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24.juin.201924.6.2019 // Les Crises

Les deux ans d’un Titanic diplomatique… Par Jean Daspry

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Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 27-05-2019

Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. L’ex-inspecteur des Finances de Bercy, Emmanuel Macron est arrivé au château en mai 2017, précédé de « la promesse de l’aube » avec des idées à contre-temps, pour ne pas dire de fausses idées sur la diplomatie. Ses prétendus conseillers diplomatiques, une sorte de « dream team » (Philippe Etienne, Aurélien Lechevallier, Clément Beaune, Etienne de Gonneville, Alice Rufo, Franck Paris, Jean-Marc Berthon, Alexandre Adam, Marie Audouard, Pascal Confavreux, Marie Philippe, Nicolas Jegou, Jennifer Moreau1) n’entendent rien à la diplomatie tant ils chevauchent en permanence des chimères. En fait de conseillers, il s’agirait plutôt de vulgaires courtisans2.

Deux ans après la prise de fonctions d’Emmanuel Macron à la tête d’un État en faillite, le moins que l’on soit autorisé à dire est que la diplomatie d’Austerlitz ressemble comme deux gouttes d’eau à la diplomatie de Waterloo. Le navire France prend l’eau de toutes parts. Une sorte de Titanic diplomatique… Une diplomatie qui conjugue harmonieusement vrais échecs et fausses valeurs pour celui qui prend le temps d’analyser la pratique jupitéro-pinocchienne extérieure au-delà de l’écume médiatico-bling-bling.

DIPLOMATIE DES VRAIS ÉCHECS

Penchons-nous un instant sur les grandes déculottées de la diplomatie des apparences qui ne trompe plus, de nos jours, que quelques gogos naïfs ou autres folliculaires « embedded »3 ! Nous nous en tiendrons à quatre : Libye, Syrie, Mali et Brexit.

Libye ou la déflagration qui n’en finit toujours pas

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « Harmattan », contribution française à l’intervention militaire d’une coalition hétéroclite lors de la guerre en Libye (mars-octobre 2011). Déstabilisation pérenne du pays (« La Libye n’est pas divisée entre deux hommes, elle a explosé en mille morceaux »4), déstabilisation du Sahel (Mali, Burkina Faso ne s’en remettent toujours pas), contribution involontaire aux phénomènes terroristes et migratoires en Europe, risque de chute de Tripoli aux mains du maréchal Haftar5 et de déroute de notre « prétendu » poulain, Fayez al-Sarraj … tels sont les dividendes que nous tirons de l’opération médiatico-philosophique des duettistes Nicolas Sarkozy/Bernard-Henri Lévy. Compte tenu de la volatilité de ses positions6, la France est contrainte, le 8 avril 2019, de répondre à ses détracteurs qu’elle n’a ni « plan caché » ni « double discours » …7

C’est à n’y rien comprendre alors que Jupiter nous annonçait, il y a peu encore (rencontre de la Celle-Saint-Cloud et de Paris), que grâce à des élections prévues pour le 18 décembre 2018 (elles n’ont jamais eu lieu), le retour de la paix et de la sécurité était à portée de main (nous l’attendons toujours). Quelle superbe mandale pour les Occidentaux (confondus avec la folklorique « communauté internationale »8), France en tête9. Rares sont encore les journaux à l’écrire aussi crûment. Le volatil met fort opportunément les points sur les i10. Le Figaro met le doigt sur les incohérences de la politique française vis-à-vis des deux principaux protagonistes de la crise libyenne11. On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment (cardinal de Retz)12. C’est bien connu. On n’a jamais réglé un problème uniquement avec des moyens militaires13. Emmanuel Macron reçoit le 22 mai 2019 le maréchal Khalifa Haftar, qui vient de replonger la Libye dans une troisième guerre civile et de torpiller des années d’un processus de paix déjà extrêmement difficile. La France persiste dans l’ambiguïté au nom de la lutte contre le terrorisme et de « la sécurité des Français »14.

Syrie ou l’étrange défaite des crânes d’œuf

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « Chammal », participation de l’armée française au sein de la coalition contre l’EIIL aux actions lancées en Irak et en Syrie qui est venue s’ajouter à une diplomatie complétement irréelle du début jusqu’à la fin des « révolutions arabes » : fermeture de notre ambassade à Damas par le crâne d’œuf Alain Juppé, aide financière et militaire octroyée à une hypothétique opposition démocratique qui s’est évaporée dans la nature par l’autre crâne d’œuf Laurent Fabius, dénigrement constant de la Russie et de l’Iran qui tiennent en mains les cartes maitresses de l’avenir du pays, multiplication des déclarations à l’emporte-pièce déconnectées de la réalité du président de la République et de ses ministres de l’Europe et des Affaires étrangères et des Armées, mise à l’écart du colonel Legrier pour avoir tenté de dire la vérité qui dérange…

En définitive, la France est hors-jeu en Syrie et ne compte plus dans la région15. Perseverare diabolicum ! Alors que le navire dérivait dangereusement, le nouvel élu du peuple n’a pas su redresser la barre, s’en tenant à une diplomatie des fantasmes. C’est à n’y rien comprendre alors que Emmanuel Macron annonçait, lors de la dernière conférence des ambassadeurs d’août 2018, la nomination d’un brillant ambassadeur comme son représentant personnel sur la Syrie, François Sénémaud et la contribution active de la France au processus de paix en Syrie. Cet ambassadeur n’a pas fait mieux que ses deux prédécesseurs, Eric Chevallier et Franck Gellet bien récompensés de leurs erreurs, se succédant comme ambassadeur au Qatar. Un pays hospitalier et qui sait bien traiter ses hôtes. Question impertinente : avons-nous la moindre idée de ce qui pourrait advenir du Moyen-Orient dans les mois et les années à venir ? Avons-nous préparé quelques options crédibles pour être en mesure d’anticiper de réels bouleversements ?16 une fois encore, la réponse est dans la question. Une nouvelle surprise stratégique faute de prévoir en amont de nos réponses comme ce fut déjà le cas pour les mal nommés « printemps arabes ».

Mali ou les prémisses d’un Afghanistan de proximité

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « Barkhane » qui a succédé à l’opération « Serval » (2013-2014) ainsi que toutes les erreurs successives. Comme le soulignent justement les militaires plus éclairés que les diplomates, quand on entre sur un terrain d’opérations, il faut toujours savoir comment en sortir. Le Mali est notre « Afghanistan de proximité » comme le relevait, il y a plusieurs années déjà avec beaucoup de clairvoyance, un ambassadeur, ex-DGSE, Jean-Claude Cousseran. Chaque mois, un militaire français perd inutilement la vie. Par ailleurs, on n’a jamais pu résoudre par des solutions uniquement sécuritaires des problèmes économiques, politiques, sociaux, ethniques, religieux….

Les principaux responsables militaires français ne sont pas dupes de la sale guerre qu’on leur fait mener dans la zone. Les groupes terroristes s’implantent au Mali, au Niger, au Nigéria, au Bénin, au Burkina Faso17. L’Histoire est têtue surtout lorsqu’on s’obstine à en ignorer les leçons élémentaires18. Sans parler des sanctions financières et disciplinaires infligées aux chercheurs et autres diplomates qui osent dire la vérité dans une France aux méthodes nord-coréennes. C’est à n’y rien comprendre alors que l’on nous vantait, il y a peu encore, les vertus incommensurables du G5 Sahel, dont on mesure au quotidien les faiblesses structurelles (les armées africaines, à l’exception notable des tchadiennes ne sont que vulgaires troupes d’opérette inaptes à conduire le combat contre le terrorisme dans la région), pour mettre de l’ordre dans une région particulièrement instable19.

Les organisations internationales universelles ou régionales ont également démontré leur incapacité à rétablir la paix, la sécurité et le développement dans cette zone à risques de l’Afrique. Un récent rapport du Secrétaire général de l’ONU souligne très diplomatiquement que « le G5 Sahel n’est pas encore opérationnel »20.

Brexit ou le bal des somnambules invétérés

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « crétin des Alpes ». Ce dernier qui a pour nom, Michel Barnier a amplement démontré les limites de ses compétences diplomatiques, pour ne pas dire l’étendue de son incompétence (notoire pour tous ceux qui ont eu l’immense privilège d’approcher de près ce grand benêt). Aujourd’hui, les Britanniques nous mènent en bateau21. Alors que Theresa May demande un nouveau report jusqu’à la fin juin – enjambant au passage l’obstacle des élections européennes -, Donald Tusk propose un an de plus et Emmanuel Macron s’impatiente (les 27 transigent sur six mois après un psychodrame franco-allemand22). Drôle de diplomatie qui ignore la vertu cardinale de la patience dans la négociation internationale. La négociation sur le nucléaire iranien, autrement plus facile, aura duré plus d’une décennie.

C’est à n’y rien comprendre alors que l’on nous claironnait, il y a quelques semaines encore que la Perfide Albion passerait immanquablement sous les fourches caudines du plus grand négociateur de tous les temps, émissaire de la Commission européenne (celle qui n’avait rien anticipé), le farceur, Michel Barnier23. C’est la fable de l’arroseur arrosé. Comme dirait l’autre, les Anglais nous ont fait « chier » pour entrer dans l’Europe et nous font « chier » pour en sortir. « Le pourrissement du Brexit contamine désormais l’Union européenne »24. Telle est la triste réalité pour l’homme qui n’a toujours pas compris que gouverner, c’est prévoir, y compris et surtout, le pire, l’impensable, en particulier le « no deal » (l’absence d’accord). Et ceci intervient dans un contexte de grande défiance des citoyens français à l’égard de la construction européenne (Cf. les élections au Parlement européen du 26 mai 2019)25.

Grâce au ciel, le Quai d’Orsay hérite d’une femme parfaite pour prendre en charge les affaires européennes, Amélie de Montchalin, la « Sœur Sourire de la start-up nation » qui parle « cash » et ne « lâche rien »26. Cela va décoiffer dans les chaumières. La France est de retour après le tsunami de Nathalie Loiseau de mauvais augure.

Aussi vrais que sont les multiples échecs que nous subissons – la liste n’est malheureusement pas exhaustive -, les valeurs que nous défendons sont aussi fausses que la monnaie de singe. Et cela commence sérieusement à se voir comme le nez au milieu de la figure en France, mais surtout à l’étranger où notre crédit diplomatique est au plus bas.

DIPLOMATIE DES FAUSSES VALEURS

À trop clamer urbi et orbi que la France est la patrie des droits de l’homme et autres sornettes tout en faisant la promotion de la diplomatie économique – une mise en œuvre de la politique macronienne du en même temps -, la France fait apparaître au grand jour sa duplicité en sacrifiant sur l’autel du Dieu argent nos fameuses (fausses) valeurs universelles et éternelles27. Là encore, nous mettrons le doigt sur quatre dossiers emblématiques : Arabie saoudite, Yémen, Japon et Afghanistan.

Arabie saoudite ou le triomphe des droits-de-l’hommiste aveugles

Nous n’en finissons pas de tomber dans le piège que nous avons-nous-même armé dans la gestion de nos relations bilatérales avec cet État qui bafoue allègrement les droits de l’homme et les droits de la femme sans que cela n’émeuve les bonnes âmes germanopratines. On y torture, on y flagelle, on y embastille, on y découpe à la tronçonneuse toute personne qui manifeste la moindre opposition à la politique du jeune prince MBS… La France, voire l’Union européenne, a-t-elle jamais brandi une seule fois la diplomatie coercitive avec le mot sanction ? [pour leur part, les Etats-Unis ont interdit d’entrée sur leur territoire seize ressortissants saoudiens en raison de « leurs rôles dans le meurtre » du journaliste Jamal Khashoggi, a annoncé le département d’Etat américain le 8 avril 2019]. Jamais, tant le bédouin a le carnet de chèques bien rempli et achète toutes sortes d’armes des plus sophistiquées, intelligentes pour faire la chasse aux terroristes et la guerre au Yémen28.

Riyad vaut bien une messe même si le terme est impropre dans le cas d’espèce. Le moins que l’on puisse dire est que l’attitude de la France n’est pas très brillante dans le suivi du procès des pseudo-instigateurs de l’assassinat de Jamal Kashoggi29. Toutes nos félicitations à notre brillante porte-parole du Quai d’Orsay, la très droit de l’hommiste et franco-suissesse, Agnès von der Mühll (du moulin en bon français) ainsi qu’à notre aussi sémillant ambassadeur à Riyad, l’excellent François Gouyette, récemment promu au grade de ministre plénipotentiaire (plein de poussières) hors-classe !30 Il est prolongé d’une année dans ses fonctions. L’allié saoudien a les moyens de ne pas vous faire parler. C’est à n’y rien comprendre au pays des Lumières, pays qui traîne à l’occasion quelques autocrates africains devant ses tribunaux pour avoir abusé du népotisme et de la corruption. Décidément, l’argent n’a pas d’odeur surtout lorsqu’il provient des pétromonarchies du Golfe.

Yémen ou la complicité de multiples crimes horribles

Nous n’en finissons pas de nous couvrir de ridicule avec la question du Yémen. Liée à la précédente la question, celle de la guerre au Yémen conduite par l’Arabie saoudite à la tête d’une coalition improbable constitue une véritable honte sur le plan moral et sur le plan juridique. Contrairement à nos partenaires allemands, nous livrons larga manu nos plus belles armes intelligentes à l’Arabie saoudite pour qu’elle écrase la rébellion houthie31. Le seul problème est quelques ONG responsables assimilent la sale guerre conduite par MBS hors de ses frontières à un crime de guerre doublé d’un crime contre l’humanité, voire à un génocide. Et, la France (Emmanuel Jean-Yves, Florence et quelques autres), si prompte à traduire à La Haye tous les délinquants de la terre, pourrait bien un jour se retrouver à moisir dans les sympathiques geôles de la Cour pénale internationale (CPI) de la charmante station balnéaire néerlandaise qui a pour nom La Haye [Elle y est accusée de complicité de crime de guerre, de crime contre l’humanité, de génocide].

Cela tombe à point nommé, certains prisonniers célèbres comme Laurent Gbagbo venant d’être libérés au grand dam de la procureure qui avait oublié que l’on ne pouvait condamner sans preuve, sans parler de la présomption d’innocence. Cela fait de la place. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas, que nous n’avions rien vu de cette guerre humanitaire saoudienne au Yémen. C’est à n’y rien comprendre au pays des défenseurs acharnés des droits de l’homme du nom de Bernard Kouchner ou de Bernard-Henri Lévy. Aux dernières nouvelles, sous la pression salutaire des ONG, un cargo qui devait faire le plein d’armes humanitaires pour l’Arabie saoudite a dû rebrousser chemin et repartir cales vides.

Japon ou le triomphe de la présomption de culpabilité

Nous n’en finissons pas d’être en-dessous de tout dans le cas de Carlos Ghosn. Comme notre site l’avait souligné, dès le début de l’affaire de l’ancien PDG de Renault-Nissan, la réalité dépasse la fiction32. Il ne s’agit bien évidemment pas de nous prononcer sur la culpabilité ou non de Carlos Ghosn, n’ayant pas accès aux pièces du dossier. Il s’agit tout simplement de s’assurer que l’intéressé, comme tout être humain quel qu’il soit, bénéficie du droit à un procès équitable comme tout citoyen français et que les autorités judiciaires japonaises appliquent les multiples conventions internationales onusiennes auxquelles elles ont souscrit volontairement et qu’elles bafouent sans foi, ni loi. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dit avoir appeler le Japon à respecter les droits et la présomption d’innocence de Carlos Ghosn lors d’un entretien avec son homologue nippon en marge du G7 à Dinard le 6 avril. Dans quels termes, nous ne le saurons jamais ?

Nous avons l’impression que Carlos Ghosn bénéficie de moins de protection des autorités parisiennes (service minimum de l’Élysée après la demande de l’épouse du proscrit) que quelques djihadistes que nous voulons rapatrier en France en dépit de la gravité de leurs crimes. Les déclarations de l’épouse de Carlos Ghosn au JDD (7 avril 2019) donnent froid dans le dos à écouter les procédés staliniens de la justice d’un pays membre du G7. Nous devons féliciter l’ambassadeur de France au Japon, Laurent Pic, dont tout le monde s’accorde à penser qu’il a été particulièrement digne de la France dont nous vantons les mérites hors de l’hexagone. C’est à n’y rien comprendre alors que le président de la République faisait le beau devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) du Conseil de l’Europe située à Strasbourg en octobre 2017, montrant la France en exemple de protectrice naturelle des droits de l’homme à la terre entière. Aujourd’hui, c’est courage fuyons alors que Carlos Ghosn clame son innocence33.

Afghanistan ou une véritable honte pour la France des Lumières

Nous n’en finissons pas de nous couvrir de honte avec le traitement inepte des anciens interprètes afghans ayant servi l’armée française dans ce cimetière des Empires que Donald Trump veut quitter en redonnant la clé de Kaboul aux Talibans à qui l’OTAN l’avait prise34. Quelle différence de traitement entre les simples migrants venus de ce pays jusqu’en France sans avoir sollicité le moindre visa des autorités françaises et accueillis chez nous avec maints égards et les anciens interprètes dont les dossiers de visas sont enterrés à l’ambassade de France par nos brillants ambassadeurs successifs ? Une véritable honte pour la France éternelle35. Ces personnes risquent leur vie pour avoir servi la France, et nous ne faisons rien pour les exfiltrer. Tout ce ci ressemble au sort réservé aux malheureux Harkis après la guerre d’Algérie en 1962. La France a toujours privilégié les traitres aux héros. Le général de Gaulle a été condamné à mort par contumace le 2 août 1940 par le régime de Vichy sans que cela ne dérange nos magistrats collabos, recyclés à la fin de la guerre. No comment, comme dirait l’autre. C’est à n’y rien comprendre au pays qui se vante d’avoir une politique d’asile libérale en accueillant en France toutes les personnes persécutées dans leur pays36.

« La plupart des dévots dégoutent de la dévotion » (La Rochefoucauld). Deux ans après son arrivée au pouvoir, les résultats diplomatiques du président de la République ne sont pas au rendez-vous. En jouant avec le feu sur la scène intérieure, la Macronie suscite la jacquerie des « gilets jaunes » et la restitution du « grand débat » (le « fake » débat ou la grande débâcle) du 8 avril 2019 et risque plus d’attiser que d’éteindre37. En jouant avec le feu sur la scène internationale, la Macronie suscite la rebuffade de partenaires que la multiplication des tribunes lyriques et des discours enflammés agace plus qu’elle ne convainc (en particulier sur la scène européenne). Un nouvel épisode du film du pompier pyromane avec dans le rôle principal, notre menteur inné, Pinocchio-Macron qui se retrouve aujourd’hui bien seul après le départ des « Mormons », sorte de cercle des conseillers disparus38 !

Mais dans cet environnement international comme national, tout aussi glauque, notre valeureux ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian vient, après plusieurs hésitations légitimes, de sauter le pas pour le plus grand bien des penseurs des relations internationales. En effet, en la présence auguste de Michel Barnier, notre breton madré a lancé le 7 avril 2019 à Ploufagran, près de Saint-Brieuc, son mouvement des « progressistes bretons ». Il espère faire de la Bretagne un laboratoire au service d’un renouveau démocratique39. L’IFRI de Thierry de Montbrial, qui vient de fêter son quarantième anniversaire, n’a qu’à bien se tenir40.

Notre ami Le Chouchen a mieux à faire que d’être derrière le bureau de Vergennes à réfléchir en toute quiétude à l’avenir du monde. Il préfère prendre soin de son propre avenir breton en se livrant à un exercice de « philosophie ». C’est pourquoi, pour l’instant, la diplomatie française n’est que diplomatie du pschitt, diplomatie des illusions perdues !

Jean Daspry
27 mai 2019

1 Treize Pieds Nickelés qui forment une sorte de mini-Quai d’Orsay et qui nous coûtent « un pognon de dingue » pour un résultat dérisoire, https://www.elysee.fr/la-presidence/cabinet-du-president-de-la-republique-et-services-de-l-elysee
2 Dominique de Villepin, De l’esprit de cour. Les malédictions françaises, Perrin, 2010.
3 Journalistes embarqués dans la caravane Macron au prix de leur servitude volontaire, adeptes de l’hagiographie et de la brosse à reluire.
4 Ghassan Salamé (propos recueillis par Maryline Dumas), « La Libye n’a est pas divisée entre deux hommes, elle a explosé en mille morceaux », Le Figaro, 6-7 avril 2019, p. 18.
5 Maryline Dumas, Libye : le maréchal Haftar tente de prendre Tripoli, Le Figaro, 6-7 avril 2019, p. 9.
6 Marc Semo, Paris embarrassé par son soutien au maréchal Haftar, Le Monde, 9 avril 2019, p. 6.
7 Maryline Dumas, En Libye, Haftar tient tête à ses parrains, Le Figaro, 8 avril 2019, p. 8.
8 Éditorial, L’échec de la communauté internationale, Le Monde, 16 avril 2019, p. 27.
9 Marc Semo, En Libye, un désaveu pour la médiation occidentale, Le Monde, 9 avril 2019, p. 6.
10 Claude Angeli, La guerre de Libye était prévisible, Le Canard enchaîné, 10 avril 2019, p. 3.
11 Isabelle Lasserre, Libye : le jeu ambigu de Paris avec Haftar, Le Figaro, 12 avril 2019, p. 11.
12 La rédaction de mediapart, Libye : des militaires français auprès du général Haftar ?, www.mediapart.fr , 14 avril 2019.
13 Ghassan Salamé (propos recueillis par Frédéric Bobin), « En Libye, nous continuons à rechercher une solution politique », Le Monde, 16 avril 2019, p.4.
14 Rachida El Azzouzi, « Libye : la guerre civile initiée en avril par Haftar cause déjà de profonds dégâts », www.mediapart.fr , 23 mai 2019.
15 Jean-Pierre Perrin, Syrie, an neuf, www.mediapart.fr , 14 avril 2019.
16 Georges Malbrunot Trump et Netanyahou vont-ils embraser le Moyen-Orient ?, Le Figaro, 15 avril 2019, p. 19.
17 Claude Angeli, L’inquiétant « djihad sans frontières » au Sahel, Le Canard enchaîné, 3 avril 2019, p. 3.
18 Renaud Girard, La France au Mali : retour du piège colonial, Le Figaro, 9 avril 2019, p. 19.
19 Bernard Lugan, Les guerres du Sahel. Des origines à nos jours, 2019.
20 Claude Angeli, La faillite du projet antiterroriste de Macron, Le Canard enchaîné, 22 mai 2019, p. 3.
21 Florentin Collomp, Les Vingt-Sept face au Brexit à rallonge, Le Figaro, 6-7 avril 2019, p. 7.
22 Cécile Ducourtieux/Thomas Wieder/Cédric Pietralunga, Macron et Merkel, les nerfs à vifs sur le Brexit, Le Monde, 13 avril 2019, p. 7.
23 Alain Constant, Michel Barnier en mode commando, Le Monde, 16 avril 2019, p. 23.
24 Aurélien Antoine, Le pourrissement du Brexit contamine désormais l’Union européenne, Le Monde, Idées, 10 avril 2019, p. 28.
25 Bruno Cautrès, La France de moins en moins favorable à l’Europe, Le Monde, Idées, 10 avril 2019, p. 27.
26 Anne-Sophie Mercier, Amélie de Montchalin. Scoute que coûte, Le Canard enchainé, 10 avril 2019, p. 7.
27 Jean de Gliniasty, La diplomatie au péril des valeurs, L’inventaire, 2017.
28 Disclose, Armes françaises au Yémen : itinéraire d’une livraison secrète, www.mediapart.fr , 15 avril 2019.
29 Vite dit, Le Canard enchaîné, 10 avril 2019, p. 8.
30 Benjamin Barthe, Silence radio autour du procès Kasshoggi, Le Monde, 6 avril 2019, p. 5.
31 Disclose, La France et le Yémen : cartographie d’un mensonge d’État, www.mediapart.fr , 15 avril 2019.
32 Jean Daspry, Ca désghon(ne) à pleins tubes, www.prochetmoyen-orient.ch , 26 novembre 2018.
33 Éric Béziat, Carlos Ghosn se dit « victime d’un complot », Le Monde, Économie & Entreprise, 10 avril 2019, p. 16.
34 Jacques Follorou, Responsables afghans et talibans vont se réunir, Le Monde, 10 avril 2019, p. 5.
35 Brice Andlauer/Quentin Müller, Tarjuman. Une trahison française, Bayard, 2019.
36 Pascal Brice, Sur le fil de l’asile, Fayard, 2019.
37 Benoît Floc’h, L’administration sous pression pour mettre en musique les réformes, Le Monde, 9 avril 2019, p. 9.
38 Jacques Julliard, Solitude de Macron, Marianne, 5-11 avril 2019, p. 4.
39 Didier Gourin, Progressistes bretons. Jean-Yves Le Drian lance son mouvement, www.ouest-france.fr , 7 avril 2019.
40 Marc Semo, Thierry de Montbrial, influenceur très diplomate, Le Monde, 9 avril 2019, p. 27.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 27-05-2019

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Commentaire recommandé

Duracuir // 24.06.2019 à 07h16

Constat on ne peut plus réel mais pourquoi ce titre qui ferait croire que seul Macron est à l’origine de ces désastre. Le vrai et premier fautif est Sarkozy l’Américain qui a sciemment et méthodiquement liquidé 50 ans de diplomatie gaullienne. Après, ce sont les Young Leaders de la French Américain fondation: Juppé, Fabius, Hollande et le bébé Rothschild qui ont poursuivi allègrement.

40 réactions et commentaires

  • jean pale // 24.06.2019 à 05h33

    Que dire? Un article clinique, sur un bilan terrible… Nous vivons des temps épouvantables, ou la fatuité, la bêtise et le vice ont pris le pouvoir.
    Mais est-il encore temps de commenter, en critiquant sans effets la Macronie omnipotente? N’est-il pas plutôt temps de sortir avec un gilet jaune?

      +58

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    • pierre Auréjac // 27.06.2019 à 18h35

      Et cet article remarquable ne prend pas en compte la dernière claque, magistrale et mondiale, reçue par notre diplomatie qui vient de voir sa candidate à la tête de la FAO ( on aura la politesse de ne pas nommer cette dame) sévèrement battue par le candidat chinois après la preuve donnée dans d’importants organes de presse qu’elle avait fait secrètement allégeance aux dictats des USA concernant l’action de la FAO

        +2

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  • Fritz // 24.06.2019 à 07h02

    Article juste, implacable, sur une réalité désespérante.
    Bon, on le rétablit quand, l’article 68 de la Constitution ?

    https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006527562&cidTexte=LEGITEXT000006071194&dateTexte=19581005

      +34

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    • basile // 24.06.2019 à 08h25

      enfin quelqu’un qui dénigre le mot « valeur », ce nouveau Dieu devant lequel nous devons nous prosterner, mot creux dont on nous rabâche journellement les oreilles.

        +6

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      • Yannis // 24.06.2019 à 17h36

        Trouvé dans la définition plurielle du terme “vaieur” dans le Larousse en ligne, ce paragraphe qui devrait plus vous convenir :

        “Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d’un point de vue personnel ou selon les critères d’une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre : Nous avions des systèmes de valeurs différents.”

        Ne jouons pas trop avec les mots, sinon les mots finissent par se jouer de nous.

          +2

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        • vert-de-taire // 26.06.2019 à 18h58

          Valeur

          On en fait quoi du mot valeur dans le discours ?
          “les valeurs qui sont les nôtres”, “la valeur travail”, “valeur famille” ..
          Quel travail, quelle famille ?
          Et puis ?
          et puis rien.
          Le mot valeur est la feuille qui cache l’arbre qui cache la foret.
          On ne dit rien avec valeur sans précision.
          ce n’est pas un concept, ce n’est pas un sentiment, ce n’est pas descriptif …
          bref des mots pour ne rien dire.

          J’ose l’opposer au principe.
          Une proposition falsifiable, principe de liberté d’expression; principe du libre-arbitre ..
          On peut en parler, le préciser, le hiérarchiser avec d’autres principes …
          bref on peut en discuter, le “réaliser” ou non, …

          valeur ?

            +2

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  • Duracuir // 24.06.2019 à 07h16

    Constat on ne peut plus réel mais pourquoi ce titre qui ferait croire que seul Macron est à l’origine de ces désastre. Le vrai et premier fautif est Sarkozy l’Américain qui a sciemment et méthodiquement liquidé 50 ans de diplomatie gaullienne. Après, ce sont les Young Leaders de la French Américain fondation: Juppé, Fabius, Hollande et le bébé Rothschild qui ont poursuivi allègrement.

      +69

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    • weilan // 24.06.2019 à 09h01

      Peut-être parce que, au lieu de tenter de redresser la barre, Macron persiste à ridiculiser la “diplomatie” française ou plutôt son absence flagrante ?
      Bah ! Tout cela n’a que peu d’importance. L’UE vient de renouveler pour 6 mois les sanctions contre la Russie.

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    • D’Aubrac // 24.06.2019 à 10h12

      Vous avez raison, mais les prémices du désastre me semblent beaucoup plus lointaines. (L’imprégnation ”atlantiste” au Quai est un mal très ancien.)
      Elles remontent au début du septennat interrompu de Pompidou, lorsque celui imagina qu’il pouvait, sans risques, s’affranchir de certains fondamentaux de la diplomatie gaulliste.

      Les déconvenues arrivèrent très vite (face aux États-Unis et à Israël notamment) et Pompidou, avec intelligence,
      sut redresser la barre, en confiant le portefeuille de la diplomatie au très subtil et perspicace Michel Jobert.

      Quant au brillant négociateur du Brexit (que Pierre Mazeaud, fin connaisseur, qui fut président du Conseil Constitutionnel, qualifia publiquement de Crétin des Alpes) on ne saurait trop lui recommander la lecture et la méditation de l’ouvrage magistral que l’Ambassadeur de Chambrun écrivit sur le génial ministre de Louis XVI : ” À l’école d’un diplomate : Vergennes “.
      Cela aurait sans doute la vertu de lui faire dégonfler un peu les chevilles.

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      • vert-de-taire // 26.06.2019 à 19h02

        Merci
        J’aimais bcp écouter Michel Jobert.
        Direct subtil, précis et … honnête, disant parfois aussi ce qu’il pensait, un régal.

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  • Ardéchoix // 24.06.2019 à 07h52

    “Arabie saoudite ou le triomphe des droits-de-l’hommiste aveugles”. La France a encore du chemin à faire, pour l’instant elle éborgne.

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  • Julien // 24.06.2019 à 09h22

    le problème principal réside dans le verrouillage systématique au travers des médias et de la politique, des sujets, du moins des causes de ce chaos. Je ne cesserai de le répéter, tant que les journalistes indépendants ou non, talentueux ou non, se cacheront derrière le politiquement correct, la pseudo pensée unique, la peur de choquer son auditoire, rien ne changera. le changement peut s’opérer uniquement si les médias balancent la vérité, la vraie, à la figure des Français. Sans tourner autour du pot, il faut désigner les responsables de ce chaos, ils sont nombreux, ils tirent les ficèles, sont dans les couloirs de l’Elysée, on les voit souvent sur les plateaux TV. D’ailleurs, majorité des journalistes se prosternent devant eux, beh oui, ils ont envie de garder leur petit poste et le petit confort associé à ce petit poste. Alors, je ne rentrerai pas dans le détail ici, mais tant que vous ne poserez pas vos parties sur la table rien ne changera. Il faut oser dire la vérité sur qui et comment font-ils pour détruire notre nation et les autres nations européennes et SURTOUT à qui cela profite. j’ai ma petite idée, mais on à pas le droit de le dire… d’ailleurs, la dévirilisation de l’homme qui s’opére au travers du féminisme entre autres, les autres ont à pas le droit de le dire, n’est pas étrangère à ce chaos.

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    • vert-de-taire // 24.06.2019 à 10h15

      “le problème principal réside dans le verrouillage systématique au travers des médias et de la politique”

      La France se serait-elle vidée de penseurs qui oseraient dire leurs pensées ?
      Ou encore les médias n’oseraient plus rien publier ?

      Certes nous sommes dans une forme de dictature de fait, de là à clore le bec à des universitaires (payés pour penser et publier) il reste un peu de marge.
      Non ?

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      • Julien // 24.06.2019 à 10h57

        le problème c’est le coté rouleau compresseur des médias mainstream. Si ils disent que le bleu en fait c’est du rouge, 80% des gens qui composent ce pays vont le croire. Biensûr qu’il reste des penseurs, des gens libres et qui osent dire ce qu’ils pensent, mais on ne leur donne aucun echo, voir on les fait taire au travers de procès ou d’attaques médiatiques diffamatoires. C’est vérifiable. Regarder Chouard, y’a pas plus gentil que ce mec, cela se voit il respire l’honnêteté, récemment il a été attaqué dans “le média” avec la question “pensez vous que les chambres à gaz n’ont pas existé” Merde, on est où la ? c’est quoi le piège ? pourquoi cette question pourrie ? parcequ’il à osé dire que certaines idées de Soral sont bonnes ? et la liberté d’expression, les charlie et compagnie ? Le problème de ce pays ce sont les médias dominants qui ne jouent absolument pas leur rôle. ils désinforment en permanence et interdisent toute pensées dissidente, ils prennent plaisir à piéger certains de leurs invités, ils leurs coupent la parole, ne les laisse pas développer leurs idées … c’est une dictature rien de plus !

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      • Tatave // 24.06.2019 à 14h07

        ” La France se serait-elle vidée de penseurs qui oseraient dire leurs pensées ?
        Ou encore les médias n’oseraient plus rien publier ?”

        Ils pensent, et ils le disent. Dans le silence assourdissant des médias qui refusent d’en parler. En avez-vous entendu parler dans les mainstream ?

        Par exemple des gens comme Jacques Sapir, Jean-Luc Gréau, Paul Jorion, Pierre-Noël Giraud, Gaël Giraud, Christophe Ramaux, Frédéric Lordon entre autres ?

        Les ignorer est une manière de leur clore le bec, la marge est dépassée depuis longtemps.

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      • Philou // 24.06.2019 à 20h06

        Il y a aussi Emmanuel Todd, qui est tellement libre de propos qu’il n’hésite pas à qualifier publiquement Micron d’intellectuellement faible… ce qui est la stricte vérité.

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        Alerter
        • Owen // 25.06.2019 à 10h41

          Ou alors, c’est Macron qui enfume Todd. Je ne partage cette analyse de Branco qu’il n’est pas intelligent. Il vient de rien, il est arrivé direct à l’Élysée. Ce sont les médias qui l’ont porté, sans doute, mais il a su les capter. Ses 4 prédécesseurs sont des vieux animaux politiques, arrivés à la fonction suprême après 30 ans ou plus de roueries et d’obstination, Macron, avec ses culottes courtes a fait un simple pas pour entrer dans le Palais.
          La répression des manifestations contre la loi El Khomri a ruiné le PS, celle contre les GJ a dégagé le socle macronien aux élections européennes et il est déjà en piste pour 2022.

          L’intelligence ne se réduit pas nécessairement au QI (il maîtrise quand même mieux l’art oratoire qu’un Hollande ou Valls qui placent des “heu” trois fois par phrase). Le cynisme rend aussi intelligent. Peut-être que des scrupules moraux freinent l’intelligence. Ou bien, ce gamin a bien pigé les vieux d’après guerre, leur niaiserie, leur faux semblants, leurs craintes. En tout cas, je pense l’inverse, il comprend des choses que les autres ne comprennent pas. Il a toujours un culot d’avance, ou il saisit mieux les outils de notre temps (l’usine à trolls macronienne est particulièrement ravageuse), ou bien il sait comment détruire le langage (avec Marlène Schiappa en devanture). Mépriser ses capacités est la première erreur et c’est la paresse du stratège s’il veut vaincre l’ennemi.

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          • vert-de-taire // 26.06.2019 à 19h17

            Je ne me souviens pas que Branco le réduise à stupide.
            Il le réduit à non exceptionnel dans ses capacités à analyser, construire un discours et passer un concours ..

            “Ses” discours sont nuls. Il se paye de mots, c’est insupportable.
            Destruction du langage une tradition depuis pas mal de temps, G. Debord déjà ..

            À propos de penseurs :
            https://comptoir.org/2019/06/18/jean-claude-michea-il-nexiste-pas-de-lien-philosophique-indissoluble-entre-le-liberalisme-politique-et-la-democratie/
            En peu de mots que ces choses sont bien dites. jalousie !

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            • Owen // 27.06.2019 à 07h18

              Je ne vais insister avec Branco, qui nous a fait le cadeau de son “Crépuscule”.

              Les discours des présidents sont très pauvres de sens depuis longtemps. Mais celui qu’utilisait encore Hollande était différent de celui de Macron. Celui de Hollande était prudent, l’exercice visait à combler avec du creux, comme l’alcool sans alcool ou l’alimentation industrielle. Il était encore dans le contournement de langage.

              Le “en même temps” de Macron n’est pas simplement une ruse rhétorique, un défaut oratoire. C’est un langage qui vient du monde commercial, le marketing visant à donner des réponses simultanées aux différents segments de population, même avec des intérêts ou attentes contradictoires. Il permet de dire une chose tout en disant autre chose.

              Je ne suis pas linguiste et pas en mesure de bien expliquer. A la question des violences policières, la réponse classique d’un Hollande serait de s’en défendre, ou atténuer l’accusation. Macron: « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. ». Oui, c’est inacceptable et c’est le rôle du président de le rappeler: il donne la bonne réponse mais pas à la bonne question. “Le seul responsable, c’est moi. Venez me chercher”: c’est du même mécanisme. Macron redonne du sens dans ses propos contrairement à ses prédécesseurs, mais il détruit la rationalité. Il utilise pleinement, comme n’ont pas su ou osé faire les prédécesseurs, la langue orwellienne.

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  • Gier13 // 24.06.2019 à 09h30

    Pour critiquer le “droitdelhommisme” à la sauce macronienne, il n’est pas besoin d’aller au Japon, en Arabie en Afghanistan ou dans je ne sais quelle région pittoresque et lointaine. Il suffit de se rendre à une manif de gilets jaunes et de regarder le comportement de nos bien mal nommées forces de l’ordre, ou encore d’aller dans un tribunal assister à un jugement de ces mêmes gilets jaunes, ou encore de constater la multiplication des lois portant atteinte à nos libertés d’expression, de déplacement, ou encore vers les attaques judiciares que subissent tous les partis d’opposition concurrents de LREM, ou encore d’écouter Manu, Christophe et quelques autres user de la Novlangue pour nier l’évidence, pour prendre pleinement conscience que désormais, les droits de l’homme, dans la France de 2019, sont une invocation charmante, qui sert à faire beau, à se pavaner, à donner des lecons mais de plus en plus vidé de tout sens et de toute réalité. Ou du moins sont ils fermement combattus et amoindris.
    S’il est un sens à la marche forcée dans laquelle Jupiter nous entraîne malgré nous, c’est vers le totalitarisme qu’il faut le chercher, sûrement pas vers les droits de l’homme.

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    • RGT // 24.06.2019 à 20h00

      “écouter Manu, Christophe et quelques autres user de la Novlangue…”

      Il n’utilisent même pas la novlangue.

      Ils mentent effrontément avec une assurance telle que même une personne maîtrisant parfaitement le sujet s’en retrouve ébranlée.

      Le régime dans lequel nous vivons actuellement est au summum de la pipeaucratie.

      Certes, TOUS les gouvernements mentent, mais ils prennent quand-même quelques précautions pour éviter de se retrouver face à des situations “gênantes” dans lesquelles leurs mensonges seraient dévoilés.

      De Gaulle mentait, Pompidou aussi, Giscard aussi, mais en prenant garde de ne pas se faire prendre le doigt dans le pot de confiture (Giscard a fait quelques erreurs, mais pas beaucoup).

      Le mensonge a réellement été institutionnalisé sous le règne de François II.
      Le Prince avait l’intelligence de se sortir du pétrin avec panache.
      Chirac ne pouvait pas mentir sans se faire attraper, ce qui l’a conduit à une certaine modération… Et à certains actes grandioses, l’opposition aux USA contre l’attaque de l’Irak entre autres.

      Mais depuis Narközy, le mensonge éhonté est devenu le summum de “l’art de vivre” avec enfumage à tous les étages.

      Et tous ceux qui pensaient qu’avec lui nous avions touché le fond le regrettent désormais car ses successeurs sont et ont été largement pires que lui.

      J’ai la certitude que si Jacquouille la Fripouille se présentait aujourd’hui aux présidentielles il pulvériserait son score de 2002 tant l’écœurement de la population est grand.

      Pauvre France.

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  • charles // 24.06.2019 à 09h55

    et encore… Nous ne parlons ici que de la diplomatie…. Il n’est pas un jour sans que nous ne découvrons de nouveaux domaines d’excellence inversée pour notre monarque.

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  • Aegean // 24.06.2019 à 10h27

    Excepté le Mali (encore que…), nous subissons de plein fouet notre réintégration dans l’OTAN et notre alignement sur la politique étasunienne. La France est devenue un valet docile après son refus de guerre en Irak, dernier acte joué avec panache d’une tragédie annoncée.
    Macron n’est qu’un pion dans ce jeu et il est lui-même le premier courtisan d’une force qu’il admire bien plus que le pays qu’il est supposé diriger.

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  • Owen // 24.06.2019 à 10h49

    On a même le jour du renoncement à la diplomatie.
    Cela s’est passé entre le 14 mars 2018 : https://francais.rt.com/international/48692-ex-espion-empoisonne-france-prefere-attendre-conclusions-definitives-avant-reagir
    Et le 15 mars : https://www.france24.com/fr/20180315-affaire-skripal-royaume-uni-france-macron-russie-may-merkel-etats-unis
    Si j’étais chef d’état d’un pays plus puissant (et il y en a), j’aurais compris, ce jour là, que c’est bon: on peut faire ce qu’on veut de la France.
    Obama avait déjà expliqué comment cela se passe : https://fr.sott.net/article/24748-Obama-on-est-bien-oblige-de-tordre-le-bras-des-pays-qui-ne-font-pas-ce-que-nous-voulons
    Et O.B. en a présenté la démonstration : https://www.les-crises.fr/no-news-les-pressions-du-gouvernement-americain-sur-la-france-pour-sanctionner-la-russie/

    Les coups d’éclats et de force d’un Receyp Erdogan ou d’un Rodrigo Dutertre, montrent bien qu’un chef d’état, d’un pays réputé bien moins puissant que la France, peut suivre sa volonté propre. Notre pays n’ayant plus sa souveraineté, il faut remplacer «
    Ministère des Affaires Etrangères» par «Ministère des Contorsions Extérieures».

      +13

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    • Koui // 24.06.2019 à 23h04

      Dans l’ensemble, l’article est très juste mais j’ai deux point de désaccord. Combattre les islamistes au Sahel est une nécessité car les états sahéliens sont faibles. Ils ont besoin de notre aide contre des islamistes très minoritaires qui terrorisent des populations déjà en difficultés. 3000 soldats, c’est un petit contingent qui coûte peu et protège des millions de gens. Abandonner ces pays au chaos coûterait bien plus cher. Quand aux interprètes afghans, nous ne leur devons rien car nos soldats sont venus pour aider leur pays. Les afghans n’ont qu’à se battre contre les talibans ou mieux, faire la paix avec eux. Les talibans, eux, ne fuient pas en France.

        +1

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      • Owen // 25.06.2019 à 02h25

        Je connais mal les opérations militaires au Sahel depuis Hollande. Il est vrai qu’il y a un islamisme latent et destructeur des états dans la région. Il y aussi les intérêts français qui sont en jeu: la problématique des Touareg est plutôt une occupation de leur espace nomade avec les mines d’uranium au Niger et au Mali. Mais je ne reproche pas à Hollande d’avoir tenté de colmater le pot cassé par Sarkozy et sa destruction de la Libye qui a répandu dans la région les pirateries crapuleuses ou aux prétextes religieux. Les résultats ne sont pas probants pour autant: même les Dogons se font maintenant massacrer.

        J’ai l’impression qu’il y a une distorsion croissante, depuis Sarkozy, entre la perte progressive de la souveraineté du pays et l’hystérie belliqueuse du président. Au président de la république, qui perd ses pouvoirs, se substitue un “président , moi, je”, ou président pathologique. Il compense la perte de son pouvoir réel par le spectacle de son pouvoir, notamment en singeant les droits de l’homme pour donner des leçons à la planète, n’utilisant même plus la voix permanente à l’ONU dont elle dispose. “Bachar je vais bombarder chez toi”. “Maduro, t’es plus président”. C’est grotesque et dangereux.

          +7

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  • Tonton Poupou. // 24.06.2019 à 12h55

    Philippe Etienne, Aurélien Lechevallier, Clément Beaune, Etienne de Gonneville, Alice Rufo, Franck Paris, Jean-Marc Berthon, Alexandre Adam, Marie Audouard, Pascal Confavreux, Marie Philippe, Nicolas Jegou, Jennifer Moreau………..
    Ben didonque ! si il faut autant de “conseillé(e)s” pour un seul poste !!!!!!! Alors combien sont ils en tout pour tous les autres postes (et en plus avec le succès qu’on leur connait !) mais surtout combien “ça” nous coûte tout ce beau monde en salaires, indemnités et en frais de mission + les secrétariats, chauffeurs, appartements de fonctions, voitures……. et tout ça et tout ça ……….. hum !!!???????

      +10

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  • Louis Robert // 24.06.2019 à 13h48

    « Les valeurs que nous défendons sont aussi fausses que la monnaie de singe. »

    Cela étant, s’imposer de croire à tout prix tout ce que le Pouvoir nous serine… et surtout en son incontestable bonne foi…. se paie en effet « intérêt et principal», dette interminable.

    Maintenant préparons-nous à voter une fois encore pour l’une ou l’autre de ces précieuses créatures aux propositions «révolutionnaires » … Tout s’en trouvera changé, n’en doutons pas.

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  • Chris // 24.06.2019 à 14h16

    Macron étant courtisan dans l’âme (toute sa carrière professionnelle et vie privée en témoignent), il ne pouvait qu’attirer et s’entourer d’individus semblables à lui : opportunistes et impitoyables (psychopathes), tout pour ma gueule et les flonflons, carriéristes, déconnectés des réalités de 80% de la population, déculturés et mythomanes.
    Et bien sûr, ils se croient géniaux alors qu’ils ne sont que boues et parasites : ils n’ont jamais rien créer ni fait prospérer, exceptés leurs propres intérêts.
    A l’instar de la politique US : une lie qui se pose en modèle et surfe sur les mensonges, impostures, vols et trahisons pour dominer.
    On devrait enfermer ces gens sur une île décente (offrant eau et subsistance) sans moyens de communications. Ensemble et démunis de leurs prérogatives, ils s’élimineraient mutuellement : même plus besoin d’intervenir !

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  • Krystyna Hawrot // 24.06.2019 à 14h47

    Article implacable, mais qui omet de mettre des mots sur l’origine du mal: l’atlantisme, la soumission de La France, de son Etat et son peuple aux intérêts des Etats Unis. Ce n’est pas parce qu’ils sont “cranes d’œuf” que Juppé et Fabius ont joué avec les djihadistes anti-Assad, mais parce qu’ils réalisaient la politique des USA en Syrie.

      +21

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    • Louis Robert // 24.06.2019 à 15h59

      Cette soumission est la conséquence d’une servitude volontaire généralisée et d’un nihilisme véritable, fondamental, qui ne dit pas son nom.

      La France n’engendre plus les êtres qu’il lui faut pour renaître de ses cendres… qui dès lors s’entassent, inéluctablement.

        +7

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  • Chris // 24.06.2019 à 16h34
  • Jacques // 24.06.2019 à 17h42

    La seule diplomatie qui vaille, c’est celle qui est conforme à nos INTERÊTS d’Etat, lesquels doivent s’apprécier sur le long terme, le moyen terme et le court terme, DANS CET ORDRE.
    J’ai la désagréable impression que l’auteur étale bien plus ses aigreurs personnelles que l’à-propos d’une analyse pondérée et responsable. L’alacrité du verbe ne suffit pas à valider une pertinence – bien faible au demeurant. Les appréciations à l’emporte-pièce discréditent l’auteur.

      +2

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  • septique // 24.06.2019 à 23h38

    La charge est tellement caricaturale sans oublier les surnoms qui se veulent blessants ou les anglicismes que l’ensemble ne peut que faire sourire, l’exagération est toujours mauvaise conseillère.
    Le tout est évidemment du miel pour ceux qui pensent que la diplomatie française erre.
    Une analyse politique ? Non. Une charge de cavalerie. Quelques propositions pour sortir de ces bourbiers ? Non.
    J’aurais le personnage en face de moi je pourrais lui demander par exemple c’est quoi votre solution pour les Touaregs au Mali ? Un exemple.
    Pour le Brexit…après tout seul le gouvernement britannique peut décider ce qu’il veut faire et l’administration française s’est préparée a une sortie sans accord, le reste…Jean Daspry pense que la France arbitre les élégances du 10 Downing Street ?
    Pour le Moyen-Orient une stratégie à long terme ? Mais qui a la MOINDRE idée de ce que cette partie du monde va devenir ? Hélas personne.
    Enfin et surtout derrière ceci l’énorme prétention, sans limite, des français et de leurs gouvernements du rôle de la France dans le monde, de son influence. etc..Europe ou pas, peu importe les gouvernements depuis disons 1974 qui écoute encore la France..? Jean Daspry est dans cette catégorie aussi..il n’est pas le seul et il est temps que lui et ses petits camarades ajustent leurs compas et boussoles.
    On se souviendra des envolées pathétiques (un beau discours) de Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin à l’ONU, avant l’invasion de l’Irak, c’était du De Gaulle, Des résultats ? Rien….

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    • pierre Auréjac // 27.06.2019 à 18h28

      peut-être, Septique, n’avez-vous pas encore compris que “tout a un prix ou une dignité, et ce qui n’a pas de prix, c’est justement ce qui a une dignité”.
      je ne vais pas vous faire l’injure de vous rappeler qui a dit çà, vous le savez aussi bien que moi.

      Le discours de Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin à l’ONU, avant l’invasion de l’Irak, avait de la dignité. Et il la garde encore, figurez-vous, pour la suite des temps. Et ce n’est pas “rien”, comme vous le dites sans avoir assez réfléchi.

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  • willie // 01.07.2019 à 14h04

    La France pourra de nouveau se montrer digne de l’epithète “patrie des droits de l’homme,dumoment qu’elle s’excuse pour ses agissements déstructrices en Libye,le bombardement injustifié de la Syrie,et surtout quand elle traduira Sarkozy et Juppé devant un tribunal pour ses méfaits.C’est drôle de voir toute absence d volonté des médias et politiques à pointer du doigt ces criminels quand on parle de la crise des migrants et leur sauvetage en mer.

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