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7.octobre.20207.10.2020 // Les Crises

Le paradoxe oublié de l’impérialisme britannique – par Craig Murray

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Source : Consortium News, Craig Murray

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Craig Murray se souvient d’une époque où la Grande-Bretagne s’est presque entièrement décolonisée en un quart de siècle remarquablement rapide et où la dernière soirée des Promotions semblait bien inoffensive. [The Last Night at the Proms que nous traduisons soirée des Promotions est une soirée se tenant habituellement au Royal Albert Hall, où sont donnés des chants traditionnels ou patriotiques, NdT]

Je suis tombé sur cette excellente représentation par carte thermique d’un grand sondage d’opinion sur le soutien à la monarchie, réalisé auprès de 22 000 personnes dans tout le Royaume-Uni, pris en 2018 par focaldata.

Les tons rouges indiquent une désapprobation nette de la monarchie et les tons verts une approbation nette. Il est intéressant de noter le degré de corrélation assez étonnant et détaillé de cette carte thermique avec le référendum du Brexit. Je ne trouve malheureusement pas les données réelles de l’enquête sur les données de base.

Entre autres choses, cela met un terme à l’idée d’un vote significatif de gauche pour le Brexit. Les électeurs pro-Brexit sont en effet pour la plupart des nationalistes britanniques très traditionnels qui aiment la Reine.

Tout cela souligne l’évidence que l’Écosse a une culture politique très différente de celle de l’Angleterre. Cela devrait également jeter un doute sur la méthodologie de triangulation si privilégiée par les gradualistes. Je trouve que parler aux branches du Scottish National Party (SNP) n’est pas différent de parler à n’importe quel autre groupe de Yes, en ce sens que l’abolition de la monarchie est extrêmement populaire, et que pratiquement personne n’est monarchiste lors des réunions. Je n’ai jamais détecté de différence générationnelle à ce sujet.

Le républicanisme écossais a tendance à s’associer à des points de vue sur une réforme agraire beaucoup plus radicale, qui est si désespérément nécessaire. Une campagne en faveur d’une république écossaise bénéficierait du soutien de la majorité.

Pourtant, on nous dit que préconiser ouvertement une république écossaise aliénerait les électeurs. Non, ce ne serait pas le cas, la plupart des gens la soutiendraient, et vous n’allez pas de toute façon convertir de nombreux monarchistes purs et durs à l’indépendance.

Politique étrangère

Je soupçonne fortement que cela s’applique à d’autres domaines, en particulier la politique étrangère. Je ne crois tout simplement pas qu’il y ait un grand soutien en Écosse pour la politique étrangère des néoconservateurs britanniques, ni qu’il soit nécessaire de soutenir la politique étrangère britannique pour maximiser le soutien à l’indépendance.

Ni la Russie ni la Chine ne sont les ennemis des Ecossais. Le problème, c’est que ceux qui ont les moyens financiers de commander des sondages d’opinion ont tout intérêt à cacher ces résultats. J’ai toujours trouvé assez amusant l’argument selon lequel les gens ne voteront pour l’indépendance que s’ils pensent que rien ne changera ; si rien ne changera, pourquoi voter pour ?

Quoi qu’il en soit, sur le sujet du nationalisme britannique, j’ai une solution unificatrice à la question de la guerre des cultures en chantant « Land of Hope and Glory » et « Rule Britannia » aux soirées des Promotions.

Un concert Promenade au Royal Albert Hall, 2004. (MykReeve, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons)

La « Rule Britannia » n’a aucune vertu musicale et, à mon avis, ne devrait jamais être chantée ou jouée nulle part ; c’est un horrible morceau de poésie comique dentellée de laides fioritures baroques. « Land of Hope and Glory » est cependant chanté sur une musique vraiment formidable. [Les paroles de Land of Hope and Glory étaient destinées à l’origine au couronnement d’Edward VII, sur l’air de Pomp and Circumstance March No.1 (la marche de la Pompe et des circonstances No 1) d’Edward Elgar, NdT]

La réponse est peut-être quelque chose comme cela :

L’absolument merveilleux Patrick Fyffe n’est plus parmi nous, mais George Logan l’est toujours et pour 20 livres, je vais enfiler une robe et le faire moi-même.

Dans notre enfance, nous regardions toujours la dernière nuit des Promotions avec ma mère, et nous l’appréciions beaucoup. À cette époque, il ne faisait aucun doute que le chant patriotique était pris avec une énorme dose d’ironie. La Grande-Bretagne s’était presque entièrement décolonisée en un quart de siècle remarquablement rapide, et l’on présumait que le processus allait s’achever.

L’État était à proprement parler social-démocrate ; tous les services publics appartenaient au secteur public, de même que toutes les grandes industries. Toutes les prestations publiques étaient en réalité fournies par l’État, et non par des agences privées à but lucratif. Non seulement vous pouviez aller à l’université pour rien, mais vous étiez payé pour y aller. Après la crise de Suez, l’idée que le Royaume-Uni puisse à nouveau envahir n’importe où ailleurs semblait totalement improbable, et surtout, personne ne voulait envahir quiconque.

There were still American dictated blights, like the Chagos Islands, but very few were conscious of it. Public discourse was left wing. TV had A J P Taylor, not David Starkey, and Bertrand Russell popped up regularly. The BBC showed Ken Loach and the play “The Cheviot, the Stag, and the Black Black Oil.”

Il y avait encore des ravages imposés par les Américains, comme dans les îles Chagos, mais très peu en étaient conscients. Le discours public était de gauche. La télévision avait AJP Taylor, pas David Starkey, et Bertrand Russell apparaissait régulièrement. La BBC diffusait Ken Loach et la pièce « The Cheviot, the Stag, and the Black Black Oil » [Le mouton, le cerf et l’huile noire, est une pièce de théatre racontant l’histoire écossaise, NdT].

Dans ces circonstances, certains chants de « Wider still and wider Shall thy bounds be set » [« Tes limites seront de plus en plus lointaines », ces mots sont dans le refrain de Land of Hope and Glory, NdT] semblaient inoffensifs, étant donné que le contraire était manifestement en train de se produire. Leurs partisans étaient résolument idiots. Une année, il y eut une grande banderole disant « Mangez des pruneaux, ils vous feront aller », que nous, les enfants, trouvions hilarante et qui devint une plaisanterie à la maison.

La restauration non restaurée de « l’impérialisme libéral »

Le HMS Cardiff mouillé devant Port Stanley, aux îles Malouines, à la fin des hostilités en 1982. (Griffiths911, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons)

Je suppose que c’est l’ancien Premier ministre Margaret Thatcher et la guerre des Malouines qui ont changé tout cela, et qui ont fait que le nationalisme britannique a recommencé à être maléfique, même si la plupart des partisans sont restés les mêmes, c’est à dire tout aussi sceptiques.

L’ancien Premier ministre Tony Blair a ensuite porté la question à un autre niveau, avec sa politique « d’interventionnisme libéral », la doctrine selon laquelle bombarder les BAME (Noirs, Asiatiques et appartenant à des minorités ethniques) est bon pour elles. C’était et c’est encore une renaissance directe et non reconstruite de « l’impérialisme libéral » d’un genre que le compositeur Edward Elgar reconnaîtrait et soutiendrait.

Soudain, la dernière soirée des Promotions est descendue d’un cran sur l’échelle de l’ironie et est montée d’un cran sur l’échelle du chauvinisme, alors que Blair commençait à envahir des pays un peu partout.

Maintenant avec le Brexit, le Premier ministre Boris Johnson et Nigel Farage.

Il semble y avoir un point de non-retour où le nationalisme britannique est trop toxique pour être adopté de façon ironique. Je ne suis pas sûr que la Last Night of the Proms survivra à l’indépendance écossaise. Marqueraient-ils encore la nostalgie impériale avec le vieux tablier de boucher de l’époque impériale ? Je pense qu’il est probablement temps, en l’absence de Patrick Fyffe, ou de moi en robe, de mettre cette grande vieille dame au repos.

Craig Murray est auteur, radiodiffuseur et militant des Droits de l’Homme. Il a été ambassadeur britannique en Ouzbékistan d’août 2002 à octobre 2004 et recteur de l’université de Dundee de 2007 à 2010.

Source : Consortium News, Craig Murray, 02-09-2020

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euskadi // 07.10.2020 à 08h36

Je ne pense pas que la France soit si sclérosée que ça, du moins pas les français « ordinaires ». Nous avons vu avec la première vague du COVID combien nos concitoyens pouvaient être solidaires (organisation de livraison de courses dans certains quartier), inventifs (création de respirateurs artificiels en licence open source en un temps record, création de masque bénévolement …), sans compter toutes les initiatives locales dont nous n’avons même pas entendu parler. Et que dire des gilet jaunes qui se battent pour notamment faire en sorte que chacun de nous puisse pendre part aux décisions nationales.

Il n’y a qu’une toute petite partie de la France qui est effectivement sclérosée, les bobos ainsi que les élites hors sols qui profitent bien trop du système actuel pour souhaiter le moindre changement.

Lâchez la bride des citoyens, des gens « ordinaires », et le pays se transformera comme jamais revenant à ses valeurs fondamentales: Liberté, Egalité, Fraternité.

26 réactions et commentaires

  • Fabrice // 07.10.2020 à 07h18

    Le problème c’est que l’écosse si elle se sépare du royaume uni fera quoi de son independence? Elle se mettra probablement sous le girond européen à quoi sert tant d’années pour demander son indépendance si ce n’est pas pour en profiter et se mettre sous la coupe d’une technocratie européenne ?

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    • Urko // 07.10.2020 à 09h31

      Pour certains, la liberté consiste à pouvoir choisir son maître.

        +8

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    • RGT // 07.10.2020 à 12h17

      J’ai été en écosse à de nombreuses reprises et ce que j’ai pu en déduire est que si les écossais se servent de l’€urope pour fuir la tyrannie anglaise, ils souhaitent ensuite mettre en place des barrières pour ne pas se retrouver sous le joug de l’UE.

      L’UE n’est qu’un moyen de se débarrasser de l’Angleterre, mais surtout pas un objectif à atteindre.

      Pas cons les écossais. Ils ont été trop longtemps dominés par les anglais pour aller à nouveau se jeter dans la gueule du loup.

      Les écossais haïssent les anglais (comme tous les autres « voisins » conquis dans la violence) et ils souhaitent surtout qu’on leur foute la paix et qu’on les laisse vivre comme ils le souhaitent, c’est à dire comme des écossais.

      Et il en va de même pour les irlandais.

      Les seuls qui « collaborent » sont les gallois, mais comme ils sont beaucoup plus proches culturellement des anglais ils ont beaucoup moins de problèmes d’identité.

      Mais comme la perfide Albion souhaite préserver à tout prix son emprise sur ses voisins elle ne se laissera pas faire.

      Comme l’écosse est la principale source de pétrole du Royaume (dés)Uni, ça risque d’être assez « sanglant » tant qu’il restera une seule goutte du précieux liquide dans les eaux territoriales écossaises.

      Mais la raison principale est pour que l’Angleterre puisse préserver sa mainmise sur ses voisins afin de pouvoir assouvir son instinct domination illimité.
      Souvenez-vous de la guerre de cent ans…

      Le whisky ou les moutons, c’est juste du folklore et ça compte pour des prunes

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      • Anne Rame // 07.10.2020 à 16h06

        Les Gallois aussi détestent les Anglais et ont une forte identité, peut-être la proximité géographique avec l’Angleterre nuit-elle à cette impression d’identité ? Ils se sentent colonisés, du moins d’après ce que j’en sais, mais n’ont pas leur dragon sur l’Union Jack, ce qui est très injuste. Comment un si petit territoire, collé à l’Angleterre, pourrait-il être indépendant ? Sous Thatcher, la classe ouvrière galloise a été particulièrement maltraitée : il n’y a qu’à penser aux mineurs… Les Gallois, pour beaucoup, parlent l’anglais et pas le gallois, ce qui ne les empêche pas de se sentir à part, de se sentir Gallois (y compris certains Anglais venus vivre au Pays de Galles). Ils me semblent plus libres, plus indépendants par rapport à la religion que tous les autres des Iles Britanniques. Mais j’ai peut-être une vision partiale…

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  • LibEgaFra // 07.10.2020 à 07h33

    « La « Rule Britannia » n’a aucune vertu musicale et, à mon avis, ne devrait jamais être chantée ou jouée nulle part ; »

    Idem, la Marseillaise, qui avait son sens quand la France était menacées par les monarchies européennes, plus aucun quand la France a colonisé et a abreuvé de sang les sillons des autres continents.

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    • Fabrice // 07.10.2020 à 08h10

      Ceci dit la France est toujours menacée par des menaces extérieures sauf que cette fois c’est dans une guerre économique qu’elle est en train de perdre avec l’aide d’un gouvernement qui brade des pans entiers de son économie.

      il faut certes changer cette France qui se sclérose et lui redonner un élan nouveau mais vouloir la tuer n’aidera pas le monde ni ne le rendra meilleur au contraire.

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      • euskadi // 07.10.2020 à 08h36

        Je ne pense pas que la France soit si sclérosée que ça, du moins pas les français « ordinaires ». Nous avons vu avec la première vague du COVID combien nos concitoyens pouvaient être solidaires (organisation de livraison de courses dans certains quartier), inventifs (création de respirateurs artificiels en licence open source en un temps record, création de masque bénévolement …), sans compter toutes les initiatives locales dont nous n’avons même pas entendu parler. Et que dire des gilet jaunes qui se battent pour notamment faire en sorte que chacun de nous puisse pendre part aux décisions nationales.

        Il n’y a qu’une toute petite partie de la France qui est effectivement sclérosée, les bobos ainsi que les élites hors sols qui profitent bien trop du système actuel pour souhaiter le moindre changement.

        Lâchez la bride des citoyens, des gens « ordinaires », et le pays se transformera comme jamais revenant à ses valeurs fondamentales: Liberté, Egalité, Fraternité.

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        • Fabrice // 07.10.2020 à 20h02

          le problème c’est que la bride se resserre de plus en plus sur les gens ordinaires, cet état de fait n’ira pas en s’arrangeant et que donc ce sont bien cette minorité qui en dirigeant la France qui la sclérose, ainsi que les décisions venant de l’extérieur.

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          • RGT // 08.10.2020 à 16h16

            Nous vivons aujourd’hui dans une nouvelle monarchie dont la « légitimité » n’a plus aucun soutien tangible et réel (celle des « urnes » étant une escroquerie sans nom qui permet d’alterner la peste et le choléra tous les 5 ans sans possibilité de voter pour l’otion « pas malade »).

            Les titres de noblesse ne sont plus désormais transmissibles directement à sa progéniture mais sont délivrés par l’ENA ou d’autres « grandes écoles » qui en fait n’ouvrent leurs portes qu’aux enfants de la caste dirigeante, seuls quelques « gueux » serviles et compatibles avec les souhaits de la caste ultime pouvant espérer aller « dans la cour des grands ».

            Ne vous étonnez donc pas si cette caste fait tout pour ne pas perdre ses prérogatives et la soupe délicieuse qui l’accompagne et ne se gêne pas pour racler les fonds de poche des gueux afin de maintenir son « prestige ».

            La noblesse de l’ancien régime faisait de même et on ne change pas des « traditions » éprouvées.

            Et ceci est valable pour toutes les « démocrassies », particulièrement celles calquées sur le modèle « occidental » car c’est le meilleur moyen pour la caste des « élites » de continuer à vivre confortablement sans se soucier du lendemain.

            Après, si ceux que « notre » président (élu avec 20% de VRAIES voix, le reste n’est que fumisterie et stratégie marketing vicieuse) qualifie de « qui ne comptent pour rien » ne sont pas contents d’être traités comme du bétail il suffit de leur envoyer les « archers du roy » leur pour crever les yeux ou les amputer d’une main, « ça fera réfléchir les autres »…

            Et la violence d’état ne fait que commencer.

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            • Nicole de Nicomaque // 10.10.2020 à 01h12

              @RGT

              Il est exact que M.Macron est bien le Shérif de Nottingham qui envoie les « archers du roy » pour éborgner et mutiler les récalcitrants qui refusent de se faire dépouiller par les 10 % les plus riches du pays. Pour mieux s’en apercevoir, il est bon de lire l’ouvrage de M.Romaric Godin intitulé :

              « La guerre sociale en France – Aux sources économiques de la démocratie autoritaire  »
              https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_guerre_sociale_en_France-9782348045790.html

              En 2022, chassons du pouvoir le Shérif de Nottingham !

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      • LibEgaFra // 07.10.2020 à 11h52

        « Ceci dit la France est toujours menacée par des menaces extérieures  »

        -Nombre de ces menaces extérieures sont liées à la politique impérialiste de la France (Syrie, Liban, Libye, Mali, Rwanda, etc.) et avec sa complaisance avec des monarchies musulmanes.
        -Le nombre de musulmans en France est directement lié à la colonisation de l’Afrique.
        -Sur le plan économique, c’est la manque de patriotisme et le goût de profit à tout prix qui sont responsables des délocalisations, de l’importation de main d’œuvre bon marché et de la vente d’entreprises stratégiques à des acteurs extérieurs.

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        • RGT // 08.10.2020 à 16h29

          Sur le plan économique, c’est uniquement la cupidité et le profit à très court terme « pour ma gueule seulement » qui sont responsables de la déchéance française.

          Les responsables tant politiques qu’économiques savaient parfaitement qu’en ouvrant en grand les vannes de la « libre concurrence » à un marché biaisé par des pays qui ont des coûts de main d’œuvre très bas ils allaient tuer l’industrie française.
          Mais ils s’en foutaient, les profits pour leurs propres personnes leur permettraient de maintenir leur train de vie (et même de l’améliorer car les autres sombreraient dans la misère).

          Quant à la colonisation elle n’est pas la seule cause de la vague d’immigrés.
          Déjà la colonisation n’a profité qu’aux « élites », et ils veulent désormais que le peuple qui n’a pas été consulté paye la note, c’est beau…

          Sans compter que l’immigration massive a surtout commencé sous Giscard qui a répondu aux attentes du patronat français afin de faire baisser le coût « exorbitant » de la main d’œuvre française qualifiée en la mettant en concurrence avec de la main d’œuvre non qualifiée prête à travailler pour un croûton de pain sec.
          Sentant venir l’arnaque, seul le PCF était opposé à cette « démarche humanitaire » et se battait pour que les immigrés aient strictement le même salaire que les français, ce qui n’aurait pas été rentable…

          C’est bien l’égoïsme et la cupidité qui sont responsable de la situation actuelle.

          Et uniquement celles des « élites » qui se foutent royalement de la population, celle-ci n’étant pour eux que du bétail à « exploiter » afin d’en retirer le plus grand profit.

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    • Quintus // 07.10.2020 à 10h47

      La Marseillaise, aucune vertu musicale ?
      Ce chant est bien mieux composé que « Rule Britannia » qui relève davantage d’une virtuosité mal placée et n’est pas sans me rappeler les innombrables attrape-bigot qui font (trop) régulièrement siffler mes oreilles à la messe.

      Mais ces deux chants ont en commun d’être les témoins d’époques et de contextes révolus… quoique la Marseillaise, chant d’encouragement à la résistance à l’ingérence étrangère, est bien plus actuelle (sous forme de parabole) que ce que le désert intellectuel parisien vendu à l’Empire veut bien nous faire croire…

      De leur côté les Allemands n’ont gardé après 1945 que le troisième couplet du « Deutschlandlied » écrit par des idéalistes de l’unification allemande au XIXè siècle. Faut dire que le premier couplet a été totalement perverti par les pangermanistes puis les nazis (qui ont opéré le glissement sémantique « Deutschland über alles » ==> « Deutschland über allem »), le deuxième prêtait à sourire (le vin et les femmes allemandes !) mais le troisième sied parfaitement à l’Allemagne d’aujourd’hui.

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    • mikatypa // 08.10.2020 à 16h43

      La Marseillaise est le marqueur historique d’, une étape fondamentale de notre république…. si fragile. Qu’est-ce qui nous fait français ? Notre citoyenneté, basée sur la Révolution !

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  • Urko // 07.10.2020 à 08h53

    A l’heure où un nationalisme intransigeant gagne du terrain dans les hautes sphères d’un nombre croissant d’états, comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Iran, les grands bourgeois occcidentaux – Craig Murray ne passe pas pour un prolétaire hein, loin de là – ne trouvent rien de mieux que de faire la promotion enthousiaste et saccarstique de la propre décomposition de leurs nations et structures étatiques, même quand ils en ont été les serviteurs, fort bien rémunérés au demeurant. Après avoir saccagé nos paysages, nos liens sociaux, nos industries et nos finances publiques dont ils ont largement profité, les grands bourgeois ricaneurs s’en prennent désormais aux états eux mêmes. Sous les applaudissements nourris d’une certaine gauche qui se réveillera trop tard, comme d’habitude, quand elle aura compris qu’il s’agissait in fine d’en finir avec le peuple. Mais s’en préoccupe-t-elle encore, du peuple ? Le mot même paraît lui salir la bouche. Auparavant, les félons se cachaient ; aujourd’hui, ils étalent, goguenards, leurs trahisons par le menu. Nos grands bourgeois ont honte de leur statut de grands bourgeois, mais pas de leur duplicité. Que M. Murray rembourse donc les émoluments dont l’a gratifié le Royaume-Uni quand il tenait une de ses ambassades, ce à quoi personne ne l’avait forcé. Il ne faut jamais hurler avec ce genre de loups : ils mordent inéluctablement la main qui les a abreuvés.

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    • raoul // 07.10.2020 à 09h31

      Le grand nationalisme intransigeant des grands bourgeois occidentaux ne s’applique pas à la France… Nos chers zélites sont totalement inféodées à l’UE et à l’oncle Sam, elles ne cessent de démantelées les intérêts vitaux du pays (cession de Alsthom, Latecoere, Photonis, …), tôt ou tard, Dassault sera dans la barque… Quant à ce qui constitue le Commun des français, le socle chèrement gagné par nos anciens (Médecine, Scolarité, Retraite, …), il ne cesse d’être cédé à l’oligarchie saxone sous le terme d’ultralibéralisme qui n’est en fait qu’une sociabilisation des pertes des oligarques.
      Nos élites nous haïssent parce que le peuple, dans sont fort intérieur, n’en veut pas.. En tout cas, pas sous cette forme.

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  • marées // 07.10.2020 à 10h20

    « cela met un terme à l’idée d’un vote significatif de gauche pour le Brexit. Les électeurs pro-Brexit sont en effet pour la plupart des nationalistes britanniques très traditionnels qui aiment la Reine. »

    Ah, donc une monarchie constitutionnelle (majorité des régimes en Europe), c’est forcément pas de gauche ?
    En France c’est une République et c’est très loin d’être à gauche depuis un moment.

    On peut associer à l’image de monarchie bien d’autre chose selon le pays, son histoire, le contexte : indépendance, symbole parmi d’autres à une appartenance, contestation du libéralisme bourgeois etc.
    Churchill n’était pas à gauche, loin de là, il a pourtant représenté la défense des démocraties en 1940.

    Quand on réfléchit, on élargit le raisonnement pour voir tout ce qui peut jouer et modifier les lignes.

    Et je soutiens l’idée républicaine.

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  • christian gedeon // 07.10.2020 à 11h23

    L’Ecosse est dans les faits autonome. Le choix de l’Europe( il fut un temps où c’était le choix du royaume de France) ne lui a jamais porté bonheur. Et Murray oublie soigneusement de rappeler que les Écossais se sont étripés entre eux comme des malades, ce qui a permis à la Couronne anglaise de finalement prendre le dessus.

      +2

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    • RGT // 08.10.2020 à 16h42

      La noblesse écossaise s’est étripée, nuance…

      Et si les écossais souhaitent une république, c’est juste pour en être définitivement débarrassés.

      Espérons que s’ils y parviennent ils parviendront AUSSI à ne pas se laisser embobiner par des « élites » qui prendront la place de l’ancienne noblesse, sans doute en pire.

      C’est bien ce qui s’est passé en France et dans de nombreuses « républiques » dans lesquelles le peuple doit encore fermer sa gueule car dans le cas contraire il s’attaque à la légitimité divine « démocratique des urnes », ce qui est pire encore que le crime de lèse-majesté.

      La seule VRAIE démocratie qui pourrait exister imposerait aux « élites » de suivre à la lettre les instructions du peuple sous peine de révocation immédiate et de passage immédiat devant un tribunal populaire (sans juge qui pourrait subir les pressions de sa hiérarchie).

      Le reste s’appelle démocrassie, car ces régimes sont vraiment crasseux.

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      • christian gedeon // 10.10.2020 à 10h31

        Mais non cher ami,pas que la noblesse ,loin s’en faut.Il ne faut penser que Braveheart est un livre d’histoire. En réalité ,les écossais etaient profondement divisés entre Highlands et Lowlands. Entre gens des villes et gens des champs. L’arrivée en masse du presbyteriannisme a porté un coup fatal à la très fragile unité écossaise.L’ecosse catholique avit résisté. L’Ecosse privée de l’unité de la foi a perdu.,entre uatres raisons. L’or anglais et le caractère impitoyable des guerres menées contre les Ecossais ont fait le reste. A grands coups de mercenaires allemands ,et avec l’appui des lowlands. Ce n’était en aucun cas ,une geurre des nobles contre le peuple. C’atait une guerre de deux fractions des ecossais aux interets très divergents.Culloden l’a montré de façon claire.

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  • douarn // 07.10.2020 à 11h33

    Je trouverais intéressant que les faits évoqués dans le texte soient connectés à l’histoire des ressources.

    L’empire britannique a commencé à décliner après son pic de production de charbon en 1911, charbon nécessaire à son industrie (sidérurgie, filature, machines à vapeur, marine, entrée de devises, …). Churchill avait compris l’importance du pétrole pour l’armée et la marine. Après avoir négocié avec SHELL, il va faire en sorte que l’amirauté acquiert (en 1914) 51% de ANGLO-PERSIAN OIL COMPANY, devenu BP en 1954.

    Tatcher a fini de tuer le charbon gallois en laissant crever Bobby Sand dans sa geôle. Elle a profité de la manne du pétrole de la mer du nord situé dans les eaux écossaises pour promouvoir sa politique eco. Ca et les Malouines ont certainement fait remonter le sentiment de puissance colonisatrice et de grandeur retrouvée parmi ses électeurs.

    2001 marque le pic de production du pétrole de la mer du nord, le début du déclin économique du RU, des attentats du WTC. Si on réfléchit, c’est assez logique que T. Blair (et l’oligarchie britanique) se soit associé à GW Bush pour faire la guerre en Irak, une ancienne colonie britanique représentant environ 10% des réserves mondiales de pétrole.

    Enfin, historiquement on peut comprendre que les gallois et les écossais ne soient pas enthousiastes vis à vis de la monarchie. Mais surtout, les écossais reprendraient ce qui reste de pétrole en mer du nord pour eux.

    Mes 10 centimes 🙂

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  • Fernet Branca // 07.10.2020 à 21h42

    L’Anglais, j’allais dire le Godon est l’ennemi héréditaire sans remonter aux batailles de Crécy et Azincourt ou même Fontenoy à partir de la guerre de sept ans.
    Autre remarque l’Écosse au Nord du sillon Fort Williams/Inverness c’est le désert même si cela occupe une bonne partie de la carte.

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  • Subotai // 08.10.2020 à 17h58

    Je ne sais pas, mais a-t-on oublié que le Royaume Uni est le résultat d’invasions germaines jamais complètement acceptées. Quand par dessus les Normands, encore des Germains, se sont imposés comme gouvernant ça n’a pas arrangé…
    A mon avis ce que raconte Murray n’a rien à voir avec le Régime Politique en place.

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  • Nicole de Nicomaque // 10.10.2020 à 00h59

    Sur France Culture, ce vendredi 10 octobre étaient invités à parler du BREXIT, Lord Jonathan Sumption, historien et conseiller privé de la Reine (!) et le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, M.Clément Beaune. L’intitulé exact de l’émission était  » La Conversation Mondiale en direct de Blois : le Royaume-Uni restera-t-il européen après le Brexit ?  »
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/la-conversation-mondiale-en-direct-de-blois-le-royaume-uni-restera-t-il-europeen-apres-le-brexit

    En vérité nous avons eu à faire plutôt à une conversation mondaine sans grand intérêt. Je laisse juges les internautes sur le ronronnement des invités en pleine pandémie de Covid 19 et d’effondrement de l’économie.

    Si je parle de ça, c’est qu’à un moment donné, Lord Jonathan Sumption, historien et conseiller privé de la Reine d’Angleterre s’est trouvé intelligent de ricaner qu’au contraire de la France il n’y avait pas de système de redistribution financière des gains de productivité pour un plus grand équilibre entre Capital et Travail.
    Le fait de savoir que M.Macron avait été élu pour détruire ce système équilibré qui redonne une part à celles et ceux qui produisent la richesse – celles et ceux qui travaillent ou ont travaillé – n’était pas la question.

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  • Nicole de Nicomaque // 10.10.2020 à 01h00

    Mais Lord Jonathan s’enorgueillissait durant l’émission convenue d’être un « libéral » tout court – niant au passage la spécificité du « néolibéralisme » qui place aujourd’hui l’État comme étant au service direct des multinationales contre le salariat. Non seulement, le conseiller de la reine d’Angleterre était resté imaginairement au XVIII ° siècle mais il ne voyait pas le point aveugle de son habitus qui le faisait pérorer sur la moindre place de l’État politique dans le système économique britannique : Il ne s’apercevait pas tant cela lui était coutumier, que la famille royale et le parasitisme de l’aristocratie anglaise ponctionnait encore au XXI° siècle une masse considérable du budget national britannique au détriment de son peuple. En vérité, il y a bien en Angleterre une intervention de l’État mais à la différence de la tradition française, la redistribution se fait vers le sommet. L’argent des contribuables anglais finance la vie de gala de personnes qui ne servent à rien : l’aristocratie, la cour royale et la reine sans compter tous ceux qui gravitent autour dans un luxe pharaonique.

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  • Nicole de Nicomaque // 10.10.2020 à 01h01

    Pour rester intellectuellement honnête, je dois avouer que c’est exactement ce que tente de faire désormais en France, le gouvernement Macron & Castex à la suite de M.Edouard Philippe dans le sillage des gouvernements Hollande-Sarkozy, mais à une vitesse accélérée.

    Pour mieux comprendre la logique inique interne du « macronisme », je conseille à toutes les lectrices et les lecteurs du blog de M.Berruyer de lire l’excellent ouvrage de M.Romaric Godin :

    « La guerre sociale en France – Aux sources économiques de la démocratie autoritaire » :
    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_guerre_sociale_en_France-9782348045790.html

    Bonne lecture.

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