Source : La Tribune, Romaric Godin, 27/01/2017

La population allemande à la fin de 2016 atteignait 82,8 millions d’habitants, soit 600.000 personnes de plus qu’un an plus tôt. (Photo : lors d’une projection publique à Berlin, le public allemand acclame son équipe de football qui joue à Marseille contre la France, le 7 juillet 2016 ) (Crédits : Reuters)

La population allemande a atteint 82,8 millions d’habitants en 2016 en raison de l’augmentation du solde migratoire. Le précédent record de 2002 est dépassé. Mais les menaces à long terme demeurent.

L’Allemagne n’a jamais été aussi peuplée. Selon les chiffres préliminaires de Destatis, l’Office fédéral des Statistiques allemand, la population allemande à la fin de 2016 atteignait 82,8 millions d’habitants, soit 600.000 personnes de plus qu’un an plus tôt. Grâce à cette poussée, le précédent record de population, qui datait de 2002 et se situait à 82,5 millions d’habitants, a été dépassé. Ces chiffres doivent cependant être pris avec beaucoup de réserves, prévient Destatis, en raison d’un changement méthodique. On se souvient que le recensement de 2011 avait révélé une population inférieure de 2 millions à l’estimation annuelle alors publiée par Destatis qui s’appuie sur les chiffres des enregistrements municipaux pas toujours très fiables.

Solde migratoire positif…

La raison de cette croissance démographique importante demeure le solde migratoire hautement positif, estimé pour 2016 à plus de 750.000 personnes. En 2015, ce solde migratoire se situait à 1,1 million de personnes. Le détail de ce chiffre n’est pas encore connu, mais il supposerait des entrées de personnes en Allemagne à un niveau proche de 1,5 million de personne l’an dernier.

Evidemment, comme en 2015, les populations réfugiées du moyen et proche Orient devraient représenter une grande partie de ces entrées sur le territoire allemand, mais il convient de ne pas oublier que plusieurs pays d’Europe méridionale et centrale (Pologne, Espagne, Grèce, Portugal) continuent de connaitre des soldes migratoires négatifs vis-à-vis de l’Allemagne. En 2014, avant l’arrivée des réfugiés, l’Allemagne avait ainsi déjà connu une forte croissance de son solde migratoire de 550.000 personnes en termes nets.

… et historiquement élevé

Ce solde migratoire positif de 750.000 personnes reste, en tout cas, extrêmement élevé, alors que les flux de réfugiés se sont pratiquement arrêtés depuis le printemps. Outre l’exceptionnelle année 2015, il faut remonter en 1992 pour trouver un chiffre supérieur dans l’histoire de la République fédérale. Il sera intéressant de savoir si, malgré l’impression de frontières désormais maîtrisées que donne le gouvernement fédéral, les arrivées se sont poursuivies tout au long de l’année, ou si elles se sont brutalement ralenties. Reste que le solde migratoire a, en trois ans, apporté pas moins de 2,3 millions d’habitants supplémentaires à une Allemagne qui, par ailleurs, connaît une démographie naturelle préoccupante.

Solde naturel négatif

Car, le solde naturel allemand, lui, continue à être très négatif. Destatis l’évalue dans une fourchette allant de 150.000 à 190.000 personnes. En 2015, il y avait eu outre-Rhin 188.000 décès de plus que de naissance en Allemagne, on devrait donc se situer un peu en deçà de ce chiffre en raison d’une stagnation des décès et d’une légère remontée des naissances. Mais ce déficit naturel demeure préoccupant pour deux raisons. D’abord en raison du vieillissement accru de la population qu’il induit. Ensuite, parce qu’il contraint l’Allemagne à maintenir un solde migratoire élevé de façon durable pour éviter de voir sa population reculer. Enfin, parce que ce solde naturel migratoire s’auto-amplifie en conduisant à une réduction de la population en âge de procréer.

Croissance migratoire encore insuffisante à long terme

En mars 2015, Destatis avait ainsi publié des prévisions de population assez négatives, malgré la hausse du solde migratoire. « Le vieillissement de la population n’est pas réversible par le haut niveau de migration », avait indiqué l’Office. Avec un niveau moyen de solde migratoire positif de 300.000 personnes en moyenne à partir de 2016 pendant un quart de siècle, la population allemande resterait stable en 2040 avec une augmentation de 43 % des plus de 67 ans et une baisse de 11 % des moins des 20-66 ans. Ceci posera un problème de main d’œuvre et de financement des retraites. Dans cette option, la population allemande finirait, malgré tout par descendre à 77,8 millions d’habitants en 2060.

Coût réduit

Dans l’immédiat, cette croissance de la population est plutôt une aubaine économique pour l’Allemagne qui a vu sa croissance en 2016 s’accélérer à 1,9 % malgré un faible investissement et une progression de l’épargne des ménages. Elle a contraint l’Etat allemand à investir et dépenser, quoique à un niveau encore inférieur aux besoins de l’économie. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a estimé jeudi 26 janvier à 21,7 milliards d’euros le « coût » de cette migration. C’est finalement assez peu pour une économie de 3.000 milliards d’euros et un budget fédéral de 317 milliards d’euros.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 27/01/2017

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43 réponses à L’Allemagne n’a jamais été aussi peuplée, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

caliban Le 31 janvier 2017 à 02h35

Je crois qu’il faut s’inquiéter sur les conséquences politiques des flux migratoires intra-européens. C’est un cercle vicieux qui est en place.

L’Allemagne grâce à l’UE
• “truste” les excédents commerciaux
• “importe” les populations qu’elle a contribué à appauvrir

Le danger immédiat n’est peut-être pas tant dans les pays qu’elle “saigne” démographiquement.

La population allemande qui doit voter prochainement, risque de se rebiffer :
• l’assimilation des populations n’est pas nécessairement la première qualité du “volk” allemand (très faible taux de mariages mixtes)
• la répartition des richesses y est de plus en plus inégalitaire (12 millions de pauvres)
• les populations “autochtones” vont avoir des boucs émissaires à portée de main

  1. caliban Le 31 janvier 2017 à 02h35
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    Je crois qu’il faut s’inquiéter sur les conséquences politiques des flux migratoires intra-européens. C’est un cercle vicieux qui est en place.

    L’Allemagne grâce à l’UE
    • “truste” les excédents commerciaux
    • “importe” les populations qu’elle a contribué à appauvrir

    Le danger immédiat n’est peut-être pas tant dans les pays qu’elle “saigne” démographiquement.

    La population allemande qui doit voter prochainement, risque de se rebiffer :
    • l’assimilation des populations n’est pas nécessairement la première qualité du “volk” allemand (très faible taux de mariages mixtes)
    • la répartition des richesses y est de plus en plus inégalitaire (12 millions de pauvres)
    • les populations “autochtones” vont avoir des boucs émissaires à portée de main


    • Subotai Le 31 janvier 2017 à 19h04
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      L’Histoire montre que pays peuplé et absence de ressources égale conquête de nouveau territoire.

      Je vois plutôt une montée de la volonté d’expansion allemande (Ref :culturelle, historique, sociale – Todd ne dit pas autre chose) avec de la chair à canon disponible…


      • moshedayan Le 31 janvier 2017 à 21h47
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        Subotai j’ai la même crainte sur l’Allemagne, après avoir d’ailleurs écouté une conférence d’Emmanuel Todd ou une interview où il disait que ce pays se préparait de grandes difficultés pour assimiler tous ces immigrés (d’une autre culture – d’autres systèmes familiaux…). De plus, la “porte ouverte” à ceux-ci a parfaitement répondu aux besoins de l’industrie, du patronat allemands – d’une main d’oeuvre abondante, fraîche et pas chère (sur le papier) et elle s’est vite refermée.
        Derrière cet égoïsme allemand, je vois la persistance d’idées “vitalistes”, “Mittel Europa”, “hinterland” comme un instinct “séculaire” dans la nation allemande ou chez le patronat allemand.
        Or, cela est au détriment d’autres Etats européens -seul le groupe de Visegrad a vu dès le début le danger. La France doit se rapprocher de l’Italie, de Visegrad et de la Russie pour casser la dynamique allemande – c’est mon souhait.


      • Subotai Le 01 février 2017 à 06h02
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        Vous n’avez pas idée de comment un projet de conquête et un ennemi désigné rendent les gens patriotes.
        Les USA en savent quelque chose…


    • Olympi Le 31 janvier 2017 à 21h30
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      Vous avez tout à fait raison pour ce qui des migrations intra-européenne.
      Il y a un gros risque de création d’un Mezzogiorno européen, où l’Italie, la Grèce, l’Espagne donnera leurs meilleurs jeunes aux économies des pays du nord, l’Allemagne en tête, et créera une paupérisation du sud plus importante qu’elle ne l’est.

      Cela ne me semble pas être souhaitable, raison de plus de sortir de l’Euro afin de rééquilibrer les économies.

      La carte qui va bien http://img.over-blog-kiwi.com/1/44/31/06/20150427/ob_f55639_image2.png
      de http://lesdefisdeleurope.over-blog.com/2015/04/dynamique-territoriale-de-l-union-europeenne.html


  2. jessim Le 31 janvier 2017 à 08h26
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    Je ne comprends ce non sens économique, on veut que les allemands fassent plus d’enfants alors qu’il y a moins de travail du fait de notre évolution économique. Au delà de l’aspect rude de son économique qui laisse sur le banc des millions de personnes pauvres, le fait qu’il y ait peu d’enfants signifie moins de main d’oeuvre disponible donc des salaires qui montent vers le haut.

    En France, c’est pareil, on veut que les familles fassent beaucoup d’enfants pour quelle issue ? Une école publique où les classes sont surchargées où l’enseignement recule, une situation économique qui fait que même avec leurs diplômes leurs salaires vont être faibles voir ils connaitront le RSA. De plus on pousse les femmes à vouloir faire carrière et pour beaucoup d’entres elles malheureusement faire carrière et vie de famille est très difficile à concilier donc certaines font des choix.

    Si les occidentaux font moins d’enfants, il ne faut pas s’en plaindre, je pense que c’est juste une adaptation inconsciente à l’économie moderne


    • caliban Le 31 janvier 2017 à 08h40
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      1) Retraites

      Si une population ne renouvelle pas les générations, alors adieu les retraites par répartition (chacun met au pot, solidarité entre les générations). Bonjour les retraites par capitalisation (tu paies des assurances privées).

      C’est ce qui se passe en Allemagne justement. Et c’est l’origine même du problème des déséquilibres au sein de l’UE : les retraités allemands ont besoin que les revenus du capital soient élevés (“performants”), leur niveau de vie en dépend. Cela explique “l’égoïsme apparent” des politiques économique allemandes, le gouvernement ne peut pas / plus faire autrement, il doit obéir aux marchés ou laisser à l’abandon une partie de sa population (qui vote).

      2) Salaires

      Le niveau de revenu ne répond pas à la logique de l’offre et de la demande, avec une main invisible qui ajusterait les prix. Si ce schéma a jamais été efficient quelque part, ce n’est certainement pas dans le “marché” du travail.

      Une bonne part des emplois industriels allemands sont délocalisés en Europe de de l’Est parce qu’ils permettent aux entreprises d’augmenter les dividendes.


      • Chris Le 31 janvier 2017 à 09h34
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        Vous oubliez le déclin de la consommation qui résulte des deux premiers paramètres…


      • Benoit Laine Le 31 janvier 2017 à 09h37
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        A vrai dire, répartition ou capitalisation, peu importe. C’est le taux de dépendance qui compte.

        Le système par capitalisation suppose qu’il se trouvera demain des personnes pour racheter les actifs capitalisés, de manière à assurer des rentrées liquides aux retraités par capitalisation. S’il n’y a plus de jeunes actifs ayant besoin de capitaliser, je gage que les cours de ces actifs que tout le monde voudra vendre et pas grand monde voudra acheter baissent sérieusement.

        Un déséquilibre démographique avec un fort taux de dépendance est mauvais pour le niveau des retraites, quel que soit le système. C’est d’ailleurs très logique. Les retraites sont toujours par “répartition” : quel que soit le système de rémunération des personnes actives et des personnes inactives, c’est toujours au final a richesse nationale qui est “répartie”.


        • Chris Le 31 janvier 2017 à 11h21
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          L’autre solution est d’abandonner la structure familiale nucléaire très répandue en Occident, pour revenir aux familles élargies, partages des ressources, etc…
          On y vient indirectement par le biais des jeunes Peter Pan, qui au chômdu, restent chez les parents jusqu’à 35 ans.
          Retour dans le futur…


        • Crapaud Rouge Le 31 janvier 2017 à 11h32
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          @Benoit Laine : avec la solution dite “par répartition”, ce sont des flux, (les revenus), qui sont répartis. Avec la “capitalisation”, ce sont des stocks, (l’épargne). Certes, les deux posent problème quand le ratio actifs/retraités se dégrade, mais la capitalisation en pose un autre, et il est de taille : la conservation de la valeur financière du stock sur des dizaines d’années. Cette contrainte, politiquement incontournable, prive les Allemands de toute marge de manœuvre sur le plan financier. C’est une épée de Damoclès qui surplombe toute la zone euro.


          • Thanos Le 31 janvier 2017 à 20h30
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            Bsr, pour répondre à la place de Benoit Laine, non, “flux” ou “stock” n’ont pas de place ici. Ce que vous appelez “conservation de la valeur financière du stock” ,des obligations en fait qui perdront leur valeur si il n’y a plus personne pour les acheter, au même titre que la “conservation de la valeur financière du flux (pour reprendre vos termes)” des cotisations sera nulle s’il n’y a plus de cotisants. Dans le 1er cas c ‘est l’absence d’acheteur, dans le second, c’est l’absence de cotisant qui déprécie la valeur de la pension. Cela dit, le système par capitalisation permet de profité du rendement des actifs pour les pensions ( ce qui suppose un risque certes) tout en finançant les emprunts d’état…
            Mais le système par répartition peut être particulièrement injuste : il y a beaucoup d’ouvriers qui ont commencé jeunes (14/16 ans) qui ont cotisé suffisamment pour avoir le droit à la retraite mais qui ne peuvent partir à cause de l’age légale de départ… cela concerne bcp de monde dans le privé, souvent les petits salaires. Enfin, parce que la France est un pays formidable, j’invite les lecteurs à rechercher comment à été géré puis ce qu’est devenu le Fond Réserves Retraites de L. Jospin doté de 33 Milliards d’euros tout de même.


    • G. Le 31 janvier 2017 à 08h41
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      Ne pas faire assez d’enfants, c’est disparaitre à court terme. Regardez la composition de la population mondiale et vous comprendrez vite qui seront les maitres de la planète demain. La population est une force, pas une faiblesse!


      • PierreH Le 31 janvier 2017 à 11h18
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        Ca ne me semble ni une force ni une faiblesse, c’est un facteur qu’il fau(drai)t adapter à la situation: un taux de natalité trop bas entraîne des problèmes économiques à moyen et long terme et une dynamique de baisse trop importante peut être difficile à enrayer une fois que la population s’habitue à avoir 1 enfant par foyer (ça devient la norme en Europe de l’Ouest, la France est encore un peu une exception). Mais si c’est trop haut, encore faut-il avoir les ressources et l’organisation économique avec la répartition des richesses adaptée pour pouvoir fournir à tout le monde de quoi manger, se loger et se vêtir (au minimum).

        Au-delà de ça prétendre qu’un pays très peuplé a un atout très fort, particulièrement militairement, ça me semble cracher dans les yeux de l’histoire récente: avec les progrès technique ça n’est pas tellement le nombre de soldats qui est le facteur déterminant, ça fait même un moment, je rappelle que l’Angleterre a mis la pâtée à la Chine lors de la guerre de l’opium…


        • CQFD Le 31 janvier 2017 à 13h26
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          C’est bien connu, le Bangladesh est le pays le plus merveilleux et le plus puissant du monde.

          Les retraites sont conçues comme une pyramide de Ponzi. Alors c’est sûr, le moment où elle va s’effondrer, ça va faire mal… Mais il faut bien comprendre qu’elle VA s’effondrer, qu’on le veuille ou non. On peut essayer de dégonfler la bulle en douceur, même s’il est peut-être déjà trop tard, ou on peut continuer à foncer dans le mur et attendre qu’elle explose d’elle-même avec toute la violence que ça implique.


        • jessim Le 31 janvier 2017 à 13h51
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          Exactement, je voulais en venir sur ce point là mais mon commentaire aurait été trop long. Se pose le problème de la répartition des richesses, dans une situation ou une élite s’accapare de plus en plus de ressources entrainant une méfiance des classes moyennes vis à vis de l’avenir, forcément les femmes ne font plus d’enfants.

          Entre la pression sociale qui incite les femmes à travailler, reléguant la femme au foyer au stade d’OVNI qui ne vit pas avec son temps, les licenciements en veux-tu en voilà sans compter tous les problèmes de drogue, de délinquance liés à la jeunesse. Je trouve qu’on incite beaucoup plus les femmes à ne pas faire d’enfants que l’inverse.

          La société tel qu’elle est n’est que le résultat de notre modèle sociale et sociétale


        • Subotai Le 31 janvier 2017 à 18h43
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          C’est vrai que la Chine, depuis, parle le britishe couramment et fait la pause pour le thé à 17h – avec un nuage de la lait, s’il vo play…


      • JLR72 Le 31 janvier 2017 à 15h19
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        +1bob; @G., jusqu’à maintenant la théorie dominante est qu’en effet plus un pays est peuplé plus il est fort. Toutefois, l’expérience nous montre qu’une population élevé peut aussi créer d’importants déséquilibres et je ne serais pas surpris que la Chine, l’Inde et in fine tous les autres pays du monde (car interdépendants) rencontrent de sérieux soucis à moyen-terme.


  3. bob Le 31 janvier 2017 à 10h12
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    la population mondiale est en situation de surpopulation. Nous sommes près de 7 milliards bientôt peut être 9 ou11 milliards. Capitalisme ou pas l’homme pollue et dégrade son environnement. Il ne sera pas possible de soutenir 10 milliards d’habitants sur terre (contrairement à ce que certains pensent). L’homme est comme le ver dans le fruit sauf que nous n’avons pas de fruit de rechange.
    Toute politique d’accroissement de population est désormais criminelle
    personne ne veut y penser et personne n’en parle. enfin si, certains y pensent mais plutôt que de mettre sur la table, ils rêvent d’une colonisation extraterrestre impossible.
    Cette question nous reviendra en oleine face un jour ou l’autre qu’on le veuille ou non


    • NS Le 31 janvier 2017 à 11h36
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      Ouf merci, je me sentais un peu seul. Je ne comprends pas pourquoi on veut absolument surpeupler la planète à tout prix. Peut être parce que nos institutions, en particulier nos caisses de retraite fonctionnent comme des systèmes de Ponzi (désolé pour la référence verreuse).
      Je suis en Suisse pour quelques mois là et suis surpris par la surpopulation de ce pays, moi qui pensait trouver un pays montagneux et sauvage (les montagnes sont toujours là ^^). Je restais dans ma tete aux 6M et quelques d’habitants que je me souvenais de l’enfance (il y a 20 ans environ). Aujourd’hui je vois qu’on est à 8M et je vois des prévisions enchanteresses pour 2040 à 9.5 ou 10M d’habitants ; ça fait peur !
      On sera bien content quand on sera 11bn d’être humains sur la planète, on aura une planète à bout de souffle mais on arrivera à payer plus ou moins nos retraites, vu que ça paraît être ce qu’il y a de plus important….


      • tepavac Le 31 janvier 2017 à 14h25
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        J’avoue être perplexe sur cette question récurrente. Effectivement nous ne pouvons nier le fait d’être en milieu fermé, la Terre. A ce titre nous sommes soumis à sa capacité de production “régénérative” des sols ainsi qu’a son appoint d’eau “potable”.

        Néanmoins mon interrogation repose sur un un autre fait. Tout le monde admet que les pays Européen ont une démographie négative.
        Nous constatons aussi que l’Europe et les États Unis sont les zones à plus forte absorption migratoire, les Etas unis à eux seuls intégrant 2 millions de personnes par an depuis la seconde guerre mondiale.

        Par conséquent, pourquoi nous soumet-on ce problème sachant qu’il nous concerne “indirectement” ?
        Est-ce une incitation à l’ingérence eugéniste qui n’ose dire son nom?
        Je ne comprend pas la démarche, qui par ailleurs me rappelle trop “l’ingérence humanitaire” qui à fini par des guerres à répétition.


        • raloul Le 31 janvier 2017 à 14h38
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          Bonjour !

          Pour répondre à votre question, je dirais que ce problème me concerne directement en tant que citoyen suisse. Nous avons reçu plus d’un million d’immigrés en moins de 15 ans. Je vous laisse imaginer les besoins en logements, infrastructures, etc…
          Et la population de citoyens suisses est relativement stable, bien que les naturalisations tirent les chiffres vers le haut.
          Personnellement j’aimais bien le niveau de population d’il y a 30 ans… Je n’étais qu’un môme et acheter une maison à un prix soutenable était encore possible, entre autres…


          • tepavac Le 31 janvier 2017 à 17h33
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            Bonjour Raoul !
            Donc nous parlons “d’immigration”, et non de démographie. C’est, je dois dire, un biais étrange que de l’aborder sous cet angle du billet et j’en félicite OB, car c’est un sujet polémique qui induit des conflits idéologiques, alors j’espère nous resterons tous avec des sentiments cordiaux et à l’esprit d’intérêt universel.

            Je vous comprend parfaitement Raoul, seulement je ne pense pas que le format du site, nous permette d’approfondir le sujet sans immédiatement arriver à des centaines de com. Difficile à gérer, pourtant il en serait nécessaire.

            Je me souvient encore du sujet sur, justement, l’Allemagne et ses portes ouvertes à tous va.
            La moindre opinion contraire était classifiée de raciste, nazi, faschiste…
            A l’époque, j’avais souligné le fait, que ce n’était pas une question, d’accueillir ou non des réfugiés, car cela ne se pose même pas, mais du comportement totalement inapproprié du gouvernement Allemand.
            Un contrôle était nécessaire, et il le sera toujours. Cela m’a valu et me vaut toujours une appréciation d’égoïste….


      • Sébastien Le 31 janvier 2017 à 14h49
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        Qui surpleuple la planète? Les Européens?
        Comme ethnocide déguisé, on ne fait pas mieux.
        Ah mais il est vrai que dans l’autre sens, c’est tabou, n’est-ce pas? On en parle?
        1 milliard d’africains
        1 milliard de chinois
        1 milliards d’Indous.
        Je continue?
        Comme dit monsieur Schlob, finalement 88 millions rapporter à 7 milliards, c’est peu.


      • Alex Le 31 janvier 2017 à 15h31
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        La démographie risque de devenir un très gros problème à moyen terme et la stratégie allemande est à l’image des dirigeants actuels du monde, complétement folle!

        La crainte de beaucoup de personnes est d’être submerger par la démographie des pays pauvres et “en développement”, crainte qui est sans doute fondé d’ailleurs, mais se lancer dans une course à la naissance c’est la stratégie du pire.

        Les dirigeants politique en Europe gardent la tète dans le guidon et reste obstiné à vouloir relancé la croissance et mettre les gens au travail quand il faudrait repensé complétement nos modes de vie et arrêter de consommer à outrance uniquement pour maintenir en vie la machine productive.

        Les européens devraient moins travailler et faire un peu plus d’enfants mais le problème de l’Afrique est tout autre.
        Le continent noir est totalement désorganiser et désuni sur la question démographique. Il faudrait pourtant mettre ce débat sur la table et par la même occasion celui du développement de ces pays.


      • Subotai Le 31 janvier 2017 à 19h00
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        Personne ne veut absolument surpeupler la planète à tout prix. Elle se surpeuple toute seule et se dépeuplera aussi toute seule, sans nous demander notre avis.
        Les animaux que nous sommes répondent à leur instinct génésique pour assurer la perpétuation de l’espèce.
        S’interdire de procréer est contre nature et est contraire à l’instinct de survie – Je prolonge ma vie dans celle de mes enfants.
        Cet instinct de survie peut mener à la destruction des autres pour assurer la sienne, mais pas à cesser de procréer. Il faut un effort de rationalisation très important et très difficile à faire pour l’accepter. (C’est d’ailleurs aussi en cela que les Chinois se considèrent comme l’essence supérieure de l’humain – ayant réussi intellectuellement à contrôler les instincts animaux au niveau social).
        Donc si vous voulez éteindre votre lignée faites le, mais ne le demandez pas aux autres.


        • Boosterg Le 01 février 2017 à 17h07
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          Vous avez raison, pour survivre on est parfois ammené à la destruction des autres. Les européens et leur territoire submergés par d’autres ethnies sont effectivement en danger. Devons-nous donc detruire les autres pour survivre avant qu’ils ne nous détruisent ?


          • Subotai Le 01 février 2017 à 17h15
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            Il serait peut être bon dans ce cas que les européens quittent d’abord les territoires des autres qu’ils occupent…
            Non?


            • Booster Le 01 février 2017 à 17h54
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              Pouvez-vous me donner un exemple? De combien d’individus européens parlons-nous ? Quelles fonctions occupent-ils ?


            • Subotai Le 02 février 2017 à 07h07
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              @ Booster
              Vous rigolez j’espère.
              Il me semble pas que l’Afrique, l’Asie et les Amériques soient les continent d’origine des européens qui les peuplent et les dirigent – au détriment des autochtones…
              D’ailleurs, c’est précisément ce reflux historique – depuis la 2e GM – qui s’est accéléré depuis le début du XXIe siècle qui provoque cette angoisse occidentale et ces soubresauts géopolitiques.
              Les Restes du Monde reprennent la main, il a fallut pour l’Amérique du Sud la fin du XXe siècle pour commencer à voir des dirigeants descendant d’autochtones arriver au pouvoir.
              Et le contrôle des marionnettes locales dans les [Modéré] est devenu extrêmement délicat voire impossible.
              Dites vous bien que c’est absolument contraint et forcé que que les USA ont élu Trump parce que c’était le seul à annoncer clairement le repli stratégique de l’Empire. Celui qui laissait espérer des dégâts moindre dans la déglingue générale.
              Entendre au USA même: les “Alliés”, les “Amis”, les “Clients” r. à f.
              USA d’abord!


    • fanfan Le 31 janvier 2017 à 13h38
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      Bienvenue dans un mode d’eugénisme !
      Personne sauf 0.001% ne veut de votre société eugéniste et malthusienne.
      L’agroécologie peut nourrir 12 milliards d’êtres humains (Jean Ziegler , Olivier De Schutter au conseil des droits de l’homme de l’ONU).
      Mais, étant donné que le système néo-libéral prévaut dans notre fonctionnement économique, je ne vois pas comment on pourrait espérer régler les problèmes planétaires comme ceux de la pollution, de la biodiversité et du changement climatique.

      Introduction de Jean Bernard-Maugiron aux deux fondateurs de la critique radicale des technologies, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau.
      http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/bcje_toile.pdf


    • caliban Le 31 janvier 2017 à 15h00
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      C’est assez stupéfiant de constater que certains appliquent la notion de décroissance économique et ses attendus écologiques … à la population humaine.

      La décroissance peut s’appliquer à l’organisation économique des sociétés, pas aux êtres humains. Colporter des discours sur un excès d’êtres humains, c’est à coup sûr se retrouver avec des politique eugénistes :
      • pourquoi ne pas stériliser des Africains puisque c’est ce continent qui explose démographiquement ?
      • pourquoi ne pas euthanasier les vieux parce qu’ils sont jugés “improductifs” ?
      • pourquoi ne pas modifier génétiquement les êtres humains afin de leur mettre une date de péremption ?

      Au lieu de se plaindre d’un trop grand nombre d’êtres humains, on ferait mieux de se demander comment élever le niveau de vie et d’éducation des populations, notamment celui des femmes. C’est ce dernier facteur qui sera en mesure de limiter les naissances.

      N’importe quel démographe le sait.


      • julien Le 31 janvier 2017 à 16h35
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        J’ai envie de dire : “oui vous avez raison mais c’est trop tard” !

        La crise écologique accentuera rapidement les phénomènes migratoires jusqu’à ce que les populations allogènes soient perçues comme des menaces directes à la survie des populations locales.

        Une décroissance pacifique de la population mondiale est un leurre…
        Le plus probable c’est que les zones périphériques aux zones civilisées (qui deviendront militarisées par des régimes autoritaires: les seuls à pouvoir prendre des décisions inacceptables démocratiquement) tomberont dans le chaos tandis que les populations civiles de ces zones seront laminées par les famines et les maladies.

        Heureusement, l’espoir fait vivre alors j’espère que nos gouvernements prendront des décisions radicales d’éducation massive des populations (surtout des filles) dans l’ensemble des pays du monde pour qu’en 40ans la natalité moyenne s’effondre partout.

        Rêvons ensemble de ce miracle pacifique…


      • dusud Le 31 janvier 2017 à 18h25
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        caliban Le 31 janvier 2017 à 15h00

        L’idée selon laquelle les femmes ou couples éduqués seront nécessairement désireux d’avoir moins d’enfants, et de faire par exemple usage de méthodes contraceptives, est peut-être un peu naïve :

        « Parmi les obstacles au recours à la contraception dans les pays du Sud, la valeur sociale attribuée à une fécondité élevée en est l’un des principaux (Lesthaeghe, 1989 ; Cleland et al., 2006). »
        ( http://www.cairn.info/revue-population-2013-1-page-17.htm )

        « L’une des raisons à cette faible pratique [pratiques contraceptives] est que le nombre d’enfants souhaité reste très élevé. Dans les enquêtes EDS on interroge les femmes mariées sur le nombre d’enfants qu’elles souhaiteraient avoir dans l’idéal6 (USAID, 2010). En Afrique occidentale, les réponses vont, en moyenne nationale, de 4,6 à 9,1 (au Niger) ; elles sont un peu inférieures en Afrique orientale : 3,6 à 6,3. Le record est pour le Tchad, avec 9,2 enfants. Or la figure 1 confirme la forte corrélation entre fécondité observée et fécondité désirée. De plus, si l’on prend en compte l’avis des hommes, là où ils ont été interrogés, on constate que leur nombre idéal est systématiquement plus élevé que celui des femmes, avec des moyennes atteignant 12,6 au Niger et 13,7 au Tchad… Selon les mêmes enquêtes, la proportion de naissances que les femmes déclarent ne pas avoir désirées est d’ailleurs le plus souvent très faible : entre 3 et 17 % en Afrique de l’Ouest et du centre, entre 8 et 46 % en Afrique du Sud et de l’Est. »
        ( piketty.pse.ens.fr/files/Leridon2015.pdf, page 12)


      • caliban Le 31 janvier 2017 à 19h54
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        @dusud

        Vos citations ne sont pas en contradictions avec la loi démographique que je rappelle. Si vous mettiez en rapport les taux d’alphabétisation des pays que vous citez avec les réponses obtenues, je suis certain que vous auriez une forte corrélation. Par exemple, le Tchad a un taux d’analphabètes de 78%

        Cela dit, merci pour votre précision.


        • Boosterg Le 01 février 2017 à 17h12
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          Rien ne changera dans ces pays tant qu’on leur laisse la possibilité de déléguer leur problème de natalité dans d’autres régions du monde.


  4. christian gedeon Le 31 janvier 2017 à 12h58
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    Raminagrobis…extraordinaire article,qui fait dans “l’objectivité ” des chiffres,la mathématique démographique,en abordant si peu les conséquences sociologiques et politique de ce grand chambardement des flux migratoires,aggravés par la pyramide des âges de la population “naturelle,puisque c’est le terme utilisé.Et les autruches creusaient creusaient…


  5. Jacques Beaudry Le 31 janvier 2017 à 15h14
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    La qualité d’une nation ne se trouve pas dans la quantité mais dans la qualité de ses citoyens. Pour le capitalisme c’est peut-être différent.


  6. Krystyna Hawrot Le 01 février 2017 à 22h48
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    Enfin on admet que la fameuse “mobilité européenne” n’est rien d’autre qu’une gigantesque migration: une saignée sans précédent des pays de l’Est, qui perdent tous leur jeunes, qui s’en vont se reproduire ailleurs… 2 millions de Bulgarie, entre 2 et 5 millions de Pologne, 3 millions de Roumanie… La panique nationaliste des pays baltes doit être vue dans ce contexte: si 250 000 personnes quittent un pays de 3 millions d’habitants, on peut se demander si à terme l’existence de la nation n’est pas menacée. En Pologne on peut dire que dès que quelqu’un a le moindre diplôme, il prépare son émigration! Et maintenant, logiquement, les pays du Sud européen suivent la voix. Quelle belle solidarité européenne!


  7. _HP_ Le 04 février 2017 à 14h59
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    L’allemand de souche, une espèce (je n’ose dire race) en voie de disparition ?
    Allemand étant défini pour l’occasion comme issu d’au moins 2 grand-parents nés en allemagne (ou zone majoritairement germanophone à l’époque), c’est l’identité personnelle “de tradition allemande” ou pas selon l’origine linguistico-culturelle qui compte ici, pas la nationalité (ni la religion).

    Avec un taux de fécondité très négatif depuis longtemps, donc une population “allemande” en diminution rapide, et aucune perspective d’amélioration (peu de mariages mixtes et impossibilité morale de favoriser la fécondité “blonde”), un taux d’immigration élevé (même hors de la vague 2015-2016), ces immigrés ayant par contre un taux de fécondité proche de celui de leur région d’origine, moyen (2,0+) à très élevé, on peut calculer quand l’allemagne sera peuplée majoritairement de non-allemands de souche. Ainsi que quand l’allemagne deviendra le premier grand pays à majorité musulmane.
    Je dis premier à dessein, d’autres suivront.
    Ce n’est pas pour demain, mais pas non plus dans si longtemps à l’échelle d’une vie humaine.

    En soi ce n’est ni bien ni mal, c’est une évolution, mais elle est prévisible et il ne serait pas sot d’y réfléchir dès maintenant.
    Essayer de figer la tendance en fermant les frontières voire de la renverser en chassant les derniers venus est perdu d’avance, on ne pourrait au mieux que ralentir faiblement la vitesse d’évolution, ce n’est pas non plus une approche productive.


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