Source : Linkis, George Monbiot, 16-06-2016

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Des économistes du FMI se demandaient récemment si le néolibéralisme n’avait pas été surestimé (voir leur texte ici). Leur texte était – évidemment – plein de précautions. Celui traduit ci-dessous n’en comporte aucune. Il est assez saisissant de se dire qu’il provient du Guardian britannique.
L’intérêt du texte, mais plus encore la liberté du ton méritait une mise à disposition en français. La voici.
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Texte de George Monbiot traduit par Monique Plaza
Imaginez que le peuple de l’Union soviétique n’ait jamais entendu parler du communisme. Et bien pour la plupart d’entre nous, l’idéologie qui domine nos vies n’a pas de nom. Parlez-en au cours d’une conversation et vous obtiendrez en retour un haussement d’épaules. Même si vos auditeurs ont entendu le terme auparavant, ils auront du mal à le définir. Le « néolibéralisme » : savez-vous seulement ce que c’est ?
Son anonymat est à la fois un symptôme et la cause de sa puissance. Il a joué un rôle déterminant dans un très grand nombre de crises : la crise financière de 2007-2008, la délocalisation de la richesse et de la puissance, dont les Panama Papersnous offrent à peine un aperçu, le lent effondrement de la Santé publique et de l’Éducation, la résurgence du phénomène des enfants pauvres, l’épidémie de solitude, le saccage des écosystèmes, la montée de Donald Trump. Mais nous traitons ces crises comme si chacune émergeait de manière isolée, ne voyant pas qu’elles ont toutes été générées ou exacerbées par la même philosophie cohérente, une philosophie qui a – ou avait – un nom. Quel plus grand pouvoir que de pouvoir se déployer de manière anonyme ?
Le néolibéralisme est devenu à ce point omniprésent que nous ne le reconnaissons même pas comme une idéologie. Nous semblons accepter l’idée que cette foi utopique millénariste relève en fait d’une force neutre, une sorte de loi biologique, comme la théorie de l’évolution de Darwin. Pourtant, cette philosophie a bel et bien surgi comme une tentative consciente de remodeler la vie humaine et de modifier les lieu d’exercice du pouvoir.
Le néolibéralisme considère la concurrence comme la caractéristique principale des relations humaines. Il redéfinit les citoyens comme des consommateurs, dont les prérogatives démocratiques s’exercent essentiellement par l’achat et la vente, un processus qui récompense le mérite et sanctionne l’inefficacité. Il soutient que « Le marché » offre des avantages qui ne pourraient jamais être atteints par quelque type de planification que ce soit.
Les tentatives visant à limiter la concurrence sont considérées comme des dangers pour la liberté. L’impôt et la réglementation sont considérés comme devant être réduits au minimum, les services publics comme devant être privatisés. L’organisation du travail et la négociation collective par les syndicats sont dépeints comme des distorsions du marché qui empêchent l’établissement d’une hiérarchie naturelle entre les gagnants et les perdants. L’inégalité est rhabillée en vertu : elle est vue comme une récompense de l’utilité et un générateur de richesses, lesquelles richesses ruisselleraient vers le bas pour enrichir tout le monde. Les efforts visant à créer une société plus égalitaire sont considérés comme étant à la fois contre-productifs et corrosifs moralement. Le marché est supposé garantir que chacun obtienne ce qu’il mérite.
Or nous intériorisons et reproduisons ces croyances. Les riches se persuadent qu’ils ont acquis leur richesse par le mérite, en ignorant les avantages – tels que l’éducation, l’héritage et la classe d’origine – qui peuvent avoir contribué à son obtention. Les pauvres tendent à se blâmer pour leurs échecs, même quand ils ne peuvent guère changer leur propre situation.
Peu importe le chômage structurel : si vous ne disposez pas d’un emploi, c’est parce que vous n’êtes pas entreprenant. Peu importe les coûts invraisemblables du logement : si votre compte bancaire est vide, c’est que vous êtes irresponsable et imprévoyant. Peu importe que vos enfants n’aient plus de terrain de jeu : s’ils deviennent gras, c’est de votre faute. Dans un monde régi par la concurrence, ceux qui échouent sont vus et s’auto-perçoivent comme perdants.
Paul Verhaeghe montre les conséquences de tout ceci dans son livre What About Me ? : épidémies d’automutilation, troubles alimentaires, dépression, solitude, angoisse de la non-performance et phobie sociale. Il n’est pas surprenant que la Grande-Bretagne, où l’idéologie néolibérale a été appliquée le plus rigoureusement, soit la capitale de la solitude de l’Europe. Nous sommes tous d’authentiques néolibéraux à présent.
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Le terme « néolibéralisme » a été inventé lors d’une réunion à Paris en 1938. Deux délégués, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek, ont alors défini les contours de cette idéologie. Tous deux exilés d’Autriche, ils considéraient la social-démocratie, illustrée par le New Deal de Franklin Roosevelt aux États-Unis et par le développement progressif du welfare en Grande-Bretagne, comme les manifestations d’un collectivisme de même nature que le nazisme et le communisme.
Dans La Route de la servitude, publié en 1944, Hayek a notamment souligné que toute forme de planification par un gouvernement conduisait inexorablement, en écrasant l’individualisme, à un contrôle social de type totalitaire. Tout comme Bureaucratie, le livre de Mises, La Route de la servitude a été énormément lu. Il a notamment attiré l’attention de certains très riches, qui ont vu dans cette philosophie une occasion de se libérer de la réglementation et de l’impôt. Lorsqu’en 1947, Hayek fonde la première organisation de promotion de la doctrine du néolibérale – la Société du Mont Pelerin – il est soutenu financièrement par des millionnaires et par leurs fondations.
Avec leur aide, il commence à créer ce que Daniel Stedman Jones décrit dans Les Maîtres de l’Univers comme « une sorte d’Internationale néo-libérale » : un réseau transatlantique d’universitaires, d’hommes d’affaires, de journalistes et de militants. Les riches bailleurs de fonds du mouvement financent une série de groupes de réflexion pour affiner et promouvoir l’idéologie. Parmi eux, l’American enterprise Institute, la Heritage foundation, le Cato institute, l’Institut des affaires économiques, le Centre des études politiques et l’Institut Adam Smith. Ils financent également des postes et des départements universitaires, en particulier dans les universités de Chicago et de la Virginie.
En évoluant, le néolibéralisme est devenu plus virulent. L’idée de Hayek que les gouvernements devraient réglementer la concurrence pour empêcher la formation des monopoles a cédé la place – chez les apôtres américains comme Milton Friedman – à la croyance que la situation monopolistique pourrait être considéré comme une récompense de l’efficacité.
Quelque chose d’autre s’est produit au cours de cette transition : le mouvement a perdu son nom. En 1951, Friedman était heureux de se décrire comme un néolibéral. Mais peu après, le terme a commencé à disparaître. Plus étrange encore, alors même que l’idéologie devenait plus nette et le mouvement plus cohérent, le nom effacé n’a été remplacé par aucun substitut.
Dans un premier temps, en dépit du financement somptueux de sa promotion, le néolibéralisme est resté en marge. Le consensus d’après-guerre était quasi universel : les prescriptions économiques de John Maynard Keynes étaient largement appliquées, le plein emploi et la réduction de la pauvreté étaient des objectifs communs aux États-Unis et à une grande partie de l’Europe occidentale, les taux d’imposition supérieurs étaient élevés et les gouvernements cherchaient avant tout des résultats sociaux, en développant de nouveaux services publics et des filets de sécurité.
Mais dans les années 1970, lorsque les politiques keynésiennes ont commencé à tomber en désuétude et que les crises économiques ont frappé des deux côtés de l’Atlantique, les idées néolibérales ont commencé à s’infiltrer dans le grand public. Comme le faisait remarquer Friedman, « lorsque le moment s’est présenté de changer d’orientation … il y avait une alternative toute prête qui attendait ». Avec l’aide de journalistes sympathisants et de conseillers politiques, des éléments du néolibéralisme, en particulier ses prescriptions dans le domaine de la politique monétaire, ont été adoptés par l’administration de Jimmy Carter aux États-Unis et par le gouvernement de Jim Callaghan en Grande-Bretagne.
Après que Margaret Thatcher et Ronald Reagan eurent pris le pouvoir, le reste suivit : réductions d’impôts massives pour les riches, écrasement des syndicats, déréglementation, privatisations, externalisation, concurrence dans les services publics. Grâce au FMI, à la Banque mondiale, au traité de Maastricht et à l’Organisation mondiale du commerce, les politiques néolibérales ont été imposées – souvent sans le consentement démocratique des populations – dans une grande partie du monde. Le plus remarquable a été leur adoption par les partis qui appartenaient autrefois à la gauche : le Labour et les Démocrates, par exemple. Comme le fait remarquer Stedman Jones, « il est dur d’imaginer aucune autre utopie qui ait été aussi pleinement réalisée ».
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Il peut sembler étrange qu’une doctrine glorifiant le choix individuel et la liberté ait été promue avec le slogan « il n’y a pas d’alternative ». Mais, comme Hayek l’a fait remarquer lors d’une visite au Chili de Pinochet – l’une des premières nations où le programme néolibéral a été complètement appliqué – « ma préférence personnelle penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dénué de libéralisme ». La liberté que le néolibéralisme offre et qui semble si séduisante lorsqu’elle est exprimée en termes généraux, signifie la liberté pour le brochet, et non pour les vairons.
La liberté syndicale et la négociation collective signifie la liberté d’amputer les salaires. La liberté de la réglementation signifie la liberté d’empoisonner les rivières, de mettre en danger les travailleurs, d’imposer des tarifs iniques d’intérêt et de concevoir des instruments financiers exotiques. La liberté de l’impôt signifie la liberté de s’extraire de la redistribution des richesses qui permet de sortir des gens de la pauvreté.
Comme le montre Naomi Klein dans La théorie du choc, les théoriciens néolibéraux ont préconisé d’utiliser les crises pour imposer des politiques impopulaires pendant que les gens étaient distraits comme, par exemple, à la suite du coup d’État de Pinochet, de la guerre en Irak et de l’ouragan Katrina, que Friedman a décrit comme « une occasion de réformer radicalement le système éducatif » à la Nouvelle Orléans.
Lorsque les politiques néolibérales ne peuvent pas être imposées directement aux pays en interne, elles le sont iau niveau international, par le biais des traités commerciaux incorporant des ISDS ( juridictions privées ad hoc dédiées au règlement des différends investisseur-État : voir à ce sujet une longue interview sur le TAFTA ici ) qui peuvent faire pression pour supprimer des protections sociales et des législations environnementales. Lorsque les Parlements de certains États ont par exemple voté pour restreindre les ventes de cigarettes, protéger l’approvisionnement en eau des compagnies minières, geler les factures d’énergie ou empêcher les firmes pharmaceutiques de voler l’état, des multinationales ont attaqué les États concernés au tribunal, souvent avec succès. La démocratie se réduit ainsi à un théâtre.
Un autre paradoxe du néolibéralisme est que la concurrence universelle repose sur la quantification universelle et la comparaison. Le résultat est que les travailleurs, les demandeurs d’emploi et les services publics de toute nature sont soumis à un ergotage procédurier, étouffant le régime d’évaluation et de surveillance, afin d’identifier les « gagnants » et de punir les « perdants ». La doctrine que Von Mises avait proposée pour nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification en a plutôt fabriqué un.
Le néolibéralisme n’a pas été conçu comme un self-service à visée d’extorsion, mais il en est rapidement devenu un. La croissance économique a été nettement plus lente dans l’ère néolibérale (depuis 1980 en Grande-Bretagne et aux États-Unis) qu’elle ne l’était dans les décennies précédentes, sauf pour les très riches. L’inégalité dans la distribution des revenus et la répartition des richesses, après 60 années de résorption, a augmenté rapidement depuis, en raison de l’écrasement des syndicats, des réductions d’impôt, de la hausse des loyers, des privatisations et de la dérégulation.
La privatisation ou la marchandisation des services publics tels que l’énergie, l’eau, les trains, la santé, l’éducation, les routes et les prisons a permis aux entreprises de mettre en place des péages, des loyers ou des dépôts de garantie, payables par le usagers par les gouvernements.
Au bout du compte, ces rentes ne sont ni plus ni moins que des revenus du capital, désignés d’une autre façon. Lorsque vous payez un prix artificiellement gonflé pour un billet de train, seule une partie du prix sert à rémunérer les opérateurs, les dépenses d’énergie, les salaires ou l’amortissement du matériel roulant. Le reste, c’est ce qu’on vous ponctionne.
Ceux qui possèdent et dirigent les services privatisés ou semi-privatisés du Royaume-Uni amassent des fortunes prodigieuses en investissant peu et en facturant cher. En Russie et en Inde, les oligarques ont acquis des actifs de l’État à des prix dérisoires. Au Mexique, Carlos Slim a obtenu le contrôle de presque tous les services de téléphonie, et il est rapidement devenu l’un des hommes les plus riches du monde.
La financiarisation, comme le note Andrew Sayer dans Why We Can’t Afford the Rich, a eu un impact similaire. « Comme la rente », soutient-il, « l’intérêt est… un revenu du capital obtenu sans aucun effort ». Comme les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches, les riches acquièrent de plus en plus le contrôle d’un autre outil essentiel : la monnaie. Le paiements d’intérêt, à une écrasante majorité, permet un transfert financier des pauvres vers les riches. Comme les prix de l’immobilier et le retrait de l’État pèsent sur les personnes endettées (exemple : le remplacement des bourses d’études par des prêts aux étudiants), les banques et leurs dirigeants s’enrichissent à leur détriment.
Selon Sayer, les quatre dernières décennies ont été marquées par un transfert de richesse non seulement des pauvres vers les riches, mais également parmi les riches, depuis ceux qui gagnent de l’argent en fournissant de nouveaux produits ou services vers ceux qui en gagnent en contrôlant les actifs existants, en récoltant des loyers, des intérêts ou des gains de capital. Le revenu acquis a été supplanté par les revenus du capital non acquis.
Mais partout, les politiques néolibérales se heurte à des défaillances du marché. Les banques sont devenues « too big to fail », et des sociétés privées sont désormais chargées de fournir les services publics. Comme souligné par Tony Judt, le raisonnement d’Hayek a omis le fait que les services publics vitaux n’avaient pas le droit de s’effondrer, ce qui signifie que la concurrence ne peut pas suivre son libre cours. Dès lors, le monde du business prend les profit les bénéfices, mais les États conservent les risques.
Or plus l’échec apparaît comme grand, plus l’idéologie se radicalise. Les gouvernements utilisent les crises du néolibéralisme lui-même pour l’approfondir, s’en servant comme occasion de réduire les impôts, de privatiser les services publics restants, d’agrandir les trous dans les filets de sécurité sociale, de déréglementer les sociétés et de re-réglementer les citoyens. La haine de soi de l’État plante maintenant ses crocs dans l’ensemble des services publics.
L’effet le plus dangereux du néolibéralisme ne réside peut-être pas les crises économiques mais les crises politiques qu’il génère. Dans la mesure où le domaine de l’État se réduit, notre capacité à changer le cours de nos vies par le vote se réduit également. A la place, la théorie néolibérale affirme que les gens peuvent exercer leur liberté choix en orientant leurs dépenses. Mais certains ont plus à dépenser que d’autres : dans la grande démocratie du consommateur ou de l’actionnaire, un vote n’équivaut pas à un autre vote. Le résultat est une déresponsabilisation des pauvres et de la classe moyenne. Comme les partis de droite et de l’ex-gauche adoptent des politiques néolibérales similaires, la déresponsabilisation tourne à la privation effective des droits. Un grand nombre de personnes ont été exclues de fait du débat politique.
Chris Hedges note que « les mouvements fascistes s’appuient sur une base constituée non non des actifs mais des inactifs politiques, des « perdants » qui sentent, souvent à raison, qu’ils n’ont aucune voix ni aucun rôle à jouer ». Lorsque le débat politique ne s’adresse plus à lui, le peuple devient sensible aux slogans, symboles et sensations qui le remplacent. Pour les admirateurs de Trump, par exemple, les faits et les arguments semblent sans importance.
Judt explique pour sa part que lorsque le maillage épais des interactions normales entre les individus et l’État se réduit à l’exercice de l’autorité et à l’obéissance, la seule force qui nous reste et nous lie est le pouvoir décuplé de l’État. Le totalitarisme que Hayek craignait tant est plus susceptible de voir le jour dans une situation où les gouvernements ayant perdu l’autorité morale qui découle de la fourniture des services publics, sont réduits à « cajoler, menacer et finalement contraindre les gens à leur obéir ».
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Tout comme le communisme, le néolibéralisme est une sorte de Dieu déchu. Mais la doctrine zombie continue sa route en bringuebalant. L’une des principales raisons est son l’anonymat, ou plutôt une série de choses qu’on omet de nommer.
Des bailleurs de fonds invisibles maintiennent en vie la doctrine invisible de la main invisible. Lentement, très lentement, nous commençons à découvrir l’identité de quelques-uns d’entre eux. Nous constatons que l’Institut des affaires économiques, qui s’est opposé avec force dans les médias à toute nouvelle réglementation de l’industrie du tabac, a été secrètement financé par la British American Tobacco depuis 1963. Nous découvrons que Charles et David Koch, deux des hommes les plus riches le monde, ont fondé l’institut qui a lui-même mis sur pied le mouvement Tea Party. Nous constatons que Charles Koch, en fondant l’un de ses groupes de réflexion, avait noté que « dans le but d’éviter les critiques indésirables, la façon dont l’organisation est contrôlée et dirigée ne doit pas être largement diffusée ».
Les concepts utilisés par le néolibéralisme dissimulent souvent plus qu’ils ne désignent. « Le marché » sonne comme un phénomène naturel, tout comme pourraient l’être comme la gravité ou la pression atmosphérique. Mais il se heurte à des relations de pouvoir. Ce que « le marché veut » tend à signifier « ce que les entreprises et leurs patrons veulent » Le terme « investissement », comme le note Sayer, peut désigner deux choses très différentes. La première est le financement d’activités productives et socialement utiles. La deuxième est le simple achat d’actifs existants pour percevoir des intérêts, des dividendes et des gains en capital. En utilisant le même mot pour différentes activités, on « camoufle les sources de richesse », ce qui conduit à confondre la création de richesse et la ponction opérée sur la richesse.
Il y a un siècle, les nouveaux riches étaient décriés par ceux qui avaient hérité leur argent. Les entrepreneurs ont cherchaient la reconnaissance sociale en se faisant passer pour des rentiers. Aujourd’hui, la relation a été inversée: les rentiers et les héritiers se présentent comme entrepreneurs. Ils prétendent avoir gagné leur revenu qui n’est que prélevé.
Cette confusion verbale s’ajoute à l’absence de nom et de lieu qui caractérise le capitalisme moderne, et le modèle de la franchise qui garantit que les travailleurs ne savent pas pour qui ils triment. Certaines entreprises sont enregistrées à travers un réseau de régimes offshore si complexe que même la police ne peut pas en découvrir les véritables propriétaires. Des montages fiscaux embobinent les gouvernements. Des produits financiers sont créés, si complexes que personne n’y comprend rien.
L’anonymat du néolibéralisme est jalousement protégé. Ceux qui sont influencés par Hayek, Mises et Friedman ont tendance à rejeter le terme, clamant – non sans justesse – qu’il n’est aujourd’hui utilisé que de façon péjorative. Mais ils ne nous proposent aucun terme substitutif. Certains se décrivent comme libéraux ou libertaires classiques, mais ces descriptions sont à la fois trompeuses et curieusement dissimulatrices, comme si elles suggéraient qu’il n’y a rien de nouveau depuis la La Route de la servitude, Bureaucratie ou le travail classique de Friedman Capitalisme et liberté.
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On doit bien convenir qu’il y a quelque chose de remarquable dans le projet néolibéral, du moins tel qu’il existait à ses débuts. Il constituait une philosophie innovante promue par un réseau cohérent de penseurs et de militants ayant un plan d’action clair. Il était patient et persévérant. La route de la servitude est devenue la voie vers le pouvoir.
Le triomphe du néolibéralisme reflète d’ailleurs l’échec de la gauche. Lorsque l’économie du laissez-faire a conduit à la catastrophe en 1929, Keynes a conçu une théorie économique globale pour la remplacer. Lorsque la formule keynésienne de relance par la demande a atteint ses limites dans les années 70, une alternative était prête, le néolibéralisme. Mais lorsque celui-ci a semblé s’effondrer en 2008 il n’y avait … rien. Voilà pourquoi le zombie continue de marcher. La gauche n’a produit aucun nouveau cadre général de la pensée économique depuis 80 ans.
Chaque invocation de Lord Keynes est un aveu d’échec. Proposer des solutions keynésiennes aux crises du XXI° siècle revient à ignorer trois problèmes évidents: il est difficile de mobiliser les gens sur de vieilles idées; les défauts du keynésianisme révélés dans les années 70 n’ont pas disparu; surtout, les keynésiens n’ont rien à dire au sujet d’une préoccupation nouvelle et de première importance : la crise environnementale. Le keynésianisme fonctionne en stimulant la demande des consommateurs pour promouvoir la croissance économique. La demande des consommateurs et la croissance économique sont les moteurs de la destruction de l’environnement.
Ce que l’histoire des deux doctrines, keynésianisme et du néolibéralisme, démontre, c’est qu’il ne suffit pas de s’opposer à un système à bout de souffle. Il faut aussi proposer une alternative cohérente. Pour le Labour, les Démocrates et les plus à gauche, la tâche centrale devrait être de développer une sorte de « programme économique Apollo », c’est à dire de concevoir un nouveau système de pensée, adapté aux exigences d’aujourd’hui.
Source : Linkis, George Monbiot, 16-06-2016

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145 réponses à Une idéologie à la source de nos problèmes : le néolibéralisme, par George Monbiot

Commentaires recommandés

Incognitototo Le 04 août 2016 à 01h25

C’est d’autant plus incroyable, qu’on n’a jamais démontré que le capitalisme d’État (du moins de type gaullien) faisait moins bien que le privé, du moins pour le bien commun ; ou autrement dit, le privé n’a jamais démontré qu’il pouvait faire mieux que l’État pour le rapport coûts/services rendus à la population (y a qu’à comparer les services de santé US avec les Français, par exemple, ou les transports en commun)…
C’est bien le bien commun que le néo-libéralisme s’applique à détruire méthodiquement, tout doit appartenir à quelqu’un et l’enrichir à n’importe quel prix.

  1. J Le 04 août 2016 à 00h31
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    J’apprécie particulièrement le parallèle bien développé avec le communisme (on crève de froid comme de chaleur, la vie même dans ses manifestations élémentaires a besoin d’un équilibre entre principe de solidarité et principe de compétition). Le néolibéralisme a aussi généré l’UE et sa nomenklatura bruxelloise.


    • geoffrey Le 04 août 2016 à 15h50
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      camarade,
      je te rappellerai humblement que l’URSS, c’était une DICTATURE du prolétariat pleinement assumée, et non le paradis des travailleurs – Moscou ne l’a JAMAIS caché !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
      ce qui est très intéressant dans cet article, c’est le paragraphe sur l’avènement d’un état-policier pour contrôler les masses pauvres (les stériliser puis les massacrer ?) – voir le film Elysium ; alors que le neo-liberalisme était une promesse d’un monde de libertés…aaaah mais je viens de comprendre : des libertés only pour les consommateurs solvables.

      Le neo-liberalisme est porteur d’une aporie indépassable car son aboutissement ultime, c’est sa propre anti-thèse – le monopole d’un seul individu, propriétaire de TOUTES choses sur terre, donc absence de marché ! CQFD
      Geoffrey, communiste belge – petit à petit, l’air de rien, ON revient aux commandes…


  2. Incognitototo Le 04 août 2016 à 00h58
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    Superbe texte, merci pour la transmission.

    Bernie Sanders l’a résumé de la manière suivante : « Tout ce qui nous effrayait du communisme – perdre nos maisons, nos épargnes et être forcés de travailler pour un salaire minable sans avoir de pouvoir politique – s’est réalisé grâce au capitalisme. ».

    Je pense qu’il a oublié dans la liste des peurs qu’inspirait le communisme “perdre son individualité et sa personnalité” ; à l’évidence dans le monde capitaliste (qu’il faudrait plutôt appelé “néo-libéral”), si on n’est pas un rentier, si on ne passe pas à la télé ou qu’on n’a pas 1 000 amis sur facebook, on n’est personne.

    Pour information, j’ai fait un recensement des accords internationaux et lois qui nous ont fait basculer dans cette folie néo-libérale : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-double-contrainte-40-ans-d-accords-internationaux-et-de-lois-qui-rendent-fou-111407861.html


    • EchoGMT7 Le 04 août 2016 à 07h04
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      J’aime beaucoup votre commentaire, mais vous avez oublié “la Rolex à cinquante ans”.

      Nous devons refuser de nous laisser traiter comme des “adeptes” de la théorie du complot.

      Se poser, simplement et sans préjugé aucun, la question “cui bono” consiste à effectuer une percée dans l’horizon du politiquement correct. C’est un outil strictement exploratoire, pas une doctrine et encore moins une religion. C’est d’ailleurs, me semble-t-il, l’utilisation judicieuse de cette “arme” intellectuelle qui a précipité la chute du rideau de fer. Les populations d’URSS ayant finalement compris que leur enfermement protégeait les privilèges honteux des apparatchiks.

      Le néo-libéralisme quant à lui n’a qu’un but : amener le pouvoir financier à évoluer en super-prédateur capable de se payer la peau des États. Nous en sommes hélas déjà au stade où il n’existe plus de personnalité politique au pouvoir qui n’est pas soit corrompue, soit incompétente, soit collabo-activiste, soit sur la voie sanglante d’une répression/destitution pour déviationnisme par le “niet”.

      Le stade ultime sera atteint lorsque les peuples fiers et résistants seront livrés à la guerre civile. Ce qui est en bonne voie, me semble-t-il.

      Bravo pour votre blog!


      • francois Marquet Le 04 août 2016 à 09h55
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        Groupe 1 : les 70 personnes les plus riches
        Groupe 2 : les 3 milliards et demi de personnes les plus pauvres
        Les personnes du groupe 1 possèdent en moyenne 50 millions de fois ce que possèdent les personnes du groupe 2
        Ne pas s’étonner de leur influence et de leur impunité


  3. bluetonga Le 04 août 2016 à 01h08
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    Texte complet, synthétique et salutaire (malgré les nombreuses coquilles de traduction). Finalement, le Guardian pourrait servir à autre chose qu’à alimenter la russophobie et la haine de Poutine.

    A noter que l’auteur, tout comme d’autres dans la même veine, critique sévèrement le néolibéralisme (et met même le doigt sur une de ses caractéristiques principales, commune à toutes les mafias : l’omerta) mais se garde bien de proposer, ou ne fût-ce qu’esquisser, une alternative. Il se contente de renvoyer la balle à la gauche qui devrait trouver une solution adaptée. Mais certainement pas une économie planifiée, ou semi-planifiée, non, non, nous savons tous que ça ne saurait pas marcher, et que c’est la voie obligée du totalitarisme.

    Ce rejet viscéral d’une perspective, aussi timide soit-elle de la planification de l’économie, est la plus grande conquête du néolibéralisme, et si des extraterrestres venaient à visiter la Terre, ça serait certainement un de leur plus grand sujet d’étonnement.


    • Ailleret Le 04 août 2016 à 01h21
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      Concernant la nécessité de la planification économique, un libéral comme Raymond Aron l’admettait sans barguigner pour les temps de crise, ajoutant que « le socialisme bénéficiait d’une telle expérience en ce domaine que le libéralisme, sur ce point, devrait rendre son tablier ».
      Débat publié vers 1972 dans le magazine L’Expansion : j’essaierai de retrouver la source exacte tant cette déclaration nous paraît aujourd’hui… extraterrestre.


    • Incognitototo Le 04 août 2016 à 01h25
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      C’est d’autant plus incroyable, qu’on n’a jamais démontré que le capitalisme d’État (du moins de type gaullien) faisait moins bien que le privé, du moins pour le bien commun ; ou autrement dit, le privé n’a jamais démontré qu’il pouvait faire mieux que l’État pour le rapport coûts/services rendus à la population (y a qu’à comparer les services de santé US avec les Français, par exemple, ou les transports en commun)…
      C’est bien le bien commun que le néo-libéralisme s’applique à détruire méthodiquement, tout doit appartenir à quelqu’un et l’enrichir à n’importe quel prix.


      • bluetonga Le 04 août 2016 à 01h39
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        J’ai déjà cité ici un bouquin de Michel Desmurget “Mad in USA”

        http://www.alternatives-economiques.fr/mad-in-usa–les-ravages-du-modele-americain-par-michel-desmurget_fr_art_709_36902.html

        L’auteur est un chercheur en neurosciences qui a travaillé 8 (?) années aux USA. Libéral bon teint en débarquant là-bas, il a pu constater de visu les failles et les vices rédhibitoires du système. Son bouquin traite de quatre domaines essentiels du service public et de l’Etat : le chômage (et la protection du travail), l’éducation, l’assurance maladie-santé et la justice.

        Ce qui rend le livre percutant, c’est à la fois la prose acide de l’auteur, mais surtout sa débauche de chiffres et de références, évoquant irrésistiblement les publications de son champs d’expertise (les neurosciences). Sa manière de traiter les chiffres est également tout sauf cosmétique, et il procède à des analyses pénétrantes et documentées de chaque sujet.

        Et le verdict est sans appel : on vit mieux ici!


      • patrick Le 04 août 2016 à 08h46
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        En ce qui concerne le capitalisme d’état , on peut constater que le modèle français est un bel exemple de faillite.
        La différence c’est que le capitalisme d’état bénéficie de l’argent des contribuables pour continuer à exister même en faillite , idem pour le capitalisme de connivence ( aussi connu sous le nom de néolibéralisme ). Dans un système libéral , la faillite c’est la faillite .
        Quelques exemple de capitalisme d’état :
        EDF : du nucléaire payé par le contribuable qui va encore payer pour le “nettoyage” de tout ça , et durant des décennies pas de concurrence possible , pas de possibilité de produire soi-même son électricité.
        AREVA : sans commentaires
        La Régie Renault : vous vous en souvenez ?
        Bull : le seul constructeur informatique mondial qui n’arrivait pas à gagner d’argent.


        • nobody Le 04 août 2016 à 09h54
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          @Patrick

          1. AVANT : nous avions un capitalisme d’Etat qui produisait certes quelques îlots de pertes mais maintenait les grands équilibres (un Etat peu endetté et un système financier solvable).

          2. AUJOURD’HUI (après 30 ans de libéralisme et de dérégulations tous azimuts): Tous les Etats occidentaux sont en faillite idem pour le système financier mondial qui ne pourrait survivre sans les interventions incessantes des banques centrales depuis 2008).

          3. Conclusion: la crise n’est pas le produit “d’erreurs” de gestion, mais une volonté délibérée d’inversion des flux financiers (AVANT des riches vers les pauvres, AUJOURD’HUI des pauvres(l’Etat) vers les riches). La dette croissante(insolvabilité) des agents économiques ne sert qu’à masquer cette réalité là, et cette bulle finira inévitablement par exploser un jour. La faillite du Système ancien ne doit rien au hasard, elle est une fatalité pour les uns et une bénédiction pour les autres.

          Le problème n’est donc pas d’ordre économique ou financier, il est d’ordre spirituel ou philosophique: au bout du processus de lutte des uns contre les autres et d’avidité délirante (le Diable est étymologiquement celui qui divise, qui désunit) il y aura probablement une guerre (civile et/ou mondiale) dont on voit bien se dessiner les contours actuellement, avec pour le coup 100% DE PERDANTS !


          • patrick Le 04 août 2016 à 10h13
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            les 30 ans de libéralisme on ne les a pas trop vus .
            Avec une dépense publique à 57% du PIB , 400.000 normes, 10.000 articles de loi, 130.000 décrets , un mille-feuille administratif de plus en plus épais , complexe et inefficace, je ne vois pas comment on peut parler de libéralisme.
            Les 30 dernières années sont peut-être juste le délai nécessaire pour que l’on puisse constater que le capitalisme d’état ne peut pas fonctionner à long terme , il se corrompt petit à petit dans les intérêts partisans , le copinage et le clientélisme , l’argent des citoyens lui permettant de tenir.


            • Amsterdammer Le 04 août 2016 à 10h35
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              Le néolibéralisme, ce n’est pas tant la ‘réduction du rôle de l’Etat’ que son asservissement aux grandes entreprises.
              Le capitalisme néolibéral a besoin de l’Etat pour exister, pour assurer sa rente, par la dépense (notamment militaire, mais aussi pour compenser la déplétion des salaires afin de fournir des débouchés). Ce n’est pas pour rien que les dettes étatiques ont explosé avec l’introduction des politiques néolibérales. Reagan est le père de la dette US.

              L’Etat obèse, bureaucratique, est la nécessaire béquille d’un système qui génère des contradictions internes insolubles sans lui. Otez cet Etat, le système s’écroule.


            • patrick Le 04 août 2016 à 10h41
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              C’est bien résumé , le néolibéralisme c’est de l’état avant toute chose. Les libéraux appellent ça du capitalisme de connivence.
              Le problème c’est que tous les politiciens essaient de nous convaincre que nous devons lutter contre le “méchant libéralisme” en donnant encore plus de pouvoirs à l’état …


            • yann Le 04 août 2016 à 11h03
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              Le gonflement de la dette est justement le résultat du libéralisme. Comme il concentre les revenues vers le haut de la pyramide sociale il casse la demande globale. De ce fait il casse la croissance économique. Pour compenser cette casse, les états s’endettent parce qu’ils ne peuvent pas laisser la récession s’installer.

              Je vous signale d’ailleurs qu’on peut dater exactement le début de la hausse de la dette publique et privée dans tous les pays occidentaux c’est 1974. C’est la date à partir de laquelle on a libéralisé le commerce et commencé à faire tomber les barrières douanières. Le monde keynésien et régulé d’après-guerre avait une dette publique bien plus faible. Au-delà de la question du néolibéralisme c’est surtout le libre-échange qui est responsable de la croissance de misère et des déséquilibres massifs dont les effets délétères ont été limités jusqu’à présent par l’endettement sous toutes ses formes.


            • patrick Le 04 août 2016 à 12h03
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              Le monde régulé et keynésien d’après-guerre avait l’inflation et la dévaluation , c’est pratique, ça permet de piquer les économies des citoyens sans que ça se voit trop.
              ça a un gros avantage , les dégâts sont payés par la génération qui les produit et pas par la suivante via la dette.
              Une fois terminée l”euphorie de l’après-guerre ( boom démographique et pas mal de choses à reconstruire ) , les politiques n’ont pas osé dire aux citoyens qu’il fallait se calmer donc les dettes ont pris le relais.
              un système libéral en donnant moins de pouvoir aux politiques et à l’état n’aurait pas permis cet endettement.


            • Prométhée Enchaîné Le 04 août 2016 à 13h04
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              Ne m’y connaissant pas suffisamment en économie, je ne tranche pas. Mais certains points soulevés par Patrick me semblent pertinents.

              Et les “anti-libéraux” ne répondent pas très précisément à ces questions jusqu’ici :
              Avant l’immense accumulation de dettes publiques, on dévaluait, on faisait défaut, bref on la jouait perso, au détriment de ses voisins le plus souvent. J’ai lu diverses choses notamment sur les rivalités monétaires franco-allemandes, qui ne seraient pas pour rien dans leurs conflits (sans réduire évidemment ceux-ci à seulement cela).
              Certains problèmes de l’état remontent pourtant à De Gaulle, au moins (cf. Conesa sur YT, l’art de la non-décision et le rapport Rueff-Armand).

              Sachant ce peu de choses, la critique qui consiste à dire “à partir de 1974, le néo-libéralisme a fait explosé les dettes” me paraît bien caricaturale.

              Autre chose, aujourd’hui, la dette publique n’appartient plus seulement à des pays étrangers ou à de grands financiers, elle est répartie, jusque dans les économies des gens les plus modestes.
              Donc quand Lordon appelle au défaut, en n’hésitant pas à sacrifier ce qu’il appelle d’un amalgame douteux “les possédants” (qui ne se réduiraient donc pas aux 1%), cela pose question du point de vue de la démocratie. Je conçois néanmoins que ceux qui n’ont rien ou quasi sont déjà dans l’impasse…


            • patrick Le 04 août 2016 à 14h09
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              en cas de défaut sur la dette , vous vous apercevrez que vous êtes les “possédants”.
              adieu vos assurances vies et vos plans épargne divers et variés ..


            • bluetonga Le 04 août 2016 à 15h40
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              “un système libéral en donnant moins de pouvoir aux politiques et à l’état n’aurait pas permis cet endettement.”
              Ça, Patrick, c’est du wishful thinking. Visa et Mastercard, c’est l’État? l’endettement des ménages, c’est l’État? La dette est proposée par des créditeurs à des débiteurs, parce que ça rapporte. Chaque fois qu’on prête à quelqu’un qui remboursera, on s’enrichit. Chaque fois qu’on emprunte, on commence par s’appauvrir. Le libéralisme idéal est comme le socialisme idéal, une vue de l’esprit. Il fonctionne parfaitement dans le monde des idées, là où les marchés sont complètement libres et la concurrence non faussée.


            • LA ROQUE Le 05 août 2016 à 00h38
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              @Patrick

              “les 30 ans de libéralisme on ne les a pas trop vus .
              Avec une dépense publique à 57% du PIB”

              La constante augmentation des dépenses publiques depuis 1960 est principalement due à une hausse des versements des prestations sociales ce qui est logique au vu de la destruction des centaines de milliers d’emplois du à l’article 63 du TFUE et de la mondialisation tant voulu par les néolibéraux entrainant chômage de masse,minima sociaux,problèmes de santé, aides aux logement…
              La hausse est également due aux charges d’intérêt sur la dette.
              On voit bien que la politique néolibérale a une grande part de responsabilité dans ce montant.


          • Wakizashi Le 04 août 2016 à 10h59
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            “Le problème n’est donc pas d’ordre économique ou financier, il est d’ordre spirituel ou philosophique”

            Philosophique, certainement ; spirituel, je ne vois pas trop ce que cela vient faire là. Sauf à être archi-global en disant qu’au fond, tous les problèmes de l’humanité découlent d’un manque de sagesse collective, de l’inconscience collective, et que donc, c’est l’état de conscience de l’humanité qui est en cause, et rien d’autre. Mais je ne crois pas que c’est cela que vous vouliez dire…

            Sinon, ce qui m’étonne, c’est qu’effectivement le capitalisme (ou le néolibéralisme, ou le système, ou quel que soit le nom qu’on lui donne) court vers un effondrement inéluctable, qui aura été en grande partie provoqué par les crises successives qui, elles, ont été délibérément provoquées par l’oligarchie. Or, l’effondrement du capitalisme signifiera la mort de cette même oligarchie, puisque c’est le capitalisme qui les sustente.

            Comme ce sont des gens intelligents, j’ai du mal à croire qu’ils n’ont pas anticipé ce petit problème. Quelle serait l’échappatoire pour eux ? S’enfermer dans un abri anti-atomique souterrain ou dans une station spatiale en orbite ? Se transformer en cyborgs surpuissants à l’instar de l’utopie transhumaniste ? Ou bien peut-être l’avènement d’une dictature mondiale pure et dure à la Aldous Huxley qui éviterait l’effondrement ?


            • pauldetarse Le 05 août 2016 à 18h01
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              Wakizashi
              Vous dites: “comme ce sont des gens intelligents…”.
              Par l’expérience de mon entourage, je peux vous dire qu’ils sont iintelligents uniquement jusqu’à un certain point. Par exemple, l’intuition,
              l’empathie, et l’intelligence du coeur leur sont inconnues. Et ce sont des qualités bien utiles pour comprendre notre société.
              Ils ne voient pas venir certains soucis car souvent obnibulés par eux-mêmes et leurs réussites dans le temps présent.


        • Amsterdammer Le 04 août 2016 à 10h43
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          Le marché efficient et tendant vers l’équilibre est une fable, 4 décennies d’expérimentation néo-lib l’ont amplement démontré, partout dans le monde et dans tous les domaines.

          – Les systèmes de santé publics sont plus efficaces que ceux soumis à la ‘loi du marché’

          – La recherche publique, idem

          – Les transports publics, idem

          – L’énergie, idem


          • patrick Le 04 août 2016 à 11h06
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            transport public : ceux qui ont comparé le service SNCF avec les nouveaux services de bus sont plutôt favorables aux bus ( moins chers, plus confortables, plus fiables )

            systèmes de santé publics : le notre est en train de couler et plus il est étatisé plus il coule , les coûts explosent pour un service de moins en moins bon mais avec des agences de l’état de plus en plus omniprésentes et dévoreuses de budget, et les médecins généralistes sont au bord du burn-out.

            recherche publique : pour l’étude de la christianisation des hauts plateaux du Querac au XIIième siècle , certainement. Pour le reste ..


            • red2 Le 04 août 2016 à 17h20
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              Les bus vendent actuellement à perte pour tuer une sncf qui n’est plus par ailleurs au service du public depuis bien longtemps. Ce n’est pas parce que l’Etat est actionnaire que les logiques néolibérales ne vampirises les boites !


            • patrick Le 04 août 2016 à 21h13
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              que les bus ne gagnent pas d’argent ce n’est pas mon problème, c’est celui des propriétaires des boites. Ils veulent des parts de marché et se font concurrence.
              Leur prix étant largement inférieurs à ceux de la SNCF pour un service largement meilleur , ils pourraient la concurrencer facilement même avec des prix plus élevés, donc leur objectif n’est pas de tuer la SNCF ( pas la peine de faire des pertes pour ça ).


          • Wakizashi Le 04 août 2016 à 11h13
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            Pour la recherche publique, je mettrais un bémol. La recherche fondamentale peut-être, et encore, mais la recherche appliquée, j’ai un sérieux doute.

            Les innovations technologiques significatives émanent presque toujours d’entreprises privées. Un exemple : les sociétés d’Elon Musk Space X et Tesla Motors, qui sont en passe de révolutionner le voyage spatial et la voiture électrique.

            Autres exemples plus connus : Apple et Microsoft, qui ont plus changé le monde en 25 ans que tous les gouvernements du monde réunis…


            • globule rouge Le 04 août 2016 à 13h11
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              Et vous considerez qu’elon musk a tout trouver seul dans le domaine spatial et la motorisation ? quel est son apport dans le capital de savoir spatial et ou en matiere de motorisation ? Et son apport s’est fait sans l’abondante manne financiere de l’etat federal US faisant vivre la recherche universitaire ?


            • Wilmotte Karim Le 04 août 2016 à 13h25
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              “Apple et Microsoft”
              Soit, le Pentagone et le Darpa…
              L’écran tactile d’Apple provient d’un programme financé par le Darpa, l’ordinateur pour tous provient des investissements du Pentagone qui a permis d’atteindre les économies d’échelles.

              De façon générale (je change partiellement de sujet), le “capitalisme de connivence” est juste le capitalisme. L’Etat a TOUJOURS été présent.
              Mieux, les états qui ont DU permettre le développement de la bourgeoisie puis du capitalisme pour… disposer d’une base économique pour financer les guerres … sont les états où le capitalisme a pu naître (Angleterre, France).
              L’Espagne avait l’or du Potosi…


            • red2 Le 04 août 2016 à 17h23
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              Pour info tesla ce n’est que de l’économie d’échelle aucune innovation techno.


          • patrick Le 04 août 2016 à 11h17
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            en ce qui concerne l’énergie nous avons certainement ce qui se fait de pire avec EDF.
            – totalement étatisé avec interdiction de toute concurrence pendant des décennies et impossibilité de produire son propre courant.
            – prix “client” décidé par l’état , le plus bas possible pour des raisons purement électoralistes , donc gaspillage de l’énergie et suréquipement des particuliers ( et je ne parle même pas des agents EDF qui chauffent leur piscine en hivers ), les vrais coûts sont payés par le contribuable.
            – finalement une entreprise totalement endettée et au bord de la faillite qui s’enferre en plus à construire des EPR , vrais gouffres financiers , c’est pas grave c’est le cochon de contribuable qui va encore payer.


            • globule rouge Le 04 août 2016 à 14h07
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              Le probleme d’edf est avant tout le choix strategique du tout nucleaire, qui necessitait un investissement tel qu’aucun acteur privée n’aurait pu ou n’aurait pris le risque de se lancer (citer moi un pays dont l’industrie nucleaire, de la recherche a l’industrialisation, est le fruit “exclusif” du secteur privée ?).
              Le choix nucleaire, l’investissement consequent et son hasardeux amortissement, a conduit aux infrastructures et au type de marché lui etant le plus favorable, tout les pays font des choix de ce type que ce soit nucleaire ou autre, influant, favorisant reglementant, que la production soit gerer de maniere privée ou publique n’est pas le plus gros probleme, c’est notre choix politique du nucleaire qui l’est.
              Par contre depuis qu’edf a ete partiellement privatisée, amené a conduire une gestion de type privée, elle s’est risquée dans des investissements financiers desastreux en negligeant son infrastructure productif, aggravant les consequences du choix dispendieux qu’a ete le nucleaire.


            • Wakizashi Le 04 août 2016 à 15h32
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              “Et vous considerez qu’elon musk a tout trouver seul dans le domaine spatial et la motorisation ? quel est son apport dans le capital de savoir spatial et ou en matiere de motorisation ? Et son apport s’est fait sans l’abondante manne financiere de l’etat federal US faisant vivre la recherche universitaire ?”

              Je n’ai pas dit Elon Musk tout seul, j’ai parlé de Space X…

              Si Space X n’a rien apporté parce qu’il doit tout à l’Etat fédéral, comment expliquez-vous que la NASA sous-traite dorénavant à Space X la mise en orbite des satellites ? Pourquoi n’a-t-elle pas conçue elle-même des lanceurs 10 fois moins chers ?


            • sissa Le 09 août 2016 à 00h17
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              Edf n’est pas au bord de la faillite et si l’électricité a été vendue bon marché en France, c’est parce qu’elle coûtait moins cher à produire.

              Cessz de raconter n’importe quoi.


        • yann Le 04 août 2016 à 13h29
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          @Patrick

          Qu’est-ce qui est le plus important, l’inflation ou le plein emploi? Vous partez du point de vue du rentier. Du reste, je vous rappellerais que l’inflation a décollé justement à partir des années 70 et de la dérégulation financière. De plus l’inflation en elle-même n’est pas un problème, ce qui compte c’est le pouvoir d’achat. Si les prix augmentent de 4% par an, mais que votre salaire augmente de 5% vous gagnez 1% de pouvoir d’achat. Mais si l’inflation n’est que de 1% et la hausse des salaires de 0% vous perdez 1% de pouvoir d’achat. Se fonder uniquement sur l’inflation pour jauger de la qualité d’une politique voila bien un raisonnement simpliste qui nous mène au désastre. L’inflation des trente glorieuses n’a pas empêché la très forte hausse du niveau de vie, c’est même l’inflation qui l’a permis en réduisant les avantages acquis de ceux qui rêvent de s’enrichir en dormant sur leur tas d’or.


        • Incognitototo Le 04 août 2016 à 15h34
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          @ Patrick

          [Modéré] Pour info : http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/comparatif-des-systemes-de-sante-americain-et-francais

          Coût de la santé aux USA : 16 % de son PIB pour la santé, avec 16 % de la population qui a difficilement ou pas du tout accès aux soins, sans oublier une espérance de vie qui est moins bonne et une mortalité infantile plus élevée que dans les pays européens

          Coût de la santé en France : 11 % de son PIB, avec un accès aux soins en principe pour tous.

          Rappelons par ailleurs que ces chiffres sont encore à relativiser puisque le PIB (PPA) par habitant (2015) est de 55 805 $ pour les USA, et seulement de 41 180 $ pour la France. Ce qui donne en terme de dépenses par habitant 8 929 $ pour les USA et 4 530 $ pour la France. Bref, les USA dépensent 2 fois plus en moyenne par habitant pour leur santé, pour un résultat désastreux en termes d’efficacité et d’accès aux soins… mais pas pour l’enrichissement personnel de tous ceux (assurances, personnels médicaux, et cetera) qui profitent de ce système privé…

          Efficace le système néo-libéral ??? Oui pour ceux qui se gavent sur la misère et les malheurs des gens, y a aucun doute. Pour tous les autres, c’est marche ou crève.


        • Incognitototo Le 04 août 2016 à 15h37
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          @ Patrick

          Pour le reste, c’est facile de jeter l’anathème sur le capitalisme d’État quand celui-ci a été systématiquement détruit ou abandonner dès les années 70 au profit du privé (notamment international)… tandis que si on compare l’efficacité des entreprises d’État à celles du privé, vous trouverez autant de faillites dans le privé (et même plus) que dans les entreprises nationales.
          Je ne vois aucun mal, sauf si celui-ci est de nature idéologique, à ce que les contribuables renflouent des entreprises d’État si celles-ci sont au service de tous.

          Cela dit, ça n’exclut pas que le système des mains mises étatiques puisse être perfectible.


        • Guillaume Le 04 août 2016 à 19h55
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          Le modèle français est un exemple de faillite depuis que les états doivent s’endetter pour avoir de l’argent. Rappelez vous, avant qu’on tourne néolibéral à tout va, les états créaient leur propre monnaie. Comme de par hasard, mais je dois être un théoricien du hasard, la dette de la France est égale à la somme des intérêts depuis que la France ne maîtrise plus sa propre monnaie.
          Je peux paraphraser en disant que la dette de l’État Français à enrichi des personnes physiques. Vous avez dit néolibéralisme ?

          Ensuite, un état européen ne fait pas faillite, il a des amis sur qui il peut compter pour le dépecer avant. À ce sujet là Grèce est un bon exemple.


          • patrick Le 04 août 2016 à 21h17
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            quand les états créaient leurs propres monnaies .. nous avons eu quelques beau succès en France ( John Law , les assignats …. ).
            Je n’ose même pas imaginer le gouvernement actuel battant monnaie , les rotatives n’ont pas fini de chauffer.
            La seule solution est de reduire le périmètre et le pouvoir de l’état pour qu’il n’est plus à emprunter ou seulement de façon exceptionnelle ( et pas de façon continuelle pour nourrir sa clientèle )


            • Incognitototo Le 04 août 2016 à 23h13
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              Oui, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu…


            • Guillaume Le 05 août 2016 à 01h05
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              Cela générerait bien sur de l’inflation ou de la déflation. Mais comme l’a justement fait remarquer Yann plus haut, c’est le pouvoir d’achat qu’il faut regarder au niveau individuel et le taux d’emploi au niveau collectif.
              (De plus, un niveau d’emploi plus élevé réduirait le taux d’imposition individuel en considérant une dépense de l’État stable)

              Après, je ne pense pas qu’il faille réduire le périmètre de l’État. Ce qui crée des dérapages dans les services publiques, ce sont les conflits d’intérêts au plus haut niveau. Regarder les lobby et demandez vous pourquoi nous sommes poussés à la surmédication sur le compte de la secu…


      • jim Le 04 août 2016 à 11h03
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        Il me semble que vous êtes de mauvaise foi. De Gaulle était quelqu’un d’assez “équilibré“, il n’a jamais défendu une ligne capitalisme d’Etat à tout crin, ce qui reviendrait en somme aux “communismes” de son époque.

        Le capitalisme d’Etat étendu à l’ensemble des activités économiques est une posture idéologique totalisante aussi pathologique que le libéralisme étendu à l’ensemble des activités économiques, cad le néo ou ultra libéralisme.

        Quant à l’exemple de Bull donné plus bas par un commentateur, ou l’exemple du minitel, il doit être médité, et pas qu’un peu, par les tenants du “anti-libéralisme total”!


      • vincent Le 04 août 2016 à 11h27
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        En chine ce capitalisme d’état fonctionne bien. Je pense que certains pays ont conscience de l’importance de la souveraineté sur le plan de l’économie


        • patrick Le 04 août 2016 à 12h20
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          La Chine a créé une montagne de dettes en voulant bâtir des infrastructures totalement inutiles ( entre autres des villes fantômes entières !! ).
          On verra bien comment ils vont s’en sortir


          • Incognitototo Le 04 août 2016 à 20h25
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            Des montagnes de dettes pour la Chine, vraiment ?

            Endettement de la Chine : 23 % du PIB (selon le FMI qu’on ne peut pas accuser de partialité…)

            Endettement des USA (le modèle néo-libéral) : 107 % du PIB

            Réserves de change de la Chine : 3 970 milliards de dollars (!!!)

            Réserves de change des USA : 143 milliards de dollars

            Je me demande bien où vous puisez vos informations… Gilbert Bourdin peut-être ?


            • Ailleret Le 04 août 2016 à 21h13
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              Je suis d’accord avec vous, Incognitototo ; je crois même que l’endettement des USA est bien supérieur à 107 % du PIB.
              Au moment où j’écris, la dette fédérale y est de 19 413 milliards de dollars (US National Debt), et ce n’est qu’une partie de la dette nationale qui atteint 65 967 milliards (US Total Debt) – sans compter les engagements de sécurité sociale (US Unfunded Liabilities), qui dépassent largement les 100 000 milliards de dollars.

              http://www.usdebtclock.org/

              Impressionnant, non ?


            • Incognitototo Le 04 août 2016 à 21h17
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              Ha vous parliez des dettes privées… Je pensais que nous parlions de celles des États et là, ils sont très loin d’avoir des problèmes… Hé oui, le système néo-libéral engendre une frénésie délirante de besoin d’argent… des systèmes privés !!!


            • patrick Le 04 août 2016 à 21h27
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              dettes des collectivités locales ( gouvernements des provinces ) , c’est pas du privé !!
              quand aux chiffres de l’état chinois ils sont encore plus bidonnés que ceux des USA, la dette de l’état ( gouvernement central ) doit plutôt avoisiner les 36% mais les dettes des provinces peuvent faire exploser leur système bancaire , c’est là que se trouvent les emprunts qui ont permis de construire les villes fantômes et donc d’afficher les taux de croissance demandés par le gouvernement central .


            • Incognitototo Le 04 août 2016 à 23h03
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              Oui pour le privé, je cite votre article : “La dette cumulée des sociétés (financières et non financières) et des ménages atteint 207% du PIB.” ; PAS POUR L’ÉTAT !

              Quant aux collectivités locales, elles sont à la ramasse, comme partout où il y a des systèmes décentralisés… tandis qu’aux USA 13 états fédéraux sont au bord de la faillite depuis 2007, ce qui n’est pas encore le cas en Chine.

              Pour information, un volume de dettes n’a de sens qu’en fonction des actifs qu’on peut mettre en face ou pas, et la Chine a largement de la marge (entre autres) avec ses réserves de change…

              Sors de ce corps Gilbert Bourdin.


    • tepavac Le 04 août 2016 à 22h58
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      “Mais certainement pas une économie planifiée, ou semi-planifiée, non, non, nous savons tous que ça ne saurait pas marcher, et que c’est la voie obligée du totalitarisme.”

      Bien que je partage votre approche sur cette question de liberté, ce désir d’indépendance qui parfois ne passe que par la lutte, je dois admettre toutefois, tant que nous serons tributaires de notre planète nous serons toujours amené à une économie planifiée, mais aussi à une gestion planifiée de la planète, que ce soit économique, écologique ou sociale.

      Après, on à ce choix, soit on aborde cette situation planétaire en mode “naturel”, c’est à dire de façon empirique style “néo-cons”, sélection par la loi du plus apte;
      Soit nous le faisons de façon concerté et responsable.

      Quoiqu’il en soit, la tache semble bien lourde de drame, pour ceux qui se sont pris à rêver d’être les “maîtres” de ce monde.


  4. J Le 04 août 2016 à 01h08
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    Au passage, un certain Raymond Aron (libéral mais pas néo) a posé il y a un demi-siècle le principe d’un équilibre jamais définitif, toujours à réinventer, entre laisser-faire et dirigisme : http://bouquinsblog.blog4ever.com/democratie-et-totalitarisme-raymond-aron


  5. Ailleret Le 04 août 2016 à 01h10
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    Les idéologies qui ne disent pas leur nom sont les plus dangereuses : « économie de marché », ça passe bien, ça sent le terroir et la volaille, c’est la LOI DE LA NATURE. Ça passe mieux que capitalisme… Quant au néolibéralisme, le nom s’applique parfaitement à la tornade qui sévit depuis Thatcher et Reagan, sans oublier leur épigone honteux Mitterrand. C’est une dérive économique, politique et sociétale, le maelström où s’engloutissent droite et gauche. Curieux quand même, que ce terme ait été occulté depuis les années 1950…

    Il est consternant qu’aucun parti n’ait proposé d’alternative après la faillite du néolibéralisme en 2008. Ah oui, c’est vrai, Obama devait sauver la planète.


    • Prométhée Enchaîné Le 04 août 2016 à 13h47
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      On lit sur des sites libéraux comme Contrepoints.org que la crise des subprimes est de la responsabilité de Clinton Bill qui a fait passer une loi pour que les banques soutiennent les ménages… Ce qui est… antilibéral.

      Je ne crois pas à la main invisible et le concept de liberté est à revoir selon moi qui étais spinoziste avant d’avoir lu Spinoza, mais il semble que la croyance inverse en l’État social soit aussi irrationnelle, puisque les mesures socialistes comportent des effets pervers. Sans être spécialiste de TOUT, plus je lis sur le communisme, le socialisme et même l’histoire économique des Etats-Unis, plus un constat s’impose à mes yeux : il n’y a pas de formules simples pour résoudre les difficultés d’une société, tant les problèmes et les profils sont divers mais intriqués. Encore moins quand cette société s’inscrit elle-même dans un ensemble de sociétés aux intérêts contradictoires.

      Fidel Castro, qui est pourtant une icône de l’anti-capitalisme, a reconnu l’échec politique et social de Cuba. Pour moi, c’est, avec celui de Mitterrand en 1983, le meilleur exemple des illusions socialistes. Et c’est malgré tout une idéologie que je partage : l’égalité, la mobilité sociale, la vertu de l’éducation, etc. Comment faire coïncider cela avec la configuration du monde ?


      • patrick Le 04 août 2016 à 16h34
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        oui , la crise des subprimes a bien été enclenchée par des lois qui éliminaient le risque pour le prêteur et le faisait reposer sur des agences de l’état.
        Et le pire c’est qu’ils ont remis ça avec les prêts étudiants avec pour conséquence directe une hausse énorme des coûts d’inscription dans les université et une bulle de crédits qui ne seront jamais remboursés.


        • Wilmotte Karim Le 05 août 2016 à 10h27
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          Vous venez de découvrir que le capitalisme sortait des crises en en préparant d’encore plus grande.

          Et un capitalisme de sur-profit démentiel comme aujourd’hui implique une tendance à la stagnation de la consommation “saine”. Il faut donc qu’une partie du profit soit convertie en consommation via l’endettement. Dans le même temps, il faut bien placer ses capitaux qui arrivent en quantité toujours plus gigantesque… et comme il est peu question d’investir dans les capacités de production… l’endettement fera l’affaire.

          Que cela vous plaise ou non, ce sont les nations (Etats + ménages + entreprises non financières + entreprises financières) qui sont endettées jusqu’au cou… pour faire tenir le système un peu plus loin. Et l’austérité a pour mission de permettre de renforcer la part du capital, afin de payer les dettes.

          Préparant donc une crise encore plus monstrueuse. Parce qu’à la fin, le taux de profit baisse TOUJOURS et la crise suit TOUJOURS.


  6. Micmac Le 04 août 2016 à 01h30
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    L’auteur enterre Kyenes un peu vite…

    Les “recettes” keynésiennes ont été préconisées pour sortir de la crise des années 30, c’est à dire une époque dans laquelle les besoins de bases de la population n’étaient pas satisfaits. Mais Keynes voyait plus loin.

    Pour lui, une fois les besoins de base satisfaits, une fois que les gens ont une vie confortable, il fallait orienter l’économie non pas vers la consommation de masse (caricature du Keynésianisme des années 70), mais vers les loisirs, la culture, l’éducation…

    J’ajoute qu’une relance keynésienne orienté vers la sobriété énergétique prendrait tout son sens aujourd’hui.


    • Tassin Le 04 août 2016 à 10h51
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      “Relance” et “sobriété” sont complètement antinomiques.
      Les analyses de Keynes sont justes, et effectivement il voulait mettre un frein à la production au delà d’un certain seuil pour permettre de ne travailler que 3 h par jour à cause du chômage technologique induit par la mécanisation.
      Sauf que 90 ans plus tard ce seuil est largement dépassé et qu’il faut donc s’orienter vers la mise en place d’une baisse de production et d’une dé-mécanisation de l’économie (=sobriété) et d’une plutôt que d’une relance de quoi que ce soit.


      • patrick Le 04 août 2016 à 12h25
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        “Relance” et “sobriété” sont complètement antinomiques.

        ça dépend
        Si on achète massivement à l’extérieur on peut relancer par une politique de l’offre de façon à ce que les achats soient faits à l’intérieur, donc sans sobriété, ou peu de sobriété.
        Si on tente une politique de la demande , on ne fera en général qu’augmenter les achats à l’extérieur , donc ça n’a aucun intérêt, il y aura des dépenses en plus mais très peu de relance ( sauf chez les fournisseurs )


        • Micmac Le 04 août 2016 à 12h46
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          Les politiques de l’offre n’ont jamais fonctionné nul part pendant les périodes de difficultés économiques. Il n’y a aucun exemple.

          Comment voulez vous augmentez l’offre alors qu’une part très importante de la population peine à payer son loyer et nourrir ses enfants? Vous allez me dire que l’investissement précède le demande… mais je ne vois pas bien comment une majorité d'”entrepreneurs” se mettrait tout à coup à investir et embaucher de façon moutonnière parce qu’ils auraient d’un seul coup “confiance” en l’avenir…

          C’est juste un gadget conceptuel libéral pour laisser les riches si méritants, n’est ce pas, continués à être idéologiquement le centre de l’activité économique. Ce qu’ils ne sont pas sans clients.

          En période de prospérité, elles fonctionnent, mais c’est un système bien connu d’augmentation de la production par créations de nouveaux besoins dans la population, par la mode et la pub, système que nous connaissons bien… et la prospérité suppose une forte demande…


          • patrick Le 04 août 2016 à 20h43
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            “Les politiques de l’offre n’ont jamais fonctionné nul part pendant les périodes de difficultés économiques. Il n’y a aucun exemple. ”

            Ben oui , à ce moment-là c’est trop tard.
            Une offre ça se construit sur des années , pas en quelques semaines parce qu’un gouvernement vient de se réveiller.
            Ou alors , comme la Russie est en train de le faire en retournant la crises des sanctions en sa faveur ( protectionnisme forcé et donc il est possible de laisser l’économie locale se développer à l’abri de la concurrence extérieure et avec une demande qui n’est plus approvisionnée par l’extérieur )


            • tepavac Le 04 août 2016 à 23h21
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              ( protectionnisme forcé et donc il est possible de laisser l’économie locale se développer à l’abri de la concurrence extérieure et avec une demande qui n’est plus approvisionnée par l’extérieur )

              Après tout, n’est ce pas la solution pour certains secteurs vitaux, tels l’énergie, la nutrition, la santé….

              Pourquoi toujours vouloir tout déposer dans un même panier?
              Pourquoi est-il si difficile d”accepter ce mécanisme de l’évolution qui repose, il est vrais, à la fois sur une architecture communautaire et l’autre sur la propension individuelle?


        • Jean Le 06 août 2016 à 18h44
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          => “Si on tente une politique de la demande , on ne fera en général qu’augmenter les achats à l’extérieur , donc ça n’a aucun intérêt, il y aura des dépenses en plus mais très peu de relance ( sauf chez les fournisseurs )”

          On peut éviter ce problème en généralisant l’utilisation des monnaies locales. On peut même imaginer qu’un revenu universel, non lié au travail, soit en partie versé en monnaies locales afin que ces capitaux, plutôt que d’être captés par les multinationales, soient réinvestis dans l’économie locale. Cette solution permettrait de créer des emplois, de limiter la concentration des richesses tout en réduisant notre consommation d’énergie. Autrement dit de lutter contre le dumping fiscal, social et environnemental qui alimentent le chaos.


    • yann Le 04 août 2016 à 11h08
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      Tout le monde cite Keynes sans jamais l’avoir lu. C’est probablement le cas de l’auteur de ce texte. Le modèle keynésien est un modèle en circuit fermé. Il suppose que la nation consomme essentiellement des produits qu’elle fabrique elle même. C’est pour ça qu’il a écrit un texte sur l’autosuffisance nationale. Les politiques keynésiennes ne peuvent pas se pratiquer sans un minimum de protectionnisme. C’est un petit détail que beaucoup de pseudo-critiques de Keynes oublient comme par hasard.


      • Tassin Le 04 août 2016 à 11h14
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        Exactement. Faire du Keynésianisme dans un territoire en régime de libre-échange c’est relance la production et les emplois dans les pays qui exportent vers le territoire en question.


  7. Arc Angelsk Le 04 août 2016 à 01h42
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    Excellent Article, qui soulève des problématiques profondes…


  8. Micmac Le 04 août 2016 à 01h45
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    Autre chose, en essayant de faire court :

    Je crois que le texte sous-estime les dégâts du néolibéralisme. A mon avis, il s’agit d’une catastrophe économique, social, culturel et environnemental d’une magnitude historique. Une espèce de délire scientiste (que le texte souligne bien), qui ne repose absolument sur rien et prétend régenter nos vies et imposer des politiques que les peuples ne désirent pas (ou plus, ayant pu apprécier ses effets).

    J’ai un mépris abyssal pour cette bande de guignols pseudo scientifiques, du Bouvard et Pécuchet lambda qui vous objectera qu'”on peut pas faire autrement” dés qu’on essaye d’avancer une idée qui sort du cadre, aux pseudo universitaires vendus et intellectuels de pacotilles, sans parler du branquignol a qui papa a acheté un diplôme dans une école de commerce et qui méprise les universitaires…


    • Micmac Le 04 août 2016 à 01h54
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      Absolument rien de bon n’a été réalisé par ces gens depuis 40 ans… tout devient plus laid, plus misérable, plus médiocre…

      Un savoir faire gigantesque, qu’il soit académique, technique ou artistique, est laissé en friche par un chômage de masse. Quand il n’est pas simplement détruit par des “délocalisations” au profit de quelques uns…

      Citez moi une grande réalisation de ces soudards… quelque chose de bien que vraiment le libéralisme aurait véritablement établi. Et sans argument à la Chantecler (le coq qui croit que le Soleil se lève quand il chante), comme : “La Chine et l’Inde sont sortis de la misère grâce aux bienfaits libéraux”… Comme si ces pays ne seraient pas sorti de la misère de toutes façons, et peut être beaucoup mieux en menant une autre politique… Comme si beaucoup de nations ne s’étaient pas développé avant la Révolution Conservatrice.


    • Micmac Le 04 août 2016 à 02h04
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      Suite :

      Comme si avant Hayek, Friedmann, Thatcher et Reagan on vivait dans des huttes en boue séchée et on faisait du feu en frottant des bouts de bois…

      La 2nde Guerre Mondial a été générée directement par le libéralisme des années 20, et la crise qui s’en est suivie. C’était une cause entendu à tel point qu’aucune université d’après guerre n’aurait jamais embauché un universitaire libéral pour faire autre chose que récurer les toilettes… (avec l’exception notable de l’Université de Chicago, comme le mentionne le texte).

      L’Europe détruite par la guerre s’est relevée en laissant les libéraux au placard. Et depuis qu’ils sont revenus, c’est le désastre…

      Et aujourd’hui, on ne pourrait plus rien faire sans eux et leur “Science” si parfaite?


  9. Jean Le 04 août 2016 à 03h19
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    => (..)les keynésiens n’ont rien à dire au sujet d’une préoccupation nouvelle et de première importance : la crise environnementale. Le keynésianisme fonctionne en stimulant la demande des consommateurs pour promouvoir la croissance économique. La demande des consommateurs et la croissance économique sont les moteurs de la destruction de l’environnement.

    Il est effectivement assez incohérent de réfléchir sur l’organisation économique et politique de nos sociétés en négligeant les conditions qui permettent à cette planète de rester habitable. Nous n’avons plus les moyens d’entretenir l’illusion que nous vivons dans un monde aux ressources infinies et cet aspect incontournable de notre réalité remet radicalement en question le non-interventionnisme des ultralibéraux. Aussi la Nature à déjà commencé à nous signifier que, réellement cette fois, il n’y pas d’alternative et je ne m’étonne plus que de constater à quel point le dogmatisme idéologique peut pervertir l’esprit humain jusqu’à lui faire nier cette évidence.


    • Téji Le 04 août 2016 à 10h41
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      Dans cette veine, je ne peux que vous conseiller la lecture de l'”essai de thermo-bio-sociologie” de François Roddier (Thermodynamique de l’évolution)…
      Où l’on voit que l’évolution répond à quelques lois physiques assez simples à exprimer, même si moins faciles à comprendre, surtout dans leurs implications tout aussi implacables que basiques. Indéniablement, ça ébouriffe !
      en bref : http://www.francois-roddier.fr/?p=202
      en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=6lNz5vmKEFA


    • Micmac Le 04 août 2016 à 18h14
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      Je ne suis pas du tout d’accord. Il peut y avoir des tas de façons de stimuler la demande, et notamment l’investissement public dans les infrastructures, la transition énergétique, la transformation de la société en une société plus sobre, pas forcément par la consommation des ménages…

      On ne va pas s’en sortir en généralisant les AMAP et autres… Je n’ai aucune confiance dans l’initiative individuelle de ceux qui en ont les moyens pour changer la société. Il faudra bien de la planification et des dépenses publiques massives.

      C’est ce qui est compliqué avec le keynésianisme, c’est que ça implique de refaire de la politique et de définir des objectifs. Il n’y a pas une recette keynésienne unique, alors que les libéraux tuent la politique : “There is no alternative”, et puis c’est tout.


      • Jean Le 05 août 2016 à 08h44
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        => On ne va pas s’en sortir en généralisant les AMAP et autres… Je n’ai aucune confiance dans l’initiative individuelle de ceux qui en ont les moyens pour changer la société.

        On m’a conseillé la lecture de ce livre : https://fr.wikipedia.org/wiki/Small_is_beautiful


      • Tassin Le 05 août 2016 à 09h30
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        On ne peut pas à la fois stimuler la demande et aller vers la sobriété.


        • Jean Le 05 août 2016 à 10h36
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          On peut stimuler la demande en produits locaux tout en allant vers la sobriété énergétique, c’est l’une des fonctions des monnaies alternatives présentées dans l’excellent documentaire “Demain”.


      • Micmac Le 06 août 2016 à 08h25
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        Désolé d’être un peu dur, mais vous êtes complètement à côté…
        Le Front Familial tape rarement à côté ces derniers temps..

        Faites vos AMAPS et vos utopies, le”système” les tolérera très bien… il le fait tout les jours.

        Mais si vous êtes, je sais pas, progressiste, de gauche,préoccupez vous des autres, des petits qui font comme ils peuvent pour nourrir leurs gosses, sinon c’est absolument sans valeur… Vous êtes de droite si vous ne comprenez pas ça. Ontologiquement.


  10. OD Le 04 août 2016 à 03h34
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    Voilà le genre d’article qui va permettre à nos idéologues en herbe de s’en donner à coeur joie… mais chers amis, permettez-moi cette incartade: vous passez à mon avis à côté des vrais problèmes. Le problème, c’est pas une question idéologique finissant par …isme. Le problème est que depuis des temps immémoriaux, tout système politique ou économique tend irrémédiablement a être détourné par les élites à leur seul profit. Qu’il soit pensé de gauche ou de droite, collectif ou libéral, ce système sera détourné, dénaturé et perverti…
    En conséquence, vous pouvez toujours vous étaler en contre-projet idéologique, mais tant que vous n’aurez pas trouvé la solution pour contrôler les élites et sauvegarder les intérêts du peuple et de la démocratie, vos écrits ne resteront que de doctes arguties.
    La modernité, ce n’est pas d’être un anti-libéral ou un anti-keynésien, c’est de savoir si vous êtes un globaliste ou un souverainiste (de gauche, du centre ou de droite… c’est égal). Après on verra quelle forme de …isme plaît le plus au peuple.
    PS: dans les années 80, je me dois d’avouer que la lecture de Von Hayek et Von Mises fut une grande libération intellectuelle. Donc, je le dis avec fierté: Von Hayek et Von Mises… je vous aime.


    • Tassin Le 04 août 2016 à 11h00
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      Il est complètement stupide de se dire souverainiste alors qu’on est libéral ou assimilé.
      Appliquer les mêmes recettes frelatées au niveau national aboutira au même résultat désastreux localement, et avec la guerre en prime. En effet, le libéralisme (tout comme le keynésianisme d’ailleurs) reposant sur la volonté de puissance industrielle et l’économie et la concurrence avec les autres nations, un souverainisme libéral revient à mener une politique économique nationaliste.

      Un souverainisme pacifique serait nécessairement décroissant, c’est à dire à l’opposé complète des schémas libéraux, keynésiens, néo-libéraux, staliniens ou autres modèles basés sur la puissance.


      • yann Le 04 août 2016 à 11h14
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        Vous avez lu Keynes pour dire ce que vous dites sur lui? Il disait lui même que les choses les plus importantes dans la vie étaient l’amour, l’amitié, les arts et les sciences. Il n’y a pas de volonté de puissance dans la pensée keynésienne. Il cherche juste à résoudre le problème que cause la hausse de la productivité du travail. Les seules solutions sont la hausse de la demande et la baisse du temps de travail. De ce fait découle tout un tas de logique économique pour permettre à tout le monde d’avoir un emploi et une vie décente. On est loin du struggle for life des néolibéraux.


        • Tassin Le 04 août 2016 à 11h24
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          Je suis bien d’accord que le Keynésianisme a tout juste sur bien des points et un de ses buts était que l’Homme utilise la mécanisation pour réduire le temps de travail (son but était de travailler 3h par jour) plutôt que de surproduire en créant du chômage technologique. A son époque la crise de 1929 est le résultat d’une mécanisation massive aboutissant à des hordes de chômeurs et une sur-production inécoulable.

          Mais vous serez surement d’accord pour dire que ce qu’on retient principalement de Keynes est le principe de la relance de la production par l’investissement public. Ce qui revient à soutenir la puissance industrielle.
          Or 80/90 ans plus tard ce n’est ni nécessaire d’un point de vue social, ni souhaitable d’un point de vue écologique, ni faisable d’un point de vue financier.

          On ne peut pas lui en vouloir, mais aujourd’hui il convient de réactualiser son héritage.


    • bluetonga Le 04 août 2016 à 11h24
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      Bonjour OD. Je constate que votre proposition est de supprimer les …ismes et de les remplacer par des …istes. On progresse dans l’alphabet.
      Sinon vous avez raison au sujet des élites. La solution pour les contrôler aurait dû être la démocratie. Les nôtres sont apparemment devenues peu efficaces dans ce registre, mais on peut les imaginer perfectibles. C’est d’ailleurs un des mérites de l’article de poser clairement ce problème, et d’insister sur le fait que l’association de malfaiteurs qui gère notre monde en sous-main se garde bien de toute publicité. Comme l’affirmait déjà Al Capone, la publicité, c’est mauvais pour les affaires.
      Pour ce qui est de votre amour de Von Hayek et Von Mises, ça a l’air fort sentimental, et donc au-delà (ou en-deçà) du rationnel : quand on aime, on a toujours vingt ans.


  11. Djinno Le 04 août 2016 à 06h17
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    Parmi les désastreuses conséquences sociologiques et humaines du neo-libéralisme sans entraves et de ses guerres pro-actives il y a aussi ces générations perdues de gamins qui basculent dans le nihilisme. Et si DAESH était la seule création de l’ordre neo-libéral ?


  12. Pastèque Le 04 août 2016 à 07h15
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    ce document vous éclaire!
    Economie politique du néo-libéralisme en France

    http://www.cepremap.fr/depot/opus/OPUS26.pdf

    la liste des ‘réformes structurelles’ (sic) néolibérales sont détaillées à la page 129 et suivantes: politiques néolibérales de droite, de gauche, de droite puis de gauche, enfin de bruxelles..


  13. mathieu Le 04 août 2016 à 07h54
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    ce texte ainsi que le journal qui le publie fait ressortir un fait des plus importants: les Élites, bien qu’en guerre contre tout ce qui pourrait donner un pouvoir au peuple, sont surtout en guerre entre elles. Tel les monarques des siècles précédents, ils n’ont pas une ligne de pensée homogène, il y a des surtout desintérêts puissants qui s’opposent et qui peuvent parfois converger. Bien que très intéressant, je suis étonné de ne pas trouver mention dans ce texte de messieurs soros, rockefeller ou rotschild. Se pourrait -il que certaines personnes de cette Élite se demandent si ils ne sont pas allé trop loin et s’ils ne risquent pas de perdre privilège et pouvoir en continuant dans ce sens? Cela peut paraître une bonne chose, mais si tel est le cas, nous devons être vigilant par rapport à ce qu’ils pourraient nous proposer (imposer?) comme nouveau système.


    • patrick Le 04 août 2016 à 08h35
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      ils ont surtout compris qu’il n’y avait plus de pouvoir et d’argent à tirer du système actuel , quand les citoyens ne peuvent plus payer et plus s’endetter , la meilleure façon de continuer à leur piquer leur fric et de les mettre en esclavage c’est l’état , avec son cortège de dépenses inutiles, de projets foireux et donc de dettes et d’impôts.
      C’est à ce moment que Keynes redevient indispensable , pour finir de faire les poches au peuple.


    • bluetonga Le 04 août 2016 à 11h39
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      Excellente remarque, Mathieu. Effectivement, les élites sont en guerre, car elle sont engagées dans une partie de monopoly où il n’y a qu’un seul vainqueur. J’aime beaucoup à cet égard le concept de néo-féodalité, la classe des dirigeant qui se disputent terres et pouvoirs, et méprisent, souverainement, les vilains que nous sommes. Lorsqu’ils se fédèrent, c’est uniquement contre nous.

      Par ailleurs, j’ai adoré la remarque selon laquelle les entrepreneurs enrichis du XIX et du XXème siècle essayaient de se faire passer pour rentiers (“nobles”, qui ne travaillent pas) tandis que les rentiers actuels essayent de se faire passer pour “entrepreneurs” (les “guerriers” qui prennent des risques et créent de la richesse). Je joint deux liens traitant de ce retour à la case départ, la néo-féodalité :

      https://bloginlondon.wordpress.com/2013/03/19/neoliberalisme-et-neo-feodalite-la-lecon-de-m-charles/
      http://www.huffingtonpost.com/john-w-whitehead/the-age-of-neofeudalism_b_2566546.html


  14. calal Le 04 août 2016 à 08h01
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    un bon exemple a suivre d’une reussite actuelle du capitalisme d’etat : edf.
    un bon exemple a suivre du capitalisme neoliberal : les banques too big too fail et les banques centrales independantes chargees de les surveiller.

    bref comme d’hab, des systemes qui partent a la derive et qui n’ont plus qu’un but survivre et grossir dans leur propre interet.
    toussa du amha a un manque de contre pouvoir.
    Depuis quand n’a t on plus vu un licenciement ou un limogeage d’un haut place? Quant a une demisssion n’en parlons pas… (ca commence a venir pour edf, c’est dire si les ennuis s’annoncent colossaux…)

    au fait les whistleblowers luxembourgeois ont bien ete condamnes?
    surtout continuer a recompenser les responsables de cette situation en votant pour eux comme tjs.


    • patrick Le 04 août 2016 à 08h28
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      conclusion :
      le néolibéralisme de 2016 n’a rien de libéral et n’a rien à voir avec Von Mises et Hayek, c’est juste un mot fourre-tout pour cacher les turpitudes des états , du Keynésianisme honteux 🙂


      • LS Le 04 août 2016 à 15h25
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        Oui, le “néolibéralisme de 2016” et que j’appelle libéralisme technocratique (oxymore) est au “néolibéralisme de Hayek &Co” ce que le canadadry est à l’alcool.
        Par contre, vous vous plaignez de ce rapprochement mais vous faites de même en le rattachant à Keynes.
        En réalité, l’idéologie de ces gens a pour base une interprétation scientiste du libéralisme qui porte (voire qui a pour but) l’émergence d’une aristocratie technocratique. On est aux antipodes des visions de Hayek ou Keynes.


      • Ailleret Le 04 août 2016 à 16h30
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        @patrick
        Parmi les turpitudes des États : leur aide inconditionnelle aux banques en 2008-2009. Certes il fallait empêcher un effondrement général du crédit, mais on devait au minimum faire le tri entre les banques.
        Les États ont aidé les banques sans condition, et c’est ainsi qu’on a transformé une gigantesque dette privée (celle des subprimes) en dette publique, comme le soulignait Quatrepoint.

        http://www.fayard.fr/la-derniere-bulle-9782755501322

        Ensuite, il est facile de déblatérer contre la dette et l’incapacité du secteur public… Sans ce capitalisme d’État que vous ridiculisez, la France n’aurait pas eu de TGV.


        • patrick Le 04 août 2016 à 16h51
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          On n’aurait pas le TGV et pas la SNCF non plus [Modéré]

          Le libéralisme ne prétend pas créer un monde parfait ( ni un homme nouveau ) , juste laisser les hommes vivre comme ils le souhaitent sans que l’état soit là pour leur bien dans chaque geste de leur vie.


  15. FifiBrind_acier Le 04 août 2016 à 08h08
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    Ce que l’article n’aborde pas, c’est la manière dont ces théoriciens s’y sont pris pour manipuler l’opinion publique. C’est expliqué dans un petit livre ” Les Evangélistes du marché” de Keith Dixon.
    https://teratoblog.wordpress.com/2008/04/29/keith-dixon-les-evangelistes-du-marche/

    Ils ont mobilisé des Think tanks, de Gauche et de Droite, et noyauté tous les leaders d’opinion, journalistes, économistes, universitaires, chefs d’entreprises, intellectuels, etc dans le but de changer la vision des choses de la population. Leurs objectifs:

    1/ Lutter contre les idées keynésiennes de gestion tripartite de l’économie (Etat, entreprises, syndicats) ; lutter contre toute prétention de l’Etat à intervenir dans l’organisation du marché économique. L’«interventionnisme» y est dénoncé comme la source des tous les maux que ce soit du chômage ou de l’inflation. L’Etat est, selon eux, par essence, «totalitaire».

    2/ Défendre l’idée d’un marché économique libérale s’auto-régulant. C’est la réactualisation de la «main invisible» d’Adam Smith. (..)


  16. Gribouille Le 04 août 2016 à 08h19
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    Il y a mon avis deux point qui manquent :

    Le néolibéralisme est une réaction à la création de l’Etat providence dans les années 30. L’Etat providence est le produit de la grande dépression en offrant un filet de sécurité à défaut d’un emploi à chaque travailleur. Il est aussi une résultante de l’attrait du communisme comme système économique alternatif au capitalisme.
    La bourgeoisie n’aurait jamais consenti ces avancées sociales si elle n’avait pas eu l’angoisse d’être déposée par un pouvoir communiste dans un contexte de chômage de masse. L’Etat providence est le produit d’un antagonisme entre deux alternatives politiques. Antagonisme qui s’est brisé avec la chute du mur de Berlin. D’où le recul de l’Etat providence sous les coups de butoir des réformes libérales à partir des années 90.

    On ne mentionne pas l’effet de l’éducation dans l’acceptation du néolibéralisme. Les concepts économiques issus du néolibéralisme sont très largement enseignés dans les facultés d’économie et les écoles de commerce. Les autres courants sont à peine mentionnés. Il ne faut pas s’étonner si les décideurs se conduisent de bonne foi en véritable commissaire politique façonnés qu’ils sont parce qu’ils ont appris.


    • patrick Le 04 août 2016 à 08h32
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      disons qu’en France et jusqu’au Bac , toutes les notions économiques qui sont (plus ou moins ) enseignées sont fortement teintées d’étatisme et de collectivisme , ça évolue un peu au niveau supérieur.
      L’état providence a été le moyen pour les politiciens de promettre de tas de choses payées à crédit et en laissant les dettes aux suivants, l’essentiel c’est d’être élu ( le père Miterrand savait que la retraite à 60 ans ne pouvaient plus être financée après 2000 , il s’en foutait il voulait juste être élu en 81 )


      • Gribouille Le 04 août 2016 à 14h25
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        @pattrick
        voici le programme de seconde, sciences économiques et sociales
        http://ses.ens-lyon.fr/enseigner/programmes/les-themes-du-programme-de-seconde-97320

        1) ménage et consommation
        2) Entreprise et production
        3) Marchés et prix
        4) Formation et Emploi
        5) Individus et culture

        En jetant un coup d’œil au programme, j’ai pas l’impression de retrouver ce que vous avancez. Au contraire, effet prix/ effet revenu pour une théorie du consommateur. La théorie du producteur dans le 2). Marchés et prix avec la loi de l’offre et de la demande (faut commencer jeune pour formater les esprits avec un appareillage mathématique sophistiqué). Le marché du travail uniquement dans une perspective microéconomique (en clair vous êtes au chômage car vous êtes pas bien formé). Et un truc sur les sciences sociales en fin de programme (si on a le temps en fin d’année).


      • Ailleret Le 04 août 2016 à 15h40
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        @patrick,
        Vous croyez sérieusement que les programmes économiques enseignés au lycée sont empreints de marxisme ?

        Pour info : la crise de 1929 a été supprimée des programmes d’histoire en Troisième, comme si nos collégiens devaient ignorer les crises du capitalisme… et des Etats-Unis.


        • patrick Le 04 août 2016 à 16h16
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          je ne connais pas les programmes , je vois juste le résultat à la sortie ( ce que les jeunes en ont retenu ) 🙂
          anecdote : il y a quelques années , j’ai eu une “stagiaire” qui venait voir comment fonctionnait une entreprise. Elle avait 50 ans , elle était enseignante dans des matières économiques ( vie de l’entreprise ou un truc comme ça ) et elle découvrait la vraie vie en entreprise … après l’avoir enseignée moultes années. C’était une amie de mon patron de l’époque qui avait du lui dire :” on arrête de discuter , viens voir comment ça se passe ”
          il n’est jamais trop tard 🙂


          • Wilmotte Karim Le 05 août 2016 à 10h32
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            “disons qu’en France et jusqu’au Bac , toutes les notions économiques qui sont (plus ou moins ) enseignées sont fortement teintées d’étatisme et de collectivisme , ça évolue un peu au niveau supérieur.”

            “je ne connais pas les programmes”

            ” je vois juste le résultat à la sortie ( ce que les jeunes en ont retenu ) ”
            La culture familiale, la constatation empirique, etc…


    • Fred Reillier Le 05 août 2016 à 11h32
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      Ca n’est pas tout à fait exact. J’ai fait des études de sciences éco, puis Sciences Po, et je peux témoigner que les idées keynésiennes sont autant enseignées que les théories néoclassiques.


  17. patrick Le 04 août 2016 à 08h20
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    Ce texte me laisse une impression bizarre , comme quand le FMI appelle les états à faire de la relance façon Keynes.
    Je me demande en fait où ils souhaitent nous emmener , ces gens là n’ont jamais été du côté des citoyens , ils ont toujours été du côté du “système” , on peut donc en déduire que le dit système veut nous entraîner vers le keynésianisme
    , la question est pourquoi ? pour nous endetter encore plus et aller encore plus loin sur la “voie de la servitude” , pour nous convaincre qu’il faut encore plus d’état , donc plus de lois, plus de taxes , plus d’emprunt , plus de privation de liberté ?


  18. Goldoni Le 04 août 2016 à 08h57
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    Il y eut une époque où l’État social et la souveraineté nationale soutenus par l’attelage improbable mais pourtant réel des gaullistes et des communistes faisait avancer notre peuple et le pays. Pendant que les amis de Murphy se dollarisaient ….de Jean Monnet aux Socialistes, pour nous imposer le tutorat américain et l’ultralibéralisme.
    Réinventer ces combats est un enjeu pour aujourd’hui.


  19. Nicolas Anton Le 04 août 2016 à 09h14
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    Le problème s’appelle capitalisme. Ses défenseurs, experts en manipulation de toutes sortes et propriétaires entre autres des médias, vont tenter de dissimuler le véritable responsable. En 2008 il s’agissait du “capitalisme financier”. Simple manipulation sémantique de journalistes qui obtempèrent. “Celui-là est mauvais, revenons à un capitalisme raisonné”… Ah oui effectivement nous y sommes.

    Le capitalisme qui s’effondre depuis des décennies nous a envoyé ses kapos néo-libéraux. La bête nous montre son véritable visage. Ne vous laissez pas berner.


  20. jplchrm Le 04 août 2016 à 10h19
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    Le mot ‘libéralisme’ est plus qu’ambigu : il se réfère actuellement à la seule liberté du capital. Son lien avec les grands auteurs libéraux classiques est la même que celle qu’entretiennent les staliniens avec Marx et ses prédécesseurs : simple problème de généalogie idéologique. Cette généalogie a été bien explicitée par Michéa (encore et encore). Ensuite, les ancêtres ne sont pas responsable de leurs arrières-arrières petits enfants, ils ont transmis des gènes (ici, plutôt des mèmes). Dans cette filiation libérale, on trouve aussi les libertariens (y compris sous la forme dite “objectiviste” d’une Ayn Rand), les anarcho-capitalistes, … et maintenant, sous une forme idéologique dégénérée, une bonne partie de la gauche. Après, ce que les gens pensent est sans doute beaucoup moins important que ce qu’ils font réellement aux autres.


    • Micmac Le 04 août 2016 à 12h33
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      Pour ma part, je pense que les grands auteurs libéraux classiques se mettent déjà le doigt d’en l’œil jusqu’au coude, Smith, Ricardo et Say en tête…

      La simple prétention à établir une science économique est une imposture… Ce délire scientiste qui remonte aux Physiocrates, à Turgot et Condorcet, à toujours créé beaucoup plus de problèmes qu’il en a résolu. Il s’agit pour eux et leurs successeurs d’établir une “science” qui serait aussi efficace que la physique en partant du principe que le “marché” serait une loi économique aussi incontournable que les lois physiques… du pure délire.

      Marx part du même principe déterministe erroné, mais est beaucoup solide et articulé philosophiquement. Les prémisses du libéralisme sont pour le moins extrêmement légers.


      • jplchrm Le 04 août 2016 à 14h35
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        La prétention à faire de la “science économique” ne remonte qu’à la fin du XIXème lorsque les économistes ont imaginé qu’il suffisait de tartiner la discipline avec des équations pour en faire une science. Cette prétention n’apparaît pas trop chez Smith ou Ricardo. Chez Marx davantage, mais le propos est plus argumenté sans pour autant tomber dans la mathématisation outrancière. D’ailleurs Marx se comparait plus à Darwin (qu’il admirait) qu’à un grand physicien. Le pire est relativement récent : il contamine notamment les économistes “orthodoxes” du milieu académique (CNRS …).


      • bluetonga Le 04 août 2016 à 15h29
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        Dans le bouquin “Economix”, de Dan Burr et Michael Goodwin, Adam Smith est présenté comme un théoricien raisonnable, mesuré et éthique, qui s’attelle à la tâche de formaliser les principes d’une économie basée sur la libre entreprise et la libéralisation des marchés. Son discours est adapté à son époque (fin du XVIIIème siècle) et à l’avènement de la révolution industrielle, et il met constamment en garde contre les excès et les abus des monopoles ou de la Finance.

        Il semble que les choses ont commencé à tourner vraiment mal par la suite, quand l’essor industriel a profondément bouleversé la dynamique du capital et l’organisation sociale autour du travail.


      • patrick Le 04 août 2016 à 16h24
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        Smith avait effectivement mis en avant l’éthique et la morale.
        Quand à Ricardo et Say , ils ont étudié des morceaux de l’économie , ils ont mis en place les premières réflexions approfondies des phénomènes économiques qu’ils observaient, ça donne de bonnes bases pour comprendre les échanges commerciaux et la concurrence mais ça ne prétend pas tout expliquer.
        En fait , il faut arrêter de croire que l’économie se comporte comme une science dure, et juste se dire qu’il y a des “lois” qui sont à peu près suivies mais pas toujours à l’instant T.

        Et surtout , il faut arrêter de croire que le libéralisme est une idéologie qui veut créer un monde parfait.


      • Micmac Le 04 août 2016 à 18h27
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        Désolé, mais non. Il y a bien chez les physiocrates, Turgot, Condorcet, puis Smith et les autres, une réelle volonté de trouver un principe économique aussi efficace que la gravitation universelle en physique. Ils n’utilisent pas encore les mathématiques, mais la prétention scientiste est bien là.

        Ils cherchaient et prétendaient trouver un déterminisme économique comme il existait (plus maintenant…) un déterminisme en sciences physiques…

        En fait, la science économique ne devrait être rien d’autre qu’une des composantes de la sociologie. Rien d’autre.


        • patrick Le 04 août 2016 à 21h33
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          bien sur qu’ils auraient tous voulu trouver ce principe.
          mais avec le recul nous ne pouvons que constater que leurs travaux ont été utiles pour comprendre certains mécanismes mais qu’il n’y a pas de grandes lois immuables qui régissent l’ensemble, trop de variables et surtout au milieu de tout ça il y a l’être humain.


          • Micmac Le 06 août 2016 à 06h48
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            Ben, une grande partie du problème vient justement du fait que beaucoup de ces intellectuels brillants on cru trouver le principe…

            Pour avoir fait des études de sciences physiques assez poussées et avoir été confronté à des concepts physiques pas simples (ouais, je sais, Université, il n’y aurait que des branleurs), j’ai un peu l’impression que tout ça ne repose sur rien. Pas juste “rien”, mais absolument rien.

            Nous autres, physiciens, quand un truc marche pas, on le jette. Il semble que ce bête concept empirique ne s’applique pas aux malheureux libéraux en but aux persécutions étatiques.

            La révolution conservatrice, Thatcher, Reagan, est un p… de désastre planétaire. Passons à autre chose.

            Ben non, il paraitrait qu’on peut pas, parce que ces braves gens ont trouvé une Vérité Ultime SCIENTIFIQUE hors de tout débat démocratique.

            A voir… pour dire les chose simplement.


  21. ThomBilabong Le 04 août 2016 à 11h32
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    Intéressant de comprendre la diffusion d’une idéologie aussi pernicieuse et ravageuse.
    La théorie du complot qui maintient ladite idéologie anonyme semble un peu tirée par les cheveux, cependant. Comme en psychanalyse, plus simple serait d’admettre l’usage de cet anonymat, ou de cet “innommable” – au sens strict “qui n’est pas nommé” – comme un simple symptôme d’une adhésion implicite et tacite. Non ?

    La critique du Keynésianisme en fin de l’article occulte le coeur de la théorie de Keynes, à savoir la pacification des relations économiques à travers un système monétaire international compensé en chambre multilatérale. En effet, la fin de l’article résume Keynes à la simple “stimulation de la demande” par opération de crédit public. Argument tarte à la crème. Or, le sytème de JMK a 2 piliers : une relance par le crédit ET un système de compensation monétaire qui reflète les choix économiques à travers les parités de monnaies. Economie et Finances sont INDISSOCIABLES selon Keynes.


  22. Gabriel RABHI Le 04 août 2016 à 11h56
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    En amont du néolibéralisme, il y a le libéralisme en tant que philosophie, trouvant ses racines dans les Lumières et institué comme mode de pensé économique avec la révolution bourgeoise Francaise. Je vous invites à consulter les interventions de Charles ROBIN, professeur de Philosophie, qui a longuement travaillé sur le libéralisme et ses conséquences sociales. Il a une chaine YouTube ou toutes ses vidéos sont disponibles.

    https://www.youtube.com/user/CharlesRobin34

    Merci pour avoir relayé cet article clair et étonnant – encore une fois, si je ne suis pas d’accords avec certaines opinions, le travail fournis pas Olivier et son équipe est remarquable !

    Bien à vous.


    • Micmac Le 04 août 2016 à 12h59
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      C’est quelque chose qui est beaucoup dit, mais je suis en désaccord.

      Je ne suis pas un spécialiste, mais rapidement, ce que j’en retire :

      1) Le libéralisme économique n’est pas si étroitement lié que ça au libéralisme politique et aux lumières. Rousseau est aux antipodes du libéralisme économique, lui qui va jusqu’à remettre en cause la propriété privée et jette les bases de la théorie de l'”accumulation primitive” de Marx. Diderot ou d’autres sont aussi assez éloigné des “Physiocrates”…

      2) La Révolution française… pour faire court, ce sont effectivement les bourgeois qui ont gagné à la fin, mais la Révolution comportait une forte tendance Rousseauiste et égalitariste (Robespierre, Baboeuf…) qui a fini par être éliminée.


  23. Louis Robert Le 04 août 2016 à 12h05
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    “… pour la plupart d’entre nous, l’idéologie qui domine nos vies n’a pas de nom.”

    Bien sûr que non. Selon cette idéologie, nous vivons sans idéologie. L’idéologie c’est pour les autres alors que nous, nous vivons “normalement”, tout simplement, comme tout le monde doit vivre, et “penser”. En notre nom, on a même déclaré “la fin des idéologies”, voire “la fin de l’Histoire” (Fukuyama)! Alors…

    Et pourtant… Les règles de la “nouvelle normalité” consacrent tout naturellement la domination du capitalisme, l’hégémonie de l’Empire, le conflit permanent, la guerre perpétuelle, l’omniprésence de la menace terroriste, l’état d’urgence au quotidien, la présence des polices militarisées et des troupes “qui rassurent” en tous lieux, les fouilles répétées, l’intrusion dans la vie privée, la surveillance institutionnalisée, les crises au quotidien, l’austérité, la gouvernance par mesures d’exception, la mise en tutelle des populations qui disent ” Non!” au Pouvoir, bref, un mode de vie et de penser tout à fait normal quoi!

    L’idéologie est cette nouvelle normalité selon Orwell, qui n’est rien de moins que déshumanisation et totalitarisme menant tout droit à l’abolition de l’homme… comme si de rien n’était.


    • patrick Le 04 août 2016 à 12h31
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      Oui , mais tout ceci ne constitue plus une idéologie , ni une philosophie, ni rien ,
      cela ne correspond plus à une “idée”.
      C’est juste une stratégie de domination , une situation de guerre.


  24. Toff de Aix Le 04 août 2016 à 12h41
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    Très bon article, où l’on lit bien en filigrane la cause majeure du désastre qui guette l’humanité : l’absence d’empathie, de conscience et de compassion qu’implique cette formule néo libérale amène l’Homme a détruire consciencieusement son environnement, le considérant comme un ” marché” inépuisable alors qu’il est juste un écosystème fini, et somme toute épuisable (et épuisé). Une des seules solutions viables à proposer serait un retour à une “sobriété heureuse”, tel que théorisé par Pierre Rabhi ou les décroissants… Autant dire que l’Humanité n’en voudra pas avant d’être au pied du mur…


  25. Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 13h28
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    On a là un article qui vient corroborer mon intuition . C’est à dire que la Grande Bretagne a pris un virage à 180 ° . Et méme il se pourrait que çà vienne de la City , qui prend acte du réel actuel .
    Parce que y a pas que çà , y a eu le Brexit ( enfin le vote ) , mais maintenant on a une politique industrielle , volontariste , affichée par la nouvelle premiére ministre . Effet d’annonce , opportunisme communicativant , toujours est il que c’est significatif , la musique s’arréte , l’ancienne , on change de partition . Pour une raison simple , la déflation elle est là , et c’est bon pour personne . Encore moins les riches , sauf qu’eux ils le savent mieux . Par riches j’entends pas ceux qui ont beaucoup d’épargnes , du numérique papier sur leurs comptes et qui se pavannent actuellement , je veux dire ceux qui ont du tangible .


  26. Louis Robert Le 04 août 2016 à 14h44
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    Comme l’a bien montré Martin Jacques de Cambridge (“When China Rules The World”), le pivot britannique fut manifeste vers la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures et lors de la visite de Xi Jinping, “en carrosse” avec la reine dans les rues de Londres.

    Nouvelles partitions… de délicieuses mélodies chinoises flottent dans l’air du Royaume.


  27. Simon Le 04 août 2016 à 15h07
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    Il ne faut pas se laisser tromper par la “liberté de ton”. George Monbiot a cultivé sa liberté dans ces pages depuis longtemps. Il peut le faire, personne d’autre, et tout le monde continue comme avant. Ce n’est pas un virage à 180, c’est juste George Monbiot, radical toléré parce qu’il est très poli.


  28. oisif prolétaire Le 04 août 2016 à 15h24
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    Pour aller plus loin je vous invite chaudement à lire “la nouvelle raison du monde.Essai sur la société néolibérale” de Dardot et Laval,éd.La Découverte.Et plus récemment “Ce cauchemar qui n’en finit pas.”Ou cet entretien à Médiapart:
    https://www.youtube.com/watch?v=3dTUM6uIypg


  29. Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 16h54
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    Non , non , non , y a quand méme une différence entre le libéralisme , premiére mouture , valeur-travail et le néo Le premier a mis le libre-échange , factor-one , parce que c’était au dépend de l’étranger , en premier de la France . Ricardo nous a prouvé que c’était bon pour tout le monde , sauf qu’à son équation avait déjà deux solutions possibles , dont une contraire à la premiére , la seule qu’il a retenu . Marx a précisé le pb . Y a la solution Malthus / écolo , les riches consomment . Le néo intégre Malthus , si la valeur c’est l’utilité , ben , le max de plus valiue est consommé par les riches , çà tourne et y a pas de rente . Alors on a la version moderne , la plus value n’est pas forcemment consommée par les riches eux mémes , mais par leurs domestiques : état , médias , couches moyennes diverses , promptent aux services . C’est pour çà que maintenant on a tant de mal à percevoir le réel , dans nos pays “développés” . La production , le travail c’est ailleurs , chez les diabolisés . Pourquoi c’est le Diable , parce que les commandements de Dieu , comme Adam et Eve , ils écoutent pas .


    • Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 17h05
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      NB ; le néo a coincidé , comme c’est étrange , à la démonitésisation de l’argent et à la Livre Sterling as good as gold . C’est à dire déjà à une démonétisation de l’or . Donc la valeur travail , en pratique çà marchait plus . Mais voilà y a le retour du baton , çà prend des siécles d’accord , mais çà revient les sous développés , qui travaillent , ils ont les moyens de se rebiffer .


      • Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 17h09
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        Reagan , Thatcher , çà a fait illusion . C’est au delà , encore du néo . Parce que le travail on lui susse la moelle là . C’est possible s’il y explosion démographique , ce qui fut , mais qui n’est plus . Conclusion , maintenant faut qu’ils se réajustent , machines-arriéres toutes , à cause des inerties mentales .


        • Lisbeth Levy Le 06 août 2016 à 11h54
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          Et oui le tournant c’est Reagan, Thatcher, et Clinton en 1999 qui a assassiné l’accord Glass-Steaglass qui séparait, je crois, les banques de dépots et celle des investissement : https://fr.wikipedia.org/wiki/Glass-Steagall_Act et bien avant la non parité du $ en or en 1973 par Nixon qui oblige a payer dans cette monnaie dite “de singe” le prix du pétrole. Le fameux choc pétrolier et le “peak oil” crée dans la foulée pour “expliquer” cette injustice flagrante des Usa envers le reste du monde.
          Rectifiez moi si je me trompe. Suis nulle en économie. Sinon je reprends cette fameuse explication sur les “experts” en tout genre surpayés à nous raconter des bobards sans arrêt :
          ” qu’est ce qu’un économiste ? Économiste : expert qui saura vous expliquer demain pourquoi ce qu’il a prévu hier ne s’est pas passé aujourd’hui !!”” l’économie n’est pas une science exacte, même si on nous le fait croire sans cesse…


    • Wilmotte Karim Le 05 août 2016 à 10h36
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      ” La production , le travail c’est ailleurs , chez les diabolisés”

      Dans ce cas, l’ensemble des balances commerciales des “non diabolisés” serraient en déficit massif.
      Or ce n’est pas le cas, ce qui implique une production de valeur économique via le travail.
      Et une production de valeur économique exportée à l’étranger.


  30. Térouinard Le 04 août 2016 à 18h43
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    Bonjour,
    Tant que l’humain n’aura pas mis l’humain au centre de ses préoccupations, il n’y aura pas de fin aux maux de l’humanité.
    Pas de solution sans la fin des pouvoirs politiques et religieux.
    L’économie n’étant qu’une affaire de gestion.


    • Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 21h16
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      y a pas de mépris de classe chez moi , je suis fils de pauvre . Plus simplement , pragmatiquement , faut pas allez à 2000 km des frontiéres c’est le reste du monde . Là , déjà , vous avez des calls giels blondes pour vous faire de l’air , mais déjà des petites tétes blondes de 5 ans , 6 ans qui pillent cotre boite aux lettres dans l’espoir d’y trouver de l’argent . Y a un gros formatage en France , Universaliste , qui me fait peur .


  31. Astatruc Le 04 août 2016 à 20h26
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    ” Les efforts visant à créer une société plus égalitaire sont considérés comme étant à la fois contre-productifs et corrosifs moralement. Le marché est supposé garantir que chacun obtienne ce qu’il mérite.”

    Oui, surtout lorsqu’on voit quelle motivation est à la source de ce mépris de classe.

    Ayn Rand, l’apôtre de l’égoïsme qui inspire la droite américaine

    Juliette Cerf le le 29/10/2012

    http://www.telerama.fr/idees/ayn-rand-l-apotre-de-l-egoisme-qui-inspire-la-droite-americaine,88585.php

    La Vertu d’égoïsme

    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vertu_d%27%C3%A9go%C3%AFsme


  32. Pierre Bacara Le 04 août 2016 à 20h27
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    NEO-LIBERALISME” : CAUSE OU PARAMETRE ?

    Hayek, Friedman, Thatcher, Reagan…

    Sommes-nous bien certains que nous parlons de la même chose lorsque nous amalgamons ces quatre noms ?

    Lorsque Ronald Regan a pris le pouvoir aux Etats-Unis, il a mené la dette fédérale américaine à des sommets encore inimaginables à la veille même de son élection ; autrement dit, il a fait exactement le contraire de ce que préconisait Friedman peu de temps aupavant.

    Présenté autrement : la situation mondiale que nous vivons aujourd’hui est-elle une situation simplement économique, ou bien une situation plus globale résultant d’un ensemble de paramètres beaucoup plus vaste que, par exemple, l’école de Chicago ? Une situation dans laquelle le “néo-libéralisme”, ou tout au moins ce qu’il convenu de baptiser comme tel, ne serait que l’un des nombreux paramètres ?


    • Ethnologue Le 05 août 2016 à 10h14
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      Si vous allez voir les blogs libéraux, vous verrez que Friedman et Hayek ont raconté des choses qui les rendraient presque aimables.
      Je crois qu’il faut voir les choses autrement. La doctrine néo-libérale est l’habillage idéologique donné à la fusion à visée messianique* des économies d’Occident, actée lors des réunions de Bilderberg des années 1970, dont quelques rapports nous sont parvenus.
      C’est aussi dans les années 70 que les gouvernements occidentaux ont commencé à avoir des budgets systématiquement déficitaires, les obligeant à emprunter à des banques, privées bien sûr, l’excuse néolibérale passe partout. Le déficit budgétaire est une constante. Il est très facile de pousser un gouvernement à être en déficit : il suffit d’hystériser quelques segments de la population en faisant passer l’indépendance vis-à-vis des banques pour de l’austérité. C’est pour ça que la haute-finance possède aussi les médias de gauche.


    • Wilmotte Karim Le 05 août 2016 à 10h41
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      Le néo-libéralisme est le catéchisme du capital de notre période, lui permettant de se justifier et de maintenir le cap.

      Mais dés que ça plante, on laisse les préceptes et les docteurs en néo-libéralisme dans leur chambre pour sauver le système entre adulte (cfr sauvetage massif de la finance en 2008).
      Les vrais forces sont bien plus importantes et (cherchent à être) moins visible.


  33. Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 20h51
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    Libéralisme Anglais c’est simple , les riches par l’argent font ce qu’ils veulent , s’il faut un superdéficit c’est bon pour eux c’est bon pour tout le monde .. y a une différence avec le libéralisme français , politique , ( Montesquieu comme çà par au hasard , parce que là c’est pas des riches par l’argent qu’il est question , c’est de tout le monde ) et là y a une différence pour l’état , comment il doit étre en lui méme et par rapport à la société . A ma connaissance on est pas arrivé à réconcilier ces deux approches .
    J’ai un faible pour Montesquieu personnellement : “le déclin des Romains c’est la concentration de la propriété !” là je cracque .


  34. Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 21h29
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    Je répéte c’est pas passé , je sais pas pourquoi . Là où je suis , c’est à 3000 km et déjà , c’est le reste du monde . Des petites tétes blondes de 5 à 6 ans déjà pillent ma boite aux lettres , dans l’espoir d’y trouver de l’argent . J’ai pas de mépris , je suis fils de pauvres . Mais pas comme çà .
    Y a un formatage en France qui me fait peur , L’humanisme , çà me fait rigoler . Le méme gamin qui ouvrait ma b.a.l , il me voit acheter du bois , se précipite avec un fagot de tiges de mais , sous le bras , parce que c’est bon pour démarrer le feu , attendri je lui prends . Il revient . Je reprends , maintenant c’est terminé , parce qu’autrement c’est le papa qui s’améne avec un camion de 10 t .
    C’est du libéralisme , ultra , net d’impot , qui c’est qui que leur enseigné , personne …


  35. Charlie Bermude Le 04 août 2016 à 23h51
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    Friedmann , c’est quoi son probléme . Il établit une formule pour garantir les revenus ( réels ) , des riches . Pöurquoi , parce que l’illusion monétaire de Keynes çà marche plus ,les profits du réel compensent plus l’érosion , pic de l’or en 1980 et çà venait de loin déjà . C”est tout ,c’est pas plus compliqué que çà , malgré la formule mathémathique , pas si obscure que çà , et les stats historiques , qu’on voulait ignorer ( relique barbare , il s’est jamais produit autant d’or qu’à partir de ce moment et c’est 100 fois plus …) . Alors on est dans une situation analogue , sauf que faut allez dans l’autre sens .


  36. triari Le 05 août 2016 à 06h19
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    Le nom du système auquel nous avons à faire face n’est pas bien dur à trouver.

    Le système que nous connaissons n’est qu’une large captation des biens du plus grand nombre vers le plus petit, vers quelques riches.

    Nous somme en Oligo-plouto-cratie. Plus qu’une simple oligarchie, on pourrait aussi parler d’Oligarchisme, une idéologisation de la captation et du rapt. L’occident est oligarchiste, normal qu’il en veuille à Poutine qui a jeté des oligarques en prison.


  37. Arnaud de Sède Le 05 août 2016 à 08h49
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    Analyse pertinente mais incomplète: le néolibéralisme n’existe pas. Il n’est que l’aboutissement inéluctable de la société marchande, la révélation de sa domination totale et celle de son déclin. Le marchand doit vendre pour exister mais quand il domine tout, il réduit à néant le champ de ses conquêtes. La concurrence le contraint alors globalement à réduire les coûts de production, donc les salaires, il cesse alors de pouvoir vendre car nul ne peut plus acheter. Il ne lui reste qu’à spéculer sur des ventes qui ne se réaliseront jamais, créer pour cela de l’argent fictif et ponctionner les richesses existantes sans pouvoir en créer de nouvelles, ce qui n’a pour effet que d’accélérer l’appauvrissement de ceux qui créaient sa richesse et réduire encore sa marge de manœuvre. L’état et la nation restaient à conquérir pour développer les marchés. Cette conquête a abouti, ruinant de ce fait toute velléité de démocratie. Plus rien n’est à prendre. L’aboutissement c’est le chaos libéral.


  38. valles Le 05 août 2016 à 09h18
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    Le néolibéralisme, c’est quand le petit nombre a réussi à transformer démocratiquement un pays en marché a bestiaux, c’est comme le communisme en bien plus efficace, car le consentement extirpé a coups de forceps démocratiques permet une liberté d’action totale.
    Après Jaures, le pati socialiste est devenu aussi élitiste que les républicains et les deux marchent main dans la main pour une pseudo destinée manifeste “à la croyance que la situation monopolistique pourrait être considérée comme une récompense de l’efficacité.”
    Mitterrand avait à déjà bien travailler quand il a nationalisé au début de son mandat pour mieux privatiser à la fin histoire de reverser les dividendes, acquis sur la sueur des ouvriers qui avaient bravement travaillé dans la confiance du renouveau, aux vrais patrons…dommage et quand ils reviennent c’est pour démonter le code du travail…encore dommage.


  39. Ethnologue Le 05 août 2016 à 10h14
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    *Le néolibéralisme, c’est la Ve internationale… celle des capitaux. Un internationalisme athée par la voie capitaliste et non par la voie ouvrière, plus efficace. D’où la dislocation de l’URSS, la crise de la gauche, la gauche caviar et traitre.

    C’est aussi cet internationalisme qui explique que Thatcher et Reagan semblaient si sûrs de leur fait. Ce n’est pas tant qu’ils étaient supérieurs militairement ou financièrement, mais simplement le fait que leur doctrine, le capitalisme mondialisé, proposait de réaliser le rêve de la faction cosmopolite d’URSS. Cette dernière cessa alors d’être ouvriériste, obtint Gorbatchev et la pérestroïka, racheta les richesses du pays, en s’organisant en mafia, obtint Eltsine et la “démocratie”, et face au désastre humain, fit son alya…


  40. Xavier Desmit Le 07 août 2016 à 14h05
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    Je trouve qu’il manque quelque chose dans ce texte remarquable: la cause de la crise des années 1970. Il semble que la crise de 1970 soit due à la surproduction. Qu’on stimule la consommation par le salaire (Keynes) ou par le crédit (néolibéralisme), on ne fait que s’inscrire dans un cycle de surproduction-surconsommation frénétique qui trouve d’autres limites que la capacité de consommation (limite environnementale, inutilité sociale etc.) Ce cycle est emblématique du capitalisme et il cause la destruction de l’environnement et l’érosion des services de base. Si cette critique est correcte, une solution théorique s’impose: produire beaucoup moins et mieux en ciblant les besoins. Cette solution théorique est anticapitaliste par définition. Cela passera aussi par une réappropriation de ce qui a été privatisé et qui est maintenant vendu au peuple: les biens communs (ressources, structures, environnement, savoir, emploi, génétique, culture, soins, attention etc.)


  41. willie Le 08 août 2016 à 18h02
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    La concurrence fait aussi que pour baisser le coût de production on fabrique une qualité moindre.Prenez le test des allumettes,pince-linges et briquets.Des produits pas chers,pour conforter notre quotidien.Depuis quelques années ces produits se sont détériorés de façon hallucinante.Pour les allumettes c’est même dangereux.J’ai un page de livre avec un trou causé par un tête d’allumette qui saute deux mètres,une petite brûlure dans le visage causée par une autre.La moitié se cassent en frottant le surface prévu à cet effet.Pour économiser ils ont enlevés une millimètre de ferraille qui tient le pince-linge,raison pourquoi ils se défont rapidement,etc.Les briquets,un dont la pierre est trop courte,et qui contient encore du gaz,il faut l’allumer avec un autre.Anodin vous dites?.Pour moi c’est juste signe de la fin de notre soi-disant civilisation,qui au point moral n’a jamais valu celle des chinois ou égyptien de il y a 5000 ans.


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