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18.septembre.202118.9.2021 // Les Crises

« Les États-Unis ont une quantité impardonnable de sang sur les mains » – par Danny Sjursen

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Lorsque j’ai franchi la grille Thayer de West Point – embrassant ma carrière militaire – il y a eu 20 ans le mois dernier, l’Amérique n’était pas en guerre. Pas réellement en tout cas. À l’époque, lorsque la mère d’un jeune de 17 ans signait son engagement dans l’armée (ce qu’elle devait alors faire), il pouvait s’attendre à une mission de maintien de la paix au Kosovo ou, au pire, à une malheureuse bataille de rue en Somalie ou à une guerre terrestre biaisée de 100 heures dans le Golfe. Bien plus excitant, il pouvait espérer des aventures à l’étranger avec des filles allemandes, sud-coréennes – ou même carrément, des filles du Kentucky.

Source : antiwar.com, Danny Sjursen
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Puis tout a changé.

Deux mois et dix jours plus tard, ma section de cadets épuisés faisait du shadowboxing devant des miroirs muraux dans le gymnase Arvin – dans ce qui doit être le seul cours de pugilat obligatoire pour les étudiants de première année du pays – lorsque quelqu’un est entré en courant, criant quelque chose à propos des tours jumelles du World Trade Center et d’un accident d’avion. Le reste de la matinée – et franchement les deux décennies suivantes – restent floues. Ce jour-là, cette semaine, ce mois-là et cette année-là, on parlait déjà de guerre avec beaucoup d’enthousiasme, mais aussi avec beaucoup d’anxiété. Nous avons eu la guerre que nous attendions – enfin, que nous voulions à moitié – mais elle s’est transformée en quelque chose de plus grand et de plus vaste que ce que nous, adolescents guerriers, aurions pu imaginer.

Les représailles (apparemment) évidentes des Afghans ont été rapidement éclipsées par l’invasion et l’occupation sanglante et interminable de l’Irak. Très vite, les diplômés et rivaux au football de l’Air Force et de la Naval Academy ont également bombardé et bloqué le Pakistan, le Yémen, la Libye, la Somalie, la Syrie et le Sahel africain. Sous ces bombes, des soldats de l’armée de Terre tuaient et mouraient dans nombre de ces endroits – dont certains, comme le Niger, ne pouvaient probablement pas être prononcés par plus de 5 % des Américains… et encore moins localisés sur une carte.

Lors de ma première et de ma dernière année à West Point, il n’était pas rare de commencer les matinées obligatoires dans les mess par des moments de silence – tandis qu’un haut-parleur annonçait le nom d’un autre diplômé tué au combat. Le 28 mai 2005, les membres de ma propre classe ont revêtu leurs nouvelles barrettes de lieutenant. Par coïncidence, nous étions exactement 911 diplômés et nous avons fait la couverture de Time Magazine en étant surnommés « la classe du 11 septembre ». En l’espace de 18 mois, quelque 70 % d’entre nous étaient, ou avaient été, à la guerre non pas en Afghanistan – mais dans un Irak qui n’avait absolument aucun rapport avec les attaques du 11 septembre. Depuis lors, huit de mes camarades de classe ont été tués, quelques-uns se sont suicidés, et bien plus encore ont été blessés, dans des guerres que notre génération de candidats officiers ne s’attendait pas à devoir mener le 2 juillet 2001.

Déploiement et morts, selon les chiffres

Les statistiques confirment ces vagues souvenirs. La répartition et le déploiement du personnel de l’armée en service actif dans le monde entier étaient radicalement différents au moment des attentats du 11 septembre 2001 – et donc, les perspectives pour un soldat en herbe aussi. Voici quelques faits saillants faciles à juxtaposer – et qui font frémir :

En septembre 2001, 378 240 soldats actifs (78,5 % de l’ensemble) se trouvaient aux États-Unis et dans ses territoires ; 68 640 d’entre eux (14,3 % supplémentaires) étaient en Europe ; 30 841 soldats (6,3 %) étaient (relativement) en sécurité en Corée du Sud ou au Japon. Seuls 2 945 membres de l’armée active (un peu plus d’un demi pour cent) étaient déployés en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Asie du Sud – dont plus des deux tiers dans la zone de non-combat du Koweït – et un nombre statistiquement insignifiant de 46 étaient en Afrique subsaharienne.

En dehors de l’éventualité où la Corée du Nord franchirait le « dos d’âne » déployé de longue date par l’armée américaine en route vers Séoul, les seuls soldats exposés à un risque raisonnable étaient les 8 775 (soit 1,8 % du total) déployés en Bosnie et au Kosovo. Même à cette époque, pas un seul soldat américain n’avait été tué par des tirs hostiles au cours de l’ensemble des interventions en Bosnie et au Kosovo – et seulement 125 décès de ce type au combat (98 au cours de la première guerre du Golfe, 27 au cours de la mission malheureuse en Somalie) avaient eu lieu au cours de la décennie précédente. En d’autres termes – même si, à l’époque, peu de civils osaient le dire et que ma propre famille applaudissait mon courage à l’engagement – être membre de l’armée américaine n’était pas si dangereux que cela avant que l’Amérique ne se lance dans ses aventures chimériques de l’après-11 septembre.

Ce n’était plus le cas lorsque je servais au plus fort des deux « déferlements » vers nulle part sauf l’échec, en 2007 (Irak) et 2011 (Afghanistan). Au cours d’une année 2007 passée à rouler dans les rues de Bagdad pleines de cratères de bombes et à flâner dans ses ruelles, 847 soldats et marines (pour la plupart) ont été tués au combat dans divers théâtres de « guerre contre le terrorisme ». Deux cent onze autres se sont suicidés, soit un bond de 38 % par rapport à 2001.

En 2011, dernière année de la première itération de l’opération « Iraqi Freedom » (Liberté irakienne, 2003-2011), 35 soldats de l’armée ont encore été tués par des tirs hostiles en Mésopotamie. 250 autres soldats – dont trois des miens – ont été tués lors de l’opération ratée de l’empereur poli Barack Obama en Afghanistan. 301 autres se sont suicidés, soit une augmentation de 43 % par rapport à 2007, soit presque le double du nombre de soldats qui se sont suicidés en 2001.

Le nombre de victimes au combat a considérablement diminué en 2020 – le Pentagone s’étant tourné vers une guerre plus invisible et abstraite par le biais de drones, de mercenaires sous contrat et de seigneurs de la guerre mandatés – avec seulement neuf morts (quatre en Irak, quatre en Afghanistan et un au Kenya, pour l’amour de Dieu). Néanmoins, le nombre de militaires qui se sont suicidés n’a jamais été aussi élevé – 326 membres du service actif seulement au cours d’une année marquée par une pandémie. Depuis le 11 septembre, des troupes américaines ont également été tuées dans des endroits aussi éloignés que la Syrie (cinq), le Yémen (un Navy SEAL), la Somalie (deux : un béret vert et un des forces spéciales) et le Niger (quatre) – ce qui aurait été inouï dans les années 1990.

Même si la guerre en Afghanistan s’achève ostensiblement et que le déploiement en Irak s’est réduit – sans pour autant prendre fin – le dispositif global de l’armée de Terre en matière de bases a encore considérablement changé, vingt ans plus tard. En 2001, quelque 90 % des 300 000 militaires américains stationnés à l’étranger se trouvaient en Europe ou en Asie de l’Est. En 2010, plus de la moitié des quelque 400 000 soldats basés à l’étranger se trouvaient au Moyen-Orient et en Afrique. Certes, Obama a annoncé un « pivot » vers l’Asie, puis Trump et Biden ont pris des mesures significatives dans ce sens. Pourtant, même en mars 2021, les affectations en Allemagne, en Corée du Sud et au Japon avaient été réduites de près de moitié, remplacées par des tournées dans des zones de guerre bien plus chaudes – littéralement et métaphoriquement – en voie d’extinction.

En outre, l’empreinte militaire américaine en Afrique s’est littéralement transformée en deux décennies. Selon des documents autrefois secrets du Pentagone datant de 2019, il y a maintenant 29 bases américaines « durables » et « non durables » – une astuce bureaucratique délibérément trompeuse – sur le continent. Plus de 6 000 membres des services américains seraient stationnés en Afrique à tout moment, soit environ 130 fois plus qu’à l’époque du 11 septembre.

Quelque chose d’autre a également changé. Des milliers de personnes servent encore en Syrie et en Irak, mais nous ne pouvons pas savoir exactement combien, car le Pentagone a discrètement fait un doigt d’honneur à l’intention d’un Congrès complaisant et de citoyens intimidés en décembre 2017 – et a classé le nombre réel de troupes dans ce qu’il appelle par euphémisme « Overseas Contingency Operations » (OCO). On peut se demander si le virage statistique de l’Amérique vers le militarisme mondial n’est pas le plus grand secret de polichinelle de l’histoire.

Pour nos péchés

Néanmoins, s’il est facile de lancer des piques à l’encontre des hauts dirigeants américains et des systèmes ou institutions sans visage, il est de plus en plus clair, et j’en suis de plus en plus conscient, que l’ensemble de mes propres péchés depuis 20 ans sont inextricablement liés à ceux de mon pays.

Tout d’abord, il y a eu les inévitables frappes aériennes erronées que j’ai ordonnées ou approuvées. Le Pentagone ne compte pas, ou sous-estime délibérément, le nombre de civils que ses drones et ses avions pilotés tuent – il est donc difficile de déterminer un compte exact – mais le nombre atteint certainement des dizaines de milliers. Rien qu’en 2019, les frappes aériennes américaines et alliées ont tué au moins 700 personnes, et selon la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA), ces attaques aériennes ont tué quelque 4 390 civils afghans entre 2006 et septembre 2020. En outre, les États-Unis ont reconnu que 1 398 non combattants ont été tués dans des frappes aériennes et d’artillerie de la coalition au cours des campagnes anti-EI de 2015 à 2020 en Irak et en Syrie. Dans l’ensemble, les estimations du nombre de civils tués dans la violence directe, par procuration et induite par le chaos communautaire des aventures américaines de l’après-11 septembre vont d’un chiffre prudent de 335 000 à 2 millions d’hommes, de femmes et d’enfants morts.

Pour la plupart, j’insistais pour que mes propres soldats traitent les civils et les prisonniers avec respect et décence. Pourtant, dans un cas particulier, ce lieutenant de 23 ans, alors hors de lui et frustré, a agité son pistolet pour effrayer un vieil homme irakien innocent après un attentat à la bombe artisanale. Bien sûr, bien qu’inacceptable, cela n’est rien en comparaison de l’ampleur des abus systématiques commis par l’Amérique sur les prisonniers et de la torture pure et simple à la prison d’Abu Ghraib en Irak, à la base aérienne de Bagram en Afghanistan, aux innombrables « sites noirs » de la CIA et au purgatoire interne toujours ouvert de Guantanamo Bay.

Et puis il y a eu ma propre incompétence et mes erreurs tactiques qui ont inévitablement fait que certains de mes soldats ont été tués ou blessés lors de missions bâclées qui n’auraient jamais dû être tentées – et que j’aurais probablement dû refuser. C’est quelque chose avec lequel je vivrai toujours – ce n’est pas rien, et ce n’est pas facilement pardonnable. Au niveau macro, l’ineptie stratégique et les délires impériaux de nos généraux, amiraux et hauts responsables civils ont coûté la vie à pas moins de 7 057 fils et filles américains et 53 750 blessés dans les guerres éternelles de l’après-11 septembre.

J’ai aussi certainement alimenté le marché noir – et probablement les talibans – en faussant l’économie locale avec de véritables sacs d’argent. Je payais des entrepreneurs corrompus pour construire des défenses et des héliports dont nous semblions avoir besoin ou qu’on m’avait ordonné de construire. Je distribuais des chèques de salaire hebdomadaires à parfois 1 000 Afghans moyens dans le cadre de ce que l’on appelait le programme CFW, mais qui aurait dû s’appeler CFPW – Cash for Pretending to Work [Argent liquide pour prétendre travailler, NdT]. Naturellement, mes propres fraudes, gaspillages et abus n’ont porté que sur des centaines de milliers de dollars, alors que le Pentagone admet avoir perdu des centaines de milliards en raison de gaspillages et de fraudes. En tout et pour tout, Washington a dépensé au moins 6 400 milliards de dollars de l’argent des contribuables dans une croisade de 20 ans aussi vouée à l’échec que la marche médiévale originale des chevaliers européens vers la Terre sainte.

Dans quel but ?

Et pour quoi ? Qu’a obtenu le peuple américain – ou (oserais-je demander ?) la population mondiale – pour tout ce sacrifice en sang, en trésor, en déplacements et en bien-être émotionnel ? Rien en fait, si ce n’est une dette nationale quadruplée, des enfants étrangers massacrés et affamés, la pire crise mondiale de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, et une réputation américaine irrémédiablement entachée – en d’autres termes, nous avons acheté un monde plus brutal et plus dangereux.

Accepter cette réalité, admettre ma propre complicité dans toute cette cruauté et cette absurdité, et réaliser la folie de sa planification, la farce de son exécution et la dévastation de ses résultats – franchement, cela a bouleversé ma vie, endommageant irrémédiablement mon cerveau et mon âme. Je vis la plupart de mes journées en étant suspendu entre les pôles opposés, mais tout aussi puissants, du fatalisme apathique et de l’énergie inépuisable de la dissidence publique. Après tout ce que j’ai vu, fait, ressenti, regretté et reconsidéré, il m’est presque impossible de me soucier des conventions ou de donner la priorité aux aspects pratiques de la vie. Les appartements ne sont pas rangés, les voitures ne sont pas immatriculées, le courrier n’est pas envoyé, c’est sûr – mais il y a aussi les rendez-vous médicaux manqués, les pères éloignés qui ne sont pas appelés et les relations amoureuses ruinées.

Certains des jours où je rejette presque avec irritation des responsabilités aussi bien banales que majeures, je vais aussi lire et annoter deux livres complets sur l’Afrique en une séance d’insomnie, donner trois interviews d’une heure sur l’indécence américaine en Afghanistan, en Irak et en Syrie, et peut-être me rendre à une manifestation de rue ou à une réunion d’activistes.

Bien sûr, cela ne constitue ni une excuse ni un mode de vie sain et durable. Je blesse et j’aide les personnes auxquelles je tiens dans une proportion à peu près égale – tout comme je l’ai fait dans ma carrière militaire et dans deux zones de guerre. Ce n’est pas un bilan éthique très brillant.

Pourtant, j’essaie – pour le meilleur et pour le pire.

Mais qu’en est-il du gouvernement du pays pour lequel je me suis porté volontaire – également pour le meilleur ou le pire – pour servir ? Je crains que depuis 20 ans, il n’ait même pas essayé de faire le bien dans le monde.

Notre nation commune a une quantité impardonnable de sang et d’obscénité sur les mains – assez pour la classer définitivement en calamité planétaire.

Danny Sjursen est officier de l’armée américaine en retraite, directeur du Eisenhower Media Network (EMN), chargé de recherche au Center for International Policy (CIP), collaborateur d’Antiwar.com et co-animateur du podcast « Fortress on a Hill ». Ses travaux sont parus dans le NY Times, le LA Times, ScheerPost, The Nation, HuffPost, The Hill, Salon, Popular Resistance, Tom Dispatch, The American Conservative et Mother Jones, entre autres publications. Il a effectué des missions de combat avec des unités de reconnaissance en Irak et en Afghanistan et a enseigné l’histoire à West Point, son alma mater (université où il a étudié). Il est l’auteur de mémoires et d’une analyse critique de la guerre d’Irak, Ghostriders of Baghdad : Soldiers, Civilians, and the Myth of the Surge, Patriotic Dissent : America in the Age of Endless War, et plus récemment A True History of the United States. Sjursen a récemment été sélectionné comme lauréat 2019-20 de la Fondation Lannan pour la liberté culturelle. Vous pouvez le suivre sur Twitter @SkepticalVet. Vous trouverez sur son site Web professionnel des informations pour le contacter, pour programmer des exposés ou des apparitions dans les médias, ainsi que pour accéder à ses travaux antérieurs.

Source : antiwar.com, Danny Sjursen – 05/08/2021

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Auguste Vannier // 18.09.2021 à 08h48

Il me semble que c’est Luther qui a déclaré quelque chose comme « Tu commets des péchés, avouent les et regrettent les, et tu pécheras encore plus fortement ».
Depuis la création des US, c’est le même refrain…

18 réactions et commentaires

  • Auguste Vannier // 18.09.2021 à 08h48

    Il me semble que c’est Luther qui a déclaré quelque chose comme « Tu commets des péchés, avouent les et regrettent les, et tu pécheras encore plus fortement ».
    Depuis la création des US, c’est le même refrain…

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  • Lt Briggs // 18.09.2021 à 10h49

    Ce n’est évident pour personne de reconnaître ses erreurs, c’est pourquoi je ne balaie pas les propos de Danny Sjursen. Après tout, ce sont ceux d’un exécutant, haut placé certes, mais exécutant quand même. Il n’a fait que tenter de remplir des objectifs fixés par des va-t-en-guerre : Bush, Cheney, Rumsfeld, etc. Pour passionnantes que soient ces prises de paroles d’acteurs (ou de témoins) qui ont fait l’Histoire, l’écrasante responsabilité qui pèse sur les épaules des hommes et femmes qui gèrent le présent balaie les nuances, les appels à la prudence et à la réflexion venant des générations précédentes. Avec des dirigeants arc-boutés sur des mythes (Les États-Unis sont le pays de la liberté avec la mission de répandre leurs valeurs partout ailleurs par tous les moyens), la fuite en avant des USA risque fort de s’amplifier, pour le malheur de tous.

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    • LibEgaFra // 18.09.2021 à 11h28

      « Après tout, ce sont ceux d’un exécutant, haut placé certes, mais exécutant quand même. »

      Oui, c’est l’ « argument » constamment développé par les nazis à Nuremberg et par Eichmann. « Un homme ça s’empêche » a dit le père de Camus.

      Il y a aussi ça:

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_D%C3%A9serteur_(chanson)#Reprises_et_adaptations

        +2

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      • Lt Briggs // 18.09.2021 à 14h27

        Oui, c’est l’ « argument » constamment développé par les nazis à Nuremberg et par Eichmann.

        Sur la partie bourrage de crâne, Goering a en effet bien résumé comment on manipule un peuple : « (…) Tout ce que vous avez à faire est de lui dire qu’il est attaqué, et dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme qui met le pays en danger. Cela marche de la même façon dans tous les pays. »

        Après, combattre des soldats ennemis et exterminer un peuple sont deux choses différentes. Si vous avez lu l’article en entier, vous ne pouvez confondre Danny Sjursen avec Eichmann.

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        • LibEgaFra // 18.09.2021 à 18h27

          « Après, combattre des soldats ennemis et exterminer un peuple sont deux choses différentes. »

          Pas quand il s’agit d’une guerre d’agression en vue de piller le pays.

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          • Lt Briggs // 18.09.2021 à 18h39

            Une agression, un pillage et une extermination sont des choses bien différentes. Sachez faire la part des choses, sinon vous ne pourrez plus débattre de rien.

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            • Auguste Vannier // 18.09.2021 à 20h54

              Certes, mais quand sous prétexte de promouvoir la démocratie et les droits de l’homme on commence par une agression (préventive paraît-il), on continue par un pillage en règle des ressources, et qu’on n’hésite pas à procéder à des « exterminations chirurgicales », on fait la part des choses les une après les autres…
              Demandez aux amérindiens, aux sud américains, aux coréens, vietnamiens, cambodgiens, irakiens, Libyens, syriens…ce qu’ils pensent de ces distinctions sibyllines!

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    • James Whitney // 18.09.2021 à 14h14

      C’est tout à l’honneur de Danny Sjursen, enfant d’une famille militaire, qu’il a appris ‘impacte de ses actions au cours de son service militaire. Un aspect, c’est le nombre élevé de suicides chaque année.

      Je serai très content si chacun de nous serait capable de réfléchir comme lui.

        +5

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  • Bats0 // 18.09.2021 à 11h09

    L’argent, le nerf de la guerre ?
    « En tout et pour tout, Washington a dépensé au moins 6 400 milliards de dollars de l’argent des contribuables dans une croisade de 20 ans aussi vouée à l’échec que la marche médiévale originale des chevaliers européens vers la Terre sainte. »
    Proverbe amérindien : « Quand le dernier arbre aura été abattu – Quand la dernière rivière aura été empoisonnée – Quand le dernier poisson aura été pêché – Alors on saura que l’argent ne se mange pas. »; proverbe attribué à Geronimo.

      +0

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    • LibEgaFra // 18.09.2021 à 11h31

      « Washington a dépensé au moins 6 400 milliards de dollars de l’argent des contribuables  »

      Ce n’est pas l’argent des contribuables, mais l’argent de ceux qui achètent des bons du trésor yankee et qui font marcher la planche à billets. Le boycott de ces bons du trésor entrainerait la faillite du pays.

        +2

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      • christian gedeon // 18.09.2021 à 11h44

        Et la faillite de la Chine aussi…qui en achète par milliards et dizaines de milliards. Vous ne voudriez quand même pas ruiner vos potes?

          +1

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        • LibEgaFra // 18.09.2021 à 18h24

          Votre essai de propagande systématique anti-chinoise tombe à plat:

          « La Chine n’a plus entre ses mains que 4% de la dette publique américaine, contre 8,5% en 2011 »

          Lien chez DVA.

            +8

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  • Bats0 // 18.09.2021 à 13h04

    @LibEgaFra , bein justement, je pensais que les bons du Trésor américain étaient détenus surtout par des étrangers, or, qui possède les 22,1 trillions de $ de bons du Trésor américain au 28 Février 2019 (je n’ai pas trouvé plus récent) ?
    US institutions & individuals : 7.7
    Federal Reserve : 2.2
    US Gov entities : 5.9
    Foreign holders : 6.4
    dont Chine et le Japon (les plus importants créditeurs étrangers) possèdent 10% de la dette US
    Ce ne sont donc pas les US qui vont arrêter de faire tourner la planche à billet $

      +3

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  • Fox 23 // 18.09.2021 à 16h02

    Il ne s’agit pas de s’élever contre cette victime parmi tant d’autres, mais de se servir de ce texte pour voir la limite de la réflexion étasunienne.
    D’après notre auteur, avant le 11/9, avant les armée étasuniennes étaient un repaire d’angélisme ou peu s’en faut.

    Le peuple étasunien refuse de faire face à ses responsabilités mondiales depuis des décennies. parce que le pillage des biens des autres nations lui a permis de mieux vivre, tout en permettant à ses multinationales de faire des profits fantastiques. J’ai de la famille aux USA – nul n’est parfait – et dans une discussion, mon cousin, psychologue scolaire, pas la lie de la société, m’a parlé du pétrole du moyen-orient qui leur appartenait !

    C’est pour ça qu’ils acceptèrent et acceptent encore de porter la mort et la misère partout, pour leur jouissance personnelle et c’est incontournable. Avant avec leurs boys, maintenant avec les drones et les mercenaires, mais aucune prise de conscience collective majoritaire.

      +8

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    • pyrrhogaster // 23.09.2021 à 20h06

      La réflexion de votre cousin est intéressante. Il estime sans doute que le droit de prospecter et d’exploiter acheté par une compagnie américaine au gouvernement irakien lui donne un droit de propriété quelles que soient les conditions dans lesquelles ils ont été obtenus. Raisonnement juridique qui fait abstraction d’un environnement international qui ne donne sans doute pas d’autonomie au gouvernement qui a signé.

        +2

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  • RGT // 19.09.2021 à 11h04

    « Et pour quoi ? Qu’a obtenu le peuple américain – ou (oserais-je demander ?) la population mondiale – pour tout ce sacrifice en sang »…

    Ben simplement pour faire « tourner l’économie » et permettre aux actionnaires des lobbies les plus influents de continuer à se goinfrer sur le dos de la population mondiale (pas que celle des USA).

    La France n’est pas en reste d’ailleurs car ses « interventions humanitaires » en Afrique sont surtout destinées à préserver les intérêts en allant d’Areva (uranium au Sahel) à l’industrie agro-alimentaire (cacao et café en Côte d’Ivoire) sans parler de toute la réserve de main d’œuvre à un prix dérisoire très utile pour faire baisser les rémunérations des « gueux » nationaux en créant une « concurrence libre et non faussée ».

    Si Boko Haram s’est développé en Afrique de manière foudroyante, il serait sans doute utile d’en chercher les causes du côté des populations locales excédées par la misère dans laquelle elles sont maintenues et dans les problèmes de santé liés à la pollution endémique causée par les rejets toxiques des entreprises qui font la fête du slip sur la terre de leurs ancêtres…

    Le problème n’est pas uniquement US, TOUS les pays occidentaux profitent allègrement du pillage des pays les plus pauvres (maintenus la tête sous l’eau pour qu’ils ne se rebellent pas).
    Ce qui fait que même les pays les plus « respectueux des Droits de l’Homme » ne protestent pas contre les opérations US car ils pourraient être eux aussi mis en accusation.

    Et quand un « pays libre » dénonce les opérations US, c’est seulement pour préserver ses propres intérêts qui pourraient être mis en danger par l’interventionnisme US (France et Allemagne concernant l’Irak en 2003).

    Même la « divine » Suisse profite de cette manne esclavagiste, mais par proxy interposé : Réfléchissez aux intérêts de Nestlé mis en danger par Gbagbo et la réaction de la « communauté internationale »…

    La guerre est un moyen « légitime » de s’approprier les ressources des autres pour le plus grand profit des « élites », ne l’oubliez jamais.

    Ensuite, les « élites » décrètent que la « chair à canon » qui refuse de se faire massacrer ou qui se pose des questions sur la nature même de leur intervention est « traître à la Patrie » et doit être amenée au poteau d’exécution.

    Vous comprenez pourquoi il y a tant de suicides parmi les « bidasses » (comme chez les flics actuellement)…
    Ça s’appelle de la dissonance cognitive.

    Quand un humain se rend compte que ses actes réels sont en totale opposition vis à vis de ce qu’il idéalisait il n’a que deux solutions : Soit il « pète un câble » et devient un psychopathe sanguinaire, soit il se libère de ce fardeau en mettant fin à son existence qui lui donne la nausée.

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  • 80 ième année // 19.09.2021 à 13h01

    « Accepter cette réalité, admettre ma propre complicité dans toute cette cruauté et cette absurdité, et réaliser la folie de sa planification, la farce de son exécution et la dévastation de ses résultats – franchement, cela a bouleversé ma vie, endommageant irrémédiablement mon cerveau et mon âme… Notre nation commune a une quantité impardonnable de sang et d’obscénité sur les mains – assez pour la classer définitivement en calamité planétaire. »

    ***

    « Shock and Awe! », c’est ÇA.

    « Impardonnable » et inexpiable.

      +2

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