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3.décembre.20163.12.2016 // Les Crises

Starship Troopers : l’un des films les plus incompris de tous les temps, par Calum Marsh

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Source : The Atlantic, le 07/11/2013

La prise de conscience que ce film de science-fiction est une satire est restée ignorée des critiques lorsqu’elle a émergé 16 années après. Aujourd’hui, certains commencent à saisir la plaisanterie.

Calum Marsh, le 7 novembre 2013

TriStar Pictures; Touchstone Pictures

TriStar Pictures; Touchstone Pictures

Lorsque Starship Troopers de Paul Verhoeven est sorti au cinéma il y a 16 ans, la plupart des critiques américains l’étrillèrent. Dans le New York Times, Janet Maslin éreinta “le spectacle épouvantable et dément” propulsant sur le devant de la scène “de vulgaires accoutrements taillés pour des garçons adolescents.” Jeff Vice, du Deseret News appela cela: “une éclaboussure sans fin aussi dépourvue de goût et de logique qu’elle donne même l’air intelligent à la plus décérébrée des superproductions de l’été.” Roger Ebert, qui avait loué “la satire sociale aiguisée” du Robocop de Verhoeven, trouva le film “unidimensionnel”, d’un néant insignifiant “fait pour des fans de science-fiction de 11 ans.”

Mais ces critiques n’avaient pas compris la subtilité. Starship Troopers est une satire, une parodie impitoyablement drôle et pleinement consciente du militarisme d’extrême droite. Le fait qu’il ait été et continue à être pris au pied de la lettre démontre la très grande vacuité des critiques de films.

Starship Troopers se situe dans un futur lointain, où l’espèce humaine a commencé à coloniser des mondes au-delà des frontières de notre galaxie. Les habitants de la terre ont provoqué une autre espèce d’extraterrestres malveillante ressemblant à des insectes, qui ripostent violemment contre notre planète qu’ils perçoivent soudainement et avec raison comme hostile. Interprétant des tactiques d’autodéfense évidentes pour des manœuvres d’agressions, la race humaine rassemble ses forces mondiales et se lance dans une guerre interstellaire d’un autre temps. La rhétorique tout au long du film est indéniablement fascisante : des soldats d’infanterie terriens à usage unique, parmi lesquels notre héros, un ancien apprenti pilote de la classe d’âge des étudiants des hautes écoles faisant partie intégrante des rangs, se voient galvanisés par des slogans idiots qu’ils régurgitent sur commande avec sincérité pendant qu’ils sont envoyés au massacre (“Le seul bon insecte est un insecte mort ! ” est le slogan favori – les allusions à La ferme des animaux abondent.)

Le film qui en résulte critique le complexe militaro-industriel, le chauvinisme de la politique étrangère américaine, et une culture qui privilégie la violence réactionnaire sur la compassion et la raison. Le scénario d’Edward Neumeier, écrivain de Robocop, a fourni le cadre démodé de science-fiction du roman notoirement militariste de Robert A. Heinlein, avec des archétypes empruntés à des séries pour adolescents et des fictions pour jeunes adultes, sapant le côté sérieux de la farce du texte original. Même la conclusion s’attache à amenuiser tout sentiment résiduel d’héroïsme et de bravoure. Nous voyons nos protagonistes, ayant échappés de justesse à la mort au cours d’une mission quasi suicidaire, partant de nouveau à la bataille dans une vidéo de recrutement glorificatrice, suggérant que dans la guerre la seule récompense d’une bataille bien menée est la perspective d’une nouvelle bataille.

Près de deux décennies après la sortie de ce film, les critiques de Starship Troopers ne se sont pas particulièrement améliorées. Mais on peut sentir le débat qui commence à évoluer, il en est venu à être légitimement apprécié par certains comme un chef d’œuvre méconnu. Arrivant en 20e position l’an dernier sur la liste des 100 meilleurs films des années 1990 (sondage de Slant Magazine dans lequel la publication est complète, je faisais partie des critiques votants), le site de Phil Coldiron le décrit comme “un des plus importants de tous les films anti-impérialistes”, une parodie du genre hollywoodien dont la superficielle “méchanceté” est au centre de sa critique. Il se trouve en bonne place au palmarès du film de A.V. club des années 90 en apparaissant dans le top 50 des votes où il a été salué comme “une satire gonzo [journalisme ultra-subjectif, NdT], destinée, même conçue à être mal comprise.” Scott Tobias, ancien rédacteur en chef de A.V. Club section films a salué Troopers quelques années plus tôt comme “le film de studio majeur le plus subversif de ces dernières années,” faisant remarquer qu’il semble dorénavant absurde de le considérer comme un quelconque film godiche de science-fiction, dont ses détracteurs l’accusaient.

Le slogan pour RiffTrax est “Vos films préférés sont des films drôles !” Ce qu’ils ne semblent pas comprendre, c’est que Starship Troopers est déjà drôle et intelligent.

Mais les idées trompeuses de départ persistent encore. Le 4 octobre, RiffTrax a publié un épisode dans lequel ils se sont moqués de Starship Troopers, un film que leur site web décrit comme « balourd et gueulard » et un « cafouillage imbécile ». Mike J. Nelson et ses acteurs vedettes de RiffTrax Kevin Murphy et Bill chahutent le film avec autant de perspicacité et d’esprit qu’ils ont mal compris le second degré du film. Exemple d’humour : à un moment donné, une bombe détruit une bestiole géante, et les trois hurlent « Oh non, Raid ! » Plus tard, Denise Richards sourit, et quelqu’un dit, d’une voix robotique : « Sourire-o-tron 3000 engagé. » Ça continue comme ça. Le slogan pour RiffTrax est “Vos films préférés sont des films drôles !” Ce qu’ils ne semblent pas comprendre, c’est que Starship Troopers est déjà drôle et intelligent.

Troopers, bien sûr, est loin d’être le seul exemple de film généralement incompris. En prenant suffisamment de recul, même le film le plus ardemment crucifié peut un jour trouver son héritage ressuscité, gagnant ainsi des décennies plus tard une tardive et légitime reconnaissance. Peut-être que ce temps est proche pour Troopers ; avec un peu de chance, au moins quelques auditeurs de Rifftrax ont dernièrement fait remonter à propos de ce film ce qui s’était réellement passé. Si vous êtes ouvert et en accord avec lui – si vous êtes préparé à la rigueur et l’intensité de l’approche de Verhoeven – vous comprendrez ce que la comédie burlesque de Starship Troopers est en train de vous raconter. Et vous rirez.

Source : The Atlantic, le 07/11/2013

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Commentaire recommandé

Grégory // 03.12.2016 à 01h52

En France Mad Movies (et ses brillants lecteurs, tels que moi-même et les gens avec qui je grenouillais alors) avaient d’emblée tout compris et trouvé évident ce que cet article de The Atlantic semble comprendre laborieusement avec 16 ans de retard. Ce décalage est probablement le même que celui qui a fait que les USA de Bush se sont engouffrés comme un seul homme dans la deuxième guerre d’Irak là où toute l’Europe manifestait contre trouvant évidente la mauvaise idée (oui, mêmes aux UK il y a eu de grandes manifestations. Moins en France où le président faisait déjà le boulot pour nous, autre époque…). Moufter était là bas très mal vu en 2003 et la propagande militaire absolument délirante de mes souvenirs consternés de MSNBC de l’époque, ressemblait incroyablement à la télé de Starship Troopers. Ca semblait une imbécilité typiquement ricaine jusqu’à ce que je vois la France hypnotisée, certes moins fort et moins longtemps, mais tout de même assez pour détruire la Libye avec nos impots. Et notre bref accord.

55 réactions et commentaires

  • Le Monolecte // 03.12.2016 à 00h28

    J’adore ce film depuis le début : déjà, parce que c’est de la très bonne SF et ensuite, parce qu’il est cinglant au possible dans sa manière de mettre en scène les pires défauts de la civilisation occidentale. En plus, ce film était assez visionnaire par exemple dans sa représentation des médias, avec la sur-représentation, la sur-information et la fausse interactivité… Brillant.
    Après, je trouve assez drôle qu’on puisse traiter de nazi le type qui a aussi fait Soldier of Orange ou Black Book…

      +47

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    • triari // 03.12.2016 à 12h33

      Pour ma part, j’ai toujours vu en ce très bon petit film une œuvre assez contestataire.

      Mais j’admets que, avec le recul, il avait vu juste tout un tas de choses assez incroyables en 1997 :

      1) le météore (surmédiatisé) qui s’écrase sur la terre et provoque un choc au moins aussi important que … le 11 septembre.

      2) le bellicisme encouragé par les médias (comme CNN à l’époque…et encore aujourd’hui)

      3) l’échec patent des premières opérations (comme la guerre en Irak ou en Afghanistan)

      Très visionnaire

        +14

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  • Raoul // 03.12.2016 à 01h13

    L’incompréhension provient, en partie, du fait qu’il s’agit de l’adaptation déjantée du roman très militariste de Robert Heinlein traduit en français sous le titre « Étoiles, garde-à-vous ! ». Peut-être existe-t-il du second degré dans le roman d’Heinlein, mais j’avoue qu’il m’a échappé (et l’auteur était connu pour ses positions conservatrices).

    En revanche, dans le film de Verhoeven, on ne peut guère s’y tromper : on est dans l’outrance de bout en bout. On retrouve, ça et là, des scènes reprises de films divers, notamment lors de la formation des recrues, mais détournées. Il est certain que les spectateurs nourris avec « La guerre des étoiles » ont été plutôt décontenancés.

    Ce n’est certes pas un chef d’œuvre (il y en a peu dans le cinéma de science-fiction), mais il occupe une place honorable et singulière parmi les films de SF dont le niveau général est, il est vrai, plutôt médiocre.

      +10

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    • jef // 03.12.2016 à 04h02

      Comme vous, je crois que le malentendu tient à ce que ce film adapte une œuvre de Robert Heinlein dont la réputation, effectivement, est en France comme aux USA celle d’un militariste réac. Mais 1) il est sans aucun doute l’un des plus grands écrivains américains de ce siècle, science-fiction ou hors, régulièrement comparé à Ruydard Kipling! . 2) C’est un auteur plein d’humour. 3) Le film lui rend hommage. 4) les pisse-froid y mordent certes leur queue.

        +10

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      • Bigtof // 03.12.2016 à 08h00

        Etonnant, ses descriptions d’un monde multi forme, aux amours diverses : homosexuualité, multi partenariat, etc.. Pou un auteur reac et militariste.
        Même dans Etoile Garde à vous, j’y ai trouvé une critique acerbe des militaires tant ils sont simplistes dans leur façon de faire et de rsaisonner…
        Militariste, Heinlein ? Peut-être, mais tpujours avec la critique acerbe.

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      • christian gedeon // 05.12.2016 à 11h26

        Voilà,vous avez tout dit. Peut-être que Verhoeven a voulu faire une “satyre”,mais le livre de Heinlein,auteur en effet plein d’humour, n’en est pas une…Militariste? Certes,mais au bon sens du terme. Celui du si vis pace para bellum.Verhoeven a ,peut-être voulu en faire une critique de l’impérialisme américain(sic!). Mais telle n’était certes pas l’intention de Heinlein. le film est plaisant.Mais Heinlein n’aimait pas les ricaneurs bien planqués,qui demandent aux armées d’assurer leur défense,tout en affichant des attitudes moqueuses,pour le moins.Interpréter Verhoeven juste comme un satyriste de Heinlein est légitime. Mais faire de cette oeuvre de Heilein une satyre du “système ” est juste très con. Elle est un véritable hommage rendu aux troupes d’élite qui se sacrifient pendant que les bien pensants se goinfrent.

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    • Raoul // 03.12.2016 à 09h59

      Votre jugement lapidaire sur ce que j’ai dit mériterait d’être un peu plus argumenté. Et d’abord, je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas de chefs-d’œuvres de SF, mais qu’il existait peu de chefs-d’œuvre parmi les FILMS de SF. En effet, malheureusement, au cinéma, on en est resté majoritairement au niveau de la SF des années trente, avec des scénarios anémiques.

      Pour ma part, j’aurais aimé voir adaptées des œuvres de Van Vogt (il y a de quoi faire), le cycle Fondation d’Asimov, des œuvres françaises comme les Guerriers du silence de Bordage ou Mytale d’Ayerdhal, les œuvres de David Brin, etc.

      Il existe tout de même quelques bons films : l’incontournable « 2001 L’Odyssée de l’espace » pour sa beauté car le scénario est à peu près incompréhensible, « Soleil vert », le vénérable « Planète interdite », le très kitsch et méconnu « Zardoz », « Blade runner » adapté de Dick, la première version de « Je suis une légende » avec Charlton Heston, et d’autres que j’ai oubliés ou que je n’ai pas eu l’occasion de voir.

      Mais quand on pense au potentiel que représente la SF au cinéma, on ne peut qu’être triste que la référence soit désormais « La guerre des étoiles ».

        +4

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    • gallier2 // 03.12.2016 à 11h21

      Heinlein n’était pas conservateur, loin de là. Une particularité de l’oeuvre de Heinlein c’est qu’il a écrit ses romans en incarnant à chaque fois l’état d’esprit d’une idéologie politique jusqu’au bout. C’est pour ça qu’on à un “Starship Trooper” (Etoile garda à vous) plutôt fascisant et un “Stranger in strange land” (En terre étrangère) une bible pour gauchistes.

        +6

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  • bluetonga // 03.12.2016 à 01h20

    J’étais allé voir starship troopers au cinéma avec ma femme. Nous rentrions des USA où nous avions séjourné plusieurs années. Dès la scène d’introduction, il y avait une formule du style “do you want to become a citizen?”, “voulez-vous devenir un citoyen?” et ça nous avait fait éclater de rire spontanément parce que ça renvoyait à cette obsession américaine de croire leur citoyenneté le nec plus ultra de la condition humaine. Le ton était lancé, et Verhoeven possède ce don génial de mélanger deux discours en un seul film : un premier degré pour le grand public adepte d’action et de violence, et parallèlement, une critique acerbe de cette même société, sur un mode déjanté (cf. par exemple la scène de robocop fugitif ajustant sa visée sur des pots de nourriture pour bébé dont on voit les visages radieux éclater sous les impacts). Ce ton joyeusement iconoclaste a bien fonctionné dans quelques films, mais quand il est passé à une satyre plus directe (showgirl, par exemple), la magie s’est évaporée.

      +28

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  • Grégory // 03.12.2016 à 01h52

    En France Mad Movies (et ses brillants lecteurs, tels que moi-même et les gens avec qui je grenouillais alors) avaient d’emblée tout compris et trouvé évident ce que cet article de The Atlantic semble comprendre laborieusement avec 16 ans de retard. Ce décalage est probablement le même que celui qui a fait que les USA de Bush se sont engouffrés comme un seul homme dans la deuxième guerre d’Irak là où toute l’Europe manifestait contre trouvant évidente la mauvaise idée (oui, mêmes aux UK il y a eu de grandes manifestations. Moins en France où le président faisait déjà le boulot pour nous, autre époque…). Moufter était là bas très mal vu en 2003 et la propagande militaire absolument délirante de mes souvenirs consternés de MSNBC de l’époque, ressemblait incroyablement à la télé de Starship Troopers. Ca semblait une imbécilité typiquement ricaine jusqu’à ce que je vois la France hypnotisée, certes moins fort et moins longtemps, mais tout de même assez pour détruire la Libye avec nos impots. Et notre bref accord.

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    • gallier2 // 03.12.2016 à 11h27

      Il y a avait aussi de gigantesques manifs anti-intervention en Irak aux Etats-Unis à l’époque, mais la main-mise des médias y était encore complète, d’où l’impression que l’Amérique y est allé comme un seul homme. Les sites alternatifs comme infowars et whatreallyhappenened faisaient déjà le boulot à l’époque.

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    • LePharisien // 05.12.2016 à 13h04

      “notre accord” ???? impossible, puisque Sarkozy a fait modifier la constitution et notamment l’article 35 de la déclaration de guerre. Le gouvernement n’a plus besoin de l’accord des 2 chambres pour partir en “intervention extérieure”. Tout ça sans référendum. Ça s’appelle une préméditation.

      Avant Sarko :

      “La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.”

      Après Sarko :

      “La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.

      Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote.

      Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort.

      Si le Parlement n’est pas en session à l’expiration du délai de quatre mois, il se prononce à l’ouverture de la session suivante. ”

      Le hasard sans doute…

        +3

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      • PaleFace // 05.12.2016 à 17h08

        Parfaitement d’accord.

        Un peu comme lorsque Sarkozy a assoupli (et surtout officialisé sur le plan juridique) le protocole d’accord des ruptures conventionnelles, pour faciliter les sorties d’employés surnuméraires (répondant ainsi à la sacro-sainte obsession du MEDEF).

        Et dans la même séquence politique (un peu avant si j’ai bonne mémoire…), il a assoupli les conditions de sortie du régime du nouvellement nommé Pôle Emploi, limitant ainsi chaque bénéficiaire à 2 refus d’offres “raisonnables” avant de se faire gentiment éjecter.

        Conclusion : On veut bien aider les patrons à se débarrasser de leurs indésirés, mais sans pour autant venir grossir les rangs des assistés de l’Etat (dont bien sûr les politiques ne font pas partie).

        Bizarrement, à l’époque, aucun média n’a relié ces 2 événements…

        Mais je dois être de ceux qui voient le mal dans chacune des actions politiques de nos élus.

          +2

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  • BrianDuSysCat // 03.12.2016 à 03h49

    Le cinéma hollywoodien est tellement important pour la propagande de guerre américaine qu’une critique aussi acerbe ne pouvait pas passer. Pour quiconque s’intéresse un peu à la politique la critique de l’impérialisme est évidente. : les terriens colonisent des planètes et interprètent la riposte des colonisés comme des attaques gratuites.

      +22

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  • Thanos // 03.12.2016 à 03h57

    Chef d’œuvre SF 90′ complètement punk ds sa démarche. Critique socio politique cynique et esthétique. Casting intégralement composé d’acteurs de séries américaines (moyennement connus chez nous) type Barbie/Ken, gros monstres arachnoïdes et un thème qu’on retrouve aussi dans Showgirl du même Verhoeven (dans Fight Club de Fincher aussi d’ailleurs) : la dépossession, l’aliénation, l’agentisation (volontaire ou non) des esprits ou des corps par l’argent (Showgirl), l’idéologie-morale ou/et la technique (Starship-Hollowman). Tout engagement politique, idéologique, militant (civique dans Starship) aussi “juste” qu’il peut paraitre, peut conduire à la violence, la domination, au “totalitarisme”.
    Starship troopers est un miroir outrancier de nos sociétés, ce n’est pas qu’une critique de “l’impérialisme américain”, c’est aussi une “mise en garde” plus globale sur le pouvoir aliénant de l’idéologie et de la morale (car nos braves troopers s’engagent et font la guerre pour “sauver le monde” et nous protéger des envahisseurs). L’exaltation des “bons sentiments” peut engendrer une désinhibition conduisant à des formes de fascismes.
    Sarcasmes, autodérision, effets spéciaux et explosions ou autres démembrements (la notion de “corps” est très importante ds le film) poussant à une réflexion, une auto critique parfois dérangeante – notre “auto-agentisation” – font de ce film le meilleur film de SF actuellement.

      +21

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    • christian gedeon // 05.12.2016 à 11h41

      Hoho…je vous rappelle quand même que pour venir à bout du nazisme,il a fallu littéralement détruire son antre…mais qu’est ce que vous pensez? Qu’on bute les méchants avec une fleur au fusil? Peut-être serez vous content un jour que des starship troopers aillent se battre pour vous pendant que vous ricanez!

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  • RR // 03.12.2016 à 04h13

    Ce film m’avait plus à l’époque et je l’avais pris pour la caricature d’une société future, sans y voir de point commun avec la société actuelle américaine, voir française ?

    Même sans faire de rapprochement avec notre époque, ce film est marrant, ne serait-ce que parce que les personnages sont tous très premier degré et n’ont pas de surmoi, ou plutôt, il n’ont qu’un surmoi et pas de moi.

    Et si vous m’avez compris, c’est sûrement que je me suis mal exprimé 🙂

      +12

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  • apero // 03.12.2016 à 05h35

    Déjà à l’époque tout le monde avait vu que le film critiquait le militarisme débile type 1914/vietnam, à part les critiques “mainstream” qui détéstent la SF et qui n’ont même pas essayé de s’y intéresser.

    Ceci étant dit, starship troopers promeut la guerre “intelligente” où on étudie d’abord l’adversaire avant d’essayer de le vaincre. Mais il promeut la guerre quand même, parce que ce qui est dénoncé c’est avant tout l’incompétence du leadership et non pas tellement le militarisme. Comme un certain Paths of Glory de Kubrick (c’est mon avis personnel).

    Ensuite le film est assez différent du roman de Heinlein, qui lui considère que la violence est nécessaire et indispensable. Dans le roman les soldats ne sont pas du tout de la chair à canon, mais évoluent dans des unités d’élite avec des exosquelettes autopropulsés qui leur permettent de massacrer les aliens avec une énorme puissance de feu (ce qui n’empêche pas l’armée de subir de lourdes pertes lors de la guerre).

      +4

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    • Micmac // 03.12.2016 à 06h35

      Euh, non, pas du tout.

      Je ne suis ni fan de SF, ni cinéphile, et je suis surpris… A mon sens, la satire dans ce film est évidente (et terriblement bien vu… après 2003 et la destruction de l’Irak, c’est presque un film d’anticipation… même s’il y avait eu un prélude en 1991). Que des gens en découvre aujourd’hui le double sens est stupéfiant!

      Je suis surpris par votre commentaire aussi… Ce film ne promeut pas du tout la guerre. Il est à double sens parce qu’il utilise de façon volontairement grossière toutes les ficelles de la propagande de guerre. La dénonciation du “leadership” n’est là que pour promouvoir des individus auxquels le spectateur peut s’identifier.

      Après, que les néoconservateurs expansionnistes occidentaux qui sont clairement la cible de la satire ne soient pas complètement débile et étudient leur adversaire pour le vaincre, ce n’est pas vraiment le propos… Quand on fait la guerre, on essaye de la gagner, on étudie l’adversaire, normal…

        +17

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    • Micmac // 03.12.2016 à 06h47

      D’ailleurs, avec le recul, lorsque j’ai revu le film après 2003, je me suis demandé si Verhoeven n’était pas médium, ou n’avait pas un don de double vue quelconque, tout rationaliste que je suis…

      Tellement les préludes à la guerre et les scènes dans le désert ressemblent de façon si parfaite à ce qu’on voulait nous faire croire et qu’on a vu en 2003… gardons à l’esprit que Chirac et Villepin avaient pris le parti de “ne pas y aller” contre presque toute la presse (déjà néoconisée), qui s’est réalignée ensuite sur le gouvernement et l’opinion publique. Donc, la propagande à la c…, je me souviens bien de l’avoir entendu, vu, et lu.

      Ce film donne aujourd’hui une étrange impression de déjà vu.

        +10

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      • PaleFace // 05.12.2016 à 17h13

        Je me souviens à l’époque d’avoir vu une campagne anti-français assez impressionnante.

        Le slogan était simple : “Fisrt Irak then France”

        Et vive le patriotisme à la sauce barbecue…

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    • apero // 03.12.2016 à 18h39

      Chacun voit dans les films la confirmation de sa propre opinion préétablie. Un reportage récent sur les marines (Killing Time) révélait qu’un grand nombre d’entre eux se sont engagés à cause de full metal jacket. Car pour eux c’est une ode à la guerre, le logiciel pacifiste du film ils n’en ont rien à cirer – ce qu’ils voient c’est l’ambiance virile, les armes à feu, les hélicos… Pareil pour le soldat ryan, à la fois atroce et donnant le beau rôle aux GIs.

      Starship troopers met en valeur le courage, montre que l’héroïsme au combat est récompensé par la société (les montées en grade rapides de rico, l’obtention de la citoyenneté), les scènes spatiales et de combat sont tous à fait grandioses.

      Dans un film antimilitariste, rico aurait fini gravement brûlé ou amputé dès sa première sortie. La vraie dénonciation c’est celle de l’Etat major présenté comme incompétent, par opposition au soldat de base qui est le seul apte à changer la donne (cf la fin avec la capture du cerveau alien).

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  • Fabrice // 03.12.2016 à 06h57

    Personnellement dans la même catégorie je conseille le film robocop tout le monde ne fait attention qu’aux actions musclées mais peu voient la critique d’une société dirigée par des multinationales qui ont réduits les gouvernements à l’état de pantin, privatisé chaque étage de la société

    https://youtu.be/zbCbwP6ibR4

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    • Linder // 03.12.2016 à 07h45

      Je crois que, que ce soit Robocop ou Starship Trooper, le second degré est évident pour ceux qui ont du recul sur la propagande qu’on subit dans les média occidentaux.
      Si on n’a pas conscience que nos médias fournissent une propagande de guerre même dans des temps de paix (mais c’est un temps que les moins de 120 ans ne peuvent pas connaitre) , il est possible de ne pas voir que le film est une caricature.
      Personnellement, j’ai vu ce film en DVD à la fin des années 90, chez un de mes frères, et ma belle soeur ne comprenait pas pourquoi je riais tout le temps.

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  • XPT // 03.12.2016 à 08h23

    Ce film est d’abord techniquement très réussi. 20 ans après, abreuvés d’effets numériques, les effets, nombreux, apparaissent plutôt dépouillés.

    Le sens du film est ambivalent parce qu’il ne s’agit pas que d’un film hollywoodien. Verhoeven est issu de l'”espace germanique”. Il n’a pas hésité à utiliser des tenues SS, loin du code Hays.

    On y trouve une thématique de classe (le sort du héros, les trouffions envoyés à l’abattoir par un état-major “incompétent”) ; une importante thématique raciale – citoyenneté à l’antique (citoyens élite de la nation) – credo assimilationniste, les personnages sont des métisses. Le coeur du système n’est plus aux USA. La ville détruite n’est pas New York mais Buenos Aires.

    A son insu, Verhoeven aurait-il fait un film à la fois anti-impérialiste et “fasciste” ? Il décrit un monde sûr de ses valeurs et apaisé par un consensus sur la nature des inégalités. Le héros ne sort pas de sa condition. Ses différents niveaux de lecture font l’intérêt de ce film.

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  • François Lacoste // 03.12.2016 à 08h35

    Petit problème; il aura fallu vingt ans pour que les critiques commencent à reconnaitre la grande qualité de ce film de Paul Verhoeven.

    1- Combien de temps faudra-t-il aux mêmes critiques pour reconnaitre à l’immense metteur en scène BHL, le caractère prodigieusement génial, monumental et insurpassable de l’ensemble de son oeuvre de fiction et documentaire?
    2- L’armée imaginée par Paul Verhoeven est-elle morale?

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  • Eric // 03.12.2016 à 09h03

    Je me souviens que lors de la sortie du film un ami, comme moi cinéphile, m’avait conseillé d’aller voir ce film. Et bon sang, je ne l’ai pas regretté ! D’une part c’était vraiment le film à voir en salle tant Verhoeven est un excellent metteur en scène qui de surcroît excelle dans le genre SF (même s’il est capable d’un très grand éclectisme), et d’autre part s’il y a bien un film qui mérite la palme du film dont on peut voir chaque dollar investi à l’écran, c’est bien celui-là ! 🙂 Quel spectacle ! Ajouté à cela un humour absolument hilarant que seuls des critiques demeurés pouvaient ne pas avoir saisi (franchement, faut en trimballer une couche), tout en se la jouant critiques sérieux et intellos (ça aussi c’est très drôle). Et il y avait ce bon vieux Michael Ironside (qui s’était fait connaître avec la série V et que Verhoeven avait déjà fait travaillé sur Total recall) ainsi que Clancy Brown (le délirant Kurgan de Highlander). J’ai longtemps salivé sur un film qui ne s’est finalement pas fait sur le thème des croisades et que Verhoeven n’a pas fait (l’acteur principal annoncé était Schwarzenegger a l’époque).

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  • David D // 03.12.2016 à 10h31

    N’ayant pas vu le film, je me contente de la bande annonce ci-dessus et de mon souvenir de Robocop. Alors, une dimension satirique incomprise certes, mais mettons les pieds dans le plat. Le monde des rockers, des artistes, des écrivains est un panier de crabes, un lot de paniers de crabes. Leurs oeuvres peuvent être satiriques, nécessairement critiques de la société, ok d’accord. Et évidemment, sincère ou pas, l’artiste va trouver des façons exceptionnelles de faire passer un message critique.
    Une oeuvre d’art est aussi par ailleurs l’occasion d’exprimer les ambivalences de la pensée ou âme humaine. Robocop était clairement satirique, mais n’allait pas sans fascination complaisante pour ce qui est dénoncé.
    Ici la bande est sensationnaliste à partir d’images du film qui le sont partois tout autant, le monstre qui explose, etc. Les gens ont vu cela au premier degré, il a bien dû manquer un talent à Verhoeven de mise en scène de la critique ou du second degré.

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    • gallier2 // 03.12.2016 à 11h44

      La bande annonce est complètement 1er degré, il n’y a pas une trace de second degré dedans. Dans le film lui-même le second degré est plutôt évident. Ce sont surtout les séquences média, c.à.d. publicités, documentaires et news qui apportent cette touche qui est complètement absente de la bande annonce.
      Les critiques ont probablement ratés le second degré parcequ’ils ne sont pas allés voir le film en salle mais se sont contentés de la bande annonce pour pondre leur papiers.

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  • Pinouille // 03.12.2016 à 11h26

    On peut aussi noter des allusions critiques à des sujets d’actualité dans des films populaires récents:
    Captain America – le soldat de l’hiver: l’équipe du Captain combat une élite secrète qui met en oeuvre un équipement d’écoute mondialisé destiné à reconnaître les menaces au système et les éliminer dans l’oeuf

    La stratégie Ender (film intelligent) – thème semblable à Starship Trooper, mais abordé d’une autre manière du genre “comment former une élite, donc développer son sens critique, tout en s’assurant qu’elle adhère aux objectifs qu’on lui fixe”.

    Gonegirl – de l’importance de savoir utiliser les médias pour arriver à ses fins

    Rien que pour vos cheveux (à voir) – ou comment concilier son passé de super espion du Mossad et son avenir dans la coiffure 🙂

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    • Pierre T // 03.12.2016 à 15h43

      En ce qui concerne la stratégie Ender, je vous conseille vivement la lecture du roman d’Orson Scott Card, auquel l’adaptation cinématographique ne rend pas vraiment justice, à mon avis.

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  • LMDB // 03.12.2016 à 11h32

    Il est bien possible que la culture étasunienne ne comprenne pas la satire, le second degré, le sarcasme et l’ironie et, d’une manière générale, le contenu politique d’une œuvre de fiction.
    On pourrait faire le même article à propos de l’utopie “Star Trek” (surtout “Star Trek TNG”) qui dépeint une société future authentiquement socialiste voire marxiste ; personne aux USA ne l’a vu alors que ça saute aux yeux partout ailleurs dans le monde.

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    • gallier2 // 03.12.2016 à 11h50

      Ce qui m’amuse beaucoup c’est que encore plus de gens ratent le fait que la société décrite dans Star Trek est complètement militariste et n’est rien d’autre que l’extension interstellaire du système fédéral des Etats-Unis.

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      • LMDB // 03.12.2016 à 12h54

        Pas faux. Star Fleet est souvent le dernier recours quand les autorités civiles sont incompétentes… sauf quand les militaires ne sont pas, eux-même, des traitres à la Fédération… ce qui oblige le(s) capitaine(s) de l’Enterprise a désobéir.
        Le mythe le plus évident pour les Étasunien.nes dans Star Trek est, peut-être, celui des cow-boys intrépides parcourant les contrées hostiles à humaniser, qui est armé par nécessité et vaguement hostile à toute forme d’autorité légale.
        Un archétype qui n’a, évidement, jamais existé.

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      • Karim Wilmotte // 03.12.2016 à 13h25

        Les vaisseaux de StarFleet (sauf les récents) ne sont pas en premier lieu des vaisseaux de guerre. Ce sont des vaisseaux d’explorations et scientifique, qui par ailleurs sont armés (d’où des désastres militaires au début de la guerre contre les Klingons).

        La société a évolué et les individus ont de tout autre but que l’argent ou les possessions matérielles.

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        • yann // 03.12.2016 à 16h35

          Il y a même une caricature des capitalistes à travers la race des Ferengi et les devises de l’acquisition qui est une sorte de code moral inversé qui colle parfaitement aux principes ultralibéraux. Ce sont des personnages ridicules au ressort comique dans la série, un peu comme nos libéraux en faite. Quelques devises:

          “Seul l’argent mérite qu’on le fasse.”

          “Profit d’abord, amitié après.”

          ” Lécher les bottes du patron est bon.”

          ” Ne demande pas ce que ton profit peut faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour ton profit.”

          ” Traite tes débiteurs comme tes parents… exploite-les.”

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          • LMDB // 04.12.2016 à 00h29

            Le cpt Picard (un Français capitaine de l’Enterprise ! Autre transgression inouïe aux US) dans “Star Trek TNG First contact” (voyage dans le temps) à une terrienne du XXIième siècle :
            ” A lot has changed in three hundred years. People are no longer obsessed with the accumulation of ‘things’. We have eliminated hunger, want, the need for possessions.
            The economics of the future is somewhat different. You see, money doesn’t exist in the 24th century… The acquisition of wealth is no longer the driving force in our lives. We work to better ourselves and the rest of Humanity.”
            Si ça c’est pas du socialisme… Star Trek c’est ce qui se passe après la “fin de l’histoire” marxiste.
            On trouve des choses tout à fait pertinentes sur internet, en forme d’image assez juste dans la juxtaposition des figures mythiques :
            https://crioux.files.wordpress.com/2014/05/federation.jpg
            C’est assez frappant, en outre, que les utopies en SF sont très rarement capitalistes.

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  • Zevengeur // 03.12.2016 à 12h15

    Fan de SF depuis toujours, j’ai toujours considéré Starship Troopers comme le meilleur film de SF de tous les temps.

    Car il peut se voir à plusieurs niveau :
    1) Le niveau “à l’américaine”, cad le premier degré (ou degré zéro d’analyse)
    2) Le niveau “à l’européenne” puisque Paul Verhoeven est Néerlandais (sans doute inspiré entre autres de “la fabrication du consentement” de Chomsky écrit 10 ans avant)

    Dans ce film, tout y est :
    – la propagande et désinformation médiatique
    – l’impérialisme militariste des américains
    – etc

    Vous remplacez aujourd’hui “Arachnides (bugs en Anglais)” par “Russes” et on se croirait au journal de 20h00 sur TF1 !

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  • Paddy // 03.12.2016 à 12h34

    Bien sûr que c’est une satire féroce
    et les films dans lesquels les Américains ne sont pas à la fête sont boudés.
    Allez savoir pourquoi !
    Ce film est l’anti Indépendance Day dans lequel le président US en personne détruit les Aliens.

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  • Louis // 03.12.2016 à 13h06

    Houla ! Ça ça sent Olivier qui a découvert Starship Trooper le mois dernier. 😉

    Amusante critique de The Atlantic qui découvre l’eau chaude. Et l’année prochaine vous aurez droit à une critique de Docteur Folamour ! Si si !
    D’ailleurs le critique se croit obligé d’en faire des tonnes pour montrer qu’il a tout compris alors qu’il a 16 ans de retard sur le moindre geek. Le film n’est pas incroyablement drôle, il est sympa voilà tout, et il n’ a pas grand chose de subtil, à chaque clip de l’armée pendant le film c’est littéralement écrit sur l’écran “on se fout des guerres américaines t’as compris?”

    En dehors de ça si on élimine la satyre c’est de la bonne série B, c’est aux films d’aventure spatiale ce que Conan le barbare était aux péplums.

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    • Karim Wilmotte // 03.12.2016 à 13h26

      La Souris qui rugissait!
      (si quelqu’un a un lien…)

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  • Nanker // 03.12.2016 à 14h08

    “Dans ce film, tout y est :
    – la propagande et désinformation médiatique
    – l’impérialisme militariste des américains”

    Et le devenir fascisant des USA que Verhoeven a senti QUATRE ans avant que Bush n’arrive au pouvoir. Pas mal… Et il fallait être assez gonflé pour calquer les costumes des acteurs sur les uniformes du IIIème Reich (ça Verhoeven l’a avoué des années plus tard…).
    https://scifi.stackexchange.com/questions/104062/does-the-starship-troopers-movie-take-place-in-an-alternate-future-where-the-naz

    Sinon le scribouillard de “The Atlantic” a raté une **autre** dimension de ce film génial : son féminisme. Dans “Starship Troopers” les hommes sont des crétins foireux et ce sont les femmes qui sauvent la situation.

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  • LG // 03.12.2016 à 14h31

    Il n’est pas nécessaire de s’auto-gratifier en petit comité sur le ‘filigrane’ de ce film. Le second niveau de lecture de ST n’a rien de ‘subtile’ ou ‘d’incompris’. A part peut être pour ceux qui ont un QI de concombre, il est même plutôt évident, comme ça a déjà été souligné par certains ici.

    Parlez nous de Matrix plutôt…;-) Derrière, y’a une allégorie de la caverne bien plus intéressante, qui devient chaque jour plus frappante lorsque on s’amuse à comparer le monde qu’on nous vend (démocratie, droits de l’homme, humanitarisme, altruisme, “je suis Charlie”, etc..) et le monde réel (basé sur la domination, l’esclavage, la spoliation, la violence et la mort).

      +9

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  • Martin // 03.12.2016 à 15h42

    L’incompréhension a vraiment bon dos…tant l’intention du cinéaste est évidente. Le héros est d’ailleurs, d’emblée, présenté comme un débile profond (la souris blanche de laboratoire réussit mieux que lui les tests d’intelligence menés par son ami surdoué…lequel sera ensuite nommé à la “directions plans et stratégie” d’où il enverra, sans l’once d’un problème de conscience, ces anciens amis à la mort en leur montant effrontément sur les buts de leur mission et le but qui les attend).

    Discours militariste binaire, analyse du conditionnement de masse, abrutissement généralisé des populations dès l’enfance (cf la scène où les gamins écrasent des insectes “pour faire leur devoir” ) et gouvernement mondial régnant sur une population précarisée (l’accès aux études est conditionné à un engagement militaire pour les pauvres) tout le “programmes” de nos “zelites” est dedans….et c’est à mon sens parce qu’ils l’ont très bien compris que les media ont détesté ce film à sa sortie.

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  • ebbo // 03.12.2016 à 16h51

    Même chose avec Battleship de Peter Berg…
    Au premier degré c’est un nanard , mais au second la critique sociale, politique (les frappes préventives), culturelle (il ridiculise jusqu’au grotesque le blockbuster patrio-heroique US type), etc, est assez évidente.

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  • Subotai // 03.12.2016 à 18h05

    Attention film culte!
    Nous sommes une petite bande de potes qui dès la sortie du film étions mort de rire de la satire.
    Je pense qu’il fallait des œillères bien épaisses pour ne pas la voir. Il faut dire que nous étions des gens plutôt avertis (communication, informatique, Internet)
    Le “you want more?” était devenu un phrase gag dans notre groupe.
    De toute façon la scène où le sergent recruteur déclare tout fier: “l’armée a fait de moi ce que je suis” et qu’en reculant son fauteuil on voit qu’il est cul de jatte donnait déjà le ton.
    Des que le DVD a été disponible nous nous sommes payé des tranches de rire. Nous avons du le voir 6 ou 7 fois.
    Alors re-mort de rire 😀 si c’est seulement maintenant que certains s’aperçoivent qu’en fait Verhoeven se foutait de leur gueule.
    Du coup tiens je m’en vais à nouveau le regarder ce week end 🙂

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  • Rey // 03.12.2016 à 19h37

    Lors de sa sorti en 1997, je travaillais déjà dans l’exploitation, et en effet, le film avait eut deux lectures auprès du public. Des personnages de télé réalité, un militantisme patriotique mal placé, la compétition intellectuelle qui détermine la classe sociale et le rang, le va t-en guerre ambitieux, arrogant et maladif trop sûr de lui qui finit par se planté par faute d’apprendre avant de foncé dans le tas, la sur médiatisation, le voyeurisme décalé face a un puritanisme mal placé (les scènes ou l’on censure une vache ce faire bouffée ou un alien se prendre un instrument dans la fente, et ou l’on ne censure pas les cadavres ou la violence de scènes de carnages, voir aussi conditionné des gosses aux armes et à l’armée) etc…
    Il était clair que Verhoeven avait subtilement caricaturé une société qui ne trompait pas son monde, excepté ceux qui ne voyaient dans le film que de la SF bourrin. Même encore aujourd’hui, 20 ans après, des américains ne l’ont pas encore perçu comme cela.

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  • Pierre T // 04.12.2016 à 00h07

    Pour ceux qui ne comprennent pas que la SF est (malheureusement) un des derniers espaces de libertés d’Hollywood, permettez-moi de vous conseiller Westworld, The Walking Dead (double lecture qui mérite une analyse approfondie, à mon humble avis), Arrowhead, Ex-Machina, Transcendence, Approching The Unknow (avec l’excellent Mark Strong), Splice, K-Pax, Coherence, Astronaut the last push… On est bien loin, avec ces films, du space-opera à la star-wars.

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    • nico // 04.12.2016 à 00h22

      Vous devriez regarder Apollo 18

      Ce film est passé inaperçu pourtant c’est un film intéressant.

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      • Pierre T // 04.12.2016 à 00h38

        Je l’ai vu, et je suis tout à fait en accord avec vous, c’est un film intéressant. Veuillez me pardonner de ne pas l’avoir ajouter à ma liste (bien que je ne pense pas qu’il fasse partie des meilleurs).

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  • blue rider // 04.12.2016 à 00h44

    Il ne faut surtout pas oublier que ce film a été produit par… WALT DISNEY, firme au passé maccarthyste, qui à cette époque vivait un renouveau extraordinaire avec l’arrivée de Michael Eisner (à partir de La Petite Sirène puis Aladin et le Roi Lion) entouré de Jeffrey Katzenberg ( qui co-fondera Dreamworks) et de Bill Mechanic (qui restructurera toutes les ventes monde des droits Disney, quittant Warner pour ses représentations à l’étranger, en France au profit de Gaumont). Aujourd’hui DISNEY préfère racheter la franchise STAR WARS… Pendant toute la préproduction, Paul Verhoeven a “joué de son ambiguïté” et vendu à Eisner un film de scifi “à la STAR WARS”… jusqu’à la première projection de travail du film entièrement monté. Là le CEO de Disney a rit jaune, et est allé brûler un cierge au vu de la somme colossale engagée. Le film a récupéré ses billes après sa diffusion internationale, de justesse il me semble. Bien joué, non ? Ce film est un pur chef d’oeuvre depuis la première minute. Les cinéphiles de l’équipe GAUMONT avaient adoré.

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    • Jay SWD // 04.12.2016 à 20h09

      @Blue rider,merci pour la contextualisation,et confirmation que Paul V est définitivement un punk !! Ceci dit,je l’avais vu à l’époque,et avais hurler de rire à voir ces crétins ultra patriotiques à gros bras,must see absolu! !

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  • Sébastien // 04.12.2016 à 20h32

    La raison pour laquelle on en sortira jamais avec les Etats-Uniss est étalée à longueur d’années dans les film hollywoodiens, qu’ils soient pro- ou anti-.
    Pour la psyché américaine, tout ce qui n’est pas américain doit être soumis ou détruit. Ce pays n’a jamais connu et ne connaitra jamais le sens des mots “coopération” ou “entraide”. D’où l’éternelle rengaine paranoïaque de l’étranger, en anglais: “Alien”.
    Tiens donc.

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  • christian gedeon // 05.12.2016 à 12h33

    je constate et j’en suis littéralement écoeuré ,la bien pensance anti militariste largement majoritaire dans cette discussion… à tous ces antimilitaristes de pacotille,je rappelle quand même que la seconde guerre mondiale n’ a pas été gagnée par Sartre ou Beauvoir, au mieux avec les allemands pendant la guerre et de tous les raouts,mais par les pauvres cons qui se sont battus…pendant que presque tous ceux qui devaient tenir le haut du pavé intellectuel de l’après guerre s’accomodaient fort bien des services culturels de la Wehrmacht,comme en témoignent des milliers d’archives photographiques te cinématograhiques de l’époque…y compris parmi les figures de la “gôche “,vite recyclées après un temps de silence…Brasillach a été fusillé… à juste titre,j’imagine…mais combien d’autres salauds pourtant déjà ou devenus célèbres sont passés à travers les mailles… De Gaulle,lui aussi,avait compris qu’il ne fallait pas désespérer la France. La IV ième république des collaborateurs recyclés(Mitterand entre autres) a fait le reste…au delà de toute espérance.

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    • DontfeedthetrollOUPS // 07.12.2016 à 10h54

      Mais quel troll celui la…
      La critique de l’impérialisme n’a rien à voir la critique des militaires (ou de la défense), e

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