Source : Slate, Yochi Dreazen, Sean D. Naylor, 17.08.2015

Yochi Dreazen et Sean D. Naylor

Traduit par Yann Champion

illustrationcia

Des frappes de drones à la torture de prisonniers, l’agence tire les ficelles de la politique extérieure américaine depuis le 11 septembre 2001. Et il y a fort à parier qu’elle continuera de le faire dans les années à venir.

Dennis Blair n’était pas content. En mai 2009, cet ancien amiral de la marine américaine officiait en tant que directeur du renseignement national (DNI). En théorie, ce titre lui donnait le contrôle sur la CIA et les seize autres agences de renseignement de Washington. Mais en réalité, il était impuissant, même pour désigner le senior spy, «premier espion» d’un pays donné (un titre qui, durant des décennies, revenait traditionnellement aux «chefs de station» de la CIA dans différentes capitales, de Londres à Beyrouth). Blair se sentant habilité à le faire, il envoya –sans consulter la Maison Blanche– un ordre écrit annonçant que le DNI serait désormais celui qui désignerait la plupart des senior spies. Mais ce n’était pas le changement le plus important: la personne choisie pouvait désormais provenir de n’importe quelle agence de renseignement américaine. Blair eut beau affirmer qu’il s’agirait presque toujours d’un membre de la CIA, cela n’eut pas l’heur de plaire au directeur de l’époque de la CIA, Leon Panetta, qui répondit en envoyant un message à tous ses bureaux à l’étranger leur demandant d’ignorer complètement la note.

Les médias évoquèrent une guerre de clochers. Si c’en était une, elle était bien inégalitaire: le bureau de Blair était totalement impuissant, balayé d’un revers de la main par une CIA s’accrochant à son propre pouvoir.

Quelques mois plus tard, alors que les quatre années du premier mandat tumultueux de Barack Obama touchaient à leur fin, Blair y vit une nouvelle occasion de réaffirmer les prérogatives de son bureau, écrit le journaliste Mark Mazzetti dans The Way of the Knife, un récit détaillé de cette période. Ayant hérité de George W. Bush plusieurs dossiers hautement confidentiels au sujet d’opérations secrètes, Obama avait voulu tous les passer en revue un par un. Les dossiers en question impliquaient notamment des activités de la CIA visant à freiner le programme nucléaire iranien et l’utilisation de drones pour tuer des activistes au Pakistan. Une fois de plus, l’absence d’autorité de Blair apparaissait de manière évidente: le DNI, tel que l’avait défini la législation de 2004 à l’origine de la fonction, devait servir de point de convergence entre les services de renseignement et le gouvernement américain. Il avait son mot à dire sur les questions budgétaires, mais n’avait aucun pouvoir sur les missions secrètes à l’étranger.

Blair n’aimait pas que la CIA soit en liaison directe avec la Maison Blanche pour les missions secrètes de ce genre. À ses yeux, les programmes de ce type pouvaient facilement aller au-delà de leur but initial et servir de solutions dangereusement faciles –et tentantes– à des dirigeants ne sachant plus trop comment gérer des sujets aussi complexes que, par exemple, la question de l’Iran. Blair souhaitait que chaque programme soit pleinement étudié et débattu par les membres du Congrès avant que ne soit prise la décision finale de le poursuivre, de le modifier, voire de l’abandonner. Panetta, qui ne l’entendait pas de cette oreille, rétorqua que toute tentative d’imposer des guides ou des procédures formelles à la CIA ne ferait que nuire à l’efficacité de ses programmes. Une fois que tout fut dit, au printemps 2009, le gouvernement accepta officiellement tous les programmes de la CIA à l’étranger, ouvrant la voie à un véritable déluge de financements (en 2013, par exemple, l’agence a réclamé pas moins de 14,7 milliards de dollars de budget, soit une augmentation conséquente par rapport aux 4,8 milliards qu’elle avait reçus en 1994, à en croire le Washington Post et les documents révélés par Edward Snowden).

À la même période, en demandant à la Maison-Blanche d’accroître de manière significative la guerre secrète menée par la CIA contre al-Qaïda et ses alliés, Panetta pensait pouvoir obtenir cinq des dix choses qu’il réclamait, a écrit Daniel Klaidman dans Kill or Capture. Au lieu de cela, il les obtint toutes, d’après Mazzetti, y compris des budgets pour acheter plus de drones armés et l’autorisation explicite de les utiliser dans des zones du Pakistan plus vastes qu’auparavant: «La CIA obtient tout ce qu’elle veut», aurait sèchement dit Obama à ses conseillers. Sept mois plus tard, Blair était poliment dirigé vers la sortie.

Depuis sa création en 1947, la CIA a peu à peu délaissé sa fonction première –l’espionnage de gouvernements étrangers– pour se consacrer de plus en plus à la traque et à l’assassinat de personnes ciblées dans un nombre grandissant de pays. On sait depuis un moment déjà que l’importance et l’influence croissantes de l’agence dans le combat contre-terroriste reflètent son habileté à traquer les ennemis des États-Unis à l’étranger, du Pakistan au Yémen. Il est en revanche plus surprenant de constater que la CIA est aussi devenue experte dans l’art de se sortir des scandales publics et de contrer aussi bien le DNI que ses adversaires politiques à la Maison Blanche, au Congrès, au ministère de la Défense ou dans le reste de la communauté du renseignement. Par ses machinations, la CIA a réussi à affaiblir, voire éliminer, les contrepoids les plus importants à son propre pouvoir.

Cette puissance et cette autonomie accordée à la CIA ont eu, à n’en pas douter, des répercussions importantes au niveau mondial. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, une part importante de ce que le monde associe à la politique extérieure américaine –des frappes aériennes de drones au Moyen-Orient au réseau de prisons secrètes, en passant par les tortures sur son propre territoire– trouve son origine à Langley, où se situe le siège de l’agence. Et compte tenu de la prédominance actuelle de la CIA, elle semble destinée à garder un rôle disproportionné dans la manière dont les États-Unis agissent et sont perçus à l’étranger. Étant à l’avant-poste de la nouvelle guerre qui se profile au Moyen-Orient, il y a fort à parier que sa primauté sera à nouveau mise à l’épreuve.

Aujourd’hui, la CIA est le fer de lance des efforts du gouvernement américain pour repousser l’État islamique, qui contrôle de vastes portions des territoires irakien et syrien. Dans de petites bases le long des frontières turque et jordanienne, des officiers de la CIA ont participé au recrutement et à la formation des membres de l’opposition syrienne dite modérée afin qu’ils puissent vaincre l’État islamique et, finalement, déloger de Damas le régime du président syrien Bachar el-Assad. En outre, la CIA s’est chargée de faire passer des armes et autres fournitures aux rebelles. Pendant ce temps, le Pentagone, qui dépasse de loin la CIA par sa taille, par ses ressources et par le soutien qu’il reçoit du Congrès, a envoyé ses forces spéciales dans la région pour mener quasiment les mêmes missions de formation et d’entraînement. Mais si les deux piliers de la sécurité nationale devaient entrer en conflit à propos de l’Irak et de la Syrie, on aurait tort de croire que la CIA risquerait d’être perdante. En effet, depuis le début de la guerre contre le terrorisme, il y a quatorze longues années, elle n’a cessé de remporter ce type de batailles.

Un drone Predator dans le ciel yéménite

Au printemps 2002, un drone Predator volant silencieusement dans le ciel yéménite observa un gros 4×4 sur un chemin de terre d’une région très peu peuplée de ce pays pauvre. Les techniciens en charge de la surveillance des vidéos du drone avertirent le directeur de la CIA de l’époque, George Tenet, qui supervisait les efforts pour retrouver Qaed Salim Sinan al-Harethi, le commandant d’al-Qaïda au Yémen, suspecté d’être à l’origine de l’attentat d’octobre 2000 contre l’USS Cole, qui tua dix-sept marins et en blessa des dizaines d’autres. La CIA semblait enfin tenir le terroriste. Tenet contacta le lieutenant général Michael DeLong, un haut officier du commandement central des forces américaines, et lui demanda de décider quoi faire. Dans une interview accordée à l’émission Frontline de PBS, DeLong s’est ensuite souvenu avoir entendu Tenet déclarer: «Ce 4X4… c’est là qu’il se trouve.» «Ok, c’est bon, vous pouvez le descendre», lui aurait-il répondu.

Tenet transféra l’ordre et le drone envoya un missile Hellfire vers le véhicule, qui fut pulvérisé. La frappe tua Harethi, ainsi que plusieurs activistes de rang inférieur. Premier assassinat confirmé, par un drone de la CIA, d’un terroriste recherché, l’évènement constitua un tournant dans l’étonnante mutation de l’agence, passée de «service d’espionnage traditionnel s’adonnant au vol de secrets de gouvernements étrangers», comme le décrit Mazzetti, à une «machine à tuer, un organisme entièrement dédié à la chasse à l’homme».

Le siège de la CIA à Langley (via Wikimedia Commons).

Le siège de la CIA à Langley (via Wikimedia Commons).

Cet assassinat ciblé n’entraîna aucune contestation ni aucun véritable examen de conscience au sein de la CIA. Au contraire, l’agence semblait de plus en plus à l’aise pour éliminer les ennemis des États-Unis à travers le monde. En 2004, elle s’engagea encore plus intensément dans les assassinats en engageant des professionnels extérieurs en liens avec Blackwater (société de mercenaires devenue tristement célèbre suite à divers abus en Irak) pour tuer des activistes sur le terrain. En juin 2009, Panetta informa le Congrès de l’existence de ce programme secret en ajoutant qu’il y avait mis fin rapidement après avoir pris la tête de l’agence, plus tôt dans la même année. Il déclara que les professionnels en question n’avaient tué personne –ce que confirmèrent plusieurs autres représentants de l’agence– mais cela ne put suffire à calmer la colère des parlementaires, furieux que la CIA ait pu effectivement recruter des mercenaires pour tuer des ennemis, sans véritable contrôle du gouvernement.

L’assassinat d’Harethi constitua un changement profond dans la politique de l’agence. Ce fut sans doute même un véritable bouleversement pour nombre d’anciens de la CIA, qui avaient été formés dans les années faisant directement suite aux auditions de 1975 par la commission conduite par le Démocrate de l’Idaho Frank Church, qui avait décrit en détail les tentatives avortées de la CIA visant des leaders étrangers. L’année suivante, Gerald Ford, le président de l’époque, signa l’ordre exécutif 11905, qui interdit à la CIA de s’engager dans des assassinats politiques où que ce soit dans le monde.

Néanmoins, la CIA renoua avec force avec les assassinats suite aux attentats du 11 septembre 2001, Bush et Obama faisant des drones leur arme de choix dans la chasse à l’homme menée contre les ennemis des États-Unis à travers le monde. Les représentants de la Maison Blanche et de la CIA affirment que ces véhicules sans équipage permettent un niveau de précision historiquement élevé, qui permet de faire très peu de victimes civiles. Les groupes de défense des droits humains, en revanche, ont rassemblé un nombre conséquent de preuves pour dire que les frappes ont tué des centaines de personnes innocentes.

Rien qu’au Pakistan, le Bureau of Investigative Journalism estime que les drones de la CIA ont tué pas moins de 960 civils, dont 207 enfants, entre juin 2004 et avril 2015. Le gouvernement américain, qui s’est même servi de drones contre ses propres ressortissants, ne doute pas, en revanche, de la valeur de ces appareils. «Des dizaines de dangereux chefs, formateurs, fabricants de bombes et autres hommes d’al-Qaïda ont été éradiqués du champ de bataille, a déclaré Obama en mai 2013, lors d’un long discours à propos du programme. Des projets terroristes ont été déjoués. Ils visaient des vols internationaux, les systèmes de transports américains, des villes européennes et nos troupes en Afghanistan. Pour le dire plus simplement, ces frappes ont sauvé des vies.»

La CIA avait proposé il y a fort longtemps d’utiliser les drones Predator armés auxquels Obama faisait référence –ce qui montre bien que l’agence travaillait déjà sur le contre-terrorisme bien avant que cela ne devienne la priorité de Washington. Après avoir créé son Counterterrorist Center (centre de contre-terrorisme, plus tard renommé Counterterrorism Center) en 1986, la CIA a affecté une équipe à la seule traque d’Oussama ben Laden en 1996 et, comme le dit George Tenet, alors directeur de l’agence, a déclaré «la guerre» à al-Qaïda dès 1998. «Ce n’est pas le ministre de la Défense [qui l’a déclarée], explique Hank Crumpton, qui a eu une longue carrière à la CIA avant de devenir le coordinateur du contre-terrorisme au Département d’État. Ni le directeur du FBI, ni qui que ce soit dans la communauté du renseignement n’a endossé ce type de leadership.»

L’abondance de moyens consacrés par la CIA au contre-terrorisme a rendu son incapacité à détecter ou prévenir les attentats du 11 septembre 2001 encore plus retentissante. Suite aux attentats, le gouvernement américain a créé une commission bipartisane de dix spécialistes de Washington pour examiner les circonstances du désastre et recommander des manières de réduire les risques d’autres attentats. Dans son rapport, publié en 2004, la commission fustigeait la CIA pour ne pas être parvenue à pister deux des terroristes potentiels, Khalid al-Midhar et Nawaq Alhazmi, et pour ne pas avoir «informé le FBI du visa américain de l’un des futurs terroristes, ni du voyage aux États-Unis de son acolyte». Un autre rapport, rédigé par une commission d’enquête composée de membres du Sénat et de la Chambre des représentants, permit de découvrir que la CIA savait que les deux hommes étaient en lien avec le terrorisme international, mais qu’elle n’avait transmis l’information au FBI que quelques semaines avant les attentats. Comme le découvrit la commission, ce retard fit que le FBI fut incapable de profiter du fait que l’un de ses informateurs était en relation avec l’un des terroristes. «Les contacts de l’informateur avec les terroristes, s’ils avaient été exploités, auraient fourni au FBI de San Diego ce qui aurait sans doute été la meilleure chance de la communauté du renseignement de tuer dans l’œuf le projet 11-Septembre», concluait le rapport de la commission.

La CIA s’est aussi trompée en beauté à propos de l’arsenal supposé d’armes de destruction massive de Saddam Hussein, une erreur cataclysmique qui a ouvert la voie à la guerre en Irak et a entaché la réputation de l’agence de manière indélébile. Plus récemment, on l’a accusée de n’avoir su totalement prévoir la montée de l’État islamique ou les projets russes d’invasion et d’annexion de la Crimée. Obama lui-même a semblé adresser des reproches à la CIA et aux autres agences de renseignement quand, fin 2014, il a dit que la communauté du renseignement avait, de manière collective, «sous-estimé» à quel point le chaos syrien entraînerait l’émergence de l’État islamique. La CIA et ses défenseurs insistent sur le fait que l’agence avait envoyé très tôt des avertissements tant sur les islamistes que sur Vladimir Poutine, avertissements que la Maison Blanche avait ignorés.

«Les mêmes personnes que celles avec qui elles allaient à la fac»

Grâce à plusieurs avantages bureaucratiques, la CIA a réussi à avoir un temps d’avance sur ses détracteurs et ses rivaux de la communauté du renseignement. Le DNI, position qu’occupait Blair lors de sa vaine bataille contre l’agence, n’a pas l’autorité nécessaire pour recruter ou renvoyer un directeur de la CIA; c’est une prérogative qui revient au Président. Par conséquent, les différents directeurs qui se sont succédé à la tête de la CIA ont été en relation plus directe avec ce dernier qu’avec leur propre supérieur hiérarchique, ce qui a souvent permis aux chefs de l’agence de court-circuiter le DNI en toute impunité. Et si le poste de DNI existe depuis à peine une décennie, la tradition qu’a la CIA d’entretenir des liens étroits avec la Maison Blanche et d’autres représentants du pouvoir à Washington remonte à ses origines.

En effet, si l’agence a depuis longtemps accès à d’autres centres d’influence à Washington, c’est parce qu’une grande partie de son personnel a été façonnée pour adhérer à la «structure politique américaine tendance Ivy League», à en croire un ancien analyste de la Defense Intelligence Agency (DIA), l’une des agences rivales de la CIA dans la vaste sphère du renseignement aux États-Unis. Pour les représentants de la Maison Blanche aussi bien que pour les députés les plus influents, «les personnes à la tête de la CIA ont toujours été du même type que celles avec qui elles allaient à la fac», a en croire ce spécialiste, qui tient à rester anonyme. De l’époque Eisenhower, où l’agence était dirigée par Allen Dulles (un ancien de Princeton), en passant par celle de Ford, durant laquelle la CIA avait à sa tête le futur président George H.W. Bush, un ancien de Yale, pour finir par celle d’Obama et de David Petraeus (un autre ancien de Princeton), le carnet d’adresses hérité de l’Ivy League est un atout de poids pour les cadres de la CIA.

Avec Obama, un record d’intimité a même été battu: John Brennan, le directeur actuel de la CIA, était l’un de ses principaux conseillers sur le renseignement et le contre-terrorisme durant la campagne présidentielle de 2008 et il a travaillé à la Maison-Blanche pas moins de quatre années en tant qu’assistant du Président pour les questions de sécurité intérieure et de contre-terrorisme. «Personne, dans le monde américain du renseignement, n’a jamais eu le type d’accès ou de soutien politique dont Brennan peut bénéficier», déclare l’ancien analyste de la DIA. «Maintenant, est-ce que ça va continuer comme ça? Le prochain directeur jouira-t-il du même soutien? Sans doute pas, mais il est certain que c’est le cas de Brennan.»

Lorsque Brennan a été nommé à la tête de l’agence en 2013, Obama avait entamé son second mandat et il avait compris l’importance de la CIA. John McLaughlin, qui avait été sous-directeur de l’agence avant de devenir son directeur attitré en 2004, y a passé des décennies et a travaillé pour des présidents des deux camps. Il nous affirme qu’Obama, comme de nombreux autres présidents américains avant lui, avait peu conscience de ce que fait, ou de ce que peut faire, la CIA avant d’entrer en fonction:

«Je ne pense pas qu’il ait abordé son mandat en étant hostile à la CIA, mais je pense qu’il est arrivé en s’intéressant avant tout aux affaires intérieures et qu’il a découvert par la suite que la politique extérieure allait prendre dans son mandat une place plus importante qu’il ne l’aurait pensé. C’est à ce moment qu’il a réalisé que la CIA faisait partie de sa boîte à outils et qu’il avait tout intérêt à l’utiliser.»

C’est sans doute le plus gros avantage de la CIA: elle n’a, concrètement, de comptes à rendre à personne si ce n’est au président des États-Unis. Le DIA, en charge de la collecte et de l’analyse du renseignement militaire, travaille pour le Pentagone; le FBI, qui joue un rôle clé en matière de contre-espionnage et d’antiterrorisme, dépend du ministère de la Justice; et le Bureau of Intelligence and Research, en charge de s’assurer que les services de renseignement soutiennent la diplomatie américaine, répond du Département d’État. Même la célèbre NSA, qui constitue, de loin, la partie la plus importante et la mieux financée de la communauté du renseignement aux États-Unis fait, techniquement, partie du Pentagone. Ce n’est pas le cas de la CIA. D’après Hank Crumpton, l’ancien de la CIA, il en résulte «une autorité sans précédent pour les missions secrètes… dans une guerre secrète».

Dure bataille

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19 réponses à Comment la CIA est devenue incontrôlable, par Yochi Dreazen et Sean D. Naylor

Commentaires recommandés

Jean Louis Le 04 août 2016 à 02h08

Hum, j’ai des doutes au sujet de l’erreur de la CIA. Je pense que les neocons et le capitalisme international avaient des vues sur le pétrole et divers ressources en Irak.
Les armes de destructions massives ne sont que de faux prétextes comme il y eu la fausse attaque du Maddox qui déclencha la guerre au Vietnam, comme il a faillit avoir l’opération Northwoods pour déclarer la guerre à Cuba.

J’ai toujours le paragraphe du PNAC (Project for New America Century) en tête “un événement catastrophique catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor. ”
Le PNAC fût dissout et recréé en 2009 par les mêmes qui ont dirigé le PNAC de jadis: Kritoll et Kagan/Nulland.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Project_for_the_New_American_Century
https://en.wikipedia.org/wiki/Foreign_Policy_Initiative
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/false-flag-civilization-120147
https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Northwoods
https://fr.wikipedia.org/wiki/Incidents_du_golfe_du_Tonkin

  1. Jean Le 04 août 2016 à 01h12
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    => “La CIA s’est aussi trompée en beauté à propos de l’arsenal supposé d’armes de destruction massive de Saddam Hussein, une erreur cataclysmique qui a ouvert la voie à la guerre en Irak et a entaché la réputation de l’agence de manière indélébile.”

    Comment la CIA, disposant des meilleurs satellites espions de la planète, peut-elle se tromper en trouvant des armes de destructions massives là où il n’y en a jamais eu ? Dans la version qui m’est parvenue c’est Bush qui a choisit d’écouter ceux, ultra minoritaire au sein de la communauté des analystes, qui le prétendaient.


    • Jean Louis Le 04 août 2016 à 02h08
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      Hum, j’ai des doutes au sujet de l’erreur de la CIA. Je pense que les neocons et le capitalisme international avaient des vues sur le pétrole et divers ressources en Irak.
      Les armes de destructions massives ne sont que de faux prétextes comme il y eu la fausse attaque du Maddox qui déclencha la guerre au Vietnam, comme il a faillit avoir l’opération Northwoods pour déclarer la guerre à Cuba.

      J’ai toujours le paragraphe du PNAC (Project for New America Century) en tête “un événement catastrophique catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor. ”
      Le PNAC fût dissout et recréé en 2009 par les mêmes qui ont dirigé le PNAC de jadis: Kritoll et Kagan/Nulland.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Project_for_the_New_American_Century
      https://en.wikipedia.org/wiki/Foreign_Policy_Initiative
      http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/false-flag-civilization-120147
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Northwoods
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Incidents_du_golfe_du_Tonkin


    • Téhèf Le 04 août 2016 à 12h27
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      On doit normalement établir une politique sur la base de renseignements, mais on a “construit” les renseignements sur la base de la politique. Il n’y a pas eu de failles dans le renseignement.

      L’administration et les personnes haut placées à la CIA ont fait du “cherry-picking” et on intimidé les personnes sous leurs ordres qui n’étaient pas d’accord avec leurs conclusions. Revoir l’affaire Valérie Plame.


      • Elvis Le 09 août 2016 à 09h47
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        C’est pas tout a fait çà. C’est plutot l’administration neo Con qui a re-ecrit les rapports. Douglas Feith, Scooter Libby, etc. Tous les memes raclures d’anciens trotskistes et de la communauté qu’on a pas le droit de nommer.


    • petitjean Le 04 août 2016 à 18h16
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      “à propos de l’arsenal supposé d’armes de destruction massive de Saddam Hussein”

      je viens de faire une fausse manip en “signalant” votre post qui…….ne le mérite pas. Désolé !

      Je voulais simplement apporter un commentaire à celui ci :

      il fallait un prétexte aux USA pour intervenir en Irak. Les USA veulent remodeler à leur guise le Moyen Orient, sécuriser les approvisionnements énergétiques, protéger Israel et priver les Russes de toute influence.

      Ce fut un désastre et des centaines de milliers de personnes périrent, surtout des civils………………………


      • Jean Le 05 août 2016 à 08h27
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        Et les employés qui comprirent que leur employeur avait besoin de ce prétexte furent saisis d’un zèle hallucinatoire qui leurs assurèrent une promotion…


  2. Spectre Le 04 août 2016 à 01h25
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    Les représentants de la Maison Blanche et de la CIA affirment que ces véhicules sans équipage permettent un niveau de précision historiquement élevé, qui permet de faire très peu de victimes civiles.

    Donc, tant qu’il n’y a pas trop de dommages collatéraux, ça va, on peut se permettre des exécutions extra-judiciaires à droite à gauche. Belle mentalité du terrorisme d’État.

    les agents menaçaient, entre autres, de violer et de tuer les mères des détenus et procédèrent de force à une «alimentation rectale» sur certains prisonniers

    #IlsNousHaïssentÀCauseDeNosValeurs
    Pas étonnant qu’ils subventionnent des coupeurs de tête modérés, qui se ressemble s’assemble…

    Sinon, c’est sympa de laisser se développer un État dans l’État : le jour où quelqu’un voudra enfin siffler la fin de la récré, comment fera-t-il ?

    Enfin bon, on en est loin, ce n’est pas avec le bazar international actuel et les deux dinguos de l’édition 2016 que la CIA sera mise au chômage technique… D’autant plus que de par ses actions, l’agence entretient sa propre « nécessité » …


  3. Jean Le 04 août 2016 à 01h42
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    => Obama lui-même a semblé adresser des reproches à la CIA et aux autres agences de renseignement quand, fin 2014, il a dit que la communauté du renseignement avait, de manière collective, «sous-estimé» à quel point le chaos syrien entraînerait l’émergence de l’État islamique.

    Les USA sont aujourd’hui dirigé par différentes factions mafieuses aux intérêts parfois divergeant. Ainsi en Aout 2015 cinquante analystes du CentCom ont révélés que leurs rapports étaient systématiquement modifiés, afin de protéger Daesh, AVANT de parvenir à Obama.

    http://www.nytimes.com/2015/08/26/world/middleeast/pentagon-investigates-allegations-of-skewed-intelligence-reports-on-isis.html?_r=0

    http://www.thedailybeast.com/articles/2015/09/09/exclusive-50-spies-say-isis-intelligence-was-cooked.html


    • Homère d'Allore Le 04 août 2016 à 18h09
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      Pourquoi donc cette “agence infolibre” se plaît elle à faire dire à Assange des propos qu’il ne tient pas ?

      Assange ne dit pas dans la vidéo en lien que Hillary Clinton a encouragé la vente d’armes à l’E.I mais qu’elle a encouragé la vente d’armes à des djihadistes.

      Ce que nous savons tous, en tant que lecteurs de ce blog.

      Mais titrer “État Islamique” en lieu et place de “djihadistes”, ça peut faire le buzz !!!

      Bref, encore un site bien inutile dont la recherche de la vérité n’est pas le premier critère…

      Il est inutile d’inventer une prétendue aide de Hillary Clinton au Califat pour savoir que cette femme représente la frange la plus proche des néo-cons à l’intérieur du Parti Démocrate.


      • P. Leroux Le 05 août 2016 à 03h37
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        Très cher Homère (jamais je n’aurais cru écrire cette phrase un jour!),
        C’est bien de vouloir être plus royaliste que le roi, plus pur que pur, plus anti complotiss’ que les z-anti complotiss’, mais ce serait bien d’user de ses oreilles!!!
        Les sous titres ne disent que djihadistes, mais de la bouche d’Assange sortent les paroles suivantes:
        “… Weapons flows gowing over to Syria, beeing pushed by Hillary Clinton into djihadists, within Syria, INCLUDING ISIS…”

        Ce qui se traduit approximativement par:
        Les fluxs d’armes vers la Syrie, soutenus (poussé) par Hillary clinton, entre les mains de Djihadistes, ISIS incluse…

        Que les emails puissent supporter cette accusation, c’est une chose qui reste peut être à synthétiser de façon claire et indiscutable, mais qu’Assange porte cette accusation, par contre, c’est indubitable!

        “On” subodore relativement bien à quel point la duplicité règne parmi les gouvernants quand à la différence entre la géopolitique réelle et la narration faite aux peuples, mais s’il s’avère que ce que ces mails renferment est de l’ordre de l’évidence mathématique, alors il faut une telle tempête de saine colère que la seule option pour nos dirigeants soit de se conformer aux fables quand à leur vertu et leur préoccupation pour le bien commun, ou à déguerpir vite fait, par crainte des piques!

        Entente avec l’ennemi = 1 poteau, 1 bandeau si elle le veut, et une crise de saturnisme accélérée!


        • Homère d'Allore Le 05 août 2016 à 13h59
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          Au temps pour moi.

          En effet, j’aurais du mieux écouter et “agence infolibre” mieux sous-titrer cette vidéo.

          Maintenant ce que dit donc Assange reste ambigu.

          Bien sûr que le Département d’Etat a soutenu des “flux d’armes vers la Syrie” et que ces flux étaient destinés aux différents opposants d’Assad dont la plupart sont des djihadistes.
          Mais la porosité entre ces groupes ou le changement d’allégeance de l’un de ces groupes vers le vainqueur ou supposé vainqueur du moment est monnaie courante.
          Il est donc probable que des armes américaines soient arrivées entre les mains du Califat.

          Mais, selon la présentation de “agence infolibre”, il s’agirait de demandes intentionnelles de Hillary Clinton.

          Or, si cela était démontré par les e-mails, ça se saurait…


          • Jean Le 06 août 2016 à 02h14
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            => “Mais la porosité entre ces groupes ou le changement d’allégeance de l’un de ces groupes vers le vainqueur ou supposé vainqueur du moment est monnaie courante.”

            D’où cette légitime interrogation : Pourquoi continuer à livrer des armes à ces groupes alors qu’il est impossible de savoir par qui elles seront finalement utilisées ? Est-ce par bêtise ou par duplicité ?

            https://francais.rt.com/international/24764-alep–dans-leur-fuite

            => “Mais, selon la présentation de “agence infolibre”, il s’agirait de demandes intentionnelles de Hillary Clinton. ”

            Il semblerait que Julien Assange considère que Madame Clinton est une femme intelligente.


  4. bluetonga Le 04 août 2016 à 01h51
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    Sans compter les rumeurs relatives à l’assassinat de Kennedy, en 1963. Rumeurs certes, mais auxquelles semblait adhérer Robert Kennedy, lui même bien placé pour en parler :

    http://www.parismatch.com/Actu/International/La-conviction-de-Bobby-Kennedy-c-est-un-complot-537520

    La CIA a-t-elle seulement jamais été autre chose que rogue et maverick?


    • Django Le 04 août 2016 à 09h23
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      Non pas doucement. Quelle réponse insupportable tentant de museler ceux qui n’ont pas la même vision bisounours du monde.


    • Elvis Le 04 août 2016 à 10h21
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      Ca s’appelle enfoncer une porte ouverte. Meme le Select Committee a admis que Kennedy a probablement été assassiné a la suite d’un complot… ce qui est deja une admission énorme.

      https://www.archives.gov/research/jfk/select-committee-report/summary.html
      Je conseille de lire le bouquin de Guyenot à ce sujet (JFK au 11/9 , 50 ans de manipulations).

      Cela étant dit, je prends tout article de Slate ou autre faux media inndependant comme une tentative de manipulation… Du reste le message qu’on veut nous faire gober est intéressant.


  5. Toussi toussa Le 04 août 2016 à 15h10
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    Hum,
    Si vous me permettez :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9partement_d%27%C3%89tat_des_%C3%89tats-Unis
    Et de vous indiquer un livre :
    “La compagnie” de Robert Littell , coll Points .


  6. Caliban Le 04 août 2016 à 20h13
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    En parlant de chasse à l’homme, l’AFP vient de lancer un avis de recherche “Dead or Alive” : https://m6info.yahoo.com/etats-unis-la-cia-refuse-1486718805606454.html

    Il y est question de Trump (évidemment) mais aussi de Michael Flynn… présenté comme un “opposant à Barack Obama” 😀


  7. Mr K. Le 04 août 2016 à 22h34
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    Concernant l’assassinat de JF Kennedy un documentaire de 1988 avec beaucoup d’images de la fatale journée de l’assassinat et surtout des témoignages de témoins directs de l’époque (médecins légistes à Dallas, ambulancier, spectateurs, …).

    https://www.youtube.com/watch?v=x2agPurqFJk

    Malheureusement en anglais.


  8. Louis de Constance Le 07 août 2016 à 15h56
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    Plus je lis d’articles,d’analyses,de commentaires,de littérature sur le sujet et plus il est évident, pardon d’enfoncer une porte ouverte ou à demi fermée, que toutes les agences de renseignements, de contre espionnage avec leur nébuleuse ont quelques difficultés à être efficaces. Efficacité à conserver une suprématie, à protéger un territoire,une population,des intérêts économiques. ..En conclusion,il est plus intéressant de se détendre devant un James Bond ou un Jason Bourne.


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