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21.février.202121.2.2021 // Les Crises

Chercheurs d’origine chinoise : La suspicion généralisée menace l’innovation

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Source : Consortium News, Caroline Wagner

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Caroline Wagner réagit à l’arrestation de Gang Chen, professeur d’ingénierie au MIT, au début du mois de janvier.

(7postman/E via Getty Images)

Université d’État de l’Ohio

L’arrestation du professeur d’ingénierie du MIT Gang Chen le 14 janvier a attiré l’attention sur le rôle de la Chine dans le système de la science et la technologie américain. Ce n’est pas la première fois que des soupçons pèsent sur un scientifique d’origine chinoise – Chen est un citoyen américain naturalisé – pour des travaux que ces scientifiques mènent ouvertement aux États-Unis.

Les accusations portées contre Gang Chen – fraude électronique, défaut de déclaration d’un compte bancaire à l’étranger et fausse déclaration sur une demande de remboursement d’impôts – découlent du fait qu’il n’a pas mentionné le financement chinois de ses recherches. Le MIT a qualifié ces allégations de « navrantes », et le président de l’école ainsi que 100 membres du corps enseignant prennent la défense des investissements d’une université chinoise dans la recherche du MIT. Aucune preuve d’espionnage n’a été rendue publique, mais une plainte pénale du ministère de la Justice a fait craindre que la loyauté de Chen ne soit pas compatible avec les intérêts américains.

Ce type d’enquête risque de porter atteinte à l’un des atouts les plus importants des États-Unis : la recherche ouverte.

Le contrôle exercé par le gouvernement américain sur les Américains d’origine chinoise et les universitaires chinois va à l’encontre d’un échange scientifique ouvert. Mes recherches sur la collaboration internationale dans le domaine scientifique ont montré que les nations ouvertes ont une science performante. Les nations qui acceptent des visiteurs et envoient des chercheurs à l’étranger, celles qui s’engagent dans des collaborations transfrontalières et financent des projets internationaux produisent une science de meilleure qualité et excellent dans l’innovation. La fermeture des portes inhibe le caractère même du système d’innovation américain qui fait l’envie du monde entier.

Depuis six décennies, les États-Unis sont la Mecque des gens intelligents qui souhaitent mener des recherches. Mais cela a changé sous l’administration Trump : les agences gouvernementales ont surveillé de très près les chercheurs chinois, de peur qu’ils n’aient l’intention de voler la propriété intellectuelle. Dans un discours prononcé devant des universitaires américains, un responsable du FBI a déclaré : « […] la plus grande menace à long terme pour l’information et les idées de notre nation ainsi que pour notre vitalité et notre leadership économiques est la menace du gouvernement chinois ».

Le fait de soumettre les chercheurs chinois à un examen minutieux, comme si leurs actions méritaient automatiquement d’être suspectées menace d’empoisonner les relations entre les États-Unis et la Chine, la puissance mondiale montante dans le domaine de la science et de la technologie. Je soutiens que l’interruption de cette relation rend le système d’innovation américain plus vulnérable, et non plus sûr. La force des États-Unis réside dans l’innovation rapide dans un environnement ouvert ; le choix de la Chine pour une société plus fermée peut aller à l’encontre de ses propres objectifs d’innovation, mais nous ne devrions pas retourner cette situation en défaveur des nôtres.

Différents pays, différents traitements

Les récits de deux spécialistes des fusées reflètent ce que je considère comme le danger inhérent aux craintes de l’influence chinoise.

Photo non datée de Qian Xuesen.
(Shizhao/Wikimedia Commons)

Qian Xuesen, un scientifique d’origine chinoise formé au MIT, a contribué à la victoire des États-Unis lors de la Seconde Guerre mondiale en participant à la recherche sur la propulsion à réaction. Après la guerre, Qian a travaillé au Caltech, où il a fait paraître de brillantes études scientifiques.

Malheureusement pour lui, les débuts de l’astronautique américaine ont coïncidé avec des présomptions croissantes d’influence étrangère aux États-Unis, semblables à celles qu’on observe aujourd’hui. Les collègues de Qian ont commencé à se demander s’il était suffisamment américain dans ses allégeances.

Au moment même où la méfiance augmentait à l’égard de Qian et autres, l’opération secrète du gouvernement américain Paperclip a permis à Wernher von Braun et à d’autres spécialistes nazis des fusées militaires de venir aux États-Unis. Von Braun et d’autres ont passé une décennie sous surveillance militaire, accélérant ainsi le programme de fusées américain.

Qian et von Braun ont tous deux passé le début des années 1950 en résidence surveillée, mais pour des raisons et à des fins différentes. Bien qu’aucune preuve n’ait jamais été présentée, Qian a été, en 1955, considéré comme un espion et déporté. La Chine l’a de nouveau accueilli et lui a construit un laboratoire ; on l’appelle « le père de la technologie spatiale chinoise ». Encourager Qian à rester aux États-Unis aurait probablement retardé les progrès chinois en matière de technologie des missiles.

Wernher von Braun (au centre) explique le système de lancement de la fusée Saturn au président John F. Kennedy.
(NASA, CC BY)

En revanche, von Braun a mené l’astronautique américaine au succès dans la course à l’espace lors de la Guerre froide. Il a été très bien accueilli aux États-Unis et est devenu citoyen américain, travaillant pour la NASA pendant le reste de sa vie.

Les soupçons des Américains à l’égard de la Chine ne datent pas d’hier, ils sont alimentés par la xénophobie et les opinions anticommunistes. Aujourd’hui encore, la loi américaine interdit à la NASA de coopérer avec la Chine. Alors que la Chine est devenue le premier exportateur mondial de hautes technologies, les craintes et la colère grandissent à l’idée de voir la Chine voler le savoir-faire américain. Dans le cas de la Chine, les choses sont d’autant plus compliquées que ce pays est très grand et que les liens internes entre la science et la technologie militaire sont étroits.

Les universitaires chinois aux États-Unis

Cependant, en dépit des tensions politiques et des problèmes de visa, le nombre d’étudiants et d’universitaires chinois étrangers qui se rendent aux États-Unis pour y suivre des études supérieures et participer à la recherche et au développement a connu une croissance spectaculaire au cours de la décennie qui a précédé la pandémie de Covid-19.

Deux étudiantes chinoises fêtent leur diplôme à l’université Columbia de New York en 2019.
(AP Photo/Mark Lennihan)

En 2017, les étudiants chinois aux États-Unis étaient au nombre d’environ 141 000 en premier cycle et 125 000 en deuxième cycle. On estime que 4 400 universitaires chinois (ce qui peut inclure des étudiants) sont venus aux États-Unis en 2017 pour travailler dans des laboratoires américains, rejoignant ainsi plus de 9 000 doctorants chinois déjà présents aux États-Unis et obtenant des diplômes d’universités américaines en 2018, dont plus de 4 000 prévoient de rester aux États-Unis, chiffre identique à celui des cinq années précédentes.

Que se passe-t-il lorsque les scientifiques migrent ?

La « théorie de la mosaïque » a été empruntée au secteur financier pour l’appliquer aux étudiants chinois, aux visiteurs et aux émigrés aux États-Unis. Les responsables du gouvernement américain craignent que chaque visiteur puisse transmettre une seule « tuile » de connaissances qui, une fois recombinées en Chine, construisent des modèles compliqués de mosaïque constituée de connaissances, de capacités scientifiques et technologiques approfondies.

Cette idée présuppose que la Chine possède un vaste ensemble de connaissances de base requises pour rassembler les informations. Elle dépendrait également d’une prouesse herculéenne d’organisation.

De plus, la théorie de la mosaïque ne tient pas compte des aspects de la science et de la technologie, ce qui en fait quelque chose de tout à fait différent de la finance où un dollar ne peut se trouver qu’à un seul endroit à la fois. La recherche scientifique est partagée et multipliée grâce à l’échange ouvert, à la communication et à la mobilité. Les connaissances gardées au secret deviennent très rapidement obsolètes et périmées. Les chercheurs qui ne partagent pas leurs connaissances sont écartés : c’est l’échange et la recombinaison qui créent la valeur.

Le MIT n’est qu’une parmi les illustres universités américaines, foyers d’adoption pour les universitaires du monde entier. (Maddie Meyer/Getty Images News via Getty Images)

Les États-Unis ont grandement bénéficié de l’ouverture de leur système pour accueillir des personnes intelligentes du monde entier afin de les aider à construire une base de connaissances. Un tiers des prix Nobel décernés à des scientifiques vivant aux États-Unis sont allés à des immigrants. Les gens qui passent du temps aux États-Unis et qui rentrent ensuite dans leur pays continuent souvent d’entretenir des liens avec leurs homologues américains, ce qui crée un réseau mondial de relations offrant de grands avantages au niveau mondial (et national).

Les expériences dans la recherche et le développement concernant la Covid-19 mettent en évidence les avantages de l’ouverture. Dès les premiers jours de la pandémie, des chercheurs chinois ont galvanisé la recherche mondiale en publiant la séquence du génome du nouveau coronavirus. Les chercheurs internationaux sur les coronavirus, qui avaient noué des liens au cours de la décennie précédant l’émergence de la covid-19, ont été stimulés dans leur action. Rapidement, les scientifiques chinois et américains ont renforcé leur coopération en virologie, immunologie et épidémiologie afin de jeter les bases de tests, de traitements et de vaccins rapides. Malheureusement, les actions politiques des deux côtés ont refroidi les premières actions et affaibli les liens, mais les vaccins étaient en route.

Les États-Unis peuvent continuer à décourager les chercheurs chinois qui participent à leurs recherches, coincés dans un mode binaire de perception des relations comme une concurrence entre grandes puissances. La Chine n’est pas un allié, il me semble donc logique de limiter la coopération en matière de technologies militaires.

Mais la méfiance qui pèse sur les chercheurs chinois – celle qui fait écho à la peur des Rouges et aux craintes d’espionnage – vont renvoyer chez lui le prochain Qian Xuesen et il y renforcera les capacités de la Chine. Je pense que les États-Unis gagneraient à reconnaître le rôle essentiel de la recherche ouverte, la richesse de la capacité scientifique de nombreux pays et les avantages que les États-Unis tirent des connaissances créées ou rapatriées ici par les immigrants et les visiteurs.

Caroline Wagner est titulaire de la chaire Roslyn Wolf et Milton en affaires internationales à l’université d’État de l’Ohio.

Source : Consortium News, Caroline Wagner, 27-01-2021

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

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Commentaire recommandé

James Whitney // 21.02.2021 à 08h30

Ma belle fille Ràchel Stern, prof de droit à l’Université de Californie, Berkeley, et spécialiste en droit chinois, m’a écrit que la xénophobie envers les chercheurs et étudiants chinois aux États-Unis, est devenue un problème énorme, et que ces chercheurs/étudiants aient commencé à préférer à aller ailleurs, surtout en Grande Bretagne. Cela lui inquiète.

15 réactions et commentaires

  • sergeat // 21.02.2021 à 08h05

    La recherche a toujours été ouverte,et le vol d’expertise a toujours existé.N’oublions pas quand même que l’appropriation d’expertise étrangère est faite par les US grace au cloud et au rachat des start-up,dans notre pays une quantité impressionnante de leader stratégique ont été racheté par les nord-américains.
    Le problème pour la Chine est inverse,il est très dur pour un étranger de piquer une expertise chinoise.
    Du coté français à l’époque du général,beaucoup de nos ingénieurs sont allé aux US d’où notre bombe H,suivi dans la recherche spatiale d’envoi d’étudiants aux US et en ex-URSS.
    Il est vrai que chez nous le gouvernement et surtout l’armée s’inquiètent aussi du nombre de chinois étudiant en Bretagne (SNLE,détection….)

      +9

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    • pseudo // 21.02.2021 à 09h55

      le sujet de cet article, selon moi, est moins le vole de PI que la lente déliquescence américaine et les spasmes fascistes que cela engendre.
      On vogue de banalités en répétition à la lecture de cet article qui constate que la recherche ouverte est plus pertinente, que d’apparenter le savoir scientifique à des quantités monétaires est inapproprié, que les américains mangent à tous les râteliers, que les chinois volent, les américains aussi.

        +5

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  • emmanueL // 21.02.2021 à 08h29

    La théorie de la « mosaïque » et de ses « tuiles » ressemble étrangement à une transposition de celle du « ruissellement ». Autre similitude, les deux relèvent de l’ordre du fantasme et se révèlent complètement inopérantes et hors sujet.

      +4

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    • sergeat // 21.02.2021 à 08h54

      Je ne pense pas,dans mon cas strictement personnel (ingénieur aéronautique et spatial),j’ ai eu une bourse pour étudié en ex-URSS dans le domaine d’automatisme car les soviétiques avaient une avance rappelez vous les robots sur la lune:lunakhod sorte de robot mobile….
      L’expertise vous la prenez où elle est.

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  • James Whitney // 21.02.2021 à 08h30

    Ma belle fille Ràchel Stern, prof de droit à l’Université de Californie, Berkeley, et spécialiste en droit chinois, m’a écrit que la xénophobie envers les chercheurs et étudiants chinois aux États-Unis, est devenue un problème énorme, et que ces chercheurs/étudiants aient commencé à préférer à aller ailleurs, surtout en Grande Bretagne. Cela lui inquiète.

      +11

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  • Brigitte // 21.02.2021 à 08h48

    Les USA ont été les premiers bénéficiaires de la science ouverte au siècle dernier et même encore.
    Le domaine nucléaire où la France était pionnière entre les deux guerres, en est un exemple. Les chercheurs français ont émigré au Canada et aux USA pour pouvoir continuer leurs travaux pendant la guerre, partageant du même coup leurs secrets de recherche. ils ont eu beaucoup de mal à revenir en France après guerre, ce qui a eu pour conséquence de retarder la France dans ce domaine. Retard qu’elle a rattrapé ensuite mais sous certaines conditions….
    Comparer les USA à la Mecque de l’intelligence et de l’esprit d’entreprendre est une bonne formule…..en tout cas pour les européens. Un français qui n’a pas passé au moins un an là-bas est un mécréant…
    Ce système créé une dépendance des pays en matière de recherche car même une fois les chercheurs rentrés chez eux, les labos continuent de collaborer au profit des USA qui « dirigent » les politiques de recherche, donc l’innovation.
    La Chine aurait tout intérêt à faire la même chose, cad accueillir des étudiants étrangers en doc et postdoc, pour pouvoir ensuite bénéficier des collaborations pour influencer les politiques de recherche à son profit, où elle est sure d’avoir toujours une longueur d’avance.

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  • bogdan // 21.02.2021 à 12h54

    j’ai eu l’occasion de financer en tant qu’industriel, beaucoup de projets de recherche aux États Unis, à Stanford, Denver, etc.. dans les années 85-95 et ça a continué après moi.
    1) il y avait déjà un pourcentage non négligeable de chinois car il n’y avait plus assez d’états-uniens qui se détournaient de plus en plus des sciences vers le business (mba).
    2) il n’y avait aucun doute que les étudiants chinois roulaient pour le compte de leur gouvernement (comme pour les soviétiques, les autorités gardaient à l’œil, à la maison, un (ou plusieurs) membre de la famille (pas question d’émigrer comme ça)
    3) aucun des étudiants français diplômés et revenus en France n’a particulièrement « collaboré » avec les USA par la suite.

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    • James Whitney // 21.02.2021 à 16h13

      Pendant ces mêmes années 85-95 je travaillait en tant que développeur de logiciels géométriques pour un filial de Dassault Systèmes, et j’avais beaucoup de collègues chinois, indiens, haïtiens, etc.
      Pour moi ces collègues, tout comme mes collègues américains ou français, était des gens qui travaillait comme tout le monde. A ma connaissance aucun de mes collègue roulaient pour le compte de leur gouvernement.

        +3

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      • bogdan // 21.02.2021 à 21h03

        je reconnais que sur l’instant, je ne l’avais pas détecté.

        ce n’est qu’après avoir observé par la suite les chinois.es en Europe que j’ai compris que beaucoup d’entre eux et surtout (!) elles étaient en « mission » quand ils ou elles s’installaient à l’étranger.

        Je ne parle pas des chinois qui étaient des employés en Chine des filiales de mon entreprise et qui venaient ponctuellement en France.
        Je parle des chinois.es qui se faisaient recruter directement au siège.

        Concernant leur présence dans les universités, je suis convaincu que la « mission. était d’apprendre des méthodes de travail. Rien de dramatique en soi.

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  • Koui // 21.02.2021 à 13h48

    Les chinois sont gouvernés par des scientifiques et des ingénieurs, tandis que les USA sont plutôt dirigés par des juristes, des businessmans et des clowns. Les étudiants américains ne s’y trompent pas et fuient les disciplines scientifiques qui ne sont plus ni prestigieuses ni rémunératrices. Si ils chassent les étudiants chinois, il ne leur restera plus que les indiens et les européens pour faire leurs recherches. Cela peut être suffisant. Le problème est qu’en cas de troubles, il ne restera plus personne dans les labos.

      +5

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  • vert-de-taire // 21.02.2021 à 16h19

    De fait, le gouvernement chinois sait parfaitement terroriser ses ressortissants pour en faire des espions.

    Une pratique de tous les pays depuis toujours
    et dénoncée opportunément contre la Chine et les chinois
    un des ennemis de l’Empire
    lequel ne tient plus qu’à un fil et qqs bombes.

      +4

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  • Dissonance // 21.02.2021 à 22h33

    Une remarque qui n’est pas exactement le sujet de l’article, mais pas complètement hors-sujet non plus: Le terme « innovation » recouvre le plus souvent dans le langage actuel une escroquerie: Le re-bidouillage d’une loi physique, ou « mieux » d’une technologie connue de longue date, pour vendre au plus cher et si possible sous licence. L’exemple type (au point d’être caricatural) est la multiplication des versions d’I-phones d’Apple au fil du temps, pour des bénéfices (utilisateur) pour le moins discutables.

    De ce point de vue, l’arrestation et la mise en prison des auteurs de ce type d’escroqueries ne serait pas exactement une mauvaise nouvelle. Encore faudrait-il se désintoxiquer la tête de tous les concepts fumeux introduits par le capitalisme ces dernières années/décennies. Celui-ci a en effet subverti le langage progressiste à un tel point que nous sommes désormais condamnés à en interroger les démarches les plus apparemment évidentes avec le plus grand soin.

      +3

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    • vert-de-taire // 22.02.2021 à 13h37

      Tellement juste !

      la fumeuse innovation avec les variations sur un thème est la principale source de profits fallacieux.
      Je le constate dans qqs domaines que je connais un peu, informatique, l’électronique et la politique.
      Les progrès y sont d’abord dans l’éducation des masses à acheter du vent.
      On en change la direction est il est nouveau.
      Il suffit de recycler des mots pour fabriquer un nouveau rêve.
      Le plus extraordinaire, pour l’assemblage de neurones et autres cellules que je suis,
      c’est que ça fonctionne parfaitement tout en générant des catastrophes à l’ensemble du vivant.
      Une poignée de salauds détruit tout avec l’accord passif mais explicite de mes contemporains.
      J’ai beau me pincer, mon rêve ne finit pas. Il est évident que J’abuse de mon temps de reflexion et ça dérange mon araignée.

        +3

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  • Christian Gedeon // 22.02.2021 à 12h33

    Bof. Le vol de savoir faire et maintenant de technologie est vieux comme le monde. L’Occident a un vrai problème qui est celui des formations scientifiques et technologiques.des centaines de milliers de psychologues, sociologues et autres communicants, des «  écoles de commerce et de gestion » comme s’il en pleuvait et un appauvrissement régulier de notre production d’ingénieurs de chercheurs scientifiques et de techniciens de grande qualité. C’est triste et très inquiétant.

      +6

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  • Bill -56 // 22.02.2021 à 12h57

    Bien sûr, bien sûr… tout ça n’est pas bien grave, il suffit juste de demander aux anciens d’Alcatel ce qu’ils en pensent. Mais il fallait bien vendre des Airbus…

      +3

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