-royaume-uni-le-polonais-a-remplace-l-indien_4992853_4355770.html


  20. Grim Le 08 septembre 2016 à 15h26
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    “Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens.” On dirait clairement ce qui se passe en France avec nos institutions actuelles.


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