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14.juillet.201614.7.2016 // Les Crises

Japon : vers des Abenomics 2.0 ? Par Romaric Godin

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Source : La Tribune, Romaric Godin, 11/07/2016

Vers un plan de relance au Japon ? (Crédits : © Yuriko Nakao / Reuters)

Vers un plan de relance au Japon ? (Crédits : © Yuriko Nakao / Reuters)

La victoire aux sénatoriales de Shinzo Abe ouvre la voie à une nouvelle politique alliant un plan de relance à la politique monétaire accommodante. La priorité est désormais donnée à la lutte contre la déflation.

La victoire claire dimanche aux élections sénatoriales japonaise du Parti libéral-démocrate (LDP) du premier ministre Shinzo Abe et de son allié, le Komeito, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle accélération du soutien à l’économie nippone. Toute la journée, sur les marchés, les opérateurs ont parié sur une action concertée de la Banque du Japon (BoJ) et du gouvernement japonais. Il est vrai que l’enjeu est de taille.

Le yen trop fort

La BoJ semble avoir atteint les limites de ses possibilités. Non seulement elle rachète quelques 700 milliards d’euros (80.000 milliards de yens) par an, mais elle est passée cette année aux taux négatifs sur une partie de sa facilité de dépôts. Malgré tout, les effets du Brexit ont ruiné un des principaux objectifs de la banque centrale nipponne : le yen, havre de sécurité pour les investisseurs, a bondi de 110 yens pour un dollar à près de 100 yens pour un dollar. Mais avant même le vote britannique, la tendance du yen était plutôt à l’effritement. Or, sans yen faible, l’économie japonaise souffre non seulement dans sa compétitivité, mais aussi au niveau du taux d’inflation que la monnaie forte maintient à un niveau très bas. Et la BoJ semble désormais impuissante tant qu’elle agira seule.

Vers une relance de 10.000 milliards de yens ?

Dans un tel contexte, le blanc-seing acquis par Shinzo Abe ce dimanche est, pour lui, une invitation à agir. Certes, la campagne a surtout porté sur la question constitutionnelle et sur la question de l’armée japonaise, mais désormais le premier ministre dispose de deux années pour agir avant les élections à la Diète, la chambre basse du parlement, sans nouvelles élections. Renforcé, Shinzo Abe peut être tenté d’agir pour relancer la croissance. L’idée pourrait être de réaliser un vrai plan de relance de 10.000 milliards de yens par an, soit 88 milliards d’euros, ou 2 % du PIB avec un élargissement plus modeste des rachats de la BoJ. Autrement dit, le Japon pourrait tenter ce que la zone euro se refuse à essayer : combiner l’assouplissement quantitatif à la relance budgétaire.

Quelle sera la nature de cette relance ? L’effort pourrait porter sur les infrastructures, en partie pour fournir un relais à l’activité alors que la demande extérieure, notamment en provenance de Chine manque de dynamisme. Mais il s’agira aussi de soutenir la croissance par le soutien à la consommation des ménages. Déjà, la hausse prévue de la TVA a été reportée d’avril 2017 à octobre 2019.

Prioriser la lutte contre la déflation

Beaucoup d’observateurs internationaux, prompts à condamner un peu vite les « Abenomics » se lamentent déjà du refus du premier ministre nippon de réaliser des « réformes structurelles » qui, selon eux, peuvent seules dynamiser la croissance japonaise. Rien n’est moins sûr cependant dans la mesure où plusieurs de ces réformes libérales auraient encore un effet déflationniste. L’idée de Shinzo Abe est donc d’abord de lutter contre la tendance déflationniste qui, non seulement, alourdit le fardeau de la dette pour l’Etat, mais aussi réduit la capacité des salaires à monter malgré l’état de plein-emploi du pays, avant de réaliser ces réformes.

Abandonner l’objectif budgétaire

C’est dans cet esprit de priorisation que Shinzo Abe va également abandonner sa politique budgétaire. En bon libéral-démocrate, le premier ministre avait engagé une politique de restriction budgétaire. Depuis 2013, le déficit primaire était passé de 7,88 % du PIB à 5,44 % du PIB. Un effort qui devait se poursuivre pour atteindre l’équilibre en 2020. Certes, les niveaux de déficits sont importants, mais cette politique est contraire aux objectifs visés : elle est déflationniste et pèse sur les anticipations des acteurs économiques. C’est une des raisons – souvent peu citées – du relatif échec des Abenomics avec le problème de la « dépendance à la déflation » des agents économiques japonais et la dépression de la demande asiatique. Shinzo Abe pourrait donc remettre à plus tard – sans doute sans l’avouer ouvertement – l’objectif d’équilibre pour 2020.

Ce que pourrait alors proposer le gouvernement, c’est de ne plus tirer en sens inverse de la politique monétaire. Tokyo abandonnerait donc temporairement, au nom de la lutte contre la déflation cette politique et se lancerait dans un plan de relance ambitieux par un « deuxième budget supplémentaire » en octobre ou même avant. L’objectif est clair : relever rapidement les anticipations d’inflation en pesant sur le yen, en compensant la baisse de la demande externe, mais aussi en jouant sur des hausses de salaires. Car c’est là le nœud gordien du problème nippon : jamais les marges des entreprises n’ont été aussi élevées, mais la croissance des salaires ne suit pas. Or, sans hausses de salaires, il n’y aura pas de reprise de l’inflation.

Une leçon pour la BCE et la zone euro ?

Une fois l’inflation revenue, la croissance sera normalement plus soutenue et il sera plus aisé pour le Japon de se désendetter. Shinzo Abe devrait donc lancer un « Abenomics deuxième version », où désormais seul comptera la lutte contre la déflation. Pour cela, la BoJ sera toujours mise à contribution, notamment pour « financer » le déficit public et donc cette relance, mais elle ne sera plus seule. A l’heure où la BCE se voit chaque jour confronter à ses propres limites, l’expérience japonaise méritera sans doute qu’on l’observe, même si en zone euro, ce complément budgétaire semble impossible, pour des raisons politiques, à mettre en place. En attendant, sur les marchés, le yen est tombé ce 11 juillet à 102,6 yens pour un dollar.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 11/07/2016

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Commentaire recommandé

noDJ // 14.07.2016 à 02h13

Le problème me semble moins le largage que de savoir qui le récupère. Si ce sont les plus pauvres au lieu des plus riches (comme c’est le cas en Europe) cela pourra effectivement avoir un impact sur la consommation et apaiser les tensions sociales.

28 réactions et commentaires

  • Pascalcs // 14.07.2016 à 01h06

    Les Abenomics 2.0 seront sans doute le premier essai à grande échelle de largage d’argent hélicoptère. Ce n’est pas sans raison que Bernanke a passé la semaine dernière avec Abe et Kuroda et les indiscrétions qui ont filtré confirment que le grand prêtre de l’argent gratuit en a parlé longuement.
    Logique ultime d’une politique monétaire absurde et suicidaire dont on voit clairement les résultats désastreux partout. Et paradoxalement, Greenspan, le maître des maîtres dans la génération de l’économie de bulle qui prône désormais le retour à l’or comme stabilisateur monétaire et financier.

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    • noDJ // 14.07.2016 à 02h13

      Le problème me semble moins le largage que de savoir qui le récupère. Si ce sont les plus pauvres au lieu des plus riches (comme c’est le cas en Europe) cela pourra effectivement avoir un impact sur la consommation et apaiser les tensions sociales.

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      • FracoisG // 14.07.2016 à 07h23

        Faire du court terme, encore et encore? Et le problème de la dette grandira, encore et encore.

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        • benoi31 // 14.07.2016 à 09h10

          Saviez vous que si vous possédez une assurance vie (comme 40% des français), vous êtes aussi “créancier” ?

          Le problème de la dette, ce sont les “too big to fail”, tant qu’on n’a pas trouvé de solution pour éviter un effondrement général du système bancaire en cas “d’accident financier”, il est impossible de faire table rase de la dette car il y aurait contagion sur les banques et donc sur la population

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          • J // 14.07.2016 à 09h36

            J’ai dit “les plus gros”. Encore une fois ça a fait ses preuves.

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          • judith // 14.07.2016 à 09h59

            en parlant d’assurance vie, j’ai tout largué il y a longtemps, et je crois avoir eu raison..les banksters ou assureurs ont tout pouvoir de garder votre argent en otage si leurs affaires tournent au fiasco, ce qui ne saurait tarder.

            « Suspendre, retarder ou limiter votre accès à votre assurance vie. La nouvelle loi dont personne ne vous a parlé

            http://www.insolentiae.com/suspendre-retarder-ou-limiter-votre-acces-a-votre-assurance-vie-la-nouvelle-loi-dont-personne-ne-vous-a-parle-ledito-de-charles-sannat/

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          • TC // 14.07.2016 à 10h37

            @Benoi31 : la solution, elle existe, elle s’appelle le Glass Steagall Act ou séparation des banques de dépôts des banques d’affaires mais le lobby bancaire veille à ce qu’il ne réapparaisse jamais.

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        • noDJ // 14.07.2016 à 17h15

          “Patience braves gens on fait du long terme !”
          Dites ça aux travailleurs japonais qui doivent squatter des cafés internet pour dormir parce qu’ils n’ont pas de quoi se payer un logement.

          Faut-il négliger le court terme au motif que ce n’est pas du moyen ou long terme ?
          L’un n’empêche pas les autres, une politique se doit de voir près comme de loin. En l’occurrence je trouve obscène que l’hélicoptère engraisse les plus riches mais non lorsqu’il permet de rétablir un peu d’équité sociale. Bien au contraire.

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  • J // 14.07.2016 à 07h10

    Je remarque au passage l’allié Komeito, une spécificité japonaise. Ce parti atypique a été à ses débuts qualifié d’extrême-droite parce qu’il émanait d’une organisation bouddhiste, la Sokka Gakkaï (dont il a divorcé depuis avec perte et fracas) se réclamant de Nichiren, et que l’impérialisme des années 1930-40 invoquait beaucoup Nichiren (mais la Sokka Gakkaï, quoi qu’on en pense par ailleurs, n’a jamais été impérialiste, se méfier des amalgames qui semblent évidents).
    Le Komeito a alors surpris son monde en s’alliant avec les communistes. Qu’il soit à présent du côté du manche est intéressant.

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  • Lacote // 14.07.2016 à 08h22

    Si la seule ambition de ce largage est de lutter contre l’inflation,ça ne résoudra le problème que ponctuellement. A mon avis, une politique budgétaire expansionniste devrait s’inscrire dans une ambition de réduction des inégalités et de construction d’une société plus écologiste pour avoir un chance de donner des résultats pérennes.

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  • lisandru // 14.07.2016 à 09h25

    Le problème du Japon est avant tout qu’il perd 1 millions d’habitants tous les 5 ans.
    Comment peut’on espérer croissance économique et inflation dans un pays ou la population vieillit et baisse?

    Ce n’est pas un problème de politique monétaire, aussi stupide puisse être l’actuelle, mais un problème dans la chambre a coucher qu’il va falloir résoudre.

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    • Nico 13 // 14.07.2016 à 12h34

      Exacte.
      Le problème numéro un du Japon, c’est sa démographie.
      Si l’Allemagne appliquait la même politique que celle du Japon, elle serait confrontée au même problème.
      Pour ça que l’Allemagne veut absolument que des pays comme l’Espagne, la Grèce et le Portugal restent la tête sous l’eau.
      En 2015, malgré l’arrivée de nombreux migrants, le solde naturel était toujours négatif en Allemagne.
      L’Allemagne va donc avoir besoin de recourir massivement à l’immigration dans les années à venir…

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  • LS // 14.07.2016 à 10h24

    J’ai ri en lisant “nouvelle politique”, rien de nouveau là, mais je ne voie pas de solution :
    Un marché du travail rigide à la hausse des salaires malgré les gains de productivité (contrairement à la France où c’est l’inverse).
    Bonjour la réforme social/politique à entreprendre.

    Des niveaux de dettes et de création monétaire cachés déjà ubuesque, accompagnés de besoins de financement énormes pour réaliser la transition énergétique et l’artificialisation des sols dans un premier temps, dans l’exploitation des matériaux métallique et pour l’adaptation à la transition climatique, dans un second temps.

    Même un défaut sur la dette ne réglera le problème que transitoirement tant qu’on ne saura pas construire une économie équitable avec une croissance des activités industrielles nulle (voire une décroissance) en présence de gains de productivités qui s’annoncent gigantesques dans les 20 prochaines années et dans tous les secteurs de l’économie (hors, peut être, le secteur primaire).

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  • Alexandre Hanin // 14.07.2016 à 10h27

    Article intéressant, mais qui ne va pas au bout de sa logique.

    S’il est reconnu que la BoJ peut acheter toute la dette qu’elle veut, pourquoi ajouter

    “la croissance sera normalement plus soutenue et il sera plus aisé pour le Japon de se désendetter” ?

    Pour quelle raison le Japon doit-il se désendetter? Pour le plaisir de détruire une monnaie qu’il crée à volonté ? Ca fait plus de 20 ans que les “experts” clament que le Japon est au bord du précipice, que les taux d’intérêt vont s’envoler et que le yen va s’effondrer demain, ou alors le jour d’après, enfin dans pas longtemps. On voit ce que ça donne.

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    • LS // 14.07.2016 à 11h23

      Pour qu’elle raison se désendetter ?
      Peut être pour arrêter de payer les intérêts à une fraction de plus en plus faible et de plus en plus riche de la population. Pour retrouver une structure de consommation plus équitable et plus efficace (transitions énergétiques and Co.).

      Pourquoi ça dure ?
      Peut être qu’avec l’expérience des crises passer, le système financier est devenu plus résilient. Il l’est devenu tellement qu’on ne sait pas estimer sa durée de vie ni le chemin qu’il empruntera quand il coulera. Il semble que l’économie réagit en excluant une fraction de plus en plus importante de la population et que l’écroulement pourra prendre la forme d’une révolte sociale. Rien n’est sûr si ce n’est que cela finira par s’écrouler, la pression continuant immuablement à croître.

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      • Alexandre Hanin // 14.07.2016 à 11h40

        Le principe de l'”helicopter drop” montre qu’il n’est pas nécessaire d’engraisser une élite pour financer les dépenses publiques.

        Se désendetter = austérité = transition énergétique au placard.

        Vous avouez que vous n’en savez rien, mais qu’une révolte sociale est possible. Pourquoi pas, mais je ne vois pas le rapport avec la dette japonaise rachetée par sa propre banque centrale. Ce que vous dites est tellement général et tellement vague qu’on peut en tirer les conclusions qu’on veut.

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        • LS // 14.07.2016 à 16h21

          L’existence du stock de dettes et son accroissement est un moyen “d’engraisser” l’élite en question.
          Il y a plein de façon de se désendetter, pas seulement l’austérité. Aucune de ces façons n’est indolore, y compris la (pour le dire vite) planche à billet.

          Non, ce que je dis (peut être mal), c’est que la durée de résilience du système et la façon dont la crise se déroulera n’est prévisible ni par moi, ni par vous, ni par la science politique ou économique. La seule chose que l’on peut dire c’est qu’il est peu probable que cela tienne encore longtemps avec “l’ancienne” comme avec la “nouvelle” politique.

          Je dis enfin que cette crise ne sera pas forcément économique mais pourrait être social par rejet violent de l’exclusion que génère le système économique. Je vous accorde que j’en serais surpris dans le cas du Japon.

          Il n’est évidemment pas sûr enfin que cette crise démarre au Japon et la problématique est donc plus général que le cas du Japon seul.

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  • Giloux // 14.07.2016 à 10h35

    Cher Lisandru : comment peut-on espérer une croissance économique et inflation (?) dans un pays (comme la France) où la population rajeunit et augmente ?
    Quant au problème de la chambre à coucher, les trois lois de l’érotisme sont bien délaissées quand on est angoissé.

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  • Yves // 14.07.2016 à 10h42

    Il me semble que ces mesures dites non conventionnelles finalement le restent assez dans le sens où dans les faits on veut résoudre des crises multiformes (énergie plus chère, pression sur l’environnement, … et dans le cas du Japon démographie”inversée”) par des mesures qui restent économiques. Alors que nous sommes, à mon avis, devant un nouveau paradigme sociétal.

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  • yann // 14.07.2016 à 11h57

    Le Japon a deux problèmes, sa démographie et le libre-échange qu’il croit bon pour lui. On pourrait rajouter une tendance maladive à la modération salariale et une culture qui ne favorise pas les plus pauvres.

    Il est malheureusement très difficile de résoudre le problème démographique à court terme. L’immigration n’est pas une solution, on le voit en Europe. La relance de la natalité s’ils pouvaient y arriver grâce à des politiques familiales plus généreuses ne pourrait faire un effet économique qu’au bout d’une à deux générations. Ils auraient dû s’attaquer à ce problème prévisible il y a des années déjà, même chose en Europe d’ailleurs. Ce n’est pas comme si ce problème démographique était quelque chose de totalement imprévisible.

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    • yann // 14.07.2016 à 11h58

      Ensuite il y a les effets du libre-échange qui compressent les salaires au Japon comme ailleurs. Or Keynes a montré que plus un pays décline démographiquement, plus il a intérêt à réduire les inégalités et à accroitre les salaires des plus pauvres qui ont une propension à consommer plus grande que celle des riches, car ils épargnent moins. Or en régime de libre-échange, augmenter les salaires est impossible sous peine de dégrader les balances commerciales. La balance commerciale du Japon n’est plus à l’excédent comme elle a pu l’être dans le passé. Il leur faut donc agir en protectionniste s’ils veulent relancer la demande intérieure. Il faut arrêter de vouloir tirer sa croissance uniquement par l’exportation.

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      • yann // 14.07.2016 à 11h58

        Le Japon n’a pas la « chance » d’avoir un réservoir de pays crétins pour consommer ses produits à travers des déficits extérieurs et une monnaie unique absurde comme l’euro. Contrairement à l’Allemagne , le Japon doit affronter sa crise démographique sans cette possibilité, c’est un malheur pour lui, mais aussi une chance. Car il va devoir résoudre son problème plutôt que d’exporter ses problèmes chez ses voisins comme le fait l’Allemagne. Le problème démographique va de toute façon devenir un problème planétaire.

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  • Guillaume Besset // 14.07.2016 à 13h04

    Une légère déflation n’est pas forcément problématique, question d’équilibre, mais effectivement comme leur monnaie nationale est trop élevée :
    Dé-bancariser leur épargne ne serait pas je pense suicidaire.. (levier psy de réduction de la peur de l’avenir, apprentissage de la résilience..)
    => Réforme structurelle progressive qd même nécessaire (car quand il y a trop de dépenses, la monnaie hélicoptère compensatoire est un ‘plâtre’ et une forme d’injustice géopolitique par rapport aux pays qui n’en usent pas)

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  • theuric // 14.07.2016 à 19h34

    Ce dont souffre le Japon est la même chose que pour le reste du monde, soit la désindustrialisation généralisée, là se trouve les raisons de la déflation.
    Ensuite, tout dépend de la quantité de monnaie hyper-produite, inflationniste, arrivant dans le circuit économique marchand.
    Si elle reste essentiellement centrée dans les processus spéculatif, il y aura déflation pour les petites gens et hyper-inflation boursier.
    Si un petit peu de ces sous arrive à la population, sous forme de crédit, par exemple, il y aura une légère inflation pour l’économie réelle.
    Si tout cet argent surproduit est distribué aux plus pauvres, voire aux classes-moyennes également, il y aura une inflation égale à cet argent distribué.
    De plus, si la désindustrialisation est plus rapide que l’hyper-production monétaire, même si cet argent est distribué aux particuliers, quoi que vous fassiez, il y aura déflation.
    Les deux seules solutions, en effet, c’est soit de laisser ce machin s’effondrer par lui-même, ou, mieux encore, l’aider à se casser la figure.

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    • theuric // 14.07.2016 à 19h59

      Soit fermer les frontières et déverser les flots d’argent dans le système économique national, cette deuxième solution risquant de mener à de très graves désordres populaires, même dans un pays hautement hiérarchisé comme le Japon.
      C’est pourquoi la réelle solution politique à la situation d’aujourd’hui ne peut qu’être que de provoquer cet effondrement économique à l’échelle mondiale, ou, plutôt, d’en accélérer l’échéance.
      Ceci pour plusieurs bonnes raisons:
      1) Réduire, autant que faire ce peut, les-dits désordres, en mettant les banquiers en prisons, par exemple, ce n’est pas quelque chose de compliqué à mettre en place, il suffit, par exemple, de leur lâcher juges et policiers, ils trouveront toujours de quoi inculper les malfaisant en permettant de se débarrasser d’une caste qui faisant la pluie et le beau temps politique;
      2) Pour la France et les pays de l’U.E., cela leur permettra de produire une nouvelle monnaie nationale à peu de frais, donc de facilement se débarrasser, auparavant, de cette union qui ruine tous les pays, Germanie comprise, vu la faible compétence de l’administration de l’U.E., cela se passera presque naturellement;

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      • theuric // 14.07.2016 à 20h06

        3) Fermer plus ou moins les frontières, ce qui, je le conçois, posera de gros problèmes aux pays n’ayant pas ou peu de matières premières à leur disposition, mais en Europe, bon an mal an, ce problème sera relativement réduit, même si les écolos grinceront des dents, contre-pouvoir nécessaire pour réduire, autant que faire se peu, les effets néfastes de bien des productions, cerise sur le gâteau, les échanges commerciaux européens pourront reprendre relativement rapidement;
        4) Il sera facile, pour le personnel politique, de dire: “Ce n’est pas de notre faute puisque c’est dû à un effondrement mondial”, bonne façon de se dédouaner de leurs légèretés passées.
        5) La disparition des grands groupes industriels internationaux ne sera pas non plus un mal en permettant aux sociétés de repartir sur de nouvelles bases en laissant les plus inventifs le soin de recomposer une industrie novatrice plus respectueuse de l’environnement;
        6) L’Europe se délivrera de cette amitié pesante de l’empire U.S. et de tout ce qui y est lié;

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        • theuric // 14.07.2016 à 20h27

          7) Pour terminer cette liste, évidemment réduite, des avantages politiques dans les pays européens d’accélérer l’effondrement du système économique, cela permettra au personnel qui agira avec efficacité et promptitude, de continuer leur carrière, avec même, en prime, la reconnaissance populaire
          Bien sûr, ce que je viens d’écrire n’est pas toujours joli joli, mais les principes de la politique font qu’agir de la sorte ne peut que mener qu’au bien de tous, que voulez-vous, c’est ainsi.
          Je préfèrerais que le Président de la République qui sera au pouvoir lors de cet effondrement soit efficace, même si il est décrié aujourd’hui, plutôt que nous ayons une crise politique gravissime sur les bras avec, au pire, un coup d’état…
          Je crains que Monsieur Valls, qui pense vraiment qu’il agit pour le bien du pays et, donc, de l’union, trop émotif, ne puisse résister à un tel cataclysme.
          Quand à Monsieur Macron, aucun intérêt sauf les siens propres.
          Je ne sais pas si je fais preuve de vœux pieux mais je vous conseillerais de faire attention à ce qu’il se dit et se fait…

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          • theuric // 14.07.2016 à 20h46

            J’oubliais de préciser que si fermer les frontières de manière unilatérale risquerait fort de mener à des désordres incommensurables, c’est que, tout simplement, il y aura de graves révoltes populaires en raison des manques de toutes sortes qui ne pourront que surgir sans raison apparente.
            Cela étant dû au désert industriel existant en Occident, Japon compris, voire au désert agricole.
            Il faut donc une excuse valable aux difficultés populaires et seule une catastrophe économique globale peut la fournir.
            Ainsi, une population peut supporter de se retrouver dans de grandes difficultés sans trop de réactions violentes si elle sait que tout est est fait pour améliorer la situation, ceci doublé d’un discours cohérent, ce qui veut dire sans mensonge éhonté et en toute cohérence.
            Pour finir, je crains que ce ne soit les industries guerrières qui permettra au processus économique de reprendre son cours, avec, je le conçois, tous les risques afférents.
            Mais je n’écris pas pour poser un jugement de valeur en bien ou en mal, j’expose ici ce qu’il me semble de la réalité de notre époque.
            Et franchement, je ne peux pas dire autrement que: nous sommes dans un réel et énorme merdier et ne sommes pas prêt d’en sortir.
            C’est beau l’optimisme, non?

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