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19.août.201619.8.2016 // Les Crises

Extra-territorialité du droit américain : L’indispensable étude d’Hervé Juvin

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Source : Proche et Moyen-Orient, Richard Labévière, 08-08-2016

Dernièrement, un patron de PME française – qui rentre tout juste de Téhéran – est convoqué à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Il s’y voit signifier qu’il ne doit pas dépasser un certain niveau d’investissement en Iran sous peine de se voir interdire le marché américain… A peine sorti du 2, avenue Gabriel, ce dernier alerte aussitôt le Quai d’Orsay qui… ne lui a jamais accordé de rendez-vous…

Il y a quelques années : Total, Siemens, PPR, Alcatel, Bolloré parmi tant d’autres ; en 2015 : BNP Paribas, Alstom et le Crédit Agricole ; en 2016 : Sanofi et Airbus ; demain, Mercedes, Renault, DCNS, Vinci, Safran, Veolia sommés de répondre aux convocations de la justice américaine !

Une banque européenne vient de décider de clore toutes ses opérations dans 18 pays et a mis sous surveillance ses activités dans 12 autres. Deux banques françaises considèrent qu’il est judicieux de réduire au minimum leurs relations avec une quarantaine de pays, dont plusieurs pays d’Afrique francophone, d’Asie ou d’Amérique latine ; leur contrôleur américain pourrait y trouver à redire. Les entreprises françaises qui veulent travailler avec ces pays sont priées de passer par les banques américaines. Plusieurs centaines de sous-traitants d’une entreprise industrielle européenne majeure ont fait l’objet d’enquêtes de la justice américaine et se sont vus contraintes de remettre tous les documents commerciaux et techniques relatifs à leurs relations avec leurs clients.

Sur le site du Department of Justice (DOJ), qui la tient scrupuleusement à jour, la liste des procédures engagées contre des entreprises non américaines s’allonge. Et le bras armé du procureur américain frappe désormais à peu près partout dans le monde, dès lors que le dollar, un serveur américain, une puce électronique ou un satellite de télécommunication, lui donne matière à poursuivre – fonde sa compétence universelle.

Hervé Juvin : « l’application extra-territoriale du droit américain a détruit des entreprises françaises (Alcatel et Alstom notamment), elle a permis d’extorquer des milliards d’euros à des entreprises européennes. Elle s’apprête à attaquer Sanofi, Airbus, Safran et bien d’autres. Elle a pour prétexte la lutte anti-corruption, le respect des embargos américains, le combat anti-terroriste, pour objectif affiché l’efficacité économique, la moralisation des affaires, l’établissement des conditions d’une concurrence libre, ouverte et équitable partout dans le monde. Tout cela à l’appui d’un impérialisme juridique grandissant, tout cela au bénéfice de l’intérêt national américain. L’extra-territorialité du droit américain se propage à la faveur de l’abandon du droit international, de la faiblesse du régalien et de la négation de la puissance de mise en Europe. Elle constitue un élément majeur de la stratégie de « Global Constraint » – « contrainte globale » – qui renouvelle la stratégie de l’empire américain ».

La brutalité du procureur américain, la dureté des inculpations et des sanctions, les campagnes d’intimidation résultent moins des textes que de l’extrême résolution avec laquelle ils sont mobilisés au service, moins d’intérêts particuliers, que d’une vision du monde. Le droit américain reflète une conception de l’ordre social fondé sur la concurrence darwinienne pour la survie qui élimine les plus faibles, sur un modèle scientiste et néo-rationaliste en vertu duquel la technique et la croissance résoudront tous les problèmes posés par la technique et la croissance. Ce modèle est totalement opposé au modèle républicain de solidarité et de mutualité qui emprunte le meilleur de ses principes aux systèmes de régulation complexes des organismes vivants2.

Ce dispositif à prétention universel s’accompagne d’un affichage moral, toujours précédé de campagnes de presse appuyées par des Fondations et des ONGs mobilisées dans un but de légitimation. Le premier effet des poursuites et des sanctions américaines contre les banques suisses, accusées de favoriser l’évasion fiscale, est que les banques suisses conseillent désormais à leurs clients de déposer leurs fonds aux Etats-Unis, d’ouvrir des sociétés au Delaware ou au Nevada, aujourd’hui parmi les premiers des paradis fiscaux du monde. Quant aux récalcitrants, ils se verront attaqués par la presse et les ONGs. Dernièrement, le quotidien parisien Le Monde nous a servi un étrange scoop accusant le cimentier Lafarge d’entretenir des complicités avec des groupes jihadistes… Il n’a pas fallu attendre 48 heures pour voir surgir les chevaliers blancs de plusieurs ONGs lançant pétitions et autres actions à l’encontre du cimentier !

Ces opérations sont le fait de diverses officines, disposant pour certaines de moyens étendus, pour la plupart d’une influence fondée sur le présupposé naïf que tout est mieux chez les autres, pour quelques unes du projet explicite de soumission de la France aux intérêts étrangers. Au nom de l’éthique des affaires ou de la bonne gouvernance, des associations, des médias, des groupes exercent une pression plus ou moins directe sur les entreprises françaises pour qu’elles se conforment aux pratiques et aux intérêts américains ou à ceux de leurs alliés – combien de séminaires, de sessions de formation dans ce but ! – et, d’abord, pour qu’elles financent elles-mêmes des actions qui leurs sont contraires ! Ces officines donnent une nouvelle ampleur au trafic de réputation et d’influence. A coup d’indicateur biaisés, de classements tendancieux, d’enquêtes bricolées, elles accréditent des procédures et des méthodes de gestion étrangères à la culture européenne des affaires, comme « la bonne gouvernance », « la mise en conformité », « les administrateurs indépendants », etc. l’ensemble revêt une certaine puissance en raison des relais que constituent cabinets d’avocats américains, auditeurs et comptables anglo-américains, banques d’affaires et fonds d’investissements, qui ont intérêt à agir, a produire de la norme, à relayer et manipuler certaines méthodes comptables.

Ainsi par conformisme, sinon par colonialisme intellectuel, combien de sociétés françaises ont-elles sciemment introduite le loup dans leur propre bergerie ? Combien d’entreprises françaises et européennes ont-elles confié des audits et autres analyses opérationnelles et stratégiques à des sociétés d’audit anglo-saxonnes ? Lorsqu’on sait, par exemple, que le plan « Vision-2030 » – censé diversifier et moderniser l’économie saoudienne – a été concocté par la société McKinsey… nous voilà rassuré et grandement assuré que les princes wahhabites ne financeront plus l’islam radical dans le monde !

Alors que faire ? Travailler à se désexposer à la justice américaine, à se déccrocher du dollar. Les outils disponibles sont déjà là : ne plus travailler qu’avec les marchés de cotation des matières premières hors dollar, tels que la Chine en a ouvert en novembre 2015 (le premier portant sur l’or) ; refuser d’avoir affaire avec tout prestataire de services hébergé aux Etats-Unis, filiale d’une entreprise américaine , ou relevant d’une manière ou d’une autre de la justice américaine ; exiger que la totalité des données de l’entreprise soit traitée, hébergée et préservée dans des centres informatiques localisés en France ; imposer une autre monnaie que le dollar pour toute transaction internationale (comme l’impose l’Iran pour son pétrole et son gaz) ; éliminer de ses appels d’offre toute banque, toute institution financière américaine, ou filiale d’un établissement américain ; ne communiquer aucune information , ne diffuser aucune opinion, d’une organisation, ONG, association, Fondation ou institution internationale, sous la dépendance de financements américains3.

Hervé Juin de conclure : « pourquoi ne pas utiliser WeChat, entièrement chinois, plutôt que les sites de relations américains ? Pourquoi ne pas prévenir tous les utilisateurs de Cloud Computing et autres Big Data, comme de progiciels américains, que le nouveau pouvoir US utilise les prestataires de services pour acquérir toutes données utiles de la part des utilisateurs naïfs ? Pourquoi ne pas tenir en alerte toutes les entreprises contre le recours à des logiciels américains qui comportent tous les algorithmes pour suivre, déceler, dénoncer les opérations non-conformes à l’intérêt national US ? Après, c’est trop tard. Quand l’entreprise emploie, laisse pénétrer ses fonctions vitales, laisse les prestataires américains la conseiller, auditer ses comptes, assister ses politiques commerciales, gérer ses flux de factures ou de capitaux, c’en est fini de son indépendance stratégique. Quand elle accepte de subordonner ses relations internationales au regard des Etats-Unis ou de leurs alliés, c’est fini. Il faut organiser la grande séparation d’avec l’occupation américaine, il faut faire tomber le nouveau mur qui nous aliène. Qu’il passe dans nos têtes plus que dans la rue, qu’il se compose de droit, de finance, d’audit et de conformité, ne le rend que plus présent. Il s’insinue partout, il nous coupe de nos traditions, de notre histoire, il nous rend insensible à notre intérêt propre, et voilà que la France ne peut même plus préférer les Français, l’Europe préférer les Européens ! Nous avons le monde devant nous. Il vaut tellement plus que l’illusion de l’alliance américaine ! »

Désormais, nous devons regarder la réalité en face. Au nom de la lutte contre la corruption, au nom du combat légitime contre les pratiques abusives, c’est la lutte contre la diversité humaine et contre la liberté des peuples à décider de leurs lois et de leurs principes qui franchit s’impose et se généralise. C’est une colonisation américaine d’un nouveau type – soft et smart colonisation – qui s’affirme au fur et à mesure que la croissance signifie moins apporter une utilité augmentée que l’obsession de tuer ses concurrents par tous les moyens.

De toute urgence : contre l’extra-territorialité du droit américain, il faut lire, diffuser et citer l’étude d’Hervé Juvin.

Richard Labévière
8 août 2016

Source : Proche et Moyen-Orient, Richard Labévière, 08-08-2016

monde_domination_us

[DÉBAT] Extraterritorialité du droit US avec Hervé Juvin et Christian Dargham

Source : Youtube, 14-03-2016

Retrouvez l’intégralité du débat sur l’extraterritorialité du droit américain organisé par le Cercle Droit & Liberté et qui s’est tenu le 8 mars 2016 en présénce de Hervé Juvin et de Christian Dargham.

BNP, Total, Siemens… autant d’entreprises européennes poursuivies et sanctionnées à des milliards de dollars d’amende pour avoir violé, hors des Etats-Unis, le droit américain.

Se fondant sur de lointains éléments de rattachements et considérant que la réglementation américaine en matière d’embargo ou d’anti-corruption est applicable hors des Etats-Unis, les procureurs américains, lancent des poursuites contre les sociétés européennes les obligeant ensuite à transiger avec le Department of Justice et à s’acquitter d’amendes faramineuses, quand bien-même les opérations commerciales incriminées auraient été réalisées hors des USA par des entreprises européennes en conformité avec le droit européen.

La CJUE et la Commission Européenne tentent timidement de rendre les coups, condamnant les Google, Microsoft ou autre Apple sur le fondement du droit de la concurrence ou de la fiscalité.

Alors que le combat apparaît déséquilibré, peut-on voir dans l’extraterritorialité du droit américain la forme juridique de l’impérialisme américain ? Va-t-on vers une uniformisation mondiale du droit ? Comment les entreprises européennes peuvent-elle réagir et s’adapter ? L’UE doit-elle développer des mécanismes similaires ?

Autant de problématiques auxquelles Christian Dargham, avocat associé Chez Norton Rose Fulbright et Hervé Juvin, Président d’Europgroup Institute, ont répondu le 8 mars 2016..

Hervé Juvin – Consultant et écrivain

Ancien étudiant de Science-Po, Hervé Juvin est président de l’Eurogroup Institute et intervient en conseil en organisation et management auprès de sociétés françaises et européennes.

Spécialiste du milieu bancaire et des marchés financiers, il est l’auteur de plus de 100 articles et 10 rapports publics sur ces sujets. Il contribue régulièrement aux colonnes du Monde, de l’AGEFI ou encore des Echos.

Cet essayiste dans la pure tradition française plaide pour une écologie des civilisations et la préservation des diversités culturelles et humaines. Auteur prolifique, il a publié plus de 20 ouvrages sur des sujets aussi divers que l’économie, le trans-humanisme ou la mondialisation.

Dans son dernier ouvrage “Le Mur de l’Ouest n’est pas tombé”, il défend le non-alignement européen qui délivrerait les nations du piège de la globalisation libérale américaine qui est pour lui synonyme de crise mondiale majeure.

Christian Dargham – Avocat

Christian Dargham est avocat au barreau de Paris et associé du cabinet anglo-saxon Norton Rose Fulbright.

Avocat depuis près de 25 ans, Christian Dargham a exercé dans les plus grands cabinets d’affaires internationaux. Après un passage chez SG Archibald (Andersen) puis plus de 10 ans au sein du cabinet Clifford Chance a développer ses compétences en contentieux commerciaux internationaux ainsi qu’en droit pénal des affaires, il devient associé au sein du cabinet Norton Rose Fulbright à Paris.

Il conseille de grands groupes et d’importantes institutions financières internationales et s’est spécialisé en contentieux des affaires, arbitrage et éthique des affaires. Il est par ailleurs membre du centre d’éthique et anticorruption de Norton Rose Fulbright.

Christian Dargham a une large expérience en matière de conformité et d’éthique des affaires et enseigne également à Sciences-Po Paris et dans le Master 2 de droit et éthique des affaires de l’Université Cergy-Pontoise.

Source : Youtube, 14-03-2016

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Ailleret // 19.08.2016 à 02h21

« Alors que faire ? » Le mérite de M. Juvin est de proposer un remède après avoir formulé un diagnostic lucide et cruel sur l’impérialisme juridique américain et la soumission de nos dirigeants comme de nos grandes entreprises. Boycottons l’Amérique ! Les initiatives de la Russie, de la Chine et de l’Iran rendent possible ce pivot, si nous en avons le courage.

Le programme de boycott proposé par Juvin et Labévière devrait figurer parmi les thèmes de l’élection présidentielle en 2017, et non pas les sujets ridicules comme le communautarisme et le burkini, thèmes de société que l’on fait mousser pour faire diversion et parfaire notre soumission.

32 réactions et commentaires

  • Ailleret // 19.08.2016 à 02h21

    « Alors que faire ? » Le mérite de M. Juvin est de proposer un remède après avoir formulé un diagnostic lucide et cruel sur l’impérialisme juridique américain et la soumission de nos dirigeants comme de nos grandes entreprises. Boycottons l’Amérique ! Les initiatives de la Russie, de la Chine et de l’Iran rendent possible ce pivot, si nous en avons le courage.

    Le programme de boycott proposé par Juvin et Labévière devrait figurer parmi les thèmes de l’élection présidentielle en 2017, et non pas les sujets ridicules comme le communautarisme et le burkini, thèmes de société que l’on fait mousser pour faire diversion et parfaire notre soumission.

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    • K // 19.08.2016 à 17h22

      On peut être à la fois contre l’impérialisme américain et contre le burkini. Ces 2 sujets n’ont rien à voir. Il ne faut pas être naïf sur les implications de chacun de ces 2 “problèmes”.
      Avec cette logique qui consiste à ignorer une menace au prétexte qu’il en existe une autre plus grave, on pourrait alors se demander :
      – A quoi bon lutter contre le mal-logement alors que certains meurent de faim ?
      – Pourquoi donc protéger nos forêts alors que l’Amazonie est saccagée ?
      – Pourquoi se prémunir contre les accidents domestiques alors que la malbouffe fait des ravages ?
      – Etc

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  • Catalina // 19.08.2016 à 07h32

    Bonjour à tous,
    à 59,55 une grand messe surréaliste dédiée à l’éthique, ou là où l’inversion est déjà devenue une autre réalité.Leur réalité.C’est grave parce qu’il semble persuadé de ce qu’il dit, les gens qui écoutent sont pris au piège d’une aliénation sémantique, sachant pertinemment qu’il n’y a pas d’éthique dans le marché, quoiqu’en dise cet “expert”.
    🙁

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    • TuYolPol // 19.08.2016 à 09h11

      Puisqu’on parle d’extra territorialité de droit américain, on admet que le droit est agissant au sein du marché, or c’est le rôle du droit de faire valoir une éthique. Il n’y a pas d”éthique dans le marché pur, mais le marché pur n’existe pas.

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  • Emmanuel Grenier // 19.08.2016 à 07h52

    Cet article touche un sujet fondamental : l’Europe va-t-elle continuer dans la voie de la soumission aux diktats US qu’elle a emprunté, grosso modo, depuis la mort politique de De Gaulle ?

    Si l’on se réfère aux forces qui tiennent les institutions européennes, la réponse est probablement oui. Mais si les pays Européens se décident à écouter leurs peuples et à rejeter le carcan de l’UE, ils ont une autre possibilité pour affronter l’ogre US : rejoindre les pays du BRICS. Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud, ces cinq pays très différents tentent de construire une Europe multipolaire.

    Actuellement, je ne vois pas d’autre solution pour l’Europe : seule, elle est trop faible; ses élites sont trop corrompues et infestées d’agents américains.

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  • some // 19.08.2016 à 09h03

    cette vidéo est encore plus intéressante pour moi, https://www.youtube.com/watch?v=VycKx8oYLBw

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  • openmind // 19.08.2016 à 09h03

    Pour lutter contre ce délitement programmé de nos industries françaises et même européennes (airbus), il faut d’abord être unis et accepter de se prendre des coups car l’adversaire est sans pitié si vous le contestez.
    Il serait bon de s’inspirer de pays ayant déjà pris ce parti et de voir ce qu’ils ont fait avant d’affronter cet ogre. Car si on y va avec de belles intentions mais sans défense on va droit à la mise à mort: une petite guerre civile ne serait pas trop difficile à organiser à l’heure actuelle.
    C’est là que l’on comprend mieux:
    – le musellement des médias comprador.
    – le contrôle voire l’incarcération d’oligarques peu scrupuleux de l’intérêt supérieur de la Nation.
    – l’interdiction d’ONG tout sauf neutre dans leur financement
    – la relance de l’activité industrielle de pointe
    – le réarmement
    – une politique mettant en avant une fierté nationale non arrogante autour de valeurs communes incontestables
    voici les ingrédients utilisé pour la résistance à cet ogre.
    Vous avez tous reconnu l’exemple de la Russie entre autre. Sans ces préalables, je ne vois pas comment les bonnes intentions de Juvin et consorts pourront aboutir.

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    • gigi // 19.08.2016 à 19h53

      Vous avez tout à fait raison, les gens sont prisonniers d’un système qu’ils détestent uniquement parce qu’ils soutiennent ses fondations d’apparence démocratique. Des fondations ancrés dans nos vies, mais qui sont en réalité les raisons de notre servitude et de notre impuissance. Dans ces conditions, comme vous l’avez si bien dit, on comprend mieux pourquoi Poutine est actuellement la cible de toutes les attaques médiatiques. Et le système est tellement insidieux et sournois qu’il justifie ses attaques par justement des atteintes du gouvernement russe envers la dite démocratie.

      Il faut être clair, pour retrouver notre souveraineté, il est indispensable de sortir de la démocratie parlementaire, du royaume des médias mainstream, et il faut renouer avec nos traditions. En commençant par un retour du roman national dans les écoles, qui doit se substituer à la haine de soi à travers la culpabilité éternelle de la colonisation, et de la Shoah. Ce sont des instruments de domination.

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  • Annouchka // 19.08.2016 à 09h07

    J’ai relevé cette phrase un peu sybilline : “Ce modèle ( le modèle américain) est totalement opposé au système républicain (…) qui emprunte le meilleur de ses principes aux systèmes de régulation complexe des organismes vivants”.
    L’auteur dit que le modèle américain trouve ses fondements dans le scientisme biologisant et le darwinisme social, mais il se réclame lui aussi (si on en juge par la phrase citée plus haut) d’une pensée organiciste et biologisante.
    Et puis son idee de privilégier les moteurs de recherche et réseaux sociaux chinois… Franchement, c’est préférer la peste au choléra!

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    • Dominique // 20.08.2016 à 23h15

      « son idee de privilégier les moteurs de recherche et réseaux sociaux chinois… Franchement, c’est préférer la peste au choléra! »
      Pour l’instant, la Chine ne condamne pas à tour de bras les entreprises étrangères pour des motifs “ad hoc”.

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  • sergeat // 19.08.2016 à 09h18

    Quelques points kafkaïen la France condamnée 1)BNP,2)Alstom3)Peugeot,4)Veolia,5)Lafarge,6)SNCF,7)Alcatel,8)CA……101)….
    Monsieur Juvin explique très bien qu’en plus de l’acquisition frauduleuse des compagnies stratégiques les US veulent un droit de péage pour toute création de valeur dans le monde et tout cela au nom de la morale (et l’aide des ONG).
    Que faire:a)les anglais ont une loi d’extraterritorialité,ce qui leur permet de dire aux américains n’aller pas trop loin autrement je ferai comme vous,copions les.
    b)les anglais peuvent utiliser leur Livre librement:reprenons notre droit d’émettre notre propre monnaie.
    c)travaillons avec les pays qui n’utilise plus le dollar dans leurs échanges:Chine-Russie(dragon du futur proche),Iran…
    d)rapatrions TOUS les serveurs sur notre territoire comme l’a fait la Russie en 2015,les courriels,téléphones,facebook…ne pourront plus servir à n’importe quel petit juge du midwest d’attaquer nos compagnies.
    e)n’admettons plus qu’une petite compagnie française comme “Le Bon Coin”paye plus d’impôts que google,ebay,amazon,brnb,….réuni.
    f)….
    Si nous ne faisons rien nous pouvons disparaître économiquement,surtout si Hillary arrive au pouvoir:elle veut faire passer une loi:”tout pays” homophobe””sera sur liste noire:nous ne pourrons plus travailler avec beaucoup de pays francophone et autres…

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  • Ailleret // 19.08.2016 à 10h57

    L’offensive judiciaire globale (parlons français : planétaire) des Etats-Unis est également mise en lumière par Jean-Michel Quatrepoint ; sa contribution a été publiée sur ce blog en mars dernier : https://www.les-crises.fr/usa-une-offensive-judiciaire-globale-par-jean-michel-quatrepoint/

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    • Bordron Georges // 19.08.2016 à 14h11

      Effectivement Jean-Michel Quatrepoint avait déjà bien abordé le sujet en février dernier. On pourrait d’ailleurs ajouter que non seulement les USA, par leur juridisme extraterritorial (donc aussi les lois internationales), assoient leur domination économique en se nourrissant sur la Bête, mais bien plus, qu’il font mener leurs guerres par les hommes et les moyens de leur chers Alliés (amis?).

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    • Ollie // 22.08.2016 à 19h19

      Ils sont étonnants à l’UPR, dans ce document qui date quand même un peu (2010). Dommage, ils ont des idées intéressantes, mais ils ont du mal à se cantonner à une débat d’idées serein, et ne peuvent s’empêcher d’attaquer les personnes qui ne sont pas 100 % sur la même ligne qu’eux, tout en faisant des procès d’intention. Quelques perles extraites de ce document :

      “En résumé, M. Juvin est un homme d’affaires européiste dont le premier souci est de faire de l’argent, à titre professionnel comme à titre personnel, et qui a colonnes ouvertes dans les plus grands medias français européistes. Sa personnalité ayant ainsi été précisée, …”
      “Soit M. Juvin est un ignorant, soit c’est un comparse.”
      “En définitive, M. Juvin est un leurre. Son discours pseudo-iconoclaste est une ruse qui a pour vocation ultime de pousser les Français à rester apathiques.
      M. Juvin représente le nec plus ultra de la propagande européiste, qui fait semblant de critiquer rudement la construction européenne pour tenter d’empêcher les Français de s’en détourner pour de bon. ”

      Et d’ailleurs, cela veut dire quoi exactement européiste : pro UE serait plus clair, voir l’article du cercle des volontaires sur le sujet.

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  • Pegaz // 19.08.2016 à 11h32

    Analyses qui mettent en relief l’étendue de l’entreprise de déconstruction des USA, car face à un tel projet hégémonique, toutes entreprises favorisant un monde multipolaire deviennent obstacles. Il y avait un projet global africain, dont l’un des architectes et financier n’était autre que Kadhafi, avec pour objectif une émancipation du système BM, FMI et dollars. Il y a un projet intercontinental, les BRICS. Il y a l’UNASUR. Il y a l’UEEA. Toutes ces constructions de moins de dix ans connaissent une jeunesse quelques peu compliquée. Quels sont les problèmes rencontrés et quels en sont les raisons ? Lesquels ont une chance de se développés ?

    En complément à cet article, Charles Gave dans un extrait de débat auquel Olivier était également présent. https://www.youtube.com/watch?v=_ycJG4myNzo

    Le débat en son entier: @thinkerview ou @youtube “Géopolitique, Russie, Terrorisme, Finance – 6/11/15”

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  • Louis Robert // 19.08.2016 à 11h38

    Il faut mettre impérativement à l’ordre du jour “Liberté, Égalité, Fraternité”.

    Or comme il y a tant à faire après un si long temps d’impuissance, d’abdication, de soumission et de dégénérescence, commençons donc par LIBERTÉ… la liberté à retrouver!

    Autant commencer dès maintenant, la marche sera fort longue et très ardue.

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  • Florence // 19.08.2016 à 11h58

    Et le TAFTA en pièce complémentaire, aboutie ?

    Le droit nous tue, à petit et grand feu aujourd’hui.
    Ce qui peut être nécessaire en certaines circonstances se retourne pour servir qui sait l’user et l’instituer de nos jours.
    Calamité !, quand en plus, ceux qui prétendent le défendre voire l’incarner dans son bon et juste chemin, se soumettent à ceux qu’ils croient rejoindre en nature… (et en intelligence, fates et dangereuses personnes à qui nous en remettons).

    http://www.sudouest.fr/2012/11/07/reactions-francois-hollande-salue-la-victoire-de-barack-obama-872812-5394.php

    http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/hollande-obama-etats-unis-num%C3%A9rique

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  • SanKuKai // 19.08.2016 à 13h48

    “Alors que faire ? Travailler à se désexposer à la justice américaine, à se déccrocher du dollar. Les outils disponibles sont déjà là : ne plus travailler qu’avec les marchés de cotation des matières premières hors dollar, tels que la Chine en a ouvert en novembre 2015 (le premier portant sur l’or) ; refuser d’avoir affaire avec tout prestataire de services hébergé aux Etats-Unis, filiale d’une entreprise américaine , ou relevant d’une manière ou d’une autre de la justice américaine ; exiger que la totalité des données de l’entreprise soit traitée, hébergée et préservée dans des centres informatiques localisés en France…”

    A moins d’être la Russie, la seule incertitude serait la couleur de la révolution…

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  • RGT // 19.08.2016 à 15h03

    Je bosse dans une entreprise dirigée par des crétins suicidaires.

    Avant, le serveur de courriers électronique était hébergé au sein de l’entreprise et ne “sortait pas de l’entreprise”.

    Puis un nouvel “IT Manager” a été embauché. Ce “Grand Homme Compétent” travaillait avant chez… Micro$oft !!!

    La première chose qu’il a fait a été de saborder le serveur de mails pour proposer de la transférer … chez Micro$oft !!!

    Tous nos courriels sont désormais en “sécurité” car l’hébergeur “garantit par contrat la confidentialité”… Bien sûr !!!

    Et il ne s’est pas arrêté là, nous avons désormais l’obligation de déposer TOUS les documents de travail sur les serveurs de Micro$soft365 “pour des raisons de sécurité d’hébergement”

    C’est cool, avant, les USA avaient déjà accès à tous nos courriels, mais désormais toutes les données, même les plus confidentielles, peuvent être tranquillement épluchées sur les serveurs bien sûr hébergés aux USA.

    Comment se tirer une balle dans le pied.

    Nous faisons des études de cartes électroniques confidentielles à usage aéro et parfois militaire pour lesquelles nous avons des clauses de confidentialité très strictes

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    • Xavier // 19.08.2016 à 15h18

      Que dire de Google, etc. qui en savent plus sur nos données que nos entreprises françaises.

      La guerre de l’information est depuis longtemps gagnée par les USA qui se moquent de la modalité public/privé mais qui ne regardent que le résultat : la domination de leur société sur les autres.

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      • Vincent // 19.08.2016 à 16h48

        Les utilisateurs des service de Google (drive, docs, etc.) valident dans les clauses d’utilisation des services que Google a le droit d’exploiter les données hébergées par ses services.
        Vous restez propriétaire, mais Google peut très bien les avoir copié pour son compte.
        Quand bien même vous retireriez ces données, une copie a de grande chance de se trouver quelque part chez Google.

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    • alfred // 19.08.2016 à 16h15

      Il est très probable que vous ne soyez pas dirigés par des crétins suicidaires mais par des salauds corrompus avec un compte au Delaware. Si vos syndicats ne plongent pas le nez la dedans vous pourrez dire adieu à votre emploi à moyen terme. Bonne chance dans votre combat puisque vous avez compris ce qui va vous arriver.
      Bon courage.

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    • Vincent // 19.08.2016 à 16h42

      Si votre entreprise est européenne, les serveurs physiques de l’offre cloud et o365 de MS sont hébergés en Europe (Irlande ou Pays Bas). Ils ne peuvent pas tomber sous le coup d’une procédure comme décrite dans l’article.

      Mais c’est évident que lorsqu’on a une entreprise dans le domaine de la recherche, ou porteur de données confidentielles, et qu’on a les moyens de se payer les infrastructures et les profils compétents pour assurer le bon fonctionnement et la sécurité de son parc informatique, c’est une aberration de faire des économies sur l’IT en sous-traitant avec un major américain 😉

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      • Xavier // 19.08.2016 à 18h04

        Sans être spécialiste, le cloud comparé à l’hébergement local de données ça donne l’impression d’un open bar ?

        Une PME qui détient localement ses données pourra être piratée mais elle décidera du niveau de ses barrières alors qu’en cloud…

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        • Rup // 22.08.2016 à 22h38

          Ce qui manque, c’est un Cloud européen ou, mieux, un Cloud national.
          Pensons à la glorieuse époque de Bull : la France avait la capacité de produire ses propres ordinateurs (et tout ce qui va avec) et de les utiliser dans l’administration nationale.
          Si on créait un Cloud français, avec tous les services (logiciels) habituels (éditeur de texte à la Word, tableur à la Excel, messagerie), et service de création d’applications d’entreprises, les utilisateurs pourraient utiliser des ordinateurs avec un OS basique, un simple navigateur, sans logiciels à acheter aux USA.

          Lançons un grand projet national de Cloud français, obligeons les administrations et entreprises publiques à l’adopter, ainsi que tous les soumissionnaires aux appels d’offres sensibles (techno, militaire). Enfin, subventionnons la migration des Clouds américains vers ceux-ci, financement couvert partiellement par les futurs abonnements qui seront payés en France.

          L’opérateur de ce Cloud devrait même être public : les grosses entreprises IT françaises et européennes ont toujours traîné des pieds pur faire un quelconque investissement dans ce domaine. En plus, si elles venaient à ête rachetées par des étrangers, on aurait tout perdu.

          Y a-t-il un politique pour appuyer ce projet ?

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    • RGT // 20.08.2016 à 10h24

      C’est marrant, il n’y a que la “Russie de Poutine” et la Chine qui ont développé un OS sécurisé basé sur Linux et qui ont imposé leur utilisation dans l’administration (en le conseillant fortement aux entreprises, surtout les plus sensibles).

      En France, suite aux actions de l’APRIL (qu’il faut saluer) l’état à “décidé” d’adopter les “formats libres” et les “systèmes ouverts” mais sans en rendre l’utilisation obligatoire et avec une “tolérance” importante sur ladite “liberté”.

      Pour résumer, utilisation du format “opendocument” de Micro$oft (qui n’a “d’open” que le nom) et bien sûr Windows + Office à profusion.

      Le plus beau scandale vient quand-même de l’armée qui a acquis, sans appel d’offre et en toute opacité des O.S. M$ truffés de spywares.

      Les autorités US sont au courant du moindre éternuement de chaque bidasse en France.

      Elle est belle la “Défense Nationale”…

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    • Narm // 20.08.2016 à 18h23

      c’est exactement ce qui est incomprehensible.

      le ministere de l’education a signé des contrats avec microsoft, la défense l’utilise ….

      nous nous livrons pieds et points liés en fait

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  • Xavier // 19.08.2016 à 15h14

    On peut retourner dans beaucoup de sens et aller dans le détail de beaucoup de réglementations, la décision d’investir est le cœur de la liberté matérielle et collective.

    Elle est déterminée depuis bien longtemps par un tropisme spéculateur et l’intérêt général n’y a plus guerre sa place.

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  • Julie // 19.08.2016 à 20h14

    Et en + les entreprises US se foutent complètement des lois anti-terroristes, anti appel au meurtre, anti-haine que d’autres pays ont voté, la preuve encore récemment
    http://www.bbc.com/news/uk-37104446
    où la justice anglais tente de faire fermer un compte de prédicateur extrêmiste sans succès depuis plusieurs mois
    http://www.bbc.com/news/uk-37104446
    “Choudary currently has more than 32,000 followers on Twitter and his account can still be viewed online, despite requests for its removal in August last year and the following March.”

    à part ça il parait que l’Europe a passé des lois et que Twitter a fermé plus de 300 000 comptes… mais bien sûr les photos et tout le reste peut rester et il suffit de les faire passer sur des comptes plus anonymes… et parfois même automatisés, en toute légalité.

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  • amer // 19.08.2016 à 22h58

    Cela fait un bail que les US ont déclaré les guerres économique, de l’information et de la communication sans parler du terrain militaire. L’Empire voit que le monde tente de lui échapper alors il sort ses griffes et use de tous les stratagèmes pour affaiblir ses adversaires vassaux et concurrents .

    Un très bon exemple avec les affaires Gemplus et Gemalto; lien :

    http://blogs.univ-poitiers.fr/n-moinet/2015/02/23/de-gemplus-a-gemalto-la-guerre-secrete-continue/

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  • Jean-Luc // 20.08.2016 à 19h00

    Merci !
    Article et débat majeurs à mettre de côté pour enrichir un futur enseignement de la vraie histoire de l’humanité, connaissance indispensable.

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