Source : Anti-K, Jean-Louis Marchetti, 25-06-2016

Stathis Kouvelakis

Stathis Kouvelakis

Stathis Kouvelakis, enseignant en philosophie politique au King’s College de Londres, ancien membre du comité central de Syriza, actuel membre d’Unité populaire, analyse pour Mediapart les enjeux du Brexit.

mediapart.fr – 25/06/2016 – JOSEPH CONFAVREUX

Stathis Kouvelakis était membre du comité central de Syriza lors de la victoire de ce parti en Grèce en janvier 2015. Il fit ensuite partie de ceux qui, prônant une sortie de l’euro et une rupture franche avec les institutions européennes, ont décidé de faire scission avec le premier ministre Alexis Tsipras. Enseignant et vivant à Londres, il analyse pour Mediapart les conséquences du référendum britannique.

Mediapart : Quelle lecture faites-vous du vote en faveur du Brexit ?

Stathis Kouvelakis : Le premier constat est que l’UE perd tous les référendums qui se déroulent autour des propositions qui en émanent ou de l’appartenance à l’une de ses instances. Les défenseurs inconditionnels du projet européen devraient quand même commencer à se demander pourquoi. Mais c’est la première fois que la question du maintien ou du départ a été posée directement. Et le fait que l’un des trois grands pays européens choisisse la rupture avec l’UE signe, pour moi, la fin du projet européen actuel. Ce résultat révèle définitivement ce qu’on savait déjà, à savoir qu’il s’agissait d’un projet construit par et pour des élites, qui ne bénéficiait pas d’un soutien populaire.

Vous en réjouissez-vous ?

Oui. Certes, ce rejet légitime de l’UE risque d’être confisqué par des forces de droite et xénophobes, comme la campagne britannique l’a montré. Mais, pour moi, il peut aussi s’agir d’une opportunité pour des forces progressistes en lutte contre l’Europe néolibérale et autoritaire, c’est-à-dire l’UE telle qu’elle existe. Je pense que des forces antilibérales de gauche peuvent plus facilement s’exprimer dans d’autres pays qu’en Grande-Bretagne, où il est vrai que le « Lexit » (contraction de Left et Exit -ndlr) a été très peu audible, et a révélé une fracture entre la direction des principales forces de gauche, politiques et syndicales, et la base populaire et ouvrière, qui a dans sa grande majorité rejeté l’UE.

Le parti travailliste, notamment, est fracturé entre une large partie de son électorat d’un côté et ses élus et son appareil de l’autre, avec les cadres et les militants écartelés entre les deux. De surcroît, son dirigeant actuel, Jeremy Corbyn, est en réalité très hostile à l’UE, mais il a été contraint de faire campagne pour le maintien, compte tenu du rapport de force interne à l’appareil et au groupe parlementaire.
En février 2015, lorsque je faisais encore partie du comité central de Syriza, à l’occasion d’une grande réunion qui s’était tenue à Londres, au siège de la confédération des syndicats britanniques, pour fêter la victoire de notre parti en Grèce, Jeremy Corbyn, dont personne n’envisageait alors qu’il puisse prendre la direction du parti travailliste, était venu me parler en marge de la réunion, en me disant : « Est-ce que vous avez un plan B ? Parce que l’UE va vous écraser, en commençant par attaquer votre système bancaire. »

Il m’a raconté le choc qu’il avait subi lorsqu’il était jeune militant et que le parti travailliste avait gagné les élections de 1974 sur un programme radical. Le système bancaire britannique avait immédiatement été attaqué, contraignant le Royaume-Uni à faire appel au FMI pour demander un prêt et à mettre en place des politiques austéritaires en échange. Il voulait que je le rassure sur le fait que nous avions un plan B, et moi qui appartenais à la minorité de la direction de Syriza, je ne pouvais que lui répondre qu’il fallait qu’il en parle avec Tsipras, pour tenter de le convaincre.

Cette anecdote montre qu’il ne se fait aucune illusion sur l’UE. Seulement, l’appareil du parti travailliste et ses élus lui sont farouchement hostiles. Et on lui reproche désormais d’avoir fait un service minimum en faveur du « Remain ». Les mêmes médias, qui avaient appelé à voter « Remain », voudraient qu’il parte, alors même que le Brexit a gagné, parce qu’il n’en aurait pas fait assez…

Avez-vous été surpris de ce résultat ?

Non. Ce qui m’a frappé pendant cette campagne britannique, c’est une impression de déjà-vu. J’ai eu la chance de vivre à la fois le référendum sur la Constitution européenne de 2005 en France, celui de l’année dernière sur le plan d’austérité Juncker en Grèce, et celui de cette année en Grande-Bretagne. À chaque fois, ceux qui défendent l’UE portent de moins en moins de discours positifs et emploient essentiellement des arguments fondés sur l’intimidation et la peur, en mettant en scène tous les maux qui s’abattraient sur le Royaume-Uni si les Britanniques votaient mal.

Schaüble et Juncker se sont faits menaçants, comme à l’accoutumé, et même Obama a joué sa partition pour expliquer à quel point un Brexit serait catastrophique. En France, on a beaucoup focalisé sur le fait que la campagne pro-Brexit était animée par des personnages effectivement peu ragoûtants, de Boris Johnson à Nigel Farage. Mais les médias ont moins souligné que le « Remain » était porté par tout l’establishment content de lui-même, avec la City arrogante en première ligne, ce qui avait de quoi motiver le rejet de l’électorat populaire.
Une refondation démocratique de l’Europe, que beaucoup appellent de leurs vœux au lendemain du Brexit, vous semble-t-elle encore possible ?

De plus en plus de forces de gauche comprennent que l’UE n’est pas réformable dans un sens progressiste, avec un fonctionnement plus démocratique, parce qu’elle est conçue, dans son architecture intrinsèque, pour ne pas être réformable. Tout est verrouillé et, pour enseigner dans un département d’études européennes, je peux vous assurer que mes collègues spécialistes le savent. L’UE n’a pas été conçue pour fonctionner avec les règles de la démocratie parlementaire, dont on craint toujours la tentation « populiste ».

Le vote britannique est donc une occasion à saisir pour toutes celles et ceux qui réfléchissent à un plan B, et sont conscients que de véritables alternatives impliquent une rupture avec l’UE. Que ce soit Jean-Luc Mélenchon en France, Oskar Lafontaine et Sahra Wagenknecht en Allemagne, l’aile gauche de Podemos ou ceux qui ont quitté Syriza l’an dernier : toutes ces forces anti-libérales et progressistes doivent se saisir de ce moment, si elles ne veulent pas être gravement punies par une droite nationaliste et xénophobe qui capterait la colère populaire.

Mais, en Grèce, la gauche qui a fait scission avec Tsipras, semble pourtant plutôt atone ?

Le dernier sondage américain PEW sur l’europhilie, effectué sur un très large échantillon de populations européennes, a montré que plus de 71 % des Grecs n’acceptaient plus l’UE et qu’un bon tiers souhaitaient sortir de l’euro. Certes, le champ politique grec est bloqué et, suite à la capitulation de Tsipras l’été dernier, le sentiment de défaite et de démoralisation reste fort. Mais on commence à voir des mouvements à gauche de Syriza, que ce soit Unité populaire ou le mouvement lancé par Zoé Konstantopoúlou, gagner du terrain. Nous sommes à la veille de reclassements importants, à l’échelle de l’Europe, et face à un choix entre une radicalité qui sera soit de gauche et internationaliste, soit de droite et xénophobe. Si la gauche qui se veut hostile au néolibéralisme continue à répéter la litanie de l’« Europe sociale » et de la « réforme des institutions européennes », elle ne s’enfoncera pas simplement dans l’impuissance, elle sera tout bonnement balayée.

La manière dont la Grèce a été traitée l’été dernier a-t-elle joué dans le vote britannique ?

Nigel Farage, le dirigeant du parti nationaliste et xénophobe UKIP, avait tenu au Parlement européen des propos dans lesquels il accusait l’UE de se comporter de manière dictatoriale avec la Grèce. Il disait des choses qui auraient dû être dites par toute la gauche britannique et européenne. Le référendum britannique est juste un nouveau signe du rejet de l’UE, dont les électeurs comprennent qu’elle se situe au cœur du problème de la politique représentative actuelle, celui d’une élite européiste qui méprise les couches populaires et la notion même de souveraineté du peuple. Passivement toléré lorsque la situation économique paraissait fluide, le projet européen se délite lorsque celle-ci se dégrade et que le carcan des politiques d’austérité se durcit partout, sous l’impulsion et le contrôle tatillon des instances de l’UE.
Le découpage spatial du vote britannique est saisissant. Il y a deux pays. La bulle de la City et du Sud-Est du pays face à un autre pays, dont on ne parle jamais parce qu’on préfère évoquer le Londres branché et multi-culturel. Avant d’enseigner à Londres, j’exerçais dans une université de la banlieue de Birmingham, Wolverhampton. La différence est abyssale. Le centre-ville était en ruine. Dans cette Angleterre où la révolution industrielle a commencé, tout le monde se sent abandonné et condamné à une mort économique et sociale. Le parti travailliste a abandonné à leur sort des populations entières et laissé ainsi le champ libre à des partis comme le UKIP.

Ce qui est d’ailleurs paradoxal, parce qu’alors que le Front national a toujours su, en France, se parer d’un vocabulaire et d’atours pour « faire peuple », le UKIP incarnait, à l’origine, tout ce dont les classes populaires anglaises se sont toujours moqué : un côté vieillissant, anglican, traditionnel, classes moyennes coincées, 100 % blanches, le conservatisme de grand-papa en somme. On imagine la colère et le sentiment d’abandon qu’il a fallu pour qu’un tel parti ait pourtant réussi à capter le vote des classes populaires…

Comment vous positionnez-vous face à la perspective de nouveaux référendums sur l’appartenance à l’UE dans d’autres pays d’Europe ?
L’UE n’est pas réformable et je pense qu’il n’existe pas d’autre solution que sa dissolution. Une vraie refondation de l’Europe signifie briser la cage de fer de l’austérité perpétuelle et du néolibéralisme autoritaire, et cela passe par une rupture avec la machinerie institutionnelle de l’UE. Il faudra donc jouer le jeu des référendums, tout en empêchant les forces de la droite xénophobe et nationaliste de gagner l’hégémonie et de dévoyer la révolte populaire. La gauche de la gauche a pris beaucoup de retard, mais elle ne peut plus penser qu’elle parviendra, sans rupture avec l’UE, à changer le rapport de force à l’intérieur d’une machinerie spécialement conçue pour empêcher toute divergence, et face à un rouleau compresseur dont on a vu comment il a pu écraser la Grèce.

Source : Anti-K, Jean-Louis Marchetti, 25-06-2016

41 réponses à Stathis Kouvelakis : « L’UE n’est pas réformable »

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 03 août 2016 à 06h49

Toujours le même clivage. D’un côté la droite libérale de l’autre la gauche progressiste.
Celui qui ne se reconnaît ni dans l’un ni dans l’autre et qui réclame le droit de choisir son destin est considéré par les deux “bords” comme un populiste xénophobe extrémiste, rappelant les “plus sombres moment de notre histoire”, selon la formule consacrée.
Ces deux camps s’accrochent bec et ongles à leur vision réductrice de l’homme et prennent le peuple en otage. Dès que le peuple s’exprime sans se reconnaître dans un des deux camps, ils se mettent d’accord pour le mépriser et le traiter de “populiste”. Le peuple est leur ennemi commun. Ils ne se posent pas la question de savoir si le peuple “populiste” n’espère pas autre chose que leurs discours éculés. Pourtant ils continuent à vouloir “récupérer” le peuple à leur avantage pour faire croire à leur victoire. Notre démocratie est sourde et aveugle. Pendant ce temps les mêmes continuent à gouverner le monde.

  1. babelouest Le 03 août 2016 à 03h50
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    Oui, Ailleret, qu’il utilise sa voix forte…. mais le fera-t-il ? Jusqu’à présent sa position vis-à-vis de l’union européenne n’a cessé d’être ambigüe, ce qui en a éloigné de nombreuses personnes qui ont perdu une certaine confiance en lui.

    La position à prendre n’est pas “Si….. alors nous déciderons d’en sortir”, perdant encore beaucoup de temps. La position à prendre c’est celle du Pardem et de Jacques Nikonoff. “Nous sortons d’abord, et ensuite nous acceptons de négocier certains points en position de force après avoir cassé les dents du système bancaire français”. L’opposé de la Grèce, donc.


  2. DUGUESCLIN Le 03 août 2016 à 06h49
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    Toujours le même clivage. D’un côté la droite libérale de l’autre la gauche progressiste.
    Celui qui ne se reconnaît ni dans l’un ni dans l’autre et qui réclame le droit de choisir son destin est considéré par les deux “bords” comme un populiste xénophobe extrémiste, rappelant les “plus sombres moment de notre histoire”, selon la formule consacrée.
    Ces deux camps s’accrochent bec et ongles à leur vision réductrice de l’homme et prennent le peuple en otage. Dès que le peuple s’exprime sans se reconnaître dans un des deux camps, ils se mettent d’accord pour le mépriser et le traiter de “populiste”. Le peuple est leur ennemi commun. Ils ne se posent pas la question de savoir si le peuple “populiste” n’espère pas autre chose que leurs discours éculés. Pourtant ils continuent à vouloir “récupérer” le peuple à leur avantage pour faire croire à leur victoire. Notre démocratie est sourde et aveugle. Pendant ce temps les mêmes continuent à gouverner le monde.


    • hzdl Le 03 août 2016 à 11h44
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      Tellement vrai.

      Tout le discours ici pratiqué sur l’UE est de bon sens mais ce monsieur regarde la vie politique comme dans les années 1980 avec une droite libérale et une gauche sociale. Et c’est là qu’est l’arnaque…

      Le peuple a bien compris que les deux idéologies de l’ancien monde ont été balayées avec la chute du mur. Le vrai clivage aujourd’hui c’est un mouvement ultra-libéral sans frontière, sans peuple et donc sans démocratie VS plusieurs mouvements démocrates qui se querellent sans cesse, entre eux, incapables de s’organiser et incapables de proposer une solution en ralliant un maximum de souverainistes (synonymes de démocrates si on creuse le sujet et on va au bout des choses).

      Les démocrates authentiques (terme que je préfère à celui de “souverainiste” car connoté et mis à l’index depuis 1992) ont une chance qui tombe à pic pour prendre le pouvoir et faire enfin bouger les choses. Le problème majeur est que le clivage qui dans les faits a sauté depuis 25 ans (voire plus..) mais qui demeure dans les têtes de nos politiciens est un frein majeur à toute organisation politique capable de sortir de l’UE.


      • kesse Le 03 août 2016 à 17h58
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        Faire fi de tout clivage ideologique entre “gauche” et “droite”, peut s’apparenter dans certains cas a jeter le bebe avec l’eau du bain. Si le souverainisme/democratique l’emporte face a l’Europe/oligarchie, cela ne definit pourtant pas une politique pour les pays.

        Je veux bien que l’on se focalise sur un changement institutionnel lourd qui s’apparente a une quasi-revolution, mais il faudra proposer des politiques apres cela. Si le ‘non’ a l’Europe est une affirmation, il n’a pourtant qu’un temps. Il faudra agir, ensuite, definir des axes d’evolutions. Les partis liberaux tendant a la technocratie oligarchique seront toujours la, les conservateurs capitalistes aussi … Qu’y aura-t-il en face?


        • Henri Tanson Le 03 août 2016 à 21h27
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          Parler de politique de gauche, de droite, plus ceci où plus cela, ça n’a aucun sens tant que nous resterons dans ce machin européen.
          Et en sortir ne semble pas être d’actualité… Il faudra du temps pour que les esprits évoluent.
          Il sera alors temps de parler de politique.
          Déjà nous mettre d’accord sur l’UE et sa nuisance.
          À moins que l’UE ne s’éteigne de sa belle mort plus rapidement que prévu; ce qui semble tout à fait possible !


          • kesse Le 03 août 2016 à 23h39
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            D’accord sur les priorites … Cependant il faut etre lucide. L’extreme-droite ne veut pas la sortie des institutions europeennes, elle utilise un filon de voie. Si c’est par elle que nous sortons, on se retrouvera le mois d’apres avec des traites identiques dont seul le nom aura change …


      • RGT Le 03 août 2016 à 19h51
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        ce monsieur regarde la vie politique comme dans les années 1980 avec une droite libérale et une gauche sociale

        Depuis le début des années 80 (virage de la “rigueur” de 83) la “droite” et la “gauche” dans les faits se promènent à visage découvert.

        Tout juste un rappel des “valeurs” pour appâter les gogos, mais le résultat est strictement identique, même largement pire avec un gouvernement de “gôôôche” car la population ne descend plus dans les rues pour montrer son mécontentement.

        Je pense que cette addiction au “clivage droite/gauche” est surtout due à un lavage de cerveau qui est effectué durant la jeunesse et qui persiste jusqu’à la mort.

        Hollande arrivera-t-il à dépasser son “maître” dans l’abjection en faisant comprendre à toute la population que les partis politiques ne sont que l’instrument de propagation de la servitude volontaire ?

        En tout cas, il en prend allègrement le chemin avec ses complices.

        Deviendra-t-il notre grand libérateur (à son corps défendant) ?


    • SanKuKai Le 03 août 2016 à 13h15
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      Peut-être devrait-on dire le Haut et le Bas plutot que la droite et la gauche?
      Cela reflète surement mieux la lutte de nos quelques oligarques contre le reste du peuple.


      • DUGUESCLIN Le 03 août 2016 à 14h46
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        Ou encore le haut, le simple et le cultivé, et le bas, le riche et le pédant.


    • raloul Le 03 août 2016 à 13h33
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      Bonjour!

      En fait, j’ai le sentiment que l’axe “souverainiste-mondialiste” est devenu le principal critère pertinent pour juger des politiques actuelles. Et ceci bien davantage que le traditionnel “gauche-droite”. Je trouve stupéfiant le nombre d’analystes qui semblent incapables d’incorporer cette problématique, qu’ils soient journalistes, politologues, économistes, politiciens, etc… Alors que la question de la souveraineté est au coeur des enjeux actuels.


    • Caton l'Ancien Le 03 août 2016 à 14h31
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      “Toujours le même clivage.”

      Pour ma part, je me sens de “gauche progressiste” car mes opinions sont apparentées à ce que l’on appelait la gauche il y a quelques dizaines d’années ; je pense n’être pas seul dans cette situation.

      Bien sûr, je vois bien que ces mots perdent leur sens, que le débat entre la gauche et la droite officielles est une farce.

      Il ne faut pas non plus recréer un clivage entre “droite ou gauche” d’une part et “ni droite ni gauche” d’autre part. Aux yeux de certains, toute politique pour les sans-dents et affaiblit la finance, la ploutocratie, l’oligarchie… tout cela mérite le nom de “politique de gauche” ou “politique progressiste”. A la rigueur, vue la confusion actuelle, je comprends qu’on préfère se présenter différemment mais, à part ces questions de tactique de communication, je comprends mal qu’on critique la revendication “progressiste”.

      Il me semble que l’étiquette “progressiste” n’est que l’étiquette “peuple” dans le clivage “peuple/oligarchie”.


      • DUGUESCLIN Le 03 août 2016 à 14h53
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        Mais est-ce que le terme “progressiste” concerne le progrès de l’être humain dans l’intelligence, la clarté et la bonté? Ou est-ce simplement un progrès social auquel tout être humain doit se soumettre?


        • Caton l'Ancien Le 03 août 2016 à 18h28
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          Pour la première question : un “progressiste” me semble être favorable à un enseignement démocratique et de qualité, une recherche de haut niveau, de bons services publics…

          Pour la deuxième question, cela dépend de ce que vous suggérez.

          Si vous parlez fiscalité, un “progressiste” sera favorable à une forte taxation des revenus et patrimoine des oligarques, qui devront se soumettre à l’impôt de la même façon que le fait le reste de la population.

          Si vous parlez de discriminations, un “progressiste” sera opposé ce que, pour des raisons de “race”, de sexe, de religion, de moeurs… certaines ou certains soient moins égaux que le commun des mortels. J’imagine que cela suppose que ceux qui veulent discriminer quand même se soumettent à la Loi.

          De manière générale, tout projet politique suppose qu’on se soumette à la Loi. Ou alors on parle de révolution ou de guerre…


      • Wakizashi Le 03 août 2016 à 17h40
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        “Aux yeux de certains, toute politique pour les sans-dents et affaiblit la finance, la ploutocratie, l’oligarchie… tout cela mérite le nom de “politique de gauche” ou “politique progressiste”. ”

        Autrement dit, la gauche, c’est le bien, le bon, le vrai ; et la droite c’est le mal, le faux, le rétrograde. Il y a donc bien un clivage gauche/droite : c’est le clivage entre les gentils et les méchants, entre le Bien et le Mal. CQFD.

        C’est si simple la vie finalement…

        Sauf que, sans même parler du fait qu’historiquement la gauche est foncièrement bourgeoise, ce réductionnisme manichéen mène inévitablement à une conception racialiste de la gauche.

        Et pendant que le bon peuple s’écharpe sans fin sur cet illusoire clivage gauche/droite, l’élite peut poursuivre le plus tranquillement du monde son oeuvre, à savoir creuser toujours plus le fossé entre le haut et le bas, entre le 1% et le reste du monde, qui est le seul clivage réel parce que factuel.


        • Caton l'Ancien Le 03 août 2016 à 18h16
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          ” Autrement dit, la gauche, c’est le bien, le bon, le vrai ; et la droite c’est le mal, le faux, le rétrograde. (…)”.

          Ce n’est mais alors pas du tout ce que j’essaie de dire. Je ne parle en rien des forces politiques passées (je suis nul en Histoire) ou présentes (je partage la désillusion ambiante).

          Je dis simplement que j’appelle “de gauche” une certaine tradition morale ou intellectuelle ; peut-être que cette tradition n’existe que dans ma tête (j’en doute), peut-être que des gens rejetant l’étiquette “gauche” partagent nombre de mes principes (je ne défends pas un monopole).

          Je dis juste que ce que certains dont moi appelons “gauche” n’est peut-être pas si éloigné de ce que vous défendez. Il est dommage que, par déception de la gauche officielle, se couper de ceux qui se sentent, envers et malgré tout, “de gauche”.


          • Wakizashi Le 04 août 2016 à 09h01
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            Je comprends ce que vous dites, et je ne serais pas étonné que nous partagions effectivement bon nombre de principes. Mais les mots ont un sens, et ce que vous mettez derrière le mot “gauche” n’a que peu (voire pas du tout) de rapport avec ce qu’elle est réellement, et ce qu’elle a été depuis sa création. Des gens comme Michéa en parlent bien mieux que moi.

            En passant, je n’ai aucune raison d’être déçu de la gauche, puisque je n’en ai jamais rien attendu. Ni de la droite d’ailleurs.

            C’est un peu comme le mot “démocratie” : on l’utilise à tort et à travers pour désigner son exact contraire (une ploutocratie). Parler d’idées “de gauche” parce qu’elles vont dans le sens de l’intérêt commun, par opposition à des idées “de droite” parce qu’elles vont dans le sens de l’intérêt des plus riches, est une légende urbaine, un simplisme qui représente le niveau zéro de la conscience politique, en cela qu’il aboutit à une conception binaire de la politique : les gentils contre les méchants.

            Le vice de cette déviation du sens des mots, c’est qu’elle empêche de réfléchir, de conceptualiser les données du problème. Comment peut-on légitimement remettre en cause le régime actuel si l’on croit qu’il est démocratique ?


            • Caton l'Ancien Le 04 août 2016 à 23h24
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              ” Le vice de cette déviation du sens des mots, c’est qu’elle empêche de réfléchir, de conceptualiser les données du problème. ”

              Je comprends mais il faut bien un mot pour désigner ma ligne politique..
              Le mot “Gauche” est source de confusion ; “Anti-système” est aussi utilisé par l’extrême droite, ce que je trouve gênant ; “souverainiste” renvoie à un rétablissement de la démocratie mais ne dit pas pour quoi faire (si c’est pour continuer les conneries, c’est sans intérêt) ; “progressiste” vous semble signifier “gauche”…

              Au delà des mots, je pense qu’un certain binarisme politique est inévitable. La nationalisation de TF1, c’est “oui” ou “non”.

              Les politiques actuelles plaisent une bonne partie de la population, dont bcp de diplômés. Ils sont des adversaires politiques, ils feront ce qu’ils peuvent pour maintenir la trajectoire actuelle. Celui qui fait ce constat peut, au prix d’un peu de mauvaise foi, être accusé de simplisme.


            • Wakizashi Le 05 août 2016 à 16h03
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              “Les politiques actuelles plaisent une bonne partie de la population, dont bcp de diplômés. Ils sont des adversaires politiques, ils feront ce qu’ils peuvent pour maintenir la trajectoire actuelle. Celui qui fait ce constat peut, au prix d’un peu de mauvaise foi, être accusé de simplisme.”

              C’est plutôt un déni de réalité que du simplisme me semble-t-il. Si j’en crois ce que je vois et ce que j’entends, l’écrasante majorité de la population est hostile à la politique menée. C’est même un des rares points qui fasse consensus…

              C’est d’ailleurs bien un des reproches principaux que l’on peut faire au prétendu clivage gauche/droite : il entretient artificiellement une fracture au sein de la population. Il divise au lieu d’unir.

              Il me semble au contraire qu’un thème comme la démocratie (la vraie) aurait pour vertu d’unir la population, ce qu’elle a tout intérêt à faire si elle désire que le pouvoir soit au service (et donc aux mains) de l’intérêt général, au lieu d’être au service d’une oligarchie.


            • Caton l'Ancien Le 05 août 2016 à 18h48
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              Je n’aurais pas dû écrire “bonne partie”, mais plutôt une partie importante si on pondère par la capacité d’influence. C’est pas très démocratique mais malheureusement, ça compte.

              Et je pense que l’insatisfaction générale est quand même très hétéroclite. quelques exemples :

              1 Les referenda sur l’UE sont généralement perdus par l’UE mais de relativement peu (55% pour le TCE en France, 52% pour le brexit) quand on compare à l’impopularité des gouvernements.

              2 Lors du dernier salon de l’agriculture, les agriculteurs ont renversé le stand du gouvernement mais pas du tout celui de l’UE.

              La démocratie, ça peut rassembler mais il faut quand même parler un peu de contenu. Par exemple, pour redémocratiser, je pense qu’il faut nationaliser des trucs. Donc je ne peux pas me réunir avec quelqu’un que l’idée de nationaliser horrifie. La démocratie sera probablement taxée par les mediacrates de projet d’extrême gauche ; remarque, il sera aussi taxé d’extrême droite…


    • Wakizashi Le 03 août 2016 à 17h09
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      “Pourtant ils continuent à vouloir “récupérer” le peuple à leur avantage pour faire croire à leur victoire.”

      C’est donc au peuple de ne pas se laisser récupérer…


    • UltraLucide Le 03 août 2016 à 22h41
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      La propagande des fédéralistes de l’UE contre leurs opposants est simple mais efficace. Juste une seule équation facile à retenir, “Souverainiste = Fasciste”.
      Dans l’esprit des européens bien-pensants, Fasciste = plein de choses, comme “xénphobe” ou “raciste”, cela leur ouvre un vaste champ d’action. Ils peuvent ainsi saper les fondements et les traditions des peuples et nations d’Europe.
      Leur stratégie d’amalgame a pour effet de paralyser les opposants, en les empêchant de se grouper et de se faire représenter car cet amalgame déconsidère de facto les souverainistes.
      Pour résister à l’entreprise UE, les peuples ont tout à reconstruire sur de nouvelles bases, ce qui donne tout le temps nécessaire aux fédéralistes pour dissoudre les nations et peuples européens.


    • geoffrey Le 04 août 2016 à 15h21
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      camarade,
      comment le peuple pourrait-il être l’ennemi de son serviteur, le socialisme ? Lénine était élitiste par nécessité mais idéologiquement, il n’y a pas d’élites dans une société sans classes ! Comment te convaincre ? ce sont des ânes, ceux qui voient en hollande, valls ou macron des socialistes ! Il y a le libéralisme d’une part, et la liberté d’autre part – le clivage réac’/révolutionnaire est tjrs valide…
      Geoffrey, communiste belge qui sait tout et même au-delà


  3. Jérôme Le 03 août 2016 à 07h17
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    La dissolution de l’Union européenne viendra un jour ou l’autre. Plus elle tardera et plus elle se fera dans la douleur. La douleur c’est notamment l’élimination du jeu politique de la gauche (celle que l’on appelle déjà en 2016 en France l’extrême gauche ou la gauche de la gauche). Le brexit, on le sait déjà, est le début de la fin de l’UE mais c’est surtout le schéma qui va se reproduire partout en Europe. La gauche meurt parce qu’elle est internationaliste, la droite populaire grandit car elle est la seule à parler au peuple, aux “sans-dents”. Il y a une résistance à la montée rapide en puissance de la droite populaire car le peuple n’est pas xénophobe par définition mais à choisir entre l’internationalisme sans fondement intellectuel et l’apparence d’un début de commencement de xénophobie, le peuple choisit le discours le moins faux, le plus concret, le plus réaliste. La bonne nouvelle est qu’il existe un espace politique pour une gauche qui sait parler au peuple, il suffit maintenant de l’inventer.


  4. Henri Tanson Le 03 août 2016 à 08h19
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    S’opposer au néolibéralisme et au pouvoir antidémocratique d’élites auto proclamées, ce n’est ni de droite ni de gauche; c’est juste une idée de bon sens !
    Si les partis populistes ou extrêmes se sont emparés du sujet, c’est parce que les autres partis, dirigés par une mafia qui ne défend que ses “propres” intérêts, ont abandonnés intentionnellement l’idée de souveraineté et de sortie de l’UE, à ces partis “pourris”; afin qu’ils pourrissent l’idée !
    Et ça a bien marché : “vous voulez sortir de l’UE, donc vous êtes populistes, souverainistes, d’extrême-droite, fasciste, pétainiste”, etc.


    • Ailleret Le 03 août 2016 à 08h56
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      “vous êtes populistes, souverainistes d’extrême droite, fascistes, pétainistes” : votre litanie est bien sûr ironique, et amusante, car le régime dirigé par Pétain entre 1940 et 1944 n’était pas précisément souverainiste… Il était fondé sur l’abandon de la souveraineté française, comme le montre le seul exemple de la ligne de démarcation.
      Mais vous avez raison, le discours hystérique de l’oligarchie n’en est plus à une contradiction près.


  5. philbrasov Le 03 août 2016 à 08h28
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    si Boris johnson et Nigel Farage sont aux yeux de l’auteur des gens peu ragoutants, l’auteur est bien content de manger le ragout, une fois la victoire du Brexit acquise.. Que dire de son copain Jeremy Corbyn, qui a l’image de Tsypras, s’écrase lamentablement face aux bruxellois… Ou sont les convictions chez ces gens?
    A t’on entendu les Melenchon, et autres Oskar Lafontaine demander un referendum pour une sortie de leur pays de l’UE ? NON…. mais tous ces donneurs de leçons , sont bien contents de s’appuyer sur les succes electoraux des nationalistes, tout en virant dans leurs rangs ceux qui souhaitent et un flexit et une sortie de la zone euro a l’image d’un jacques Nikonoff.
    Tant que ces gens n’auront pas compris que les nouveaux choix politiques ne sont plus etre de droite ou etre de gauche mais être souverainiste, ou europeistes mondialistes ( pour faire simple), ils resteront des blablateurs sans convictions profondes. et sans STRATEGIE.


    • Ailleret Le 03 août 2016 à 09h04
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      Entièrement d’accord avec le diagnostic de votre dernier paragraphe. Tant que la “gauche radicale” jouera les coquettes (ma position est-elle de gauche ? et ma coiffure ? et mes ongles : sont-ils de gauche ?), elle se fera justement laminer. Cela dit, Kouvelakis affirme au moins que l’UE n’est pas réformable : j’aimerais que Mélenchon le dise aussi, haut et fort, et qu’il ajoute : nous appelons donc la France à quitter l’UE. Un thème efficace pour sa campagne présidentielle en 2017.


  6. dc Le 03 août 2016 à 08h29
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    J’avoue mon incompréhension des 2 commentaires précédents. L’ue est bien un peu comme le ps irréformable de l’intérieur . Les modes de fonctionnement sont verrouillés et aucune pensée hétérodoxe ne peut y vivre. S’y soumettre ou s’en démettre.
    De plus l’approche criminelle de certains de ses responsables semble apparaître de plus en plus nettement.
    http://www.pauljorion.com/blog/2016/08/02/le-fmi-avoue-avoir-immole-la-grece-pour-le-compte-de-leurogroupe-par-yanis-varoufakis/#more-88127
    Ainsi il semble bien que ce que beaucoup pressentaient se révèle. La troika aurait sciemment organisée la mort accélérée de nombreux citoyens grecs. Nous serions en Afrique ces responsables seraient déjà devant un TPI. Mais comme ce sont de gentilles institutions mondiales et européennes on ne dira rien ils ont quand même sauvé des banquiers.
    Juste une question faut-il être sociopathe pour exercer des responsabilités dans ces organisations ou juste un criminel?


    • daniel Le 03 août 2016 à 16h50
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      “[Afrique…] ces responsables seraient déjà devant un TPI. ”

      Juste, mais non. Le FMI a beaucoup tué de par le monde, Afrique et Asie comprises. Et en Afrique, là où les calamités FMIesques ont été nombreuses, il n’est pas passé devant aucun tribunal. En fait il s’en tire par quelques regrets “techniques”, très longtemps après ses forfaits.
      Le FMI est une machine semblable à l’UE, même idéologie sans pitié et mêmes arguments. Normal, l’idée de base est la même.
      Une conclusion: à dégager.


  7. thmos Le 03 août 2016 à 09h48
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    La gauche libérale et libertaire a tous les pouvoirs depuis si longtemps qu’elle fabrique ses ambitieux et ses factieux, eux-mêmes si loin du peuple… “Des forces de droite xénophobes” votent mal mais prennent par accident sans doute la bonne décision : ce Niet évoqué plus loin dans le blog aujourd’hui- et la majorité qu’elle constituent aux élections (45 % en France lors des “européennes”) n’est qu’un “vote de contestation ” etc etc Les Lordon grecs ont beau nous expliquer que la démocratie est bafouée eux-mêmes réfutent aussi la voie des citoyens


  8. Koui Le 03 août 2016 à 09h56
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    Il y a quelque chose de pourri dans le rêve européiste d’une partie de la gauche. L’UE n’est pas une communauté démocratique et ne le sera pas avant longtemps. Les citoyens refusent donc la dissolution de leur communauté nationale. Nous voulons des barrières de potentiel contrôlées par la volonté populaire et non pas une union qui semble avoir pour seule fonction de dissoudre les formes locales d’organisation dans un grand marche entropique ou toute l’énergie est dissipée dans l’agitation thermique de la concurrence. Le socialisme c’est de donner le pouvoir à la communauté sur son organisation sociale, pas d’effacer la communauté pour rendre immuable cette organisation.


  9. Noriam Le 03 août 2016 à 11h18
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    “Une vraie refondation de l’Europe signifie briser la cage de fer de l’austérité perpétuelle et du néolibéralisme autoritaire”
    Pourquoi cette obsession à vouloir refonder l’Europe ? A vouloir que tous les européens marchent au même pas et dans la même direction ?
    L’Europe existe, nous sommes européens et nous demeurerons européens, même si les états retrouvent leur souveraineté.


    • patrick Le 03 août 2016 à 16h30
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      ne confondons pas l’Europe ( des nations, des cultures, une histoire commune ) et l’UE ( une sur-couche administrative et technocratique ).
      et arrêtons de dire que l’UE est libérale , une surcouche d’état qui pond de la norme et de la règlementation au kilomètre est anti-libérale au possible.


      • fred79 Le 04 août 2016 à 21h51
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        La bureaucratie, c’est l’administration, les fonctionnaires, c’est l’Etat.
        Plus de bureaucratie, c’est plus d’Etatisme et l’Etatisme est l’opposé du libéralisme.
        Alors à moins que le néolibéralisme soit le nouveau nom de l’Etatisme, je n’y comprends plus rien.


  10. jplchrm Le 03 août 2016 à 11h28
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    Il n’existe pratiquement plus de gauche antilibérale (Cf. encore et toujours Michéa). A partir de là, il faut choisir son camp.


  11. yann plouc Le 03 août 2016 à 11h38
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    bon, UE non réformable, l’UPR en parle depuis 9 ans. [Modéré] En fait, l’UE est une bulle financière. Tout le monde fait semblant en espérant qu’un truc magique va arriver, en collant des rustines de + en + grosses puis en menaçant les sceptiques … Un jour, la bulle explose parce qu’une bulle, ça explose ! Cela montre aussi que l’UE n’est pas un projet politique, mais financier, goupillé par des “rapetou” financiers incapables de créer autre chose que des bulles … Vouloir sortir de l’UE par la politique est comme vouloir sortir d’une dictature par la démocratie. Parler de politique est vain. Il faut sortir de l’UE pour en récupérer le droit.


  12. Louis Robert Le 03 août 2016 à 12h18
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    Nous refusons toujours de comprendre la leçon du siècle dernier. En Occident, il y a une seule classe politique; cette unique classe du Pouvoir qui devient carrément fasciste quand menace le peuple, dès lors considéré (donc devenu…) l’ennemi intérieur. C’est toute l’histoire du XXième siècle.

    Parce nous choisissons d’ignorer l’Histoire, encore une fois, nous sommes en train de la répéter, au son menaçant du “gauche/droite, gauche/droite, gauche, gauche, gauche/droite/gauche…”, aux frontières mêmes , oui, de la Russie… (une fois encore) et de la Chine.


  13. patrick Le 03 août 2016 à 16h05
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    “un côté vieillissant, anglican, traditionnel, classes moyennes coincées, 100 % blanches”
    et oui, et les classes populaires qui ont voté pour l’UKIP sont en train de se rendre compte qu’elles ont beaucoup de points commun avec Farage , ce sont eux aussi des “petits blancs ” que la gauche méprise.


  14. dan Le 03 août 2016 à 16h44
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    Pour moi qui suis de “gauche” et qui l’a toujours été depuis ma prime jeunesse, j’ai 60 ans, les partis de gauche et d’extrême gauche, tous sans exception, on fait faillite. Leur faillite est patente lorsqu’on voit le positionnement qu’ils ont pris par rapport a cet évènement fondamental qu’est le brexit. D’ailleurs le terme de gauche n’as plus beaucoup de sens aujourd’hui. C’est un terme fourre-tout et inconséquent. Comment peut-on être de gauche lorsque être de gauche vous situe dans le même camp que Vals et Hollande ? Impossible.
    Donc la vraie ligne de fracture anti-système est bien l’UE dont il faut sortir le plus rapidement possible, l’euro dont il faut sortir également le plus rapidement possible également, et l’Otan idem.


    • RGT Le 03 août 2016 à 20h18
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      La “gauche” et la “droite” n’ont plus de signification depuis bien longtemps déjà…

      Si on regarde depuis la fin du XIXè siècle, la “gauche” a toujours préservé les intérêts des 1% en instrumentalisant les “gueux” et en collaborant dans la joie avec les ploutocrates.

      Le problème principal de les “démocraties représentatives” est la captation de tous les pouvoirs par une caste prétendument issue “de la légitimité des urnes” mais qui n’a aucun compte à rendre sur ses turpitudes.

      Et ce système est principalement basé sur un système “éducatif” qui dresse les citoyens à se “comporter de manière républicaine” afin qu’aucune oreille ne dépasse de l’alignement des esclaves soumis.

      Jules Ferry, qui a mis en place “l’école publique” si chère à la “gauche” avait bien compris que ce système permettait de rentrer de force dans les têtes les réflexes de la servitude volontaire.

      Il approuvait aussi la colonisation, etc…

      Quand un “homme de gauche” encense Jules Ferry, j’ai envie de lui coller des baffes…


  15. Simon Le 03 août 2016 à 17h39
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    Si vous le dites. Pour ma part, je ne pense pas qu’il fait une distinction gauche internationaliste/droite xenophobe. Je ne voie pas non plus la pertinence de l’état consistoire, et c’est si facile de dire “servant des banquiers”. Votre lucidité, en somme, ne saute pas de la page.


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