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30.octobre.201630.10.2016 // Les Crises

Un film à voir au cinéma : Captain Fantastic

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Je vous conseille pour cette journée qui dure une heure de plus un très beau film (comédie dramatique) : Captain Fantastic (note record de 18/10 sur Allociné…)

En plus, il y a un clin d’oeil au grand Noam Chomsky dedans 🙂

Je vous rappelle que j’ai aussi créé avant ce blog, ce blog dédié à Noam Chomsky : www.noam-chomsky.fr.

Comme (évidemment) il roupille un peu depuis, je cherche quelqu’un qui serait un peu motivé pour m’aider à l’animer (cela prendra très peu de temps, avec un gros plus si vous connaissez un peu wordpress ou sinon si vous êtes relativement à l’aise en informatique. Me contacter)

Source : Télérama, 12-10-2016

Synopsis

Ben et sa femme détestaient la société consumériste et ont donc tout quitté pour aller vivre dans les bois. Alors que son épouse est à l’hôpital, Ben continue à enseigner à ses six enfants comment vivre en communion avec la nature. Ils les entraînent à chasser, les poussent à dépasser leurs limites physiques et leur fait l’école. Leur monde s’écroule quand leur mère, bipolaire, se suicide. Ben découvre le testament de son épouse. Il est bien décidé à ce que ses dernières volontés soient respectées. Le père de la défunte, qui menace de faire arrêter Ben si il se rend à la cérémonie, compte bien enterrer sa fille alors que la jeune femme voulait être incinérée…

Critique lors de la sortie en salle le 12/10/2016

Par Jérémie Couston

Vivre dans une cabane au milieu des bois, avec des livres, un potager et une canne à pêche, en marge de cette société de consommation aliénante, qui n’en a jamais rêvé ? C’est l’utopie concrète proposée (imposée ?) par Ben Cash à ses six jeunes enfants. Au programme de leur éducation mi-hippie, mi-altermondialiste, en autarcie dans une forêt du nord-ouest des États-Unis : chasse au daim à l’arc, escalade, yoga et cours d’espéranto. Dans cette petite communauté où la religion n’a pas sa place, on ne fête pas Noël mais le « Noam Chom­sky Day », en référence au célèbre linguiste et philosophe. La tête et le corps façonnés par un père à tendance autoritaire, la progéniture semble ne manquer de rien sinon de l’amour de leur mère, récemment hospitalisée pour ­bipolarité. Sa disparition coïncidera avec le désir d’émancipation de l’aîné, qui se verrait bien, enfin, courir le guilledou et entrer à Harvard.

Après une première partie euphorisante, sur la symbiose avec la nature, les joies et les limites d’un système éducatif en vase clos, le film et ses néo-Robinsons entament une mini-révolution, au risque de la déconvenue. A bord d’un vieux bus, la famille Cash se confronte au monde extérieur. A commencer par les parents de la défunte, caricatures un peu grossières du capitalisme triomphant : ils n’ont jamais compris le virage écolo-libertaire de leur fille… Incarné par un Viggo Mortensen en grande forme, Ben est-il le ­superhéros que le titre suggère ? Fantastique ou fantasque ? En tout cas un père idéaliste qui se bat pour ses convictions et pour que ses enfants vivent dans un monde authentique. De quoi forcer le respect.

Jérémie Couston

Source : Télérama, 12-10-2016

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Commentaire recommandé

calal // 30.10.2016 à 19h42

perso, cette fable sur le colibri qui fait sa part m’insupporte de plus en plus. pendant que les gros et les puissants ne footent rien,voir meme organise le feu de foret pour avoir plus d’herbe a bouffer, ce serait aux petits de se bouger?

j’y crois plus. Depuis ma jeunesse (1984),on me bourre le mou avec live aid ethiopie et l’afrique est toujours ds la m…. Coluche a cree les restos du coeur en 80 et en 2016 ils battent des records de frequentation .S’il reste de la pauvrete,c’est parce que le systeme le veut.

29 réactions et commentaires

  • SQP // 30.10.2016 à 06h48

    Contrairement aux codes de ce journaliste, je pense que ce personnage ne peut pas être “mi-altermondialiste”, pour la bonne raison qu’il ne saurait être question de mondialisme, alter ou pas, quand on est piéton, dans sa foret.

    Wikipedia Altermondialisme:
    Effrayés d’être accusé de repli frileux, les nouveaux altermondialistes se soumettraient aux idéaux universalistes, dénigrant le libéralisme économique tout en se pliant aux dogmes du libéralisme sociétal sans reconnaître que selon les travaux de Jean-Claude Michéa les deux sont liés. Ils seraient les hérauts d’« une autre mondialisation » qui resterait une mondialisation, ambiguïté qui marquerait définitivement le mouvement

    Moi c’est le livre la langue des médias, d’Ingrid Riocreux, que je conseillerais.

      +17

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  • Hegemon // 30.10.2016 à 08h27

    Vue 2 fois en 48h ,sans trop spolier, la thématique est à cheval sur les questions de domination du capitalisme et sur la question éducative … peut-on dans le souci de préserver ses enfants des nombreux “aléas” du monde actuel , hypothéquer leurs chances de s’y intégrer sans que ceux-ci aient eu leurs mots à dire ?
    Le réalisateur ne donne pas vraiment de conclusion et fait dans le mi figue mi raisin. N’en reste pas moins que le film est enivrant à mes yeux. Sans tomber la tête la première dans les clichés du film , on en sort légèrement regonflé et accessoirement, les acteurs, des plus jeunes aux plus âgés, sont absolument parfaits. A voir !

      +2

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  • Macarel // 30.10.2016 à 08h31

    Personne ne souhaite vivre dans la misère matérielle comme beaucoup de nos ancêtres (ou de populations de pays, actuellement dits, sous-développés). Mais il ne fait pas bon vivre non plus dans une société “d’abondance” productiviste/consumériste déshumanisée et qui rend l’environnement de plus en plus impropre à la survie des êtres vivants.
    C’est le terrible défi, auquel nous sommes confrontés en ce début de XXIième siècle, avec une population humaine qui n’a jamais été si nombreuse sur Terre.
    Comment inventer un type de progrès, qui ne serait pas seulement technique, mais aussi éthique et respectueux du berceau de l’humanité.
    Je ne vois pas comment cela peut se faire sans sortir du système capitaliste et de l’idéologie du libéralisme économique à tout crin. Nous sommes à la croisée des chemins, car les grands barons voleurs capitalistes ne sont pas disposés à abandonner leur position dominante de bonne grâce. Ils s’arcboutent sur leurs positions, et ont tendance plutôt à mettre le monde à feu et à sang, plutôt que de céder le moindre pouce de leur position dominante.

    “Le XXIième siècle sera spirituel, ou ne sera pas.”
    aurait dit André Malraux

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    • Cantal // 02.11.2016 à 10h57

      @Macarel
      Le questionnement que tu évoques est celui du mouvement des “Villes en Transition” lancé par Rob Hopkins en 2006. Ce mouvement propose des solutions et n’a pas vocation à être contestataire. Comment se passer des énergies fossiles, imaginer un futur positif et qui nécessite bien moins d’énergie et rejette moins de CO2, commencer aujourd’hui à bâtir la résilience nécessaire pour amortir les chocs qui s’annoncent, c’est l’esprit du mouvement de la Transition.
      Je trouve que ce mouvement est peu médiatisé, à tort.

        +1

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  • Libraire // 30.10.2016 à 08h47

    Effectivement un bon film. Bon scénar et bonne réalisation, images parfois magnifiques.

    Qui donne des éléments de réflexions sur
    Est-il vraiment possible de se positionner totalement en dehors du système? (lequel est fortement bureaucratique)
    -Se positionner totalement en dehors du système nous donne-t-il le droit d’imposer ce “vivre à coté” à nos enfants?
    – y-a-t’il une vraie intelligence à forcer des enfants à vivre en dehors de la société?
    -Une éducation autoritaire telle que présentée là peut-elle vraiment aboutir au résultat présenté?

    Surtout, allez le voir en compagnie d’enfants, vous aurez là un sacré sujet de conversation à table!

      +7

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    • Chris // 30.10.2016 à 11h43

      Toutes ces questions, les soixante-huitards “authentiques” se les sont posées, confortées par les publications du Club de Rome qui suivirent : « Halte à la croissance », « Sortir de l’ère du gaspillage : demain », etc…
      http://cms.unige.ch/isdd/spip.php?article38
      Pour ceux-là (dont je suis), rien de nouveau, juste une “remise sur le métier” et les éternels doutes du questionnement “est-ce que je fais juste? Mes actes sont-ils en harmonie avec mes conceptions et philosophie de vie”
      C’est bien de mettre en scène tous ces questionnements salutaires.
      Emmenez-y vos enfants : c’est la petite graine plantée pour demain…

        +5

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  • Eboetie // 30.10.2016 à 09h04

    Très beau film, étant donné que j’adhère à l’ensemble des idées, principes, modes de vies, impact de nos choix de consommation, et que cela souligne par ailleurs l’importance de l’éducation et la nécessité de développer les connaissances et donc l’esprit critique de nos enfants, cela m’a bien parlé. J’ai cru m’y reconnaitre par certains propos que je peux tenir et qui sont considérées comme “bobo”, utopistes ou absurdes, voire même irréelle. Quand je dis qu’il faut arrêter d’acheter des téléphones ou pc tous les ans car cela nourrit le besoin du marché et créé un génocide au Congo, les gens ne comprennent pas, ou plutot ne veulent pas comprendre, quand je dis que le sucre ou le déodorant volatile que l’on innhale chaque matin sont des poisons lents, on me répond qu’a ce moment la on ne mange plus rien, ou que je n’ai qu’à aller vivre dans les bois… alors ce film me fait vraiment du bien !!!

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    • Jean // 30.10.2016 à 09h25

      Un jour, dit une vieille légende amérindienne, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux, terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le Toucan, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :

      – Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !

      Et le colibri lui répondit :

      – Non, mais je fais ma part.

        +19

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      • calal // 30.10.2016 à 19h42

        perso, cette fable sur le colibri qui fait sa part m’insupporte de plus en plus. pendant que les gros et les puissants ne footent rien,voir meme organise le feu de foret pour avoir plus d’herbe a bouffer, ce serait aux petits de se bouger?

        j’y crois plus. Depuis ma jeunesse (1984),on me bourre le mou avec live aid ethiopie et l’afrique est toujours ds la m…. Coluche a cree les restos du coeur en 80 et en 2016 ils battent des records de frequentation .S’il reste de la pauvrete,c’est parce que le systeme le veut.

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        • Jean // 31.10.2016 à 07h13

          Je pense que la déliquescence des sociétés occidentales découle de notre infantilisation et de l’habitude que nous avons prise que l’on règle pour nous les problèmes qui nous concernent tous. Coluche est un bon exemple, il n’a pas attendu que les politiques agissent, parce qu’il savait qu’ils ne feraient rien, et il n’a pas fait disparaitre la pauvreté mais il a fait sa part.
          Lorsque nous serons suffisamment nombreux à suivre son exemple ce monde changera et cette espérance est moins utopiste que celle qui consiste à attendre que les zélites agissent en ce sens à notre place. Si nous n’atteignons pas la taille critique nous subirons collectivement les conséquences des choix du plus grand nombre mais, pour celui qui agit en accord avec sa conscience, il n’est pas même nécessaire d’espérer réussir pour persévérer. Quoiqu’il en soit, lorsqu’on me demandera ce que j’ai fait pour éviter la catastrophe écologique, économique et politique je ne veux pas être celui qui répondra : J’ai attendu.

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          • Stef1304 // 31.10.2016 à 13h18

            Je rejoins Calal… Faire notre part, c bien. Obtenir que le système change, c mieux.

            Comment ? Là est la question.

            Et puis, C vrai que la France est 1 vieux pays, mais aussi 1 un pays de vieux ( comparé à l’Algérie, par exemple), plutôt conformiste et soumis ( voir notre modèle éducatif et politique, plus républicain que démocrate…).

            Voir par exemple, sur ce blog, les dernières déclarations de Todd lorsqu’il compare élections présidentielles américaines et françaises… 😉

            Mais c aussi un pays qui tiens encore parce que notre oligarchie, en plus de nous enfumer, achète la paix sociale. On est très loin du Paris populaire, des mouvements ouvrièristes et de la commune de Paris…

            Vous avez un doute? rendez vous rue nationale, à la CAF du 13e à Paris, fermée une semaine sur deux pour traiter les dossiers; avec 1 queue qui prend plus de la moitié de la rue l’autre semain).

            Néanmoins, cette logique touche à ses limites. Pourquoi ? L’Etat est perclu de dettes et dépend de fonds financièrs apatrides et cyniques.

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            • Cantal // 02.11.2016 à 11h00

              Les politiques ne font que suivre les mouvements de la société civile.
              Si on veut que les politiques bougent, il faut bouger AVANT eux, ce sont des suiveurs, pas des leaders contrairement à ce qu’on croit.

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  • xc // 30.10.2016 à 11h34

    Je commente sans avoir vu ce film.
    [Modéré : ben non du coup…]

      +5

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  • informaticien // 30.10.2016 à 14h53

    C’est un beau film, mais pour moi, le coté miraculeux gâche un peu le propos.
    Il suppose des parents isolés, omniscients et infiniment disponibles.
    Voilà un père qui se ballade avec aisance et autorité entre la chasse, le combat corps a corps, l’escalade, la science politique, la théorie quantique, la médecine et qui en plus est un pédagogue hors pairs, capable de transmettre toutes ces connaissances à ses enfants. Pour parachever le tableau, il peut même créer une cellule familiale harmonieuse avec une épouse souffrant de troubles bi polaires profonds. Apparemment son épouse, bien que gravement malade était aussi une mère super douée, a part les épisodes de violence incontrôlée envers ses enfants et son suicide. ça fait un peu beaucoup…
    A part ça, je suis d’accord avec les autres commentaires.

      +12

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  • Mat // 30.10.2016 à 17h43

    Ce film est très intéressant et pose beaucoup de questions.
    Sans aller aussi loin que cette famille, il n’est pas toujours facile de modifier ses modes de vie tout en restant intégrés complètement dans la société.
    Des choix comme devenir végétarien ou ne plus prendre l’avion demandent du courage et sont compliqués : cela peut provoquer un isolement ou bien cela pour vous faire passer pour un chieur, ou bien cela peut provoquer le refus des vacances avec des amis (pour éviter un voyage en avion), … Personnellement pour ces raisons je n’ai pas appliqué entièrement ces 2 principes, mais si rationnellement, ce sont des choix qui sont logiques (dérèglement climatique, guerres du pétrole, épuisement des ressources…).

    Un peu dans la même veine, mais dans la vraie vie, j’ai bien aimé ce documentaire d’une famille française, qui vit volontairement sans revenus.
    http://www.dailymotion.com/video/x1vwspa_documentaire-etre-sans-avoir_tv
    Le père est incroyable, il prend le temps de monter tout seul une maison en pierre, pendant plusieurs années…

      +3

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  • rototo // 30.10.2016 à 18h20

    et pour accompagner le film, un extrait du dernier disque de MV & EE, merveilleux couple psyche-free-folk qui vit aussi dans les bois selon le meme genre de principes, (bon ok ils tournent aussi pour vendre des disques de temps en temps, histoire de pas avoir à braquer les superettes ^^ )

    https://www.youtube.com/watch?v=9FVg_jppB5A

      +0

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  • LBSSO // 30.10.2016 à 19h02

    Une des plus belles scènes du film :
    Le moment où la belle mère de Ben lui fait lire la seconde lettre de son épouse.Dans celle-ci,elle remercie Ben pour ce qu ils ont vécu.Mais en même temps sa femme demande à sa mère de brùler la première.Ce qu elle n a pas fait. Ben,le mari, ne lira que la seconde.
    Nous comprenons alors toute l humanité de cette belle- mère qui si elle avait fait lire la première lettre (1) de sa fille aurait “tué” son gendre et rendu le reste de l histoire impossible.Magnifique !Quels échanges de regards entre Ben et sa belle mère

    .Dans ces mains deux lettres ,elle choisit celle qui permettra la reconstruction et non la vengeance.

    En fin le clin d œil à l’Ecosse n’est pas pour me déplaire ainsi que la version rock de Scotland Braver.Jubilatoire.

    (1) ceux qui ont vu le film et connaisse ce qui arrive à l’épouse comprendrons que cette première disait sans doute l’inverse de la première

      +3

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  • Milsabor // 31.10.2016 à 08h59

    Captain Fantastic est le film le plus beau, le plus émouvant et le plus intelligent que j’ai vu depuis « Eyes wide shut » de Kubrick.
    Il situe son propos dans la seule dialectique politique valide aujourd’hui : celle du Système versus anti-Système. Bien que la narration semble opposer les vertus de la vie écologique retirée dans la montagne comme alternative à la société de consommation, son vrai sujet porte sur le Verbe, dans le droit fil de la pensée de Noam Chomsky.
    Noam Chomsky est un linguiste. Il a développé son œuvre sur la dénonciation de la rhétorique falsifiée par l’élite au pouvoir, tant dans le discours politique que dans l’information par les médias, les supports culturels et l’éducation. Par conséquent l’antidote de ce poison culturel se situe dans le développement d’une pensée analytique critique. Et cette pensée critique doit être éduquée dès l’école primaire grâce à l’éducation philosophique. Je suis moi-même convaincu de la nécessité d’enseigner la philosophie et l’esprit des lois dès l’école primaire depuis le premier livre de Chomsky que j’ai lu en 1978 : « l’archipel bloodbath ».
    La scène du film qui met en compétition les cousins standard de 13 et 15 ans contre celui de 8 ans enseigné par son père met en évidence l’inanité de l’enseignement moderne qui ne vise qu’à développer des agents compétents du système production-consommation mais en aucun cas des citoyens autonomes et responsables. « Au secours Descartes ! ».

      +1

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    • Milsabor // 31.10.2016 à 09h00

      L’éducation philosophique un tantinet autoritaire professée par ce père, n’est pas une dynamique perverse visant à susciter sa propre idéalisation par ses enfants. Nous ne sommes pas dans « le cercle des poètes disparus ». Il exige de ses enfants qu’ils expriment une pensée argumentée appuyée sur un ressenti et une conviction personnels.
      Au bout du compte l’histoire est confrontée au paradoxe de la liberté : peut-on être libre au point de désirer sa propre aliénation ? L’entrée à l’université du fils ainé, certainement sponsorisée par le grand-père capitaliste, donne la réponse. La vraie liberté dans ce monde aliéné ne peut que venir que d’en sortir, encore faut-il y être entré. L’équipement psychologique, philosophique et politique de ces jeunes leur rend accessible l’expérience initiatique d’y entrer et d’en ressortir.
      Le seul défaut que j’ai trouvé à ce film est le discours neurobiologique convenu sur le trouble bipolaire qui fait fi des approches de la psychanalyse familiale mettant en perspective une psychopathologie familiale transgénérationnelle autour de secrets de famille et de crimes contre la filiation.
      Merci OB de m’avoir recommandé ce film.

        +1

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  • Toff de Aix // 31.10.2016 à 09h29

    Merci pour la recommandation… Ce film fait partie des “signes”, selon moi, que quelque chose est en train de changer dans la Conscience d’une “majorité silencieuse”. La majorité silencieuse, c’est celle qui ne gesticule pas, celle qui ne participe pas à l’agitation permanente de ce monde devenu vide, de cette société tombée en décadence qui fabrique des zombies consommateurs. La majorité silencieuse avance, à petits pas discrets, mais elle est là et bien là. Et elle changera peut-être le monde de demain, quand tout s’ecroulera.

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  • Bruno // 31.10.2016 à 10h44

    Vu. Déçu.
    Un signe qui en dit long : le film parle entre autre de féminisme, mais ne passe pas le test de Bechdel (ou alors de si peu que s’en ai honteux malgré tout).
    C’est un peu pareil sur le reste : de beaux discours, mais une réalité moins reluisante. Citer Noam Chomsky par ex c’est une chose, en faire un culte de la personnalité, c’est passer totalement à coté du truc, et c’est insultant. Bref, le film promet beaucoup mais n’est pas à la hauteur. A la limite, on serait presque dans la disqualification par ridicule. Pas sûr que ça soit du bon coté…
    Bon, après, au moins ça évoque certaines problématiques, on va dire que c’est déjà ça. Mais c’est si peu…

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  • METZGER // 01.11.2016 à 09h28

    Ahh ! le culte du bon sauvage a la peau dure ! Tant qu’on a la santé… Mais quand on a besoin de soins sophistiqués prodigués par une société technologique pointue, là, on rigole moins. On veut bien d’un monde plus rude, plus naturel, en vacances, à condition de retrouver le confort douillet et ses assurances le reste du temps : “allo maman bobo”. Le progrès puisqu’il faut l’appeler comme cela, c’est d’abord le confort, une vie plus longue et douce… Là, il s’agit d’un spectacle à l’écran, du virtuel, avec tout ce que cela comporte d’épopée, de romanesque, pas de la vraie vie. La vraie vie sauvage et dure, il y a beaucoup (trop) de régions du monde où vous pouvez la vivre : allez-y les gars, je vous retiens pas. Allez en Patagonie, froid vent et moules empoisonnées, en Russie orientale et sa nature écrasante dont rêvent de s’échapper les habitants. Et je ne parle pas des pays en guerre. La civilisation a des inconvénients. Mais elle se résume en fait à deux mots : confort et sécurité. Cela n’enlève rien à la justesse des analyse de Chomsky, que je révère.

      +1

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    • Pinouille // 02.11.2016 à 11h52

      “La civilisation a des inconvénients. Mais elle se résume en fait à deux mots : confort et sécurité.”

      Ou elle peut se résumer à: confort et sécurité d’une minorité de la population actuelle au détriment du reste de la population actuelle et de toute la population future.

      La perspective est différente.

        +2

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  • Gabriel RABHI // 02.11.2016 à 02h33

    Je suis un peu étonné (je reste poli) de certains commentaires…

    Oui, “les petites gens” ont à faire leur part. Et si tout le monde se met à résoudre les problèmes d’une autre manière, alors le monde change, de fait : c’est aussi simple que cela, être un Colibri !

    Comme disait Colluche : “Quand on penses qu’il suffit que les gens n’achètent plus ces produits pour qu’ils ne se vendent plus…”. Si vous voulez que ne perdure pas le système qui exclu, qui appauvrit, qui détruit l’environnement et qui abrutie les masses, et bien n’y participez plus.

    Et si vous êtes des millions, le système est remplacé par autre chose. Ghandi disait : “Devenez le changement que vous voulez voir dans le monde”. Rien de plus.

    Certains commentaires sont ceux de personnes qui en réalité ne veulent rien changer : pire, pour justifier le fait qu’elles y participe, elles dénoncent la soit-disant vacuité de chercher faire différament.

    Se consacrer au changement nécessite de sortir de sa zone de confort : et visiblement, nous n’y sommes pas tous prêt…

      +5

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  • Pinouille // 02.11.2016 à 11h18

    En effet, ce film (génial) illustre bien la phrase pleine de sagesse de Ghandi: “Devenez le changement que vous voulez voir dans le monde”
    Car il paraît difficile d’espérer ce type de changement de la part des autorités. On ne peut imposer à quiconque le désir de s’éduquer, développer un sens critique, lire des livres…
    Les autorités pourraient aussi théoriquement nous contraindre de vivre une vie plus saine (taxes sur la malbouffe) et mieux respectueuse de la nature (règlementations plus sévères), mais cela se ferait au détriment de nos libertés et de notre budget.
    Je reste persuadé que les excès de notre mode de vie sont moins le fruit des abus des oligarques/financiers/worldcompanies, que de la réponse très adaptée du marché à nos penchants naturels. Car il est plus facile ou plus agréable de:
    – regarder TPMP que de lire un livre ou regarder arte ou LCP (l’audimat l’atteste)
    – jouer à la console que de faire du sport
    – manger trop gras, trop sucré, trop salé (1 français sur 2 en surpoids)
    – avoir des amis facebook que d’avoir des amis IRL
    – etc
    Toutes les théories qui font abstraction de cette réalité passeront à côté de l’essentiel.
    Il faut d’ailleurs être un super héro comme Captain Fantastic pour emmener sa famille loin de ces facilités et plaisirs faciles…

    De mémoire: “Le communisme est un système pour les gens tels qu’ils devraient être. Le capitalisme est un système pour les gens tels qu’ils sont.”

      +1

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  • Pinouille // 02.11.2016 à 11h32

    “Oui, “les petites gens” ont à faire leur part. Et si tout le monde se met à résoudre les problèmes d’une autre manière, alors le monde change, de fait : c’est aussi simple que cela, être un Colibri !”

    Certes, si tous les habitants de cette terre se mettaient à avoir un comportement responsable, il n’y aurait plus de guerre, de famine, de désastre écologique… Mais pourquoi n’y avait-on pas pensé avant?

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  • Incognitototo // 03.11.2016 à 13h47

    Oui, un film qui fait du bien…

    Le seul problème c’est que les utopies réalisées supposent que ceux qui en sont les acteurs aient eux-mêmes fait un chemin… Combien d’humains seraient de par le monde capables, avec la connaissance que cela suppose, de vivre ainsi ? Et on remarquera au passage que ses connaissances ne l’ont pas aidé à sauver sa femme et/ou à lui trouver un psy qui l’aurait sorti d’affaire…

    Il n’y a pas de hasard à ce que la plupart des expériences d’autogestion échouent… Il y a quelque chose dans la nature humaine, liée entre autres à la problématique de la lutte des places, de profondément antisocial.

    Quand dans les années 70/80 des gens comme moi étions occupés à vivre nos utopies au quotidien (autogestion, se changer soi-même, vivre en communauté, et cetera), d’autres se chargeaient de réellement changer le monde par la mondialisation. On a totalement raté quelque chose, justement parce qu’on croyait à cette baliverne que nous changerions le monde en nous changeant nous-mêmes.

    C’est pas comme ça que ça fonctionne ; même si on doit s’efforcer de vivre conformément à ses idéaux, le politique ne change que lorsqu’on crée les rapports de force qui permettent de faire plier l’ennemi. Seulement, il semble que plus personne ne veuille se battre. Un mode de vie qui exclut le reste de la société ne changera jamais rien à ce qu’il combat.

      +4

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  • huetantpis // 04.11.2016 à 08h12

    Je pense que les discours dithyrambiques autour de ce film oublient le fond sensible de cette œuvre de fiction. Je pense pour ma part que pour apprécier Captain Fantastic, il faut aller au singulier de ce récit, à l’intime qui nous dévoile les efforts extrêmes déployés par un homme pour soulager sa compagne, malade mentale, en la protégeant des regards des autres tout en essayant de poursuivre une vie familiale riche et unie où elle a encore sa place.
    Ainsi s’évanouissent les contradictions multiples de cette éducation en tâtonnements, tentative désespérée et finalement productive puisque, après la le suicide de la mère, le clan a tenu bon dans sa tourmente dramatique et envisage un futur heureux débarrassé des salmigondis verbeux où Chomsky et toutes sortes d’autres théoriciens socialistes avaient été conviés un temps autant que Bach et les rites d’initiation à la chasse pour empêcher sa décomposition funeste.

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  • Pierrot // 07.11.2016 à 16h42

    (Attention spoiler)

    Ce film est vraiment pleins de dualités.

    Les premières impressions font penser à une petite famille hippie vivant en harmonie avec la nature, jouant de la musique au coin du feu en dissertant sur la liberté et le refus de la société contemporaine, cool quoi!

    Mais peu à peu, on se rend compte que le père est un vrai dictateur, avec lui c’est vie militaire, entrainement au combat, “marche ou crève”. Les enfants sont poussés dans leurs retranchements (cf: les interrogations sur des sujets pointus où les enfants ont l’air terrifié, la blessure du plus jeune garçon lors de l’escalade qui doit se débrouiller tout seul pour s’en sortir, etc.).
    Les enfants sont réduits à de bons petits soldats tous un peu limite psychologiquement (cf: la petite fille qui zigouille des animaux dans sa cabane en admirant Pol Pot, le garçon plus âgé incapable d’adressé un seul mot aux filles croisées à l’épicerie et il y en a d’autres!).
    Visiblement sa femme était aussi tourmentée par ces deux réalités: harmonie avec la nature et système dictatorial (cf: les deux lettres de la belle mère et l’inscription aux universités de Bo).
    bref comme dans tout bon conte, la fin est heureuse.

    Bref, ce film fait réfléchir.

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